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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 03:17
GRAND ORIENT DE FRANCE:
1° RITE FRANCAIS (Groussier, Rite Moderne Français Rétabli, Régulateur 1801, Rite Français Salvador Allende- Louise Michel)
2° RITE ECOSSAIS RECTIFIE
3° RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
4° RITE DE MEMPHIS ET MISRAIM
5° RITE EMULATION
DROIT HUMAIN:
1° REAA
2° EMULATION (Par l'intermédiaire de la Fédération Britanique, 4 Loges en France)
GRANDE LOGE DE FRANCE:
1° REAA
2° RER (Quelques Loges)
MACONNERIE EGYPTIENNE (Petites Obédiences diverses Masculines, Féminines ou Mixtes):
1° MISRAIM
2° MEMPHIS-MISRAIM
3° MEMPHIS
GRANDE LOGE NATIONALE FRANCAISE:
1° RER
2° EMULATION
3° REAA
4° RF (Régulateur 1801, Rite Français de Tradition)
5° YORK
6° STANDARD D'ECOSSE
GRANDE LOGE FEMININE DE FRANCE:
1° REAA
2° RF ( Groussier, RMFR, Régulateur 1801)
3° RER
4° RITE D'ADOPTION (1 Loge)
GRANDE LOGE TRADITIONNELLE ET SYMBOLIQUE OPERA:
1° RER
2° EMULATION
3° RF ( RMFR)
4° REAA
5° YORK
6° STANDARD D'ECOSSE
LOGE NATIONALE FRANCAISE:
1° RER
2° EMULATION
3° RF (RMFR dit Rite Français Traditionnel)
GRANDE LOGE MIXTE UNIVERSELLE:
1° REAA
2° RF (Groussier, Rite Français Salvador Allende- Louise Michel)
GRANDE LOGE INDEPENDANTE ET SOUVERAINE DES RITES UNIS:
1° RER
2° RF ( RMFR)
3° REAA
4° MISRAIM
5° MEMPHIS
6° MEMPHIS-MISRAIM
7° RITE FEMININ DE CONSTANT CHEVILLON
8° RITE OPERATIF DE SALOMON
ORDRE INITIATIQUE ET TRADITIONNEL DE L'ART ROYAL:
1° RITE OPERATIF DE SALOMON
GRANDE LOGE MIXTE DE FRANCE
1° RF ( Groussier)
2° RER
3° REAA
GRANDE LOGE UNIE DE FRANCE:
1° RITE ANCIEN
2° REAA
3° RER
4° RF
5° EMULATION
GRANDE LOGE REGULIERE FRANCAISE:
1° REAA
2° RER
3° EMULATION
GRANDE LOGE TRADITIONNELLE ET MODERNE DE FRANCE:
1° REAA
2° RF (RMFR, Rite Français de Tradition)
3° RER
4° EMULATION
5° YORK
GRAND ORIENT TRADITIONNEL DE MEDITERRANNEE:
1° RF (RMFR)
2° REAA
3° RER
4° EMULATION
GRAND PRIEURE DES GAULES:
1° RER
2° RF (RMFR)
3° RITE ECOSSAIS D'ECOSSE
GRANDE LOGE DES CULTURES ET DE LA SPIRITUALITE:
1° REAA
GRAND PRIEURE ECOSSAIS REFORME ET RECTIFIE D'OCCITANIE:
1° RER
GRANDE LOGE EUROPEENNE CHARLEMAGNE:
1° RER
GRANDE LOGE RECTIFIE DE FRANCE:
1° RER
GRANDE LOGE FRANCAISE DU RITE ECOSSAIS PRIMITIF:

1° RITE ECOSSAIS PRIMITIF
GRANDE LOGE MIXTE SOUVERAINE:
1° RF
2° REAA
3° RER
4° MEMPHIS-MISRAIM
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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 00:39

 1599-1711

Transformation de la Maçonnerie opérative écossaise en Franc-Maçonnerie spéculative.

1717

Création de la Première Grande Loge qu'une controverse du milieu du XVIIIe siècle fera appeler usuellement Grande Loge des "Modernes".

1725-1730

Formation à partir du vieux fonds rituel de la Maçonnerie opérative écossaise du système en trois grades de la première Grande Loge (dites des "Modernes"). Ces rituels sont divulgués en 1730 dans le livre La Maçonnerie disséquée.

Implantation des première loges spéculatives en France, elles utilisent, comme toutes les loges en France au XVIIIe le rituel de la Première Grande Loges dite des "Modernes".

1751

Création en Angleterre d'une seconde Grande Loge, dite des "Anciens".

1773

Réforme de la Première Grande Loge de France, fondée en 1738, qui se transforme en Grand Orient de France.

1776

Le Grand Orient de France intègre le Rite Écossais Rectifié élaboré depuis quelques mois par des loges lyonnaises et alsaciennes.

1786

Le Grand Orient de France fixe un rituel standard pour la Maçonnerie symbolique. Il sera imprimé en 1801 sous le titre du Régulateur du Maçon.

1804

Les Maçons rapatriés des Antilles ramènent de leur séjour de quelques années aux États-Unis le Rite pour les grades symboliques de la Grande Loge des "Anciens" : La version française de cette Maçonnerie des "Anciens" va s'appeler Rite Écossais Ancien et Accepté. Ses zélateurs fondent une Grande Loge Générale Écossaise. Quelques mois après sa création, le Grand Orient de France l'intègre. En dépit de la rupture du "Concordat de 1804" et du passage d'une partie des ateliers sous l'autorité d'un Suprême Conseil rival de celui du Grand Orient, celui-ci conservera toujours quelques loges au R.E.A.A. tout au long du XIXe siècle.

1813

En Angleterre, sous la pression du pouvoir politique, les Grandes Loges des "Modernes" et des "Anciens" fusionnent. Le Rite retenu est largement celui des "Anciens"; on l'appellera Emulation (du nom de la loge de conciliation chargée de l'élaborer). Ce rite se diffusera dans tout l'Empire colo¬nial britannique. Le rite des "Modernes", de la Première Grande Loge, n'est donc plus pratiqué... que par le Grand Orient de France sous le nom de Rite Français.

1858

Publication par le G.O.D.F.d'une nouvelle rédaction du Rite Français. Les "Rituels Murât" du nom du Grand Maître sous l'autorité desquels ils ont été rédigés.

1862

Intégration du Rite de Memphis (créé en 1838) au G.O.D.F.

1885

Publication par le G.O.D.F.d'une nouvelle rédaction du Rite Français. Les "Rituels Amiable" doivent leur nom à celui qui en fut l'artisan et le promoteur : l'avocat positiviste Louis Amiable.

1893

Oswald Wirth propose avec ses "Rituels interprétatifs" une version du Rite Écossais Ancien Accepté qui souligne son symbolisme quitte à le surcharger de gloses diverses. Ce rituel est adopté par plusieurs ateliers de la Grande Loge Symbolique Écossaise. C'est de cette époque que date la différenciation croissante entre le Rite Français et le Rite Écossais Ancien Accepté sur le plan de la densité symbolique.

Des frères de la Grande Loge Symbolique Écossaise créent une obédience mixte utilisant le R.E.A.A.: la G.L.S.E. Le Droit Humain.

1894

La Grande Loge Symbolique Écossaise se réconcilie avec le Suprême Conseil du R.-.E.-.A.-.A.-.; une nouvelle organisation pour la gestion des grades bleus est mise en place : la Grande Loge de France.

1902

La R.-.L.-.L'Arc-en-Ciel, la dernière loge de la Grande Loge de Misraïm, disparaît.

1907

Des frères de la R.-.L.-.L'Arc-en-ciel reconstituent avec une patente venant d'Angleterre la Grande Loge de Memphis-Misraïm. Les Rites de Memphis et de Misraïm avaient en effet été exportés de France vers les États-Unis puis l'Angleterre dans les années 1860, c'est durant ce périple qu'ils fusionnèrent.

1911

Le G.-.O.-.D.-.F.-.réveille le Rite Écossais Rectifié.

1913

Des frères quittent le G.-.O.-.D.-.F.-. pour fonder la Grande Loge Nationale Indépendante et Régulière (G.-.L.-.N.-.F.-.depuis 1948) reconnue par la Grande Loge Unie d'Angleterre quelques mois après sa création. La nouvelle obédience accueille des frères anglais expatriés en France qui y implantent le Rite Emulation (standard de la Maçonnerie anglaise).

1938

À l'initiative d'Arthur Groussier, le G.O.D.F. élabore une nouvelle version du Rite Français qui réintègre un certain nombre d'éléments symboliques.

1955

Impression de la version définitive du "Rituel Groussier" qui reprend le texte de 1938 avec quelques aménagement de style.

Création de la R.-.L.-.Devoir et Raison au sein de laquelle s'élabore une version traditionnelle du Rite Français le Rite Moderne Français Rétabli.

1958

Des frères soucieux de ne pas se couper de la tradition humaniste et libérale de la Maçonnerie française quittent la G.-.L.-.N.-.F.-. et créent la G.-.L.-.N.-.F.-.- Opéra (devenue depuis Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra). Ils pratiquent majoritairement le R.-.E.-.R.-.mais ont quelques loges au Rite Emulation. Ils apportent aussi dans la sphère de la Maçonnerie libérale la cérémonie de l'Installation Secrète du Vénérable Maître. Des frères appartenant par ailleurs au G.-.O.-.D.-.F.-. y créent quelques ateliers au Rite Moderne Français Rétabli.

1959

La Grande Loge Féminine de France - constituée en 1945 par les loges d'adoption de la Grande Loge de France encouragées à prendre leur "indépendance" - abandonne le Rite d'Adoption pour adopter le R.-.E.-.A.-.A.-.

1963

Quelques dizaines de loges de la Grande Loge de France rejoignent la G.L.N.F. Neuilly-Bineau et y apportent le R.E.A.A.

1968

À la suite de la tentative d'initiation de Louis Pauwels à la G.-.L.-.N.-.F.-.Opéra et de divergences sur l'orientation du travail symbolique, des frères quittent l'obédience pour fonder la Loge Nationale Française. Celle-ci regroupe quelques ateliers travaillant au R.E.R., au Rite Emulation et au Rite Moderne Français Rétabli qu'elle rebaptise Rite Français Traditionnel.

1972

Le Grand Orient de France donne à la Grande Loge Féminine de France une patente pour pratiquer le Rite Français. Parmi les loges féminines qui se fondent au Rite Français, certaines choisissent la version Rite Moderne Français Rétabli. En 1975, le G.O.D.F.lui donnera une patente pour pratiquer le R.E.R.

1973

Création de la G.-.L.-.M.-.U.-.- Droit Humain Tradition par des loges du DH refusant le poids des hauts-grades dans l'obédience. Elle pratique donc le R.-.E.-.A.-.A.-. ; le G.-.O.-.D.-.F.-.lui donnera une patente pour pratiquer le Rite Français en 1975. Aujourd'hui le  Rite Français y est devenu très majoritaire.

Les loges du Nord de la L.-.N.-.F.-., animées par Jacques Martin, font sécession et créent la Grande Loge Indépendante et Souveraine des Rites Unis - Humanitas. La G.-.L.-.I.-.S.-.R.-.U.-.pratique le R.-.M.-.F.-.R.-.et le R.-.E.-.R.-. auquel elle ajoutera le R.-.E.-.A.-.A.-. Elle deviendra mixte en 1975.

1974

Autour de Jacques Lapersonne, ancien Conseiller de l'Ordre, des frères ayant élaboré le Rite Opératif de Salomon au sein de la R.-.L.-.Les Hommes .-.G.-.O.-.D.-.F.-.) fondent l'Ordre Initiatique Traditionnel de l'Art Royal (O.-.I.-.T.-.A.-.R.-.).

1978

Des frères quittent la L.-.N.-.F.-. pour rejoindre la G.-.L.-.N.-.F.-., ils y apportent le Rite Français Traditionnel. La G.-.L.-.N.-.F.-.a aujourd'hui une centaine de loges travaillant au Rite Français.

1982

Fondation de la G.-.L.-.M.-.F.-., constituée au Rite Français. Elle se veut, comme le G.-.O.-.D.-.F.-., sur lequel sa constitution est calquée, une fédération de Rites et pratique aussi le R.-.E.-.A.-.A.-., le R.-.E.-.R.-. (et le Rite de Memphis-Misraïm.

Pierre MOLLIER

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26 février 2010 5 26 /02 /février /2010 00:04
L'HISTOIRE DES RITES MAÇONNIQUES est naturellement très liée à celle de l'apparition et des premières décennies de la Franc-Maçonnerie spéculative. Celle-ci trouve ses sources dans la Grande-Bretagne du XVII°siècle et là seulement. C'est en Angleterre, entre 1725 et 1751, que le vieux patrimoine rituel de la Maçonnerie opérative écossaise sera réorganisée pour l'usage des "spéculatifs" : Cette réorganisation aboutira à la fixation de deux grandes familles de rituels maçonniques pour les grades symboliques : "Modernes" et "Anciens" : Tous les Rites maçonniques pratiqués dans le monde relèvent de l'une ou l'autre de ces deux familles, quelles que soient par ailleurs leurs appellations souvent trompeuses. La genèse des rituels des grades symboliques pratiqués en France ne peut se comprendre qu'en utilisant cette grille d'analyse. Les méandres de l'histoire des rituels peuvent paraître bien éloignés des préoccupations actuelles des Maçons. Elles sont pourtant la seule clef qui permet d'expliquer certains aspects du paysage maçonnique français d'aujourd'hui.

I - La "Préhistoire"

Comme l'attestent les registres des municipalités, le Moyen âge connut beaucoup de sociétés professionnelles. Marchands et artisans se réunissaient dans des confréries ou des corporations chargées de gérer les intérêts du métier : formation, embauche, attribution des chantiers... Même si toutes ces organisations avaient des traits communs, elles semblent avoir pris des formes diverses selon les métiers ou les zones géographiques. Comme la plupart des organisations médiévales, on a des raisons de penser qu'elles étaient ritualisées. Mais on ne dispose d'aucun document sur les éventuels rituels pratiqués lors de l'entrée dans l'organisation, la validation d'une qualification ou l'accès à certaines fonctions. On ne sait donc rigoureusement rien du rituel pratiqué par les "Bâtisseurs de Cathédrales" !

Le premier document rituel relevant d'une société de métier dont disposent les historiens est assez tardif puisqu'il date de 1666 et touche une organisation professionnelle particulière : le Compagnonnage. En Europe continentale, de la Renaissance au XIXe siècle, ces sociétés de métier soit disparurent, du fait de l'évolution économique, soit se maintinrent comme organisations professionnelles (comme la loge des tailleurs de pierres de Strasbourg, toujours existante, ou les différents Compagnonnages français).

La Franc-Maçonnerie spéculative est le produit de la transformation de l'une de ces organisations professionnelles en Grande Bretagne au XVIIe et au début du XVIIIe siècle. Si, comme doit le faire l'historien, l'on s'en tient aux documents, l'apparition de la Franc-Maçonnerie spéculative est un phénomène exclusivement britannique. Les premières loges spéculatives apparues en France, autour de 1725, naîtront dans le sillage des émigrés britanniques. Elles n'ont donc aucun lien de filiation avec les organisations professionnelles françaises comme le Compagnonnage, dont les ressemblances rituéliques procè¬dent essentiellement d'emprunts de ce dernier à la Franc-Maçonnerie et non l'inverse. Les sources des rituels maçonniques doivent donc être recherchées dans la transformation des organisations professionnelles de maçons opératifs britanniques (un peu anglaises, peut-être un peu irlandaises mais principalement écossaises).

Au XVIIe siècle, les loges de maçons opératifs écossais vont recevoir des membres ne relevant pas du métier. Il s'agit principalement de clients, de notables ou de bienfaiteurs. Cette pratique de "l'acceptation" n'est probablement pas spécifique aux maçons écossais, mais c'est dans ce petit pays - l'Ecosse est indépendante jusqu'en 1705 - que cette pratique va aboutir à une véritable transformation de l'institution.

S'agit-il d'une transformation progressive? On l'a beaucoup dit, mais aujourd'hui les historiens s'interrogent sur ce point. En effet, le profil de ces maçons "acceptés" - étrangers au métier - est relativement typé.

Il s'agit en général d'intellectuels humanistes dont on connaît par ailleurs l'intérêt pour l'Antiquité, l'hermétisme, les sciences expérimentales naissantes... Aussi cette entrée importante "d'acceptés" en quelques années laisse supposer un projet sous-jacent mais, en dépit de nombreuses hypothèses, on ignore lequel.

On dispose en revanche de documents sur les pratiques rituelles de cette Maçonnerie écossaise qui est la source de la Franc-Maçonnerie spéculative. La cérémonie semble une sorte de "bizutage" à l'issue duquel on instruit le récipiendaire de signes et d'un mystérieux "Mot du Maçon"; lesquels permettent au nouveau membre de se faire reconnaître. Cette transmission du "Mot du Maçon" est le cœur de la cérémonie; le pasteur Robert Kirk expliquait en 1691 :

"Le Mot du Maçon, dont certains font un mystère, je ne veux pas cacher le peu que je sais. C'est une espèce de tradition rabbinique dans le sens d'un commentaire sur Jackin et Boaz, les deux colonnes érigées dans le Temple de Salomon ; avec en plus l'adjonction d'un certain signe secret transmis de main à main, au moyen duquel ils se reconnaissent et deviennent familiers entre eux."

Les documents faisant allusion aux usages rituels de la Maçonnerie écossaise se multiplient à partir de 1630. Mais il faut attendre 1696 pour avoir, avec le manuscrit dit "Archives d'Edimbourg" le plus ancien rituel maçonnique complet. L'instruction, élémentaire, consiste en quelques questions et réponses sur le Temple de Salomon et les outils de la loge.

À la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle les loges non-opératives deviennent de plus en plus nombreuses en Ecosse, mais aussi en Angleterre et en Irlande.

II -1717 et après... L’apparition des deux grandes familles de rituels maçonniques.

Ce sont quatre de ces loges non-opératives qui vont se rassembler pour fonder, en 1717, la Grande Loge de Londres et de Westminster pour les grades symboliques et poser ainsi la première pierre de la Franc-Maçonnerie spéculative contemporaine. C'est dans ce milieu de la Première Grande Loge que se fixe entre 1720 et 1730 un système en trois grades. Le fond de ces trois grades est issu du vieux patrimoine rituel écossais que nous avons évoqué, mais celui-ci a été enrichi et développé. On connaît les rituels de cette Première Grande Loge par un ouvrage publié en 1730 qui, au grand scandale des frères, les révèle au public. Cette divulgation s'intitule d'ailleurs Masonry dissected : la Maçonnerie disséquée ! Si l'on parle de "Première" Grande Loge, c'est que la Maçonnerie anglaise qui paraît si monolithique aujourd'hui va voir s'ériger une "Seconde" Grande Loge en 1751. Les rivalités, les querelles et les excommunications entre ces deux Grandes Loges sont toute l'histoire de la Maçonnerie anglaise jusqu'en 1813 où elles fusionnent, sous la pression du pouvoir poli¬tique, pour devenir la Grande Loge Unie d'Angleterre. Or les affronte¬ments entre ces deux Grandes Loges - qui ont de nombreuses raisons sous-jacentes : religieuses politiques ou sociales - vont se concentrer sur les questions de rituels.

La Grande Loge apparue en 1751 se présente comme rassemblant des maçons fidèles aux usages anciens de l'Ordre. Elle accuse en effet la Première Grande Loge d'avoir apporté des innovations et des changements aux rituels (notamment pour déjouer les profanes ayant lu La Maçonnerie disséquée !) D'après cette - nouvelle ! - Grande Loge des Anciens Maçons, à la différence du rituel pratiqué par la Première Grande Loge, la tradition maçonnique originelle et authentique consisterait notamment :

- à attribuer le mot en B à la colonne du Nord et aux apprentis;

- à placer le premier surveillant à l'occident en face du Vénérable et le second surveillant au milieu de la colonne du midi en face de la colonne des apprentis;

- à associer au troisième grade un autre mot en M.B.

La Grande Loge des Anciens Maçons était animée par le frère Lawrence Dermott, organisateur très doué et homme de communication avant l'heure. Il arriva à convaincre les frères de la Première Grande Loge eux-mêmes qu'ils avaient effectivement adopté des usages nouveaux. Le sobriquet de "Modernes" ; qu'il leur avait attribué dans les polémiques, leur resta. On en vint à appeler la Première Grande Loge, pourtant antérieure, Grande Loge des "Modernes" :

Les historiens ont longtemps cru le discours officiel de la nouvelle Grande Loge. Les "Anciens" auraient été des scissionnistes soucieux de revenir aux usages traditionnels. En fait il n'en est rien. Les Anciens étaient largement issus de l'immigration irlandaise à Londres et à ce titre recevaient un accueil hostile dans les loges anglaises. D'où leur souci de reconstituer une organisation où ils seraient entre eux. Les différences de rituels ne venaient pas "d'innovations" de la Grande Loge de Londres, mais du fait qu'en Irlande, et semble-t-il en Ecosse, on avait réorganisé le patrimoine rituel initial de la vieille Maçonnerie opérative écossaise de manière un peu différente. Ainsi, au XVIIe siècle, le Mot du Maçon au premier grade était à la fois J et B (à la question : J ? on répondait B). Lorsque l'on remis en forme les rituels dans les années 1720-1730 et que l'on éclata en deux grades les "secrets" du vieux grade opératif d'Apprenti-Entré, les anglais mirent J au premier grade et B au second, les irlandais et les écossais firent le choix inverse. Le rituel des "Anciens" n'est pas plus ou moins symbolique que celui des "Modernes". II hiérarchise les symboles de manière un peu différente et présente quelques variantes dans les cérémonies.

Si nous nous sommes un peu étendus sur ces controverses qui peuvent paraître picrocholines, c'est qu'elles sont la clef indispensable pour comprendre la genèse des différents rites maçonniques. Tous les rituels maçonniques dérivent de l'une ou l'autre famille. Ils sont soit de type "Moderne" et par là se rattachent aux usages de la Première Grande Loge, ou de type "Ancien" et s'inscrivent dans la filiation de la nouvelle Grande Loge des Anciens Maçons de 1751 et au delà de ses sources irlandaises et peut-être écossaises.

III - Genèse des grades

La Franc-Maçonnerie spéculative symboliques en France s'implante en France vers 1725 dans le sillage des émigrés britanniques exilés pour des raisons politiques ou religieuses. À Paris, ceux-ci sont souvent des notables et viennent en général de Londres. Ils apportent dans leurs bagages le rituel en usage à Londres à cette époque et les "Anciens" n'apparaissant qu'en 1751, c'est donc une Maçonnerie de type "Moderne'; c'est-à-dire - répétons-le -antérieure, qui va s'implanter dans notre pays. L'Ordre va se développer à partir de la capitale dans les grandes métropoles de province et c'est ainsi le rituel des "Modernes" qui va se diffuser en France au XVIIIe siècle. C'est d'ailleurs le seul rituel connu pour les grades bleus et ce Rite des "Modernes" traduit en français, qui deviendra bien plus fard le Rite Français, n'a donc à cette époque pas de nom ! Il s'agit seulement des cérémonies de la Maçonnerie symbolique.

Cette Maçonnerie symbolique connaîtra deux codifications.

En 1774 des Maçons lyonnais introduisent dans ce rite des éléments judéo-christiques et chevaleresques. Ils créent ainsi le Rite Écossais Rectifié qui, en dépit de son nom, se rattache à une structure rituelle de type "Moderne" et est donc une variante du Rite Français. Ce Rite est intégré au Grand Orient de France en 1776.

Dès sa création en 1773, les loges demandent au Grand Orient de France d'établir une version standard de la Maçonnerie symbolique. Cela prendra un certain temps puisque ce n'est qu'en 1786 que le Grand Orient proposera un texte de référence pour les trois grades symboliques. Ce rituel sera d'abord diffusé dans les loges sous forme de copies manuscrites. Il est aujourd'hui connu par le titre sous lequel il a finalement été imprimé en 1801: Le Régulateur du Maçon. Il présente très fidèlement une version française du rituel des "Modernes" :

C'est le texte de référence du Rite Français. Le Grand Orient a été conduit à le remanier en 1858 (rituels Murât), en 1885 (rituel Amiable, avec variante Blatin en 1907) puis en 1938 sous la direction d'Arthur Groussier. Le texte d'Arthur Groussier a subi de légères retouches en 1955 et cette version est l'actuel rituel standard du Grand Orient de France (à deux ou trois éléments près).

En 1804 arrivent en France plusieurs milliers de réfugiés de Saint-Domingue chassés par l'émancipation des hommes de couleur. Parmi eux de nombreux frères. Haïti n'étant qu'à quelques dizaines de kilo¬mètres des côtes américaines, les exilés de Saint-Domingue se sont, dans un premier temps, réfugiés en Pennsylvanie. Les Maçons créoles fréquentèrent donc pendant quelques années les loges de Philadelphie.

Les États-Unis ayant accueilli de nombreux immigrés irlandais, la Grande Loge de Pennsylvanie se trouvait relever de la filiation des "Anciens". Pour la première fois des français allaient donc pratiquer une Maçonnerie symbolique de type "Anciens". Rapatriés à Paris, les Maçons créoles ramenèrent avec eux le Ancient and Accepted Rite. Dans la version française on ajoutera le mot - vague mais prestigieux - d'Écossais. Le Guide des Maçons Écossais, publié dans les premières années du XIXe siècle constitue le texte de référence pour le Rite Écossais Ancien et Accepté, il est une version française du Rite des "Anciens" : Le Rite Écossais Ancien et Accepté sera intégré au Grand Orient quelques mois après son arrivée en France, en 1804, et sera depuis lors constamment pratiqué par quelques-unes de ses loges.

Les Rites égyptiens pour les grades symboliques, Misraùn en 1814 et Memphis en 1838, ne sont que des variantes du Rite Écossais Ancien et Accepté dans lesquelles on a introduit des éléments relevant de l'égyptomanie très en vogue à cette époque. Le Rite de Memphis sera intégré au Grand Orient en 1862 et celui de Misraîm en 1865.

C'est au début du XIXe siècle, avec l'apparition d'autres rites, que les rituels maçonniques pratiqués en France tout au long du XVIIIe siècle, et fixés dans le Régulateur du Maçon, seront baptisés Rite Français ou Rite Moderne.

IV- L'évolution des rituels

Lorsque l'on compare les deux symboliques aux XIXe et XXe s. textes de référence que sont le Régulateur du Maçon, pour le Rite Français, et le Guide des Maçons Écossais pour le Rite Écossais Ancien et Accepté on constate qu'ils ne se différencient pas à l'origine par un caractère plus ou moins symbo¬lique. Leur différenciation sur ce plan est un phénomène de la fin du XIXe siècle. À cette époque le Rite Français était pratiqué par l'immense majorité des loges de notre pays. Il a donc été soumis à l'idéologie de la majorité des Maçons des années 1860-1880. Il a ainsi été réécrit à la lumière des courants intellectuels en vogue et notamment du positivisme. On ne connaissait pas la psychanalyse et l'inconscient et tout ce symbolisme semblait relever soit de l'enfantillage soit de la superstition. Les versions Murât (1858) et Amiable (1885) réduisent la présentation des symboles des différents grades à la portion congrue et les remplacent par des discours moraux et allégoriques sur le bien et le mal. C'est Arthur Groussier qui dans l'Entre-deux-guerres plaidera pour un retour aux sources symboliques du Rite Français. Ceux qui peu de condescendance du "Rituel Groussier" commettent donc un contresens. Le texte établi sous la direction d'Arthur Groussier et adopté en 1938 puis 1955 marque un début de retour du symbolisme dans le rituel standard du Grand Orient.

Dans ces années 1880 où les gros bataillons maçonniques sont marqués par le positivisme, les frères intéressés par le symbolisme -même lorsqu'ils étaient issus du Rite Français comme Oswald Wirth -se rassemblèrent dans les ateliers du Rite minoritaire où ils étaient probablement plus libres de travailler selon leur goût. C'est à cette époque qu'apparaît l'idée que le R.-.E.-.A.-.A.-.serait plus symbo¬lique. L'école d'Oswald Wirth, ancien secrétaire de Stanislas de Guaïta, surchargera d'ailleurs le R.-.E.-.A.-.A.-.d'éléments empruntés à l'oc¬cultisme, quitte à en retirer les symboles traditionnels qui ne se pliaient pas à leur interprétation !

Ce retour d'intérêt pour le symbolisme que l'on perçoit dès le début du XXe siècle aura aussi pour conséquence le réveil au Grand Orient, en 1913, du Rite Écossais Rectifié.

Le mouvement lancé par Arthur Groussier se prolongea lors de la reconstruction de l'obédience après la Seconde Guerre Mondiale. Des frères versés dans les études initiatiques souhaitaient revivifier toutes les potentialités symboliques de la tradition maçonnique française. Ils regrettaient notamment que les Maçons du Grand Orient intéressés par le symbolisme soient conduits à quitter le Rite Français, Rite traditionnel de l'obédience, pour rejoindre une loge au R.-.E.-.A.-.A.-., considéré comme plus symbolique. Ils pensaient que l'on pouvait concilier orien¬tation symbolique et fidélité à la tradition rituélique du Grand Orient. Avec l'accord bienveillant de Francis Viaud, il fut donc décidé de réveiller une version traditionnelle du Rite Français. Cela aboutit à la création de la R. L. du Devoir et de la Raison en 1955. Deux possibilités s'offraient aux zélateurs du réveil traditionnel du Rite Français:

- soit utiliser tel quel le rituel du Régulateur du Maçon, fixé par le G.'.O.'.D.'.F.'.en 1786 et imprimé en 1801.

- soit reconstituer, sur la base du Régulateur du maçon, mais avec quelques ajouts tirés des documents du XVIIIe siècle, un rituel du Siècle des Lumières tel qu'il fut effectivement pratiqué par les loges. Cette deuxième solution était une sorte d'entreprise de restitution, de "restauration" au sens où l'on restaure un tableau.

Pour des raisons diverses, c'est ce second choix qui fut fait.

Précisons que les deux solutions présentaient des textes assez proches. Les "restaurateurs" du Rite Français traditionnel, voulurent trouver une appellation qui donne son sens au résultat de leur recherche. Ils le baptisèrent donc Rite Moderne Français Rétabli. L'expression Rite Moderne doit naturellement être lu Rite de type "Moderne" - c'est à dire s'inscrivant dans la tradition de la Première Grande Loge dite des "Modernes"-, Français parce qu'il s'agit de la version implantée en France en 1725 et traduite dans notre langue, enfin Rétabli pour indi¬quer que ce texte était le résultat d'un travail de restitution. Ce -nouveau ! - rituel traditionnel rencontra un certain succès. Il s'im¬planta notamment dans quelques loges du Nord, de l'Est et du Sud-Est. Par la suite d'autre loges intéressées par une perspective essentiellement symbolique choisirent d'utiliser tel quel le Régulateur du Maçon. Aujourd'hui sur les 47 loges du Grand Orient qui prati¬quent une version traditionnelle du Rite Français on trouve les deux options (quelles que soient les appellations, parfois fantaisistes, de Rite Français :1783,1801, "Traditionnel" ou même "Ancien" !). À partir du Grand Orient de France ce Rite Moderne Français Rétabli essaima à la GLTSO, à la LNF, à la GLFF... et même à la GLNF !

En 1813, en Angleterre, sous la pression du pouvoir politique, les Grandes Loges des "Modernes" et des "Anciens" fusionnèrent. Le Rite retenu est largement celui des "Anciens"; on l'appellera Emulation (du nom de la loge de conciliation chargée de l'élaborer). Ce rite se diffusera dans tout l'Empire colonial britannique. Le rite des "Modernes", de la Première Grande Loge, tomba donc en désuétude dans sa terre d'origine... Aujourd'hui, la seule grande obédience maçonnique au niveau international qui le pratique encore est le Grand Orient de France... sous le nom de Rite Français, quelles que soient ses versions!

Pierre MOLLIER

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 14:01

AVERTISSEMENT

Le Rite Français Traditionnel est la synthèse d'une tradition continue passée d'Angleterre en France vers 1725. On possède de nombreux textes pour suivre l'évolution de cette tradition, soit en Angleterre de 1696 à 1760 environ, soit en France de 1738 au XIXe siècle.

Cette tradition, si l'on excepte le changement de milieu social (des maçons opératifs aux aristocrates anglais et français) et de langue, ce qui a été à l'origine d'erreurs de traduction, n'a connu aucune rupture.

Elle a toutefois suivi en France au XVTIIe siècle un double pro¬cessus : altération du contenu ancien, enrichissement par des apports nouveaux.

Au XIXe siècle elle a conservé la regrettable inversion des mots sacrés que l'Angleterre avait définitivement rejetée dès 1809  et elle s'est engagée dans une déviation incontestable qui devait parvenir à son point culminant en 1877 et amener un schisme douloureux dans la Maçon¬nerie universelle.

Le Rite Français Traditionnel :

1) fait la synthèse des apports anglais anciens et des enrichissements élaborés en France avant 1820-1830 ;

2) s'aligne sur les usages symboliques universels ;

3) maintient et affirme le contenu initiatique et spirituel de la Maçon¬nerie française du XVTIIe et du début du XIXe siècle.

Il a été désigné dans un premier temps par l'appellation de "Rite Moderne Français Rétabli", qui faisait référence à la Grande Loge des "Modernes" de 1717. Mais lorsqu'est mieux apparue l'importance pour ce rite des documents opératifs écossais et anglais antérieurs à 1717, le nom plus large de "Rite Français Traditionnel" a été préféré.

Ce rite ne représente pas la transmission passive de ce que la Maçonnerie française a véhiculé de meilleur et de pire, mais une volonté systématique de compréhension approfondie, d'harmonisation, de construction et d'universalisme.

Il ne s'agit donc pas d'une restitution de type archéologique ou folklorique, mais de la manifestation d'un désir profond de mettre au service des hommes et des Maçons de notre siècle un outil traditionnel irréprochable et de hâter, par des voies excluant toute abdication et toute humiliation, le retour de la Maçonnerie française dans le sein de la Maçonnerie universelle.

1955 - 1970 René Désaguliers.

PREMIERE PARTIE : LES DEMANDES D'APPROCHE.

D. 1 Pleut-il ?

R. Selon la circonstance : oui, non, j'espère que non,

D. 2 Comment souffle le vent ?

R. Plein Est et Ouest.

D. 3 A quoi sert le jour ?

R. A voir.

D. 4 A voir quoi ?

R. Les signes.

D. 5 Que sont les signes ?

R. Toutes équerres sont des signes.

D. 6 Que sont certaines équerres ?

R. Tous niveaux suivis de toutes perpendiculaires.

D. 7 A quoi sert la nuit ?

R. A recevoir et à entendre.

D. 8 A recevoir quoi ?

R. Les attouchements.

D. 9 Que sont les attouchements ?

R. Certaines poignées de main régulières et fraternelles.

D. 10 A entendre quoi ?

R. Les mots.

D. 11 Comment voyagez-vous ?

R. De l'Ouest à l'Est.

D. 12 Pourquoi ?

R. Pour aller chercher la lumière.

D. 13 Avez-vous vu votre maître aujourd'hui ?

R. Oui.

D. 14 Comment était-il vêtu ?

R. D'une veste jaune et d'une culotte bleue.

D. 15 Quelle heure est-il ?

R. Midi.

D. 16 Quel âge avez-vous ?

R. Trois ans.

D. 17 Avec quels outils travaillez-vous ?

R. Avec le Maillet, le Ciseau et la Jauge.

D. 18 A quoi travaillez-vous ?

R. A dégrossir la Pierre brute.

D. 19 Avez vous été payé ?

R. Je suis content.

D. 20 Que signifie le mot de passe ?

R. C'est le nom de celui des fils de Lamekh qui inventa l'art de travailler les métaux.

D. 21 Donnez-le-moi.

R. Tubalcaïn.

Fin des demandes d'approche.

DEUXIEME PARTIE : LES DEMANDES SYMBOLIQUES.

1) La Loge juste et parfaite.

D, 1 Etes-vous Maçon ?

R. Les Frères et les Compagnons me reconnaissent pour tel.

D. 2 Qu'est-ce qu'un Maçon ?

R. Un homme libre engendré par un homme, né d'une femme, frère d'un roi, ami d'un prince ou d'un gueux s'ils sont vertueux,

D. 3 Depuis quand êtes-vous Maçon ?

R. Depuis que j'ai reçu la lumière.

D. 4 Où avez-vous été reçu Maçon ?

R. Dans une Loge juste et parfaite.

D. 5 Qui est Maître d'une Loge juste et parfaite ?

R. Dieu et l'Equerre.

D. 6 Qu'est-ce qui fait une Loge juste et parfaite ?

R. Trois forment une Loge simple, cinq composent une Loge juste et sept rendent une Loge juste et parfaite. A savoir : le Vénérable et les deux Surveillants qui gouvernent la Loge, deux Compagnons et deux Apprentis.

D. 7 Où se tenaient les Loges des anciens Maçons ?

R. Sur la plus haute colline ou dans la vallée la plus profonde, là où on n'entend ni un chien aboyer ni un coq chanter.

D. 8 En souvenir de cela, quelle est la hauteur de la Loge ?

R. Des pieds, des toises et des coudées sans nombre.

D. 9 De quoi est-elle couverte ?

R. D'un dais d'azur parsemé d'étoiles.

D. 10 Qui la soutient ?

R. Trois grandes colonnes.

D. 11 Comment les nommez-vous ?

R. Sagesse, Force et Beauté.

D. 12 Pourquoi cela ?

R. Sagesse pour inventer, Force pour soutenir, et Beauté pour orner.

D. 13 A quels officiers sont-elles attribuées ?

R. Sagesse au Très Vénérable, Force au Premier Surveillant et Beauté au Deuxième Surveillant.

D. 14 Ne représentent-elles rien de plus ?

R. Si, les trois vertus qui demeurent toujours dans le cœur d'un Franc-Maçon, la Foi, l'Espérance et l'Amour.

D. 15 Comment se tient la Loge ?

R. Plein Est et Ouest, comme le Temple de Salomon et toutes les saintes Eglises.

D. 16 Quelle est sa forme ?

R. Un carré long,

D. 17 Quelle est sa longueur ?

R. De l'Orient à l'Occident.

D. 18 Quelle est sa largeur ?

R. Du Septentrion au Midi.

D. 19 Pourquoi répondez-vous ainsi ?

R. Pour donner à entendre que les Francs-Maçons sont dispersés par toute la terre et ne forment tous ensemble qu'une seule et même Loge.

D, 20 Quel est le nom de la Loge ?

R. La Loge Saint Jean.

D. 21 Où se trouve la clef de la Loge ?

R. A un pied et demi de la porte de la Loge, dans une boîte d'os qui ne s'ouvre et ne se ferme qu'avec des clefs d'ivoire.

D. 22 Cette clef a-t-elle une chaîne ?

R. Oui, aussi longue que de mon cœur à ma langue.

D. 23 Pourquoi de votre cœur ?

R. Parce que c'est là que je garde tous mes secrets.

D. 24 Voici une curieuse clef. De quel métal est-elle ?

R. D'aucun métal. C'est la langue du bon renom qui ne sait dire que du bien d'un Frère en son absence comme en sa présence ou qui, lorsque cela n'est pas possible, préfère le silence.

D. 25 Quelle est la hauteur de la porte de votre Loge ?

R. Assez haute pour que tout Maçon puisse passer et assez basse pour qu'aucun manœuvre ne puisse entrer.

D. 26 Combien y a-t-il de sortes de Maçons ?

R. Il y en a deux, les Maçons de pratique, ou opératifs, et les gentilshommes Maçons, ou encore Maçons spéculatifs.

D. 27 Qu apprend-on comme Maçon de pratique ?

R. A tailler la pierre d'équerre, à poser de niveau et à élever des perpendiculaires.

D. 28 Qu'apprenez-vous comme gentilhomme Maçon ?

R. La discrétion, la morale et la bonne amitié.

D. 29 Et que venez-vous faire ici ?

R. Vaincre mes passions, soumettre ma volonté et faire de nouveaux progrès dans la Franc-Maçonnerie.

D. 30 Quels sont les grands principes de la Franc-Maçonnerie ?

R. L'Amour fraternel, la Bienfaisance et la Vérité.

2) Les places.

D. 31 Quelle est la place du Maître de la Loge ?

R. Comme le soleil se lève à l'Est pour ouvrir la carrière du jour, de même le Maître se tient à l'Est pour ouvrir la Loge et mettre les hommes à l'ouvrage.

D. 32 Quelle est la place des Surveillants ?

R. Comme le soleil se couche à l'Ouest pour fermer la carrière du jour, de même les Surveillants se tiennent à l'Ouest pour fer¬mer la Loge, payer les ouvriers et les renvoyer contents.

D. 33 Y a-t-il des fenêtres à la Loge ?

R. Oui, trois.

D. 34 Où sont-elles situées ?

R. A l'Est, au Sud et à l'Ouest.

D. 35 Quel était leur usage ?

R. A éclairer les Maçons opératifs pour se mettre au travail, pour le faire et pour le cesser.

D. 36 A quelle heure les Maçons acceptés ou Maçons spéculatifs commencent-ils leurs travaux ?

R. A midi.

D. 37 Quelle est la place des Maîtres ?

R. Partout.

D. 38 Pourquoi ?

R. Pour veiller sur tous les ouvriers.

D. 39 Quelle est la place des Compagnons ?

R. Au midi.

D. 40 Pourquoi à cet endroit ?

R. Pour garder et cacher et faire bon accueil aux Frères étrangers.

D. 41 Quelle est la place des Apprentis ?

R. Au Septentrion.

D, 42 Pourquoi à cet endroit ?

R. Pour garder et cacher, recevoir les instructions et écarter les manœuvres et les indiscrets.

D. 43 Quelle est la place du manœuvre ?

R. Sous les gouttières de la Loge, jusqu'à ce que l'eau, lui entrant par les épaules, ressorte par les souliers.

D. 44 Combien y a-t-il de têtes couvertes en Loge ?

R. Une seule, le Très Vénérable.

3) Les lumières.

D. 45 Y a-t-il des lumières dans la Loge ?

R. Oui, trois.

D. 46 Que représentent-elles ?

R. Le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge.

D. 47 Pourquoi cela ?

R. Parce que le Soleil éclaire les ouvriers le jour, la Lune pendant la nuit et le Très Vénérable en tout temps dans la Loge.

D. 48 Que représentent-elles encore ?

R. Les trois personnes de la Trinité, le Père, le Fils et l'Esprit Saint.

D. 49 Ne représentent-elles rien de plus ?

R. Si, Très Vénérable, les trois lois: la loi des Patriarches, la loi révélée à Moïse et la loi d'Amour de Saint Jean.

D. 50 Comment sont-elles disposées dans la Loge ?

R. En Equerre. Le Soleil au Sud-Ouest représente le Père et la loi révélée à Moïse se, la Lune au Nord-Est représente l'Esprit Saint et la loi des Patriarches, enfin le Maître de la Loge au Sud-Est représente le Fils et la loi d'Amour de Saint Jean.

D. 51 Sur quoi sont-elles placées ?

R,. Sur trois grands chandeliers triangulaires.

D. 52 Par quoi sont-elles figurées aussi dans la Loge ?

R. Par le chandelier à trois branches.

4) Les bijoux.

D. 53 Avez-vous des bijoux dans la Loge ?

R. Oui, Très Vénérable.

D. 54 En quel nombre ?

R. Au nombre de six, à savoir trois mobiles et trois immobiles.

D. 55 Quels sont les bijoux mobiles ?

R. L'Equerre que porte le Très Vénérable, le Niveau que porte le Premier Surveillant et la Perpendiculaire que porte le Deuxième Surveillant.

D. 56 Quel est leur usage ?

R. L'Equerre sert à vérifier les angles droits des édifices, le Niveau à placer les horizontales et la Perpendiculaire à élever les verticales.

D. 57 Donnez-en l'explication au sens moral ?

R. L'Equerre nous avertit que toutes nos actions doivent être réglées sur la droiture et la justice, le Niveau qu'il doit régner une parfaite égalité entre les Maçons, la Perpendiculaire que tous les biens nous viennent d'en haut.

D. 58 Pourquoi les appelle-t-on bijoux mobiles ?

R. Parce qu'ils passent d'un Frère à un autre.

D. 59 Quels sont les bijoux immobiles ?

R. La Planche à tracer, la Pierre brute et la Pierre cubique à pointe.

D. 60 Quel est leur usage ?

R. La Planche à tracer sert au Maître à tracer les épures, à dessiner les plans et les élévations, la Pierre brute sert aux Apprentis pour apprendre à travailler et la Pierre cubique à pointe sert aux Compagnons à vérifier et à rectifier leurs outils.

D. 61 Donnez-en l'explication au sens moral ?

R. La Planche à tracer est l'emblème du bon exemple et des instructions que nous devons à nos Frères et à tous les hommes. La Pierre cubique à pointe est le symbole des soins que se donne l'homme de bien pour corriger les passions auxquelles nous sommes tous en butte. Enfin la Pierre brute est l'image de l'homme grossier que l'étude approfondie de lui-même peut seule polir et faire avancer vers la perfection.

D. 62 Pourquoi les appelle-t-on bijoux immobiles ?

R. Parce qu'ils sont placés bien en vue et immobiles dans la Loge afin que les Frères puissent les contempler à tout instant.

5) Les ornements et les meubles.

D. 63 Avez-vous des ornements dans votre Loge ?

R. Oui, Très Vénérable.

D. 64 En quel nombre ?

R. Au nombre de trois, à savoir : le Pavé mosaïque, l'Etoile flamboyante et la Bordure dentelée.

D. 65 Quel est leur emplacement ?

R. Le Pavé mosaïque couvre le sol de la Loge et le parvis du Temple l'Etoile flamboyante, d'où part la vraie lumière, est au centre et la Bordure dentelée noire et blanche délimite le tracé de la Loge.

D. 66 Qu'ajoute-t-on également tout autour de la Loge à la Bordure dentelée ?

R. Une cordelière à houppes présentant des lacs d'amour en nombre symbolique.

D. 67 Donnez le sens emblématique des ornements ?

R. Le Pavé mosaïque formé de pierres blanches et noires et scellé par le ciment que répand la truelle représente l'union intime qui règne entre les Maçons de la Loge. L'Etoile flamboyante dont la lumière éclatante ne peut être fixée est l'emblème du Grand Architecte de l'Univers, qui est Dieu, et qui brille d'une lumière qu'il n'emprunte qu'à lui seul. Le dessin géométrique de la Bordure dentelée indique le combat perpétuel que se livrent la lumière et les ténèbres, tandis que les lacs d'amour représentent le lien qui unit tous les Maçons et n'en fait qu'une même famille sur toute la terre.

D. 68 Avez-vous des meubles dans votre Loge ?

R. Oui Très Vénérable, trois. L'Evangile de Saint Jean, le Compas et l'Equerre.

D. 69 A quoi servent-ils ?

R. A prêter les Obligations.

D. 70 Où se trouve le tableau de la Loge ?

R. Sur le sol entre les trois lumières.

D. 71 Que représente-t-il ?

R. La Loge elle-même, renfermant certains emblèmes mystérieux de la Franc-Maçonnerie.

TROISIEME PARTIE : LES CIRCONSTANCES DE LA RECEPTION.

D. 1 Quel fut votre premier pas vers votre entrée dans la Loge ?

R. Un désir sincère de connaître les secrets de la Franc-Maçonnerie.

D. 2 Qui vous a amené à la Loge ?

R. Un ami que j'ai depuis reconnu pour mon Frère.

D. 3 Où avez-vous été conduit alors ?

R. Dans une chambre obscure.

D. 4 Qu'y avez-vous remarqué ?

R. Des sentences inscrites sur les murs, des emblèmes funèbres, un sablier, une Bible et l'image d'un coq avec cette légende : "Il veille dans les ténèbres et annonce la lumière".

D. 5 Que vous y recommanda-t-on ?

R. D'y faire une sérieuse réflexion sur la démarche que j'allais entreprendre et de répondre par écrit à cinq questions.

D. 6 Qui était avec vous dans cette chambre ?

R. Un Préparateur.

D. 7 Dans quel état vous a-t-il mis ?

R. Pauvre et sans un sou, les yeux bandés, ni nu ni vêtu mais dans un état décent.

D. 8 Expliquez-moi pauvre et sans un sou ?

R. Dépouillé de tous métaux.

D. 9 Pourquoi cela ?

R. Pour m!apprendre à ne mettre aucune confiance dans les choses illusoires. Et de même que j'étais pauvre et sans un sou au moment où j'ai été reçu Maçon, de même je dois secourir dans toute la mesure de mes possibilités, tous les Maçons et tous les hommes pauvres et sans un sou.

D. 10 Pourquoi les yeux bandés ?

R. Parce que j'étais dans les ténèbres spirituelles et que je cherchais la vraie lumière.

D. 11 Expliquez-moi ni nu ni vêtu ?

R. J'avais le genou droit, le bras et le sein gauches mis à nu et le soulier gauche en pantoufle.

D. 12 Pourquoi cela ?

R. Pour prêter mes Obligations.

D. 13 Où vous a-t-on mené dans cet état ?

R. A la porte de la Loge.

D. 14 Comment l'avez-vous trouvée ?

R, Close et bien gardée.

D. 15 Comment avez-vous été annoncé ?

R. Par trois grands coups.

D. 16 Que rappellent-ils ?

R. Un passage de l'Evangile de Saint Mathieu : Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira.

D. 17 Que vous ont-ils produit ?

R. Un Frère Couvreur.

D. 18 Qu'a-t-il demandé ?

R. Qui frappe ?

D. 19 Qu'a-t-on répondu ?

R. C'est un gentilhomme qui demande à être reçu Maçon.

D. 20 Pourquoi cela ?

R. Parce que l'on désignait ainsi tous les Candidats frappant à la porte de la Franc-Maçonnerie, pour indiquer que tous étaient égaux dans une condition élevée.

D. 21 Qu'a-t-il demandé à nouveau ?

R, Qu'il dise son nom, son prénom, son âge, son pays, son état, sa religion, son domicile.

D. 22 Qu'a-t-il demandé ensuite ?

R. Se sent-il la vocation et est-ce bien de sa libre volonté, avec désintéressement matériel et humilité de cœur et d'esprit qu'il désire d'être reçu Maçon ?

D. 23 Qu'a demandé encore le Frère Couvreur ?

R. Est-il convenablement préparé, pauvre et sans un sou ? Est-il de bon renom et qui répond de lui à la Loge ?

D. 24 Qu'avez-vous vu en entrant dans la Loge ?

R. Rien que l'esprit humain puisse comprendre, un voile épais me couvrait les yeux.

D. 25 Qu'a fait de vous le Frère Préparateur ?

R. Il m'a remis entre les mains du Deuxième Surveillant.

D. 26 Rappelez-moi les trois questions qui vous ont été posées à ce moment ?

R. Que pensez-vous que la Maçonnerie puisse vous apporter ? Que pensez-vous apporter à la Franc-Maçonnerie ? Que pensez-vous que la Franc-Maçonnerie puisse apporter à l'Humanité ?

D. 27 Que s'est-il passé ensuite ?

R. Le Frère Orateur a donné son sentiment sur mes réponses et j'ai été admis à l'unanimité.

D. 28 Que vous a-t-on dit à ce moment ?

R. Que j'allais en conséquence être soumis à des épreuves qui forment en réalité un enseignement symbolique.

D. 29 Quelle est la première de ces épreuves ?

R. Le bandeau qui me couvrait les yeux.

D. 30 Que vous fit faire le Deuxième Surveillant ?

R. Après avoir prié le Deuxième Expert de l'assister il m'a fait voyager trois fois à partir de l'Occident par le Septentrion, l'Orient et le Midi.

D. 31 Que cherchiez-vous dans cette route ?

R. La lumière.

D. 32 Que signifie le premier voyage ?

R. C'est l'emblème de la vie humaine à son niveau le plus bas, agitée des passions les plus désordonnées. Il représente aussi les premiers âges de l'humanité après le déluge, alors que régnait la Loi élémentaire des Patriarches, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, et que Dieu concluait avec les hommes ses premières alliances.

D. 33 Quel est l'édifice le plus caractéristique de cet âge ?

R. La Tour de Babel.

D. 34 Qu'indique ce nom ?

R. Confusion.

D. 35 Que signifie le deuxième voyage ?

R. Il marque l'effet de la constance à suivre le chemin de la vertu. Plus on y avance et plus il est agréable. Les cliquetis

d'armes que j'y ai entendus figurent les combats que l'homme vertueux est toujours obligé de soutenir pour triompher de l'erreur. Il représente le deuxième âge de l'humanité régi par la Loi révélée à Moïse.

D. 36 Quel est l'édifice le plus caractéristique de cet âge ?

R. Le Temple de Jérusalem commencé à Jérusalem sur le Mont Moriah en 1011 avant notre ère et terminé sept ans plus tard en 1004 sur le modèle du Tabernacle dont YAHWEH, IL EST, avait donné tous les plans à Moïse sur le Mont Sinaï.

D. 37 Quelle épreuve avez-vous subie à la fin de ce deuxième voyage ?

R. Mon front siège de mon intelligence, et mon cœur siège de ma vie et symbole de mes sentiments, ont été lavés par l'eau. Ce rite n'est pas un sacrement mais un symbole qui indique le renouvellement complet que l'on attend de moi et qui enseigne la nécessité de renaître d'une vie naturelle à une vie spirituelle.

D. 38 Que signifie le troisième voyage ?

R. C'est l'emblème des régions supérieures de la vie humaine. On y accède par l'exercice constant des vertus les plus difficiles mais aussi et surtout par la connaissance de soi-même, selon la parole fameuse jadis inscrite au fronton du Temple de Delphes : CONNAIS-TOI TOI-MEME. Il représente le troisième et dernier âge de l'humanité, la Nouvelle Alliance entre Dieu et les Hommes par la Loi de Grâce et d'Amour apportée par le Christ sur la Terre.

D. 39 Quels sont les édifices les plus caractéristiques de cet âge ?

R. Les chefs-d'oeuvre de l'art byzantin, de l'art roman, les cathédrales de l'art gothique enfin : Laon, Paris, Bourges, Chartres, Reims, Amiens, Strasbourg, Beauvais.

D. 40 Quelle épreuve avez-vous subie à. la fin de ce troisième voyage ?

R. Je suis passé par les flammes. C'est le symbole de l'avènement de la Loi Nouvelle. Jean baptisait par l'eau, le Christ baptisait par l'Esprit Saint et le feu. C'est sous la forme du feu que l'Esprit descendit sur les Apôtres à la Pentecôte, à Jérusalem, et leur communiqua le don des langues.

D. 41 Que vous a-t-on demandé après cette épreuve ?

R. De faire un don destiné aux détresses que les Francs-Maçons ont à soulager.

D. 42 Qu'avez-vous répondu ?

R. Que je ne pouvais le faire car j'avais été dépouillé de tous métaux et de tout objet de valeur.

D. 43 Pourquoi donc vous avait-en fait cette demande ?

R. Pour m'apprendre cette grande leçon que donne la Franc-Maçonnerie, à savoir que la raison principale de notre présence sur cette terre est de nous rendre utiles et de soulager les infor¬tunes de nos semblables. Rien n'est plus attristant que de ne pouvoir le faire.

D. 44 Quelle fut la dernière et la plus importante de vos épreuves ?

R. On m'a fait boire jusqu'à la lie la coupe d'amertume afin de m'apprendre de façon sensible qu'aucun de nous n'atteindra jamais la perfection et que, sur le chemin où je m'engageais, je connaîtrais, comme tous mes Frères, de nombreuses et cruelles déceptions.

D. 45 Que vous advint-il ensuite ?

R. Le Deuxième Surveillant m'a remis entre les mains du Premier.

D. 46 Que fit alors le Premier Surveillant ?

R. Il m'a présenté au Maître de la Loge. Puis, après avoir prié le Frère Premier Expert de l'assister, il m'a fait mettre les pieds en équerre en bas et au Nord du tableau, et fait montrer comment marcher par trois grands pas de l'Occident à l'Orient, en partant du pied droit.

D, 47 Comment marchent les Apprentis ?

R. Tout droit.

D. 48 Pourquoi met-on l'épée à la main lorsqu'on reçoit des Obligations d'Apprenti ?

R. C'est pour écarter les manœuvres et les indiscrets.

D. 49 Que vous dit-on lorsque vous êtes arrivé à l'Orient ?

R. Le Frère Orateur a fait un discours destiné à m'avertir du caractère essentiellement traditionnel de la Maçonnerie qui doit rester rigoureusement à l'écart des préoccupations et des passions du monde extérieur. Il m'a donné connaissance des Préceptes maçonniques et des formules de l'Obligation Fondamentale et de l'Obligation Complémentaire.

D. 50 Que vous a demandé le Très Vénérable ?

R. De donner ma parole d'honneur que j'allais contracter ces Obligations selon toutes les formes traditionnelles, ce que j'ai fait.

D. 51 Qu'avez-vous reçu en échange ?

R. La lumière.

D. 52 Qu'avez-vous vu à ce moment ?

R. Tous les Frères armés d'une épée dont ils me présentaient la pointe.

D. 53 Pourquoi cela ?

R. Pour me figurer symboliquement le châtiment qui serait le mien si je venais à trahir les paroles que j'avais données et les Obligations que j'allais prêter. Mais aussi pour m'annoncer que si je restais fidèle à mes engagements et aux lois maçonniques, les Maçons de la Loge et beaucoup d'autres encore, seraient toujours prêts à me porter secours.

D. 54 Que vous a-t-on montré ensuite ?

R. Les trois grandes lumières du Rite Français Traditionnel et des premiers Maçons spéculatifs anglais : le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge.

D. 55 Qu'a fait le Maître ?

R. Avec le désir sincère que j'avais et le consentement unanime des Frères, le Maître de la Loge m'a fait prêter les Obligations d'Apprenti Maçon.

D. 56 Gomment vous a-t-il fait prêter ces Obligations ?

R. Avec toutes les formalités requises.

D. 57 Quelles sont ces formalités ?

R. Je n'étais ni assis ni debout, mais j'avais le soulier gauche en pantoufle, le genou droit nu dans l'Equerre, la main droite sur l'Evangile de Saint Jean et sur l'épée, et de la gauche je tenais un compas ouvert en équerre sur la mamelle gauche qui était nue.

D. 58 Que faisiez-vous dans cette posture ?

R. Je contractais l'engagement de toujours garder et cacher et de ne jamais révéler aucun des secrets ou mystères des Francs-Maçons et de la Franc-Maçonnerie.

D. 59 Que sont les secrets des Francs-Maçons et de la Franc-Maçonnerie ?

R. Des signes, des attouchements et des mots.

D. 60 Que vous dit le Maître après ces Obligations ?

R. Afin de sceller définitivement ces Obligations, baisez l'Evangile, ce que je fis.

D. 61 Qu'advint-il après cela ?

R. Le Deuxième Expert me conduisit hors de la Loge et m'enseigna les points de mon Entrée.

D. 62 Que reçûtes-vous en premier après votre retour dans la Loge ?

R. L'attouchement.

D. 63 Et ensuite ?

R. Le mot sacré qui, donné par le dernier Apprenti Reçu, circula parmi tous les Frères et me fut communiqué par le Maître de la Loge.

D. 64 Que fit alors le Très Vénérable ?

R. Comme le mot m'avait été communiqué, il m'a reçu Apprenti Maçon selon les usages et m'a donné le premier baiser fraternel par le nombre mystérieux de trois.

D. 65 Que vous a-t-on rendu ?

R. Mes métaux.

D. 66 Que vous a-t-on donné ?

R. Trois choses.

D. 67 Quelles sont-elles ?

R. Un tablier de peau blanche que les plus grands de la terre se sont fait un honneur de porter. Je dois en être toujours habillé en Loge et il me rappellera sans cesse que l'homme est voué au travail et qu'un Maçon doit mener une vie active et laborieuse. Une paire de gants, afin de la porter pendant les travaux. Leur blancheur m'avertit de l'honnêteté sans limites qui doit tou¬jours diriger nos pensées et nos actions. Une seconde paire de gants enfin, destinée à la femme que j'estime le plus.

D. 68 Où vous pria de vous rendre le Très Vénérable ?

R. A l'Occident afin de me faire reconnaître par les Surveillants à l'aide des signes, attouchements et mots que j'avais reçus et de commencer à dégrossir la Pierre brute avec les outils de 1'Apprenti.

D. 69 Quelle est la signification de ces outils ?

R. Le Maillet et le Ciseau symbolisent l'effort intense et continu avec lequel nous devons agir sur nous-même et la Jauge, les lois initiatiques et morales que nous découvrons et observons peu à peu, ainsi que les exemples que nous choisissons de suivre.

D. 70 Où fûtes-vous placé ensuite ?

R. Entre les deux colonnes et le Très Vénérable invita les Frères à applaudir à ma réception.

D. 71 Qu'avez-vous demandé ?

R. J'ai demandé et obtenu la faveur de tirer ma première batterie d'Apprenti en l'honneur de la Respectable Loge qui venait de me donner la lumière.

D. 72 Où vous a-t-on placé enfin ?

R. En tête de la colonne du Nord.

D. 73 Que devez-vous observer à cet endroit ?

R. La loi du silence.

QUATRIEME PARTIE : LE TUILAGE, LES POINTS DE L'ENTREE.

D. 1 A quoi connaîtrai-;] e que vous êtes Maçon ?

R. A mes signes, attouchements, mots et aux points de mon Entrée.

D. 2 Faites votre Entrée.

R. On la fait : on frappe oo - o à la porte de la Loge

on fait les trois pas à l'ordre en partant du pied droit

on s'incline devant le Maître de la Loge

on se relève

on fait le signe et on se remet à l'ordre. On dit :

Me voici, moi, le plus jeune et le dernier Apprenti Entré qui ai prêté mes Obligations devant le Grand Architecte de l'Univers, qui est Dieu, et sur l'Evangile de Saint Jean.

D. 3 Donnez-moi le premier point de votre Entrée.

R. Je garde, je cache.

D. 4 Que cachez-vous ?

R. Tous les secrets ou mystères des Francs-Maçons et de la Franc-Maçonnerie sous un châtiment qui ne saurait être moindre que d'avoir la gorge tranchée et la langue arrachée par la racine...

on fait le signe et on se remet à l'ordre.

... ce qui est le deuxième point.

D. 5 A qui les cachez-vous ?

R. A tout être au monde, sauf à un Frère que j'aurai reconnu pour tel après un examen rigoureux ou dans le sein d'une Loge juste et parfaite régulièrement assemblée.

D. 6 Donnez-moi les autres points de votre Entrée.

R. J'ai promis de même, ma vie durant, d'aimer mes Frères et de ne pas divulguer leur qualité maçonnique sans leur accord explicite. J'ai promis enfin pour aussi longtemps que durera mon appartenance de me conformer à la Charte de la Maçonnerie Traditionnelle Libre, au Règlement général de la Fédération et au Règlement intérieur de cette Respectable Loge.

D. 7 Que juraient encore les Apprentis Maçons de pratique ?

R. De servir leur Maître, à la Respectable Loge, du lundi matin au samedi soir.

D. 8 Comment le servaient-ils ?

R. Avec la craie, le charbon de bois et l'argile.

D. 9 De quoi cela est-il l'emblème ?

R. De liberté, de ferveur et de zèle.

D. 10 Comment se nomme le signe ?

R. Guttural.

D. 11 Pourquoi ?

R. Parce qu'il rappelle le châtiment de mon Obligation.

D. 12 A l'ordre mon Frère.

R. (On le fait).

D. 13 Donnez-moi le signe.

R. (On le donne).

D. 14 Que demande-t-il ?

R. La poignée de main ou attouchement.

D. 15 Donnez-la-moi.

R. (On la donne).

D, 16 Couvrez-la.

R. (On le fait).

D. 17 Que demande la poignée de main ou attouchement ?

R, Un mot.

D. 18 Comment l'appelez-vous ?

R. Le mot sacré.

D. 19 Que signifie-t-il ?

R. Il établira. C'est le nom de la colonne d'airain qui était placée au Nord devant le Temple du Roi Salomon.

D. 20 Donnez-moi ce mot.

R. Je ne puis qu'épeler. Donnez-moi la première lettre, je vous dirai la seconde.

D. 21      B

R.           O

D. 22      A

R.            Z

D. 23      BO

R.           AZ

D. 24 Passez Boaz.

 

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 12:56

Jusqu’à la Révolution de 1789, les actes de la vie civile, en toute matière, étaient empreints de religiosité ; le travail le plus humble était prière, et les outils les plus divers faisaient montre de la dédicace que l’homme sacré faisait à Dieu de son effort. C’était au temps où la société civile et la société religieuse ne faisaient qu’un, où tout baignait dans une toute puissante théocratie, « temps béni » dont Guénon garde une émouvante mais contestable nostalgie.

Sans remonter au moyen âge, durant toute mon enfance, les frères des écoles chrétiennes obligeaient leurs élèves à tracer la suscription J.M.J. ( Jésus-Marie-Joseph) en tête de tout devoir, de toute interrogation, de toute correspondance. Chez les pères de la Compagnie de Jésus, la dédicace des mêmes écrits, pareillement imposée sans que la moindre exception fût tolérée, se lisait A.M.D.G. (Ad Majorem Dei Gloriam). C'est-à-dire, non pas « à la plus grande gloire de Dieu », « ad Maximam Dei Gloriam », mais bien « à une gloire de Dieu encore plus grande », nuance exprimée par l’emploi du comparatif et non du superlatif, car il s’agit, pour les Jésuites et leurs disciples, de faire progresser cette gloire dans toutes leurs œuvres quotidiennes.

Cette dédicace imprégna les mentalités de générations, et l’on ne sera pas surpris de la trouver telle quelle en tête de documents maçonniques importants, au XVIIIe siècle, bien que l’habituel ALGDGADLU soit plus répandu. Deux exemples de cette pratique peu connue : un rituel inédit de Rose Croix, daté de 1765 et qui n’est pas celui publié par Naudon dans ses « Hauts Grades », commence comme suit :

Par la permission et brevet accordé par le Très Sage Frère Souverain Roze-Croix D’humainbourg envoyé au Souverain Prince D’Hérédon et de Roze-Croix, le Très Excellent et Parfait-Maçon…

1765

Ad Majorem Dei Gloriam

Le second exemple est plus tardif, puisqu’il date de 1817, mais il émane d’un personnage très illustre, puisqu’il s’agit du comte de Grasse, marquis de Tilly soi-même. La célèbre patente par laquelle ce dernier institue à Bruxelles un deuxième Suprême Conseil concurrent éphémère du premier, commence de la façon suivante :

Universi terrarum orbis architectoris gloria ab ingentis

ORDO AB CHAO

AD MAJOREM DEI GLORIAM

Sous la voûte céleste du Zénith correspondant au 48e degré 50 min. 14 sec. Latit. Nord. A l’orient des Puissants et Souverains Grand Inspecteurs Généraux pour les possessions françaises de l’Amérique, 33e et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté

Salut, Force, Gloire, Honneur

Nous, Alexandre-François-Auguste comte de Grasse de Rouville, marquis de Tilly, des Princes etc…

Dans les prières du XVIIIe siècle français, comme dans toute la réalité chrétienne de l’Europe des Lumières, le thème de la Gloire de Dieu revient sans cesse. Il est bien davantage question de sa Gloire que de sa Compassion, de sa Protection, de sa Justice, de sa Puissance, de son Amour.

La gloire de Dieu rayonne au cœur de toutes les manifestations de l’Eglise triomphante et toute-puissante, au lendemain d’une Réforme à la triste figure. La Contre Réforme se défoule avec passion et ostentation : l’architecture redouble d’audace et de splendeur, avec une profusion d’ornements parfaitement profanes et mythologiques qui trouveront leur chant du cygne dans le très contestable rococo allemand ; la sculpture de la Contre Réforme est hyper expressive et traduit en des attitudes extatiques l’accomplissement des Vertus chrétiennes et l’horreur du Vice ; la peinture exprime des valeurs identiques dans des fresques plus colorées que jamais et dans un style cette fois agressivement contestataire ; la musique envahit le temps sacré des offices en y introduisant l’opéra et le bel canto, avec leur esthétique redoutablement efficace. Toute la société participe à la dynamique du renouveau catholique en un besoin d’expressivité et de symbolisme, où la prière s’incarne dans les volutes et les colonnes de l’architecture, dans les gestes et attitudes de la statuaire, dans les compositions puissamment asymétriques des tableaux allégoriques et dans les accords d’une majestueuse audace des messes d’un Mozart ou de la Création d’un Haydn.

Tout est prière dans cette société que le bouillonnement de ses forces conduira néanmoins inéluctablement des Lumières de l’Esprit vers les ténèbres de la Terreur.

Cette société prie en tous lieux et en tout temps. La journée de travail, qui commence au lever du soleil et se termine au crépuscule, est ponctuée de temps d’arrêt obligés consacrés à Dieu ; ils vont de matines à laudes, et des vêpres à complies, en passant par l’angélus. Précisément, le célèbre « Angélus » de Millet illustrera naïvement cette dédicace faite par la famille paysanne à Dieu. On prie le matin en se levant. On prie le soir en se couchant. On prie avant et après les repas. On prie à la ville, on prie aux champs qui sont constellés de millions de chapelles et de potales, dans tout l’Occident et l’Orient chrétiens. Tout est prière, et même les outils des manouvriers et compagnons en portent la marque. (Illustration d’un compas de Compagnon marqué Jésus Marie Joseph).

La prière des XVIIe et XVIIIe siècles est bien entendu soit individuelle, soit collective.

La prière individuelle est pratiquée dans la plupart des religions. D’autres connaissent son approximatif équivalent, la méditation. Elle est, en Occident chrétien, pratiquée par toutes les classes sociales, la grande préoccupation de chacun étant de s’assurer son salut éternel. Cette préoccupation universelle assura la fortune des Templiers ; quatre siècles plus tard, elle anima encore les incessantes recherches d’un Jean-Baptiste Willermoz à la fin du XVIIIe siècle. Les raisons de s’adresser à Dieu, quel que soit par ailleurs le nom que l’on lui donne, sont innombrables. Dieu est considéré comme une personne, ou comme une Volonté toute puissante qu’il y a moyen de circonvenir et avec laquelle on entre en relations par le truchement de la prière ; on lui témoigne son respect, ses regrets, ses espoirs, sa reconnaissance, etc. On demande à Dieu, dans un dialogue singulier et silencieux, tout ce que l’impuissance humaine ne peut obtenir sans son secours. On vise à infléchir voire même à contrarier la volonté divine, au besoin par des offrandes qui requièrent, espère-t-on, la réciprocité.

La prière maçonnique appartient au genre de la prière collective. Elle n’est pas de nature quémandeuse ; elle est d’abord traditionnelle et se trouve associée aux plus anciennes pratiques de la maçonnerie. Il n’y a pas d’exemple, à ma connaissance, de prière maçonnique destinée à être prononcée à son profit exclusif par un individu seul. La prière maçonnique est dite en loge, presque toujours par le Maître de Loge en chaire ou par un Officier commis à cet office, tel le chapelain. Elle est souvent associée à la chaîne d’union depuis que cet ancien rite fut retiré de la salle des agapes pour être introduit parmi ceux accomplis en la loge. Mais elle est dite aussi à l’entrée et à la sortie des agapes, afin de marquer la différence entre un repas bourgeois et purement convivial et une agape partagée « par une société de frères » partageant entre eux des secrets mystérieux…

Lorsqu’on examine les rituels qui nous sont parvenus, on s’aperçoit que les textes dits en loge au nom de tous ne sollicitent jamais une faveur matérielle, ne visent pas à un résultat pratique et concret, mais au contraire expriment d’une façon souvent élégante et synthétique les attentes et les souhaits de la communauté. Si les rituels se ressemblent dans leur déroulement cérémoniel et même dans leur phraséologie, s’ils comportent tous les épisodes essentiels qui font d’une initiation maçonnique ce qu’elle est, les textes des prières en revanche sont toujours différents d’une loge à l’autre. Il paraît donc plausible que ces textes aient été surajoutés localement pour exprimer ce que d’aucuns appellent « l’égrégore » de la loge. Néanmoins, certaines codifications, telle celles du Rite Ecossais Rectifié en 1782 et du Rite Ecossais Ancien et Accepté, dès 1804, incluent un texte « officiel » de prière maçonnique dans le dénouement rituel. Ce serait, semble-t-il, la consécration d’un usage établi par certains rites unifiés, mais cet usage n’est pas universel.

Les textes des prières dans la maçonnerie de « style français » sont individualisés, de même que les interventions lors des banquets, de même que les discours de bienvenue, les réponses à ces derniers, les santés dont certaines sont « d’obligation » mais d’autres ne le sont pas, les communications entre la poire et le fromage lors des « agapes », et forment un ensemble d’exceptions à la liturgie formelle et rigoureuse des rituels qui conduiront, sans doute, aux futurs « débats d’idées ». Totalement ignorés par les loges du XVIIIe siècle, ces derniers contribueront à l’évolution de la maçonnerie continentale au XIXe siècle.

Les prières maçonniques collectives s’adressaient en général, cela va de soi, au Grand Architecte de l’Univers, ce qui devait les rendre acceptables par les frères de toute croyance, bien qu’il y ait beaucoup à dire sur l’antisémitisme régnant dans les loges catholiques de France, qui n’a pas épargné Willermoz lui-même, alors que la maçonnerie protestante anglo-saxonne admettait dès ses débuts (voire même avant, nous allons le voir) les tenants de religions diverses. Mais ceci est un tout autre débat. Le Grand Architecte réunit ceux qui cherchent la Lumière, Lumière dont il est autant question dans l’Islam ou le Judaïsme que dans le Christianisme ; le symbolisme des termes allégoriques qui unissent, ainsi substitués à ceux qui divisent, met d’accord ceux qui refusent de donner à ces deux expressions un sens particulier, sauf en leur for intérieur.

Tous les « rites », ou futurs rites du XVIIIe siècle, ont recours à la prière , avec des intensités diverses, afin de se rappeler, lors de l’ouverture et de la fermeture des travaux, quels sont les liens qui unissent les frères de la communauté ; la prière place d’entrée de jeu ces liens sur un plan « métaphysique » et mettent en évidence le caractère sacré, ou à tout le moins spirituel, des réunions maçonnique.

Ils expriment les vœux des Frères qui composent la loge. Un thème souvent évoqué est celui de la gloire du Grand Architecte. Ce thème revient de façon récurrente à cette époque, raison pour laquelle nous l’avons écrit en grasses dans le choix de textes qui va suivre. Ce recours à la prière est-il général aux XVIIe et XVIIIe siècle ? Certains pensent que les prières sont habituellement dites dans toutes les loges françaises sous l’Ancien Régime, puisque ces dernières sont toutes, peu ou prou, peuplées de catholiques apostoliques et romains. Il n’en va certes pas ainsi, loin s’en faut.

De même que tous les serments ne se prêtent pas sur les Saintes Ecritures mais bien aussi sur les statuts de l’Ordre, de même aussi les prières ne sont-elles dites que dans certaines loges, et les éléments statistiques font encore défaut qui pourraient en établir la proportion. Mais le nombre de loges où l’on ne prie pas et où l’on ne jure pas sur la Bible semble plus important que prévu. L’échantillon réduit et non représentatif de textes qui suivent ne permet pas de tirer une conclusion définitive à ce sujet, mais il permet au moins de constater que, hormis la Règle que se donne librement une communauté initiatique, il n’existe pas de modèle irrécusable en franc-maçonnerie, et que la plus aimable et la plus diverse des libertés préside aux choix des maçons du XVIIIe siècle.

Le bon L. Guillemain de Saint-Victor déplore cette évolution dans son célèbre « Recueil précieux de la Maçonnerie adonhiramite », publié en 1787, deux ans avant la prise de la Bastille. « L’ouverture d’une loge n’est autre chose que le consentement unanime de commencer les travaux . Chez les anciens chevaliers , cette cérémonie se faisait par une prière à la Divinité. Cette maxime religieuse s’est perdue dans les différents troubles que la catholicité essuya. »

On vient en loge pour en retirer « profit et plaisir », comme disent naïvement et à bon escient les textes anciens. On y vient pour partager une fraternité conviviale, malgré la volonté de certaines nourrices sèches qui ambitionnent de transformer la Fraternité en « Ordre » voire en église. La base de la Fraternité est le maçon et la loge, qui confèrent provisoirement à des preneurs d’office qu’ils élisent, des tâches destinée à assurer le bien-être de tous. De même que tous les pouvoirs politiques émanent de la Nation, de même tous les « pouvoirs » maçonniques émanent-ils de la Loge. Ils ne représentent du reste rien de plus que l’autorité déléguée par les Frères afin que s’accomplisse la volonté collective, et leur seul et unique « pouvoir » est d’exercer cette dernière par mandat. Il est des loges sans obédience, il n’est pas d’obédience sans loges.

Les prières des francs-maçons ab origine.

La première trace écrite de prières collectives dites dans un contexte maçonnique remonte à fort loin. Lors de réunions occasionnelles de membres qui ne devaient pas nécessairement avoir des liens avec le métier de maçon, les loges anglaises lisaient des extraits des « Old Charges » qui comprenaient tout naturellement une prière d’ouverture, avant qu’on ne procède au reste de la cérémonie : remise des gants, repas, lecture des Old Charges, serment, communication des signes et mots. Le Pr. Jan Snoek a montré pour sa part qu’à la fin du XVIIIe siècle, les réceptions tant d’apprenti entré que de fellow craft ou master mason comportaient une prière d’ouverture et une prière de fermeture. Le beau poème en écriture gothique de 33 feuillets sur vélin, appelé « Le Manuscrit Regius ou Halliwell » est daté de 1388-1445. Il précise bien entendu que le maçon « doit bien aimer Dieu et la Sainte Eglise » et son maître. Il précise en outre une quinzaine d’obligations, avant de passer en détail les prescriptions religieuses, et le candidat se voit remettre une prière au « Seigneur Jésus », précédant une série de recommandations morales et de simple savoir-vivre.

Un premier texte du XVIIe siècle peut sans aucun doute être qualifié de « prière maçonnique ». Il s’agit de la célèbre prière datée de 1663 qui fut approuvée et adoptée par l’assemblée générale de Wakefield en cette année-là.

Très Saint et Glorieux El Shaddaï,

Grand Architecte du Ciel et de la Terre,

Donateur de tous les dons et de toutes les grâces,

Qui as promis que lorsque deux ou trois seraient assemblés en Ton nom

Tu serais au milieu d’eux ;

En Ton nom nous nous assemblons et réunissons

Te suppliant de nous bénir dans nos entreprises ;

De nous donner Ton esprit saint afin d’illuminer nos esprits de Sagesse

Et d’Intelligence de notre vénérable et digne métier

Afin que nous puissions Te connaître et Te servir comme il convient

Et que toutes nos actions puissent servir Ta Gloire et le salut de nos âmes.

La qualification de Grand Architecte du Ciel et de la Terre donnée au glorieux El Shaddaï en 1663 doit nous arrêter un instant. Le Grand Architecte, en tant qu’expression synonyme de Dieu, est ignoré du moyen âge et de la Renaissance, même si l’iconographie du temps nous montre parfois le Christ créant le monde à l’aide d’un compas. On ne trouve pas, à ma connaissance, de Grand Architecte en littérature avant le Lost Paradise de John Milton (1667) en son chant VII. Le passage mérite une citation :

Alors il arrête les roues ardentes et prend dans sa main

Le compas d’or, préparé dans l’éternel Trésor de Dieu

Pour tracer la circonférence de cet univers

Et de toutes les choses créées.

Une pointe de ce compas il appuie au centre

et tourne l’autre dans la vaste et obscure profondeur.

Et il dit : « Jusque là étends-toi, jusque là vont tes limites.

Que ceci soit ton exacte circonférence, ô monde ! »

Ainsi Dieu créa le ciel, ainsi il créa la terre ;

matière informe et vide.

Certains se souviendront peut-être d’une étonnante préfiguration de cette description, que l’on trouve dans les Métamorphoses d’Ovide :

Aux vents eux-mêmes, l’Architecte du Monde

ne livra pas indistinctement l’empire de l’air.

La description de Milton, qui eut un succès énorme en 1667, inspira directement William Blake, qui nous a laissé une représentation très dramatique du « Ancient of the Days » en 1794. Si Michel Ange paraît influencer le style de Blake, il est clair que Milton, et avant lui Ovide, ont influencé la description -- le compas d’or -- de ce qui deviendra notre Grand Architecte de l’Univers.

En introduction à l’examen des prières de la maçonnerie française, un autre texte majeur mérite d’être mentionné ici, pour deux raisons importantes : la première, c’est qu’il provient de la maçonnerie des Anciens (ou Antients) de Lawrence Dermott ; cette prière était dite par les francs-maçons juifs et figure dans « Ahiman Rezon or help of a Brother » en 1756. Elle montre donc bien ce que l’on savait, c'est-à-dire que les Anciens pratiquaient la prière en loge, ce qui explique le reproche très vif qu’ils font de l’abandon de cette obligation par les Modernes (ou Moderns). Jones admet toutefois que cette accusation n’est pas prouvée, qu’il est improbable qu’elle soit fondée, et que de toute façon, toutes les loges modernes ne différaient pas de toutes les loges anciennes.

La seconde raison de l’intérêt du texte qui va suivre est qu’il émane de francs-maçons juifs, en 1756, et témoigne donc de ce que, dans les îles britanniques protestantes, régnait une tolérance religieuse à leur endroit que l’on est encore fort loin de trouver dans l’Europe continentale catholique, où les témoignages d’antisémitisme maçonniques sont monnaie courante (« cette Nation infâme », écrit encore Willermoz). Toutefois, aux Pays-Bas notamment, on rapporte que des loges acceptent des juifs, ce qui entraîne les protestations vigoureuses d’autres loges, notamment liégeoises.

Voici le fort beau texte de la prière dite lors de l’ouverture de la Loge par les francs-maçons juifs de 1756.

Tu es parfait dans Ta vérité

O Seigneur

Tu es parfait dans Ta vérité.

Rien n’est grand à côté de Toi.

Gloire à Toi.

De toutes les œuvres de tes mains, à jamais illumine-nous,

Nous t’en supplions, dans la véritable Connaissance de maçonnerie,

Par les souffrances d’Adam, le premier homme que tu as créé,

Par le sang d’Abel le bienheureux,

Par la justice de Seth qui T’a tant réjoui,

Par Ton alliance avec Noé,

Dont l’architecture, destinée à sauver la semence de tes bien-aimés, T’a agréé.

Ne nous compte pas au nombre de ceux qui ignorent Tes lois

Ni les mystères divins de la kabbale secrète.

Mais fais, nous T’en supplions, que le chef de cette loge

Reçoive Connaissance et Sagesse,

Pour nous instruire dans Tes mystères et nous les expliquer,

Comme le fit notre saint frère Moïse dans sa loge,

Avec Aaron, Eléazar et Ithamar, les fils d’Aaron,

Et les soixante-dix Anciens d’Israël.

Et fais que nous puissions comprendre, apprendre et conserver en nous

Toutes les lois et tous les commandements du Seigneur,

Et son saint Mystère

Purs et sans tâches

Jusqu’à la fin de nos Vies

Amen, Seigneur.

Les divulgations et rituels maçonniques que j’ai consultés ne permettent aucune conclusion définitive quant à l’usage de la prière en loge au XVIII siècle. « L’Ordre des Francs-Maçons trahi » de 1745, comme « Le Sceau Rompu ou la loge ouverte aux profanes par un franc-maçon », de la même date, ne mentionnent aucune prière dans les cérémonies qu’ils décrivent. Les rituels dits du Marquis de Gages, de 1767, ne comportent rien au premier grade ni après. Les rituels d’Avignon, publiés par Renaissance Traditionnelle, ne mentionnent aucune prière. Les Sept Grades de la Mère Loge Ecossaise de Marseille de 1751 n’en comportent pas davantage, à aucun grade, pas même au Rose-Croix, alors que ce grade est ouvert après une génuflexion collective, les chevaliers étant tournés vers l’Orient. Le rituel de 1740-1744 publié par Alain Bernheim d’après un article de Karl J. Lüthi-Tschanz, comporte des statuts très chrétiens, excluant avec vigueur les juifs et les « mahométants » ; aucune prière toutefois. Les rituels rectifiés de diverses datations comportent une prière d’ouverture et une oraison de fermeture au premier grade symbolique seulement, que l’on retrouve identiques au quatrième grade symbolique de ce rite atypique. Rien, ni au deuxième ni au troisième grades, ce qui s’explique par la nécessité d’ouvrir la loge à chacun des trois grades pour pouvoir travailler au grade de Maître Maçon.

Dans son étude « Retracing the Lost Secrets of a Master Mason », le Prof. J.A.M. Snoek publie divers rituels qu’il date de 1740-1745, et qui sont, à mon avis, postérieurs à 1746. On y retrouve le thème célèbre et assez répandu « des prisonniers de guerre anglais qui, par reconnaissance de l’urbanité avec laquelle ils avaient été traités, donneront le grade d’Ecossais Anglais à ceux auxquels ils avaient des obligations ». Ce thème réapparaît tel quel dans les rituels de 1758, probablement originaires du Comtat Venaissin, mais aussi fort tardivement dans les rituels du Grand Orient de France datés de 1786-1787. Ce rituel, archaïque à bien des égards, comporte le texte suivant :

« Souverain Architecte de ce vaste Univers, toy qui de ton œil divin, pénêtre les replis les plus cachés du cœur des mortels, purifie les nôtres du feu sacré de ton amour. Imprime à nos âmes le caractère de ta divine sagesse, guide et dirige nos pas dans les sentiers de la vertu. Eloigne de ton sanctuaire adorable les impies et les pervers ; fais qu’uniquement occupé du grand ouvrage de notre perfection, Elle soit le prix de nos travaux ; que la Paix et la charité resserrent les nœuds de notre union et que cette Loge soit une foible image du bonheur que gouteront les Elus ; donne à nostre Esprit un discernement sain pour pouvoir retirer l’yvraie du grain et ne pas nous tromper dans le choix de ceux que nous allons marquer du sceau redoutable de la perfection ; qu’Enfin nous n’ayons d’autre but que ta Gloire, nostre avancement dans le bien et le Regne de la vraie maçonnerie. Amen…amen…amen… »

Ce même grade, qui est fort long, comporte une deuxième prière de clôture, où l’on voit apparaître pour la première fois à ma connaissance la curieuse mise au pluriel de l’exclamation bien française « Vivat !», ce qui, dans la mesure où cette exclamation se réfère à Hiram seul, est une erreur qui sera mille fois répétée :

« Ecoute, Grand Dieu, ma prière, qui attend avec empressement l’efficacité. Ne dédaigne pas du haut de ton Trosne mes faibles accens pour des Enfans que tu as formé pour toy seul, fais les courir à pas de géant dans les sentiers de la vertu, que celle de nos Pères se retrace en nous, que la paix et la concorde nous fassent goûter par avance la félicité dont ils jouissent ; que le soleil de la Divine Justice nous éclaire et nous échauffe et porte dans nos âmes la consolation, la Joye et la Vie, qu’enfin zèle ferveur et constance dirigent toutes nos actions et nous fassent au bout de nostre carrière arriver au but fortuné de l’Immortalité…Vivant…Vivant…Vivant… ».

Enfin, cet étonnant et fort long Ecossois Parfait Maître Anglois se termine par une dernière prière qui voit le Grand Architecte traité de « Suprême Moteur de l’Univers », ce qui peut apparaître comme une préfiguration des « Réparateur », « Médiateur » et autres audaces anodines que Willermoz se permettra en fin de siècle. On y retrouve une fois encore le souci de la gloire divine, véritable leit-motiv des prières du siècle des Lumières .

« Dirige, ô Suprême Moteur de l’Univers, nos démarches. Fais que nos pieds soient préservés des Lacs que pourront nous Tendre nos Ennemis, qu’éclairés du flambeau de ton esprit, il ne soit jamais de nuit pour les vertueux maçons. Donne-nous les moyens d’exercer et de répandre sur les pauvres les dons précieux de ta libérale providence, ne rends point nos travaux vains et inutiles, bénis-les et sanctifie-les ; qu’agissant par ton Esprit, nous ne vivions que pour ta Gloire en pratiquant les vertus qu’enseigne la Maçonnerie ».

Divers recueils de rituels de l’époque entourant l’année 1760 contiennent des prières d’inspiration voire même de style fort proches. On y retrouve des préoccupations identiques, voire des formulations similaires. Il est clair qu’en l’absence de rituels officiels et imprimés, le bouche à oreille circule et les textes se recopient les uns les autres sans la moindre vergogne. Voici quelques extraits d’une prière faisant partie du célèbre recueil de 1758 ; elle fait, en plus, allusion à des « maçons d’iniquité », et donc à une querelle de chapelle comme il en fut tant et plus sous Louis XV. Il est étonnant de trouver dans un texte de prière une préoccupation aussi peu spirituelle, qui devait sans doute constituer une idée fixe chez son auteur et ses amis :

O Grand Architecte de l’Univers protecteur de la vertu, qui permites autrefois que Salomon eleva un Temple extérieur pour y adorer vos grandeurs […] ne nous confondez pas avec ces maçons d’iniquité qui insultent à ce que nous avons de plus respectable dans la maçonnerie […] fortifiez nos désirs sincères afin que nous puissions, pour fruit de nos pénibles travaux, participer au bonheur de vous voir dans la Loge Eternelle. Vivat + »

La prière qui introduit l’Ecossisme Anglois ou le Maître Parfait dans le même recueil de rituels est particulièrement bien structurée, et n’est pas sans rappeler les prières que Willermoz rédigera exactement vingt ans plus tard pour le Rite Ecossais Rectifié. Les références à la Direction des ouvriers, aux ouvrages, et à la Lumière qui doit être répandue participent au vocabulaire de Willermoz ; la similitude est troublante. L’une des phrases de ce texte, que nous imprimons en grasses, est reprise presque textuellement dans la prière du rituel rectifié des travaux d’ouverture de 1782. L’exclamation terminale indique qu’il s’agit d’une loge française écossaise.

Grand Architecte de ce vaste Univers

Quitte ta céleste demeure, préside en ce jour parmi nous et daigne éclairer nos travaux

Afin que nous puissions imiter tes desseins que tu scus tracer jadis à nos premiers maçons qui travaillèrent à construire des édifices pour exalter ta Gloire.

A jamais Dirige les ouvriers que tu exerces ;

Que nos ouvrages soient aussi solides que ta durée, aussy fermes que tes desseins et aussi grands que ta puissance puisse nous le permettre.

Guide-nous par ta Sagesse, contiens-nous par ta Justice.

Remplis-nous de zèle pour nos devoirs, de ferveur pour nos sacrés mistères et d’une ferme constance dans nos peines.

Répands sur nous tes précieuses lumières

Et que nos œuvres ne s’écartent jamais des bornes que tu nous as prescrites

Que nos cœurs toujours purs te soient toujours une offrande agréable

Et que nos peines nous fassent mériter de travailler tous un jour

Dans la loge des loges qui est la récompense de tout bon Maçon.

Houzaÿ Houzaÿ Houzaÿ

Les rituels du comte de la Barre constituent un ensemble de hauts grades de grand intérêt. Il s’agit de l’un des plus anciens recueils de rituels de hauts grades pratiqués dans la future Belgique . Il comporte les rituels de 22 hauts grades (du maître Parfait au Chevalier Kadosch). Le comte de la Barre (que l’on ne confondra pas avec son homonyme le chevalier de la Barre qui fut exécuté en 1766 pour impiété) vécut de 1753 à 1838. Il fut initié en 1774 en la loge « La Parfaite Harmonie » de Mons, Belgique, en présence du Grand Maître Provincial le marquis de Gages, auquel il était d’ailleurs apparenté. Reçu compagnon en 1775 et reçu maître en 1776, sa carrière maçonnique débuta donc fort tôt. Le nom du comte n’apparaît que sur le rituel de Puissant Irlandais, Prévôt et Juge ; il n’existe pas d’autre indice qu’il ait jamais fait partie des hauts grades. Les dates de ses activités maçonniques laissent entendre que les rituels qui, par facilité, portent son nom, datent vraisemblablement des années 1774-1778.

Ces rituels sont très joliment présentés, et sont ornés de dessins à la plume et d’éléments graphiques du plus bel effet. Ils comportent en revanche peu de prières. L’un des cahiers de ce recueil s’intitule : « Cahier concernant la manière d’ouvrir et fermer la loge avec des instructions et observations très utiles aux maîtres des loges qui désirent travailler et faire travailler selon les règles de l’Art Royal ».On y trouve pour la première fois des indications précises sur la façon de procéder à la prière dans certaines loges, lors de la Saint Jean d’été. Voici ces dispositions rituelles :

Le Vénérable : frappe un coup de maillet. Tous les frères se lèvent et forment deux colonnes et se tournent la face à l’Orient, le genou droit en terre, la jambe gauche étendue [sic !], formant de leur corps un [sic] équerre, la main droite sur le cœur, la main gauche levée, et font la prière.

Le Vénérable et le Midy disent : O fils du Grand Architecte de l’Univers, relève en ce grand jour nos esprits abbatus afin que nos travaux plaisent à l’Eternel.

Ceux du Septentrion répondent : Grand Saint-Jean Protecteur de l’Ordre, viens dans nos Cœurs tenir loge, de tous les hommes nous serons les plus heureux, règne éternellement. Ainsi soit-il.

Oraison.

Le Vénérable seul dit :

« O Dieu qui nous avez rendu ce jour solennel par la naissance de Saint Jean Baptiste, faites la grâce à vos peuples d’en recevoir une joie spirituelle, conduisez les ames de vos fidels (sic) dans la voie du salut, par le grand Architecte de l’Univers qui vit et règne sur nous et sur le reste des humains. Ainsi soit-il. »

Le Vénérable aiant achevé sa prière frappe un coup, tous les frères se relèvent et se remettent à leur place debout. »

Le « qui vit et règne » n’est pas sans rappeler une expression habituelle à l’Eglise catholique.

Dans le texte suivant, extrait du même rituel, nous allons trouver « Gloire soit au Père, au Fils et au Saint Esprit », autre expression usuelle au sein de la liturgie de la Messe. Nous avons donc affaire ici à une loge particulièrement chrétienne, probablement peuplée de catholiques fervents ou par quelque prêtre « éclairé ». Et enfin, dernier élément d’un grand intérêt, l’auteur de ce recueil répète une fois encore ce qui apparaît souvent dans divers recueils de rituels maçonniques du XVIIIe siècle : les prières, de même que les serments sur les évangiles, sont laissés à l’entière liberté des loges. Cette bienheureuse liberté se pratique, faut-il le souligner, avant la centralisation jacobine, puis impériale, que connaîtront bientôt toutes les institutions de France.

Graces au Grand Architecte de l’Univers.

O Grand Architecte de l’Univers, faites la grâce à vos serviteurs de mourir en paix selon votre parole et votre promesse, puisque nos yeux ont vu la Lumlière qui éclaire les nations pour les mener où vous règnez. Gloire soit au Père, au Fils et au Saint Esprit. Ainsi soit-il.

Anthienne.

Sauvez-nous, Seigneur, lorsque nous partirons de ce monde, éclairez-nous lorsque nous sommes occupés à nos travaux. Gardez-nous lorsque nous dormons à fin que notre esprit ne soit occupé que pour veiller avec IHS Christ et que nous reposions en paix.

Le Vénérable et les frères aiant fini la prière font le signe guttural et frappent 3 fois 3 coups dans les mains en criant 3 fois Vivat, et chacun se retire à sa destination.

Il y a plusieurs loges où il n’est pas d’usage de faire ces prières, ni à l’ouverture, ni à la clôture des Loges, c’est pourquoi on leur laisse la liberté d’adopter cette règle ou de la réfuter. »

D’un tout autre calibre spirituel sont les prières du Rite Ecossais Rectifié. Les prières d’ouverture et de fermeture des travaux n’apparaissent qu’au fameux convent de Wilhelmsbad, en 1782, ce qui est bien tardif ; elles figurent dans un manuscrit daté de cette même année conservé au Grand Orient des Pays-Bas. Elles méritent une place et une attention à part dans le concert des prières maçonniques. Il y a à cela deux raisons essentielles.

La première, c’est que ces prières furent écrites par l’auteur même des rituels ; leur contenu se trouve donc en parfaite adéquation avec le contexte cérémoniel et spirituel, et elles expriment de façon synthétique les « valeurs » du rite. C’est pourquoi il convient qu’elles soient bien dites, si possible par cœur, par des Vénérables et des Députés-Maîtres qui les connaissent à fond. Elles sont dites aux premier et au quatrième grades symboliques.

Le style de ces prières est d’ailleurs fort beau. Les phrases coulent de source, les images s’enchaînent harmonieusement, et tout frère rectifié est totalement familier de ces textes. Willermoz en est l’auteur. Cet autodidacte passa sa vie à accumuler toutes les connaissances maçonniques possibles ; il fut un rédacteur minutieux et d’une rare précision, outre l’élégance d’une plume qui recourt encore aux nuances exprimées par les imparfaits du subjonctif. Il rend de ce fait les textes les plus compliqués parfaitement intelligibles, tout au moins pour les attardés qui, de nos jours, préfèrent encore Chateaubriand à Simenon (surtout à la lecture silencieuse et moins à l’audition en loge, souvent massacrée par des lecteurs d’occasion, soyons honnête !).

La seconde raison est que ces prières, comme la totalité des textes de chacun des rituels des quatre grades symboliques du rite, font toujours partie intégrante des rituels rectifiés pratiqués dans le monde en 2010, parfois au grand étonnement des frères visiteurs en provenance d’un autre rite. Inchangées depuis 1782, les prières d’ouverture visent de toute évidence à susciter le sentiment de la « présence divine » en loge, et ensuite, à rendre cette présence « réelle » pour tous les frères. La communion des frères avec le GADLU permet seule l’achèvement du Temple. Les assistants s’identifient de la sorte à l’ « Etre éternel et infini, qui est la bonté, la justice et la vérité même ».

Prière rectifiée d’ouverture rituelle des travaux.

Grand Architecte de l’Univers, Etre éternel et infini, qui es la bonté, la justice et la vérité même, ô toi qui par ta parole toute puissante et invincible as donné l’être à tout ce qui existe, reçois l’hommage que les Frères réunis ici en ta présence t’offrent pour eux-mêmes et tous les autres hommes. Bénis et dirige toi-même les travaux de l’Ordre et les nôtres en particulier. Daigne accorder à notre zèle un succès heureux, afin que le temple que nous avons entrepris d’élever pour ta gloire, étant fondé sur la sagesse, décoré par la beauté et soutenu par la force qui viennent de toi, soit un séjour de paix et d’union fraternelle, un asile pour la vertu, un rempart impénétrable au vice, et le sanctuaire de la vérité ; enfin, pour que nous puissions tous y trouver le vrai bonheur, dont tu es l’unique source, comme tu en es le terme à jamais. Ainsi soit-il.

Prière rectifiée de fermeture rituelle des travaux.

Architecte Suprême de l’Univers, source unique de tout bien et de toute perfection, ô toi qui as toujours voulu et opéré pour le bonheur de l’homme et de toutes tes créatures, nous te rendons grâce de tes bienfaits paternels, et nous te conjurons tous ensemble de nous les accorder suivant tes desseins et selon nos propres besoins . Répands sur nous et sur tous nos Frères ta céleste lumière ; fortifie dans nos cœurs l’amour de nos devoirs, afin que nous les observions fidèlement. Puissent nos assemblées être toujours affermies dans leur union par le désir de te plaire et de nous rendre utiles à nos semblables. Qu’elles soient à jamais le séjour de la paix et de la vertu, et que la chaîne d’une amitié parfaite et fraternelle soit désormais si forte entre nous que rien ne puisse jamais l’altérer. Ainsi soit-il ».

On trouve enfin des textes fort variés dans certains grades des rituels publiés par Claude Guérillot. Il s’agit des rituels du soi-disant « Rite de Perfection », dénomination à laquelle on préfèrera celle d’ « Ordre du Royal Secret » préconisée par Alain Bernheim. Ces rituels contiennent les sept classes de la maçonnerie ancienne et moderne, ses statuts et règlements, et les rituels des 4e au 25e degrés traduits en 1783 par Henry Andrew Francken pour David Small, et recopiés par Joseph Dunckerley en 1794. Les 22 grades (ou degrés) transcrits comportent en tout quatre prières, de qualités inégales, mais d’esprit vraiment maçonnique. Le premier texte est celui du grade de Royale Arche, XIIIe degré du système. Elle met de façon très classique en exergue la triade maçonnique Sagesse-Force-Beauté.

Grand Architecte de l’Univers

Dieu adorable en tout,

Veuille exalter nos volontés à cet instant où nous implorons la Divine Bonté.

En Toi est la vraie Sagesse à laquelle nous aspirons

Et que nous espérons acquérir par la Force de ta Grâce.

Ta Sagesse fera la Beauté du Temple que nous voulons Te consacrer

Car elle purifiera nos cœurs dans lesquels nous désirons sans cesse

Que Tu veuilles résider.

Amen, amen, amen.

Le deuxième texte de l’Ordre du Royal Secret de 1783 est celui du XIVe degré, le Grand Elu Parfait et Sublime Maître. Il est d’une remarquable élévation de pensée et fait état d’un réel

« zèle de Perfection ».

Souverain Architecte de ce vaste Univers,

Toi dont la grande Divinité pénètre les plus secrètes pensées des mortels,

Purifie nos cœurs par le feu sacré de Ton amour,

Guide-nous et dirige-nous sur le chemin de la vertu,

Protège Ton adorable sanctuaire de toute impiété comme de toute profanation.

Nous Te prions pour que nous nous consacrions entièrement

au grand labeur de notre perfection, qui sera le prix suffisant de nos voyages,

et pour que la paix et la charité nous unissent étroitement

dans le chœur de l’union,

et aussi pour que cette Loge puisse être une image affaiblie du bonheur

que goûteront les Elus au Royaume des Cieux.

Donne-nous un esprit de saint discernement

pour que nous reconnaissions le bien et refusions le mal,

afin que nous ne soyons pas déçus par ceux

qui vont être marqués du formidable zèle de Perfection.

Enfin, fais que nous n’ayons d’autre dessein

que Ta Gloire et notre progression dans les bonnes œuvres,

dans le règne de la Vraie Maçonnerie.

Amen, amen, amen ! Dieu bénisse le Roi et notre Travail !

Le troisième texte de l’Ordre du Royal Secret est la prière qui clôture le même grade de Grand Elu Parfait et Sublime Maçon. Le souci récurrent de célébrer la Gloire de Dieu est à nouveau exprimé comme un objectif cette fois exclusif.

Dirige nos pas, ô Souverain Auteur de l’Univers,

Fais-nous échapper aux pièges que nos ennemis nous tendent.

Que la Lumière de Ton esprit divin nous illumine,

pour que nous ne nous perdions jamais dans les ténèbres.

Donne-nous les moyens d’exercer notre charité

et d’assister le pauvre des précieux dons de Ta libérale Providence.

Ne rends pas nos travaux stériles et vains.

Bénis-nous et sanctifie-nous pour que nous puissions,

par la grâce de Ton divin Esprit,

ne vivre que pour Ta Gloire

en pratiquant sans cesse les vertus que la Maçonnerie nous a enseignées.

Amen, amen, amen.

La quatrième prière est celle de Grand Elu Chevalier de l’Aigle Blanc et Noir, c'est-à-dire de Chevalier Kadosch, XXIVe degré du système, considéré comme le Nec Plus Ultra de la Maçonnerie. D’un esprit profondément chrétien dans son renoncement à la légitime vengeance, il y souffle par ailleurs une émouvante nostalgie des croisades. Il n’est pas sans intérêt de remarquer que, presque simultanément, un autre système de hauts grades français se concrétise entre 1782 et 1786 / 1787, et se donnera comme grade ultime, se qualifiant lui aussi de Nec Plus Ultra de la Maçonnerie ; le grade de Chevalier Rose Croix, apparu vers 1760 comme « le Chevalier de l’Aigle du Pélican de Rose Croix de Saint André ou le Parfait Maçon ». Chaque époque et chaque système se donne ainsi son Nec Plus Ultra bien éphémère…

« Prions ! O Toi l’Eternel, bénéfique et plein de grâces Grand Architecte de l’Univers, du plus profond secret de notre cœur nous T’offrons un vivant sacrifice, nous T’implorons humblement d’inspirer à nos ennemis une juste compréhension du mal qu’ils nous ont fait car, s’ils avaient conscience de leur tort, ils pourraient expier les nombreuses injures qu’il ne nous appartient pas à nous, Tes serviteurs de venger. Mais que leurs yeux s’ouvrent et nous serons réconciliés, dans une union fraternelle nous reprendrons possession de la Terre Sainte, là où Ton Premier Temple a été édifié, là où, rassemblés en une seule troupe, nous célèbrerons ensemble tes saintes prières sur la Montagne Sacrée, dans les entrailles de laquelle est enseveli Ton Nom à jamais glorieux, béni et effroyable. Amen ! »

Nous arrêterons ici, avec ces textes de 1783, ces prières qui répandent toutes un élégant et exquis parfum d’Ancien Régime. Les choses vont maintenant changer. Les choses, c'est-à-dire la Fraternité maçonnique vécue sous Louis XV et Louis XVI, deviendra « autre chose » sous la botte du général Bonaparte. Elle sera peuplée d’individus d’une tout autre provenance sociale, faite surtout de fonctionnaires d’Empire, de militaires et d’esprits forts orientés politiquement. Les rituels s’en ressentiront forcément, et les prières, de même que les Ecritures Saintes et le Grand Architecte, s’évaporeront par les fenêtres du Temple dans le tourbillon des « affaires » et des « promotions ». Cela vaut pour la France, cela vaut pour la Belgique. Ceci est une autre (triste) histoire.

Mais une dernière prière mérite néanmoins d’être mentionnée encore ici. Elle apparaît comme la résurgence maladroite d’un monde révolu, ou comme une dernière convulsion d’un corps épuisé se débattant dans le pénible enfantement du XIXe siècle. Sa version imprimée date de 1814-1820, c'est-à-dire de la sinistre Restauration, mais elle fut rédigée, selon toute vraisemblance, à l’aube de l’Empire, en 1804. Elle figure en toutes lettres dans le document fondamental des grades symboliques du Rite Ecossais Ancien et Accepté : le Guide des Maçons Ecossais. Son style déclamatoire et déjà romantique rappelle les discours de la Convention et les envolées rousseauistes d’un Robespierre. Il nous paraît intéressant d’en donner lecture ici, comme dernier témoignage déjà corrompu d’une pratique maçonnique paneuropéenne, qui a concerné tous les rites et systèmes, mais pas toutes les loges ni tous les Maçons, bien entendu. Pour l’anecdote, remarquons au passage que le Gadlu devient « l’ordonnateur des mondes », puis « le souverain arbitre des mondes ».

On commence par demander au profane, d’un ton caverneux :

D. Profane, en qui mets-tu ta confiance ?

R. En Dieu.

Cette réponse, bien évidente, entraîne le morceau de bravoure suivant :

« Cette croyance, qui fait honneur à votre cœur, n’est pas seulement le partage du philosophe, elle est aussi celui de l’homme sauvage ; dès qu’il peut s’apercevoir qu’il existe, il sent qu’il n’existe pas par lui-même ; il demande son père à toute la nature, et le silence de cette nature muette est ce qui l’amène aux pieds de l’ordonnateur des mondes. C’est à lui qu’il rend hommage par les cérémonies les plus puériles et les plus ridicules ».

Prière.

« Mes Frères, humilions-nous devant le souverain arbitre des mondes ; reconnaissons sa puissance et notre faiblesse ; contenons nos esprits et nos cœurs dans les bornes de l’équité ; et, marchant dans des voies sûres, élevons-nous jusqu’à lui. Il est un ; il existe par lui-même ; c’est à lui que tous les êtres doivent leur existence. Il opère en tout et partout. Invisible aux yeux des mortels, il voit lui-même toutes choses : c’est lui que j’invoque ; c’est à lui que j’adresse mes vœux et mes prières.

Daigne, ô Grand Architecte ! daigne, je t’en conjure, protéger les ouvriers de paix que je vois réunis ici ; échauffe leur zèle ; fortifie leur âme contre la lutte fatigante des passions ; enflamme leurs cœurs de l’amour des vertus et décide leurs succès, ainsi que celui de ce nouvel aspirant, qui désire participer à nos mystères augustes.

Prête à ce candidat ton assistance, et soutiens-le de ton bras puissant au milieu des épreuves qu’il va subir. Amen. »

Lors de la clôture des travaux, le Vénérable s’adresse, non plus au Grand Architecte, laïcisation oblige, mais à diverses vertus « civiles » qu’il implore :

« Amitié, bienfaisance ! passion des âmes nobles et sensibles ! délicieuses jouissances des cœurs délicats et honnêtes ! soutenez et ornez à jamais ce temple , dans lequel tous nos efforts ne tendront toujours qu’à vous fixer. Et vous, prudente discrétion ! modeste aménité ! soyez le constant apanage des frères de cet atelier ; et que rentrés dans le monde civil, on reconnaisse toujours à leurs discours, à leur maintien et à leurs actions, qu’ils sont les vrais enfans de la Veuve. Amen ».

Ceci conclut notre panorama des prières dans la maçonnerie d’esprit français au XVIIIe siècle. Bien d’autres pans de la maçonnerie aristocratique et bourgeoise du XVIIIe siècle connaîtront un terme simultanément, pour enfanter « autre chose ».

Le texte ci-dessus, par son côté insipide et conventionnel, met fin à une époque où l’élégance et la naïveté de bonne compagnie permettaient à un rituel de 1758 de se clôturer de la délicieuse façon suivante :

Q : Avez-vous des femmes dans votre Loge ?

R : Oui, une.

Q : Nommez-la ?

R : La Vertu.

Jean Van Win

 

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 00:21

CATECHISME DES FRANCS-MACONS,

Qui contient les principales Demandes & les Réponses qu’ils se font entre eux pour se reconnaître, tant Apprentifs, & Compagnons que Maîtres.

Demande. Estes-vous Maçon ?

Réponse. Mes Frères & Compagnons me reconnoissent pour tel.

D. Pourquoi vous êtes-vous fait Maçon ?

R, Parce que j'étois dans les ténèbres, & que j'ai voulu voir la lumière.

D. Quand on vous a fait voir la lumière, qu'avez-vous apperçû ?

R. Trois grandes lumières.

D. Que signifient ces trois grandes lumières ?

R. Le Soleil, la Lune & le Grand-Maître de la Loge.

D. A quoi connoît-on un Maçon ?

R. Au Signe, à l'Attouchement & à la Parole.

D. Dites-moi le mot de l'Apprentif?

R. Dites-moi là première lettre je vous dirai la seconde.

D. J.

R. A.

D.K.

R. I.

D. N. Que veut dire Jakin ?

R. C'est le nom d'une des deux Colonnes d'airain qui étoient à la porte du Temple de Salomon, auprès de laquelle s'assembloient les Apprentifs pour recevoir leur salaire.

D. Estes-vous Compagnon ?

R. Oui, je lesuis.

D. Dites-moi le mot du Compagnon ?

R. Dites-moi la première lettre, je vous dirai la seconde.

D. B.

R. O.

D. Z. Que veut dire Boz ?

R. C'est le nom de l'autre Colonne qui étoit à la porte du Temple, auprès de laquelle s'assembloient les Compagnons pour recevoir leur salaire.

D. Quelle hauteur avoient ces deux Colonnes ?

R. Dix-huit coudées.

JD. Combien avoient-elles de tour ?

R. Douze coudées.

D. Combien avoient-elles d'épaisseur ?

R. Quatre doigts.

D. Quel est le premier soin d'un Maçon ?

R. C'est de voir si la Loge est bien couverte.

D. Pourquoi vous êtes vous fait Compagnon ?

R. Par rapport à la lettre G. D. Que signifie la lettre G ?

R. Géométrie ou Cinquième des Sciences?

D. Où avez-vous été reçu ?

R. Dans une Loge juste & parfaite.

D. Dans quelle Loge ?

R. Dans la Loge S.Jean.

D. Où est-elle située ?

R.. A la Vallée de Josaphat en Terre-Sainte.

D. Combien faut-il être de personnes pour composer une Loge juste & parfaite ?

R -Sept.

D. Qui sont ces sept ?

R. Le Grand-Maître, le premier & le second Surveillant , deux Compagnons & deux apprentifs.

D. Où doit se placer le Grand-Maître ?

R. A l'Orient.

D. Pourquoi ?

R. Comme à l'Orient le Soleil ouvre la carriere du jour, le Grand-Maître doit se tenir à l'Orient pour ouvrir la Loge ; & mettre les Ouvriers en œuvre.

D. De quoi est-il vêtu ?

R. D'or & d'azur.

D. Où se tiennent les SurveilIans ?

R. A l'Occident.

D. Pourquoi ?

R. Comme le Soleil termine sa carriere à l’Occident, de même les Surveillans se tiennent à l'Occident pour fermer la Loge, payer les Ouvriers, & les renvoyer.

D. Où se tiennent les Compagnons ?

R. Au Midi.

D. Pourquoi ?

R. Pour renforcer la Loge.

D. Où se tiennent les Aprentifs ?

R. Au Septentrion.

D. Pourquoi ?

R. Pour éviter l’ardeur du Soleil.

D. Combien avez-vous vû d'ornemens dans votre Loge?

R. Trois.

D. Qui sont-ils ?

R. Le Pavé Mosaïque, l’Etoile flamboyante, & la Houpe dentelée.

D. Combien avez-vous vû de Bijoux?

R. Six, trois muables, & trois immuables.

D. Qui sont les trois muables?

R. L'Equerre que porte le Venerable, le Niveau que porte le premier Surveillant, & la Perpendiculaire que por-te le second Surveillant.

D. Qui sont les trois immuables?

R. La Pierre brute pour les Apprentifs , la Pierre cubique à pointe, pour aiguiser les outils des Compagnons, & la Planche à tracer sur laquelle les Maîtres font leurs desseins.

D. Quelle longueur a votre Loge?

R. De l'Orient à l'Occident.

D. Quelle largeur ?

R. Du Midi au Septentrion.

D. Quelle profondeur ?

R. De la Surface jusqu'au centre.

D. Quelle hauteur ?

R. Des Coudées sans nombre.

D. De quoi est-elle couverte ?

R. D'un Dais céleste, parsemé d’Etoiles d'or.

D. Combien y-a-t-il de fenêtres ?

R. Trois.

D. Où sont-elles situées ?

R. L'une à l'Orient, l'autre au Midi & la troisième à l'Occident.

D. Pourquoi n'y en a-t-il pas au Septentrion ?

R. C'est que le Soleil n'y donne pas toujours sa Lumière.

D. Qui est-ce qui vous a mené à la Loge ?

R. Un Aprentif.

D. Comment y avez-vous été admis ?

R. Par trois grands coups.

D. Que signifie ces trois grands coups ?

R. Frappez, on vous ouvrira, demandez ; on vous, donnera ; cherchez., & vous trouverez.

D. Que Vous ont produit ces trois grands coups ?

R. Un second Surveillant.

D. Qu'a-t’il fait de vous?

R. II m’a fait voyager en Maçon.

D. Comment voyagent les Apprentifs Compagnons?

R. De l'Occident à l'Orient.

D. Pourquoi ?

R. Pour aller chercher la lumière.

D. Quand vous avez entré dans la Loge, qu'avez-vous vû.

R. Rien que l'Esprit humain puisse comprendre.

D. Comment étiez-vous habillé?

R. Ni nud ni vêtu, cependant d'une façon décente, & dépourvu de tous Métaux.

D. Pourquoi étiez-vous dépourvu de tous Métaux.

R. C'eft que lorsqu'on bâtit le Temple de Salomon , les Cèdres du Liban furent envoyés tous taillés , prêts à mettre en œuvre, de sorte qu'on n'entendit pas un coup de marteau , ni d'aucun autre outil lorsqu'on les employa.

D. Donnez-moi le premier point de votre entrée ?

R. Donnez-moi le premier,-je vous donnerai le second.

D. Je garde.

R. Je le tiens caché dans le cœur (ce qui se dit en faisant le signe de Compagnon.)

D. Que tenez-vous caché ?

R. Le Secret des Francs- Maçons & de la Maçonnerie.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Sept ans & plus.

D. Quelle heure est-il ?

R. Minuit plein.

D. D'où venez-vous?

R. Je viens de la Loge saint Jean.

D. Qu'apportez-vous ?

R. Bon accueil au Frère visiteur.

D. N'apportez-vous rien de plus?

R. Le Grand-Maître de la Loge vous salue par trois fois trois.

D. Pourquoi met-on l'épée à la main quand on reçoit un Frère ?

R. C’est pour écarter les Profanes.

D. Estes-vous Maître ?

R. Examinez moi approuvez-moi , & désapprouvez-moi, si vous pouvez , OU l'Acacia m'est connu.

D. Si un de vos Frères étoit perdu, où le trouveriez-vous.

R. Entre l'Equerre & le Compas.

D. Quel est le nom d'un Maçon ?

R. Gabanon.

D. Quel est celui celui de son Fils ?

R. Louveteau.

D. Quel Privilège a-t-il en Loge ?

.R. D'être reçu avant tous les Princes, Seigneurs & autres.

D. Comment voyagent les Maîtres ?

R. De l'Orient à l'Occident.

D. Pourquoi?

R. Pour aller répandre la lumiere.

D. Dites-moi le mot du Maître ?

R. Dites-moi la premiere Lettre, je vous dirai la feconde.

D. M

R. A.

D. C.

R. B.

D. E.

R. N.

D. A.

R. C.

D. Avez-vous travaillé ?

R. Oui.

D. Où avez-vous travaillé ?

R. Dans la Chambre du milieu.

D. Comment y êtes- vous parvenu ?

R. Par un Escalier fait en forme de vis, qui se monte par trois, cinq & sept.

D. Qu’avez- vous trouvé, qui vous a empêché d'entrer ?

R. Un premier Surveillant.

D. Et quand vous y êtes entré, qu'avez-vous vû ?

R. Une grande Lumière dans laquelle j'ai apperçû la Lettre G.

D. Que signifie la Lettre G.

R. God qui veut dire Dieu, ou plus grand que vous.

D. Avec quoi travaillez-vous ?

R.. Avec de la Craye, du Charbon & une Terrine.

D. Que signifie la Craye ?

R. Zèle.

D. Que signifie le Charbon ?

R. Ferveur.

D. Que signifie la Terrine ?

R. Confiance.

D. Avez-vous reçu des gages ?

R. Oui, OU j'en suis content.

D. Où les avez-vous reçus?

R. Dans la Chambre du milieu.

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 00:15

INSTRUCTION DE MAITRE.

D. V.F. 1er surveillant, êtes-vous maître ?

R. Eprouvez-moi, l'acacia m'est connu.

D. Où avez-vous été reçu ?

R. Dans la chambre du milieu.

D. Comment y êtes-vous parvenu ?

R. Par un escalier en forme de vis, qui se monte par 3. 5. et 7.

D Que signifient ces nombres ?

R. Qu'il faut trois ans pour faire un apprenti, cinq pour un comp. et sept pour un Mait.

D. Qu’ avez-vous vu ?

R. Horreur, deuil et tristesse.

D. N'avez-vous rien aperçu de plus?

R. Une lumière sombre éclairait le tombeau de notre R. M. mais il ne me fut pas permis de le voir, et je n'entendis que des pleurs et des gémissements.

D. De quelle grandeur était le tombeau ?

R. De trois pieds de largeur, cinq de profondeur et sept de longueur.

D. Qu'y avait-il dessus ?

R. une branche d'acacia dans la partie supérieure, et un triangle d'or le plus pur, au centre duquel est gravé le nom de l'Eternel.

D. Que vous est-il arrivé ?

R. J'ai été soupçonné d'un crime horrible.

D. Qui vous a rassuré?

R. Mon innocence.

D. Comment avez-vous été reçu?

R. En passant de l'équerre au compas sur la tombe de notre R. M. Adonhiram.

D. Que cherchiez-vous dans cette route?

R. La parole du M. qui était perdue.

D. Comment fut-elle perdue?

R. Par trois grands coups sous lesquels succomba notre R. M. lorsqu'il fut assassiné à la porte du T. par trois compagnons scélérats qui voulurent lui arracher la parole de M. ou la vie.

D. Que firent les MM. pour se reconnaître après la mort de N.R.M. Hiram ?

R. Ils convinrent que le premier mot qui serait prononcé et le premier signe qui serait fait au moment de la découverte du corps d'Hiram , seraient substitués aux anciens mots et signes.

D. Quels furent les indices de la découverte du corps de notre R. M.?

R. Une vapeur qui s'exhala d'un tas de décombres sur lesquels les traîtres avaient planté une branche d'acacia, afin de leur aider à reconnaître l'endroit où ils avaient caché le corps, pour le transporter ensuite dans un lieu plus éloigné.

D. Que fit-on du corps après l'avoir trouvé ?

R. Salomon le fit inhumer avec pompe dans le sanctuaire du T. et fit mettre sur son tombeau une médaille d'or triangulaire, sur laquelle était gravé Jéhova, l'ancien mot de M. et qui signifie en hébreu, Être suprême.

D. Comment voyagent les maîtres ?

R. De l'occident à l'orient, et sur toute la surface de la terre.

D. Pourquoi ?

R. Pour répandre la lumière el rassembler ce qui est épars.

D. Sur quoi travaillent les maitres ?

R Sur la planche à tracer.

D. Où reçoivent-ils leur salaire?

R. Dans la chambre du milieu.

D. Quelles sont les marques distinctives des M.

R. Un signe, un attouchement, deux paroles et les cinq points parfaits de la maîtrise.

D. Comment nommez-vous le signe?

R. Signe d'horreur, parce qu'il rappelle celui que firent les M. lorsqu'ils aperçurent le corps d'Hiram.

D. Donnez le mot sacré ?

R. (On le donne).

D. Que signifie ce mot?

R. La chair quitte les os.

D. Quel est le mot de passe ?

R. (On le donne).

D. Que signifie-t-il?

R. Sublime (surnom donné a notre R. M.)

D. Quels sont les cinq points parfaits de la maitrise?

R. Le pédestre, l'inflexion des genoux, la jonction des deux mains droites, le bras gauche sur l'épaule, et le baiser de paix.

D. Donnez l'explication de ces cinq points ?

R. Le pédestre signifie que nous sommes toujours prêts à marcher au secours de nos frères; l'inflexion des genoux que nous devons sans cesse nous humilier devant celui qui nous a donné l'être ; la jonction des deux mains droites, que nous devons assister nos frères dans leurs besoins ; le bras que nous leur passons sur l'épaule, que nous leur devons des conseils dictés par la sagesse et la charité, enfin le baiser de paix annonce cette douceur et cette union inaltérables qui font la base de notre ordre.

D. Sur quoi est soutenue la L. de maître?

R. Sur trois grands piliers triangulaires nommés sagesse, force et beauté.

D. Qui est-ce qui les nomma ainsi ?

R. Salomon, Hiram, roi de Tyr et Grand arch. du T.

D. Pourquoi attribue-t-on la sagesse à Salomon ?

R Parer qu'il reçut ce don de Dieu et qu'il fut en effet le roi le plus sage de son temps.

D. Pourquoi la force au roi de Tyr ?

R. Parce qu'il fournit à Salomon le bois et les matériaux pour la construction du temple.

D. Pourquoi la beauté à Hiram?

R. Parce que comme G. Arch. du T., il dessinait tous les ornements qui devaient embellir ce monument.

D. Ces trois noms des colonnes ne renferment-ils pas d'autre signification ?

R. Oui, T.R. La forme de ces colonnes signifie la divinité dans toute son étendue; la sagesse symbolise son essence; la force, sa puissance infinie; et la beauté, la perfection et la sublimité des ouvrages de Dieu.

D. Quelles doivent être les qualités d'un M.?

R. Sagesse, force et beauté.

D. Comment réunira-t-il des qualités si rares ?

R. Par la sagesse dans ses mœurs ; la force dans l'union avec ses FF., et la beauté dans son caractère.

D. Y a-t-il quelque meuble précieux dans la L.-. de M. ?

R. Oui, T. R. ; ils sont au nombre de trois : l'évangile, le compas et le maillet.

D. Quelle est leur signification ?

R. L'évangile démontre la vérité, le compas la justice, et le maillet qui sert à maintenir l'ordre, nous fait ressouvenir que nous devons être dociles aux leçons de la sagesse.

D. Pourquoi les trois premiers Offi. se servent-ils de maillet ?

R. Pour nous faire entendre sans cesse que, puisque la matière rend des sons quand on la heurte, à plus forte raison l’homme à qui Dieu a donné un cœur et la faculté de connaître et de juger, doit-il être sensible au cri de la vertu et rendre hommage a son créateur.

D. Comment s appelle le M. ?

R. Gabaon, nom du lieu où les Israélites déposèrent l'arche, dans le temps des troubles de leur pays.

D. Que signifie ce mot?

R. Que le cœur d'un maçon doit être assez pur pour être un temple agréable à Dieu.

D. Comment s'appelle le fils d'un maçon ?

R. Lowton, mot anglais, qui signifie élève en architecture.

D. Quel est le privilège du Lowton ?

R. C'est d'être reçu maçon avant tout autre.

D. Sur quoi travaillent les maîtres ?

R. Sur la planche à tracer.

D. Ou reçoivent-ils leurs gages?

R. Dans la chambre du milieu.

D. Si vous perdez un de vos F. où le retrouverez-vous ?

R. Entre l'équerre et le compas.

D. Expliquez cette réponse ?

R. C'est que l'équerre et le compas étant les symboles de la sagesse et de la justice, le bon M. ne doit jamais s'en écarter.

D. Pourquoi appelle-t-on les maçons les enfans de la veuve ?

R. C'est qu'après la mort de notre R. M. Hiram, les maçons prirent soin de sa mère qui était veuve et dont ils se dirent les enfants, Hiram les ayant toujours regardés comme ses FF.

D. Quel âge avez-vous ?

R. 7 ans et plus.

D. Pourquoi?

R. Parce que Salomon employa 7 ans à la construction du T.

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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 00:08

INSTRUCTION DE COMPAGNON.

D. Etes-vous comp.?

R. Je le suis.

D. Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir comp. ?

R. Pour connaître la lettre G.

D. Que signifie celle lettre ?

R. Géométrie.

D. Ne signifie-t-elle rien de plus ?

R. C'est l'initiale d'un des noms du G. A. de l'Un.

D. Comment avez-vous été reçu ?

R. En passant de la col. J. à la col. B. et en montant les cinq D. du T.

D. Par quelle porte les avez-vous montés?

R. Par la porte d'Occid.

D. Qu'alliez-vous faire au T.

R. Bâtir des cachots pour les vices et élever des T. à la vertu.

D. Qui s'opposa à votre entrée ?

R. Le F. couvreur.

D. Qu'exigea-i-il de vous ?

R. Un signe, un attouchement et une parole.

D. Qu’avez-vous vu en montant les degrés du T.

R. Deux grandes colonnes d'airain de dix-huit coudées de hauteur, douze coudées de circonférence et quatre doigts d'épaisseur.

D. Elles étaient donc creuses ?

R. Oui, Vén.

D. Pourquoi?

R. Pour renfermer les outils des соmр. et des app., et le trésor destiné à payer leur salaire.

D. Quelle était la décoration des colonnes?

R. Des feuilles d'acanthe ornaient les chapiteaux, et ceux-ci étaient surmontés de pommes de grenade sans nombre.

D. Pourquoi étaient-elles sans nombre?

R. Pour marquer que les maçons doivent être sans nombre.

D. Ou avez-vous été reçu соmр. ?

R. Dans une L. juste et parfaite.

D. Quelle forme avait-elle ?

R. Un carré long.

D. De quelle longueur était-elle?

R. de l’O. à l'occident.

D. De quelle largeur ?

R Du midi au septentrion.

D. Quelle était sa hauteur ?

R. De pieds, toises et coudées.

D. De quoi était-elle couverte?

R. D'un dais d'azur parsemé d'étoiles.

D. Qui la soutenait ?

R. Trois grands piliers de forme triangulaire.

D. Comment les nommez-vous ?

R. Sagesse, force, beauté.

D. Pourquoi les nommez-vous ainsi ?

R. Sagesse pour inventer, force pour exécuter, beauté pour orner.

D. Quelle était sa profondeur ?

R. De la surface de la terre au centre.

D. Pourquoi répondez-vous ainsi?

R. C'est pour faire entendre que tous les maçons répandus sur la surface de la terre ne font qu'un seul peuple de frères régi par les mêmes lois et par les mêmes usages.

D. Avez-vous des ornements dans votre loge ?

R. Oui, très V., ils sont au nombre de trois, savoir : le pavé mosaïque, l'étoile flamboyante, et la houppe dentelée.

D. Quel est leur usage ?

R. Le pavé mosaïque orne le seuil du grand portique du temple; l'étoile flamboyante est au milieu et éclaire le centre d'où vient la V. lumière qui éclaire les quatre parties du monde, et la houppe dentelée borde et orne les extrémités.

D. Quelle est la signification morale de ces ornements ?

R. Le pavé mosaïque est l'emblème de l'union intime qui doit régner entre les maç ; l'étoile flamboyante est l'emblème du G. A. de l'Un. qui brille d'un éclat qu'il n'emprunte que de lui seul; la houppe dentelée signifie le lien qui unit tous les maçons et n'en fait qu'une seule et même famille.

D. Avez-vous des bijoux dans votre L.

R. Oui, Ven., ils sont au nombre de six, dont trois mobiles et trois immobiles.

D. Quels sont les bijoux mobiles ?

R. L'équerre que porte le T. V. ; le niveau que porte le premier surv.

et la ligne d'aplomb que porte le deuxième surv,

Dt Quels sont les bijoux immobiles ?

R. La planche à tracer, la pierre cubique a pointe, et la pierre brute.

D. Quel est l'usage des bijoux mobiles?

R. L'équerre sert à équarrir les matériaux et à mettre leurs surfaces à angles droits; le niveau sert à placer horizontalement les pierres à côté les unes des autres, et la perpendiculaire a élever des bâtiments parfaitemcnt d'aplomb sur leurs bases.

D. Donnez l’explication de ces bijoux en sens moral ?

R. L'équerre nous avertit que toutes nos actions doivent être réglées par la justice ; le niveau, qu'il doit régner une parfaite égalité entre tous les maç., et la perpendiculaire, que tous les biens nous viennent d'en haut.

D. Quel est l'usage des bijoux immobiles ?

R. La pierre brute sert aux apprentis pour apprendre à travailler, la pierre cubique à pointe sert aux compagnons pour aiguiser leurs outils, et la planche sert aux maîtres pour tracer leurs plans et leurs dessins.

D. Quel est le sens moral ?

La pierre brute est l'image de l'homme grossier et sauvage que l'étude approfondie de lui-même peut seule polir et rendre parfait; la pierre cubique à pointe est le symbole des soins que se donne l'homme vertueux pour effacer les traces que le vice a faites sur lui, et pour corriger les passions auxquelles nous sommes tous en butte; la planche à tracer est l'emblème du bon exemple que nous devons à nos FF. et à tous les hommes.

D. Qu'est-ce que la maçonnerie ?

R. C'est une société qui, par l'excellence de son institution et par sa morale sublime, épure les mœurs des hommes, les éclaire et les rend utiles à l'État et à l'humanité.

D. Quelles sont les principales vertus du maçon ?

R. Le silence, la prudence et la charité.

D. Combien y a-t-il de signes dans la maçonnerie ?

R. Ils sont sans nombre, mais ils se réduisent à cinq principaux, savoir :

Le vocal, qui sert à donner la parole.

Le guttural, qui sert à donner le signe d'app.

Le pectoral, qui sert à donner le signe de comp.

Le manuel, qui sert à donner l’att. de l'un et de l'autre.

Et le pédestre, qui sert à exécuter la marche des deux.

D. Combien y a-i-il de fenêtres dans votre L.

R. Trois : une à l'Or., une à l'Oc. et l'autre au Midi.

D. Pourquoi ni-en a-t-il pas au septentrion ?

R. Parce que le soleil n'éclaire que faiblement cette partie.

D. A quoi servent-elles ?

R. A éclairer les ouvriers quand ils viennent au travail, pendant qu'ils y sont et lorsqu'ils en sortent.

D. Comment voyagent les compagnons?

R. De l'occident au midi, du midi au nord, et du nord à l'orient.

D. Que signifie cette marche ?

R. Qu'un maçon doit voler au secours de ses FF. fussent-ils aux extrémités de la terre.

D. Ou sont placés les compagnons en L. ?

R. Au midi, pour recevoir les ordres des maîtres.

D. Avez-vous vu votre maître aujourd’hui,

R. Oui, T. V., il était habillé d'or et d'azur.

D. Que signifient ces deux couleurs ?

R. L'or signifie la richesse, et l'azur la sagesse, deux dons que le G. A. de l'Un. accorda a Salomon, elles signifient aussi qu'un maçon doit conserver la sagesse au sein des grandeurs dont il peut être revêtu.

D. Comment servez-vous votre maitre ?

R. Avec joie, ferveur et liberté.

D.Avez-vous reçu des gages ?

R. T. V. j'en suis content.

D. Où avez-vous reçu les gages ?

R. A la colonne B.

D. Que signifie cette lettre ?

R. C'est l'initiale d'un mot qui sert à nous reconnaître.

D. Dites ce mot?

R. Dites-moi la première lettre, je vous dirai la deuxième.

D. Que signifie ce mot ?

R. Persévérance dans le bien.

D. Donnez-moi le mot de passe ?

R. (on le donne).

D. Que signifie-l-il ?

R. Nombreux comme des épis de blé. C'est le mot du camp de Jephté, capitaine des Israélites. Lorsque la tribu d'Ephraïm se révolta, Jephté s'empara des bords du Jourdain par lesquels Ephraim devait retourner, et tous ceux qui se présentaient au passage et qui ne pouvaient prononcer ce mot étaient massacrés et précipités dans le fleuve.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Cinq ans.

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 02:16

LOGE ET RECEPTION DE COMPAGNON

Nota - Soit que l'on veuille donner le grade de Compagnon à celui qui a été reçu aprentif tout de suite après sa réception, soit qu'elle ait été renvoyée on y procédera de la manière suivante :

Le frère qui lui aura servi de Parrein proposera de lui conférer le grade de Compagnon, alors on faira sortir le Récipiendaire de la Loge, et on ouvrira celle de Compagnon par les Signes et batteries de ce grade, en se conformant pour les questions ordinaires à celle du grade d'aprentif. Le Vénérable ayant pris l'avis des frères sur la proposition du parrein, et ayant obtenu leur consen¬tement, on aplaudit en Compagnon et le Vénérable dit au Parrein d'aller chercher le récipiendaire ; ils arrivent ensemble à la porte du temple ou le parrein frappe en Compagnon. Cette batterie est répétée par les Surveillans et le Vénérable.

Rapport

On frappe à la porte du temple en Compagnon.

Nota - Cette annonce est répétée d'un Surveillant à l'autre jusqu'au Vénérable qui dit :

Le Vénérable

Mon frère faites voir qui c'est, et vous m'en rendrés compte.

Rapport

C'est le frère N.... aprentif qui demande à être reçu Compagnon.

Le Vénérable

Faites lui demander son nom et son âge en qualité de Maçon, et ou il a travaillé, depuis quel tems, si ses maîtres sont contents de lui, et s'il a été payé, demandés lui aussi les mots d'aprentif, les signes et attouchements et leur signification.

Rapport

Il se nomme Gaon, il a trois ans et plus, il a travaillé à la Colonne J:. depuis le lundi matin jusqu'au samedi au soir, il est content, et il espère que ses maîtres sont contents de lui.

Le Vénérable

Qu'on le fasse introduire à la manière accoutumée.

Nota - Le frère Thuillier ouvre la porte du Temple, et le parrein conduit le Récipiendaire par la main, et par trois pas d'aprentif étant tous deux à l'ordre, le place en face du Vénérable entre les deux colonnes.

Le Vénérable

Que demandés vous.

Le Récipiendaire

A être reçu compagnon.

Le Vénérable

Nous ne pouvons qu'aplaudir mon frère, au zele qui vous fait désirer défaire de nouveaux progrés dans la maçonnerie, la constance que vous avés témoignée dans vos premières épreuves, vous dispense d'en faire d'autres de la même espèce, je ne vous cache pas cependant que pour acquérir de nouveaux grades, nous en exigerons quelques-unes de différentes, telles seront par exemple les questions que je vous ferais sur le grade d'aprentif que vous avés reçu, la morale qu'on vous a enseignée dans ce grade a-t-elle fait sur vous l'impression qu'on doit naturellement en attendre.

Le Récipiendaire

Oui très Vénérable.

Le Vénérable

Ce premier pas que vous avés fait dans la maçonnerie a dû vous instruire de toutes les vertus qu'elle exige de ses membres ; c'est à leurs pratiques que se borneront dorénavant toutes les Epreuves que vous aurés a subir, voyés si leurs exécutions ne vous en paraissent pas trop difficiles.

Le Récipiendaire

Non très Vénérable.

Le Vénérable

Eh bien, mon frère sur cette assurance je vais vous conférer le grade que vous demandés, frère premier Surveillant faites avancer cet aprentif au pied du Trône par cinq pas de Compagnon.

Nota - L'aprentif étant arrivé au pied du trône, on le fait mettre à genoux dans l'Equerre, la main droite sur l'Evangile, et dans cette posture, on lui fait prêter l'Obligation suivante.

OBLIGATION

Moi N.... Je promets devant le Grand Architecte de l'Univers qui est Dieu et devant cette illustre assemblée, de ne jamais révéler les secrets des Maçons et de la Maçonnerie tant ceux que je sais, que ceux que je saurais à l'avenir, qu'en loge réglée, ou à un frère après un rigoureux examen, comme aussi de ne jamais les révéler par écrit ou de vive voix ni tracer, graver, ou manifester de quelque manière que ce soit, et en cas d'infraction, je consens d'avoir mon côté gauche ouvert, mon coeur arraché et jette pour servir de proye aux oiseaux de l'air. Ainsi que Dieu me soit en aide.

Nota - L'Obligation finie, on fait relever le Récipiendaire, et le Vénérable lui donne notre signe, attouchement, et leur signification, il lui fait relever la bavette de son tablier, après quoi il va se faire reconnaître aux deux Surveillans et aux autres frères de ta Loge, ensuite on lui fait l'explication du Tableau.

Explication du tableau

Les deux colonnes frappantes qui s'offrent d'abord à la vue de ce tableau, sont deux colonnes qui représentent celles qui étoient placées à la porte du temple de Salomon.

Ces colonnes étoient de bronze, et avoient dix-huit coudées de hauteur, sur douze de circonférence, et quatre doigts d'épaisseur.

Sur la colonne à gauche était gravé la lettre initiale de Compagnon ; nous avons trois ornements qui sont le pavé mosaïque, l'Etoille famboyante et la houpe dentellée.

Le pavé mosaïque marque la parfaite harmonie de l'ordre, la houpe dentellée la parfaite union, et l'étoille flamboyante placée au milieu du temple servait à l'éclairer, a ses rayons nos coeurs s'échauffent et notre intelligence s'anime, notre raison s'éclaire, amis de l'humanité nous occupons sans cesse des moyens de lui être utile en consultant la nature, en concourant avec elle, et l'imitant peut-être un jour.

La lettre G qui brille au milieu de l'Etoille, signifie géométrie, ou cinquième des Sciences, parce qu'en effet, c'est de la géométrie qu'on emprunte l'éclat et les vérités lumineuses qui se répondent sur toutes les opérations de l'esprit.

L'escalier du Temple est composé de sept degrés qui signifie les sept arts libéraux auxquels tout maçon doit s'appliquer, et les sept vices capitaux qu'il doit tacher d'éviter.

Nous avons six bijoux que nous désignons en trois mobiles et trois immobiles, les trois mobiles sont l'Equerre, le Niveau et la Perpendiculaire, ou ligne d'aplomb.

L'Equerre est le simbole de l'équité et la droiture du coeur.

Le Niveau simbole de l'égalité répèle continuellement à nos coeurs le premier vice de la nature, le sort de l'humanité, la folie des prétentions, le prix de l'ensemble et de l'union.

La ligne d'aplomb est l'emblème de l'ordre et de la rectitude qui doit régner dans nos coeurs.

Les immobiles sont, la planche à tracer, la pierre cubique à pointe, et la pierre brutte.

La planche à tracer sert aux maîtres à dessiner et tracer leurs plans, la pierre cubique à pointe aux Compagnons pour aiguiser leurs outils, et la pierre brute aux aprentifs pour les dégrossir.

A la droite du tableau est placé le soleil qui représente le Père de la nature qui vivifie tout, et dont rien ne fructifie qu'à la chaleur bienfaisante de son rayon, de même la maçonnerie est la mère de toutes les vertus ; le zèle qu'elle nous inspire vivifie toutes nos actions.

A la gauche est placé la lune, qui indique qu'il n'est jamais de ténèbres assés épaisses pour dérober le crime à nos yeux, il y avait trois fenêtres au temple, l'une placée à l'orient, l'autre à l'occident, et la troisième au midi, il n'y en avait point au septentrion, parces que la lumière du soleil pénètre faiblement dans cette partie.

Nous avons trois meubles qui sont le Maillet, le Compas, et un Livre respectable.

Le Maillet sert à frapper en Maçon, le Compas à compasser nos moeurs, et la Bible à contracter nos engagements.

Enfin, nous avons une Truelle qui doit nous servir à cacher et réparer les déffauts de nos frères.

Nota - Cette explication finie on faira les demandes du catéchisme comme ci-après.

CATECHISME DE COMPAGNON

D. Etes-vous Compagnon.

R. Je le suis.

D. Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Compagnon.

R. Par raport à la lettre G.

D. Que signifie cette lettre.

R. Géométrie ou cinquième de Science.

D. Ou avés vous travaillés.

R. A la Lettre B.

D. Qu 'avés vous remarqué en entrant en Loge.

R. Deux Colonnes.

D. Comment les appelles vous.

R. La Colonne J et la Colonne B.

D. De quelle matière étoient elles.

R. De bronze.

D. De quelle hauteur.

R. Dix coudées.

D. Qu'elles étoient leur circonférence.

R. Douze coudées.

D. Leur épaisseur.

R. Quatre doigts.

D. Quels étoient leurs ornements.

R. Deux chapiteaux décorés de lis et de pommes, de grenades.

D. Combien y en avait-il à chaque.

R. Cent et plus.

D. Avés vous été payé.

R. Je s lis content.

D. Donner moi le mot de Compagnon.

R. Je ne sais qu'épeller donner moi la première lettre, je vous donnerais la

seconde B, etc..

D. Que signifie ce mot.

R. Persévérence dans le bien, et c'est aussi le nom de l'autre colonne ou

s'assembloient les compagnons pour recevoir leurs salaires.

D. Quel est le mot de passe de Compagnon.

R. S.H.B.L.T.

D. Que veut dire ce mot.

R. Epis de blé et c'était le mol de passe des tribus qui étoient en guerre

Eprahim . Les sentinelles postées sur le bord du Jourdain leur deman

doient ce mot qu'ils ne pouvoient prononcer comme eux, alors on les reconnaissait pour ennemis, et on les précipitait dans le fleuve.

D. Quels sont les principaux points de la maçonnerie.

R. Ils se réduisent à quatre, Savoir, Le guttural, le pectoral, le manuel, et le pédestre.

Le gutural sert à donner le signe d'aprenti et nous faire ressouvenir que nous méritons d'avoir la gorge coupée, si nous révélons les secrets des maçons et de la maçonnerie.

Le pectoral sert à donner le signe de compagnon, et à marquer que nous le

gardons dans le coeur.

Le manuel sert à donner l'attouchement.

Le pédestre sert à mettre le pied en équerre et à voler au secours de son frère.

D. Avés-vous des Ornements.

R. Oui très Vénérable nous en avons trois qui sont le pavé mosaïque, l'Etoille flamboyante, et la houppe dentellée.

D. Quels sont leurs usages.

R. Le pavé mosaïque orne le Temple, l'Etoille flamboyante était au Centre et servait à l'éclairer et sa houpe dentellée à orner les extrémités.

D. Avés vous des meubles.

R. Oui Vénérable, trois qui sont le Maillet, le Compas et la Bible.

D. Quels sont leurs usages.

R. Le Maillet sert à frapper en maçon, le compas à compasser nos moeurs, et Bible à contracter nos engagements.

D. Que doit observer un bon Maçon.

R. Quatre choses savoir, le silence, le secret, la prudence, et la charité envers son frère.

D. Que doit-il fuir.

R. La médisance, la calomnie, et l'intempérence.

D. Quel âge avez-vous en qualité de Compagnon.

R. Cinq ans et plus.

D. Quel est le nom d'un Maçon.

R. Gabaon.

D. Quel est le nom d'un fils de Maçon.

R. Louveteau, ou Lufeton.

D. Qu'el privilège a-t-il en loge.

R. D'etre reçu avant tous Seigneurs, Princes, et autres.

D. A qu'elle heure se ferme la Loge de Compagnon.

R. A minuit.

Nota - Après cette instruction le Vénérable ferme la loge, comme celle d'aprentif, avec les signes, mots et attouchements, et batterie de Compagnon.

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 00:45

Maitrise

Reception

La Loge de maître etant ouverte par neuf grands coups Le frere parein propose de donner la maitrise au frere N ce qui ayant été accepté le frere parein et le frere terrible sortent ensemble de la loge le glaive a la main et vont chercher le récipiendaire qu'ils amenent a la porte de la loge le frere terrible luy tenant la pointe de l'épée sur le coeur et le frere parein dans le dos a laquelle ayant frapé on annonce que c'est un apprentif et compagnon maçon qui demande a etre reçu maitre. La permission luy ayant été donné le frere terrible lintroduit en loge le dos tourné au grand Maitre et on luy deffend de tourner la teste on le place entre les deux surveillants le venerable allors prend la parole et dit Comment Mr. (car vous ne meritez pas le titre de frere) vous avez l'audace de vous presenter en loge appres avoir violé votre serment--appres avoir décélé presque tout ce qui vous a été confié et vous avez dis-je la témérité de vous y présenter orné du tablier qui est la marque d'innocence et de candeur. Frere qu'on lui arrache il est indigne de le porter. Icy on luy arrache brusquement et pour s'assurer de sa fermeté on porte au venerable des accusations Contre luy sans cependant parler de meurtre n'y d'assassin Comme ily a bien des loges quil le font l'usage est tout des plus ridicule et n'a par luy meme aucune vraye Ressemblance les accusations qu'on porte ne doivent s'étendre que sur la maçonnerie sur l'indiscrétion sur la Raillerie sur la légereté etc. si le Recipiendaire est ferme le venerable ordonne de le faire voyager par trois tours appres quoy on l'arrete entre les les deux surveillants et denouveaux on le questionne s'il na point manqué en aucune chose de ce qui conserne la maçonnerie et ce par question diverses sur sa Reponce que non le venerable le fait voyager de nouveau par 3 tours observant de le remettre toujours entre les surveillants on lui fait encore de nouvelles questions et on luy recommande bien de faire ses dernieres refflections et que voilà linstant ou la verité va paroitre dans son grand jour. On luy fait achever les neuf tour toujours le dos retourné lorsquil a finy ses voyages le venerable lui represente le risque qu'il y a de s'exposer au mensonge dans un lieu ou la verité preside et voyci a peu pres comme le venerable doit s'exprimer Est il bien vraye mon frere que touttes les accusations portées contre vous sont fausse je le souhaitte de tout mon cœur mais faittes attention qu'il n'y a point a nous surprendre que nous sommes dans le sejour de la verité ennemis du mensonge nous pratiquons la vertu quand même vous auriez manqué en quelque chose soit par légereté soit par le peu D'experiance que vous avez dans la maçonnerie C'est a dire d'avoir enseignez a des prophanes ce quils ignoroient --ou soit enfin par plaisir Déclarez le moy

R……

navez vous jamais tirez de santés devant des prophanes ou disposé la table a notre façon

R…..

ne vous etes vous point exposé a maçonner avec quelqu'un de nos freres dans un lieu trop decouvert ce qui est de tres grande consecence

R…..

Vous navez donc rien a vous reprocher vous persistez toujours a être Reçu maitre

R…..

touttes vos Refflections sonts donc faittes

R…..

faittes lui voir Cet affreux spectacle.

(on le retourne brusquement) voilà le sort des témeraire qui appres avoir violé leurs serments viennent Encore nous braver jusque dans Nos loges, voilà mon frere les suites de lindiscretion soutiendrez vous encore a la vue de ce cadavre teint de sang que lui ont portées ces crimes soutiendrez vous dis je que vous etes innocent

R…..

faittes le marcher en maitre par dessus le Cadavre. on luy fait faire les 3 pas de maitres et on luy donne un coup de rouleau a chaque pas et lors quil est arrivé a lhautel le venerable ordonne de jetter le cadavre dehors allors celuy qui est dessous le drap se leve. et le venerable recitte l'histoire D'hiram en ces termes.

histoire D'hiram

Salomon ayant dessein de faire batir un temple a léternel fit avertir tous les tributaires de son Royaume pour y travailler sur tout les nobles ne laissant que ceux nécéssaires pour cultiver les terres et faire les Recoltes C'est pourquoy tout le monde y etoit bien reçu et suivant son talent recevoit son salaire lors quil fallut élever la charpente du temple, Salomon n'ayant pas de foret qui produisent d'aussy beau bois que les cedres du mont liban envoyat des embassadeurs vers hiram Roy de Tir pour le prier de lui en envoyer il lui fit reponce quil pouvoit disposer de tout ce qui etoit a lui et pour cet effet lui en envoiat de tout taillé et préparé. Salomon ayant scu que la famine etoit depuis quelque tems dans les Etats D'hiram parce que la Recolte leur avoit manqué il luy envoiat vingt mil mesures d'huile et autant de froment En reconnoissance du present quil luy avoit fait. Cependant Salomon malgré toutte sa sagesse ne put empecher le trouble et la discorde qui sintroduisit par la suitte parmy les ouvriers a la teste desquels etoient trois freres només Gibloom, Giblos et Giblas (trois noms raturés et remplacés par Jubal, Jabol et Gablon) qui étoient des Esprits turbulents et qui jusque la avoient conduit l'edification du temple C'est pourquoy sachant que le Roy de thir avoit fait batir aussy un fort beau temple et plusieurs autres beaux edifices et le pria une seconde fois de lui envoier un bon architecte qui fut sage et de bonnes meurs et qui d'ailleurs scut travailler en toutte sorte de métaux, il lui fit réponse qu'il avoit un Sujet tel qu'il lui demandoit qui se nommoit hiram comme lui et que lors qu'il l'auroit admis dans son conseil jamais Soleil n'aurait éclairé deux si grands hommes En effet lors que Salomon l'eut éprouvé il vit bien que tout ce que le Roy de thir luy en avoit marqué etoit vraye C'est pourquoi Salomon luy confia la conduitte de son temple. Hiram se voyant chef des ouvriers commença a établir le bon ordre et a detruire la Confusion qui regnait parmi eux en les distribuant en trois claces sçavoir une pour les apprentis une pour les Compagnons Et une pour les maitres et dans chacqu'une il y avoit des signes, des mots et des attouchements pour se faire reconnoitre affin que chaquun reçut son salaire suivant son meritte et sa capacité. et depeur qu'ils ne se communiquassent les signes paroles et attouchements les uns aux autres hiram leurs faisoit faire serment sur l'hotel de ne les jamais donner qu'a luy pour recevoir leurs salaires mais Jubal, Jabol et Gablon [Gibloom, Giblos et Giblas barrés] jaloux de ne se trouver qu'a la classe de Compagnon et non a celle des maitres à cause des trouble quils avoient exité emporterent leurs plaintes a Salomon qui les renvoyat a hiram, hiram leur fit réponce que lors qu'il auroit appercut du changement en eux il seroit le premier a les placer dans la clace des maitres Se qui les rendit si mécontant qu'ils formerent tous trois un complot de l'assassiner a cette effet ils s'armerent chacun d'un rouleau et sachant q'hiram appres que tous les ouvriers etoient retiré alloit les soirs faire sa prierre a l'eternel ils délibererent de l'attendre pour executer leurs dessein criminel scavoir l'un a la porte de l'orient le deuxième a la porte du midy et le troisieme a celle de l'occident, en effet le meme jour hiram ayant renvoyé les ouvriers fut pour rendre ses actions de graces au Grand architecte de l'univers lorsqu'il fut pour entrer par la porte de l'occident qui etoit celle par ou il entroit ordinairement il trouva un de ses trois miserables compagnonsqui etoit Gibloom et qui avoit complotté aquel prix que ce fut de scavoir le mot de maitre voyant donc arriver hiram le saisit en luy demandant le mot de maitre avec ménace de le tuer s'il le luy refusait hiram luy repondit que se netoit pas la le moyen de le meriter ce qui irrita tellement Gibloom que sur le refus d'hiram il luy porta un coup de rouleau sur la teste et croyant l'avoir assommé il se retira, hiram ne se trouvant qu'etourdi fut pour entrer par celle du midy ou il trouva le meme obstacle et Gibloos luy dechargea aussy un coup de roulleau sur la tete et prit la fuitte Notre Respectable quoy que dangereusement blessé rassembla touttes ses forces et se traina a l'orient ou il eut le même sort mais ce scelerat de Giblas voyant q'hiram netoit pas mort de ces trois coups de roulleau la rage s'empara de luy et craignant deplus quiram ne revenant a luy ne les accusat il tira son marteau et lui en donna un grand coup sur la teste qui l'étendit roide mort sur le carreau Ces trois scelerats de Compagnons craignant D'être decouverts le porterent hors du temple et le mirent et le mirent sous un tas de pierre En attendant que la nuit fut plus avancées pour lors ils le transporterent sur la montagne de Sinaï pour l'enterrer et mirent une branche D'accassia sur l'endroit affin de le reconnaitre Cependant Salomon sétant appercut q'hiram lui manquoit se doutta bien que des Ennemis lavoient tué c'est pourquoy touché de la perte de son cher ouvrier députa neuf maitre pour aller a la Recherche de son corps et pour cet effet trois sortirent par la porte de L'orient trois par celle du midy et les trois autres par celle de L'occident appres avoir marché quelque tems ils se trouverent sur la montagne de Sinaï et comme ils etoient fatigué ils se reposerent l'un D'Eux apperçut une branche d'acassia et Comme elle ne fit aucune resistance En L'arrachant et que d'ailleurs ils appercurent que la terre avoit été fraichement Remuée la Curiosité leurs fit Creuser cette terre mais a peine en eurent ôté qu'ils appercurent le Corps de notre tres Respectable leurs premier Mouvement fut de faire le signe dépouvante qui marque l'effroy qu'ils eurent. l'un d'eux voulant le lever le prit par l'attouchement d'apprentif en disant. J . mais le doigt lui Resta dans la main il le prit allors par celuy de Compagnon en disant B même chose luy arriva voyant cela il lui donna l'accolade et notre attouchement en disant qui signifie la chair quitte les os qui etoit pour lors le mot de maître selon quils etoient Convenus Entre eux que le premier mot qui seroit prononcé lorsqu'ils trouveroient hiram seroit celui dont ils c'e serviroient crainte de surprise les neuf maitres etant venus faire leurs Rapport a Salomon il les Renvoiat munis de tabliers et de gants blanc pour exumer le corps et luy apporterent ce quayant fait, Salomon le fit mettre dans le Sanctuaire du temple pour temoigner Le Regret qu'il avoit de sa perte et en meme tems reconnoitre ces Services il lui fit mettre une medaille d'or en forme de triangle ou il fit graver L'ancien mot de maitre

fin de l'histoire d'hiram

Question ou catéchisme de la maitrise

D Etes vous maitre

R approuvez moy ou desapprouvez moy L'accassia m'est Connu.

D pourquoy vous etes vous fait recevoir maitre

R pour retrouver la parole perdue

D ou avez vous été Reçu maitre

R Dans la chambre du milieu

D Comment étés vous parvenu a la chambre du milieu

R par un escalier en forme de vis qui se monte par 3, 5 et 7.

D a quoy connoytraije que vous etes maitre

R a mes signes paroles marche et attouchement

D faites moy le signe

R le voicy qu'on appelle signe d'epouvante

D faite moy la marche

R la voicy (.on fait la marche.)

D Donnez moy l'attouchement

R Le voicy, il ne se donne jamais qu'en loge

D Donnez moy La parolle [hiéroglyphe de Machbenach]

R M..B., qui ne se prononce qu'en loge

D quavez vous vu en entrent en loge de maitre

R Larmes de tristesse et Lumierre

D pourquoy larmes et tristesse

R parce qu'effectivement tous les freres etoient triste et pleuroient la mort de notre Resp

D pourquoy lumierre.

R parce que le tombeau de notre Respectable etoit eclaire de neuf Etoilles (ou lumierres)

D n'avez vous Rien vû de plus..

R tres vénérable j'ay vu le tombeau de notre Respec

D qu'avez vous vu sur son tombeau

R une Médaille d'or en forme de triangle sur la quelle etoit gravé L'ancien mot de maitre une branche d'acassia et une etoille flamboyante.

D quavez vous Remarquez au milieu de l'étoile flamboÿante

R la lettre G

D que signifie t'elle

R plus grand que vous

D qui peut etre plus grand que moy etc.

R Gad. ou le Grand architecte de l'univers

D quel âge avez vous

R sept ans

D ou voyagent les maitres

R dans les quatres parties du monde

D qu'avez vous Reçu dans votre reception

R trois Grands coups de rouleau et un Grand coup de Marteau.

D que signifie ses coups

R il signifie les trois coups de rouleau qui etourdirent notre Respectable et le coup de marteau qui l'assommat.

D qui luy porta ces trois coups

R trois scelerat de Compagnons

D a quelle porte fut il tué

R a celle de L'orient

D ou troiuva t'on le corps d'hiram

R sur la montagne de Sinaï

D qui le fit decouvrir

R une branche D'acassia c'est ce qui fait que l'on dit approuvé moy ou désaprouvez moy L'acassia m'est connu

D par qui cette branche dacassia fut elle posée sur le corps d'hiram

R par ces trois scelerats de compagnons qui dans la crainte d'etre découverts porterent le corps d'hyram sur la montagne de Sinaï pour l'enterrer et mirent une branche D'acassia sur l'endroit affin de le Reconnoitre.

D qui a trouvé le corps d'hyram

R les neufs maitres que Salomon deputa pour aller a la Recherche

D Le corps d'hiram resta t'il longtems sur la montagne

R les neufs maitres etant venu faire leurs rapport a salomon il les renvoïat munis de tabliers et de gant blancs pour exumer le corps et lui apporter ce quayant fait Salomon le fit mettre dans le Sanctuaire du temple et pour temoigner le regret qu'il avoit de la perte et enmeme tems reconnoitre ses services il luy fit mettre une medaille d'or en forme de triangle sur laquelle il fit graver l'ancien mot de maitre

D que signifie le mot de maitre

R La chair quitte les os

D Combien avez vous de signes

R nous en avons quatre

D només les moy

R le signe d'épouvante le manuël le pedestre et celuy d'appel

D a quoy sert Celui D'appel

R pour avoir du secour lors qu'on est en danger

D quel est il

R le voicy et l'on crie amoy les Enfans de la veuve

D pour quoy vous dites vous Enfans de la veuve

R parce que nous regardions hiram comme notre pere et par concequent sa veuve comme notre mere.

D si vous aviez perdu un de vos maitres ou le trouveriez vous

R Entre l'equerre et le compas

D (pourquoy)

R parcequ'un bon maçon ne peut s'égarer entre ses deux attributs.

D Comment s'appelle un maçon

R Gabaon

D Comment s'appelle le premier fils d'un maçon

R Luffeton

D Comment s'appelle le second

R Desiré.

D Quels privileges ont ils

R D'etre reçu maçon avant l'âge competant et devant les plus grands potentats sil sen trouvoient

D ou se tiennent les maitres

R par tout.

D pourquoy

R pour veiller sur les ouvriers

D quelle hauteur a la porte du temple

R si basse qu'un prophane ne peut y entrer et assez haute pour qu'un parfait maçon y entre facilement

D Donnez moy le dernier point de la maçonnerie.

R je le garde et je le cache

D ou le gardez vous

R Dans mon coeur

D ou le cachez vous

R dans une boete ovalle dont les clefs sonts D'yvoire

D Quel est le mot de passe

R G [hiéroglyphe de Giblin].

D Ne cachez vous rien de plus

R une langue pure et sincere qui ne peut dire que du bien de tous mes freres.

 fin de l'instruction de la maitrise

Document Communiqué par notre Frère Jean Van WIN

 

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