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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 23:24


1 Elu de la Terre Sainte, 2 Maitre en Israël, 3 Chevalier d'Athènes, 4 Chevalier de l'harmonie, 5 Le grand prêtre, 6  L'étoile polaire, 7 Le vicomte du midi, 8 Patriarche, 9 Le chevalier de l'aigle blanc, 10 Le sage de la Grèce, 11 Le prophète martyr, 12 Lévite écossais, 13 L'écossais des petits appartements, 14 Le chevalier écossais de la gerbe d'or, 15 L'écossais d'Hiram, 16 L'écossais de Prusse, 17 L'écossais de l'académie d'Ecosse, 18 L'écossais des fils ainés, 19 L'écossais d'Angers, 20 Le vrai maitre de loge, 21 Le grand maitre de l'Ordre, 22 Ecossais de Saint André ou écossisme allemand, 23 Philosophie, 24 Adepte moderne, 25 Les chevaliers petits philosophes, 26 Clavicule hermétique, 27 Le chevalier du phénix dit le grand voyageur, 28 Grand élu maçon ou Templier de Saint Georges, 29 Ecossais d'Alcédani, 30 Elu suprême qui a rapport au tabernacle.   

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 13:44

En France, où rien n'est jamais simple, la situation de la maçonnerie, à l'aube du XIX° siècle, était particulièrement complexe.

Après la mort du comte de Clermont (16 juin 1771), cinquième Grand Maître de la "Grande Loge de Paris, dite de France", un schisme divisa la franc-maçonnerie française.

Le Grand-Orient de France avait été fondé en 1773 par une assemblée de députés des loges de Paris et des provinces réunis en "Grande Loge Nationale" sous la direction énergique du duc de Montmorency-Luxembourg. Après l'adoption, le 26 juin de cette année-là, de nouveaux statuts qui prévoyaient, entre autres, l'amovibilité des maîtres de loge, le duc de Chartres, cousin du Roi, fut installé le 22 octobre. Mais la Grande Loge Nationale n'avait pu rallier à ses vues tous les maîtres de loges parisiens dont certains étaient, on peut les comprendre, très attachés à l'inamovibilité de leur fonction, privilège que voulait supprimer la jeune obédience. Les rebelles se constituèrent donc en "Très Respectable Grande Loge de France", ou plutôt affirmèrent continuer la Grande Loge, laquelle souvent se qualifia de "Grand-Orient de Clermont", voire "seul grand et unique Grand-Orient de France». Le 10 septembre 1773, elle annonça la liste de ses Grands Officiers, ne reconnaissant pour Grand Maître que le défunt comte de Clermont et pour administrateur-général le duc de Montmorency-Luxembourg, lequel ne put que protester contre l'abus fait de son nom.

Schisme donc, lequel dura jusqu'en 1799, sans cependant que diffèrent les rituels et les grades pratiqués. Cette maçonnerie-là était bien "française", c'est à dire "moderne", dans la droite ligne de l'héritage britannique quoique accommodée à l'imagination latine, et ce depuis les premières divulgations parisiennes. Prenons garde d'y voir l'équivalent du schisme anglais, anciens contre modernes, qui faisait rage de l'autre côté de la Manche, moins encore de cette fracture toujours béante qui sépare aujourd'hui maçonneries "libérale" et, si l'on veut, "dogmatique". La différence était surtout sociologique : la Grande Loge était parisienne, roturière et bourgeoise, le Grand-Orient national, aristocratique et de bon ton, dans ses cercles dirigeants tout au moins.

Les deux obédiences firent preuve d'un grand libéralisme en matière de rituels, qu'ils fussent pratiqués dans les loges bleues ou les chapitres. Le Grand-Orient passa un traité d'alliance avec les directoires du Rite Ecossais Rectifié en 1776, leur laissant le contrôle de leurs loges, et, en 1781, avec la loge parisienne de Saint-Jean d'Ecosse du Contrat Social, Mère-Loge pour la France du Rite Ecossais Philosophique, à qui il laissa faculté d'affilier à ses hauts-grades les loges qui le désireraient.

Le Grand-Orient n'en constitua pas moins, le 18 janvier 1782, une "Chambre des Grades" qui, en un louable effort, élabora un Rite « du Grand-Orient », plus tard dénommé Rite Français, qui fut adopté en Assemblée Générale au début de l'année 1786. Les trois grades bleus furent alors codifiés, mais ils ne seront édités collectivement qu'en 1801, en un recueil de trois cahiers, pour le vénérable et les deux surveillants, intitulé « Le Régulateur du Maçon ».

L'avant-propos du rituel de 1786 souligne la volonté de la chambre des grades de codifier un ensemble rituel unique à l'usage des loges de l'obédience :

Un autre point non moins important est l'uniformité depuis longtemps désirée, dans la manière de procéder à l'initiation. Animé de ces principes, le G\O\ de France, s'est enfin occupé de la rédaction d'un protocole d'initiation aux trois premiers grades, ou grades symboliques. Il a cru devoir ramener la maçonnerie à ces usages anciens que quelque novateurs ont essaÿé d'altérer, et d'établir ces premières et importantes initiations dans leur authentique et respectable pureté. Les loges de sa correspondance doivent donc s'y conformer de point en point...

En outre, le Grand-Orient reconnaissait cinq "Ordres" supérieurs, gérés par un Grand Chapitre Général de France que le Grand-Orient s'incorpora en 1786 ou 1787. Les quatre premiers "Ordres", Elu, Ecossais, Chevalier d'Orient et Rose-Croix, reprenaient les degrés supérieurs apparus dans les années 1740-1760 à la fécondité sans pareille. Le cinquième, de même, "comprenait tous les grades physiques et métaphysiques de tous les systèmes particulièrement ceux adoptés par des associations maçonniques en vigueur". En clair tous les grades supérieurs au Rose-Croix étaient réunis dans ce 5e Ordre, le Kadosch excepté qui avait été reconnu "faux, fanatique et détestable" en 1766.

Le Grand-Orient, soit en son Grand Chapitre soit par ses traités d'alliance avec les directoires Ecossais Rectifiés et la loge-mère du Contrat Social, se voulait donc le dépositaire et le gardien de tous les grades "Ecossais" pratiqués à Paris et en province. Le cinquième Ordre devait se réunir le premier mardi de chaque mois mais on ne sait s'il le fit jamais. Certains le croient et pensent qu'il travaillait au grade de Chevalier du Soleil.

La révolution passa par-là, qui donna aux frères d'autres préoccupations que de maçonner à l'unisson. Après la tourmente terroriste, le Grand-Orient reprit ses travaux en 1796 sous l'impulsion d'Alexandre-Louis Roëttiers de Montaleau (1748-1808) qui refusa la succession du duc d'Orléans, lequel avait renié l'ordre dès février 1793 et fut guillotiné le 3 novembre de la même année. Devenu "Grand Vénérable", Roëttiers eut à cœur, non seulement la résurrection du Grand-Orient, mais aussi la réunion des deux grands corps maçonniques d'avant la révolution. Il y réussit par le concordat d'union, signé par des commissaires des deux obédiences le 21 mai 1799, puis sanctionné par le Grand-Orient le 23 mai et par la Grande Loge dans une assemblée extraordinaire le 9 juin. La réunion des deux G.O. de France fut consommée dans l'allégresse le 22 juin 1799.

1.1 La résistance écossaise

Quelques loges « Ecossaises » ne partageaient pas ce bel enthousiasme.

La résistance s'incarna en un homme, Antoine-Firmin Abraham (1753-1818), « chevalier de tous les Ordres maçonniques ». Né à Montreuil-sur-mer le 3 septembre 1753, premier commis de la marine et secrétaire de La Fidèle Union à Morlaix, créateur de la loge Les Elèves de Minerve le 1er février 1802, « il fut le premier qui eut le courage en France d'arborer l'étendard de l'Ecossisme ».

De 1800 à 1802, il fit paraître le « Miroir de la Vérité, dédié à tous les Maçons », en quatre volumes dont le contenu est énuméré dans la bibliographie de Fesch. Le 3ème volume contient la plupart de ses écrits sur l'écossisme : Première circulaire à tous les Maç\ Ecoss\ en France - Circulaire de la R\ L\ de la Parfaite Union, O\ de Douay et sa profession de foi sur l'Ecoss\- Motifs du traité d'union entre le G\ O\ de France et les directoires français - Réflexions sur l'existence du soi-disant G\ Chap\ Général de France...

Abraham ne mâchait pas ses mots : sa condamnation du Rite Français était sans appel. Dans sa « Circulaire aux Maçons Ecossais » (juin 1802), il écrivait notamment :

Les hauts-grade, en France, ne ressemblent en rien à ceux reconnus dans l'Allemagne, la Russie, la Prusse, la Suède, le Danemark, les Etats-Unis d'Amérique, l'Angleterre, l'Irlande et l'Ecosses ; le Rhin et les mers sont devenus, pour les Francs-Maçons, ce que le Styx fut pour les anciens, la séparation des vivants et des morts... Je vous invite vivement à notifier au Grand-Orient de France, de concert avec les maçons Ecossais, votre ferme et inébranlable résolution de conserver, dans votre atelier, ce Rit précieux en ce qui concerne les hauts-grades » (Miroir de la Vérité, Tome III : 64-67, cité par Lantoine, II, 135).

La diatribe mérite qu'on s'y arrête. En effet, que dit-elle sinon que les hauts-grades du GODF n'étaient pas ceux pratiqués dans les pays étrangers, contrairement aux hauts-grades « Ecossais ». Or, les degrés additionnels anglo-saxons, Royal Arch, Mark ou Knight Templar pour ne parler que d'eux, répandus en Angleterre et aux Etats-Unis, n'étaient pas les hauts-grades « Ecossais » de France !

L'Ecosse connaissait certes l'Ordre d'Hérédom de Kilwinning, implanté en France à Rouen et Paris avant la révolution, mais elle ignorait tout des innovations « Ecossaises ». Les pays germaniques avaient vu l'essor des Ordres templiers issus de la Stricte Observance, revus par Eckleff en Suède, Zinnendorf en Prusse et Willermoz à Lyon. Certains grades « Ecossais », le Rose-Croix notamment, étaient connus outre-manche mais ils ne différaient guère de leur homologue du Grand-Orient. Bref, Abraham se trompait de cible.

La question se pose, légitime : qu'étaient ces loges « Ecossaises » sinon des loges conférant des hauts-grades ? Connaissaient-elles une forme particulière de grades bleus, c'est à dire une méthode spécifique d'amener les impétrants à la maîtrise qui les différencie des loges classiques du temps ? Certes, dans les pays de langue anglaise cohabitaient, plutôt mal, deux traditions, celle de la Grande Loge de 1717, dite des « Modernes », et celle de la Grande Loge « selon les anciennes constitutions », fondée en 1751 à Londres par des maçons irlandais. Si on peut, par analogie, parler à leur sujet de « Rite ancien » et de « Rite moderne », ce serait une faute d'extrapoler cette situation au continent. « Ecossais » et « ancien » n'étaient pas synonymes, pas plus d'ailleurs que « Français » et « moderne » ! Cela dit, l'influence « ancienne » était inexistante en France et tous les rituels continentaux du XVIII° siècle, qu'ils se disent « Ecossais » ou non, se rattachaient peu ou prou à la tradition « moderne », sans cependant la copier servilement.

1.2 Rite Moderne et Rite Ancien

Pendant plusieurs décennies, la « première » Grande Loge fondée à Londres en 1717 fit la loi en Angleterre. C'est à elle que l'on doit la tripartition des grades et l'introduction de la légende d'Hiram, véritables landmarks sans laquelle il ne peut y avoir de franc-maçonnerie. Ses rituels ne sont connus que par des divulgations, dont la plus essentielle reste le « Masonry dissected » de Samuel Prichard (1730). Lorsque la maçonnerie fut introduite en France, les premiers adeptes de ce qui devait devenir la Grande Loge de France en adoptèrent tout naturellement les usages avant de les adapter et de les développer selon leur sensibilité propre. Ils en gardèrent l'essentiel, qui reste aujourd'hui la base même du Rite Français :

Les deux surveillants sont placés à l'ouest de la loge

Le ternaire Soleil-Lune-Vénérable sont les trois grandes lumières de la franc-maçonnerie, représentées par les trois chandeliers d'angle placés autour du tableau de la loge.

La loge est supportée par trois colonnes (Sagesse-Force-Beauté)

Les « mots » J ... et B... sont ceux respectivement des 1er et 2ème grades

Au 3ème grade, « l'ancien mot de maître », Jéhovah, n'est pas « perdu » mais seulement remplacé par un mot de circonstance, M... B... La clef du grade est l'expérience mystique que connaît le néophyte lorsqu'il est couché dans la tombe qui porte le nom du Très-Haut.

En 1751 fut instituée, à Londres toujours, la « Très Ancienne et Honorable Fraternité des Maçons Francs et Accepté », dont les membres étaient pour la plupart d'origine irlandaise. Cette innovation vint rompre la belle unité britannique, d'autant que les Grandes Loges d'Irlande et d'Ecosse la reconnurent bientôt la jeune obédience comme seule régulière, car seule fidèle aux « anciens usages ». De fait, leur bouillant Grand Secrétaire, Laurence Dermott, n'eut de cesse qu'il n'ait dénoncé les « déviations » de la première Grande Loge, leur reprochant pêle-mêle d'avoir simplifié et déchristianisé les rituels, omis les prières, inversé les mots sacrés des premier et deuxième grades, abandonné la cérémonie « secrète » d'installation d'un vénérable et, surtout, rejeté le grade de Royal Arch. Sans trop de vergogne, il qualifia de « Modern » les tenants de la plus ancienne Grande Loge, ce qui permit de nommer « Antient », ou Ancienne, sa toute récente obédience.

En 1760, une autre divulgation, les « Three Distinct Knocks... », révéla la teneur des rituels « anciens dont les différences essentielles avec le Rite moderne méritent d'être soulignées :

Le premier et le second surveillants ont chacun en main une colonne de 20 pouces, qui représentent les deux colonnes du Temple de Salomon.

Le second surveillant est placé au milieu de la colonne du midi, tandis que le premier surveillant se tient à l'ouest (ils sont en fait postés devant les portes du temple)).

Ils sont assistés par deux diacres, fonction d'origine irlandaise, l'un situé à la droite du vénérable, l'autre à la droite du premier surveillant.

Les chandeliers, toujours associés au ternaire soleil-lune-maître de la loge mais dénommés « petites lumières « (lesser Lights ), sont placés à la droite du vénérable et des surveillants.

La bible, l'équerre et le compas, placés sur l'autel devant le vénérable, sont appelés « Grandes Lumières de (ou plutôt « dans ») la Maçonnerie ».

Les mots sacrés sont B... au 1er grade et J... au 2ème.

L'ancien mot de maître est perdu par la mort d'Hiram car il faut être trois pour le prononcer (c'est la fameuse « règle de trois » déjà évoquée dans les premiers catéchismes britanniques). Salomon et le roi de Tyr ne peuvent donc plus le communiquer aux nouveaux maîtres qui doivent se contenter d'un mot de substitution.

La France, à l'époque, ne connut rien de ces développements et continua, comme par le passé, à ne pratiquer que le Rite moderne, embelli, augmenté, enrichi certes, mais fondamentalement identique à lui-même. L'écossisme que prônait Abraham n'était finalement rien d'autre, pour les grades bleus, qu'un avatar du Rite moderne de Prichard.

 

Rite moderne

Rite ancien

Mots de passe

Communiqués durant la cérémonie, avec les autres « secrets ».

Communiqués au candidat avant l'entrée dans la loge.

Disposition des colonnes

J au nord-ouest, B au sud-ouest

B au sud-ouest, J au nord-ouest

Mots sacrés

J au 1er grade, B au 2ème grade

B au 1er grade, J au 2ème grade

Disposition des surveillants

Tous deux à l'ouest, le 1er au sud, le 2ème au nord

Le 1er à l'ouest, le 2ème au sud

Diacres

Absents

Présents

Grandes Lumières

Soleil, lune, maître de la loge

Bible, équerre, compas

« Ancien » mot du maître

Substitué mais connu

Substitué car perdu (règle de trois)

Fig. 1 : Comparaison des rites moderne et ancien


1.3 L'anathème du Grand-Orient

Abraham ne manquait pas de partisans. Outre sa loge, les Elèves de Minerve , et celle de La Parfaite Union de Douai, il pouvait compter sur l'appui de la Mère-Loge Ecossaise de Marseille qui n'avait jamais reconnu l'autorité du GODF, du chapitre provincial d'Hérédom de Kilwinning, fondé à Rouen en 1786, et de quelques loges, telle La Réunion des Etrangers à Paris, fondée en 1784 par un maçon danois. Le mouvement prit suffisamment d'ampleur pour que le GODF décide, le 12 novembre 1802, de formuler un arrêté déclarant irrégulières les loges professant des Rites étrangers à ceux reconnus par lui et défendant aux loges de sa juridiction de leur donner asile et de communiquer avec elles sous peine d'être rayées de ses tableaux. Cet arrêté appela la protestation de la Parfaite Union de Douai (18 décembre 1802) et celle (21 février 1803) de la Réunion des Etrangers qui se déclara choquée d'avoir été taxée d'irrégularité « sur sa persévérance à conserver le titre de Loge Ecossaise ».

Elle l'avait pris dès 1788 et repris lors de son réveil.... Les principaux officiers du G.O y étaient accueillis avec tous les honneurs consacrés par l'usage, et jamais ils n'ont témoigné la moindre peine de voir le Vivat de leurs remercîments couvert par le Houzay Ecossais. La R\ L\, persuadée que l'humeur ou le caprice de quelques officiers du G\ O\ ne peut changer la nature et l'essence des choses ; que l'Ecossisme est le seul Rit qui ait conservé dans toute leur pureté les principes et les Statuts qui nous ont été transmis de la Montagne Sainte qui est indubitablement le berceau de notre Ordre ; que les autres Rits n'en sont que des déviations plus ou moins éloignées... a pris le parti qui lui convenoit, et qu'elle a dû prendre, celui de se procurer le droit incontestable de rester L\ Ecossaise » (Gout, 1985 : 31).

Mais cela ne nous apprend pas en quoi cette maçonnerie « Ecossaise » différait de celle du Grand-Orient. Il ne suffit pas de fulminer un anathème. Encore faut-il qu'il repose sur des faits précis. Force est de constater que nous restons sur notre faim car aucun des protagonistes de l'époque n'apporte d'éléments substantiels au débat. Constater que le Houzay remplaçait dans les loges Ecossaises le Vivat français peut paraître insuffisant et l'évocation de la montagne (imaginaire) d'Hérédom, « berceau indubitable de l'Ordre », ne peut raisonnablement être considéré comme un véritable casus belli. En-dehors de toutes considérations proprement rituelles, les différences essentielles résidaient dans le refus d'utiliser les rituels rédigés par le GODF et dans les prérogatives accordées aux détenteurs des hauts-grades Ecossais. L'usage ne datait pas d'hier et les « Règlements généraux » établis en 1743 « pour servir de règle à toutes les loges du royaume » évoquaient déjà, pour les réfuter d'ailleurs, les prétentions et prérogatives des Maîtres Ecossais. L'usage s'en était cependant largement répandu. Ce qui permit à Gout d'écrire :

Une loge Ecossaise, c'était en effet une loge bleue restée fidèle aux rituels des degrés symboliques antérieurs à l'instauration du Rite Français, uns loge au sein de laquelle les Frères revêtus des hauts-grades recevaient des honneurs particuliers ; et qui, en général, croyaient observer les usages de l'ancienne maçonnerie d'Ecosse.

On pourrait ajouter à cette description la conviction, déjà affirmée dans le discours du chevalier Ramsay (1686-1743) et reprise par la plupart des systèmes de hauts-grades continentaux, que l'origine de la Franc-maçonnerie devait se chercher au temps des croisades et non chez les opératifs des siècles passés.

1.4 Le Rite Ecossais Philosophique

Les adversaires du Rite Français ne constituaient pas un corps homogène et rien ne permet d'affirmer que leurs loges pratiquaient un rituel uniforme. Il suffit d'ailleurs de constater que certains des composants de cette mouvance, l'Ordre d'Heredom de Kilwinning notamment, étaient eux-mêmes des organismes de hauts-grades, sans rituel bleu défini. Le Rite Ecossais Philosophique (REP), pratiqué par certains, était probablement ce qui ressemblait le plus à un Rite aux contours reconnaissables.

D'origine avignonnaise, voire marseillaise, apparu vers 1774, ce Rite était celui de la loge parisienne de Saint Jean du Contrat Social créée en 1770 et travaillant selon les rituels d'Avignon depuis 1776. Elle avait, en 1781, négocié avec le GODF un concordat qui lui accordait le droit de créer des ateliers supérieurs de son Rite en France et des loges bleues à l'étranger. Bien que la loge soit tombée en sommeil durant la révolution, son Rite s'était maintenu dans quelques loges de France et notamment dans la Parfaite Union de Douai qui le pratiquait depuis 1784.

Les rituels du REP sont connus. La bibliothèque du Suprême Conseil pour la Belgique en conserve plusieurs exemplaires, identiques à ceux publiés il y a 20 ans par R.Désaguliers, provenant de la loge d'Avignon, Saint Jean de la Vertu persécutée.

Leur lecture montre que ces rituels ne différaient guère de ceux en usage dans les loges françaises du temps. Les « instructions » d'Avignon et du Régulateur ne diffèrent que par la présentation et l'ordre des questions-réponses.

J'en reprendrai les éléments principaux

Les officiers sont disposés selon l'usage « moderne » : le vénérable à l'Orient, le 1er surveillant au Sud-Ouest devant la colonne B, le 2ème surveillant au Nord-Ouest devant la colonne J.

Les mots sacrés sont « J... » au 1er grade, « B... » au 2ème grade et « M... »  au 3ème grade. L'inversion des mots décidée par la Grande Loge des Modernes en 1730 (ou 1739) était respectée, comme elle le sera dans toutes les loges françaises au XVIII° siècle, y compris dans les loges « écossaises ».

Les trois grandes lumières sont le soleil, la lune et le maître de la loge.

Les mots de passe, communiqués pendant la cérémonie, sont « Tub... » au 1er grade, « Schi ... » au 2ème grades et « Gib... » au 3ème grade.

Les voyages du candidat au 1er grade sont marqués par les purifications par l'eau et le feu.

La lettre G, dévoilée au 2ème grade, signifie « Gloire à Dieu, Grandeur au Vén\ et Géométrie à tous les Maçons ». Elle désigne le Grand Architecte de l'Univers.

Point essentiel, la version de la légende d'Hiram est celle qui était en usage en France depuis l'introduction du grade de maître : l'ancien Mot de Maître, Jehova, n'est pas perdu lors de la disparition de l'architecte. Il est seulement remplacé par un mot de substitution M...B ... Ceci est un élément fondamental car le Rite des « Anciens » affirmait au contraire que seuls trois le connaissaient. La mort d'Hiram empêchait qu'il fût encore communiqué et le choix d'un mot de substitution devenait ainsi bien plus qu'une marque de prudence.

Si Rite Ecossais et Rite Français étaient foncièrement identiques, il nous faut cependant souligner une différence conséquente : la disposition des grands chandeliers autour du tapis de la loge, décrite par les Règlements généraux de la Respectable mère Loge Saint Jean d'Ecosse de la Vertu persécutée, à l'Orient d'Avignon », datés de 1774, cités par René Désaguliers dans son article essentiel de 1983.

Au milieu du Temple et sur le pavé, séra tracé avec de la craïe, le tableau connu de tout Maçon. Il y aura trois grands chandelliers portant chacun un flambeau : placés, l'un au coin du tableau, entre l'Orient et le midi ; les deux autres à l'Occident, l'un entre le midi & l'Oüest, l'autre entre l'Oüest & le Nord.

Or cette disposition, SE-SO-NO, qui nous paraît familière puisque c'est celle du Rite Moderne Belge, n'était pas celle des premières loges françaises. Les « tableaux » illustrant les premières divulgations et les gravures célèbres de Lebas montrent invariablement les chandeliers aux angles NE-SE-SO. Dans la confession de John Coustos aux inquisiteurs portugais, en 1743, nous lisons que le vénérable maître, siégeant à l'Est, était flanqué de deux bougies tandis qu'une troisième brillait à l'Ouest auprès de deux surveillants, disposition confirmée par les divulgations françaises, à condition de bien les lire :

Dans les Loges régulières & bien achalandées, ces Chandeliers hauts comme des Chandeliers d'Autel, sont communément de forme triangulaire & décorés des attributs de la Maçonnerie. Les quatre points Cardinaux marqués sur le Dessein règlent la place des trois Cierges, du Grand Maître & des deux surveillants. On met une de ces lumières à l'Orient, l'autre au Midi, & la troisième à l'Occident. Le Grand-Maître se place à l'Orient, entre la lumière d'Orient & celle du Midi.

Les loges du GODF avaient conservé cette disposition comme le montrent les illustrations du « Régulateur du Maçon » (1801) : la loge d'apprenti y est éclairée par trois bougies portées par trois grands chandeliers triangulaires placés aux angles N.E., S.E. et S.O. Il s'agit là d'un autre exemple de la fidélité du « Rite Français » aux traditions de la Grande Loge anglaise dite des Modernes puisque cette disposition était celle des « nouvelles loges selon les instructions de Désaguliers », selon un texte fondamental anglais du début du siècle précédent. Les loges françaises suivaient ainsi la coutume de la maçonnerie dite plus tard « moderne », celle de la Grande Loge de 1717.

La signification de ces lumières était donnée par Prichard qui, dans son « Masonry dissected » de 1730, écrivait :

Q. Have you any Lights in your Lodge ? A. Yes, Three.
Q. What do they represent ? A. Sun, Moon and Master-Mason.
N.B. These Lights are three large Candles placed on high Candlesticks (my italics).
Q. Why so ? A. Sun to rule the Day, Moon the Night, and Master-Mason his Lodge.

Les rituels français avaient fait un pas de plus en les dénommant « Grandes Lumières »

Que vîtes-vous lorsque vous fûtes reçu maçon ?
Trois Grandes Lumières disposées en équerre, l'une à l'Orient, l'autre à l'Occident et la troisième au Midi.
Que signifient ces trois Grandes Lumières ?
Le soleil, la lune et le maître de la loge.

Si la loge anglaise était éclairée par trois lumières, elle était supportée par trois « piliers », Sagesse, Force et Beauté, représentées par le vénérable maître et les deux surveillants. Les deux Grandes Loges « Moderne » et « Ancienne » étaient, pour une fois, d'accord sur ce point. Les divulgations des années 1760 (The Three distinct Knocks Or the Door of the most Antient Free-Masonry [...]) et de 1762 ( Jachin and Boaz or an authentic key to the door of Free-Masonry [....]) rapportaient le même dialogue :

Mas. What supports your Lodge ?
Ans. Three great Pillars.
Mas. What are their Names ?
Ans. Wisdom, Strength and Beauty.
Mas. Who doth the Pillar of Wisdom represent ?
Ans. The Master in the East.
Mas. Who doth the Pillar of Strength represent ?
Ans. The Senior Warden [in the West].
Mas. Who doth the Pillar of Beauty represent ?
Ans. The Junior Warden [in the South].

Les premières divulgations françaises allaient plus loin et affirmaient l'assimilation de ces « piliers » aux colonnes J et B du temple de Salomon (« pillar » se traduit indifféremment par colonne ou pilier, alors qu'en français, colonne désigne un support de forme circulaire, pilier désignant un support de forme quelconque). Lorsqu'il décrit le tableau de la loge, le « Nouveau Catéchisme des Francs-Maçons » (p.41) est très explicite :

Au dessous [de la fenêtre d'Orient], où ils supposent  un troisième Pilier, Beauté. Sur l'une des deux Colonnes réelles, Force & un grand J. qui veut dire JaKhin, & sur l'autre Sagesse & un grand B. qui veut dire Booz, & dans le centre de l'Etoile Flamboyante paroit un grand G.

 

Légende : tableau de la loge d'apprenti-compagnon du « Nouveau catéchisme des Francs-Maçons » de 1749. Remarquons l'emplacement des flambeaux-lumières marqués par des macarons.

Oublions la disposition variable, et parfois fantaisiste, de Sagesse, Force et Beauté. L'important est l'assimilation des « supports » de la loge aux deux colonnes J et B du temple de Salomon et leur association très forte aux deux surveillants. Le rituel de compagnon (1767) de la loge du marquis de Gages, La Vraie et Parfaite Harmonie à l'orient de Mons ne disait rien d'autre :

La colonne des apprentis porte les lettres J-F pour Jakin et Force ; la colonne des compagnons les lettres B-B pour Boaz et Beauté.

D'où le schéma suivant :

 

Fig. 2 : Disposition de la loge française


En résumé, la loge française:
- est supportée par trois colonnes, Sagesse-Force-Beauté, dont deux ne sont autres que les colonnes, J et B, du temple de Salomon, auxquelles sont associées les Surveillants, la troisième, imaginaire, l'étant au Maître de la loge ;
- elle est éclairée par trois lumières disposées en équerre aux angles de la loge : le soleil, la lune et le Maître de la loge.

Le déplacement des lumières dans la loge avignonnaise modifiait radicalement la géographie de la loge et les associations symboliques qu'elle recelait. En effet, l'article suivant des Règlements généraux stipulait:

Toute assemblée de Maçons sera appelée Loge et sera présidée par un frère qu'on nommera Vénérable, et par deux autres frères qu'on appellera Surveillants qui représentent les Trois Lumières ou les Trois Colonnes de la Loge, laquelle aura encore pour Officiers un Orateur, un Secrétaire, un trésorier, un garde des Timbres et Sceaux, deux Maîtres des Cérémonies, un Maître Ordonnateur des Banquets et deux Infirmiers et Aumôniers (souligné par moi).

Alors que les colonnes et les lumières constituent deux ternaires distincts dans la loge Française, ils sont ici fondus en un ensemble unique réunissant les trois officiers principaux, les chandeliers et les supports de la loge, ensemble illustré par la disposition nouvelle des chandeliers d'angle. Tout naturellement, les colonnes J et B en perdront leur fonction de support de la loge.

L'instruction du grade d'apprenti du Rite Ecossais Philosophique contient en germe l'annonce de cette fusion :

D : Qu'avez-vous vu quand on vous a donné la Lumière ?
R : Trois grandes lumières ; le Soleil, la Lune & le Vén
\ ...
D : N'avez-vous point vu d'autres Lumières ?
R : Trois grands flambeaux qui représentent le Vén
\ et les Surv\

Ceci permit à R. Désaguliers d'écrire en 1983 :

C'est à mon sens, cette disposition des chandeliers-colonnes autour du tapis-carré long et leur association étroite avec le Vénérable et les deux Surveillants qui fonda le « Rite Ecossais » pour les trois premiers grades.

Concluons rapidement :

Dans une loge Ecossaise,
- le Vénérable Maître et les deux Surveillants sont à la fois lumières (les grands chandeliers) et colonnes (Sagesse-Force-Beauté, supports de la loge),
- les trois grands chandeliers, par un glissement sémantique bien compréhensible, deviennent donc aussi les trois piliers-supports de la loge,
- les deux colonnes J et B perdent leur signification originelle pour n'être plus que les colonnes des apprentis et des compagnons,
- le ternaire traditionnel, Soleil-Lune-Vénérable Maître, est maintenu mais son association aux chandeliers a disparu.

 

Fig. 3 : Disposition de la loge Ecossaise


Le tout peut être résumé par une grille assez simple :

 

Rite Français

Rite Ecossais

Disposition des colonnes

J au NO, B au SO

J au NO, B au SO

Disposition des surveillants

J au NO, B au SO

J au NO, B au SO

Disposition des lumières (flambeaux d'angle)

NE, SE, SO

SE, SO, NO

Acclamation

Vivat, Vivat, Vivat

Houzey, Houzey, Houzey

Grandes lumières

Soleil, lune, maître de la loge

Soleil, lune, maître de la loge

Fig. 4 : Comparaison des rites Français et Ecossais


La seule différence significative est la fusion, au Rite Ecossais, des colonnes et des lumières, fusion induite par leur déplacement aux mêmes angles que les colonnes.

Rien dans tout cela ne justifie la condamnation d'Abraham. La maçonnerie « Ecossaise » différait peut être de la maçonnerie française classique, mais pas d'une façon aussi radicale que le prétendait le chantre de l'écossisme. Toutes deux relevaient de l'influence du « Rite Moderne » introduit en France avec l'Ordre maçonnique mais adapté aux sensibilités locales. Le point de rupture ne se trouvait pas dans les rituels des grades bleus mais bien dans le désir de conférer, comme par le passé, les hauts-grades dans les loges et le refus de l'autorité « dogmatique » du Grand-Orient. Il n'est pas exagéré, me semble-t-il, d'avancer que la résistance des loges Ecossaises fut provoquée par la volonté centralisatrice du GODF et non par l'abandon d'une certaine tradition initiatique imaginaire.

Quoiqu'il en soit l'ostracisme du Grand-Orient prépara le terreau qui permit l'éclosion, en France, d'un Rite jusque là inédit, le Rite Ecossais Ancien et Accepté, car, sans l'appui inconditionnel des "Ecossais" condamnés par le Grand-Orient, les protagonistes de 1804 n'auraient pu mener leur entreprise à bien.

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 04:24

 

Il faut bien prendre conscience que le Rite Français ne s'appelle comme ça que depuis très peu de temps. Tout d'abord, l'expression Rite Français apparaît très rarement dans les documents, des vingt dernières années du 18ème siècle, et elle commence vraiment à apparaître au début du I9eme siècle. Alors pourquoi ?

 

Eh bien tout simplement parce que jusqu'à cette époque là, en France, il n'y a qu'une seule maçonnerie. Pourquoi est-ce qu'on éprouve le besoin, au début du 19ème, ou tout à fait à la fin du I8ème de dire qu'il y a le Rite Français? Tout simplement parce qu'à côté, on trouve autre chose, par exemple le Rite Ecossais Rectifié, par exemple le Rite Ecossais philosophique, par exemple au début du 19ème, le Rite de Misraïm et plus tard le rite de Memphis. C'est donc pour se distinguer des nouveaux rites, et je ne parle pas du Rite Ecossais Ancien et Acepté très tardivement arrivé, en 1804, en France en tous cas, que le Rite Français a pris son nom.

Donc ça c'est la première notion qu'il faut avoir présente à l'esprit. Le Rite Français, c'est la tradition indivise de la maçonnerie française dans tout le 18ème siècle. Les Frères au 18ème siècle ne se préoccupaient pas de savoir à quel rite on travaille dans sa loge. C'était la Maçonnerie. Et la maçonnerie, c'est ce qu'on appelle depuis la fin du 18ème siècle le Rite Français. C'est la première chose. Mais ensuite ça va encore plus loin. On va voir dans quelques instants comment on peut historiquement le définir. En réalité il résulte,  de la greffe en terre française de la Maçonnerie d'origine anglaise. La Maçonnerie spéculative est née en Angleterre, uniquement en Angleterre, rien qu'en Angleterre, nulle-part ailleurs.

Donc que se passe-t-il vers 1725 quand la Maçonnerie apparaît en France ? Ce sont des britanniques, je dis volontairement des britanniques parce qu'il y a des anglais, des écossais et même des irlandais qui viennent installer la maçonnerie en France. Leur motivation n'est pas l'envie de transmettre la maçonnerie à la France. Ils sont plutôt obligés de fuir l'Angleterre en raison d'un conflit dynastique et religieux. C'est parce que la plupart d'entre eux sont Jacobites, d'autres Hanovriens. Pendant environ une quarantaine d'années ils ne vont pas arrêter de faire l'aller et retour de part et d'autre de ce que nous appelons la Manche et que les anglais appellent le British Channel.

Et alors que font-ils à Paris ? Ils font leur maçonnerie à eux La maçonnerie qu'ils connaissent, la maçonnerie anglaise. Et d'ailleurs les français n'étaient pas les bienvenus puisque l'un des premiers à avoir exercé les fonctions de Grand Maître, le comte de Derwentwater dit : « Ecoutez, nous sommes à Paris, nous ne l'avons pas choisi, mais alors surtout, n'admettons jamais les français. Parce que si on admet les français dans la maçonnerie, ça sera la fin de tout. » Finalement on a admis les français, et ça n'a pas été la fin de tout, mais ça a été le début des ennuis, quand même. On s'aperçoit, quand on regarde les textes de cette époque jusqu'en 1751, d'une chose très simple et qu'il faut rappeler. Jusqu'en 1751, il n'existe rigoureusement aucune différence entre le rituel maçonnique anglais et le rituel maçonnique français. C'est le même. Quand on nous dit alors qu'il y a la tradition maçonnique anglaise, moi je dis, à l'instar de l'expression d'un archevêque, à la fin du l9ème siècle, disant que la France est la fille ainée de l'Eglise, la France c'est aussi la fille ainée de la maçonnerie. C'est-à-dire que la tradition maçonnique initiale de la maçonnerie spéculative s'est forgée dans les cinquante premières années du I8eme siècle à partir d'un ensemble de rituels qui étaient uniques, commun à l'Angleterre et à la France. Or le problème en Angleterre, et c'est là que ça devient très intéressant, c'est qu'en 1751 apparaît un événement fondamental dans l'histoire de maçonnique anglaise ; l'apparition d'une deuxième Grande Loge. Une deuxième grande loge rivale de la première, et qui va s'appeler la Grande Loge des Anciens. Pendant soixante ans, les deux vont être en conflit. En 1813, ces deux Grandes Loges vont fusionner pour donner l'actuelle Grande Loge dite Unie, à cause de l'union des deux Grandes Loges d'Angleterre. Elles vont alors mettre au point un rituel dit de l'union. Or pour des raisons complexes qu'on ne va pas examiner aujourd'hui, quand elles ont mis au point le rituel de l'union, c'est le rituel des anciens qui, sur l'essentiel, l'a emporté. Sur beaucoup de points, pas sur tous. De sorte que la tradition maçonnique anglaise initiale, à partir de ce moment là, est présente où? Elle n'est plus présente en Angleterre, elle n'est plus présente que dans le Rite Français qui en est l'héritier direct.

 C'est ça qu'il faut bien comprendre. C'est que la tradition du Rite Français, c'est l'héritage de la première maçonnerie spéculative franco-anglaise qui n'existe plus en Angleterre. Elle a trouvé sa filiation et son refuge dans le Rite Français. C'est donc une responsabilité énorme que celle du Rite Français puisqu'à travers ce rite, on véhicule les traditions les plus anciennes de la Franc-maçonnerie spéculative.

Pour poursuivre sur ce point des origines historiques et traditionnelles, je voudrais insister sur deux aspects :

Le premier, c'est qu'il n'existe pas de rituel de référence du Rite Français au 18ème siècle. Parce qu'il n'existe pas au I8ème siècle de rituel de référence d'aucun rite. A cette époque-là, le rituel maçonnique n'est pas du tout fixé comme nous, nous l'entendons, un texte dactylographié, et puis on suit ligne par ligne, et tout est écrit. Le rituel dont dispose un vénérable de l'époque est court il ne faut pas que ce soit trop long, parce qu'il n'y a pas de photocopieuse ni de machine à écrire et encore moins d'ordinateur, et qu'il faut tout copier à la main. Donc le souci que l'on a c'est que ça soit le plus court possible. Qu'est ce qu'un vénérable de 1750 a sous les yeux ? Nous en avons des exemplaires. Ce sont des petits livrets généralement. Le rituel dit, par exemple pour ouvrir la loge, « en loge mes Frères ». Ensuite le vénérable fera quelques demandes et réponses du catéchisme. Donc on choisit dans les instructions, quelques demandes et réponses, puis le vénérable dira, « mes Frères la loge est ouverte ». C'est tout. Rituel d'ouverture de 1745. On pourrait multiplier les exemples. Ce que l'on voit, c'est que, au fur et à mesure que le temps passe, il y a une tendance à écrire de plus en plus précisément les textes. Il y a donc une tendance à les faire de plus en plus longs. Le premier rituel qu'on connaisse décrivant une initiation, au grade d'apprentif-compagnon, comme il était dit puisqu'on recevait dans le même mouvement, le même soir, en même temps apprenti et compagnon, c'est la fameuse divulgation du lieutenant de police René Hérault, la « réception d'un franc-maçon » en 1737.

 Nous nous sommes amusés un jour à le mettre en scène en chronométrant. On s'aperçoit alors que l'ouverture et la fermeture de la loge et la réception d'apprentif-compagnon, tout compris, à Paris en 1737, ça demande environ vingt minutes si on ne se presse pas trop. On ajoute simplement qu'on a laissé le candidat livré à ses réflexions pendant une heure. Si on compte cette heure dans la cérémonie, mais à mon avis ce n'était pas une heure, plus vingt minutes pour ouvrir, pour fermer et pour faire la cérémonie d'apprentif-compagnon c'était court. Mais il faut préciser qu'après se déroulaient des agapes qui, elles, duraient trois à quatre heures. Elles sont manifestement la part la plus importante de la cérémonie à cette époque. Je crois donc que ça c'est très important de le rappeler. Le Rite Français hérite des traditions maçonniques les plus anciennes le la maçonnerie spéculative franco-anglaise du début du 18ème siècle, et c'est un rite qui n'est pas fixé Verbatim. Même si pour des raisons administratives, on va de plus en plus l'écrire.  

La seule chose qu'on puisse dire, c'est qu'il existe un moyen d'identifier le Rite Français. Le moyen d'identifier le Rite Français, c'est de regarder les points communs, le nucleus constant de tous les rituels qu'on connaît avant 1750. Quand on fait ce travail-là, vous savez, c'est comme si on mettait des transparents les uns sur les autres. On finit par voir tout ce qui se superpose. Tout ce qui se superpose, c'est la structure de base. Je pense que pour définir le Rite Français, il vaut mieux raisonner comme ça, en structure symbolique fondamentale. Et là, il y a des choses qui sont absolument claires. On peut les énumérer rapidement. Il y a un vénérable à l'orient deux surveillants à l'occident. Ça c'est la première structure fondamentale de la première Grande Loge de Londres. Trois chandeliers disposés comme ils sont là, bien entendu. L'autre disposition des chandeliers, dite disposition écossaise, n'apparaît en France que vers 1760 ou 1770 au plus tôt, et a une tout autre signification, même si on dit qu'en 1751, à la mère loge écossaise de Marseille ça existait. Mais comme on n'a pas les rituels d'origine, on ne peut pas l'affirmer. Enfin le tableau au centre de la loge, et puis bien entendu l'ordre J et B des mots sacrés.

Avec ces éléments là, on a déjà le décor du rituel, les fondamentaux du Rite Français. Ensuite, pour les cérémonies, ça commence à devenir un peu plus compliqué parce qu'au départ elles sont très simples. Je vous rappelle l'initiation d'apprentif-compagnon du lieutenant de police René Hérault : le candidat a les yeux bandé, il frappe trois fois à la porte de la loge. On le reçoit, on lui fait faire trois fois le tour de la loge, sans rien lui dire, sans lui faire de leçon, sans lui poser de question. Pendant ce temps les Frères font du bruit et jettent de la poix-résine sur les chandelles pour faire des étincelles, des crépitements et effrayer le candidat. Puis ensuite, il vient à l'orient, il prête son obligation d'apprentif. On lui fait taire de nouveau trois tours, et il devient compagnon.

Ça, c'est la structure du Rite Français. Vous voyez qu'à partir de là, tout le reste est en quelque sorte une espèce d'explicitation d'un contenu fondamental très implicite. Il faut simplement que cette explicitation soit conforme aux traditions fondatrices du Rite Français, c'est-à-dire qu'on se situe dans une perspective chrétienne ouverte et œcuménique. N'oublions pas que les origines sont anglaises. C'est-à-dire dans un pays protestant qui, dès la fin du 17° siècle, a établi une paix civile sur la base d'une tolérance de toutes les confessions chrétiennes. Par conséquent c'est un christianisme qui est ouvert et on peut dire non confessionnel. 

On se réfère à une époque de l'histoire maçonnique où la vie maçonnique n'était pas réglée par des textes administratifs visés par une autorité centrale. Ça n'existait pas. D'ailleurs. Louis de Clermont, Grand Maître de 1743 à 1771 ne s'est jamais appelé Grand Maître de la Grande loge de France. L'obédience s'appelait Grande Loge de France, Louis de Clermont était appelé Grand Maître de toutes les loges régulières du royaume, ce qui n'a absolument pas la même signification. La seule chose qu'on demandait à la Grande Loge c'était d'envoyer un diplôme pour dire : vous avez le droit de travailler. Et ils se fichaient complètement de savoir ce que les loges pouvaient faire.

Donc c'est aussi à l'image de la France de l'ancien régime, encore une fois l'histoire d'une institution singulière comme la maçonnerie, ne doit jamais être séparée de l'histoire générale, et ça c'est un péché de certains historiens de la maçonnerie de considérer que la maçonnerie est dans une bulle. Elle est dans une vie sociale, une histoire sociale. Et l'histoire de l'ancien régime, c'est quoi ? C'est la décentralisation jusqu'à ratomisation, personne n'est responsable de rien et tout le monde est responsable de tout. Le pouvoir central n'existe quasiment pas. Eh bien la maçonnerie se constitue à cette image. Bien entendu, cette façon de faire est pleine d'inconvénients.

 Mais ce qui est intéressant dans le Rite Français, c'est que justement il y a cette dimension de liberté. Elle se réfère à un moment de la maçonnerie où quand on change une virgule du rituel, la voûte étoilée ne va pas s'effondrer, mais où il y avait une structure fondamentale. Et autour de cette structure fondamentale, il y a une marge de variation qui dépend d'une tradition locale, d'une vision à un moment donné de ce que peut être la maçonnerie. C'est justement dans cette possibilité de variation autour d'une structure que réside à mon sens la richesse, le dynamisme, la vie du Rite Français.

J'en termine là-dessus. Il est très important de conserver cette idée-là parce que, ne l'oublions pas, nous sommes à travers le Rite Français les derniers détenteurs de la plus ancienne tradition de la maçonnerie spéculative.

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 00:41

 

Le duc d'Antin (1738-1743)

Arrière petit fils de la marquise de Montespan et petit fils du duc d'Antin qui exerça si longtemps la surintendance des bâtiments royaux, Louis Pardaillan de Gondrin est né en 1707, il fut l'avant dernier duc d'Antin et était gouverneur de l'Orléanais, colonel de régiment et l'un des familiers de la cour de Louis XV. C'est-à-dire qu'il était du nombre des élus reçus par le jeune roi dans les Petits Appartements.

C'est une assemblée de Grande Loge qui le nomme le 24 Juin 1738, le jour de la Saint Jean d'été, Grand Maitre des Maçons de France et successeur de Derwentwater.

On pense que le duc d'Antin fut initié à la loge d'Aubigny en 1737, par le duc de Richmond.

Sa Grande Maitrise, se termina à son décès, à trente six ans, le 9 Décembre 1743.

Le duc d'Antin est le premier Grand Maitre Français élu à vie.


Le comte de Clermont (1743-1771)

C'est le 9 Décembre 1743 que le d'Antin décéda et c'est deux jours après, le 11 Décembre 1743, que la Grande Loge s'assembla pour procéder à l'élection du comte de Clermont.

Le comte de Clermont ne fut pas le seul candidat à la succession du duc d'Antin ; il eut comme concurrents le prince de Conti et Maurice de Saxe.

C'est par seize Vénérables des loges de Paris que le comte de Clermont fut élu, ils donnaient à l'Ordre un Grand Maitre perpétuel et inamovible, prince du sang, jusqu'à son décès en 1771.

Louis de Bourbon Condé, comte de Clermont, fils de Louis XIII, prince de Condé, est né en 1709, tonsuré à 9 ans, et doté de plusieurs abbayes il obtint, en 1733, une dispense qui lui permettait de suivre la carrière des armes sans renoncer à ses bénéfices. Il fut reçu à l'Académie française en 1754 sans aucun titre littéraire.

  En 1758, ayant remplacé le maréchal de Richelieu à l'armée de Hanovre. il fit les plus grandes fautes, laissa prendre Minden et Dusseldorf, se fit battre à Crevelt, et compromit les succès de la campagne.

 II se retira dès lors dans ses domaines et ne reparut plus à la cour.

Il fut  selon Sainte Beuve, « un mélange peu relevé d'homme d'Eglise, d'homme de guerre, d'homme de plaisir, et finalement de dévot ; au demeurant fort bon homme, mais un Condé dégénéré ».  

L'installation du nouveau grand Maitre s'effectua le 27 Décembre 1743, jour de la Saint Jean l'Evangéliste.

 

Le duc de Chartres (1771- 1793)

Des le lendemain du décès du comte de Clermont arrivé le 16 Juin 1771, les maçons songèrent à la succession et estimèrent devoir offrir la Grande Maitrise au duc de Chartres futur duc d'Orléans.

Avant de prendre une décision définitive, l'assemblée de la Grande Loge se renvoya au 24 Juin, fête de l'Ordre, pour accomplir les opérations électorales. Ce fut donc le 24 Juin 1771 que le duc de Chartres fut élu Grand Maitre.

L'installation du duc de Chartres, premier Grand Maitre du Grand Orient de France eut lieu le vendredi 22 Octobre 1773 à Midi.

Le duc de Chartres est né le 13 Avril 1747 au Château de Saint Cloud. A la mort de son père il devient duc d'Orléans et premier prince du sang.

Il mène une carrière militaire, d'abord dans la marine , puis il sera nommé par Louis XVI colonel général des troupes légères.

Elu député de la noblesse aux États généraux de 1789, il s'était prononcé pour les idées nouvelles et fut du nombre des nobles qui donnèrent l'exemple de se réunir au tiers état.

Candidat à la Convention nationale en 1792, il prit le nom de Philippe Égalité et fut élu grâce au soutien de la Commune de Paris.

Il vota la mort du roi Louis XVI.

Il démissionna du Grand Orient de France en Février 1793, disant « qu'il ne doit y avoir aucun mystère ni aucune assemblée secrète dans une République, surtout au commencement de son établissement, je ne veux me mêler en rien du Grand-Orient ni des assemblées de Franc-maçons"

Arrêté le 6 avril 1793, comme "partisan" des Girondins avec lesquels il n'avait pourtant jamais eu de relations il fut guillotiné le 6 novembre 1793.



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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 14:45

Du G:.O:. de

 France, le 14°

jour du 5° mois

de l'an de la V:.

L:. cinq mil sept

 cent quatre vingt

                                                                                                                                    huit                                                                                                                                      


A  LA GLOIRE DU G:. A:. DE L'UNIVERS

AU NOM ET SOUS LES AUSPICES DU S:.G:.M:.

LA CHAMBRE D'ADMINISTRATION

DU G:.O:. DE FRANCE

A LA R:.L:. DE SAINT JEAN, SOUS LE TITRE

DISTINCTIF DE l'union parfaite

A L'O:. DE La Rochelle

SALUT, FORCE, UNION


TT:. CC:. FF:.,

Nous avons la faveur de vous prévenir que, suivant votre demande, nous avons fait mettre aujourd'hui à la messagerie, à votre adresse, un premier paquet que vous voudrez bien faire retirer : ce paquet contient une partie des Cahiers de la Collection manuscrite des trois Grades Symboliques, rédigés et approuvés par le Grand Orient ,savoir :

Le Cahier du Vénérable, pour le grade d'Apprenti,

Et les Cahiers des deux Surveillants, pour les trois grades.

Après que vous nous aurez accusé la réception de ce premier envoi, par une planche signée au moins de trois de vos Officiers, vous recevrez, par la même voie, mais sans autre avis que celui-ci, un second paquet contenant :

Les Cahiers du Vénérable, pour les grades de Compagnon et de Maitre,

Et ceux de l'Architecte Décorateur, pour les trois Grades.

La remise qui vous aura été faite de ce second paquet, nous sera connue par la planche que votre Respectable Atelier tracera, pour nous annoncer le dépôt des deux envois, ainsi qu'il aura dû l'exécuter. Nous vous invitons, Très Chers Frères à observer strictement, pour l'ouverture des paquets, ce qui vous a été recommandé par la Circulaire que vous ave reçue à ce sujet. Votre Respectable Loge est intéressée autant que nous, à écarter de ce dépôt tout œil infidèle ou profane, et à le conserver dans le secret, en prenant les précautions indiquées et prescrites.

Vous pouvez ajouter foi aux Copies que nous vous envoyons aujourd'hui, ainsi qu'à celles que vous recevrez ensuite, comme il est expliqué à l'article du second envoi ; ces copies sont conformes aux Originaux qui nous ont été confiés.

Nous sommes, avec les sentiments de la plus tendre fraternité, par les N :.M :.A :.V :.S :.C :.,

TT :.CC :.FF :.,

                                                                         Vos affectionnés et dévoués FF :.

                                                                          Les Officiers de la Ch :. D'Administration

                                                                                      Du G :.O :. De France

                                                                                           (Signatures)



Arrêté au G :.O :. De France, lieu très éclairé, très régulier et très fort où règnent l'Union, la Paix et l'Harmonie, les jour, mois et an avant dits.



Timbré et Scellé par nous,                                                   Par Mandement du

Garde des Timbres et Sceaux                                              G :.O :.

Du G :.O :. De France                                                              (signature)

(Signature)                                                                             Secrétaire Général.

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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 13:40

Imprimera t'on ou transcrira t'on les grades?

« Le Grand Orient peut-il faire imprimer un ouvrage qui  n'est pas de lui, qui lui a été transmis d'âge en âge par la tradition, un bien commun enfin qui ne doit point être altéré et qu'il doit transmettre à ses successeurs  dans le même état et de la même manière qu'il l'a reçu...

L'impression porte le caractère de la publicité, le manuscrit, au contraire, celui du mystère et du secret...

Je crois avoir suffisamment  démontré les avantages du manuscrit sur l'impression, j'ajouterai qu'il est de la délicatesse et de la dignité du Grand Orient de France de se montrer rigide observateur de lois de la maçonnerie et que ce serait les enfreindre que d'adopter un des moyens qui tendrait le plus à divulguer ses secrets »

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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 19:57

24 Juin 1784 : Le Grand Orient

« Les Vénérables Frères Orateurs ont présentés la rédaction des trois premiers grades faite par les trois chambres.

Mis en délibération s'il sera nommé ou non des commissaires pour examiner cette rédaction. Conclusion du Vénérable Frère Peyrilhe qu'il soit nommé des commissaires, conclusions adoptées.

Le Grand Orient à prié les neufs loges ci-après nommées : la Bienfaisance, les Amis réunis, la Fidélité, les Cœurs Simples de l'Etoile Polaire, la Réunion des Etrangers, la Triple Lumière, Saint Nicolas de la Parfaite Egalité, l'Amitié et le Contrat Social, de nommer chacune un député pour examiner la rédaction des grades et faire leurs observations sur des feuilles séparées sans toucher au manuscrit et ce par tiers. En conséquence, les Députés des trois premières loges feront leur travail et remettront le manuscrit, les trois autres députés ensuite etc. Il sera écrit à ces neufs loges de choisir un député dans les neuf jours ».

11 Janvier 1785 : La Chambre des Grades

« Quelques frères ayant représenté qu'il était important de terminer le travail des grades symboliques, la question a été mise en délibération et la chambre a arrêté que les autres chambres seraient invitées de se joindre à elle pour prier le Grand Orient de fixer un délai pendant lequel les commissaires chargés de l'examen de la Rédaction des trois grades symboliques seraient tenus de la terminer ; et attendu qu'ils ont été nommés le 24 Juin dernier, la chambre prie le Grand Orient de statuer qu'ils termineront leur travail dans l'espace de trois mois, après quoi ils le remettront au Grand Orient dans l'état ou il se trouvera ».

24 Juin 1785 : Le Grand Orient

«  Il a été représenté par le vénérable Frère Roettiers de Montaleau qu'un grand nombre de loges se plaignent que depuis longtemps on leur  promet les règlements ainsi que les grades symboliques, que le travail des commissaires chargés de rédiger devrait être entièrement achevé, et que les termes qui leur ont été donnés pour le mettre à sa perfection sont expirés et au-delà. Le Vénérable Frère Roettiers de Montaleau a prié le Grand Orient de prendre un parti pour donner aux loges de la correspondance la satisfaction qu'elles demandent à cet égard et qu'elles attendent avec une juste impatience ».

15 Juillet 1785 : Le Grand Orient

« Le Grand Orient s'est occupé de l'affaire pour laquelle il s'est assemblé extraordinairement concernant l »examen définitif de la rédaction des trois premiers grades ».

Les Rituels sont votés:

          Le Grade d'Apprenti le 15 Juillet 1785

          Le Grade de Compagnon le 29 Juillet 1785

          Le Grade de Maitre le 12 Août 1785

  26 Aout 1785 : Le Grand Orient

« Après avoir donné tous ses soins et toute son attention à l'examen définitif des trois  grades symboliques dans les différentes séances qu'elle a tenues pour cet effet, l'assemblée s'est occupée des moyens de les faire parvenir aux loges de la correspondance et des précautions qu'il conviendrait de prendre tant pour en empêcher la publicité que pour  diminuer les frais qu'ils occasionneront.

Un Frère ayant observé que la manière de promulguer les grades était un objet assez intéressant  pour prendre toutes les précautions que la prudence pourrait suggérer, en conséquence qu'il estimait que les Chambres devaient être consultées et que c'était même un des cas où leur avis paraissait le plus nécessaire.

Les Frères s'étant réunis à cette observation, il a été arrêté que les Chambres seraient consultées sur la manière la plus sure de promulguer les grades et de les faire parvenir aux loges.

L'avis de la Chambre d'Administration sera donné le 7 Novembre 1785, celui de la Chambre de Paris le 11 Janvier 1786 et celui de la Chambre des Provinces le 23 Mars 1786.

7 Avril 1786 : Le Grand Orient

« La communication de ces différents avis donnée, le Vénérable Frère Oudet secrétaire général a fait lecture de son travail sur la même question, en conséquence duquel la Chambre d'Administration s'est déterminée à donner son avis.

Le Vénérable Frère Dauptain a aussi fait lecture de son rapport à la Chambre de Paris sur le même objet.

L'assemblée se trouvant suffisamment éclairée par le travail lumineux de ces deux Frères, la matière a été mise en délibération et les Vénérables Frères ont été priés de faire leurs observations, ensuite de quoi le Vénérable Frère Suë orateur de la Chambre d'Administration a donné se conclusions tendantes à ce que les grades soient envoyés manuscrits aux Loges.

Le scrutin délivré et recueilli les conclusions ont été adoptées à la pluralité de vingt deux voix contre treize.

Le Grand Orient a ensuite arrêté que la Chambre d'Administration serait chargée de surveiller et de diriger ce travail ».

10 Juillet 1786: Circulaire du Grand Orient adressée aux Loges

"L'uniformité dans les travaux des ateliers qui suivent notre Rite, a toujours été l'un des principaux objets qui ont excité notre attention; mais pour parvenir à établir cette uniformité, il était indispensable de faire une nouvelle rédaction des Grades, qui sont la base et les premiers éléments de l'Art Royal.

Quoique souvent distrait, malgré lui, de ce travail, par les soins multipliés et sans cesse renaissants de son administration, le Grand Orient vient enfin d'y mettre la dernière main...

La totalité des grades ne sera jamais envoyée à la fois; il en sera fait deux paquets, qui partiront à des jours différents".


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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 12:28








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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 12:14







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