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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 22:11

PREFACE

Tous ceux qui ont traité jusqu'ici de la Maçonnerie & des Francs-Maçons, ont fait comme les Auteurs Hermétiques. Tous promettent le secret du grand œuvre, & tous en donnent quelque idée ; mais il n'est décrit nulle part, & pour pouvoir concilier leur Ecrits, il faut être Adepte. Il en est ainsi de nos Ecrivains. Les Profanes, trop mal instruits, en voulant défricher la matière, n'ont donné que des notions peu exactes, & sont tombés nécessairement dans plusieurs bévues. Les Initiés qui ont écrit après eux, n'ont cherché qu'à déguiser, à donner le change, ou à éluder la curiosité du public, tantôt par quelque jeu d'imagination, tantôt par des notions vagues ou insuffisantes. Aucun n'a osé franchir le pas, & si le secret a pu échapper par tant d'ouvertures, (comme il a fait) on peut dire que les Maçons ont été les seuls en état de le recueillir, & de rassembler les points de lumière qui sont épars dans ces differents Ecrits, & plus divisés qu'un rayon décomposé par le prisme.

Ce mélange de retenue & d'indiscrétion, n'a fait honneur ni à ces Ecrivains, ni au corps de la Maçonnerie. Plus de réserve ou de franchise mettoit le public sensé dans nos intérêts. Nos mystères entièrement ignorés nous rendoient estimable par le secret, & dévoilés sans déguisement, faisoient aimer la Maçonnerie.

Quel inconvénient après tout pouvoit-il résulter dans le monde de la publication de nos mystères ? Les Zélés parmi nous se tuent à prôner, à exagérer par tout les douceurs & les avantages de notre Société. Elle gagnoit donc à être pénétrée, & quand il en eut été de la Maçonnerie comme de tant d'autres Etablissements, dont les mœurs, les lois, les usages sont en évidence & généralement connus, quel mal eut produit cette connoissance ? si ce n'est peut-être de multiplier par la suite un peu trop nôtre Archie-Cotterie quoiqu' aujourd'hui l'attrait du Mystère suffise pour sa propagation, comme nous l'éprouvons tous les jours.

Je ne veux pourtant point m'appuyer sur des considérations aussi fortes, pour justifier mon entreprise, & j'avouerai franchement mon foible. Je suis François, & je joins encore au génie national dont l'indiscrétion est inséparable (à ce qu'on prétend) une excessive démangeaison de répandre ce qu'on m'a confié, une intempérance à m'épancher en toute occasion, qu'on peut appeler une maladie. Je ne puis rien garder sur le cœur ; & semblable au valet de Terence *, je suis percé comme un crible, & plein de fêlures : tout déborde, tout découle, tout fuit chez moi. On sera sans doute surpris qu'avec une pareille infirmité, j'aye pû songer à être Maçon. Je ne dissimulerai point que j'eus beaucoup a souffrir pendant près de trois jours que je résistai constamment au prurit. Mais j'allois prendre la plume pour déposer sur le papier un secret qui me travailloit avec violence, je fus prévenu par l'Almanach des Cocus. Ce petit Ouvrage, quoiqu' assez foible, diminua la pesanteur du poids qui commençoit à m'accabler, & fit sur moi le même effet qu'une saignée ordonnée à propos fait sur un pléthorique. Cependant le soulagement dura peu, & toute ma force étoit à bout, quand l'Auteur du Secret des Francs-Maçons (indiscret d'un autre mérite que celui du superficiel Almanach) vint ma décharger d'une partie du mien. Enfin le Catéchisme parut, & je respirai librement. J'achève aujourd'hui de déchirer le voile, & j'ose mettre la dernière main à la révélation de tous nos mystères.

Pour éviter les répétitions, je n'ai pas crû devoir m'étendre sur tous les détails contenus dans le Secret & le Catéchisme des Francs-Maçons. Le public n'est déjà que trop rebuté de la multiplicité de ces sortes d'Ecrits ; je me contente donc d'indiquer ce qu'il y a de certain, & de vrai dans les deux que je viens de citer, les seuls qui méritent d'être lus, & dont je pouvois faire usage : j'y renvoye fréquemment les Lecteurs, & ensuite je supplée à ce qui leur manque. Cette méthode jointe à l'ordre que j'ai observé dans la division des matières, rappelle tout ce qui concerne la Maçonnerie, & en m'épargnant des redites, ne donne d'autre embarras au Lecteur, que d'avoir sous les yeux ces mêmes Ouvrages, & de les concilier avec le mien.

On peut en effet réduire ou borner toute la Bibliothèque Maçonne au Secret & Catéchisme des Francs-Maçons, étayez de mon Supplément.

L'Almanach des Cocus a pourtant droit d'aînesse sur le premier, qui paroît l'avoir englouti comme le Verge de Moyse fit celles des Magiciens d'Egypte ; mais il devient inutile par cette raison. Il suffit pour la gloire de l'Auteur, d'avoir été le premier Profane qui ait percé dans nos Mystères, & d'avoir en quelques façon obligé l'ordre à l'initier comme on a fait depuis l'Auteur du Secret.

Je ne doit point oublier de parler ici de deux autres Ouvrages qui ont quelque vogue, mais dont il faut bien se défier. L'un est le Parfait Maçon, pur jeu d'esprit, qui n'a été fait qu'en faveur des femmes, & qui ne peut être qu'à leur usage. L'autre intitulé : La Franche Maçonne, porte avec soi le caractère de sa parfaite inutilité pour la véritable Maçonnerie.

* Plenus rimarum sum, hac & illas perfluo

KHATAM PHAROUQ,

OU

LE SCEAU ROMPU

 1745

CHAPITRE PREMIER

Idée générale de la Maçonnerie.

Tous ceux qui ont écrit sur cette matière, fixent l'époque de ce grand établissement au régne de Salomon, & regardent comme leur fondateur primitif Adoniram, Architecte du Temple de Jérusalem. On pourroit remonter encore plus haut, & retrouver chez les Egyptiens, longtemps même avant Salomon, des traces de la Maçonnerie, si l'on vouloit un peu percer dans les anciennes Initiations. Ces recherchent n'échapperont point sans doute au zèle des Savants de notre Société. Mais pour nous renfermer ici dans les bornes que nous nous sommes prescrites, & sans vouloir pourtant rejeter l'Histoire que l'Auteur du Catéchisme nous a donné d'Adoniram, quoique fondée uniquement sur la tradition des Rabins (source suspecte) nous daterons modestement du temps des Croisades.

Pendant les guerres de la Palestine, quelques Princes croisés formèrent le dessein de rétablir le Temple de Jérusalem, & de ramener l'Architecture à sa première institution. Il ne s'agissoit plus d'une construction matérielle ; c'étoit spirituellement qu'ils vouloient bâtir, & dans le cœur des Infidèles. Ils s'assemblèrent dans cet esprit, & prirent pour se reconnoître le nom de Chevaliers Maçons libres.

Ils convinrent ensemble du Signe de l'attouchement & de quelques mots Symboliques. Ces caracteres distinctifs ne se communiquoient qu'à des personnes qualifiées & au pied des Autels, avec Serment de ne les révéler qu'à un Chevalier Frère, après un mur examen. Ils donnerent à leurs Assemblées le nom de Loges, en mémoire des divers campements que les Israëlites firent dans le désert, & pour retracer la manière dont ils rebâtirent ce second Temple (ce qu'ils firent en tenant d'une main la Truelle, & l'Epée de l'autre) Ils adoptèrent dans leurs cérémonies quelque chose de cet usages.

Les Princes & Seigneurs Croisés, au retour de la Palestine établirent des Loges en différents endroits, & c'est de-là que la Maçonnerie s'est répandue dans l'Europe.

On sait qu'en Prusse, le Prince régna est le Grand Maître de l'Ordre, qu'il l'honore d'une protection particulière, & qu'il en fait mettre les attributs jusque sur sa monnoye. La Maçonnerie est établie en Allemagne, en Hollande, & en Angleterre dans les trois Royaumes où elle est plus florissante que jamais, & décorée de beaux Privilèges accordés par les Parlement de Londres à cet ordre.

Quant à la Maçonnerie Françoise, on peut dater son établissement depuis environ 18 ans ; mais dans le commencement elle étoit peu connue, & ensevelie dans un grand secret.

* Voyez les Annales de la Grande Bretagne, & les Archives du Parlement.

CHAPITRE II.

Objet de la Maçonnerie, son utilité, ses agréments, ses inconvénients.

Quelque soit l'origine de la Maçonnerie, quelqu' ait été l'esprit de son institution ; aujourd'hui, tout son objet est de ramener les hommes à leur égalité primitive, à resserrer entre les Maçons les liens de la Société, par le retranchement des distinctions que la naissance, le rang, les emplois ont apportés parmi nous. Tout Maçon en Loge est Gentilhomme : on dépose en y entrant sa roture, comme on laisse ses Titres à la porte, afin d'être tous de niveau. On sent dès-là toute l'utilité d'un établissement, qui, pour ainsi dire, fait rentrer l'humanité dans ses droits, en rapprochant toutes les conditions, ou plutôt en les faisant oublier pour ne laisser subsister que celle de Frère. Quel bien ne doit-il pas résulter d'une pareille association, & que d'agrément cette égalité ne peut-elle pas répandre dans le Commerce ! Notre but n'est point d'étaler ici des avantages, que nos Frères n'ont que trop de soin d'exagérer, & que l'on a décrit avant nous. Mais l'amour de la Vérité, dont ce nouvel Ecrit est l'ouvrage, nous oblige de reconnoître une partie des inconvénients que l'on nous a déjà reprochés, & nous ne pouvons dissimuler qu'ils naissent du fond même qui devroit produire, ou qui produit tous ces avantages, je veux dire de la propagation de la Maçonnerie. La faiblesse ou la complaisance, un vil intérêt, un zèle indiscret, trop peu de discernement, d'autres motifs encore moins excusables ont fait admettre sans distinction & sans choix une infinité de gens qui déshonorent la Maçonnerie, & il est à craindre qu'à l'exemple de Rome, elle ne succombe sous le poids, non de sa grandeur, mais de sa prop grande étendue. Suis & ipsa Romana viribus ruit.

CHAPITRE III.

Des Grades, & Emplois de la Maçonnerie, des Assemblées & des Repas.

Les Grades & les Emplois de la Maçonnerie ne sont pas nombreux, institution sage, & qui prévient bien des inconvénients.

Il y a le Grand Maître, qui est hors de rang, & dont toutes les Loges ressortissent ; le Vénérable, qui dans chaque Loge représente le Grand Maître, deux Surveillant, premier & second, un Orateur, un Secrétaire, & un Trésorier. On trouve leurs fonctions bien décrites dans l'Ouvrage intitulé : Le Secret des Francs-Maçons, & nous y renvoyons le Lecteur.

Nous ne comprenons point le Tuileur parmi les emplois de la Maçonnerie, parce que cette fonction qui consiste à tracer sur le plancher de la Loge les figures nécessaires à la réception, soit des compagnons, soit des Maîtres, est exercée par le premier Frère qui se trouve en état de les crayonner, ce qui se fait sur le champ avec de la craie.

Il en est de même du Frère Terrible, qui n'est qu'un emploi momentané. On l'appelle ainsi parce qu'il est armé d'un glaive comme l'Ange Exterminateur, pour éprouver la fermeté du Récipiendaire.

L'Auteur du Livre que nous venons de citer, donne mal-à-propos le nom de Frere Terrible à celui qui nous déshabille dans la chambre noire, quoiqu'en effet le profond silence & l'air sérieux qu'il affecte, joints à l'obscurité du lieu, fassent nécessairement quelque impression sur ceux qui ne sont point aguerris.

Nous n'avons rien à ajouter, ni même à changer au détail que l'auteur du Secret des Francs-Maçons a fait p. 101 & suivantes, du Cérémonial des Repas & des Assemblées. On peut entièrement compter sur l'exactitude de son récit, & s'il y a quelques bévûës à lui reprocher, elles sont si peu considérables, qu'elles ne méritent pas d'être relevées. Au surplus, le Cérémonial varie toujours un peu suivant les Loges : mais au fond tout revient au même, & la différence ne consiste que dans quelques usages Locaux, qui n'altèrent point le rite commun.

La matière des Entretiens parmi les Maçons, quand ils sont en Loge, est arbitraire, & toujours libre ; mais elle ne roule dans plusieurs Loges (où la première ferveur de l'Institution se conserve encore) que sur la Maçonnerie même. Tout le monde sait aujourd'hui qu'on bannit sévèrement de nos assemblées le libertinage d'esprit & les raisonnement politiques ; l'Autel & le Trône sont respectés, & la moindre licence à cet égard est punie.

CHAPITRE IV.

Réception des Apprentifs & des Compagnons.

La Réception des Apprentifs n'est guère différente de celle des Compagnons, ou la différence ne va qu'à quelques formalités peu essentielles & qui varient même suivant les Loges. Ainsi nous épargnerons au Lecteur un détail qu'il peut puiser avec toute confiance dans Le Secret des Francs-maçons, depuis la page 66 jusqu'à la 89, & depuis 99 jusqu'à 100.

Nous ne pouvons pourtant nous dispenser de relever ici quelques méprises échappées à l'Auteur, & bien pardonnables à un Profane tel qu'il étoit alors.

A la page 67, l'Auteur observe que par la suite de l'aversion de la Maçonnerie pour tous les métaux, on pousse le scrupule jusqu'à faire dépouiller un homme de ses habits quand il s'y trouve du galon. L'observation en général est juste, mais on a souvent dérogé comme on déroge encore à cet usage dans plusieurs Loges.

A la page 68, quand il s'agit d'introduire le candidat dans la chambre de réception, il est vrai que le parrain frappe trois coups à la porte, mais l'Auteur ne marque pas que le premier des Surveillants frappe aussi-tôt trois coups sur le maillet du second, & que celui-ci lui répond par autant de coups sur le sien ; omission, comme on voit des plus importantes.

A la page 74, dans le réception d'un Apprentif, il fait avancer le Récipiendaire en trois temps auprès du Tabouret, sans observer qu'il doit avoir les pieds en équerre.

A la même page, le discours que l'on fait faire à l'Orateur de la Loge, est tronqué. Le voici dans toute son étendue, & tel qu'il se prononce dans toutes les Loges.

Discours de l'Orateur.

«M. l'intrépidité que vous avez fait paroître à surmonter & à vaincre les obstacles que vous avez rencontrés, dans le voyage mystérieux que l'on vous a fait faire dans cette auguste Loge ; l'empressement que vous avez témoigné depuis si longtemps, pour être admis dans une Société aussi ancienne que respectable, nous prouve invinciblement que vous avez foulé aux pieds les préjugés du Profane vulgaire.

«Vous allez contracter avec nous un engagement solennel, qui va vous unir par les liens d'une amitié tendre & sincère, à un Ordre, dans lequel les plus Grand Rois n'ont pas dédaignés de se faire initier.

«C'est au pied du Tribunal de la discrétion, que vous allez promettre à la face du grand Architecte de l'Univers, de garder inviolablement le Secret de la Maçonnerie. Consommez ce grand Ouvrage, en répétant avec attention l'obligation que notre Vénérable Maître va vous faire prononcer.»

On voit que cette petite Harangue ne déroge point à la concision, dont l'Auteur fait honneur à l'Eloquence Maçonne.

Le Serment du Récipiendaire n'est pas plus fidèlement rapporté, & tout ce que l'Auteur fait dire au Vénérable, Promettez-vous, &c. est faut. On vient tout d'un coup au Serment que le Vénérable prononce, & que le Récipiendaire répète mot à mot après lui dans la forme suivante.

Forme du Serment.

«Je promets devant le grand Architecte de l'Univers, qui est Dieu, & devant cette illustre Assemblée, de ne jamais révéler les Secrets des Maçons & de la Maçonnerie, tant ceux que j'ai pu savoir avant d'être admis, que ceux que je sais maintenant & et que je saurai à l'avenir qu'en Loge réglée ou à un Frère après un juste examen, & qu'il m'aura donné des signes certains de sa qualité de Maçon : comme aussi de ne les jamais révéler par écrit ou de vive voix, ni tracer, graver, peindre, ou manifester de quelque manière que ce soit ouvertement ou tacitement. Et en cas d'infraction, je permets que ma langue soit arrachée, mon cœur déchiré, mon corps brûlé & réduit en cendre, pour être jeté au vent dans les quatre parties du monde, ou dans les abîmes de la mer, afin qu'il ne soit plus mémoire de moi parmi les hommes. Ainsi Dieu me soit en aide.

CHAPITRE V.

Réception des Maîtres.

L'Auteur du Catéchisme observe fort bien, que celui du Secret des Francs-Maçons, n'a rien su de la réception des Maîtres. Il n'en parle en effet que par conjecture, & le peu qu'il en dit est totalement faux. L'objet du Catéchisme, à ce qu'il paroît, est suppléer par rapport à la Maîtrise au Secret des Francs-Maçons, dont il reconnoît avec nous l'exactitude dans d'autres parties. C'est donc à présent dans le Catéchisme, qui est l'Ouvrage le plus exact qu'on ait encore fait sur cette matière, qu'il faut chercher tout le cérémonial de la réception des Maîtres, & nous adoptons le détail qu'il en fait. Quant au Catéchisme proprement dit, qui termine l'Ecrit en question, nous n'avons garde de l'arguer de faux, mais outre qu'il est insuffisant, il y a si peu d'ordre & tant de confusion, par rapport aux Apprentis, Compagnons & Maîtres, dont la Doctrine n'est pas assez distinguée, que nous avons jugé à propos d'en donner un plus exact & plus clair à la fin de ce petit Ouvrage.

CHAPITRE VI.

Signes des Maçons pour se reconnoître.

L'origine des Signes & attouchements de la Maçonnerie qu'il faut lire dans l'Histoire d'Adoniram, qu commencement du Catéchisme, nous dispense d'en expliquer l'usage, & le détail qu'a fait l'Auteur du Secret des Francs-Maçons des plus usités est sûr. Ainsi pour ne point répéter inutilement ces deux Ecrivains, nous nous bornerons à une seule observation.

A la page 83 du dernier Ouvrage, dans la description de l'attouchement de la main, il est dit que si un Maçon en prenant la main d'un Frère pour le reconnoître, presse la première jointure de l'Index, le Frère doit lui presser celle du doigt suivant, & si c'est la seconde qu'on lui a pressé, celle du troisième doigt. Jamais on ne doit aller plus loin qu'au second doigt depuis l'Index, & quand celui d'un Frère s'y porte, il faut que le vôtre revienne à l'Index.

Au reste, les Signes de la Maçonnerie ne sont point bornés au petit nombre de ceux que l'on trouve écrits, & qui sont à présent presque connus de tout le monde. On peut dire même qu'ils vont à l'infini, & qu'ils sont tout à fait arbitraires. Il suffit quelquefois de former avec quelque chose que ce soit la figure de quelque instrument de Maçonnerie, comme une équerre, un aplomb, un compas ; ou jouer sans affection sur les nombres impairs, 3, 5, 7, 9; &c.

J'ai vû deux Maçons se reconnoître assez plaisamment. Le premier ramasse une pierre au hasard, la porte à son nez, la présente à l'autre, & lui demande si elle ne sent rien. Elle n'a l'odeur d'aucun métal, répond le Frère interrogé. Cette réponse catégorique donne lieu à quelques questions réciproques, & nos deux Maçons se retrouvent.

Il y a mille rencontres pareilles qu'on peut varier avec un peu d'industrie, & qui font des Signes aussi sûrs que tous ceux qui sont institués de fondation.

CHAPITRE VII

Des caractères de la Maçonnerie ou de l'écriture maçonne.

Un des plus ingénieux usages de la Maçonnerie & qui frappe le moins les Maçons mêmes, est notre écriture. Il en est de cette invention comme de celle du Compas, l'instrument de tous le plus simple & en même temps le plus utile. L'écriture Maçonne réunit à la même simplicité l'avantage d'être une Ecriture universelle & propre à toutes sortes de Langues.

Ce merveilleux alphabet consiste en deux lignes parallèles perpendiculaires, coupées de deux lignes horizontales aussi parallèles, ce qui forme au milieu un quarré régulier, quatre quarrés ouverts, & quatre angles égaux. Toutes ces divisions forment neuf cases, tant ouvertes que fermées, dont cinq contiennent chacune deux lettres & les quatre autres trois.

CHAPITRE VIII.

Catéchisme des Apprentis.

Demande. Quel est le premier soin du Maçon ?

Réponse. C'est de voir si la Loge est couverte.

D. D'ou venez-vous ?

R. De la Loge S. Jean.

D. Quel recommandation nous apportez-vous ?

R. Bon accueil aux Frères & Compagnons de cette Loge.

D. N'apportez-vous rien de plus ?

R. Le Vénérable Maître de la Loge S Jean vous salue par trois fois trois.

D. Que venez-vous faire ici ?

R. Vaincre mes passions, soumettre mes volontés, & faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.

D. Etes-vous Maçon ?

R. Mes Frères & Compagnons me reconnoissent pour tel.

D. A quoi connoîtrai-je que vous êtes Maçon ?

R. A mes signes & mes marques, & au point parfait de mon entrée.

D. Quels sont les signes des Maçons ?

R. L'Equerre, le Niveau & la Perpendiculaire.

D. Quelles sont les marques ?

R. Certains attouchements réguliers que l'on se donne entre Frères.

D. Donnez-moi le point parfait de entrée.

R. Donnez-moi le premier, je vous donnerai le second.

D. Je garde ?

R. Je cache.

D. Que cachez-vous ?

R. Les Signes des Maçons & de la Maçonnerie.

D. Où avez-vous été reçu Maçon ?

R. Dans une Loge juste & parfaite.

D. Qui compose cette Loge ?

R. 3, 5, & 7 ; savoir, un Maître Vénérable, 2 Surveillant, 2 Compagnons & 2 Apprentifs.

D. Qui la forme ?

R. 5, qui sont un Vénérable Maître, 2 Surveillants, 1 Compagnons & 1 apprentif.

D. Qui la gouverne ?

R. 3, un Vénérable Maître & 2 Surveillants.

D. Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon ?

R. C'est que j'étois dans les ténèbres & je voulois voir la lumière .

D. Qui vous a examiné en Loge ?

R. Un Expert.

D. Dans quel état étiez-vous, quand vous avez subi cet examen ?

R. Ni nu ni vêtu, & cependant dans une posture décente.

D. Comment vous y a t'il introduit ?

R. Par trois grands coups.

D. Que signifie ces trois grands coups ?

R. 3 Paroles de l'Ecriture Sainte : Frappez, on vous ouvrira ; Parlez, on vous répondra ; Demandez, on vous donnera.

D. Qu'avez-vous vu paraître après trois grands coups ?

R. Un second Surveillant.

D. Qu'a t'il fait de vous ?

R. Il m'a fait faire le tour de la Loge par le Septentrion, & m'a remis à l'Occident entre les mains du premier Surveillant.

D. Que cherchiez-vous dans cette route ?

R. La lumière.

D. Que vous a fait faire le premier Surveillant ?

R. Il m'a fait mettre en bon Maçon les pieds en équerre, & m'a présenté au Vénérable Maître par 3 pas.

D. Qu'est ce que le Maître a fait de vous ?

R. Avec le désir sincère que j'avois & le consentement de la Loge, il m'a reçu Maçon.

D. Comment vous a t'il reçu Maçon ?

R. Avec toutes les formalités requises ; j'avois le genou droit nu sur l'équerre, la main droite sur la Bible, & de la main gauche un Compas encore en équerre sur la mamelle gauche qui étoit nue.

D. Que faisiez-vous dans cette posture ?

R. Je contractois un engagement de garder le Secret des Maçons & de la Maçonnerie.

D. Qu'avez-vous fait quand vous avez entré en Loge ?

R. Rien que l'esprit humain puisse comprendre.

D. Qu'avez-vous vu quand vous avez été reçu Maçon ?

R. Trois grandes lumières.

D. Que signifient ces trois grandes lumières ?

R. Le Soleil, la Lune & le Maître de la Loge.

D. Pourquoi le Soleil ?

R. Comme le Soleil préside au jour, & la Lune à la nuit : ainsi le Maître gouverne le Loge.

D. Quels sont les devoirs du Maçon ?

R. De fuir le vice & de pratiquer la vertu.

D. Quels sont les secrets des Maçons ?

R. Des paroles, des attouchements & des signes sans nombre.

D. Quel est le principal point de la Maçonnerie ?

R. C'est d'être privé de tous métaux.

D. Pourquoi ?

R. C'est que lorsqu'on bâtit le Temple de Salomon, on entendit aucun bruit causé par la hache ou d'autres outils composés d'aucun métal.

D. Comment a t'on pu élever un si vaste & si solide Edifice, sans le secours d'aucun instrument construit de métaux ?

R. Hiram Roi de Tyr envoya à Salomon les cèdres du Liban tous taillés & prêts à poser ; & Salomon en fit faire autant dans les carrières des pierres dont il avoit besoin pour son Temple.

D. Où étoit située votre Loge ?

R. Dans la vallée de Josaphat ou dans quelqu' endroit caché

D. Quelle forme avoit-elle ?

R. Un quarré long.

D. Quelle longueur ?

R. De l'Orient à l'Occident.

D. Quelle profondeur ?

R. De la surface de la terre au centre.

D. Quelle largeur ?

R. Des pieds, des toises & des coudées sans nombre.

D. Qui la couvroit ?

R. Un Dais céleste orné d'Etoiles.

D. Qui la soutenoit ?

R. Trois grands piliers.

D. Comment les nommez-vous ?

R. Sagesse, force & beauté.

D. Pourquoi les nomme-t-on ainsi ?

R. Sagesse pour inventer, force pour soutenir, & beauté pour orner.

D. Avez-vous des Bijoux ?

R. Oui, Vénérable ; il sont au nombre de 6, savoir 3 mobiles & 3 immobiles.

D. Quels sont vos Bijoux mobiles ?

R. L'Equerre, le Niveau & la Ligne d'aplomb.

D. Et les Bijoux immobiles ?

R. La Planche à tracer, la Pierre cubique à pointe & la Pierre brute.

D. Quel est l'usage des mobiles ?

R. L'Equerre sert à donner la forme, le Niveau à mettre à l'uni, & la Ligne d'aplomb à élever des perpendiculaires sur les Bases.

D. Quel est l'usage des immobiles ?

R. La Planche à tracer sert au Maître pour faire ses Plans ; la Pierre cubique à pointe aux Compagnons, & la Pierre brute aux Apprentifs.

D. A qui étoit dédié votre Loge ?

R. A S. Jean.

D. Pourquoi ?

R. C'est que du temps des Guerres Saintes dans la Palestine, les Chevaliers Maçons se réunirent aux Chevaliers de S. Jean de Jérusalem.

D. Combien y a-t-il de sortes de Maçons ?

R. De deux sortes ; savoir, les Maçons de Théorie & les Maçons de Pratique.

D. Qu'apprenez-vous en étant Maçon de Théorie ?

R. Une bonne morale ; à épurer nos mœurs & à nous rendre agréables à tout le monde.

D. Qu'est-ce qu'un Maçon de pratique ?

R. C'est l'Ouvrier tailleur de Pierres & qui élève des perpendiculaires sur leurs bases.

D. Aviez-vous des lumières fixes ?

R. Oui, Vénérable, au nombre de trois, dont une à l'Orient, une à l'Occident, & la troisième au midi.

D. Pourquoi point au Septentrion ?

R. C'est que les rayons du Soleil pénètrent faiblement vers cette partie.

D. A quoi servoient-elles ?

R. A éclairer ceux qui venoient à la Loge ; ceux qui y travailloient & ceux qui s'en retournoient.

D. Où se tenoit le Maître ?

R. A l'Orient : parce que le Soleil se lève à l'Orient pour ouvrir la barrière du jour ; le Maître se tient donc au même endroit pour éclairer & gouverner sa Loge, l'ouvrir & mettre les Ouvriers à l'œuvre.

D. Où se tenoient les Compagnons ?

R. Au Midi, pour recevoir l'instruction & faire bon accueil aux Frères visiteurs.

D. Où se tenoient les Apprentifs ?

R. Au Septentrion pour garder & renforcer la Loge.

D. Où se tenoient les Surveillants ?

R. A l'Occident. Comme le Soleil se couche à l'Occident pour fermer la barriere du jour, les Surveillants se tiennent en cet endroit pour payer les Ouvriers, les renvoyer & fermer la Loge.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Au dessous de sept ans.

D. Quel heure est-il ?

R. Douze heures sonnées.

Le Maître

 Mes Frères, la Loge d'Apprentifs est fermée.

Catéchisme des Compagnons.

Demande. Etes-vous Compagnon ?

R. Je le suis.

D. Pourquoi vous êtes-vous fait Compagnon ?

R. Par rapport à la lettre G.

D. Que signifie cette lettre G ?

R. Géométrie ou la cinquième des Sciences.

D. Avez-vous travaillé ?

R. Oui, Vénérable, dans le Temple de Salomon.

D. Par où y êtes-vous entré ?

R. Par la porte de l'Occident.

D. Qu'avez-vous remarqué ?

R. Deux grands Piliers.

D. De quelle matière étoient-ils ?

R. De bronze.

D. De quelle hauteur ?

R. De dix-huit coudées.

D. Quelle en étoit la circonférence ?

R. De douze coudées.

D. Et l'épaisseur ?

R. De quatre doigts.

D. Quels étoient leurs ornements ?

R. Deux Chapiteaux décorés de Lys, avec des pommes de Grenades.

D. Combien y en avoit-il à chaque moulure ?

R. Cent & plus.

D. Avez-vous reçu des gages ?

R. Oui, Vénérable, dans la chambre du milieu.

D. Par où y êtes-vous parvenu ?

R. Par un escalier fait en forme de vis, qui se monte par 3, 5 & 7.

D. Pourquoi ?

R. C'est que trois Maçons gouvernent une Loge, cinq la forment, & 7 la rendent juste & parfaite.

D. Qui s'est opposé à votre entrée dans la chambre du milieu ?

R. Un Surveillant.

D. Qu'a t-il exigé de vous ?

R. Un signe, un attouchement & une parole.

D. Donnez-moi le signe d'apprentifs. (on fait le signe d'Apprentif).

Donnez l'attouchement au second Surveillant. (on donne l'attouchement).

D. Est-il juste mon Frère, (reprend le Vénérable) (le second Surveillant).

R. Oui très-Vénérable.

D. Donnez-moi la parole ?

R. Je l'épellerai avec vous ; donnez-moi la première lettre, je vous donnerai la seconde

D. I.

R. A.

D. K.

R. J.

D. N.

R. Jakin.

D. Donnez-moi le signe de Compagnon? (on donne le signe).

D. Quand vous fûtes dans la chambre du milieu que vîtes-vous ?

R. Une grande lumière dans laquelle je crus apercevoir la lettre G.

D. Que signifie la lettre G ?

R. Plus grand que vous, Vénérable.

D. Qui peut-être plus grand que moi qui suis Maçon libre & Maître d'une Loge aussi-bien composée ?

R. Elle signifie le nom de Dieu en Hébreu.

D. Comment voyage les Maîtres de votre Ordre ?

R. De l'Occident au Midi, du Midi au Septentrion, & du Septentrion à l'Orient.

D. Quels sont les principaux signes de la Maçonnerie ?

R. ils se réduisent à quatre, le Gutural, le Pectoral ; le Manuel ; & le Pédestre.

D. Que signifient-ils

R. 1°. Le Guttural sert à donner le signe d'Apprentif & à nous faire souvenir que nous méritons d'avoir la gorge coupée, si nous révélons le Secret des Maçons & de la Maçonnerie. 2°. Le Pectoral sert à donner le signe de Compagnon, & à marquer que nous le gardons dans le cœur. 3°. Le Manuel sert à donner l'attouchement au Frère. 4°. Le pédestre marque un Maçon exact à mettre ses pieds en équerre.

D. Avez-vous des Ornements ?

R. Oui Vénérable, trois ; le Pavé Mosaïque, l'Etoile flamboyante & la Houppe dentelée.

D. Quel étoit leur usage ?

R. Le Pavé Mosaïque couvroit le Temple ; l'Etoile flamboyante étoit au centre, & la Houppe dentelée bornoit les extrémités.

D. Où gardez-vous le Secret des Maçons ?

R. Dans le cœur.

D. Y a-t-il une clef pour y entrer ?

R. Oui, Vénérable.

D. Où gardez-vous cette clef ?

R. Dans une Boëte en forme d'Arche, qui ne s'ouvre & ne se ferme qu'avec des clefs d'ivoire.

D. De quel métal est cette clef ?

R. D'aucun : c'est une langue accoutumée aux bons rapports qui ne sait dire que du bien en l'absence comme en la présence des Frères.

D. Avez-vous vu votre Maître aujourd'hui ?

R. Oui Vénérable.

D. Comment étoit-il habillé ?

R. Or & Azur.

D. Pendant quel temps le servez-vous ?

R. Depuis le Lundi matin jusqu'au Samedi au soir.

D. Comment le servez-vous ?

R. Avec zèle, ferveur & liberté.

D. Que doit observer un bon Maçon ?

R. Quatre choses : le Silence, le Secret, la Prudence, & la Charité envers ses Frères.

D. Que doit-il fuir ?

R. La médisance, la calomnie & l'intempérance

D. Quel âge avez-vous ?

R. Sept ans.

La fermeture de la Loge de Compagnon, se fait comme à celle d'Apprentifs.

Catéchisme des Maîtres.

Demande. Etes-vous Maître Maçon ?

R. Très-Vénérable, je le suis, éprouvez-moi ; ensuite approuvez-moi ; ou désapprouvez, si vous pouvez.

D. Où avez-vous été reçu Maître Maçon ?

R. Dans une Loge de Maître juste et parfaite.

D. Combien faut-il être pour composer une telle Loge ?

R. Trois ; savoir, un très-respectable Maître, & deux Vénérables Surveillants.

D. Comment avez-vous passé à la Maîtrise ?

R. De l'Equerre au Compas.

D. Sans doute que vous étiez reçu Apprentif & Compagnon ?

R. Jackin & booz me sont connus.

D. Et la Régle de trois vous est-elle aussi connue ?

R. Je l'entends, & la clef de toutes les Loges est à mon commandement.

D. Que venez-vous faire ici ?

R. Chercher ce qui étoit perdu.

D. Qui est-ce qui étoit perdu ?

R. La Parole du Maître.

D. Comment fut-elle perdue ?

R. Par trois grands coups, ou la mort d'Adoniram.

D. Comment notre très-respectable Maître Adoniram fut-il assassiné ?

R. Par trois scélérats, qui projeterent ensemble de lui arracher la parole ou la vie.

D. Comment reconnut-on l'endroit où notre très-respectable Maître fut assassiné ?

R. Par une branche d'Acacia, que les Apprentifs qui en avoient fait la recherche, mirent sur son tombeau.

D. Comment la Parole fut-elle recouvrée ?

R. Les Maîtres convinrent ensemble, que dans la crainte que la parole des Maîtres n'eut transpirée, que le premier signe qui seroit marqué par l'attouchement que l'on ferait en le relevant, & la première parole qui seroit proférée serviroit à l'avenir pour les Maîtres.

D. Donnez-moi le signe ? (on fait le signe du Maître)

R. Donnez l'attouchement à votre Frère premier Surveillant ? (on donne l'attouchement)

D. Venez me donner la parole à l'oreille ?

R. Macbenac.

D. Que fit-on du corps de notre très-respectable Maître Adoniram ?

R. Salomon pour récompenser son zèle & ses talent le fit inhumer dans le Sanctuaire du Temple.

D. Que fit-il mettre sur son Tombeau ?

R. Une Médaille d'or faite en triangle, où étoit gravé JEHOVA. Qui est le nom de Dieu en Hébreu.

Après ces Interrogations, les Frères se donnent la Parole réciproquement, & le premier & second Surveillants la rendent au Maître, & la Loge est fermée.

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 22:00

Introduction

Corèbe aurait plus tôt compté les flots de la mer* que je ne parviendrais à citer toutes les espèces de mensonges qui se débitent depuis plusieurs années sur la confrérie des francs-maçons : voilà déjà cinq ou six volumes qui paraissent ; leurs auteurs les ont écrits en fourbes ou en ignorants. Le public les achète en aveugle et les lit en dupe. Jusqu'à quand se laissera-t-il dévorer par ces rats affamés qui fondent leur subsistance sur sa crédulité ?

Pour moi qui aspire plus à sa faveur qu'à sa bourse, je ne puis rien faire de mieux pour aider à dissiper les fausses idées sur la maçonnique d'en publier les véritables secrets qu'un événement (dirai-je favorable ; ou malheureux) m'a fait tomber récemment, sous la main.

Si la maçonnerie est un bien pour l'État en général et pour les sujets en particulier, le dessein que j'ai ne peut qu'être utile à ma patrie qui va jouir par mon moyen d'un trésor à elle inconnu jusqu'à ce jour ; si c'est un mal, mon travail en désabuse mes compatriotes et engage les magistrats à l'extirper, ou si c'est, comme je le pense, une chose tout à fait indifférente on pourra la mettre désormais au nombre des amusements tolérés, que toutes sortes de personnes seront en état de goûter, sans que la police les inquiète et sans qu'elles soient obligées de payer un tribut considérable pour leur initiation.

Mais afin que nul ne me soupçonne d'avoir puisé mes lumières dans une mauvaise source, je dois d'abord rendre compte des circonstances de cette découverte ; elles ont, j'ose le dire, quelque chose de singulier et d'intéressant, puisque le secret des maçons me tient lieu d'une succession de 7 à 8000 livres de rente.

J'avais un frère aîné que je nommerai Lisidor, trésorier de France et marié en la ville de ***, homme estimé dans sa province et y vivant honorablement du revenu de sa charge et d'une terre.

Sa femme le laissa veuf sans enfants en 1739 : mon frère en parut inconsolable ; mais un procès qui lui survint l'ayant obligé de faire un voyage à Paris, j'espérai que la dissipation et le temps produiraient leur effet ordinaire. J'ignorais encore que mon frère pouvait trouver dans cette grande ville des motifs de consolation encore plus pressants

Il y arrive, se fait descendre à la maison de Clitandre, financier, un de ses meilleurs amis, chez qui il doit loger, et y trouve en arrivant tout l'appareil d'un grand festin. A peine, dans le tumulte, parvient-il à se faire entendre d'un des laquais du logis, à qui il demande son maître et qui lui répond, en courant, que Monsieur n'y est pas. N'importe, dit mon frère, il reviendra souper, et je me flatte que je ne serai pas de trop dans la compagnie. C'est ce qui vous trompe, réplique un jeune marmiton, d'un air à demi-insolent.

Notre provincial, étonné de tout ce qu'il voit, insiste pour en avoir l'explication, et il apprend enfin avec bien de la peine que Clitandre est au logis, mais qu'il ne peut y recevoir de visite parce qu'on tient loge actuellement. Mon frère, voulant savoir du moins ce que c'est qu'une loge : c'est un mystère, lui dit-on : revenez demain sur le midi et notre maître vous l'apprendra s'il le juge à propos.

Ayant ainsi reçu son audience de congé, il prend le parti d'aller coucher dans un hôtel garni du voisinage, bien résolu de ne pas manquer le lendemain à l'heure qui lui avait été assignée.

C'est ce qu'il exécuta, et à peine Clitandre l'aperçut-il, qu'il courut au devant de lui, en l'embrassant et lui faisant mille excuses de ne l'avoir pas reçu la veille. Voici quelle fut à peu près leur conversation, comme on me l'a rapportée.

- Clitandre. Vous fûtes bien surpris, mon cher Lisidor, en arrivant hier, de trouver ma porte fermée pour vous ; mais afin de vous ôter tout soupçon d'un refroidissement d'amitié de ma part, je vais vous apprendre tout naturellement de quoi il était question. Nous tenions loge dans le temps que vous êtes venu.

- Lisidor. Je le sais, et j'allais vous en parler moi-même, étant extrêmement curieux de savoir ce qu'on entend par une loge.

- Clitandre. Vous fûtes bien surpris, mon cher Lisidor, en arrivant hier, de trouver ma porte fermée pour vous ; mais afin de vous ôter tout soupçon d'un refroidissement d'amitié de ma part, je vais vous apprendre tout naturellement de quoi il était question. Nous tenions loge dans le temps que vous êtes venu.

- Lisidor. Je le sais, et j'allais vous en parler moi-même, étant extrêmement curieux de savoir ce qu'on entend par une loge.

- Clitandre. Une loge ? Oh, diable, c'est une fort belle chose !

- Lisidor. Mais encore ?

- Clitandre. Une loge est une vénérable assemblée d'apprentis, compagnons, et maîtres maçons.

- Lisidor. Je ne vous entends point. Une partie de votre maison tombe-t-elle en ruine ? S'agissait-il de faire le devis et marché de quelque nouvelle construction ?

- Clitandre. Vous n'y êtes pas. Les maçons dont je parle ne bâtissent qu'en théorie.

- Lisidor. Ah, j'entends. Ce sont, voulez-vous dire, des faiseurs de châteaux en Espagne.

- Clit. Vous riez, mon cher, mais si vous saviez ce que c'est.

- Lis. Je ne suis ici que pour l'apprendre. Quelles sortes de gens sont-ce que vos maçons

- Clit. Nos maçons sont des hommes sociables et vertueux qui ont signes figuratifs, par lesquels ils se font reconnaître pour tels.

- Lis. Cela doit être très commode, et votre propos me rappelle ces beaux vers de Racine, dans sa Tragédie de Phèdre :Ne devrait-on pas à des signes certains

Reconnaître le cœur des perfides humains ?

Ainsi la vertu des hommes que vous dites transpire par un certain geste, par une tournure de visage, n'est-ce pas ? Mais ces signes sont-ils sûrs ?

- Clit. On ne saurait s'y tromper. Ce sont autant de traits distinctifs.

- Lis. Distinctifs ! Vous m'étonnez et je tirerais de votre principe une conséquence effrayante pour tout le reste des humains.

- Clit. Quelle est-elle ?

- Lis. C'est que tous ceux qui ont le malheur d'être privés de ces signes-là ou ne seraient point vertueux, ou du moins ne pourraient justifier qu'ils le fussent, ce qui revient au même pour la réputation. J'avais cru jusqu'à présent tout au contraire, qu'une conduite sage et régulière était la preuve la plus sûre de la droiture de l'âme. Mais vos maçons m'apprennent que je me suis trompé.

- Clit. Vos arguments sont trop subtils pour moi. Je veux vous aboucher avec le maître de notre loge ; ce n'est qu'un simple marchand C... ; mais vous le garantis le plus habile homme qui se puisse trouver dans ce genre. Ah, qu'il a l'air majestueux en loge !

- Lis. Je le crois. Mais, dites-moi, mon cher ami, à quoi vous occupez-vous dans ces sortes d'assemblées ?

- Clit. C'est ce qu'il ne m'est pas permis de vous expliquer.

- Lis. Pourquoi ?

- Clit. Parce que cela m'a été défendu sous des peines très rigoureuses et je pourrais vous ajouter encore une autre raison qui n'est pas moins forte.

- Lis. Dites-moi, je vous prie, cette dernière raison ?

- Clit. C'est que je n'ai assisté encore que vingt-cinq ou trente fois en loge et que les matières qui s'y traitent sont si sublimes, que je n'y ai rien compris jusqu'à présent.

- Lis. Comment, vous ne possédez donc pas ces signes et ces attributs merveilleux qui font reconnaître les personnes de votre ordre ?

- Clit. Oh que pardonnez-moi [sic] ; mais c'est tout ce que je sais, et cela m'est suffisant pour me procurer l'entrée dans les loges.

- Lis. Fort bien. Mais quel plaisir pouvez-vous y goûter, puisque vous m'avouez ne rien comprendre à tout ce qui s'y fait et s'y dit ?

- Clit. Je m'en rapporte aux plus habiles qui m'assurent que cela est fort beau ; d'ailleurs la singularité du spectacle m'amuse et le souper qui termine la cérémonie est encore plus de mon goût.

- Lis. Je conviens avec vous que le plaisir de la table peut entrer pour quelque chose dans les arrangements de la vie, surtout si vos chefs ont attention de bien assortir leurs convives.

- Clit. Bon, c'est de quoi ils s'embarrassent le moins, et je me trouve tous les jours dans nos festins à côté de gens dont les noms ne me sont seulement pas connus, quoique je les appelle mes frères.

- Lis. J'ai peine à comprendre, je vous l'avoue, le mérite d'un aussi extraordinaire assemblage ; car pour qu'un repas soit aimable, il faut que les différents caractères se rapprochent et se refondent, pour ainsi dire, l'un dans l'autre ; et un tel accord ne peut régner qu'entre des personnes qui se connaissent un peu.

- Clit. Croyez-en ce que vous voudrez, mais je m'y plais beaucoup.

- Lis. Je vois ce que c'est. Vous avez soin de réunir sans doute dans ces petites soupers un certain nombre de jolies femmes qui ...

- Clit. Halte-là, mon cher ami. Jamais femme n'a pénétré dans nos loges et, entre nous, je les crois un peu mortifiées de voir que nous ayons trouvé le secret de nous bien réjouir sans elles.

- Lis. Permettez-moi de vous dire que les dames sont en cela moins à plaindre que vous, qui êtes assez fous pour vous priver volontairement de la plus belle moitié de vous-même. Oui, je vous tiens, par cette raison, tous tant que vous êtes, plus d'à moitié morts.

- Clit. N'avons-nous pas le plaisir de les joindre lorsque nous voulons ? Interrogez ma femme, elle vous dira qu'elle ne me trouve jamais plus vivant que quand je reviens de loge ; d'ailleurs j'ai toujours soin de lui rapporter une belle paire de gants blancs.

- Lis. Ce second dédommagement ne vaut pas le premier. Mais encore une question, je vous prie. Quelles sont les matières ordinaires de vos entretiens dans les repas de loges ? La théologie, la politique, l'histoire, la morale ?

- Clit. Fi donc. Il ne nous est seulement pas permis d'y médire de notre prochain, et je fus mis dernièrement, moi qui vous parle, à une amende tres rigoureuse pour y avoir laissé échapper un petit équivoque de mon cru qui m'avait attiré la veille beaucoup d'applaudissements dans un cercle de Jolies femmes.

- Lis. Vous fûtes bien piqué sans doute de la pénitence qu'on vous imposa ?

- Clit. Tout au contraire, je la subis de bonne grâce et j'en remerciai humblement le maître qui me l'avait ordonnée.

- Lis. Tout ce que vous venez de me dire a pour moi un air de nouveauté.

- Clit. Je le crois. Mais il ne tiendra qu'à vous de vous convaincre par vous-même de la vérité.

- Lis. Que faut-il faire pour cela ?

- Clit. Vous faire recevoir maçon.

- Lis. Je ne demande pas mieux, pourvu que vous me fournissiez quelque prétexte du moins plausible pour me justifier vis-à-vis des personnes qui pourraient blâmer ma démarche.

- Clit. Comment! croyez-vous qu'il y ait un mal à se faire recevoir maçon ?

- Lis. Non, mais je veux avoir un but dans tout ce que je fais.

- Clit. La maçonnerie en a un, aussi utile que louable. C'est de réunir tous les esprits et les cœurs, et d'établir entre tous les hommes en général un accord et une confiance qui les rendent plus propres aux différentes opérations de la société. Rien de plus avantageux, surtout pour les voyageurs qui sont sûrs de trouver dans quelque pays qu'ils aillent, des frères maçons toujours disposés à leur rendre les bons offices et à leur donner tous les secours dont ils auront besoin. Je pourrais ajouter encore à notre éloge, la pureté de la morale et le goût des beaux-arts qui sont deux de nos passions dominantes ; mais je vous renvoie sur cela au maître ou à l'orateur de notre loge, qui vous l'expliqueront beaucoup mieux.

- Lis. C'en est assez, et comme je vous crois incapable de me proposer rien de déshonnête, je consens d'être des vôtres sitôt que vous m'en jugez digne; Je m'en sens même déjà une vive impatience.

- Clit. C'est la disposition que je vous désirais. Vous n'attendrez pas longtemps, car nous nous assemblons encore ce soir.

Cet entretien ne précéda que de quelques heures la réception de mon frère, dont la vocation parut si marquée que la loge voulut bien lui conférer tout de suite les trois Grades d'apprenti, compagnon et maître. J'ai ouï direà un des frères qui s'y étaient trouvés, qu'après la cérémonie quelqu'un lui ayant demandé s'il était content, Ah, Monsieur, si je suis content, répondit-il avec enthousiasme, j'ai vu les cieux ouverts, et je crois qu'un pareil bonheur ne serait pas trop payé de toute ma fortune et de tout ce que j'ai de plus cher au monde. C'était bien en effet sa pensée, l'événement ne l'a que trop justifié.

Avec de semblables dispositions, la douleur du veuvage ne tint pas longtemps contre un sentiment plus vif qui remplissait alors toute son âme. La maçonnerie, qui n'est pour beaucoup d'autres qu'un simple amusement, devint pour lui une étude des plus sérieuses ; y penser le jour, y rêver la nuit, en faire l'objet de tous ses entretiens et n'avoir plus d'autre société que celle des frères, ce fut là le genre de vie que mon frère embrassa.

Pour se livrer à son inclination plus commodément et sans obstacle, il loua une maison isolée dans un des faubourgs de Paris. Là se rassemblaient tous les jours, aux heures des repas, les plus doctes d'entre les maçons qui, au lieu de lui enseigner la manière de bâtir solidement, lui apprirent bien plutôt l'art pernicieux de ruiner en peu de temps l'édifice de sa bourse et de sa santé.

Les assujetissements d'une charge ne convenant point à un maçon libre, mon frère commença par se défaire de la sienne ; et j'eus ordre, peu de temps après, de lui chercher un acquéreur pour sa terre, sous prétexte disait-il, qu'étant dans la résolution de se fixer à Paris, il trouverait à s'y accommoder de quelqu'autre fonds plus à sa bienséance.

Le marché de la terre fut bientôt conclu, et à peine mon frère en eut-il touché le prix, que je fus informé par une de ses lettres qu'il était parti pour l Angleterre.

Personne n'ignore que la confrérie des francs-maçons a pris naissance dans ce royaume, où elle se maintient avec éclat depuis plusieurs siècles, ayant l'honneur de compter parmi ses membres des rois, des princes, des seigneurs et des ecclésiastiques du premier ordre.

Quelle consolation pour un maçon zélé tel que mon frère, de pouvoir se désaltérer dans la source même des eaux salutaires de la maçonnerie. Que de merveilleuses connaissances n'y acquit-il point pendant un séjour de deux années qu'il fit à Londres, où il assista régulièrement à toutes les loges, et même aux processions publiques que les confrères y font dans de certains temps de l'année.

Au sortir d'Angleterre, il lui prit envie d'aller en Prusse, uniquement pour y voir ce maçon couronné qui, comme un autre Salomon, vient de donner au public la continuation du Livre de la Sagesse dans un ouvrage, intitulé l'A... publié par M. De V... Mon frère lui fut présenté, en qualité de maçon français ; et ce titre était suffisant pour être bien venu d'un prince qui se propose, dit-on, de fonder dans ses États une nouvelle Jérusalem en faveur des frères opprimés.

Les dépenses prodigieuses que mon frère s'était vu obligé de faire pour paraître avec éclat chez l'étranger, avaient entièrement dérangé ses affaires. Il s'aperçut, mais trop tard, que ses fonds étaient dissipés au point qu il n'aurait pu regagner sa patrie sans le secours d'un généreux Prussien qui lui prêta 100 louis sur sa parole de frère. Cet engagement passe pour inviolable parmi ceux de la confrérie. Aussi la première attention de mon frère, à son retour, fut de courir au moyen de restituer cette somme. Il la trouva aisément dans la bourse d'un ami maçon. Il emprunta d'un autre côté pour subsister, et il me fit l'honneur à moi-même, quoique je ne fusse à son égard qu'un profane, de me comprendre dans la liste de ses créanciers pour quatre cents pistoles que je lui avançai sans billet.

Soit que la fatigue des voyages eût altéré sa santé, soit qu'il succombât sous le poids de son repentir, mon frère tomba au commencement de l'hiver dernier dans une maladie de langueur ; et m'en ayant donné avis, ma tendresse pour lui me fit voler à son secours. Je fus surpris du mauvais état où je le trouvai, mais plus encore du propos qu'il me tint à mon arrivée.

Vous êtes mon plus proche parent, me dit-il d'un œil sec, mais je vous conseille de renoncer à ma succession, si vous ne voulez vous résoudre à hériter de toutes mes misères : Quoique j'aie consumé dans moins de quatre années, I'héritage de nos ancêtres, je ne cesserai de bénir tout le reste ma vie la cause de ma pauvreté, puisque je ne pouvais me ruiner avec de plus honnêtes gens que mes frères, les Franc-maçons. A votre égard, je n'ai point oublié que je vous dois quatre cents pistoles ; et tout misérable que vous parais, je suis en état encore de m'acquitter envers vous, avec usure, pour peu que vous vouliez me seconder.

Comme j'assurai alors mon frère que je n'aurai en tout d'autre volonté que la sienne. J'ai grand nombre de vrais amis, reprit-il en me serrant dans ses bras, j'en ferai prier demain huit de me venir visiter, nous aviserons tous ensemble aux moyens de me libérer. Mais il est bon que vous soyez prévenu sur la manière dont on s'y prendra.

Alors il m'expliqua gravement son projet, qui était de me présenter à ces Messieurs pour être reçu Franc-maçon, et il ajouta ensuite : Comprenez-vous bien, mon frère, tout le profit qui vous en reviendra ? Puisque vous allez acquérir, moyennement quatre cents pistoles, seulement, un grade éminent, qui m'en coûte à moi plus de 12.000.

Quelqu'affligeante que fût pour moi cette scène, à tous égards j'eus peine à retenir un éclat de rire, en apprenant cette façon de payer ses dettes. Me contraignant néanmoins le plus qu'il m'était possible, je poussai la complaisance jusqu'à remercier le malade de sa générosité.

Il ordonna sur-le-champ, avec un zèle de missionnaire, que ses huit amis fussent invités pour le lendemain au soir, mais il n'eut pas la satisfaction de me voir régénérer, car son mal ayant fait en peu de temps un progrès considérable, j'eus la douleur de le perdre, précisément à l'heure qu'il avait fixée pour tenir loge ; ainsi mourut un homme qui avait passé longtemps pour sage, et à qui la maçonnerie avait tourné la tête, tant il est vrai qu'il est aisé d'abuser des meilleures choses. Pour moi, que son exemple effraya, loin de me presser de solliciter auprès de ses amis le paiement singulier qu'il m'avait offert de ma dette, je me résignai sans peine à demeurer au nombre des profanes.

L'inventaire fut bientôt fait, et le prix des meubles de mon frère ayant servi à payer ses dettes indispensables, il me resta pour mon partage grand coffre qui devait contenir des effets précieux, à en juger par l'attention qu'avait eu le défunt de le placer dans la ruelle de son lit. Mais je me sus bon gré de la précaution que je pris de m'enfermer pour en faire l'ouverture, et je ne crois pas que mes lecteurs me soupsçonnent d'ostentation en leur rendant un compte fidèle de ce que j'y trouvai. Tous les effets consistaient en

Quatre vieilles toiles pliées, de la longueur d'environ six pieds, sur lesquelles étaient représentés différents desseins ou sujets d'architecture.

Une terrine de forme triangulaire, sur son pied ou fourneau de cuivre aussi en triangle.

Deux marteaux.

Un compas.

Une équerre.

Une règle.

Deux truelles.

Une auge.

Une pierre de liais d'un pied de long en carré.

Cinq rubans de couleur bleue.

Vingt-deux tabliers de peau, dont cinq doublés de taffetas bleu.

Un camail de taffetas blanc.

Et quarante-six paires de gants tant vieux que neufs.

Voilà l'état au juste de la succession de ce zélé confrère de la maçonnerie. Comme je m'occupais à resserrer toutes ces guenilles, non sans faire bien des réflexions sur la folie humaine, ayant vu tomber d'une des toiles un cahier écrit de la main de mon frère, je reconnus avec quelque espèce de plaisir que ce papier devait contenir les secrets des francs-maçons. Oh, l'heureuse découverte me disais-je ! Cet écrivain va m'éclaircir sans doute de l'usage des différentes choses que je viens de voir. Souvent les enveloppes les plus simples couvrent de grands mystères. Enfin, ajoutai-je, je saurai dans peu à quoi m'en tenir, et si les francs maçons sont effectivement des visionnaires ou des gens sensés. Lisons.

Je le fis avec toute l'attention dont j'étais capable, et ne me contentai pas même d'une première lecture. Mais une réflexion vint me troubler dans mon examen. Qui m'assurera, disais-je encore, que tout ce récit n'est pas fabuleux ? C'est peut-être un piège que les maçons sont convenus de tendre à la curiosité des profanes, car on assure qu'il leur est défendu de rien écrire de leurs secrets. Je vais me convaincre dans le moment même de ce qui en est.

Je profitai pour cela de l'occasion que j'avais de voir M***, fameux banquier et maçon très considéré, pour une lettre de change tirée sur lui à dix jours de vue ; comme il y en avait encore quatre à courir, je n'eus pas lieu de me plaindre du refus qu'il me fit d'abord de l'acquitter avant le temps, mais ne cherchant qu'un prétexte pour lier conversation avec lui, je lui témoignai qu'en avançant mon païement de quatre jours, il rendrait un service signalé à un frère extrêmement pressé d'argent. A ce seul nom de frère, il se répandit sur son front une sérénité qui n'y était point auparavant, nous en vînmes à l'abordage, et comme, grâce aux enseignents que j'avais puisés dans mon écrit, je n'eus aucune peine à me faire connaître pour ce que je n'étais pas, il m'embrasse, me paye ma lettre de change, et y joint la galanterie de m'inviter à une loge qu'il devait tenir le surlendemain.

Ce fut là que j'eus lieu de me convaincre tout-à-fait de la vérité du manuscrit ; j'ai rendu compte dans le commencement du juste motif qui m'engage à publier les secrets des francs-maçons. Ainsi j'entre tout de suite en matière, et j'avertis seulement mes lecteurs qu'en rapportant exactement le dogme et les faits, j'ai pris presque toujours la liberté de substituer mes réflexions à celles de mon original.

* Corèbe, suivant le vulgaire, avait la folie de vouloir compter les flots de la mer.

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 16:33

Grade de Compagnon

Le Loge est disposée pour la Reception d'un Compagnon, tout comme pour celle d'un Aprentif. Le tableau est le même on y ajoute seulement la lettre G. Au milieu de l'Etoile Flamboiante; I. sur la Colonne à Gauche, B sur la Colonne a droite; Il y a peu de difference pour les Ceremonies de la Reception; on ne fait point deshabiller le Recipiendaire. Le Venerable ouvre la Loge de meme que celle d'Aprentif, après cela il envoie le frere-Introducteur, qui prepare le Recipiendaire par de belles Paroles, & qui Vient ensuite frapper a la porte de la Loge par trois Coups, qui sont repétés au dedans par le Venerable & les Surveillans, le frere Jeune Voit qui frappe, & Vient dire au Venerable;

R. C'est un Aprentif Maçon qui desire d'étre receu Compagnon.

Le Ven. Demandés luy son Age?

R. Plus de sept Ans.

Le V. Son Maitre est-il Content de Luy?

R. Ouï.

Le V. Ou atil travaillé?

R. Au temple de Salomon, & a plusieurs autres Edifices.

Le V. Demandés luy les Signes, Mot, & Marque d'Aprentif.

R. Très juste, (on les luy fait faire en dehors)

Le V. Faittes le Entrer.

Il Entre, le 2d. Surveillant luy fait faire trois tours de la Loge Comme aux Aprentifs, et le remet ensuite au premier; Alors le Venerable luy fait encore une fois les Questions cy dessus: Et ordonne qu'on le fasse Avancer a luy. par trois pas de Compagnon; Arrivé qu'il est au pied du Throne, On luy fait mettre le geneouil droit en terre, pour renouveler ses Obligations. Ensuite le Venerable luy donne les Signes, Mot & Marque, & le Mot de passe des Compagnons.

Catechisme

De. Etes Vous Compagnon?

R. Ouï. Je le suis.

D. A quoy Connaitray je que Vous etes Compagnon?

R. Au redoublement de mes Signes.

D. Pourquoy Vous etes Vous fait recevoir Compagnon?

R. Pour l'Amour de la grande Lettre G.

D. Que signifie la Grande Lettre G?

R. Trois Choses, Gloire, Grandeur, & Géométrie, ou Cinquieme des Sciences.

D. Ou avés Vous étés receus Compagnon?

R. Dans la Chambre du Milieu.

D. Comment etes Vous entré dans le Temple?

R. Par les Sept Escaliers en Contour.

D. Coment se montent ils?

R. Par, 3. 5. & 7.

D. Pourquoy cela?

R. Parceque 3. forment une Loge, 5 la Compos. & 7. la rendent juste & parfaitte.

D. Combien faut il de Maçon pour Composer une Loge de Compagnon?

R. Cinq au Moins, savoir 3 Maitres, & 2 Compagnons.

D. Que signifient les 7 Marches du Temples?

R. Les sept pechés Capitaux que tout Maçon doit fouler au Pieds.

D. Qu'avés Vous Vus en entrant dans le temple?

R. Deux Grandes Colonnes.

D. Dequoy etoient ces deux Colonnes?

R. D'Airain.

D. Coment s'appelloient elles?

R. Celle qui etoit a Gauche sappelloit J. & celle qui etoit a la Droite s'appelloit la Colonne B.

D. Qu'est ce que la Colonne J.?

R. C'est ou s'assembloient les Aprentifs pour recevoir leur Salaire.

D. Qu'est ce que le Colonne B.?

R. C'est ou s'assembloient les Compagnons pour recevoir leur Salaire.

D. Quelle etoit la hauteur de ses Colonnes?

R. Dixhuict Coudées.

D. Leur Circonference?

R. Douze Coudées.

D. Leur Epaisseur?

R. Cinq Doits.

D. Quelle hauteur avoient les Corniches?

R. Cinq Coudées & demy.

D. Quelle etoit la Pesanteur de ces Colonnes?

R. -----------------

D. Ces Colonnes etoient elles Solides?

R. Elles etoient Solides, mais Vuides.

D. Qu'est ce qui ornoit le haut de ces Colonnes?

R. Des Pommes de Grenade au nombre de 200 pour Chacune des Colonnes.

D. Ou avés Vous travaillés?

R. Au temple de Salomon, & a plusieurs autres Edifices.

D. Vôtre Maitre est il Content de Vous?

R. Ouï.

D. Vous atil payé?

R. Je suis content.

D. Quel Age avés Vous?

R. Plus de Sept An.

D. Donnés Moy le Signe de Compagnon, le Mot et la Marque?

R. -----------------------------------

Le Catechisme des Compagnons & fort court, il n'y a que les questions precedentes qui le differencie de celuy des Aprentifs.

le Venerable avant de fermer la Loge ordonne au frere Ainé de luy faire passer le Mot de passe a droite & a Gauche, ce que Celuy cy fait en le passant premierement au frere jeune, & ensuite au frere qui est a sa droite & ceux cy a leurs Voisins et ainsi de Suite, jusqua ce qu'il Vienne au Venerable, le Mot de Passe est Chi-bo-let, qui se prononce ainsi en trois tems. S'il est bien rapporté au Venerable il dit très Juste freres, Sinon il indique de quel Cote il luy a mal eté rapporté, & alors il faut recommencer, jusqua ce quil aille bien; Après quoy il ferme la Loge.

Fin du Grade de Compagnon.


( Le Grade de Maitre est perdu)

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 16:05

Grade d'Aprentif.

On apprendra par les Reglements qui seront à la fin, qu'elles sont les Choses necessaires pour former une Loge, et qu'elles sont les Membres qui les composent, en supposant donc qu'elle soit reguliere voicy comme on doit y travailler.

Le Venerable pour ouvrir la Loge, c'est à dire pour commencer l'ouvrage, s'adresse au premier Surveillant et Luy dit.

Q. Quel est le Devoir d'un Maitre.

R. C'est devoir si la Loge est bien couverte.

Q. Sommes Nous à Couvert Frère.

Allors le 1er Surveillant envoie le second faire la Revue des Portes, celuy c'y retourne et dit, J'ay visité la Loge et nous sommes à Couvert, ce que le 1er Surveillant repete au Venerable.

Le V. Ou est placé le Venerable dans Votre Loge.

R. A l'Orient.

Le V. Pourquoi à l'Orient.

R. A l'exemple du Soleil qui ouvre sa Carriere à l'Orient, de même le Venerable y est placé pour ouvrir la Loge, l'eclaires et mettre les Ouvriers à l'Oeuvre.

Le V. Quel Heure est il.

R. Il est Midi Très Venerable; NB Il est toujours Midi lorsqu'il s'agit d'ouvrir la Loge et Minuit lorsqu'il s'agit de la fermer.

Après cela le Venerable frappe trois Coups de son Marteau, à quoi le premier et second Surveillant repondent de même, et le Venerable dit au 1er Surveillant, Frere avertissez les freres que la Loge d'Apprentis est ouverte, le 1er Surveillant le dit au 2d. qui le dit à tous les Freres. Ceci se fait etant deboût, et cela fini le Venerable s'assied, et dit aux Freres, asseyes Vous Freres, ce qu'ils font, et allors la Loge est ouverte.

La loge etant ainsy ouverte, [l'on sait par les Reglements la façon dont on doit s'y comporter:] le Venerable commence par expliquer aux Freres, le Motif de l'assemblee; et s'il y à un sujet à recevoir, supposant qu'il ait été proposé auparavant dans les formes prescrites dans les Reglements, on procede à la reception de la Maniere Suivante.

Le Venerable envoie le Frere Introducteur pour preparer le Recipiendaire; L'Introducteur Luy dit les Statuts Pag 1, pour Luy donner une Idée des Loix et des Obligations qu'il vâ contracter, cette Lecture finie, on le laisse seul dans la Chambre de preparation, pour reflechir à ce qu'il vient d'entendre, et aux Engagements qu'on Luy propose; Environ un quart d'heure après le Frere Introducteur vâ le retrouver, et s'il est bien resolû de passer outre, il le Conduit allors dans une Chambre Destinée pour la suite de la Preparation ce qu'on appelle la Chambre obscure, ou est le frere terrible l'Epee nue à la Main; l'on peut mettre dans cette Chambre differentes Choses pr. intimider, comme Tête de Mort, bassin rempli de sang avec Coutteaux et Lancettes &. La Chambre n'est éclairée que par une Seule Lumière sombre, le Frere Introducteur qui conduit le recipiendaire, luy fait frapper trois Grands Coups à la Porte de cette Chambre, le Frere terrible Demande vivement: qui Vâ la; L'Introducteur repond, c'est un homme qui desire d'être reçu Maçon; Le Frere terrible ouvre la Porte avec Force presentant la pointe de son Epée sur l'Estomac du Recipiendaire; Lorsqu'il est entre l'Introducteur apres Luy avoir represente la Consequence du Secret avec des termes intimidants Luy demande, s'il est bien décidé et resolû de soutenir les Epreuves, auxqu'elles on voudra mettre sa constance, s'il repond que ouy, l'Introducteur Luy propose de se depouiller de touttes armes Offensives et Deffensives, de tout Metaux, Or, Argent, montre Tabatiere, Boucles, Boutons etc. Cela fait il Luy decouvre le sein gauche et le Genouïl Droit et Luy fait mettre son souiller gauche en Pantouffle, enfin il luy bande les Yeux, luy faisant declarer sur son honneur s'il ne voit Goutte, Luy declarant qu'il ne les rouvrira jamais à la Lumière, au Cäs, que par quelque Indiscretion, il vint à troubler les Misteres de l'Ordre, et Luy recommande que quoique on puisse dire ou faire, de ne point parler qu'on ne l'interroge.

Cela fait il Luy met la pointe de l'Epée sur l'Estomac, et Luy fait faire plusieurs Tours pr. Le derouter, et arrive enfin à la Porte de la Loge, et l'Introducteur frappe trois Coups selon l'Usage, les deux premiers courts et le dernier long, le Venerable en dedans repond de trois coups de marteau; à quoi les Deux Surveillants repondent, après cela le 2d. s'adressant au premier Luy dit Frere on frappe en Maçon, le 1er en avertit le Venerable qui Luy ordonne de voir qui s'est, le 2d. Surveillant vâ à la Porte, frape trois Coups auxquels l'Introducteur repond de même et demande qui c'est en ouvrant tant soit peû la Porte; L'Introducteur repond.

R. C'est un homme qui desire d'être reçu Maçon.

Le V. Demandes Luy son Nom, son Surnom, son Age et le Lieu de sa Naissance.

Le V. Demandes Luy s'il n'a point promis de revêler nos Secrets.

Le V. Demandes Luy si c'est de sa Pure Volonte, sans Sollicitation n'y contrainte qu'il desire d'être reçu Maçon.

Le V. Demandes Luy s'il est duëment Preparé.

A touttes ces Questions repetées par le 1er Surveillant et faittes au Recipiendaire par le 2d, Celuy c'y raporte au 1er St. les Reponses du Recipiendaire et le premier Surveillant les raporte de même au Maitre.

Après cela le Venerable dit, Frere faittes l'Entrer Ce que l'on fait après Luy avoir fait boire une demi verre de Vin dans lequel on à mis quelques Chose de Desagreable, mais qui ne puisse point faire de mal, c'est ce qu'on appelle Calice d'Amertume, qui doit purifier de touttes Souillures; Et qui est une forte Epreuve.

En entrant il est remis violement au 2d St. par l'Introducteur, qui Luy dit en le poussant &endash; Frere je Vous le Livre, Allors le Venerable dit au 2d St. Frere faittes votre Devoir; Le 2d St. Luy apuyant la point de son Epée sur le Coeur Luy fait faire trois tours autour de la Loge l'arretant à chaque tour en face du Venerable pour le saluér; Et le 2d St. frape trois Coups sur l'Epaule du 1er, qui demande qui Vâ la. Le 2d St. repond, c'est un Homme qui essaye de marcher dans le Chemin de la Vertû. Allors le Venerable dit il n'est pas dans le bon Chemin faittes le retourner sur ses Pas; La seconde fois qu'il salue il frape de nouveau sur l'Epaule du 1er St. et Luy dit C'est un Homme qui continue à marcher Dans le Chemin de la Vertû. Le Venerable alors dit, il est encore bien foible, faites le encore retourner une fois; à la troisieme fois le 2d St. dit, c'est un Homme qui Continue et persevere à marcher dans le Chemin de la Vertû; le Venerable dit, il à marché dans le bon Chemin, j'espere qu'il arrivera. Allors le 2d St. frappe de nouveau sur l'Epaule du premier qui Luy dit, que Souhaites Vous, le 2d dit, C'est un homme qui persevere d'etre reçu Maçon, et duquel je ne repons plus. Il dit ces dernieres paroles, en poussant rudement le Recipiendaire entre les Brâs du premr. Surveillant.

Le 1er Surveillant s'adressant au Venerable Luy dit, Très Venerable, c'est un Gentilhomme qui continue à désirer d'etre reçû Maçon, le Venerable fait les memes Question qui Luy à deja fait faire à la Porte et ordonne aux Surveillants d'examiner s'il est duëment preparé et dans un Etat Convenable, Les Sts. le Visitent et Luy otent tous ce qui pouroit Luy avoir été laissé de Metail. Le Venerable Luy addresse ensuite le Discours suivant.

Monsieur.

Le Frere Introducteur Nous à dit que Vous Désiriez ardamment d'etre reçu parmi nous, et que Vous aviez une Veritable Vocation, il a dû Vous avertir aussy Monsieur, que l'Ordre dans lequel Vous Vous proposez d'entrer, n'avoit rien de Contraire à l'honnette homme, à Dieu à Votre Prince, au Gouvernement en particulier n'y à la Relligion en General, et considere touttes ses faces, mais il a dû Vous dire aussy, et c'est ce dont je Vous avertis, que cet Ordre exige de Vous un Secret inviolable, une Obeissance aveugle et une grande Constance, Il a dû Vous dire que Vous alliez Vous lier avec Nous par un Engagement indissoluble, que la Mort seul pouroit rompre que l'on Vous mettroit à de dures et de fortes Epreuves pour s'assurer de Votre Fermeté, de Votre Fidelité et de Votre Vocation, il a dû Vous dire que cet ordre exige de Vous, de bannir tout Sentiment d'Envie, de Haine, de Jalousie entre les Freres, de revetir une fidelite inviolable a Dieu à Votre Prince et à la Religion, une Amitie Sincere pour Vos Freres, que Vous devez manifester en Leur donnant tout les Secours qui dependront de Vous Et Dont vous serez, et en contribuant autant qu'en Vous sera, a avancer le bien de l'ordre en general, & de tous les freres qui le composent, a ces Conditions Mr. persistés vous? et je vous recevray au nombre des Freres; Voies il n'y a rien encore de Commencé, Vous pouvés Vous retirer, si Vous le Voules, je Vous exhorte encore une fois a ne rien faire a la legere, & sans y avoir meurement reflechi, pour cet effet je Vous laisse en pleine liberté, pensés y donc c'est pour la dernière fois que je Vous avertis, profités de ce dernier moment, c'est le seul qui Vous reste si Vous Voulés vous retirer, il en est encore tems, au lieu que dans un autre moment je ne repondray plus de Vous, Consultés, Voiés, & reflechissés pendant l'horreur des tenebres & de l'affreux silence qui Va regner dans ces lieux, Je Vous promets au reste sureté pour Vôtre personne;

On laisse pendant un bon moment le Recipiendaire a luy meme, après quoy le Venerable dit au 1er Surveillant.

Demandés luy s'il a bien reflechi, & s'il est ferme dans sa resolution; Le Recipiendaire repond, s'il dit Oui; le Venerable continue.

Tres Cher frere, puisque Monsieur Continue dans son dessin, & que rien n'est capable de l'en detourner, je Vous declare ici que s'il etoit jamais Capable de trahir notre ordre auguste et de manquer à ses engagemens, ce que je ne presume pas, je m'en lave les mains avec Vous. Tout le blame & toutes les peines en retomberont sur luy, & nous en sommes des apresent absolument déchargés.

Après cela le Venerable dit: faittes le Avancer a moy par trois grands pas d'aprentif Maçon; & lorsque le Recipiendaire est parvenu au pied du Trone, on luy fait mettre le Genoux droit nud, sur un Coussin qui est a terre, & dans l'enceinte d'une Equerre, le Pied gauche un peu Ecarté, sa main droite posée sur la Bible ouverte. Il s'appuie luy même la pointe d'un compas sur la mamelle gauche; le Venerable dit, Vous avés la Main sur la Bible Vous allés preter une Obligation solennelle, redoutable & affreuse pour ceux qui seroient tentés de fausser leur Promesse, mais qui ne renferme rien dont un honnête homme doive se faire de la peine; repetés après moy ce que je vais dire.

Obligation.

Je promets foy d'honnête homme, de ne jamais reveler les secrets des Maçons & de la Maçonnerie, qui vont m'etre communiqués sous le sceau de l'art, de ne jamais les ecrire, graver, peindre, buriner sur aucune Chose que ce soit, Je promets de plus de ne jamais rien entreprendre contre la Religion ny contre l'Etat, d'aider de secourir mes freres dans leur besoin & selon tout mon pouvoir, si je manque a ma promesse, je consens d'avoir la Langue arrachée, la Gorge coupée, le Coeur persé de part en part, mon Corps brulé, & mes Cendres jettées au Vent pour qu'il ne reste plus rien de moy sur la terre que l'horreur de mon Crime qui serve a intimider les traitres qui seroient tentés de m'imiter.

Ainsi Dieu me soit en Aide.

Ensuite le Venerable dit, Mes freres vous Venés d'entendre l'obligation que Mons. Vient de preter, jugés Vous apropos que je le reçoive Aprentif; Ils donnent tous leur Consentement en laissant tomber la Main droite sur leur tablier & faisant un petit Cliquetis avec ce meme tablier (ce qui est la façon d'applaudir quelque chose). Alors le Venerable prend son Marteau & en donne trois petits coups sur le Compas que le Nouveau Reçeu tient sur son Coeur, en luy disant, Votre Vocation, Vôtre Obligation, & le Consentement de toute la Loge Vous font Aprentif. Il le releve après cela, & le fait reconduire entre les deux surveillans; Alors le Venerable dit a la Loge, Mes freres il a cherché la Lumiere avec Constance, j'espere que Vous ne la luy refuserés pas; Ils repondent tous par le même signe d'applaudissement, & le Venerable ordonne aux surveillans de luy debander les yeux, pendant ce tems il dit à l'ordre freres & tous les freres tirent leurs Epées, de façon qu'au premier Coup-d'Oeil, le nouveau reçeu Voit toutes les Epées pointées contre luy, sur quoi le Venerable luy dit; Mon Frere car a present je dois Vous nommer de ce nom; ces Epées que Vous Voiés sont pour Vous deffendre, dans tous les cas, ou Vous aurés besoin de nous, pourvu que les Causes en soient justes, mais elles sont aussi pour Vous punir si jamais vous manqués a ce que Vous avés promis, nous esperons que Vous tiendrés parole; Allés Vous habiller, apres quoy je vous apprendray ce qu'il Vous Convient de scavoir. S'il y a quelqu'autre reception à faire, on y travaille toujours pendant qu'il s'habille, afin que la même instruction puisse servoir à tous a la fois; lorsque le Nouveau reçeu est rentré, le Venerable met le Tablier en luy disant; Je vous revets d'un Tablier dont la Blancheur marque l'innocence des Moeurs dont un Maçon doit être revetu, Il represente de plus un Ordre plus Ancien que celuy de la Toison d'Or, plus grand que Celuy de la Jarretiere, & plus noble que Celuy du St-Esprit, que les Rois & les Princes se sont toujours fait un'honneur de porter. J'espere que Vous en ferés de même, Il luy remets ensuite un pair de Gand d'homme luy disant qu'il doit toujours en apporter un Semblables touttes les fois qu'il Viendras en Loge, Il luy remets de même un pair de Gands pour femmes, pour luy marquer que nous n'oublions pas le beau sexe, & que Vous donnerés, ajoute t'il, a la personne du sexe que Vous Aimés le Mieux. Le Venerable donne ensuite au Nouveau reçeu, les Signes, Mots, & Marques d'Aprentifs, qu'il Va repeter avec les Surveillans, & revient de rechef les rapporter au Venerable qu'il ny dit alors quelque Chose d'obligeant sur se reception, & luy raconte la partie de l'histoire de la Maçonnerie qu'il convient aux Aprentifs de scavoir, qui est elle de Notre Etablissement telle que la tradition fidele & non Interrompue Nous la transmise de bouche en bouche.

Histoire de la Maçonnerie pour les Aprentifs.

Au tems des premieres Croisades, plusieurs Chevaillers s'etant ligués sous la direction du pieux General qui les Conduisoit pour conquerir sur les Sarazins la Palestine & les lieux Saints dans le dessin de reconstruire le temple du Seigneur, Ils formerent une Association sous le nom de Maçons libres, & sous la Vocation de St-Jean de Jerusalem, Conjointement avec les Chevaillers hospitaliers, Connus aujourdhuy sous le nom de Chevaillers de Malthe, Comme la quantité de Ceux qui Venoient s'enroler, croissoit chaque jour, Nos sages fondateurs resolurent de n'admettre plus personne, qu'après un Choix scrupuleux, un examen des Sujets, une preuve de leur Constance, & de leur Vocation, enfin qu'après des initiations Simboliques dont nous Conservons encore le Ceremonial; Ces Conditions loin d'amortir le Zele, ne firent qu'augmenter le Nombre, alors pour que les freres entr'eux puissent se Connoitre dans la foule, & se distinguer parmi les Sarazins, & les Infideles avec lesquels ils etoient journellement confondus, Ils imaginerent des Signes & des Mots, dont nous Conservons l'usage; Nos freres se sont repandus dans differens Roiaumes, Ils y ont fait des progrès Considerables, & particulierement en Angleterre ou ils ont joui de très grands Privileges sous Guillaume trois, & les Rois ses predecesseurs, Ainsi qu'en font foy les Chartes des Parlements; Nôtre science Arcane de la est passée en France, & a Berlin, ou elle a fleuri & fleurit encore sous la plus douce Domination et a l'ombre des brillantes Couronnes des plus puissans Monarques; Un Secret inviolable pourra seul Conserver nos misteres dans leur Pureté. Je vous y invite frere nouveau reçeu, comme au plus essentiel de Vos devoirs. Voila pour le present ce qu'il m'est permis de Vous dire sur Nôtre Origine, & sur nôtre institution; le frere Orateur Va Vous instruire de nos pratiques en vous faisant l'explication du Tableau que Vous avés devant les yeux.

Discours de l'Orateur Contenant l'Explication du Tableau & de la Preparation., avec des Exhortations & des Conseils.

 Mon frere. Tout a du Vous surprendre en abordant ce lieu, mais tous y caracterise le Franc Maçon, soit par rapport a luy même, soit par rapport à sa Reception, l'on Vous a laissé dans un Endroit Obscur, livré a Vos Reflexions, pour Vous engager à penser à l'Etat que Vous alliés embrasser, d'autant plus serieux pour Vous, que Vous n'en connoissés pas les Pratiques; On Vous a depouillés de touts Metaux & Mineraux, & cette Ceremonie se prend en trois Sens. Le premier a rapport a la Construction du Temple de Jerusalem par le Roi Salomon, lors de laquelle, tous les Materiaux etoient tellement preparés que l'on entendit aucun Instrument de fer, & c'est le sens allegorique; Le second c'est que Comme nous cherchons a faire revivre l'Age d'Or, & que dans ce tems la, on ignoroit l'usage de ces pernicieux Metaux, qui font aujourdhuy l'objet de la Cupidite des hommes, nous Voulons ecarter tout ce qui peut en Alterer la pureté, & c'est le sens moral, le troisieme enfin c'etait pour Vous preparer a un total depouillement de Vous même, a un abandon de tout prejugé en un Mot aprendre une Nouvelle Nature, pour revetir le Caractere de Maçon, & c'est le sens Spirituel.

On Vous a fait marcher longtems, la Pointe d'une Epée sur le Coeur, pour Vous montrer combien il est difficile de se Conduire dans le Chemin de la Vertu; Enfin lorsqu'on Vous a desillé les yeux, plusieurs Epées Nues ont etés les Objets qui Vous ont frappés, Mais ces Epées n'etoient point pour vous intimider seulement, mais pour eprouver Vôtre Constance, que rien ne doit ebranler comme Franc Maçon; Enfin ces figures Vous occupent, elles excitent Votre Curiosité, il est juste que qui Vous donne de Loix, Vous en démontre l'utilité.

Nous avons trois grandes lumieres dans nôtre Loge, le Soleil, la Lune, & le très Véné: le Soleil, cet Astre lumineux qui eclaire le Monde, Vous marque, que nos Actions doivent toujours etre assés justes, pour ne pas craindre de se montrer au grand jour. La Lune, cet Astre qui sert a nous Conduire parmi les tenebres, & les Ombres de la Nuit, marque qu'il n'est point d'ombres n'y de tenebres assés epaisses; pour derober le Crime au yeux d'un juste vengeur, sans Cesse occupé a Veiller et a punir.

Le Venerable est l'embleme de ces deux Astres, car Comme l'un eclaire de jour, & l'autre la Nuit, Ils nous marquent que le Venerable eclaire sa Loge en tout tems, ou doit le faire. L'Etoile flamboiante, la houppe dentelee, & le Pavé a la Mosaique font les Ornenems de nôtre Loge; l'Etoile flamboiante qui fait l'ornement du milieu de la Loge, en nous representant le feu, qui brilloit sans cesse devant le Saint des Saints, est une embleme de la Pieté, qui doit embrazer sans interruption nos ames & nos coeurs pour le souverain Architecte de l'univers.

La Houppe dentelée qui regne autour du tableau, est le Simbole du Secret qui doit renfermer nos Misteres; le Pavé a la Mosaique qui fait l'ornement du seuil de la Loge par sa propreté, nous marque la Pureté des Moeurs qu'un Maçon doit Aporter en Loge.

Toutes ces differents figures que Vous Voiés repandues sur le surplus du tableau, on une signification misterieuse, la Pierre Brute par exemple, represente l'Etat d'Aprentif, parceque de même que l'on ne peut emploier cette pierre telle quelle est de même aussi un Aprentif, a besoin de travailler son caractere, avant d'etre Veritablement digne du titre de Maçon; la pierre Cubique a pointe, marque l'etat des Compagnons, plus Polie que la Pierre Brute, elle est aussi plus travaillée, un Compagnon acquiert plus de Connoissance qu'un Aprentif, & est monté a ce grade par son travail;

La Planche a tracer sert aux Maitres à craionner leurs desseins, elle nous montre que plus l'on travaille, plus l'on acquiert de Connoissance, & que sans l'application Il est impossible de parvenir aux grades supérieurs.

Enfin la Bible, le Compas, le Niveau, l'Equerre, la Perpendiculaire, nous enseignent a marcher dans le droit Chemins a compasser & regler nos Actions de façon qu'elles n'ayent rien de Contraire a la Loy de Dieu, a la regle de la Charite, a l'egard de nos freres & de nous meme; Elles nous marquent de plus la simplicite de notre Etat.

Cette Image Imparfaite du temple de Salomon n'en retrace point les beautés, ce n'est point dans cette Vuë non plus qu'on l'emploie dans Nôtre Ordre, mais seulement pour nous marquer que Comme il fait un Chef d'Oeuvre dans son espece, le temple spirituel que nous elevons dans nos Coeurs a la Vertu doit aussi atteindre au plus haut degre de Perfection;

Voila qu'elle est l'explication de nos Ceremonies & du tableau que Vous avés devant les yeux, Il s'agit Maintenant d'y ajouter quelques Conseils que je Vous prie d'ecouter favorablement, comme venant d'un Amy, d'un frere qui Vous aime.

Loin de Vous prescrire des Regles opposées à la Religion, à l'honnête homme, à l'Etat, tout ce que je Viens de Vous detailler, justifie je m'assure les Assurances que le Venerable Maitre Vous a plusieurs fois reiterée du Contraire, les Maximes de nôtre Ordre sont bien faittes pour former l'homme Religieux, le sujet fidele, le bon Citoien, tout y annonce les grandeurs de l'Etre supreme, et le temple spirituel que nous luy elevons, est sans doute le Culte le plus epuré, que l'on puisse luy rendre, le Parfait maçon est donc homme Religieux, puisque rend a la Divinite, les hommages d'un Coeur qu'il luy Consacre, Il est fidele au Prince, Il est bon Citoien, ces deux qualités sont une Suite necessaire de son ouvrage, il appuie ce temple Moral sur deux Colonnes qui le rendent innebranlable, & invinciblement attaché a ses devoirs; La Vertu, la Prudence, Voila les Bazes de son Edifice, la Prudence le garantit & de la Seduction, & de l'infidelité, la Vertu l'unit intimement a ses freres, Vertu qu'il scait faire eclater sous mille formes differentes, Vertu de Coeur. Il est bon, Il est genereux, Il est Compatissant, Il est Charitable, vertu de Caractere il est doux, Affable, prevenant, gracieux Complaisant, Il excuses les foiblesses d'autruy, Il se prete a leurs Idées, s'accomode a leur Gout, il oublie en entrant en Loge son rang, ses Prerogatives, son Poste, la Noblesse d'un sang, que la hasard a fait Couler plus pur dans ses Veines, Il ne connoit que les Loix de l'egalité, Il se depouille des plus legers Sentimens de l'orgueil, de ce ver qui ronge le merite des plus belles Vertus, & ote tout l'agrement des plus belles perfections; de ce deffaut qui fait paroitre la liberalité Suspecte, le desinteressement Ambiteux, la Prudence malintentionnée, l'Amitié incommode, la Pieté deguisée; sourd au moindres inspirations qui le rendroient trop presomptueux, Il se met au Niveau de tous ses freres, douceur, Complaisance, Cordialité, Confiance reciproque, Voila ces Moyens inconnus aux profanes, Voila les Sources de Notre Union, & de Nôtre felicité, la Maçonnerie remplit tous nos loisirs, le Sentiment germe pour ainsi dire dans le Sein des plaisirs; Les Nôtres ont Ces Avantages, goutés sans amertume ils ne nous laissent jamais de regret; Voila mes freres les Biens que le Venerable Vient de vous departir, Vous etes maintenant Maitre de Vôtre Sort, Vous etes a meme d'y puise les Satisfactions que notre Ordre Vous assure, un Etat plus parfait mettra le Comble a Vôtre joie, nous esperons vous y voir parvenir, la frequentation de Nos Misteres, un Zele assidus a nos Assemblées, les Vertus dont nous voions deja briller sur Vôtre front le Sacré Caractere, Vous en rendront dignes, & nous nous louons d'avance, d'avoir ajouté au nombre de nos freres des Sujets comme Vous.

Les Explications & le discours ainsi finis, le Venerable dit.

Y a til quelqu'un qui aie quelque Chose a proposer pour le bien de la Loge.

Si personne ne demande la Parole, il repond; Mes Freres puisque notre Ouvrage est finis, aidés Moy a fermer cette Loge. Tout le monde se leve en ordre & le Venerable fait aux Surveillans les questions Suivantes.

D. Frere Ainé quelle heure est il?

R. Il est minuit très Venerable.

D. Il est donc tems de fermer la Loge, Ou sont placés les Surveillans dans Vôtre Loge?

R A L'Occident.

D: Pourquoy a l'occident, frere Jeune?

R. A l'Exemple du Soleil, qui termine Sa Course a l'occident de meme les Surveillans y sont placés, pour fermer la Loge, payer les ouvriers, & les Congedier.

Le Venerable dit faittes Votre Devoir, Frere.

Alors le frere Jeune frappe trois Coups a la Maçonne avec son Marteau, le 1er Surveillant en fait autant; et ensuite le Venerable, qui aiant fini dit, Très Chers freres je vous declare cette Loge fermée et Chacun est libre.

Remarqués cependant que tant que le Venerable est revetu de son Cordon S'il arrivoit quelque desordre après la Loge fermée, trois Coups de Marteau que le Venerable frappe, Suffisent pour rouvrir de nouveau la Loge, & faire mettre tous les freres a l'ordre, pour Vuider le different, ou punir le desordre.

Catechisme

D. Etes Vous Maçon?

R. Mes freres & Compagnons me reconnoissent pour tel.

D. A quoy Connoitray je que Vous etes Maçon?

R. Aux signes, mot & marque, & au point parfait de mon Entrée.

D. Donnés moy le point parfait de Vôtre Entrée?

R. Je le garde, je le Cele.

D. Que gardés Vous?

R. Le Secret des Maçons & de la Maçonnerie.

D. Ou le gardés Vous?

R. Dans le Coeur ou sous la Mamelle gauche.

D. En avés Vous la Clef, & ou la gardés Vous?

R. Ouï, Et je la garde dans une Boëte faitte en forme d'arche & Soutenuë par deux rangées de Colonnes d'yvoire.

D. Dequoi est cette Clef?

R. Elle n'est d'aucun Metal, mais c'est une Langue de bon rapport, qui ne dit rien en l'absence du frere, qu'elle ne puisse luy Soutenir avec honneur en sa presence.

D. Quels sont les signes des Maçons?

R. Tout Compas, Equerre, quaré, Niveau, & perpendiculaire, sont signes de Maçon.

D. Pourquoi dittes Vous que Tout Compas, quaré &cc. sont signes de Maçon?

R. Parceque tout Maçon doit regles ses moeurs & sa Conduite sur la justice & léquité, dont Ils sont l'embleme.

D. Donnés moy le Signe d'Aprentif?

R. Celuy qui doit repondre Se leve & donne le Signe.

D. Donnés moy le mot d'Aprentif?

R. Je l'epelleray avec Vous; Donnés moy la premiere lettre je vous donneray la Seconde.

J: A : K : J : N. on l'Epelle.

D. Qu'entendés Vous par la Marque?

R. Certains Attouchements dont les freres sont Convenus entr'eux pour se reconnoitre en tous tems.

D. Donnés la Marque au frere Jeune ou a son plus proche Voisin?

R. Celuy qui repond touche Son Voisin en Aprentif, & celuy ci dit au Vene., très juste très Venerable.

D. Par qui avés Vous éte introduit en Loge?

R. Par un Amy, que j ay ensuite reconnu pour Frere.

D. Comment a t'il disposé de Vous?

R. Il m'a depourvu de tout metaux, & ma mis dans un Etat convenable.

D. Pourquoy Vous a t'il depourvu de tous Metaux?

R. Parcequ'a la Construction du temple de Salomon, l'on entendit le bruit d'aucun Outil fait de Metal.

D. Coment cela putil se faire?

R. Parce que les Pierre[s] se trouvent si bien taillées dans les Carrieres & les bois dans les Forets, qu'il ne fut besoin que d'une force Majeure pour elever ce superbe Edifice sur sa baze.

D. Comment avés Vous etés introduits dans la Loge?

R. Par Trois Grands Coups.

D. A quoy font allusion ces trois Grands Coups?

R. A un Passage de l'Ecriture Sainte, qui dit Cherchés & Vous trouverés, demandés & Vous recevrés, frapés a la Porte & on Vous ouvrira.

D. Expliqués moy ce Passage?

R. J'ay Cherché un Amy, & je l'ay trouvé, J'ay frappé a la Porte de la Loge, on me l'a ouverte; J'ay demandé à etre receu Maçon, on me l'a accordé.

D. A qui futes Vous remis en entrant dans la Loge?

R. Au frere Jeune des Surveillans.

D. Que fit de Vous le frere Jeune?

R. Il me fit voiager par trois fois de l'Occident a l'orient par le Nord, & me remit au frere ainé.

D. Que fit de Vous le frere Aine?

R. Il me fit Avancer par trois Grands pas d'Aprentif, & me remit au Venerable.

D. Que vites Vous en Entrant en Loge?

R. Rien.

D. Comment avés Vous été reçeu Maçon?

R. En bonne & Duë forme.

D. Quelle est cette forme?

R. Mon Genouil Droit Nud, dans l'enceinte de l'Equerre, le Compas sur ma Mamelle gauche, Mon pied Gauche hors de la Loge & ma Main droite sur la Bible, ou je pretay la Solennelle Obligation.

D. Recités la Solennelle Obligation.

R. ------------------------------------

A quoy ajoute le Venerable --------------------------------

D. Dequoy Vous revetit le Venerable après que Vous futes reçeu Maçon?

R. Il me revetit d'un Tablier Blanc.

D. Que represente ce tablier Blanc?

R. Sa Blancheur represente l'innocence des Moeurs dont un Maçon doit être revetu; il represente de plus un ordre plus grand que celuy de la Jarretiere, plus Ancien que celuy de la Toison d'Or; & plus Noble que celuy du St-Esprit que les Rois & les Princes se sont fait un honneur de porter.

Le Venerable s'adressant ici a toute la Loge dit.

Jespere très Chers freres que Vous en ferés toujours de meme.

D. Que Vous delivra ensuite le Venerable?

R. Les Signes, Mots, & Marque d'Aprentif.

D. Quest ce que le Mot?

R. Ce sont certaines Paroles, dont nos Illustres fondateurs etoient Convenus entre'eux pour se reconnaître de Nuit.

D: Donnés Moy les Signes?

D. Donnés Moy la Marque?

D. Donnés l'Attouchement au frere.....?

R. ---------------

D. Qu'aperçutes Vous après qu'on Vous eut ouvert les yeux?

R. Trois grandes Lumieres.

D. Quelles sont elles?

R. Le Soleil, la Lune, & le très Venerable.

D. Quelles ressemblances on entr'elles ces trois grandes Lumieres?

 R. De même que le Soleil eclaire de jour, la Lune de Nuit, de même le très Venerable eclaire sa Loge en tout tems ou doit le faire.

D. Combien avés Vous d'Ornements dans Votre Loge?

R. Trois, l'Etoile Flamboiante qui fait l'ornement du milieu de la Loge, le Pavé a la Mosaique qui fait l'ornement du Seuil, & la Houppe dentelée qui fait l'ornement des bords.

D. Combien avés Vous de meubles?

R. Trois, La Bible, le Compas, & l'Equerre.

D. A qui appartiennent ces Choses?

R. La Bible appartient a Dieu, & sert au Très Venerable pour faire preter la Solennelle Obligation, le Compas & l'Equerre appartiennent aux Maitres pour Compasser leurs Ouvrages.

D. Combien avés Vous de Joyaux?

R. Six, Trois Mobiles, & trois Immobiles.

D. Quels sont les trois Mobiles?

R. L'Equerre, le Niveau, & la Perpendiculaire.

D. A qui appartiennent ils?

R. L'Equerre appartient au Venerable, le Niveau au 1er Surveillant, & la perpendiculaire au 2d. Surveillant.

D. Quels sont les Trois Joyaux Immobiles?

R. La Planche a tracer, la Pierre Cube, & la Pierre Brute.

D. A qui appartiennent ils?

R. La Planche a tracer appartient aux Maitres pour dessiner leurs Ouvrages, la Pierre Cube appartient aux Compagnons pour aiguiser leurs Outils, & la Pierre Brute appartient aux Aprentifs pour apprendre à travailler.

D. Ou êtoit place le Venerable lorsque Vous avés été reçeu Maçon?

R. A l'orient.

D. Pourquoy a l'orient?

R. A l'exemple du Soleil qui ouvre sa Carriere a l'orient, de même le Venerable y est placé pour ouvrir la Loge, & mettre les Ouvriers à l'Oeuvre.

D. Ou doivent être placés les Surveillans?

R. A l'Occident.

D. Pour[quoy] à l'occident?

R. A l'Exemple du Soleil qui termine sa Course a l'Occident, de même les Surveillans y sont placés, pour fermer la Loge, payer les Ouvriers & les Congédier.

D. Ou sont les Maitres?

R. Au Midi.

D. Pourquoy au Midi?

R. Parce que le Soleil est dans sa plus grande force a Midi, de meme les Maitres sont placés au Midi, pour renforcer l'ouvrage & Eclairer les Ouvriers.

D. Ou sont placés les Compagnons?

R. Par toute la Loge.

D. Et pourquoy?

R. Parce que Comme l'ouvrage est partout, Il faut partout des Compagnons pour travailler.

D. On sont places les Aprentifs?

R. Au Nord.

D. Pourquoy cela?

R. Parceque comme ils sont encore ignorants, il faut qu'ils soient placés au Nord, ou le Soleil ne donne pas, afin, de mieux Veoir de la les Maitres & Compagnons qui travaillent, pour s'instruire & apprendre eux memes a travailler. Ils sont moins distraits, & peuvent s'appliquer avec plus d'attention.

D. Quest ce qu'une Loge?

R. C'est une Assemblee de freres liés entr'eux, pour travailler Conjointement à l'avancement de nôtre grand ouvrage.

D. Qu'est-ce qu'un Maçon?

R. Un bon Maçon, est un homme de bonnes moeurs, de plus un parfait Amis, egal a un Empereur, & et plus qu'un Roy qui n'est pas Maçon.

D. Comment appelés Vous un bon Maçon?

R. Giblin.

D. Que signifie Giblin?

R, Prudence est sa Signification.

D. Comment appelés Vous le fils d'un Maçon?

R. Loufton.

D. Que signifie Loufton?

R. Il signifie force.

D. Quel est le Devoir d'un Loufton envers son Pere?

R. C'est de laider dans sa Vieillesse, & de le secourir dans ses penible travaux.

D. Ou est située Vôtre Loge?

R. Dans la Vallée de Josaphat, au Pied d'une haute Montagne, dans un lieu Secret & Caché, comme pourrait être celuy cy.

D Quelle est la forme de Votre Loge?

R. Un quarré long.

D. Quelle est sa Longueur?

R. De l'Orient a l'Occident.

D. Quelle est sa largeur?

R. Du Midy au Septentrion.

D. Quelle est sa hauteur?

R. De la surface de la terre aux Nuës.

D. Quelles est sa profondeur?

R. De la surface de la terre au Centre.

D. Pourquoy dittes Vous tout cela?

R. Parce que tous les Maçons repandus sur la surface de toute la terre, ne forment entr'eux qu'une seule & même Loge.

D. Dequoy est Couverte Vôtre Loge?

R. D'un Dais bleu Celeste, parsemés d'Etoiles d'Or.

D. Surquoy est elle soutenue?

R. Par trois grandes Colonnes.

D. Quelles sont ces Colonnes?

R. La Sagesse, la force, & la beauté, la Sagesse pour entreprendre, la force pour executer, & la beauté pour l'ornement.

D. Dequoy sont elles l'Embleme?

R. La Sagesse est l'Embleme de Salomon, la force d'Hiram roy de Tyr, & la beauté d'Iramabif.

D. Pourquoy dittes Vous cela?

R. La Sagesse est l'embleme de Salomon, parceque c'est luy le premier, qui executee le dessein de batir un temple a l'Eternel, Et parceque la Sagesse luy fut donnée en partage après qu'il l'eut demandée, La force est l'embleme d'Hiram Roy de Tyr, parceque ce fut luy qui fournit des Materiaux pour batir le temple; La beauté est l'embleme d'Iramabif, parceque ce fut cet habile Architecte et Ouvrier qui orna le temple par ses ouvrages.

 D. Dans quelle Loge avés Vous été reçeu Maçon?

R. Dans une Loge Juste & Parfaitte.

D. Pourquoy dittes Vous cela?

R. Parceque trois la forment, Cinq la Composent & sept la rendent juste & parfaitte.

D. A quy est elle dediée?

R. A Salomon Comme Loge Generale, & a St-Jean Baptiste, Comme Loge Chretienne.

D. Si vôtre Loge est dediée, elle a été consacrée. Comment à telle ette Consacrée?

R. Par trois grandes Offrandes.

D. Quelles sont elles?

R. Le Sacrifice d'Abraham, lorsqu'il immola son fils Unique, sur le Mont Morija, par l'Ordre de Dieu; Les Prieres de David, lorsqu'il appaisa Dieu du tems de la Peste, & la Dedicace du Temple de Salomon, lorsque Salomon Dedia son temple à l'Eternel.

D. A quoy Vous occupés Vous dans Votre Loge?

R. A Elever dans nos Ames, un temple Spirituel a la Vertu.

D. Avés Vous travaillés, & combien de tems?

R. Ouï, depuis le Lundy matin; jusqu'au Samedi soir.

D. Vôtre maitre est il Content de Vous?

R. Oui, que je sache, il m'a bien payé, je suis content.

 D. Quel Age Avés Vous?

R. Moins de sept An.

D. Que porte un Maçon avec luy, lorsqu'il va voiager?

R. Un Vase, de l'Eau, & du Charbon; le Vase pour contenir l'Eau, le Charbon pour tracer sa Loge, & l'Eau pour l'efacer.

D. Quelle seroit la peine d'un profane qui s'introduiroit dans nôtre Loge?

R. Je le prendray avec force, je le serreray avec violence, & je l'emporteray sous une goutiere, jusques aces que l'Eau l'eut percé de part en part.

D. Si un Maçon etoit perdu ou le Chercheriés Vous?

R. Entre le Compas & l'Equerre.

D. Pourquoi?

R. Parceque tout Maçon doit regler sa Conduite, sur la Justice & l'Equitté dont le Compas & l'Equerre sont l'Embleme.

D. Comment feriés Vous pour appeller du secours dans une detresse?

R. Je mettray mes mains jointes renversées sur ma tête & je Crieray, A moy les Enfants de la Veuve.

D. Frere d'ou venés Vous?

R. De la Loge de St-Jean.

D. Qu'apportés Vous de nouveau?

R. Que le Grand Maitre saluë le Venerable par trois fois, & fait bon Accueil aux freres Maitres, Compagnons, Aprentifs & Visiteurs de cette Loge.

Fin du Catechisme & du Grade d'Aprentif.

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 15:17

De la Conduite d'un Franc Maçon, tels qu'on doit en faire la Lecture à un Recipiendaire Avant de l'Introduire dans la Loge.


L'Ordre de la Maçonnerie n'impose point d'obligations contraires à la Religion à L'Etat n'y aux bonnes Moeurs, il ne faut pas concevoir de cette Société aucune autre Idée que celle qu'on peût prendre naturellement d'une Assemblee d'Honnettes Gens qui vivent sous les Loix auxqu'elles ils se sont soumis après les avoir adoptées, et qui pour leur Satisfaction particuliere se sont formé un Sisteme, qui ne touche en aucune Façon, le Culte, les Princes n'y l'Honneur.

L'objection qu'on fait ordinairement aux Francs Maçons consiste a dire qu'une bonne Chose ne Doit pas rester dans le Secret, et que l'Interet General exigé qu'on la publie, d'ou il s'ensuit que les francs Maçons ne seroient pas si obstinés à taire leurs practiques, si elles n'avoient, sinon un Bût mauvais, du moins une Dangereuse Consequence, à cela Nous repondons que le principe qui oblige tous les Hommes à communiquer ce qu'ils savent etre utile, pour le Bien de tous, renferme des Exceptions particulieres, l'Exemple à souvent apris qu'une chose qui avoit été excellente, tant qu'elle etoit restée entre un petit Nombre de Personnes, avoit beaucoup perdû de sa valeur, lors qu'on l'avoit divulguée, tel est le Cas ou les Francs Maçons se trouvent, le Secret qu'ils conservent si precieusement seroit avili si tout public en seroit le Depositaire, et les hommes n'en deviendroient pas meilleurs; Car de même qu'il est certain que l'homme ne peut etre bon Franc Maçon sans etre parfaitement honnette homme de même on peût être fort honnette homme sans être franc Maçon, ainsi donc Utilité de la Maçonnerie est seulement pour Ceux qui la Connoissent, on ne peût y parvenir que par la Voie du Mistere, et c'est une Double Satisfaction pour nous d'exiter la Curiosité et la Jalousie du public. Nous nous ammusont de ses propos, ils nous apprenent à Connoitre toutte sa malignité et à Nous en preserver.

[NB cet Article ne doit etre lû qu'aux Catholiques Romains]

A l'Egard du scrupule que bien des gens ont conçû au sujet des Censures Ecclesiastiques, que l'on pretend étre lancées contre Nous, cet Objet ne doit pas inquieter lorsqu'on veût y reflechir, sans vouloir se soustraire à l'Obéissance du St-Siege, il est permis de Connoitre jusques ou vâ son pouvoir sur tout, lorsque l'on puise la Regle de son Jugement dans les Sts-Canons, qui font eux memes toutte l'Authorité du Souverain Pontife; Or nous apprenons par ces Canons qu'une Excommunication ne peût etre valable qu'autant qu'elle a été portée en Connoissance de Cause, attendû que le Mal ne se suppose point, etant surs comme Nous Sommes que le Pape n'a pas crû etre instruit de ce qui se passe parmi Nous, Nous sommes deja convenûs que l'Excommunication est nulle de plein Droit, puis qu'elle à manqué du Moyen necessaire pr. la fonder, mais à supposer que sous le Titre de Censure Conditionnelle elle puisse avoir quelque force, notre Conscience dans ce Cas est notre veritable Refuge, et puis qu'elle ne nous reproche rien, nous devons en etre parfaitement tranquilles.

L'on est etonné que dans la Societé des Francs Maçons on admette indistinctement Gens de Differente Religion, il faut observer 1. que l'on ne peût y reçevoir que Ceux qui portent le nom de Chretiens, et que s'il s'y rencontre des Infideles, tels que Juifs, Turcs ou autres, ils y sont entrés par Abus, faute d'avoir été bien connus.

A l'Egard de ce Melange de Chrétiens qui ont une Difference de Croyance, est une Raison politique que l'on developera par la Suite, quant à présent il suffit de dire, qu'à Ceux qui reconnoissent le même Créateur, et qui ne sont en Controverse que sur quelques points de Doctrine, plus ou moins bien entendues, peuvent d'ailleurs penser juste, et etre d'accord sur les points essentiels qui Nous reunissent, c'est encore une Enigme, qui n'est permis d'expliquer qu'avec le Tems; Au Reste la Vertû et L'Honneur se rencontrent dans touttes le[s] Sectes, et par la même nous ferions Grace aux Hebreux et aux Mahometans, si nous n'avions des Motifs independants de cet Objet qui nous forcent de les exclure.

De même que la Vertû et l'honneur se rencontrent dans touttes les Sectes, ils sont aussy dans tous les Etats, c'est pourquoi nous reçevons dans la Maçonnerie, touttes Sortes de Personnes, sans Distinction de Qualite n'y de Rang, nous pensons avec Justice que tous les Hommes etant d'une Branche, sortie de la meme Tige, ils sont egaux et nous concluons avec fondement, que l'Harmonie Generale se maintient bien plus Seulement par cette parfaitte egalité, quand la Vertû seule procure des Distinctions et des Egards, d'ailleurs les Tallents se trouvent souvent plutot dans des Gens d'une basse naissance, que chez Ceux d'une Extraction plus relevée, et les Talents, Philosophie, Eloquence, Geometrie, Peintuire et autres, nous devons nous y appliquer ils sont necessaires à notre Bût, ainsi nous devons en faire notre Etude particuliere, chacun suivant le Genre qui luy est propre, car nous naissons tous avec des Despositions à quelque chose, il ne faut que les connoitre pour les mettre à Profit.

Tout Homme qui se propose d'entrer dans l'Ordre Royal de la Maçonnerie doit se souvenir que la Paix, l'union, la Charité, sont les principaux Devoirs vis à vis de ses Freres, que le ferme Attachement à la Loy de l'Evangile, et la scrupuleuse Observance des preceptes du Christianisme, sont ses Obligations essentielles vis à vis de Dieu, et enfin que la Droiture la probité et la Verite doivent étre ses Regles en Qualite d'honnette homme; La premiere Notion se subdivise en plusieurs parties, et ainsy de suite.

Pour maintenir cette bonne Union, l'on de doit jamais parler en loge de Matiere de Religion ou de politique, il est difficile que l'on puisse discuter sans aigreur sur ces sujets, ainsy l'on doit laisser à chacun cette Especes de sentiment etranger à notre Ordre, l'on evitera donc tout ce qui peût occasionner des Querelles et l'on laissera à la porte, toutte Idée de Vengeance, bien resolû de se reconcilier de bonne foy en entrant avec tous Ceux qui sont Freres et d'oublier tout ce qu'on peût avoir Contre Eux.

S'il arrive quelque Dispute entre Francs Maçons, il n'est pas permis de la terminer par les Voies sanglantes que le Monde authorise, mais tout doit se passer à l'amiable; la Loge doit juger souverainement de la Discution fut elle même en matiere d'Interet.

Le Libertinage est expressement deffendû et parmi les différentes Classes de Debauche l'Adultere est surtout condamné, par la Consequence qui en Resulte, à plus forte Raison est il interdit à un Frere, et l'on ne peût plus se faire un Jeû de tous les petits soins que l'on peût rendre imprudemment à la Femme de son Frere, parce que, quand même on ne le trahiroit pas, il suffit qu'il puisse en conçevoir de l'Inquiétude.

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 14:32



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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 11:11

LE MANUSCRIT DES ARCHIVES D'ÉDIMBOURG

1696


Quelques questions que les maçons ont coutume de poser à ceux qui ont le mot, avant de les reconnaître.

 Question 1 : Etes-vous maçon ?

Réponse : Oui.

Q. 2 : Comment le connaîtrai-je ?

R. : Vous le connaîtrez en temps et lieu convenables.

Remarques : la dernière réponse ne doit être faite qu'en présence de gens qui ne sont pas maçons. Mais en l'absence de telles gens vous devriez répondre : par signes, conventions et autres points de mon entrée.

Q. 3 : Quel est le premier point ?

R. : Dites-moi le premier point, je vous dirai le second. Le premier est de celer et cacher ; le second : «sous une peine qui ne saurait être moindre», qui consiste alors à vous c....r la g...e, car vous devez faire ce signe quand vous dites cela.

Q. 4 : Ou avez-vous été entré ?

R. : A l'honorable Loge.

Q. 5 : Qu'est-ce qui fait une Loge véritable et parfaite ?

R. : Sept maîtres, cinq apprentis entrés, à un jour de marche d'un bourg, là où on n'entend ni un chien aboyer, ni un coq chanter.

Q. 6 : Ne peut-on pas former à moins une Loge véritable et parfaite ?

R. : Oui, cinq maçons et trois apprentis entrés, & c.

Q. 7 : Et à moins [encore] ?

R. : Plus on est, plus on rit, moins on est, meilleure est la chère.

Q. 8 : Quel est le nom de votre Loge ?

R. : Kilwinning.

Q. 9 : Comment se tient votre Loge ?

R. : Est et Ouest, comme le temple de Jérusalem.

Q. 10 : Où se tint la première Loge ?

R. : Dans le porche du temple de Salomon.

Q. 11 : Y a-t-il des lumières dans votre Loge ?

R. : Oui, trois: le nord-est, le sud-ouest, et le passage de l'est. La première désigne le maître maçon, la seconde le surveillant, la troisième le compagnon poseur.

Q. 12 : Y a-t-il des bijoux dans votre Loge ?

R. : Oui, trois : un parpaing, un pavé d'équerre et un large ovale.

Q. 13 : Où trouverai-je la clé de votre Loge ?

R. : A trois pieds et demi de la porte de la Loge, sous un parpaing et une motte verte. Mais sous le repli de mon foie, là où gisent tous les secrets de mon cœur.

Q. 14 : Qu'est la clé de votre Loge ?

R. : Une langue bien pendue.

Q. 15 : Où se trouve la clé ?

R. : Dans la boîte d'os.

Après que les maçons vous ont examinés par toutes ces questions ou par quelques-unes d'entre elles, et que vous y avez répondu avec exactitude et fait les signes, ils vous reconnaîtront, non pas cependant pour un maître maçon ou compagnon du métier, mais seulement pour un apprenti, c'est pourquoi ils vous diront : je vois que vous avez été dans la cuisine, mais je ne sais pas si vous avez été dans la salle.

R. : J'ai été dans la salle aussi bien que dans la cuisine.

Q. 1 : Etes-vous compagnon du métier ?

R. : Oui.

Q. 2 : Combien y a-t-il de points du compagnonnage ?

R. : Cinq, à savoir : pied à pied, genou à genou, cœur à cœur, main à main et oreille à oreille.

 Faites alors le signe du compagnonnage, et serrez la main de votre interrogateur, et vous serez reconnu pour un véritable maçon. Les mots sont dans le premier livre des Rois, ch. 7, v. 2l et dans le deuxième livre des Chroniques, ch. 3, dernier verset.

La manière de donner le mot du maçon.

  Tout d'abord vous devez faire agenouiller la personne qui va recevoir le mot, et après force cérémonies destinées à l'effrayer, vous lui faites prendre la Bible et, plaçant sa main droite dessus, vous devez l'exhorter au secret, en le menaçant de ce que, s'il vient à violer son serment, le soleil dans le firmament et toute la compagnie témoigneront contre lui, ce qui sera cause de sa damnation, et qu'aussi bien les maçons ne manqueront pas de le tuer. Puis, après qu'il a promis le secret, ils lui font prêter serment comme suit :

Par Dieu lui-même et vous aurez à répondre à Dieu quand vous vous tiendrez nu devant lui au jour suprême, vous ne révélerez aucune partie de ce que vous allez entendre ou voir à présent, ni oralement, ni par écrit ; vous ne le mettrez jamais par écrit, ni ne le tracerez avec la pointe d'une épée, ni avec aucun autre instrument, sur la neige ou le sable, et vous n'en parlerez pas, si ce n'est avec un maçon entré ; ainsi que Dieu vous soit en aide.

Après qu'il a prêté le serment, on l'emmène hors de la compagnie, avec le plus jeune maçon, et quand il est suffisamment effrayé par mille postures et grimaces ridicules. il doit apprendre dudit maçon la manière de se tenir à l'ordre, ce qui est le signe, et les postures et paroles de .son entrée, qui sont comme suit :

Quand il rentre dans la compagnie, il doit d'abord faire un salut ridicule, puis le signe, et dire : Dieu bénisse l'honorable compagnie. Puis, retirant son chapeau d'une manière très extravagante qui ne doit être exécutée que dans ces circonstances (comme le reste des signes), il dit les paroles de son entrée, qui sont comme suit :

Me voici, moi le plus jeune et le dernier apprenti entré, qui viens de jurer par Dieu et saint Jean, par l'équerre, le compas et la jauge commune, d'être au service de mon maître à l'honorable loge, du lundi matin au samedi soir, et d'en garder les clés, sous une peine qui ne saurait être moindre que d'avoir la langue coupée sous le menton, et d'être enterré sous la limite des hautes marées, où nul ne saura[qu'est ma tombe.

Alors, il fait à nouveau le signe, en retirant la m..n sous le m....n devant la g...e, ce qui signifie qu'on l. l.. c...a au cas qu'il manque à sa parole.

Ensuite, tous les maçons présents se murmurent l'un à l'autre le mot, en commençant par le plus jeune, jusqu'à ce qu'il arrive au maître maçon, qui donne le mot à l'apprenti entré.

Maintenant, il faut remarquer que tous les signes et mots dont on a parlé jusqu'ici appartiennent à l'apprenti entré. Mais pour être un maître maçon ou compagnon du métier il y a plus à faire, et c'est ce qui suit.

Tout d'abord, tous les apprentis doivent être conduits hors de la compagnie, et il ne doit rester que des maîtres. Alors, on fait de nouveau agenouiller celui qui doit être reçu membre du compagnonnage, et il prête le serment qui lui est présenté de nouveau. Ensuite, il doit sortir de la compagnie avec le plus jeune maçon pour apprendre les postures et signes du compagnonnage, puis, en rentrant, il fait le signe des maîtres et dit les mêmes paroles d'entrée que l'apprenti, en omettant seulement la jauge commune. Alors, les maçons se murmurent l'un à l'autre le mot en commençant par le plus jeune comme précédemment, après quoi le nouveau maçon doit avancer et prendre la posture dans laquelle il doit recevoir le mot, et il murmure au plus ancien maçon : les dignes maîtres et l'honorable compagnie vous saluent bien, vous saluent bien, vous saluent bien.

Alors le maître lui donne le mot et lui serre la main à la manière des maçons, et c'est tout ce qu'il y a à faire pour faire de lui un parfait maçon.

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 10:46


"Cette Tradition française si cohérente qu'on trouve entre 1740 et 1821, elle continue, sans aucune rupture, une Tradition qui vient d'Ecosse et d'Angleterre et qui vient non seulement des années 1717, date de fondation de la Grande Loge des Modernes, , mais qui se prolonge, sans aucun doute possible jusqu'aux plus anciens textes connus... C'est à dire en particulier, les trois textes Ecossais si importants, qui sont à la fois des rituels, et des instructions, dont le plus ancien est le manuscrit des Archives d'Edimbourg, datant de 1696 Il y en a trois, qui sont des manuscrits « frères » très proches, et l'on trouve, avec stupéfaction, une similitude énorme entre ce Rite Français et ces Manuscrits écossais anciens.

Ca pose quand même un problème, dans lequel on ne peut pas partir maintenant, mais il est très probable que les auteurs, les fondateurs de la Grande Loge de 1717, on recueilli davantage d'usages Ecossais (le pasteur Anderson, en particulier était originaire d'Aberdeen  en Ecosse), que d'usages Anglais. C'est paradoxal... c'est ainsi. Ca explique d'ailleurs, peut être, les frictions et les troubles ultérieurs qui sont intervenus. En particulier, le pasteur Jean Théophile Desaguliers s'était rendu en 1721 en Ecosse à la Loge Sainte Chapelle de Marie, Mary's Chapel,  à Edimbourg et, tuilé, il avait été reconnu en tous points un maçon parfait. Peut être est ce clause de style, peut être ces similitudes avaient elles aidé beaucoup à cette reconnaissance...

Donc, continuité complète des plus anciens textes Anglais jusqu'à 1821".

  "Je voudrais dire quelques mots des hauts grades.

Le Rite Français était un système, non pas fondé, mais ordonné, aux environs de 1786, par le Grand Orient de France. L'apparition des hauts grades a eu lieu dans la seconde moitié du XVIII° siècle, d'une façon extrêmement désordonnée. Ce ne sont pas des systèmes qui sont apparus. Ce sont des grades. Ensuite, une espèce d'usage, variant certainement selon les cas , a fait qu'on a considéré certains grades comme devant être préalables à certains autres, d'autres, au contraire, devant être considérés comme des étapes initiatiques plus avancées. C'est ainsi que s'est constitué, d'une façon très empirique, très désordonnée, un certain nombre de systèmes en France, et l'un de ceux qui sont les plus connus, c'est le Rite de Perfection en vingt cinq grades, qui a fini, au début du XIX° siècle, par donner le Rite Ecossais Ancien et Accepté en trente trois grades. Mais, pendant très longtemps en France, le Grade de Rose Croix, de Souverain Prince Rose Croix, pour donner l'appellation complète avait été considéré comme un sommet, un « nec plus ultra ». Ceux qui soupçonnent la signification essentiellement christique de ce grade peuvent comprendre pourquoi c'est considéré comme un sommet. Lorsque le Grand Orient de France a accepté un système de grades supérieurs, il a mis au point, non pas des grades, mais des ordres. Il y avait une prolifération de grades et de rituels différents, alors il a fait une synthèse d'un groupe de grades semblables pour en faire un qui était synthétique, puis un deuxième, puis un troisième, puis le grade de Rose croix qui lui, n'avait jamais connu dans sa version traditionnelle, qu'une seule rédaction, remarquablement homogène provenant, non pas d'une source unique, mais d'une rédaction  originelle unique... rédaction dont la date est difficile à fixer,  mais dont toutes les manifestations extérieures se situent autour des années 1765. Si bien qu'on peut penser que ce grade existait quelques années avant 1765, sans doute entre 1760 & 1765, et il est très probable que le Comte de Clermont avait joué un rôle dans cette rédaction.

Le Grand Orient de France, avait fait cette rédaction des quatre Ordres, qui culminait avec le Grade de Rose Croix.

Il faut bien dire que si l'on considère le caractère essentiellement chrétien de ce grade de Rose croix, à l'époque, ça avait une signification, ce n'était pas une affaire purement honorifique et destinée à flatter la vanité des Frères. C'était vraiment une option Maçonnique. Pour les Maçons Français du XVIII° siècle, d'une façon toute naturelle, sans agressivité, sans hyperbole, la Maçonnerie était chrétienne, tout bêtement, tout simplement chrétienne. Personne ne se posait vraiment de problème à ce sujet.

Après, il y a eu le phénomène du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Le Rite Ecossais, Ancien et Accepté dérive du Rite de Perfection, qui avait vingt cinq grades, dont un certain nombre se considérait déjà comme supérieur au quatrième Ordre du Rite Français et on y a ajouté un certain nombre de grades différents, certains, administratifs, pour culminer à trente trois grades. Dans ce système à trente trois grades, le grade de Rose Croix n'était plus que le dix huitième. Sans doute, la signification  initiatique des grades s'estompant quelque peu, le grade n° 18 s'est trouvé avoir de très forts complexes d'infériorité par rapport au grade n° 30 et au grade n°33. Lorsque le système à trente trois grades est apparu, il y a eu accord entre le Grand Orient de France et les Frères du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Le Grand Orient de France gardait la gestion des grades jusqu'au 18°, ce qui était conforme à sa tradition, et il acceptait le prolongement jusqu'à 33. C'était peut être très bien sur le plan de la politique, mais le résultat est que ce Rite Français a été dévalorisé. Il n'était plus qu'une antichambre, il n'était plus qu'un marchepied, et, sa pratique est tombée peu à peu en des errances et il faut admettre qu'aux alentours de 1860 ces quatre ordres, qui de toute façon étaient prolongés par les parties supérieures du Rite Ecossais Ancien et Accepté on cédé leur place, tout bonnement au système normal du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

Il y avait eu une disparition, et nous avons pensé que si nous voulions aller jusqu'au bout de la restauration, du rétablissement, il fallait non seulement pratiquer la Maçonnerie Française dans sa Tradition des trois premiers grades, mais il fallait aussi pratiquer le complément, pensant que le complément pouvait répercuter des explications et des éclaircissements sur les trois premiers grades... Et ça n'a, naturellement pas manqué de se faire".


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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 00:41

GENESE : TUBALCAIN

 Lamekh prit deux femmes: le nom de l'une était Ada, et le nom de l'autre Tsilla.

 Ada enfanta Jabal: il fut le père de ceux qui habitent sous des tentes et près des troupeaux.

 Le nom de son frère était Jubal: il fut le père de tous ceux qui jouent de la harpe et du chalumeau.

 Tsilla, de son côté, enfanta Tubalcaïn, qui forgeait tous les instruments d'airain et de fer. La sœur de Tubalcaïn était Naama.


JUGES : SCHIBBOLETH

Jephthé rassembla tous les hommes de Galaad, et livra bataille à Éphraïm. Les hommes de Galaad battirent Éphraïm, parce que les Éphraïmites disaient: Vous êtes des fugitifs d'Éphraïm! Galaad est au milieu d'Éphraïm, au milieu de Manassé!

Galaad s'empara des gués du Jourdain du côté d'Éphraïm. Et quand l'un des fuyards d'Éphraïm disait: Laissez-moi passer! Les hommes de Galaad lui demandaient: Es-tu Éphraïmite? Il répondait: Non.

Ils lui disaient alors: Hé bien, dis Schibboleth. Et il disait Sibboleth, car il ne pouvait pas bien prononcer. Sur quoi les hommes de Galaad le saisissaient, et l'égorgeaient près des gués du Jourdain. Il périt en ce temps-là quarante-deux mille hommes d'Éphraïm.


ROIS : JAKIN et BOOZ

Il fit les deux colonnes d'airain. La première avait dix-huit coudées de hauteur, et un fil de douze coudées mesurait la circonférence de la seconde.

Il fondit deux chapiteaux d'airain, pour mettre sur les sommets des colonnes; le premier avait cinq coudées de hauteur, et le second avait cinq coudées de hauteur.

Il fit des treillis en forme de réseaux, des festons façonnés en chaînettes, pour les chapiteaux qui étaient sur le sommet des colonnes, sept pour le premier chapiteau, et sept pour le second chapiteau.

Il fit deux rangs de grenades autour de l'un des treillis, pour couvrir le chapiteau qui était sur le sommet d'une des colonnes; il fit de même pour le second chapiteau.

Les chapiteaux qui étaient sur le sommet des colonnes, dans le portique, figuraient des lis et avaient quatre coudées.

Les chapiteaux placés sur les deux colonnes étaient entourés de deux cents grenades, en haut, près du renflement qui était au delà du treillis; il y avait aussi deux cents grenades rangées autour du second chapiteau.

Il dressa les colonnes dans le portique du temple; il dressa la colonne de droite, et la nomma Jakin; puis il dressa la colonne de gauche, et la nomma Booz.

Il y avait sur le sommet des colonnes un travail figurant des lis. Ainsi fut achevé l'ouvrage des colonnes.


CHRONIQUES : JAKIN et BOOZ

Il fit devant la maison deux colonnes de trente-cinq coudées de hauteur, avec un chapiteau de cinq coudées sur leur sommet.

Il fit des chaînettes comme celles qui étaient dans le sanctuaire, et les plaça sur le sommet des colonnes, et il fit cent grenades qu'il mit dans les chaînettes.

Il dressa les colonnes sur le devant du temple, l'une à droite et l'autre à gauche; il nomma celle de droite Jakin, et celle de gauche Booz.

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 23:30

Le V° Ordre se compose de deux classes :

          1° La Classe des Prosélytes qui a accès aux huit premières séries  de manuscrits contenus dans l'Arche du V° Ordre.

Les Prosélytes sont reçus  au V° Ordre selon le rituel du Chevalier du Soleil 72° et dernier grade de la 8° série.

          2° La classe des  Membres du Conseil, qui seule, a accès aux manuscrits de la 9° série et aux autres cahiers à classer.

Les séances du Conseil se tiennent autour d'une plate-forme près de laquelle est posée l'Arche. Pour arriver à la salle qui renferme cette plate-forme, on parcourt une route circulaire. Cette salle est tendue de blanc et décorée d'un drapeau de même couleur.

La décoration des membres du Conseil est un ruban blanc moiré liseré en or, auquel est attaché un bijou.

La décoration de la classe des Prosélytes est un ruban blanc moiré non liseré, attaché à la boutonnière et auquel vient un bijou.

Le bijou des membres du V° Ordre sera une médaille estampillée et frappée d'un seul coté représentant :

          1° Autour un serpent qui mord sa queue ;

          2° Au milieu du bijou, le Triangle radieux au centre duquel est le nom de Dieu en caractère hébraïque ;

          3° Au sommet du Triangle le chiffre 5.

Ce bijou sera doré pour les membres du Conseil et pour les Officiers d'Honneur.

Il ne sera porté que lors des séances du V° Ordre et les Frères de cet Ordre porteront en outre les décorations de  Souverain Prince Rose Croix, c'est-à-dire le sautoir, le bijou et le tablier.

Les membres composant le V° Ordre n'auront aucune préséance ni prépondérance au grand chapitre  général, ni dans aucune assemblée, concernant les différents Ordres.

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