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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 03:52

Le 30 avril 1787

Le f. Thory V :. en exercice a exposé que se trouvant dans une des assemblées du G.O. de France en qualité de député de la R.L., il y fut proposé la réunion au G.O. d'un corps se qualifiant Grand Chapitre Général de France, que cette proposition mise en délibération, il déclara qu'il ne donnerait pas son avis sur une matière aussi délicate, sans avoir pris des instructions de la R.L. qu'il représentait, que vendredi dernier 27eme jour du 2eme mois s'étant rendu au G.O. il y avait Entendu la lecture d'une planche tracée qui annonçait que la réunion était consommée & qu'il ne s'agissait plus que de traiter des conditions, sous les quelles elle doit avoir lieu, qu'il avait appris par la même planche que lors de la réunion du g. chapitre au go. De France, des membres de ce grand chapitre qui formaient la majeure partie de l'assemblée avaient voté, ce qui lui avait paru aussi irrégulier En maçonnerie que contraire aux usages de toutes les sociétés, ou les membres n'avaient pas voix, lorsqu'il s'agissait de leur intérêt personnel & individuel; Sur quoi, le f. Thory a demandé à la R.L., si elle approuvait la conduite qu'il avait tenue dans cette affaire, & Ta priée de lui tracer celle qu'il devait tenir par la suite. La matière mise en délibération, il a été observé que la forme selon laquelle, il avait été procédé dans l'assemblée ou la réunion du g. chapitre au G.O. avait été admise, rendait la délibération absolument nulle;

1° Vu que la délibération n'a point été libre, attendu la présence des parties intéressées ;

2° Vu que non seulement, la liberté au g.o. a été gênée, mais que même on peut dire que la délibération, est plutôt celle du g. ch. que celle du g.o., puisque le nombre des membres du g. ch. surpassait celui du nombre du g.o. ; qu'à ces vices qui rendent nul tout acte tant civil que maçonnique, se joignent des Irrégularités qui procèdent de la violation des règlements du g.o. En effet il est constant que lorsqu'il s'agit du sort d'une loge, non seulement son député n'a point voix délibérative; mais même est encore obligé de couvrir le temple pendant qu'on délibère; de même lorsqu'il s'agit de prononcer sur l'appel d'une décision d'une des chambres du g.o. les officiers qui composent cette chambre n'ont point voix délibérative. qu'il était par conséquent bien étonnant qu'au mépris de ces formes si sagement établies, les membres du g. ch. aient voté dans la délibération dont il s'agit, et qu'on ait souffert qu'ils aient été ainsi tout à la fois juges et parties, que la R.L. ne connaissant, ni la nature, ni les travaux, ni le régime du g. chapitre, que ne connaissant point non plus les conditions sous lesquelles sa réunion avec le g.o. était proposée, elle ne pouvait prendre aucune délibération sur le fonds même de l'affaire, qu'il ne s'agissait par conséquent que de délibérer sur la forme qui avait été adoptée dans les assemblées du g.o. où il en avait été traité. Tout mûrement examiné, les avis de tous les ff. recueillis, oui le f. Or. en ses Conclusions.

La R.L. en approuvant la conduite de son député a arrêté quelle inviterait le g.o. a revenir sur la délibération portant réunion du g. chapitre, attendu la nullité et l'irrégularité de cette délibération, arrêté en outre, que la R.L. inviterait aussi le g.o. à ne plus souffrir que dans les délibérations ou il s'agirait des conditions de la réunion du g. chap., les membres de ce g. chap. aient voix délibératives, et dans le cas où le g.o. n'aurait aucun égard à la prière de la R.L., elle déclare former opposition concernant les conditions de la réunion du g. ch. si les membres de ce ch. sont admis à voter, a moins cependant qu'ils ne soient porteurs d'une planche des loges dont ils sont députés qui contienne le vœu des dites L. sur chacune des conditions proposées.

arrêté de plus, pour donner au g.o. une marque de l'unanimité du vœu de la R.L. & de la déférence pour lui, que l'extrait de la présente délibération lui sera présenté dans son assemblée g"1 de vendredi prochain par une députation composée de 27 maîtres [de la loge de Saint Alexandre] au nombre desquels seraient le Vble & tous les Offrs dignitaires; en conséquence le f. Secrétaire adj a été invité à faire à l’instant l'extrait de la présente délibération pour être signé conjointement avec la planche tracée de ce jour.

 8 mai 1787

Le Vble a rendu compte à la R.L. que la députation arrêtée dans Sa dernière assemblée, pour se rendre au G.O. de France au nombre de 27 maitres avait eu lieu, que le G.O. après la lecture de l'Extrait de la Délibération qui lui a été présentée par lui Vble avait arrête qu'il Serait passé outre Sans avoir égard aux Oppositions formées par la R.L. ; Qu'en conséquence les Membres du Corps Se qualifiant Grand Chapitre Gal de France avoient votés dans les Délibérations concernant les Conditions de la Réunion dud. Corps au G.O. Pourquoi il avait cru de Son Devoir en qualité de V*'e et Député né de la R.L. au G.O. défaire de nouvelles Protestations par une Planche tracée qu'il a remise au G.O. le 6 du présent Mois, afin qu'elle puisse circuler dans les Trois ateliers du G.O. pour le rapport en être fait Vendredi prochain dans Son Assemblée Gale La R.L. a remercié le V :.de Son zèle et on a Suspendu de prendre aucune Délibération Sur cette Matière Jusqu'à ce que l'on Sache le Parti que le G.O. Prendra Sur la Planche contenant les Nouvelles Protestations de la R.L.

6 Mai 1787

Lettre de Thory au Grand Orient

A la Gloire du G. A. de L'U. Au nom et sous les auspices du Sme. G. M.

Le f Thory Vble de la T.R.L.

de St Alexandre d'Ecosse à l'O. de Paris

Au G.O. de France,

Salut, Gloire, Prospérité

TT.RR.FF.

Rien ne confirme mieux la légitimité de la Demande en Cassation que les RR. LL. opposantes à la Réunion du Corps se qualifiant Grand Chapitre General, au G.O., ont faite en sa dernière assemblée du 4 du présent Mois de Mai, que la Décision par laquelle il a prononcé, en cette même Assemblée, que sans s'arrêter aux Oppositions des LL., il serait procédé à l'examen des conditions de la Réunion; Car le G.O. n'a pris cette Décision sur lesdites oppositions que parce qu'il ne s'en était pas occupé. Comment donc a-t-il pu avoir délibéré sur l'objet de la Réunion et avoir arrêté cette même Réunion en son Assemblée Générale du 17 février 1786 au préjudice des oppositions alors formées. Ce défaut déforme constaté maintenant par le G.O. lui-même, rend nulle ladte Réunion et annuelle par conséquent de Droit tout ce qui a été fait sur cette affaire, même les Décisions prises en la dernière Assemblée.

En conséquence en ma qualité de Vble de la R.L. de S'Alexandre d'Ecosse, Je proteste de nouveau en Son Nom, contre toutes les Délibérations prises par le G.O. concernant la Réunion à lui du Corps se qualifiant Grand Chapitre Général de France.

fait à l'O. de Paris le 6e Jour du 3e Mois de L'an de la V.L. 5787 J'ai la faveur d'être...

TT. RR. ff. Votre très Dévoué et T. affectionné f. Thory

(Le Grand Orient ne tiendra pas compte de ces protestations.)

 

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 03:11

La Loge s'ouvre comme celle de Maitre et se ferme de même. Quand il est question de faire un nouveau Maitre de Loge et qu'il a été choisi par la règle ordinaire, le G.M. nommé Cyrus assis au trône, l'Epée a la main en faisant la croix sur le récipiendaire, qui est a genoux devant lui, dit : que demandez-vous?

 R. Je vous demande T.R.G.M. de me donner le Grade de Maître de Loge.

 Le G.M. : Vous me demandez une grâce qui ne s'accorde qu'à ceux que le mérite en rend digne, et qui sont disposés a la pratique des œuvres de miséricorde envers les pauvres maçons, et a verser leur sang pour la défense de la Religion et pour le service de leur souverain, nous avons appris que toutes ces qualités étaient en vous, c'est ce qui m'engage a vous accorder votre demande. Etes-vous disposé a vous servir de votre Epée pour la défense dé votre souverain et de la Maçonnerie?

 R. Oui, T.R.G.M.

 Le Grand Maître dit : Je vais vous recevoir G.M. de l'Art Royal de la maçonnerie, au nom du Père, du fils et du St Esprit. En disant cela il fait une croix avec son épée sur le récipiendaire.

Le grand Maitre se lève, tire l'Epée du fourreau du récipiendaire, lui en donne deux coups sur 1'épaule droite et deux sur 1'épaule gauche et lui dit: par le R.G.M. le Comte Prince de Clermont, je vous fais V.M'. de Loge, et donne

L’Epée au Récipiendaire et lui dit : Servez vous de votre épée selon l'esprit de la maçonnerie et non pas selon vos passions, et souvenez vous que vous ne devez jamais frapper personne injustement, soyez désormais vigilant au service de l'Ordre et de votre souverain, obéissant a vos supérieurs, patient a leurs corrections. Sachez que les lois de l'art royal dont vous êtes maitre vous obligent a tout l'exercice des vertus morales et chrétiennes et a les faire exercer aux autres.

 Le G.M. dit au R. de prêter son obligation

Après qu'il lui a mis un réchaud sous les pieds et deux Epées en sautoir sur la tête et les mains sur le livre.

OBLIGATION

Je promet d'observer toute ma vie les commandement et les règles de l'Art Royal, d'exercer la Charité, de défendre la religion, d'être soumis a mes supérieurs et de garder à mon souverain G.M. une inviolable fidélité et un secret sur tous les mystères de l'Art, de ne recevoir personne Maître de Loge, sans la permission de ceux qui en ont le pouvoir. Ainsi soit-il.

Le G. Maitre dit: venez mon Frère que je vous embrasse et vous reconnaisse pour V.M. de Loge. Venez prendre ma place, il le met en possession et lui remet tous les attributs de l'Ordre pour cette dignité.

L'ATTOUCHEMENT

 Est d’empoigner la main droite l’un de l’autre et la glisser jusqu'au bout des doigts.

 LE SIGNE

Est l'épée a la main par dessus la tête l'un de l'autre et croisés.

CATECHISME

D. Etes-vous Vénérable...

R. Oui je le suis.

D. Comment vous appelez vous?

R. Comme récipiendaire Zorobabel, Comme V. Cyrus.

D. Pourquoi cette réponse?

R. Parce que c'est de Cyrus que Zorobabel eut directement le pouvoir d'aller rétablir le temple.

D. Comment avez-vous été reçu?

R. Entre le fer et le feu.

D. Pourquoi le fer?

R. Parce que me l'ayant mis en main, j'ai juré de m'en servir pour punir les traitres à la maçonnerie et faire exécuter les statuts. D. Pourquoi par le feu?

R. C'est pour faire voir que j'ai été purifié avant de parvenir à ce grade.

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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 17:16

1° Partie

Dans les premiers temps de la Maçonnerie en France, le Corps des Maçons était lui-même parfaitement bien composé ; on était délicat sur le choix des Prosélytes quoique les principes d'égalité ne permissent pas de s'arrêter au hasard de la naissance ou du rang, au moins, voulait-on les qualités essentielles du mérite personnel et de l'éducation, le Maître était amovible à la nomination annuelle des Membres de sa Loge. Quelle idée ne devait-on pas prendre de celui appelé par le vœu général à présider une Société si bien composée. La Tradition nous apprend que, dans ces beaux jours de notre Ordre les Trônes de la Maçonnerie étaient occupés par des FF.', qui, à l'éclat de la naissance et du rang, joignaient le mérite le mieux soutenu ; sous cet aspect la G.'. L.'. qui n'était que l'assemblée de ces MM.', de L.'. a dû mériter la plus haute vénération de la part de tous les M.'. ; ils étaient l'élite de chaque loge, ils en étaient les députés de choix. Telle était la formation de la G.'. L.'. lorsqu'après le décès du duc d'Antin, le comte de Clermont fut nommé G.'. M.'., ce choix honora la M.', en France ; mais ce prince n'y prit pas un intérêt bien actif : peu de temps après sa nomination les Seigneurs qui remplissaient les offices de G.'. L.'. abandonnèrent leurs fonctions à des Maîtres qui les substituaient : le F.'. Baur, banquier, que le G.'.M.", avait nommé son député, cessa d'assembler la G.'. L.'.. Elle ne fit plus d'opérations et voilà l'époque de la décadence de la G.". L.'. ; son inaction introduisit les abus les plus funestes : quelques M.: de L.". osèrent délivrer des Constitutions, que seule, la G.'. L.'. avait le droit d'accorder ; des traiteurs qui avaient fourni leurs maisons pour la tenue des L.'. et qui y avaient été admis comme Servans, voulant faire revivre le gain que nos banquets leur avaient procuré, s'arrogèrent les fonctions de M.', de L.'. ; il est sensible que de pareils M.', ne se sont pas piqués d'une extrême délicatesse sur le choix des candidats, ils n'en cherchaient que le nombre, sans en scruter l'état, l'éducation, le caractère ni les mœurs ; cette fécondité peu réfléchie produisit une infinité de L.'. ; ce ne furent plus les L.'. qui furent constituées avec pouvoir de nommer annuellement leur président ; ce furent des M.', qui achetèrent le pouvoir de tenir L. ". pouvoirs qui leur furent personnels et à perpétuité ; nos mystères et les lettres de constitutions devinrent des objets de trafic ; l'Anarchie fit passer en maxime, que trois M.', de L.'. avaient le droit d'en constituer une. On vit bientôt retentir les cabarets des indécentes orgies qu'y célébraient à grand bruit des L.'. nombreuses, qui prodiguaient à tout venant, au Bourgeois du plus bas étage, à l'Artisan, à l'Ouvrier, à l'Homme de peine, même aux Domestiques nos mystères défigurés.

Pendant ces désordres, le F.'. Lacorne, maître à danser, homme d'une société aimable, eut l'avantage d'aider le Comte de Clermont dans quelques travaux de réception, il en profita pour se donner le titre de Substitut particulier ; sous cette qualité, il réunit cette multitude de M.', de L.'. quoiqu'il n'y eut aucun des officiers qui avaient formé l'ancienne. Dans ce corps moderne il y avait trop peu de gens éduqués pour que l'harmonie put s'y soutenir ; on le vit bientôt se diviser en deux partis, fort soigneux de se déchirer l'un l'autre ; mais l'effet de ce schisme devait être le discrédit de la G.'. L.'. que les Provinces ne pouvaient distinguer entre ces deux factions et chacune s'arrogeait le titre et les fonctions de G.'. L.'.. Quelques FF.', zélés s'entremirent pour opérer la réunion ; les partis se rapprochèrent et nommèrent des commissaires qui, en 1762, arrêtèrent la réunion sous le gouvernement du F.'. Chaillon de Jonville que le G.". M.', avait nommé son Substitut Général.

Lors de cette réunion, on a nommé les officiers ; la nécessité de les prendre également dans les deux partis ne permit pas un choix bien épuré ; il fallut nécessairement confier des offices de la G.'. L.'. à des gens dont l'état civil et l'éducation n'étaient pas faits pour figurer à la tête de la G.'. L.'.. Ce corps ainsi formé s'est annoncé aux Provinces, il y a été universellement reconnu, il y a fait adopter ses règlements et y a fait passer ses Oracles : ce travail et celui de la Correspondance ont été soutenus avec dignité par un petit nombre d'officiers ; les FF.'. Moët et Le Roy, dans les offices de Président et de Secrétaire Général, ont longtemps dirigé les opérations ; j'ai contribué à toutes en qualité de Garde des Sceaux. Le F.'. Zambault, devenu Secrétaire Général a consacré son temps aux fonctions de cette place ; plus les affaires se multipliaient, soit de la Capitale, soit des Provinces ; plus ces colonnes de la G.'. L.'. lui devenaient nécessaires ; leurs travaux leur avaient acquis la confiance la mieux méritée de la part de ceux qui, sans une portion de lumière suffisante pour opérer le bien avaient, au moins, le désir de le voir faire ; mais leur célébrité même leur attira l'envie de ceux qui, sans talent, voulaient, cependant, être des importants dans l'administration.

Les trois ans fixés à l'exercice des Officiers nommés lors de la Réunion, étant expirés, on procéda à une nouvelle nomination ; elle fut faite au scrutin dans une assemblée générale. On y apporta plus d'examen que les circonstances n'en avaient permis dans la première ; ceux qui avaient le plus de prétention, n'étaient pas les plus capables, ils ne furent pas choisis, leur amour-propre fut offensé et se vengea. Les mécontents s'unirent et firent d'abord un acte de protestation contre la nomination qu'ils taxaient de cabale; ils la signèrent et surprirent la signature de quelques FF.', qu'ils parvinrent à séduire, entre autres celle du F.'. Daubertin : ce F.', qui réunit les talens à l'éducation était sûrement bien fait pour remplir un office dans la G.'. L.'. mais lors de la Réunion où depuis il ne s'était pas présenté, son absence fut prise pour une retraite, pour une renonciation à la G.'. L.'.. Sa signature figure cependant au pied des protestations ;un simple acte de protestation était trop voisin de la règle pour qu'il pût suffire à l'impétuosité de certains esprits : ils firent éclore un libelle diffamatoire contre les FF.', laborieux qui, pendant trois ans, avaient supporté le fardeau du travail ; ils ne purent ,  cependant, faire souscrire ce libellé par tous ceux qui avaient signé les protestations,  les FF.: Daubertin et Lacan s'y refusèrent; ce libelle fut présenté avec audace à la G.'. L.'. elle-même, qui ne pouvant fermer les yeux sur sa noirceur, fut obligée d'en punir les auteurs, après leur avoir laissé le temps du repentir, par délibération prise en Assemblée régulière, on prononça des décrets de proscriptions contre chacun des M.', qui avaient signé les protestations et le libelle et qui n'avaient pas voulu se rétracter ; ces décrets ont été annoncés à toutes les L.'. de Province par le F.'. Zambault, alors Secrétaire Général. Peu de temps après, les viles et trompeuses déclarations d'un nommé Boucher de Lenoncourt, qui faisait son noviciat pour la charge d'Inspecteur de Police, ont occasionné des ordres du gouvernement à la G.'. L.'. de cesser ses assemblées ; elle a suspendu ses travaux : cette suspension fut annoncée à toutes les L.'. régulières. les FF.", présents profitèrent de l'inaction de la G.'. L.'. pour surprendre les Maçons des Provinces ; après avoir séduit quelques esprits faibles, avoir délivré des constitutions à tous venants, ils s'annoncèrent aux Provinces par plusieurs circulaires ; ils ont même porté la fausseté jusqu'à dire que la G.'. L.'. avait repris ses travaux sous la direction du G.'. M.', et que le substitut général avait remis ses pouvoirs au F.'. Pény, en qualité de président, et aux FF.'. Durey et l'Eveillé, en qualité de vice-présidents.,; c'est le F.'. Poupart qui signe en qualité de Secrétaire Général; ils se sont bien gardés d'annoncer que ce F.'. Pény qui se dit président est un marchand de plumes et de bouchons homme d'un caractère dur et impérieux ; d'ailleurs fort honnête homme ; mais peu fait pour conduire des Maçons , ils n'ont pas dit que le F.'. Duret  était un particulier, fort honnête homme à la vérité, tenant même à une famille fort honnête ; mais du génie le plus borné, sachant à peine signer son nom et qui tient un hôtel garni dans cette ville. Ils n'ont pas dit que le F.'. l'Eveillé et le F.'. Poupart étaient, l'un tabletier ou ouvrier en tabatières, l'autre menuisier, pleins de probité, sans doute ; mais sans aptitude à un gouvernement aussi noble et aussi délicat que celui de la M.'.. Les LL.'. de Provinces qui ne pouvaient concilier cette annonce avec l'envoi qui leur avait été fait des décrets que la G.". L.'. avait rendu contre quelques-uns de ces FF.', qui ne pouvaient concevoir que l'annonce de la reprise ne fut accotée d'aucune des signatures connues s'adressèrent directement au F.'. Chaillon de Jonville, Substitut Général et à moi ; j'étais même devenu le terme de toute la correspondance, parce que lors de la suspension, le F.'. Zambault était mort dans l'office de Secrétaire Général, que le F.'. Bourgeois nommé son successeur dans l'assemblée de la G.'. L.'. tenue avant celle qui avait annoncé la suspension des travaux n'était pas encore connu ; et moi je l'étais universellement : ma place de Garde des Sceaux ayant rendu ma signature nécessaire à toutes les expéditions de la G.'. L.".. Le F.'. Jonville fut obligé de rassurer les Provinces par sa circulaire du 8 octobre 1769 ; il leur certifia qu'il était faux que la G.'. L.'. ait repris ses travaux, aussi faux qu'il eut remis ses pouvoirs aux FF.'. Pény, Durey et l'Eveillé et pour garantir les LL.'. de Province de toute surprise il les renvoya aux décrets que la L.'. avait rendus contre quelques-uns de ces FF.'. ; il me chargea de l'envoi de cette circulaire et d'y joindre la liste de ceux que la G.'. L.'. avait bannis de son sein. J'obéis et je joignis à la circulaire du F.', de Jonville une de moi qui avait pour objet de me débarrasser du poids de la correspondance qui m'accablait ; dans l'intervalle de la suspension à la reprise plusieurs Maçons se sont adressés ou au F.', de Jonville directement ou à moi pour obtenir de lui des constitutions, je me suis à cet égard conformé à ce qu'il m'a prescrit de faire : je les ai expédié ou refusé selon qu'il a jugé à propos, toutes celles que j'ai expédiées sont revêtues de ma signature. Il a cru devoir en concilier la date avec les ordres du gouvernement. Il a voulu que toutes celles expédiées pendant la suspension fussent antidatées à une époque antérieure à la suspension des travaux.

En 1770, quelques Maîtres de L.'. se sont assemblés pour reprendre les travaux ; je me suis abstenu de leurs assemblées parce qu'elles n'étaient pas convoquées de l'agrément du F.', de Jonville qui était le seul que je reconnusse pour chef et plus encore parce qu'elles étaient contraires aux ordres du gouvernement et que je me serais plus exposé qu'un autre en enfreignant ces ordres, puisque j'étais un de ceux auxquels le Magistrat les avaient adressés. Les FF.", de la G.'. L.'. se préparaient à demander la révocation des décrets rendus contre eux, lorsque les révolutions des Affaires publiques sont encore venues interrompre ces tentatives pour la reprise des travaux. Pendant cette nouvelle inaction, la M.', a perdu son Grand Maître en France ; le décès du Comte de Clermont a produit une foule d'événements dont le rapide mouvement a entraîné la majeure partie des Maîtres de L.'. de cette Capitale au-delà des bornes de la régularité.

Le décès du Comte de Clermont laissa la Grande Maîtrise vacante. Si l'on eût été en des circonstances ordinaires, il eût fallu s'occuper du choix de son successeur, la gloire de l'Ordre semblait exiger que l'on essayât de le trouver dans les Princes du Sang ; mais les membres de la G.'. L.'. craignirent que les circonstances des Affaires publiques ne devinssent un obstacle à la reprise des travaux et à l'acceptation du Prince auquel on offrait cette place, l'expérience a prouvé que leurs craintes à cet égard n'étaient pas sans fondement ; ils ne voulurent donc pas s'exposer et se déterminèrent à attendre des circonstances qui leur parurent plus heureuses. Les FF.', bannis surent tirer le plus grand avantage de cette timidité ; ils trouvèrent accès auprès du Respectable F.'. Duc de Luxembourg qui, trompé par le titre de G.'. L.'. que s'arrogeaient des FF.', a bien voulu se charger de présenter à son Altesse Sérénissime le Duc de Chartres, leur Requête pour qu'il plut à son Altesse de donner son consentement à la promotion à la Grande Maîtrise et sa protection à la M.', cette démarche leur a réussi le Duc de Chartres a donné son agrément il y a ajouté la faveur de nommer le Duc de Luxembourg son Substitut ou Administrateur de toutes les LL.'. de France.

Devenus puissants par de si brillantes nominations, ces FF.', convoquent l'Assemblée des Maîtres ; ils y demandent leur réunion à la G.'. L.'. les Maîtres de la véritable G.'. L.'. qui se trouvèrent en cette assemblée dans leur transport ne voyaient que l'éclat des chefs qu'on leur promit ; dans l'enthousiasme de leur joie, ils perdent de vue la sagesse des règles, ils ne voient même pas l'étendue et la dureté des sacrifices qu'on leur arrache impérieusement ; la dernière délibération de la G.'. L.'. était celle de la suspension ; sans reprise, on fait délibération de reprise ; on fait un procès-verbal de nomination du G.'. M.', il subsistait alors contre les FF.', un décret de proscription par le schisme le mieux caractérisé et le mieux soutenu, par les voies les moins droites ils s'étaient élevés contre la G.'. L.'. et sans annuler les décrets on procède à une réunion ; c'est-à-dire qu'on avoue que les décrets de la G.'. L.'. sont une chimère ; on avoue qu'il a pu régulièrement exister en France deux GG.'. LL.'. en même temps depuis 1766, époque des décrets rendus contre ces FF.', jusqu'en 1767 époque de la suspension des travaux, la G.'. L.'. a fait une foule d'opérations et on arrête que toutes ces opérations seront regardées comme nulles et soumises à un nouvel examen, c'est-à-dire, qu'on fait souscrire à la G.'. L.'. qu'elle n'a rien fait de bon, de légitime, parce que les FF.', bannis n'y ont pas concouru, pouvait-on exiger de la G.'. L.'. un aveu plus humiliant ? Pouvait-on rassembler plus d'irrégularités et plus d'outrages à la G.'. L.'. ? Ce n'est pas tout, c'était la G.'. L.'. assemblée régulièrement qui avait rendu les décrets arrêtés à la pluralité des suffrages et au scrutin ; c'est le F.'. Zambault, Secrétaire Général, qui le premier en a fait l'envoi aux LL.'. de Provinces ; c'est le F.', de Jonville qui dans sa circulaire rappelle les décrets et ordonne d'en joindre un nouvel extrait à la lettre et c'est contre moi qu'on porte une plainte de diffamation dans l'envoi de ces décrets. Ce n'est pas moi qui les ai faits ; pourquoi m'accuser de leur publicité ? Si j'en avais fait l'envoi ce n'avait été de ma part qu'une fonction nécessaire comme homme public mais si leur publicité est prise pour une diffamation, pourquoi me l'imputer puisque cette publicité avait été opérée par le F.'. Zambault qui, le premier avait fait l'envoi circulaire de ces décrets ? Comment la G.'. L.'. a-t-elle pu admettre une plainte contre son officier parce qu'il a rempli des fonctions auxquelles il ne pouvait pas se refuser ? Pourquoi dans ce jour d'allégresse où l'on passait l'éponge sur tout ce qui s'était passé antérieurement m'a-t-on choisi pour victime de la vengeance que les FF.', bannis voulaient tirer des décrets de leur proscription ?

Cette délibération si féconde en irrégularité, en tyrannie, en animosité si outrageante pour la G.'. L.'. n'a été que le prélude de plusieurs autres opérations aussi inconséquentes ; on avait enregistré la plainte formée contre moi et sans attendre la justification de ma part, on l'a rayée, le procès-verbal de nomination des officiers se trouve fait sans qu'il ait été convoquée d'assemblée générale, cette nomination n'est que le résultat d'un conciliabule tenu entre les FF.', qui avaient érigé la fausse G.'. L.'., au nombre de ces officiers ils n'ont admis de membres de la vraie G.'. L.'. que ceux dans lesquels ils ont cru trouver le moins de résistance à la domination impérieuse qu'ils méditaient ; quelle inconséquence, comme ces mêmes FF.', qui avaient protesté contre une nomination faite par le scrutin en une assemblée générale surprennent le R.'. F.'. Duc de Luxembourg et lui font signer la liste des officiers, comme le résultat du vœu général, faut-il autre chose qu'une pareille conduite pour justifier les décrets qui avaient été prononcés contre eux ? Faut-il autre chose pour prouver que leurs protestations, leur libelle contre les officiers de la G.'. L.'. avaient moins pour objet de venger les règles qui n'avaient pas été violées que de venger leur amour-propre blessé de n'avoir pas été employé dans la nomination. Voilà, cependant quels sont les prétendus zélateurs des règles, rebelles lorsque leur ambition n'est pas satisfaite, vindicatifs, et tyrans violateurs de toute règle, lorsqu'ils se croient assez puissants pour se permettre l'impunité.

Les opérations se succèdent avec une rapidité digne de ceux qui les concertaient et avec une majesté digne de leur rédacteur : le F.'. Labady, membre de l'ancienne G.'. L.'. tant qu'elle est dominante, ne voit pas plutôt des FF.', bannis devenir les puissants qu'il se rend leur apologistes leur plus zélé partisan ; après avoir, à force de souplesse, mérité sa nomination à la place de secrétaire du département des Provinces, il s'arroge les fonctions importantes de Secrétaire Général, dont il dégrade l'office en le réduisant à n'avoir d'autres fonctions que celles de tenir la plume dans les assemblées. Le F.'. Labady envahit la correspondance générale des Provinces, il envahit le gouvernement entier de la G.'. L.'. il en embrasse toutes les opérations, son imagination seule forme les plans, ses lumières seules les dirigent ; sa plume les rédige : il les propose, non pas comme des idées qu'il soumet à l'examen de ses FF.', mais comme des lois auxquelles il faut que leur approbation donne la sanction. La G.'. L.'. a besoin de fonds ; on propose et on fait des dépenses considérables, on pouvait, à la vérité s'en dispenser, mais il a plu au F.'. Labady de les faire ; les membres de la G.'. L.'. sont effrayés du poids des dépenses dont on leur offre la perspective ; le F.'. Labady a des ressources, il va lever une taxe annuelle sur ses F.'.. Par une opération banale, il va verser annuellement dans la caisse de la G.'. L.'. des sommes considérables ; on voit éclore des règlements qui imposent une capitation sur chaque Maçon, une taxe sur les Récipiendaires, une contribution sur les LL.'.. Les Provinces ne sont pas consultées ; mais le F.'. Labady sait se passer de leur consentement : il veut que les Provinces fassent les frais du luxe qu'il veut introduire ; il faut qu'elles obéissent, c'est un règlement auquel il faut qu'elles s'assujettissent. Les carneaux de la G.'. L.'. sont prêts à écraser quiconque oserait résister, tel est l'usage modéré que le F.'. Labady entend faire de la puissance paternelle que les L.'. ont confiée à la G.'. L.'., puissance qui n'a jamais eu d'autre principe que le consentement le plus volontaire, c'est ainsi qu'entre les mains du F.'. Labady et de la G.'. L.'. actuelle, l'administration fraternelle devient un despotisme impérieux, et la soumission volontaire des Maçons, un esclavage.

Vous avez sans doute de la peine à comprendre mes FF.', comment le F.'. Labady peut dicter si impérieusement ses volontés et les faire adopter avec tant de facilité dans une assem¬blée si nombreuse ; vous demandez quel est ce F.'. Labady et sur quelles ressources peut poser sa puissance ; votre éton-nement augmentera encore, lorsque je vous aurai mis au fait de son état, de son caractère, de ses talents, et des degrés qui l'ont élevé dans la grande L.'.. J'en avais tracé le tableau dans le mémoire que j'ai adressé aux commissaires, en réponse à celui du F.'. Labady mais ce tableau n'a pas été mis sous les yeux de la G.'. L.'.. Les commissaires ayant cru que l'intérêt de toutes les parties exigeait que certains traits qui y étaient répandus ne fussent pas rendus publics ; j'y avais même consenti sous la condition que le jugement effacerait tout soupçon sur mon compte ; mais puisqu'il les laisse subsister je rentre dans mes droits et je suis obligé de faire usage de tout ce qui peut contribuer à ma justification et de montrer l'injustice et la partialité de mes juges.

Le F.'. Labady était établi libraire à Valenciennes, mais aux bruits de la dernière guerre, ce F.', rempli de projets s'imagina que s'il allait à l'armée il y ferait fortune, en conséquence, il emballa ses livres pour faire le métier de colporteur à la suite de l'armée, ce projet ne lui ayant pas réussi, il trouva le moyen par ses intrigues de se procurer une place de Garde-magasin fictif des fourrages de l'armée d'Allemagne. La paix l'a laissé sans emploi comme la guerre l'avait laissé sans occupation utile. Il est revenu à Paris et s'y est occupé vraisemblablement à manger ce qu'il avait pu amasser dans ses campagnes. En 1766, il fut présenté à la G.'. L.'. un Mémoire terrible contre lui et sur lequel il y a même eut des commissaires de nommés qui se sont refusés à l'approfondir, attendu l'énormité des faits ; je ne connais pas d'ailleurs les détails de la conduite antérieure du F.'. Labady ; mais il est notoire que pendant que le F.', le Boucher de l'Enoncourt, sollicitait la place d'inspecteur de police et que cette prétention l'approchait du magistrat ses délations rendirent le F.'. Labady suspect et qu'il fut arrêté par ordre du gouvernement détenu en prison et ensuite mis en liberté que quelque temps après sa sortie il fut à Blois d'où il est revenu à Paris : toute détention par ordre de la Police en laisse des traces sur ses registres et par une note trouvée dans les papiers du feu F.'. Zambault il paraît que les registres de la Police attestent que le F.', a été arrêté le 1° Décembre 1766 comme un escroc intriguant tenant chez lui des assemblées illicites sous prétexte d'assemblées de F.'. M.'., et qu'il a été exilé à Blois le 28 du même mois : de cette note je ne prétends pas conclure que ces imputations fussent vraies. Elle n'exprime peut-être que les causes imaginées par son délateur, la vérification en a pu démontrer la fausseté ; tout ce qui me gêne dans cette note c'est l'exil qui n'a pu être prononcé sans cause ; quoiqu'il en soit le F.'. Labady est publiquement à Paris, je ne lui connais pas d'autre occupation que celle que la M.', lui donne et, cependant il a une femme et des enfants à soutenir.

Je ne vous donnerai pas une idée bien précise du F.'. Labady je n'ai pas eu assez de liaison avec lui pour l'approfondir ; de la souplesse avec ceux dont il peut avoir besoin, de l'affabilité avec ses égaux, de l'opiniâtreté de son opinion qu'il soutient avec chaleur tant qu'il ne craint pas que sa résistance puisse ébranler son crédit. Il se donne l'extérieur de franchise et de cordialité ; mais s'il est vrai que l'âme se peigne sur la physionomie, celle du F.'. Labady offre des traits qui peuvent garantir de la crédulité que ses discours peuvent inspirer.

Les talents du F.'. Labady vous sont connus ; sa correspondance vous met à même de juger de son style. On y aperçoit plus de facilité dans les expressions que dans les idées.

Je vous ai déjà dit que le F.'. Labady adorait le Soleil levant et que dès que le parti des FF.', bannis eut gagné de vitesse les membres de la G.'. L.'. par la domination du G.'. M.', et de son Substitut Général ; il s'associa à la prépondérance qu'il prévit que ce parti allait prendre sur celui de la G.'. L.'. aussi les suffrages que ses souplesses lui ont acquis dans ces premiers temps ne forment pas ses seules ressources. Pour vous en découvrir l'étendue, il faut que je vous fasse descendre dans les détails des différents partis qui ont divisé la G.'. L.'. et dont l'un a enfin englouti et écrasé tous les autres.

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 15:12

Lors de l'initiation d'un profane, le rituel du Rite Français,  prévoit que le récipiendaire prête son serment deux fois: une première fois sous le bandeau, et une seconde fois après qu'il a reçu la lumière. La formule du second serment est identique à celle du premier. D'ailleurs, après qu'il a prêté le premier, le Vénérable lui demande : « Monsieur, le serment que vous venez de prononcer ne vous donne-t-il aucune inquiétude ! Vous sentez-vous le courage de l'observer ? Consentez-vous à le réitérer quand vous aurez reçu la lumière ? ».

C'est là une particularité, propre au Rite Français.

 Les frères du Grand Orient de France accordaient à ce renouvellement du serment une grande importance, comme on peut le voir dans un passage de la délibération du 15 juillet 1785 au cours de laquelle l'assemblée générale du Grand Orient examina une dernière fois le rituel du premier grade en vue de son approbation définitive.

Dans la rédaction présentée, il était prévu que le candidat monterait à l'Orient par les trois pas d'apprenti avant de renouveler son serment. Un frère fit observer qu'il ne lui paraissait pas prudent d'enseigner dès ce moment au récipiendaire la « marche mystérieuse », et cela « parce qu'un néophyte n'est irrévocablement maçon qu'à l'instant où le Vénérable a prononcé la formule qui le constitue apprenti; que s'il arrivait qu'il refusât de réitérer son obligation, on se trouverait alors embarrassé, l'ayant instruit prématurément de ce qu'il ne doit savoir qu'après son admission entièrement achevée ; inconvénient qu'on préviendrait en ne donnant au candidat ces instructions que lorsqu'il sera rentré en loge après avoir repris ses vêtements ». Cette modification fut adoptée, et c'est ce que nous voyons dans les rituels.

La raison de cette innovation est assez claire : on craignait que le candidat ne se sentit pas lié par un serment prêté alors qu'il était privé de la vue, et dont on ne lui avait pas préalablement donné connaissance, parce qu'il pourrait considérer qu'il n'avait pas été parfaitement libre. Au contraire, le récipiendaire ne pourrait en aucune manière renier son second serment, prononcé dans la lumière, après qu'on lui ait demandé s'il consentait à le réitérer.

Il semble bien d'ailleurs que dans les premières années de la Maçonnerie française, et jusque dans les années 1740, le serment unique ait été prononcé dans la lumière. Une des gravures de Jacques Philippe Le Bas, « Assemblée de Francs-Maçons pour réception des Apprentifs » (vers 1745) montre un candidat en train de prêter serment sans bandeau sur les yeux. Voici comment le Secret des Francs-Maçons décrit la cérémonie :

« Lorsque le bandeau est ôté, on fait avancer le récipiendaire en trois temps, jusqu'à un tabouret qui est au pied du fauteuil. Il y a sur ce tabouret une équerre et un compas. Alors le frère qu'on appelle l'Orateur, parce qu'il est chargé de faire le discours de réception, dit au récipiendaire : Vous allez embrasser un Ordre respectable, qui est plus sérieux que vous ne pensez. Il n'y a rien contre la Loi, contre la Religion, contre le Roi, ni contre les mœurs. Le Vénérable Grand Maître vous dira le reste ». Le récipiendaire prête ensuite son serment.

Nous avons vu que l'avant-propos du rituel du Rite Français, annonçait l'intention de « ramener la Maçonnerie à ses usages anciens ». Il semble que le renouvellement du serment soit apparu comme une manière de rétablir l'ancien usage du serment prononcé dans la lumière sans renoncer pour autant aux apports d'une évolution de quarante années.

                                                                           J.F. BLONDEL

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 14:28

La Loge est précédée de la Salle des Servans, de celle des Visiteurs, du Vestibule & du Porche.

La Loge, dans la forme d'un quarré long , est décorée dans son pourtour de Colonnes de marbre blanc, d'ordre Ionique, enrichies de cannelures & de guirlandes de fleurs ; les bases, les chapiteaux & les graines des cannelures sont en or: ces Colonnes forment de grands & de petits entre-colonnemens  les trois grands des faces du midi & du nord , sont remplis par de grandes niches, dont les voussures sont ornée de caissons & de rosaces. Des Statues caractéristiques eu marbre blanc, posées sur des piédestaux de porphyre, occupent ces niches.

Dans les petits entre-colonnemens on voit des Médaillons de lapis, enrichis de bordures en or, sous lesquelles pendent des guirlandes de fleurs ; des têtes de lions suspendent ces Médaillons, & dans chacun d'eux sont gravés les Attributs caractéristiques des Officiers dignitaires de la Loge au-dessous on lit en lettres d'or, des Inscriptions analogues à chaque Attribut.

Sous les sophires des colonnes, le pourtour de la Loge est décoré d'une draperie de velours bleu, enrichie de franges, crépines & glands d'or, et  retroussée par des cordons.

La face de l'Occident est décorée de deux petits entre-colonnemens et d'un grand. Le grand est rempli par la porte principale de la Loge, en bronze verd.

La voûte de l'Édifice est ornée de différens trophées & attributs caractéristiques placés dans la voussure & dans la frise de l'entablement ; dans les moulures sont taillés différens ornemens en or : une très-vaste ouverture encadrée dans une large moulure, ornée de fruits en or, laisse voir le Ciel, dans lequel font disposées les trois grandes lumières symboliques, le Soleil, l'Etoile flamboyante, & la Lune.

Le Soleil darde ses rayons à l'Orient, au centre paroît, en transparent, l'Etoile mystérieuse du deuxième grade ; la Lune, enveloppée de légères vapeurs, éclaire l'Occident.

Le pavé est couvert d'un tissu oriental, formant une mosaïque de carreaux noirs & blancs, encadrés d'un entrelas, combiné des mêmes couleurs.

Les trois grandes Etoiles, disposées dans l'ordre mystérieux, portées par des candélabres d’or, étoient les seules lumières qui éclairoient la L:. avant son inauguration.

Les tables des deux Surveillans sont adossées aux deux colonnes symboliques, qui ornent l'Occident.

Ces deux colonnes en airain ont leurs chapiteaux ornés de pommes de grenades & surmontées de grandes corbeilles, portant des lys & grenades d'or sans nombre. Ces Lys, chargés d’Etoiles, éclairent la voûte de l’Edifice.

Les tables des premier & second Surveillans, et celles des autres Officiers dignitaires, étoient chargées des Bijoux de leurs grades et couvertes de gaze blanche. Ces Bijoux en forme d'Etoiles d'or enrichies de pierreries, étoient attachés à de larges cordons de moëre blanche, terminés par une rosette aurore.

La draperie de la face de l'Orient étoit baissée & cachoit le Trône pendant la Cérémonie. Des socles triangulaires, placés fur des acrotaires dans les deux entre-colonnemens de l'Orient, élèvent des trépieds en or, de forme antique, d'où s'élancent des parfums & des tourbillons de flammes destinées à répandre la lumière fur le Trône : au-dessus sont suspendus des lustres de crystaux portant plusieurs Etoiles, servant à completter le nombre de 81, répandues dans l'intérieur delà Loge et portées par des girandoles de crystaux.

 On parvient au Trône par sept degrés, terminés par les bases des trois entre-colonnemens & de la balustrade qui enferme l'enceinte.

Au fond de cette enceinte se trouve le bloc de marbre blanc, sur lequel le Vénérable trace le travail des Ouvriers. Ce bloc est supporté par des têtes de béliers; de leurs cornes sortent des guirlandes de fruits et de fleurs, attachés avec des rubans : les sculptures, ainsi que les moulures du bas, sont en or.

Il est chargé du Livre des Statuts de l'Ordre, du Livre d'or, des Réglemens de la Loge, des Lettres de constitution accordées par le Grand Orient de France, d'un Compas , du Bijou & des Ornemens du Vénérable.

Le Trône est de velours bleu céleste, enrichi, tant sur le siège que sur le dossier, d'une mosaïque brodée eu or & parsemé d'étoiles de même métal. Le demi-cercle qui l'environne est garni de banquettes à dossier, couvertes de velours bleu, enrichies de franges & glands d'or. Les parois au pourtour sont décorés de draperie retroussée de velours bleu orné, de franges, crépines & glands d'or, & les revers font parsemés d'étoiles.

 Au-dessus du dossier du Trône est un triangle formé de pierreries dans un disque de feu, dans lequel on lit en caractères ardens, le mot inéfable, qui animoit et éclairoit seul l'Orient par sa vive & éclatante lumière.

Cet autel est couvert d'un grand et magnifique dais, dont la corniche dorée est richement décorée en sculpture; ses pentes de satin bleu céleste, garnies de franges & de galons sont chargées d'étoiles, ainsi que le plafond; de grandes aigrettes de plumes blanches ornent ces angles & en couronnent l'extrémité ; de larges rideaux de même couleur parsemés de lames d'or en broderies, & d'étoiles , sortent de dessous les pentes de ce dais ; ils sont retroussés ; des nœuds les attachent à La houpe dentelée, qui dans la frise de l'enceinte du Trône en embrasse la forme.

La voussure du Trône est décorée des douze Signes du zodiaque, des sept Planettes, & parsemée d'étoiles d'or.

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 01:44

Discours N°1 : Orateur

"Le voilà donc enfin arrivé, ce jour heureux, ce jour que nous désirions avec tant d'ardeur !   Les ténèbres qui nous enveloppaient vont se dissiper ;  le voile va se déchirer, et la vraie lumière va paraître dans tout son éclat aux yeux des bons Maçons qui la cherchaient avec tant d'empressement. J'en ai quelquefois été le témoin, mes Frères, depuis que vos bontés ont daigné m'associer de la manière la plus flatteuse aux travaux que vous avez entrepris ; j'ai vu,  j'ai admiré tout le zèle avec lequel vous cherchiez à découvrir, dans l'ombre de la nuit, des étincelles de ce feu pur et brillant qui va bientôt s'allumer pour nous ; mais les ténèbres étaient trop épaisses :  nul de vous n'eût pu en percer la profondeur.

Il était réservé à un prince que les Profanes respectent, que les Maçons chérissent, de briser les liens qui nous attachaient à des travaux utiles, de venir illuminer nos âmes, leur donner ce degré d'élévation qui les approchera de la sienne, et du but sublime de la Maçonnerie.    Il consent à se rendre à nos vœux,   et la nuée lumineuse semble déjà marcher devant nous ; il paraît ! ....  nous entrevoyons l'aurore d'un beau jour!....

Arrêtons, mes Frères!....   jouissons de ce spectacle magnifique! Savourons-en toute la douceur!....   il n'en sera jamais de plus brillant à nos yeux, de plus touchant pour nos cœurs.   Que notre attention soit uniquement attachée sur la personne de notre Sere­nissime Grand-Maître!   Que notre silence, le silence le plus exact, symbole de notre respect pour le chef de la Maçonnerie française, semble prêter, s'il est possible, un degré de majesté à la cérémonie imposante qui va rendre ce jour à jamais mémorable, et digne d'être consacré dans nos fastes!

Vous avez daigné me confier l'usage de la parole ; je sens, mes Frères, toute l'étendue de cette faveur ;  je sens toute l'immensité des devoirs qu'elle m'impose,  et je vous fais avec vérité l'aveu de mon insuffisance.

Pardonnez-moi, si j'ose interrompre quelquefois le cours de cette auguste cérémonie ; vous m'en avez fait une loi, en me chargeant de vous développer les symboles maçonniques, et d'être l'organe de la vérité.    Heureux si elle ne s'affaiblit point en passant par ma bouche !   et mille fois heureux, si elle vous persuade ! "

"Mes Frères, voilà votre chef ; voilà celui qui doit vous condui­re dans les sentiers de la vertu.    Ecoutez-le,  imitez-le, suivez son exemple."

 Discours N°2 Orateur

"Sérénissime Grand-Maître,

Très-Illustre frère Administrateur-général,

Très-Vén.*. F.*. Grand-Conservateur,

Respectables Frères, Grands-Officiers d'honneur, Très-Vénérables Frères en exercice du G.'.O.*. de France, frères Visiteurs en tous vos grades, frères Officiers dignitaires de cette Loge :

Mes Frères, nous venons d'assister à la plus auguste des cérémonies,  et nos cœurs doivent être pénétrés du respect qu'elle a dû imprimer dans nos âmes. Pendant qu'elle a duré, ma faible voix a été l'organe des lumières, pour vous développer les différens symboles qui nous entourent.    Permettez-lui, mes Frères, d'être encore l'organe de nos cœurs   ;  laissez-les parler par ma bouche. Réunissons nos accens, mes Frères ; que la voûte de ce Temple en résonne!   Osons les porter, avec nos respectueux hommages, aux pieds du Sérén.". Grand-Maître.

Les faveurs dont il vient de nous combler par sa présence, nous sont un sûr garant qu'il daignera en accepter l'offrande.

Que d'actions de grâces ne lui devons-nous pas ? Nous favoriser de son auguste présence, inaugurer lui-même notre Temple, installer un Vénérable que nos suffrages avaient désigné !   Ah ! mes Frères, l'excès de la reconnaissance m'ôte la voix. 

Ma bouche ne peut exprimer tout ce que sent mon cœur ; j'ose en appeler à celui du Sérénissime Grand-Maître, le conjurer de descendre dans les nôtres : il y verra nos dettes acquittées.

Et vous, Très-Illustres, Très-Respectables frères Grands-Adjoints, qui avez participé d'une manière si efficace à nos travaux, que ne vous devons-nous pas aussi !   Vous étiez les émanations de la vraie lumière que vous avez fait passer jusqu'à nous. Daignez agréer les témoignages de la plus sincère gratitude de la part des Frères qui vont se regarder comme vos enfans! Très-Vénérable, vous serez désormais la première lumière de cet Orient. Ce titre est magnifique ;  le grade qui vient de vous être conféré est sublime ; vous ne perdrez jamais de vue toutes les obligations qu'il vous impose,  tous les devoirs qu'il exige.

La vigilance, la prudence, la sagesse, la prévenance, la douceur et la fermeté, toutes ensemble vont entourer votre trône, comme elles habitent en votre cœur.

Vous éloignerez les mauvais Maçons ; vous préviendrez les désordres qu'ils feraient naître  ;  vous serez notre ami, comme vous serez notre chef  ; vous serez adoré de vos Frères  : c'est le sort qui vous attend, Très-Vénérable. Le mien sera d'admirer vos succès, de citer sans cesse pour exemple à mes Frères, notre Sérénissime Grand-Maître, notre Très-Illustre Administrateur-général, notre Grand-Conservateur, notre Vénérable ; de leur répéter les obligations que nous leur avons ; de prier le G.*.A.*.D.*.L'U.*. de leur accorder joie, salut et prospérité ; de répandre sur eux les lumières connues des seuls vrais Maçons,  et de favoriser de ses divines influences le temple de la Candeur, qui ne cessera de travailler sous leurs auspices."

Discours N° 3 Vénérable

"Très-cher, Très-Illustre et Très-Sérénissime Grand-Maître,

Vous voyez ici rassemblés des Maçons qui se sont rendus avec empressement, pour être témoins de la faveur que vous daignez nous faire aujourd'hui. Ceux de nos Frères qui maçonnent aux extrémités les plus reculées du royaume seraient accourus enfouie pour recevoir quelques rayons de la lumière éclatante que répand en tous lieux la présence du Sérénissime Grand-Maître, si nous avions été instruits assez tôt de notre bonheur, pour leur en faire part.

Pour nous, membres de cette Loge, nous n'avons jamais senti de joie si vive et si pure que celle que nous éprouvons dans ce moment, en vous voyant partager nos travaux.  C'est un bonheur trop grand pour que nous puissions espérer qu'il se répète souvent ; mais, au moins, Très-Sérénissime Grand-Maître, nous osons vous prier de nous donner l'espérance qu'il se renouvellera quelquefois.

Vous ne trouverez point dans notre Temple les plaisirs vifs qui doivent naître partout sous vos pas, nous vous offrirons la jouissance de la vertu que vous aimez, et dont nous suivrons bien plus sûrement les lois, si nous avons quelquefois sous les yeux un si grand modèle.

Nous vous y offrirons les plaisirs de l'égalité, dont vous vous trouvez      sans cesse éloigné par le rang où la nature et les lois vous ont placé, mais dont vos qualités personnelles vous rendent digne à tant de titres, aussi bien que des Grandeurs. Cette égalité a ses plaisirs, et nous connaissons votre cœur: nous savons trop à quel degré il possède la connaissance de l'homme, pour n'être pas persuadés que vous savez les goûter.

Jusqu'à présent, je n'ai été que l'organe de mes Frères ;  je n'en ai pas moins senti, Sérénissime Grand-Maître,  la faveur personnelle que vous avez bien voulu me faire, en m'installant Vénérable,  et en acquiesçant, à cet égard,  au vœu   d'une Loge, dont les suffrages se sont réunis pour me confier des fonctions si éminentes,  tout indigne que je suis de les remplir.

L'époque de cette cérémonie mémorable sera consacrée à jamais dans les fastes de notre Orient;  mais ce souvenir précieux sera gravé en caractères bien plus ineffaçables dans le fond de mon cœur."

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 01:12

Tout étant préparé, et le jour fixé, la Loge régulièrement convoquée se réunit dans la salle des Visiteurs, dans laquelle les travaux furent ouverts. Là on reçut les Visiteurs qui se présentèrent avec les précautions d'usage,  et l'on nomma une députation de neuf membres, pour' rendre les hommages au Serenissime Grand-Maître. Ensuite le F.*. Orateur et le F.*. Terrible furent envoyés dans l'intérieur de la Loge, pour veiller à sa sûreté ;  ils en fermèrent après eux la porte, et le F.*. Orateur en retira les clefs, qu'il remit à la garde du F.*. Ter.*. Le trône, l'autel,  et tous les emblèmes maçonniques dans l'intérieur du Temple, étaient voilés.

Le T.*.-R.*. F.*. Duc de Luxembourg, Administrateur-général de l'Ordre fut annoncé et introduit ; reçu avec les honneurs dus,  le maillet de la présidence lui fut offert, et il l'accepta.

Bientôt le Sérén.". F.". Duc de Chartres, Grand-Maître de l'Ordre, fut annoncé,  introduit avec les grands honneurs, et placé dans le siège du président, qui lui remit "le premier maillet.    Après avoir pris place, le S.*. G.*. M.*, nomma, pour ses adjoints dans la cérémonie de l'inauguration,  le T.".-111.*.F.". Duc de Luxembourg,  et le R.*. F.*. Mis de Seignelay, Grand-Secrétaire d'honneur du G.'.O.". de France ;  et pour remplir les fonctions de Grand-Héraut d'armes et de Porte glaive de l'Ordre et du S.".G.",Me.*.,  le V.'.F.". Baron de Toussainct, Officier honoraire du G.'.O.*. de France.

Le signal donné,  le premier Maître des cérémonies a ouvert la marche, et a été suivi de l'harmonie, jouant la marche de l'Ordre. Les Frères de la Loge (sans distinction de dignité) suivaient trois à trois ; ils étaient suivis des deux autres Maîtres des cérémonies, des Officiers dignitaires de la Loge, marchant deux à deux, portant tous le glaive en ' main ; des Surveillans et du Vénérable, portant chacun un coussin d'azur, chargé d'un maillet.

Le Sérénissime GRAND MAITRE fermait la marche, précédé de ses deux Grands-Officiers adjoints, du Héraut d'armes,  et suivi des deux Experts de la L.*.,  tous le glaive en main ;  ils se sont rendus à la porte de la L.*.,  éclairés,  dans cette marche, par sept FF.*. Servans, chargés chacun d'un groupe de trois étoiles.

Le Vénérable et les deux Surveillans ont frappé alternativement à la porte de la Loge, chacun un coup de maillet,  auquel on n'a pas répondu ; ils ont réitéré plus fort : le F.*. Comte de Gouy, Orateur, qui était dans l'intérieur,  a demandé, sans ouvrir : Qui frappe ?    Le Vénérable a répondu  : Ce sont les Officiers et les Membres de la Loge de la Candeur, qui demandent l'entrée de leur asile»

Personne n'ayant répondu, le Vénérable et les Surveillans ont frappé pour la troisième fois ; l'Orateur a fait la même question que ci-devant, et le Vénérable a dit: C'est un Sage qui vient allumer dans nos cœurs le feu des vertus de notre Ordre, et leur consacrer notre édifice.

L'Orateur a ouvert les portes ; mais le F.*. Terrible s'apercevant qu'il y avait beaucoup de monde, s'est mis en devoir de s'opposer à l'entrée de la Loge.    Dans ce moment, le F.". Orateur, la tête couverte, l'a engagé à ne faire violence à personne, et lui a parlé en ces termes :

"Arrêtez, mon Frère, suspendez le glaive : le règne de la violence est passé, quand celui de la vertu commence.    Un sage vient allumer dans nos cœurs   le feu des vertus de notre Ordre ; il veut leur consacrer cet édifice.    Que toutes les barrières se brisent devant lui !   Nous les avons élevées contre le vice : les engage-mens que le Vénérable prend avec nous les fait tomber, les réduit en poudre ; puisse-t-il seulement se souvenir sans cesse que sa parole est ma caution !   Je la reçois en lui remettant les clefs de la Loge, qui m'avaient été confiées ; elle m'est un gage assuré de notre bonheur.    Eloignez-vous, Frère Terrible, je vous en conjure !   Que les portes s'ouvrent !   Joignons-nous au Sage qui paraît, aux Frères zélés qui l'accompagnent ; nos cœurs   volaient déjà au devant d'eux ; empressons-nous de les aider dans leurs travaux."

Le F.". Orateur et le F.". Terrible ayant ouvert le passage, le Vénérable et les Frères de la Loge se sont rangés sur deux colonnes, et le Sérén.". Grand-Maître est entré.    Il s'est assis en face de l'Orient, dans le fauteuil qui lui était destiné.

Le Vénérable, après avoir présenté un vase à laver les mains au Serenissime Grand-Maître, et les deux Surveillans en ayant fait de même envers ses Grands-Officiers, ils ont eu la faveur de leur remettre à chacun les maillets et les gants d'usage ; après quoi l'Orateur a pro­noncé le discours suivant: (Discours 1)

Le discours du frère Orateur étant fini, le premier Maître des cérémonies a fait couvrir la Loge aux sept frères Servans, qui portaient les vingt-et-une étoiles ;  ensuite,  il s'est servi d'un briquet pour faire du feu nouveau, dont le Serenissime Grand-Maître a allumé une étoi­le vierge, qui lui a été présentée par le frère Orateur.

Le Très-Illustre Administrateur-général ayant pris les ordres du Serenissime Grand-Maître, accompagné du T.*.-R.*. F.*. Marquis de Seignelay, et du Vén.". F.", baron de Toussainct, précédés des Maîtres des cérémonies, se sont rendus, à l'aide de cette étoile, à la table triangulaire du second Surveillant, dont un des Maîtres des cérémonies a enlevé la gaze qui la couvrait.

Le frère Orateur a présenté le cordon de second Surveillant et le bracelet au T.".-111.*. Administrateur-général, qui en a décoré le F.*.

Marquis de Turpin de Crissé;  ensuite il a brûlé des parfums ; après quoi le F.". Orateur lui a adressé le discours suivant :

"Vous venez d'être revêtu, mon Frère, d'un cordon ; le bijou qu'il porte est le symbole de la droiture ; n'oubliez jamais les devoirs qu'il vous retrace ; nous sommes convaincus que vous les remplirez tous avec zèle et succès ; et nous nous applaudirons du choix que nous avons fait d'un F.", aussi vigilant, pour le mettre à la tête de la colonne du Nord."

Le T.*.-Ill.". Administrateur-général a remis ensuite au frère Marquis de Turpin le troisième maillet, en lui disant :

"Mon Frère, au nom du Serenissime Grand-Maître, je vous installe dans les fonctions de second Surveillant de la Loge de la Candeur, et en vous,  tous vos successeurs."

Les mêmes Frères se sont rendus dans le même ordre à la table triangulaire du premier Surveillant. Le Très-Illustre Administrateur a remis le cordon de premier Surveillant et le bracelet au F.". Comte de Saisseval, et a fait brûler des parfums.    Le F.*. Orateur lui a dit :

"Mon Frère,  vous connaissez mieux que personne les devoirs que vous impose votre dign.*. Frère d'un Vénérable éclairé, vous recevez de la première main la lumière : songez que vous devez la réfléchir aussitôt sur votre colonne,  et en faire passer les rayons dans les cœurs   de vos Frères.   Pratiquez austèrement cette vérité nécessaire pour relever leurs fautes,  et entretenir sans cesse parmi eux l'ordre, le silence, et cette aimable égalité dont vous portez le symbole."

Le Très-Illustre Administrateur-général a remis au F.", comte de Saisseval le second maillet, et l'a installé dans les fonctions de son office, dans les mêmes termes que le deuxième Surveillant.

L'installation des deux Surveillans étant faite, le Serenissime Grand-Maître, précédé des Maîtres des cérémonies, des Experts, du Vénérable, du Héraut d'armes, et des Grands-Officiers de l'Ordre, a été conduit à l'Orient,  et s'est assis dans le fauteuil qui y était placé.

Le T.*.-Ill.*. Administrateur-général et ses Officiers adjoints, se sont rendus à la place du F.*. Secrétaire, pour procéder à son installation. Les Maîtres des cérém.*. ayant enlevé la gaze qui couvrait la table du F.*. Secrétaire, sur laquelle étaient les registres et les régi mens de la Loge, le Très-Illustre Administrateur-général a revêtu le frère Tissot du cordon de la dignité de Secrétaire, l'a décoré du bracelet, et a fait brûler des parfums ; ensuite le frère Orateur lui a dit :

"Ce serait en vain, mon Frère, que je voudrais vous tracer ici toute l'étendue de vos devoirs : votre zèle ne laisse plus rien à faire au mien.    Organe de mes Frères et de la vérité,  je vais changer les exhortations en éloges, vous remercier,  en leur nom, de ce zèle que vous leur avez témoigné jusqu'ici, et vous prier de ne le laisser jamais refroidir."

 Ensuite le Très-Illustre Administrateur a remis au F.*. Tissot la planche à tracer,  et lui a dit :

"Mon Frère, au nom du Sérénissime Grand-Maître, je vous installe dans les fonctions de Secrétaire de la Loge de la Candeur, et en vous,  tous vos successeurs dans cet office."

Les Grands-Officiers se sont ensuite rendus au dépôt du F.*. Trésorier ;  le Très-Illustre Administrateur-général a décoré le F.*. Vicomte d'Espinchal, du cordon et du bracelet de sa dignité,  et lui a remis les clefs du trésor. Le F.*. Orateur lui a adressé le discours suivant :

"On vous confie, mon F.*., les clefs de la colonne où nous renfermons nos offrandes. Ce métal est vil par lui-même ; nous l'ennoblissons par l'emploi que nous en faisons, en nous en dépouillant sans cesse pour le soulagement des malheureux. C'est à vous de les indiquer à nos cœurs : cette charge exige des soins, de l'activité, des détails pénibles ; mais qui la mérite mieux que vous ? Vous êtes bon Maçon : cet éloge renferme tous les autres."

Enfin le Très-Illustre Administrateur général a installé le F.*. Trésorier avec les mêmes cérémonies que le F.". Secrétaire………

 Cette cérémonie finie, les Grands-Officiers, précédés du Héraut d'armes et des Frères Experts, se sont rendus auprès du Serenissime Grand-Maître. Le Très-Illustre Administrateur-général lui a rendu compte de ses opérations.

Les Maîtres des cérémonies s'étant approchés du Serenissime Grand-Maître,  ont posé sur ses genoux un coussin azuré, richement décoré, et chargé d'une équerre que le Serenissime Grand-Maître a couvert du glaive de l'ordre.

Le Très-Illustre Administrateur-général a conduit le Vénérable frère Marquis de Saisseval, auprès du Serenissime Grand-Maître, aux pieds duquel il s'est mis à genoux, la main droite sur le glaive de l'Ordre.  Le Respectable F.". Marquis de Seignelay a présenté au Vénérable la formule de l'obligation des Vénérables des Loges, qu'il a prononcé à haute voix :  tous les Frères de la Loge de la Candeur,  et les frères Visiteurs avaient alors le glaive en main.

Le Serenissime Grand-Maître a donné l'accolade au Vénérable, et l'a fait suivre du baiser de paix, qui a été répété par les deux Grands-Officiers.

Le Serenissime Grand-Maître a fait asseoir à sa place le Vénérable frère Marquis de Saisseval ; et, pendant qu'on a allumé les quatre-vingt-une étoiles, une harmonie douce et agréable s'est fait entendre.

Ensuite, le Serenissime Grand-Maître, accompagné du Très-Illustre Administrateur-général, du respectable frère Marquis de Seignelay, et du Héraut d'armes, est entré dans le sanctuaire.    Y étant arrivé, le Très-Illustre Administrateur-général a frappé un coup de maillet, répété successivement par les deux Surveillans.    Les Maîtres des cérémonies ont conduit le Vénérable aux pieds des degrés du trône, sur lesquels il a frappé trois coups.    Le Héraut d'armes ayant pris les ordres du Serenis­sime Grand-Maître, a été chargé d'y introduire le Vénérable.

Le Serenissime Grand-Maître ayant découvert l'autel, a fait mettre la main du Vénérable sur chacune des pièces qui y étaient déposées, lui a fait prêter les obligations particulières qu'exigeait chacune de ces pièces, lui a ceint le glaive, l'a revêtu des ornements de Vénérable, de ses habits maçonniques, à l'exception du triangle, et l'a muni du bracelet et des autres symboles de la Candeur,  pareils à ceux dont les Frères de la Loge sont revêtus dans leurs travaux ;  ensuite on lui a donné le secret et le mot de Vénérable de Loge.

Pendant cette opération,  le H.*, d'armes est sorti du sanctuaire, s'est placé à l'entrée, et a annoncé à tous les Frères de la Loge et aux frères Visiteurs, qui étaient debout, à l'ordre et le glaive en main, que la cérémonie de l'inauguration serait bientôt achevée,  et que le temple de la Candeur, consacré en ce jour à la vertu, allait voir son chef installé.

Dans ce moment,  le signal donné, l'harmonie s'est jointe à l'acclamation qui s'est faite en même temps que le rideau du sanctuaire s'est élevé.

On a vu le Très-Vénérable Marquis de Saisseval assis sur le trône, ayant à sa droite le Serenissime Grand-Maître, et le Très-Illustre Administrateur-général ; à sa gauche,  le respectable frère Marquis de Seigne-lay.    Le Hérault d'armes, armé du glaive de l'Ordre, était sur le quatrième degré du sanctuaire.

On a ouvert ensuite les portes du Temple, pour laisser jouir de ce spectacle le peuple maçonnique, qui était représenté par une foule de frè­res Servans.

Le Sérén.". Grand-Maître ayant frappé un coup de maillet répété successivement par les deux Surveillans, a dit à la Loge: "Mes Frères, voilà votre chef ; voilà celui qui doit vous conduire dans les sentiers de la vertu. Ecoutez-le,  imitez-le, suivez son exemple."

Les applaudissemens de la Loge se sont mêlés aux sons éclatans de la musique.    Le Sérénissime Grand-Maître et ses Grands-Officiers, ont embrassé le Vénérable F.". Marquis de Saisseval ;  ce qui a été imité par tous les Frères de la Loge, qui se sont rendus deux à deux en cérémonie au Trône.

A mesure que le Vénérable recevait d'eux le baiser de paix, il les a couronnés de fleurs. Après cette cérémonie, le frère Orateur a dit: (Discours 2)

Après avoir applaudi au discours du F.*. Orateur,  le Très-Vénérable Marquis de Saisseval, a dit : (Discours 3)

L’harmonie et les applaudissements d’usage, ont terminé la cérémonie de l’inauguration de la Loge de la Candeur, dont le Sérénissime Grand Maitre a signé les constitutions.

                                                       IN RENAISSANCE TRADITIONNELLE

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8 décembre 2009 2 08 /12 /décembre /2009 00:54

Les rituels pratiqués durant le XVIIIe siècle par la Mère Loge Ecossaise de Marseille ne devaient pas s'écarter fondamentalement de la pratique générale de la maçonnerie française de cette l'époque.

On est en particulier assuré que l’ordre des mots du premier et du second grade était le même que dans le reste de la maçonnerie française, J au nord et B au sud.

La place des surveillants était à l'occident comme dans toute la maçonnerie française, ainsi que le confirment dans les diplômes délivrés par la Loge le niveau qui figure sur la base de la colonne du midi et la perpendiculaire qui est sur celle de la colonne du nord.

au premier grade le mot de passe était en T, et le mot de maître identique à celui en usage dans l'ensemble de la Maçonnerie française.

On ne peut donc pas parler à propos de la Mère Loge de Marseille d'un rite spécifiquement « écossais » dans les grades symboliques. Si on laisse de côté le cas très particulier du Rite Écossais Rectifié, il n'y a eu en France une Maçonnerie spécifiquement « écossaise » à ces grades, qu'au début du xixe siècle avec l'apparition du Rite Écossais Ancien et Accepté, que l'on peut caractériser de ce point de vue comme une synthèse de la tradition française du 18° siècle, dérivée de la Maçonnerie anglaise des Modernes, avec la Maçonnerie des Anciens. On ne trouve rien de tel en ce qui concerne la Mère Loge de Marseille, qui se situait dans le cadre de la tradition française issue des Modernes.

Il faut cependant signaler deux particularités : La première est, à la vérité, un trait général des rites qualifiés d'Écossais, c'est la position des trois grands chandeliers autour du tableau de la Loge. Cette position est ici sud-est, sud-ouest, nord-ouest comme au Rite Écossais Rectifié et au Rite Écossais Ancien et Accepté, alors que dans les Loges du Grand Orient de France elle était sud-ouest, nord-est, sud-est.

L'autre particularité est l'acclamation « houzzai », alors que dans les Loges du Grand Orient, l'acclamation était « vivat », et que le Rite Rectifié n'en a jamais eu.

Il convient de signaler encore une particularité qui n'appartient pas au rituel des grades, et qui est fort intéressante. La Mère Loge de Marseille avait une cérémonie spécifique d'installation du vénérable.

Le Frère installateur faisait appeler les Frères un par un, en commençant par le plus jeune apprenti. Chaque frère, à l’appel de son nom montait à l’Orient par les trois pas d’apprenti, il s'asseyait dans le « trône », se couvrait et recevait le maillet dont il frappait un coup sur l'autel. Le vénérable élu, qui n'avait pas pris part à cette cérémonie, avançait par trois pas d'apprenti sur la « Loge tracée ». Les frères écossais venaient alors former un cercle autour de lui, et formaient la voûte d'acier. Le frère installateur descendait de l'Orient et venait rejoindre sous la voûte d'acier le vénérable élu, et pendant que les Écossais faisaient cliqueter leurs épées, il l’embrassait et lui donnait à l'oreille le mot de vénérable. Il y avait donc, sinon une installation secrète, du moins un secret particulier à la chaire de maître.

En ce qui concerne les hauts grades, la Mère Loge n'en pratiqua jamais que quatre, ce qui faisait avec les grades symboliques une échelle de sept grades. Ces grades ne paraissent pas avoir varié au cours du XVIII° siècle et sont définis dans les mêmes termes dans les règlements d'avant 1774 et dans ceux de 1779 :

« La R.L., selon l'ancien usage des Écossais, n'admettra jamais d'autres grades que ceux ci-après, savoir : l'apprenti, le compagnon, le maître symbolique, le maître parfait, l'élu, l'écossais d'Ecosse ou vrai maître, et le chevalier maçon dit de l'Orient. »

En 1802, la Loge abandonna le maître parfait et adopta le grade de Rose-Croix, obtenant ainsi un système semblable, par sa structure tout au moins, au Rite Français ou Rite Moderne, du G. O. D. F.

                                                                                                E. MAZET

 

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 11:41

    Les FF.-.Maîtres des Cérémonies ont ouvert la porte de la Loge qui communique à la Salle du Banquet, dans laquelle la plus grande partie des Frères Visiteurs qui avaient assisté à l'Inauguration, se sont rendus en cérémonie revêtus de leurs Ornements & Bijoux, & y ont été rangés en double parallèle, réunis à l'Orient (en forme d'un fer à cheval) chacun suivant son rang dans l'Ordre.

Tous les Frères se sont mis à l'Ordre & le Glaive en main, pour recevoir le Sérénissime Grand Maitre, qui était précédé des Grands Officiers de l'Ordre, du Héraut d'armes, des Officiers Dignitaires de la Loge, des FF :. Experts, des FF:. Maîtres des Cérémonies, du F;. Vicomte Le Veneur, Maître d’Hôtel, des autres FF:. Officiers de la bouche, & de l'harmonie.

Le banquet, dressé sur une table en deux parallèles réunis par l’Orient, couvert de cristaux, décorée de figures, de fleurs et de fruits, était éclairé du nombre parfait de 81 Etoiles.

L’harmonie était placée au dessus de la galerie de la Salle du Banquet, derrière le Trône du Sérénissime Grand Maitre.

Vingt et un frères, distingués par un des symboles de la Candeur, ont fait le service.

Tous les Frères ayant pris place, suivant leur rang Maçonnique, le Très Illustre Administrateur Général, au nom du  

Sérénissime Grand MAITRE, a fait l'ouverture des travaux a l'Orient. Les Frères Comte de Saisseval & Marquis de Turpin de Crisse , à l'Occident.

Ensuite il a annoncé la première santé d''obligation, celle de LOUIS XVI, NOTRE AUGUSTE MONARQUE, et de la FAMILLE ROYALE.

Cette santé a été commandée par le Sérénissime Grand Maître.

Tous les Frères se sont empressés à marquer les symboles de leur attachement et de leur respect pour le R O I, & les applaudissements mystérieusement répétés & confondus avec le son des Instruments, ont été accompagnés des vœux les plus sincères pour la conservation des jours précieux de SA MAJESTÉ & de la FAMILLE ROYALE , pour la gloire de son Règne , & la prospérité de l'Etat.

La seconde santé proposée et commandée par le très-illustre Administrateur général, fut celle de notre Sérénissime Grand Maître.

Elle fut célébrée avec ce zèle vif & sincère qu'inspire toujours sa présence & suivie de cette forte d'applaudissements trop bien sentis pour être décrits.

Le Sérénissime Grand Maître répondit à cette santé avec des grâces qui augmentaient le prix de cette faveur.

La troisième santé fut celle du très-illustre administrateur général. On y joignit celle des Grands Maitres de tous les Orients étrangers.

Elle fut proposée & commandée par le F:. Marquis de Saisseval, & célébrée au son de.la Musique.

La précision du travail fut pour cet illustre Chef un nouveau gage de la reconnaissance & de l'attachement de tous les Frères ; et les applaudissements furent de faibles interprète du sentiment que sa présence inspire.

La quatrième santé proposée & commandée par le Vénérable Frère Marquis de Saisseval, fut celle du GRAND ORIENT de FRANCE, à laquelle tous les Officiers présents répondirent.

Ces quatre santés furent célébrées le Glaive en main & debout.

Le très Illustre Administrateur général proposa, la santé du Vénérable en exercice, des Surveillants, Officiers Dignitaires & Membres de la Loge de la Candêur.

Cette cinquième santé fut commandée par l’Administrateur général, & répondue par tous les Frères de la Loge, debout et le Glaive en main ; ensuite l'harmonie exécuta en musique un divertissement.

Le Frère Comte de GOUY, Orateur, a chanté un Cantique de sa composition, ce témoignage de son zèle Maçonnique a été reçu avec un applaudissement bien mérité ; mais la modestie de ce Frère prive la Loge de la Candeur du plaisir de tracer ici ce Cantique.

Le F:. Vicomte de Gand, Substitut du F:. Orateur, ayant été invité à chanter un morceau de fa composition, se rendit aux vœux de la Loge, & aux désirs du Sérénissime Grand Maître, en chantant les couplets suivants.

(Chanson du Frère Vicomte de GAND)

Frères, Amis, célébrons la présence du Maitre de tous les Maçons ; et prouvons lui notre reconnaissance, par nos vœux et par  nos chansons : de notre Loge il a reçu l’hommage, offrons lui celui de nos cœurs ; et que ce jour soit un présage de paix, de gloire et de bonheur, de paix de gloire et de bonheur.

Jurons ici de vivre pour lui plaire, ne jurons pas d’être discret ; de ses vertus ne faisons point mystère ; car l’univers sait nos secrets : Oui, son exemple assez nous autorise à choisir l’amour et l’honneur, pour le refrain et la devise de la Loge de la Candeur. Bis.

Le Sérénissime GRAND MAITRE, a prié le Frère Vicomte de GAND de recommencer ces couplets, qu’il n’a achevés qu’au bruit des applaudissements réitérés et au son des instruments.

Le très-illustre Administrateur général a demandé que les couplets chantés par le F:. Vicomte de Gand, fussent annexés à la planche du jour ; ce qui a été exécuté par le F;. Secrétaire.

Le Sérénissime Grand -Maître, ayant proposé la santé des Frères Vicomte de GaND & Comte de Gouy : elle a été commandée par l’Administrateur général, & suivie des applaudissements. Ces FF:, y ont répondu suivant l'usage.

Immédiatement après, suivit celle de tous les Frères répandus sur les deux hémisphères.- Tous les Frères Servants formaient un triple parallèle.

Cette santé a été précédée du Cantique de l'Ordre, chanté par le F:. Vicomte Le Veneur.

Le Sérénissime Grand-Maître , les Grands Officiers de l'Ordre ayant signé la présente Planche, ainsi que tous les Frères qui avaient assisté à la Cérémonie de l'Inauguration ; tous les travaux de ce jour mémorable & flatteur pour la Loge de la Candeur, & intéressant pour I’ Ordre , ont été heureusement terminés au sein de la paix, du bonheur, & aux sons de l'harmonie, le vingt-cinquième jour du dixième mois de l'an de la vraie lumière cinq mille sept cent soixante et quinze.

A ces travaux réguliers succédèrent quelques divertissements ménagés pour le Sérénissime Grand-Maître. Après lesquels il fut accompagné ainsi que le très illustre Administrateur général par tous les Frères de la Loge, & leurs cœurs suivirent ces Chefs dignes d'être chéris, longtemps après que leurs yeux eurent cessé de les voir.

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 23:27

La Parfaite Union

La Parfaite Union, la plus ancienne Loge constituée à la Martinique, reçoit ses premières constitutions en 1738 de la Grande Loge des Maîtres Maçons de Paris.

Le 2 Août 1750 la Respectable Loge Saint Ferréol à l'Orient de Marseille lui délivre de nouvelles patentes confirmant les premières.

En 1752, un incendie ravageant le Fort Saint-Pierre anéantit le Temple et ses constitutions. La loge en donna avis mais la Grande Loge de France fit répondre qu'elle ne s'assemblait plus et que la Parfaite Union devait s'adresser à des loges de provinces « biens et dûment constituées ».

La Parfaite Union écrit aussitôt à la Respectable Loge Ecossaise de Marseille qui lui délivre des constitutions en 1753.

En 1775 elle intègre le Grand Orient de France qui lui accorde de nouvelles constitutions avec rappel des travaux à compter de 1738.

Le niveau social de la loge est élevé et riche. Trente et un membres sont connus, quinze créoles dont un de la Guadeloupe et seize métropolitains, huit du Nord, huit du Sud de la France.

Les professions connues : onze négociants, quatre marchands, six habitants, trois capitaines de navire, deux employés du roi, un substitut du Procureur, un peintre.

Avant 1775, la Parfaite Union avait pour sa part créée des ateliers à la Guadeloupe, à la Dominique, à la Grenade, à la Louisiane, à Cayenne, à Fort Royal, au Marin et au Vauclin.

Elle entretenait une correspondance suivie avec des loges du monde entier et son rayonnement dans tout le bassin Caraïbe était considérable.

Une planche du 24 Juin 1777 apprit au Grand Orient de France que l'Orient de Saint-Pierre n'était pas d'une étendue suffisante qui permit deux loges : Parfaite Union et Tendre Fraternité Ecossaise s'unissaient pour ne former qu'un seul atelier : « La Parfaite Union et Tendre Fraternité Réunies ».

 La Tendre Fraternité Ecossaise

Fondée à Saint-Pierre en 1765, elle fut la première loge de la Martinique à se rallier au Grand Orient de France.

Sur ces vingt huit membres connus, dix huit étaient métropolitains et dix créoles.

Les professions : huit employés du roi, quatre officiers de milice, trois officiers d'infanterie, trois habitants, cinq négociants, trois capitaines de navire, un musicien, un bourgeois.

En 1777, douze membres de la Tendre Fraternité se joindront aux seize membres de la Parfaite Union, mettant ainsi en acte le regroupement des loges qu'ils avaient prôné.

Cette nouvelle loge ainsi constituée s'opposera avec force à toute création de nouvel atelier à Saint-Pierre.

 La Parfaite Union et Tendre Fraternité Réunies

représentant le renouveau maçonnique du Grand Orient de France donnera une loge puissante sur le plan maçonnique.

D'un niveau social élevé, ses membres comptent une majorité de créoles actifs et influents.

Persuadés de représenter l'élite maçonnique de la colonie et partisans d'un regroupement dont ils avaient donné l'exemple, ils vont s'opposer violemment à la création à Saint-Pierre de la loge la Sincérité des Cœurs dont nous parlerons tout à l'heure.

Sur cent trente huit membres connus il y a soixante quatre créoles, quarante neuf métropolitains et trois étrangers.

Les professions : quarante neuf négociants, huit marchands, vingt deux habitants, quatorze officiers, dix employés du roi douze capitaines de navire, cinq professions médicales, cinq religieux.

Le 27 Mars 1787, le Grand Chapitre Général de France va constituer à l’Orient de Saint Pierre de la Martinique,  le Souverain Chapitre de la Parfaite Union et Tendre Fraternité Réunies.

La Loge et son Chapitre, après les violences de la Révolution Française et l'occupation anglaise de l'île, ne reprendront plus leurs travaux.

En 1804, la loge l'Harmonie sera créée et reprendra avec son Vénérable Louis Joyau, ancien de la Parfaite Union et Tendre Fraternité Réunies, la tradition et la clientèle de cette loge illustre.

Histoire moderne

Le 9 Mai 1987, la Grande Loge Nationale Française a Réveillé et Constitué, à l’Orient de Saint Pierre de la Martinique, la Respectable Loge La Parfaite Union et Tendre Fraternité Réunies sous le  Numéro  508.

En 2003, la Loge a opté pour la pratique du Rite Français.

Le 24 Avril 2004, le Grand Chapitre Français, a consacré le Chapitre de La Parfaite Union et Tendre Fraternité Réunies sous le Numéro 34 dans la Vallée de Saint Pierre de la Martinique.


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