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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 02:45

Pour le gouvernement des loges particulières de France et leurs relations avec la Grande Loge.

ART. PREMIER

Lettres de constitutions nécessaires. — Aucune loge ne pourra procéder à aucuns travaux maçonniques, soit d'élection soit de réception, qu'elle ne soit munie des constitutions émanées de la Grande Loge de France, dument signées, timbrées et scellées; et faute des constitutions toute loge sera censée irrégulière, suivant l'art. 24 des Statuts de la Grande Loge et tous ses travaux déclarés irréguliers et nuls.

ART. 2

Défense de communiquer avec les Loges irrégulières. — Aucune loge régulière ne pourra lier correspondance avec d'autres loges que celles comprises au tableau des loges régulières qui lui sera envoyé par le Secrétaire général de la Grande Loge de France.

ART. 3

Loges douteuses. — Dès qu'une loge régulière aura connaissance d'une loge qui ne sera point comprise dans le tableau envoyé par la grande loge, et des constitutions de laquelle elle doutera, elle est invitée d'en donner avis avec tous les renseignements possibles au Secrétaire de la Grande Loge.

ART. 4

Loges bâtardes. — Si des FF.', irrégulièrement assemblés continuent leurs travaux après avoir été avertis de les cesser ou de se faire régulariser, aucune loge régulière ni aucun membre régulier ne doivent les soutenir, les avouer pour frères ni les visiter en aucune façon.

ART. 5

Frère exclu. — Toute loge régulière qui pour quelque faute que ce soit aurait exclu un de ses membres et l'aurait biffé de son tableau, en donnera sur le champ avis à la grande loge pour faire passer cet avis à toutes les loges régulières et le faire biffer de tous les tableaux suivant l'art. 30 des Statuts de la grande loge.

ART. 6

Avis à donner. — Toute loge régulière qui aura connaissance de quelque chose que ce soit qui intéresse l'ordre en général, soit en bien soit en mal, en fera sur le champ passer avis à la grande loge, pour qu'elle agisse en conséquence.

ART. 7

Constitutions à faire renouveler. — Au reçu des présents règlements, chaque loge enverra à la grande loge ses constitutions pour y être lues, examinées et renouvellées sur le modèle, le tout suivant l'art. 29 des Statuts de la Grande Loge.

ART. 8

Procès-verbal de la S'-Jean. Serment et soumission aux Statuts généraux. — Au reçu des présents règlements et chaque année à la Saint Jean-Baptiste, chaque loge régulière enverra le procès-verbal de son Assemblée, contenant l'acte de prestation de serment de tous ses membres de reconnaître pour Grand maître de l'ordre, pour son Substitut général et pour grands officiers de l'Ordre en France, ceux qui seront dénommés dans le tableau des officiers de la grande Loge de France qui sera à cet effet régulièrement envoyé chaque année par le Secrétaire général de la Grande Loge, à chaque loge régulière, de porter soumission et obéissance à tous les statuts et règlements tant généraux que particuliers, faits et à faire par la Grande Loge de France.

ART. 9

Tableau à envoyer tous les 6 mois. — De six mois en six mois, chaque loge enverra à la grande Loge le tableau des officiers qui la composent par noms, surnoms, qualités civiles, dates de réception, grades et dignités dans la loge et le dit tableau sera enregistré suivant l'art. 10 des Statuts de la grande loge.

ART. 10

Les paquets seront adressés sous le couvert du Sre Gal. — Lorsque chaque loge aura quelque chose à proposer à la grande loge, soit plainte ou avis de quelque nature que ce puisse être, elle adressera son paquet à la grande loge, son enveloppe, au Secrétaire Général et par une lettre particulière elle l'informera du contenu du paquet pour qu'il en soit rendu compte à la grande loge et afin que la décision ne soit point retardée.

ART. 11

Signatures nécessaires. — Les art. 12 et 13 des Statuts de la grande loge ayant réglé la forme dans laquelle elle fera passer ses décisions aux loges particulières, chaque loge ne reconnaîtra que les paquets timbrés et signés dans la forme prescrite par les dits articles, d'un ou de deux Secrétaires et du Garde des Sceaux.

ART. 12

3LL de cotisation. — Chaque loge régulièrement constituée paiera chaque année par forme de quotité au trésorier de la grande loge une somme de 3LL. La dite somme payable au reçu de la présente, par taxe rétroactive pour la présente année échue à la Saint Jean Baptiste dernière, attendu la nécessité de faire des fonds pour subvenir aux dépenses qu'exigent les présents règlements.

ART. 13

Dissolution d'une loge. — Lors de la dissolution d'une loge pour quelque cause que ce soit, les officiers de cette loge sont tenus de faire l'envoi à la grande loge des Constitutions, statuts, règlements, registres et généralement tous les papiers et archives de la dite loge.

ART. 14

Fête de St Jean. — Chaque loge s'assemblera dans la quinzaine de la S'-Jean-Baptiste pour célébrer la fête du patron de l'ordre.

ART. 15

Election de la St-Jean. — Chaque loge procédera tous les ans par la voie de scrutin à l'élection de ses officiers qui seront amovibles.

ART. 16

Loges d'obligation. — Les loges conviendront des jours auxquels se tiendront les loges d'obligation de l'année et le Secrétaire de la loge aura soin de prendre l'ordre du maître pour convoquer au jour convenu.

ART. 17

Droit de convoquer. — Dans les cas extraordinaires le maître de la loge a droit de la convoquer et en son absence le 1er ou le 2e surveillant.

ART. 18

Qui doit présider en l'absence du V.".. — Quoiqu'en cas d'absence du maître le droit de convocation n'appartienne qu'aux surveillants, cependant ils n'ont pas le droit de présider s'il se trouve dans la loge un F.". ex Mtre.'., à son défaut c'est au 1er ou 2e surv.'.

ART. 19

Deux Députés nécessaires. — Chaque loge nommera deux frères députés visiteurs qui seront alternativement chargés de la représenter et de se rendre aux invitations des loges régulières que le maître de loge ou le secrétaire lui feront passer.

ART. 20

Cotisation de chaque Loge. — Il sera fait par chaque loge une délibération pour fixer la somme que chaque membre payera par forme de quotité annuelle pour les dépenses de la loge.

ART. 21

Récipiendaire. — Aucune loge régulière ne pourra faire aucune réception particulière d'apprentif que les candidats n'aient été posés le temps ordinaire fixé par la loge pour leur admission.

ART. 22

Scrutin pour les réceptions. — Lorsqu'il sera question de l'admission du candidat, le maître de la loge demandera le consentement de tous les membres : l'opposition d'un seul arrêtera la réception et les opposants déduiront au maître à voix basse la cause de leur opposition : Le maître suivant sa prudence refusera le candidat ou communiquera les causes d'opposition à la loge qui jugera de leur validité ou de leur insuffisance.

ART. 23

Qualités nécessaires. — Aucun candidat ne sera admis qu'il ne soit son propre maître, qu'il ne jouisse d'un état décent et qu'il n'ait atteint l'âge de 21 ans. Les louveteaux auront une dispense de 2 ans seulement, mais ils ne pourront jouir de cette dispense pour la maîtrise.

ART. 24

Obligations du récipiendaire. — Chaque nouveau F.', à sa réception doit être habillé d'une manière bienséante, payera entre les mains du trésorier la somme qui sera arrêtée pour réception par délibération de chaque loge particulière et mettra une somme proportionnée à ses facultés pour le soulagement des frères indigents : il prêtera en outre son obligation solennelle de se soumettre aux règlements qui lui seront expliqués.

ART. 25

Ne peut donner qu'un grade. — Aucune loge ne pourra donner plus d'un grade à la fois au même f.. Les qualités reconnues du récipiendaire pourront cependant lui faire obtenir de la loge dispense de l'intervalle du grade d'App.'. à celui de Соmр.'., mais sans de fortes raisons très connues, telles que celles de voyages de long cours on ne pourra conférer le grade de Mre.'. le même jour que celui d'App.'.

ART. 26

Consentement nécessaire pour les grades. — Lorsque la régularité d'un frère engagera son Mre à augmenter ses gages en lui conférant un nouveau grade, il le proposera à sa loge, et il faudra pour son admission le consentement unanime des membres de sa loge.

ART. 27

Certificat pour passer d'une loge dans une autre. — Aucun frère reçu dans une loge ne peut être agrégé dans une autre loge sans justifier d'un certificat de celle qui lui a donné la lumière et si cette loge était dans la même ville, avant d'admettre ce frère il sera donné avis de sa demande au M.', de la loge dont le consentement sera nécessaire pour son admission, ainsi que celui de tous les membres de la loge à laquelle il demande d'être agrégé.

ART. 28

Obligation d'être présent. — Aucun Fr.'. régulièrement convoqué ne pourra se dispenser d'assister à la loge sans prévenir le Vble qui jugera de la validité de ses raisons et si quelque F. s'absente sans cause légitime pendant trois loges de suite, il sera exclu pour trois autres loges et même à perpétuité s'il ne subit la peine que la loge lui impose.

ART. 29

F.', visiteur. Cérémonial. — Aucun F.', visiteur ne sera admis à l'ouverture des travaux s'il n'est député d'une loge et connu pour tel. Tout autre visiteur se fera annoncer, sera reconnu et tuile par un expert s'il n'est pas connu d'un des membres ni muni d'aucun certificat régulier, ni étranger, il ne sera point admis qu'à la charge de prêter son obligation et ce du consentement unanime de la loge.

ART. 30

Les visiteurs payent. — Pour bannir toute contrainte et augmenter les communications des loges, les visiteurs ne pourront être empêchés ni dispensés de fournir leur contingent dans la picquenic des banquets; excepté néanmoins les visiteurs députés des loges, entre lesquels pourra être fait à cet égard telle convention qui bon leur semblera.

ART. 31

A observer par les visiteurs. — Les visiteurs et même les députés des loges ne pourront sous aucun prétexte même de grade supérieur interrompre les travaux, mais ils feront leurs observations après la clôture des travaux.

ART. 32

Nombre des FF. servants. — Chaque loge pourra recevoir deux frères servants dont les mœurs soient connues. Ils seront proposés et admis ainsi que les autres candidats, reçus gratis et ne pourront sous aucun prétexte parvenir au grade de maître.

ART. 33

Fonction des App. et Comp. — A défaut de F. servant pendant les travaux, les App.*. à tour de rôle garderont l'extérieur de la loge et les Comp.'. l'intérieur pour aider le F. terrible. Les uns et les autres aideront à la préparation de la loge tant avant qu'après les travaux et se rendront utiles aux loges de banquets pour empêcher les profanes d'en troubler les mystères.

ART. 34

Obéissance. — La subordination maçonnique étant d'étroite obligation, les app.'. obéiront aux comp.'., tous les deux aux Mtrs et ainsi de grade en grade : le Respect et l'obéissance envers les Supérieurs tant en grades qu'en dignités étant la marque distinctive du bon maçon.

ART. 35

Accusations. — Lorsqu'un F. sera accusé il sortira de sa place, se tiendra debout derrière la chaire et à l'ordre, se dépouillera de ses cordons et attendra en silence la permission de parler.

ART. 36

Plainte par écrit contre les Mtres et les Survts. — Le maître de la loge et les deux Surv.'. étant les trois lumières il ne pourra en loge être porté d'accusation contre eux que par écrit à la loge suivante, lequel écrit sera remis au Secrétaire de la loge qui en rendra compte et le Vble absent. Il sera jugé provisoirement par la loge sauf appel à la grande loge.

ART. 37

Silence. Amende. — Le maître fera observer pendant la loge de table un silence exact. Il punira les contrevenants la première fois par un exercice sans honneurs, la 2° par une amende pécuniaire et la 3° il fermera la loge et se retirera du banquet avec ses officiers, rien n'imitant plus la tour de Babel qu'une loge mal gouvernée ou dont les FF.', se refusent à l'obéissance.

ART. 38

Secret. Prestation de serment. — Le secret sur tous nos mystères étant de la plus indispensable obligation avant la clôture de chaque loge, le maître fera prêter à tous les membres le serment du silence sur tous les travaux de la loge.

 ART. 39

Maladie. — Si quelque F.', tombe malade, il en fera informer le maître ou le frère hospitalier qui lui donnera tous les secours possibles.

ART. 40

Infortune. — Si un frère dont la bonne conduite serait connue essuie des revers dans sa fortune, on mettra tout en usage pour adoucir sa situation.

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 00:16

1° Le Grand Orient de France en 1780

Persuadés que l'amour du bien public, que la bienfaisance & l'humanité doivent caractériser sans cesse notre Ordre respectable, nous avons la faveur d'inviter tous les Membres qui le composent à concourir à la perfection d'un établissement digne d'intéresser les âmes sensibles & vertueuses.

Destiné à servir d'asile à l'enfance malheureuse, & consacré aux rejetons de nos anciens Militaires, Officiers, Soldats, morts ou retirés à l’Hôtel des Invalides, cet Etablissement intéresse également les Maçons de la Capitale où se trouvent ces jeunes Sujets, & ceux de toutes les Provinces, parce que l'assemblage de ces Vétérans étant composé d'hommes nés dans toutes les parties du Royaume, leurs enfants appartiennent à toutes.

Cependant, osons le dire, il n'est point d'êtres plus abandonnés, plus malheureux que ces jeunes Sujets: le dernier des Citadins, des Villageois, a-t-il perdu ses parents, il a du moins l'espoir d'être protégé par qui l'ont vu naître, qui ont été témoins de ses premières années.

L’enfant qui, rejeté en naissant du sein de ceux auxquels il doit le jour, accueilli dans les Hôpitaux, peut regarder la Maison de Charité qui l'a adopté comme la sienne, & les Administrateurs qui la dirigent comme ses pères & protecteurs ; ils lui en tiennent lieu, ils le mettent en nourrice, prennent soin de ses premiers jours, ils le font enfin élever. Tandis qu’on s'est occupé de toutes les Classes de la Société, on a oublié celle des Enfants d'Invalides : sans amis, sans connaissances, sans protecteurs, sans asile, les rejetons de ces braves Vétérans doivent être, avec d'autant plus de raison, sous la protection la plus générale, que leur misère n'est que le résultat du constant attachement de leurs pères au service de la Patrie, cependant ils ont été jusqu'ici entièrement abandonnés ; ils sont même refusés, comme étrangers, dans les Hôpitaux, qui n'admettent que les enfants nés dans les lieux où ces Hôpitaux sont établis.

Ce sont ces considérations qui ont donné naissance à une institution qui appartient d'autant plus particulièrement à notre Ordre, qu'elle est créée & soutenue par un Frère Membre de la R.L. de la Fidélité, à l'Orient de Paris, lequel y consacre toute sa fortune……………………

2° Le Grand Orient de France en 1781

Tendre sans cesse au bien général, soulager les malheureux les plus dignes de secours, & le faire aux moindres frais possibles afin d'être utile à un plus grand nombre, tel est l'esprit de notre Ordre & le but de nos Travaux. Le lien qui nous unit, ce lien sacré, si cher à nos cœurs, c'est 1'amour de nos semblables.

Jusqu'à présent, il ne nous a pas été possible de nous livrer en commun à l'impulsion du sentiment qui nous anime tous. Il a fallu d'abord travailler pour étendre l'Art-Royal en France, établir un Centre & nous y réunir.

Rassemblés sous les plus heureux auspices, nous formons aujourd'hui, dans ce Royaume, une Société respectable par le nombre, les vertus & les qualités Civiles des Membres qui la composent, une Société d'hommes qui s'efforceront de mériter le titre qui les distingue, & qui concourront ensemble à un but, à un objet général. Oui, TT.*.CC.*.FF.*•, le moment est venu où nous devons faire connaître à nos Concitoyens que la Maçonnerie n'existe que pour le bonheur de l'humanité.

Parmi les infortunés qui réclament nos secours, il en est qui doivent surtout nous intéresser. Ce sont ces êtres innocents, connus sous la dénomination d’Enfants-Trouvés, ces Orphelins malheureux qui semblent n'avoir reçu l'existence que pour ne paraître qu'un instant sur la surface de la terre. Hélas ! on n'ose s'avouer à soi-même combien il en est peu qui parviennent à l'adolescence.

Le nombre des Enfants-Trouvés est si considérable, qu'on est obligé, d'en confier jusqu'à trois à la même Nourrice. Delà naît le vice destructeur qui les moissonne par milliers. Une nourriture faible & insuffisante est-elle capable de donner à l'enfant la force de résister aux attaques des maux qui assiègent le premier âge ? relégué dans l'endroit le plus malsain, il n'y respire qu'un air empoisonné qu'augmente encore la négligence de ses surveillants. Souvent abandonné pendant des heures entières, & suspendu dans une situation douloureuse, le malheureux y gémit dans des souffrances qu'il irrite lui-même par ses cris continuels & par des mouvements convulsifs qui le conduiront à la mort. Comment pourrait-il échapper à tant de peines ? S'il y survit, c'est un être faible, languissant, un homme qui n'existe que pour être continuellement un objet de pitié.

Quels crimes a commis, quels reproches a pu mériter cet infortuné recommandable par son innocence, élevant vers nous ses mains caressantes pour nous demander de lui conserver la vie qu'on a voulu lui donner ? Comment, si tendre & si faible, lui qui n'a encore ni volonté ni pensée, pourrait-il s'être rendu coupable aux yeux des hommes ? N'est-il pas, au contraire, le malheureux le plus digne de leur commisération & de leurs soins fraternels ?.............

3° Le Grand Orient de France en 1787

Depuis longtemps le G.O. cherchait les moyens de prouver au Gouvernement, par un acte de bienfaisance éclatant, que l'esprit de notre Ordre, & le but des travaux des Maçons, est de soulager les malheureux, de tendre une main secourable aux indigents, & d'être utile surtout à cette classe de Citoyens la plus misérable sans doute, mais aussi très souvent la plus utile.

Il s'agit aujourd'hui d'un nouvel acte de bienfaisance, que nous vous proposons avec d'autant plus de confiance, qu'il émane du Gouvernement même. C'est lui qui engage les Citoyens de tous les Ordres, de tous les Etats, les riches, & les pauvres même, en un mot les différentes classes qui composent la Société, à contribuer suivant leurs facultés, au soulagement de l'humanité souffrante.

Il n'est aucun de vous, TT.CC.FF., qui ne connaisse le projet de souscription publié depuis quelques mois par le Gouvernement, tant en particulier que dans les Gazettes & Journaux, pour l'établissement de quatre Hôpitaux à l'0rient de Paris ;..............

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 22:42

Le Vénérable. Frère Maitre des Cérémonies prenez le sac des propositions & allez sur l'une & l'autre Colonne recueillir celles que des FF, peuvent être dans le cas de faire à la Loge.

Le Maître des Cérémonies exécute l’ordre: parvenu à l’Orient, il remet le sac au Vénérable et retourne à sa place.

Le Vénérable vérifie s'il y a des propositions, & dans ce cas, il en fait la lecture et les met en délibération.

Le Vénérable. Frère Hospitalier quelle est la vertu la plus recommandable aux Maçons?

Le Maitre des Cérémonies. La charité, Très Vénérable.

Le Vénérable. Mon F. prenez le tronc des pauvres & présentez-le à tous les FF., afin que chacun y mette ce que ses facultés lui permettront, pour le Soulagement des indigents.

Le F. Hospitalier prend le tronc, le couvre de son tablier, fait le tour de la Loge et le rapporte au Vénérable, qui appelle un Expert, pour être présent à, la vérification des métaux de la quête.

Cette vérification faite, le Vénérable dit au F. Secrétaire d’en prendre note, et remet les métaux au F. Hospitalier qui avec le F. Expert retournent à leur place.

Lorsqu'il y a eu Réception, le Vénérable fait faire la quête par le Récipiendaire.

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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 12:46

Un rituel libéré ? Chiche !

Au Rite Français du Grand Chapitre Général du Grand Orient de France les Souverains Chapitres sont "souverains". Ils ont la liberté d'élaborer leur rituel, quitte à respecter les valeurs fondamentales du Rite et celles du Grand Orient de France. Ayant pratiqué comme beaucoup de frères du Grand Orient de France le rite français en loge bleue et le rite écossais ancien et accepté dans les "hauts" grades puisqu'il n'y avait alors que cette possibilité, nous avons assisté à la fin du XXème siècle à la résurrection du Rite Français pour les grades "dits de Sagesse". D'abord avec une relative indifférence et ensuite avec un prudent scepticisme parce que la rumeur des parvis faisait courir l'idée que ce Rite Français était autant sinon plus " christique " que le Rite Ecossais Ancien Accepté.

Lorsque nous avons eu la curiosité d'accéder aux textes, ce sont d'abord les ressemblances entre les deux rites qui ont retenu notre attention : même fond légendaire, même présence de la bible dans la structure intime du rituel avec de surcroît un aspect farce relevant des Monty Python qui, pour être amusant peut-être, semblait conduire le symbolisme aux limites du simplisme et aux frontières d'un ridicule meurtrier. C'est dire que cela ne correspondait à aucune de nos attentes et ne donnait aucune raison de changer de rite pour tomber de Charybde en Scylla.

     Nos attentes

A force d'observer le fonctionnement du Grand Orient de France, en participant à ses activités dans le respect de ses traditions et de son histoire et dans la culture de ses valeurs, nous étions venus, comme beaucoup de frères, à rêver d'un rituel qui serait libéré de sa gangue religieuse, biblique, judéo-chrétienne. Ce rituel idéal serait dégagé de ses prétentions chevaleresques qui - pour être supposées traditionnelles - n'en sont pas moins obsolètes. Il serait aussi nettoyé de ses référents à des moyens de violence - épées, poignards - dont sans doute la force de l'habitude empêchait de voir l'inanité ou le ridicule.

     Pour être plus explicite

Il nous semblait urgent que la franc-maçonnerie se libère de la tutelle biblique hébraïsante, chrétienne et catholico-protestante et que, dans ses structures institutionnelles au niveau du rituel, elle s'ouvre naturellement vers toutes les sources de tradition, toutes les formes et tous les moyens de la connaissance pour en explorer les corrélations, les apports et les démarches et s'approcher de leurs secrets. Il nous semblait urgent de libérer les symboles de leur personnalisation judaïque (Hiram, Salomon, Zorobabel, Temple de Jérusalem …) qui les étrécit en les réduisant à une localisation géographique, hébraïque occidentale : celle-ci a pu avoir une justification historique ou politique dans le passé mais elle semble aujourd'hui abusivement réductrice.

D'autre part il nous semblait utile d'affranchir le rituel du poids de ses ambitions chevaleresques qui relèvent d'une tradition parfaitement datée historiquement, sociologiquement et politiquement et de ce fait évidemment obsolète. Et s'il fallait proposer des modèles, porteurs de valeurs fortes qui servent de parangon mobilisateur, ouverts sur l'avenir, nous suggérerions de promouvoir le "chevalier" en "Citoyen". De fait le citoyen bénéficie de deux siècles de promotion dans notre république laïque, révolutionnaire à vocation démocratique. Il constitue le peuple souverain source légitime de tous les pouvoirs. Il porte des valeurs aussi "nobles" que celles de la chevalerie. Il a de nombreuses fois démontré sa pugnacité, son dévouement dans la défense de la nation, son sens de l'honneur, du courage et de la fidélité ainsi que celui du sacrifice.

Enfin il nous semblait urgent - profitant du mouvement - d'éliminer l'arme blanche (épée, poignard….) de l'arsenal de notre société de pensée initiatique qui prétend l'utiliser comme support, symbole et moyen de notre recherche philosophique et spirituelle. L'érection de cet instrument en outil symbolique de notre démarche sur les chemins de la connaissance relève bien sûr du leurre : on argue que l'épée peut être présentée comme un symbole de l'Egalité datant d'une époque aristocratique où la noblesse tenait le haut du pavé avec le privilège de porter les armes pour défendre la société. Au XVIIIème siècle l'aristocratie aurait octroyé ce privilège à la roture qui fréquente la loge pour casser la tradition ségrégationniste, fondement de la société féodale aristocratique inégalitaire.

Dans cette perspective ce symbole - si symbole il y a - est donc fortement connoté historiquement (XVIIIème siècle) et de plus censément dépassé depuis que l'Egalité est inscrite dans la Constitution de nos Républiques et aux frontons des édifices publics. On observe aussi que l'idée de "désarmer" les loges passe aux yeux de certains de nos frères pour une manifestation de naïveté répréhensible face aux dangers qui menacent la société : on ne voit pas cependant qu'on aie jamais érigé en symbole la plume ou le crayon.

Il n'empêche que ceux-ci ont toujours été les instruments de la pensée qui se libère et de réflexion qui avance sur le chemin des vérités. Mais on voit bien au contraire que Moïse a éliminé à l'arme blanche trois mille des siens parce que ceux-ci ne pratiquaient pas la bonne religion de la bonne manière, à son retour du Mont Sinaï, d'où il rapportait les Tables de la Loi. La maîtrise des armes n'a guère servi dans l'histoire qu'à assurer la domination de ceux qui les détiennent pour la seule justification qu'ils en sont les détenteurs. Quant au peuple qui est assujetti par ces armes, il n'y trouve pas le moyen de sa liberté alors qu'on lui interdisait de lire et écrire pour le maintenir dans l'assujettissement. Convenons que pour nos usages, la règle, l'équerre et le maillet se révèlent des substituts autrement efficaces pour notre approche de la vérité et du centre de l'idée.

Le rituel de Blois

Nous appellerions ce rituel par dérision "rituel libéré" pour le distinguer des rituels français dits "Modernes", du Régulateur des chevaliers maçons de 1801. Car, à discuter avec des initiateurs de la résurrection du Rite français dans les années 1990, nous avions découvert que chaque Souverain Chapitre avait la liberté de son rituel, quitte à respecter les " fondamentaux " du Rite Français au sein du G.O.D.F.

C'est cette liberté qui nous a engagés à faire le pas, à mettre au point notre rituel et à créer à Blois le Souverain Chapitre " Je Doute " en mars 2002. Nous avons simplement tranché tous les liens qui renvoient impérativement ou insidieusement sur les livres de la Bible (Ancien et Nouveau Testament). Et cela suffit à faire apparaître la richesse fondamentale d'un Rite ouvert dès lors dans sa structure sur l'entier des hommes.

     Concrètement :

Le nom d'Hiram est effacé : il nous reste le concept de l'Architecte qui construit, conçoit, dirige le chantier. C'est dire le Maître par définition. Ce n'est plus le constructeur du seul Temple de Salomon. C'est peut-être Dédale, ou le constructeur anonyme des pyramides, des ziggourats ou des cathédrales. C'est librement chaque frère qui reprend le flambeau et construit son temple intérieur.

Le nom de Salomon est effacé : il nous reste le Souverain, c'est-à-dire la source fondamentale des pouvoirs. Le souverain n'est plus réduit à une incarnation historique et biblique. Il s'incarnera selon les époques dans tel type de monarque, de roi … Ou aujourd'hui dans le "Peuple" source de toute légitimité qui n'est soumis à personne, à aucune autorité supérieure et génère la loi humaine, sociale, politique ...

Zorobabel évincé : il nous reste le franc-maçon persécuté. L'histoire du XXème siècle est suffisamment tragique pour le franc-maçon (Allemagne, Espagne, France..) pour y trouver à nourrir cet aspect du mythe. Joaben, l'Elu tiré au sort, devient l'Ouvrier qui œuvre à l'édification de la justice pour dépasser la vengeance. Albibalc se réduit au Meurtrier. (Meurtrier du père).

Le "chevalier" expulsé est promu en "Citoyen." La réalité concrète du rôle du chevalier dans l'histoire de la société occidentale ne permet pas de justifier sa présence dans la mythologie maçonnique comme parangon de valeurs morales exemplaires alors même que le peuple citoyen a conquis sa liberté et sa dignité et peut travailler en conscience à promouvoir ses valeurs lui-même.

L'arme blanche (épée ou poignard) est rangée au placard pour être avantageusement remplacée par la Règle, l'Equerre ou le Maillet. Accessoirement nous avons aussi éliminé l'aspect farce Monty Python des têtes coupées fichées sur un pieu et maculées de sang. On préserve la symbolique en exposant simplement les outils des trois mauvais compagnons associés à leur devise.

Tout le système légendaire des "hauts" grades reste donc intact. Mais il est débarrassé de sa chape de plomb biblique hébraïsante et peut révéler son infinie richesse. Ainsi libéré, il élargit son champ d'interprétation et permet de nourrir toutes les directions de recherche sans s'étrécir sur une seule source obligée enkystée dans sa structure.

Depuis sa création, l'atelier se montre exigeant quant au respect du rituel qui crée un lieu et un espace-temps rigoureux au sein desquels la réflexion se libère de ses carcans, s'ouvre à tous les champs de la tradition et s'examine dans sa propre genèse. Le fond légendaire est intégralement présent. Il sert de support et de catalyseur à la recherche des frères qui s'appuient sur l'apport de nos anciens pour entrer librement dans un présent ouvert sur l'avenir. Comme il se doit la symbolique est soumise au libre examen de chacun sans être contraint à de subreptices renvois institutionnels et dogmatiques vers les livres bibliques.

Le titre du souverain chapitre "Je Doute" implique chacun dans son intime : s'il n'interdit pas les convictions, il retient de les asséner comme des vérités. Chaque frère poursuit sa démarche à son pas, dans la direction qui s'ouvre à lui. Il fait part de ses découvertes bien persuadé qu'il ne s'agit que d'étapes nouvelles dont la remise en cause lui permettra d'aller plus loin, s'il peut trouver une lumière occasionnelle dans les contributions de ses frères.

Pas de maître à penser. Pas de guide. Ni gourou, ni prêtre, ni pasteur, ni rabbin. Aucun imam. Aucune autorité de référence. Aucun pouvoir de l'un sur l'autre. Aucune sujétion. Ni devoir d'obéissance et de fidélité. Chacun rencontre en soi-même ses propres exigences sans se trouver jamais justifié d'imposer à qui que ce soit des rigueurs fantasmatiques. Seulement des francs-maçons, maîtres souverains, citoyens libres sur le chemin de l'à-venir. Des frères sceptiques à qui l'on essaie d'expliquer notre démarche de libération vis à vis de toute référence religieuse et de la bible eurent cette remarque : "Mais alors il ne reste plus rien ?". Amusant !… Comment mieux justifier l'urgence de notre démarche ?

Publié par CYRILLE dans trois points info

 

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 21:05

D'où venez vous?

De la Sainte Loge de Saint Jean.

Quelles recomandations en apportez-vous?

Les recommandations des justes et respectables frères et Compagnons, de la juste, respectable et Sainte Loge de Saint Jean d'où je viens et qui vous saluent par trois fois de bon cœur.

Que venez-vous faire ici ?

Je ne viens pas faire ma propre volonté, Mais soumettre ma passion, Mettre en pratique les règles de la Maçonnerie, Et ce faisant progresser chaque jour.

Etes-vous un Maçon ?

Mes Frères et Compagnons me reçoivent et m'acceptent comme tel.

Comment saurai-je que vous êtes un Maçon ?

Par les signes, attouchements et points parfaits de mon entrée.

Que sont les signes ?

Toutes équerres, tous angles et toutes perpendiculaires.

Que sont les attouchements ?

Certaines griffes régulières et fraternelles.

Donnez-moi les points de votre entrée.

Donnez-moi le premier et je vous donnerai le second.

Je le garde.

Je le cache.

Que cachez-vous ?

Tous les secrets et mystères des Maçons et de la Maçonnerie, sauf envers un Frère véritable et régulier après un examen rigoureux ou dans une juste et respectable loge de Frères et Compagnons régulièrement assemblés.

Où avez-vous été reçu Maçon ?

Dans une loge juste et parfaite.

Qu'est-ce qui rend une loge juste et parfaite ?

Sept ou davantage.

Que sont-ils ?

Un Maître, deux Surveillants, deux Compagnons du métier et deux Apprentis entrés.

Qu'est-ce qui forme une loge ?

Cinq.

Que sont-ils ?

Un Maître, deux Surveillants, un Compagnon du métier, un Apprenti entré.

Qui vous amena dans la loge ?

Un Apprenti entré.

Comment vous y fit-il venir ?

Ni nu ni vêtu, ni pied nu ni chaussé, dépourvu de tout métaux et dans une disposition de mouvement sincère.

Comment avez-vous été admis ?

Par trois grands coups.

Qui vous reçut ?

Le Second Surveillant.

Que fit-il de vous ?

Il m'emmena dans la partie Nord-Est de la loge, puis me ramena à l'Ouest et me confia au Premier Surveillant.

Que fit de vous le Premier Surveillant ?

Il me présenta et me montra comment aller (par trois pas) vers le Maître.

Que fit de vous le Maître ?

Il me reçut Maçon.

Comment vous reçut-il Maçon ?

Avec mon genou dénudé, fléchi, le corps en Equerre, le Compas ouvert sur le sein gauche dénudé, la main droite nue sur la Sainte Bible. Là je pris l'obligation (ou serment) du Maçon.

Pouvez-vous répéter cette obligation ?

Je ferai mon possible.

(L'obligation est comme suit).

Moi, par ceci, je promets et je jure, en présence de Dieu tout puissant et de cette juste et respectable assemblée, de garder et cacher, et de ne jamais révéler les secrets et mystères des Maçons et de la Maçonnerie qui me seront révélés. Sauf à un Frère véritable et régulier, après un examen rigoureux, ou dans une juste et respectable loge de Frères et Compagnons régulièrement assemblés. En outre je promets et jure de ne pas les écrire, imprimer, marquer, ciseler ou graver, ni de les faire écrire, imprimer, marquer, ciseler ou graver sur le bois ou la pierre, de sorte que le caractère visible ou l'impression d'une lettre pourrait apparaître, par quoi ils pourraient être obtenus irrégulièrement.

Tout cela sous une peine qui ne serait pas moindre que d'avoir la gorge tranchée, la langue arrachée du fond de la bouche, le cœur arraché du sein gauche, pour qu'ils soient enfouis dans les sables de la mer, à une encablure de la plage, là où la marée descend et monte deux fois en 24 heures ; mon corps devant être réduit en cendres, mes cendres dispersées à la surface de la terre, de sorte qu'il n'y ait plus souvenance de moi parmi les Maçons.

Ainsi que Dieu me soit en aide.

Quelle est la forme de la Loge ?

Un carré long.

Quelle est sa longueur ?

D’Est en Ouest.

Quelle est sa largeur ?

Du Nord au Sud.

Quelle est sa hauteur ?

Des pouces des pieds et des yards innombrables qui vont jusqu’aux cieux.

Quelle est sa profondeur ?

Jusqu'au centre de la terre.

Où se tient la loge ?

Sur une terre sacrée, ou sur la plus haute colline, ou la plus profonde vallée, ou dans la vallée de Josaphat, ou encore dans tout autre endroit secret.

Comment est-elle disposée ?

Exactement d'Est ou Ouest.

Pourquoi cela ?

Parce que toutes les églises et chapelles sont ou devraient être ainsi disposées.

Qu'est-ce qui soutient une loge ?

Trois piliers.

Comment s'appellent-ils ?

Sagesse, Force et Beauté.

Pourquoi cela ?

La Sagesse pour inventer, la Force pour soutenir et la Beauté pour orner.

Comment votre loge est-elle couverte ?

Par un dais de nuages de diverses couleurs (ou les nuages).

Avez-vous des meubles dans votre loge ?

Oui.

Lesquels ?

Le Pavé Mosaïque, l'Etoile flamboyante et la Houppe dentelée.

Que sont-ils ?

Le Pavé Mosaïque est le sol de la loge, l'Etoile flamboyante en est le centre et la Houppe dentelée la bordure qui l'entoure.

Que sont les autres meubles de la loge ?

La Bible, le Compas et l'Equerre.

A qui appartiennent-ils en propre ?

La Bible à Dieu, le Compas au Maître et l’Equerre au Compagnon du métier. ~

Y a-t-il des bijoux dans votre loge ?

Oui.

Combien ?

Six. Trois mobiles, et trois immobiles.

Quels sont les bijoux mobiles ?

L'équerre, le niveau et le fil à plomb.

Quels sont leurs usages ?

L'Equerre pour poser les pierres selon des lignes justes et d'équerre, le Niveau pour vérifier toutes les horizontales, et le Fil à plomb pour vérifier toutes les verticales.

Quels sont les bijoux immobiles ?

La Planche à tracer, la Pierre cubique et la Pierre dégrossie.

Quels sont leurs usages ?

La Planche à tracer pour que le Maître y trace ses plans, la Pierre cubique pour que les Compagnons du métier éprouvent leurs outils dessus et la Pierre dégrossie pour que les Apprentis entrés apprennent à travailler dessus.

Y a-t-il des Lumières dans votre loge ?

Oui, trois.

Que représentent-elles ?

Le Soleil, la Lune et le Maître Maçon.

N.B. : Ces lumières sont trois chandelles posées sur de grands chandeliers.

Pourquoi cela ?

Le Soleil pour présider au jour, la Lune à la nuit, et le Maître Maçon à sa loge.

Avez-vous des Lumières immobiles dans votre loge ?

Oui.

Combien ?

Trois.

Ces Lumières immobiles sont trois fenêtres censées (bien qu'inutilement) exister dans tout local où se tient une loge, mais ce sont plutôt les quatre points cardinaux, selon les anciennes règles de la Maçonnerie.

Où sont-elles situées ?

A l'Est, au Sud et à l'Ouest.

A quoi servent-elles ?

A éclairer les hommes avant, pendant et après leur travail.

Pourquoi n'y a-t-il pas de Lumière au Nord ?

Parce que le Soleil n'envoie pas de rayon de cette direction.

Où se tient le Maître ?

A l'Est.

Pourquoi cela ?

Comme le Soleil se lève à l'Est et ouvre le jour, le Maître se tient à l'Est (avec sa main droite sur le sein gauche formant un signe, et l'Equerre pendue à son cou) pour ouvrir la loge et mettre ses ouvriers au travail.

Où se tiennent les Surveillants ?

A l'Ouest.

Quel est leur travail ?

Comme le Soleil se couche à l'Ouest pour clore le jour, les Surveillants se tiennent à l'Ouest (avec leur main droite sur le sein gauche formant un signe, et le Niveau et le Fil à plomb pendus à leur cou) pour fermer la loge, renvoyer les ouvriers du travail et leur verser leur salaire.

Où se tient le plus ancien Apprenti entré ?

Au Sud.

Quel est son travail ?

Ecouter et recevoir les instructions, et accueillir les Frères étrangers.

Où se tient le plus jeune Apprenti entré ?

Au Nord.

Quel est son travail ?

Tenir à l'écart les Cowans et les indiscrets.

Si un Cowan (ou un indiscret) est surpris, comment doit-il être puni ?

Il doit être placé sous les gouttières de la maison (par temps de pluie) jusqu'à ce que l'eau coule sur ses épaules et de là jusqu'à ses souliers.

Que sont les secrets d'un Maçon ?

Des signes, des attouchements et de nombreux mots.

Où gardez-vous ces secrets ?

Sous mon sein gauche.

Avez-vous quelque clé de ces secrets ?

Oui.

Où la gardez-vous ?

Dans une boîte d'os, qui ne s'ouvre ni ne se ferme jamais sans une clé d'ivoire.

Est-elle pendue ou posée ?

Elle est pendue.

Par quoi est-elle pendue ?

Par un câble de 9 pouces ou une boucle.

De quel métal est-elle faite ?

Il n'y entre aucun métal. Mais une langue de bonne réputation est aussi bonne derrière le dos d'un Frère qu'en face de lui.

N.B. : la clé est la langue, la boîte d'os les dents et le câble le palais.

Combien de principes y a-t-il en Maçonnerie ?

Quatre.

Que sont-ils ?

Le point, la ligne, la surface et le volume. Expliquez-les ?

Le point est le centre, (autour duquel le Maître ne peut errer), la ligne est la longueur sans largeur, la surface est la longueur et la largeur, et le volume les comprend tous à la fois.

Combien y a-t-il de signes fondamentaux ?

Quatre.

Que sont-ils ?

Le guttural, le pectoral, le manuel et le pédestre. Expliquez-les.

Le guttural sur la gorge, le pectoral sur la poitrine, le manuel à la main, le pédestre aux pieds.

Qu'avez-vous appris comme Gentilhomme Maçon ?

Le secret, la moralité et la camaraderie.

Qu'avez-vous appris comme Maçon opératif ?

La couleur, l'Equerre, le façonnage de la pierre, poser un Niveau et élever une Perpendiculaire.

Avez-vous vu votre Maître aujourd'hui ?

Oui.

Comment était-il vêtu ?

D'une veste jaune et d'une culotte bleue.

N.B. : La veste jaune c'est le compas et la culotte bleue les pointes d'acier du compas.

Combien de temps servez-vous votre Maître ?

Du lundi matin au samedi soir.

Comment le servez-vous ?

Avec la craie, le charbon et le plat de terre cuite.

iQue signifient ces termes ?

La liberté, la ferveur et le zèle.

Donnez-moi le signe d'Apprenti entré.

Réponse :

Etendre les quatre doigts de la main droite et les retirer en travers de la gorge. C'est le signe qui constitue une demande d'attouchement.

N.B. : Un attouchement se fait en joignant le bout du pouce de la main droite sur la première phalange de l'index de la main droite du Frère qui demande le mot.

Donnez-moi le Mot.

Je l'épellerai avec vous.

L'examinateur dit « BOAZ ».

N.B. : — l'Examinateur dit : B,

— l'interrogé : O,

— l'Examinateur : A,

— l'interrogé : Z,

C’est-à-dire BOAZ.

Donnez-moi un autre mot.

JACHIN.

N.B. : BOAZ et JACHIN étaient deux colonnes du Porche du Temple de Salomon (I - Roi, VII - 21).

Quel âge avez-vous ?

Moins de sept ans (montrant par là qu'il n'a pas été fait Maître).

A quoi sert le jour ?

A voir.

A quoi sert la nuit ?

A entendre.

Comment souffle le vent ?

D'Est en Ouest.

Quelle heure est-il ?

Minuit plein.

                                                                 Traduction Gilles PASQUIER

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 15:11

Etes-vous Compagnon du métier ?

Je le suis.

Pourquoi avez-vous été fait Compagnon ?

Pour connaître la lettre G .

Que signifie cette lettre G ?

Géométrie, ou la cinquième science.

Avez-vous déjà voyagé ?

Oui, d'Est en Ouest.

Avez-vous déjà travaillé ?

Oui, à la construction du Temple.

Où avez-vous reçu votre salaire ?

Dans la Chambre du milieu.

Comment êtes-vous parvenu à la Chambre du milieu ?

Par le Porche.

Qu'avez-vous vu en passant sous le Porche ?

Deux grandes colonnes.

Comment s'appellent-elles ?

J-B. C'est-à-dire JACHIM et BOAZ.

Quelle est leur hauteur ?

Dix-huit coudées.

Quelle est leur circonférence ?

Douze coudées.

Comment sont-elles décorées ?

Avec deux chapiteaux.

De quelle hauteur sont les chapiteaux ?

Cinq coudées.

Comment sont-ils décorés ?

De réseaux et de grenades.

Comment êtes-vous parvenu à la Chambre du milieu ?

Par un escalier en forme de vis.

Combien de Maçons faut-il pour faire une loge juste et parfaite ?

Sept ou plus.

Pourquoi sept ou plus ?

Parce que sept ou plus font une loge juste et parfaite.

Qu'avez-vous vu lors de votre arrivée à la porte de la Chambre du milieu ?

Un Surveillant.

Que vous a-t-il demandé ?

Trois choses.

Un signe, un attouchement et un mot.

N.B. Le signe se fait en mettant la main droite sur le sein gauche, l'attouchement en prenant la main droite de la personne qui fait la demande et en pressant avec l'extrémité du pouce sur la première phalange de son médius ; et le mot est Jachim.

De quelle hauteur était la porte de la Chambre du milieu ?

Trop haute pour qu'un Profane puisse jeter un coup d’œil.

Qu'avez-vous vu en arrivant au centre ?

L'image de la lettre G.

Que signifie encore cette lettre G ?

Le nom de quelqu'un qui est plus grand que vous.

Qui est plus grand que moi, qui suis un Maçon libre et accepté, le Maître d'une loge?

Le Grand Architecte et Créateur de l'Univers, ou celui qui fut élevé jusqu'au Pinacle du Temple sacré.

Savez-vous transmettre la lettre G ?

Je ferai de mon mieux.

 La transmission de la lettre G

 Le tuilé

Au milieu du Temple de Salomon se trouve la lettre G,

Une lettre bonne à lire et à voir pour tous,

Mais rares sont ceux qui comprennent,

Ce que signifie la lettre G.

Le tuileur

Mon ami, si vous prétendez

Appartenir à cette fraternité

Vous pouvez dire tout de suite et avec exactitude

Ce que signifie cette lettre G.

Le tuilé

Des corps de différentes sortes

Sont découverts par la science,

Qui paraissent dans leur perfection,

Mais personne sauf un homme ne saura ma pensée.

Le tuileur

Celui qui est Juste saura.

Le tuilé

S’il est Respectable.

Le tuileur

Je suis à la fois Juste et Respectable,

J'ai mission de vous demander

De m'éclairer tout de suite,

Puisque je peux vous comprendre.

Le tuilé

Par quatre lettres et la cinquième science,

Ce G véritable repose

Sur les règles de l'art et sur la proportion,

Vous avez votre réponse mon Frère.

N.B. Les quatre lettres sont BOAZ. La cinquième science est la Géométrie.

Le tuileur

Mon ami, vous répondez bien,

Si vous me donnez les principes justes et libres

Je changerai votre titre d'ami

Dorénavant pour celui de Frère,

Le tuilé

Les sciences sont bien ordonnées

Selon la noble structure de la poésie

Un point, une ligne et une étendue,

Mais la fin est un solide.


Que le Salut de Dieu soit sur notre heureuse réunion.

Et sur tous les Justes et Respectables Frères et Compagnons.

De la Juste, Respectable et Sainte loge de Saint Jean.

D'où je viens.

Je vous salue, je vous salue, je vous salue par trois fois de bon cœur et désire connaître votre nom.

P…N….

Bienvenue mon Frère par la Grâce de Dieu.

N.B. La raison qu’on donne pour s’appeler « Loge de Saint Jean » est que Jean était celui qui marchait avant notre sauveur, et qu’il traça la première parallèle à l’Evangile. (D’autres disent que notre Sauveur lui-même fut reçu comme maçon accepté lorsqu’il vivait cette vie de chair.) Cela semble malgré tout tellement ridicule et profane, je laisse au lecteur intelligent le soin d’y réfléchir.

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 14:31

Etes-vous Maître Maçon ?

Je le suis, vérifiez-le, éprouvez-moi et réfutez-le si vous le pouvez.

Où avez-vous été reçu Maître ?

Dans une parfaite loge de Maîtres.

Qu'est-ce qui fait une parfaite loge de Maîtres ?

Trois.

Comment êtes-vous parvenu à devenir Maître ?

Avec l'aide de Dieu, de l'Equerre et de mon propre travail.

Cornent avez-vous été fait Maître ?

En passant de l'Equerre au Compas.

Je présume que vous avez été Apprenti.

J'ai vu Jachin et Boaz.

J'ai été fait Maître Maçon, c'est le plus rare, Avec le Parpaing, la pierre cubique et l'Equerre.

Si vous voulez être Maître Maçon,

Vous devez bien comprendre la règle de trois.

Et M.B. vous rendra libre :

Et tout ce que vous attendez de la Maçonnerie, Vous sera montré dans cette loge.

Je comprends la vraie Maçonnerie.

Les clés de toutes les loges sont en mon pouvoir.

Vous êtes un héroïque Compagnon ; d'où venez-vous ?

De l'Est.

Où allez-vous ?

A l'Ouest.

Qu'allez-vous y faire ?

Je vais y chercher ce qui était perdu et qui est maintenant retrouvé.

Qu’est-ce donc qui était perdu et qui est maintenant retrouvé ?

Le mot de Maître Maçon.

Comment fut-il perdu ?

Par trois grands coups, ou par la mort de notre Maître Hiram.

Comment mourut-il ?

C'était le Maître Maçon sur le chantier du Temple de Salomon, et à midi plein, alors que les ouvriers étaient allés se rafraîchir, il vint inspecter les travaux comme c'était son habitude. Après qu'il soit entré dans le Temple, trois agresseurs, que l'on suppose être trois Compagnons, se postèrent aux trois portes. Et quand Hiram voulut sortir, le premier lui demanda le mot de Maître. Il répondit qu'il ne l'avait pas reçu de cette manière, mais que le temps et un peu de patience l'apporteraient à ce Compagnon. Celui-ci mécontent de-cette réponse, donna à Hiram un coup qui le fit chanceler. Il se dirigea vers une autre porte où il fut accueilli de la même manière et fit la même réponse. Il reçut alors un coup plus violent. Au troisième coup, il trouva la mort.

Avec quoi ses agresseurs l'avaient-ils frappé ?

Un maillet, un niveau et une masse.

Que firent-ils de son corps ?

Ils le sortirent par la porte Ouest du Temple et le cachèrent sous un buisson jusqu'à minuit.

Quelle heure était-il alors ?

Minuit plein, l'heure où les ouvriers se reposent.

Que firent-ils du corps ensuite ?

Ils le transportèrent au sommet d'une colline où ils creusèrent une tombe décente et l'enterrèrent.

Quand s'aperçut-on de son absence ?

Le même jour.

Quand fut-il retrouvé ?

Quinze jours après.

Qui le retrouva ?

Quinze frères fidèles qui, par ordre du Roi Salomon, sortirent par la porte Ouest du Temple et se séparèrent en deux groupes, vers la droite et vers la gauche, en restant à portée de voix les uns des autres. Et ils tombèrent d'accord pour décider que s'ils ne trouvaient pas le mot sur lui ou près de lui, le premier mot serait le mot de Maître. Un de ces Frères étant plus fatigué que les autres, s'assit pour se reposer et prit en main une brindille qui s'arracha aisément. Constatant alors que la terre avait été retournée, il appela ses Frères qui, poursuivant leur recherche, découvrirent le corps d'Hiram décemment enterré dans une belle tombe de six pieds de l'Est à l'Ouest et six en perpendiculaire, dont la couverture était faite de mousse verte et de gazon, ce qui les étonna. Là-dessus ils dirent : « Muscus Domus Dei Gratia ». Ce qui d'après la Maçonnerie signifie : « Merci mon Dieu, notre Maître a une maison au toit couvert de mousse ». Alors ils le recouvrirent soigneusement et comme ornement supplémentaire, placèrent un pied de cassia à la tête de la tombe. Ils partirent ensuite pour informer le Roi Salomon.

Que dit le Roi Salomon de tout cela ?

Il ordonna qu'on l'exhume et qu'on l'enterre décemment, et que ces quinze Compagnons du métier assistent à ses funérailles munis de gants blancs et de tabliers. (Cet usage continua chez les Maçons jusqu'à nos jours).

Comment Hiram fut-il relevé ?

Comme le sont tous les autres Maçons lorsqu'ils reçoivent le mot de Maître.

Comment cela ?

Par les cinq points du Compagnonnage.

Que sont-ils ?

Main à main, pied contre pied, joue contre joue, genou contre genou, et main dans le dos.

 N.B. : Quand Hiram fut exhumé, ils le saisirent par l'index et la peau se détacha. C'est ce qu'on appelle l'arrachement. Saisir la main droite et placer le médius sous le poignet de la personne dont on prend la main, placer l'index et l'annulaire sur les côtés du poignet. C'est ce qu'on appelle la griffe. Le signe se fait en mettant le pouce de la main droite sur le sein gauche, les doigts étendus.

Quel est le nom de Maître Maçon ?

Cassia est mon nom et je viens d'une loge juste et parfaite.

Où Hiram fut-il inhumé ?

Dans le Saint des Saints.

Par où y fut-il transporté ?

Par la porte Ouest du Temple.

Que sont les bijoux du Maître ?

Le Porche, les fenêtres et le Pavement de carreaux..

Expliquez-les.

Le Porche est l'entrée du Saint des Saints, les Fenêtres les lumières qui sont à l'intérieur et le Pavement de carreaux, le revêtement du sol de la loge.

Donnez-moi le Mot de Maître.

Il se murmure à l'oreille et s'accompagne des cinq points du Compagnonnage déjà mentionnés. On dit M.B., ce qui signifie « le constructeur est tombé ».

N.B. : Si des Maçons sont au travail et si vous voulez distinguer un Maçon accepté des autres, prenez un morceau de pierre et demandez-lui ce que cela sent. Il répondra immédiatement « ni le cuivre, ni le fer, ni l'acier, mais c'est l'odeur d'un Maçon ». Alors demandez-lui quel âge il a ; il répondra « sept ans et plus », ce qui prouve qu'il a été reçu Maître.

 

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 16:00

1728-1729 LA GRANDE LOGE DE FRANCE

La première apparition de l’expression Grande Loge de France se trouve dans le Pouvoir remis à Paris, le 25 Novembre 1737, par le comte de Derwentwater au baron de Scheffer : Nous lui conférons Nôtre plein Pouvoir de Constituer une ou plusieurs Loges dans le Royaume de Suède; de faire des Maîtres Maçons, et de nommer les Maîtres et Surveillants des Loges qu’il constituera, les quelles seront subordonnées à la Grande Loge de France. Mais cette Grande Loge avait été créée en France en 1728 ou 1729 lors d’un séjour à Paris du duc de Wharton (1698-1731) qui fut le premier Grand Maître des loges du royaume de France.

Wharton avait été élu Grand Maître de la premier Grande Lodge, le 25 juin 1722 à Londres. Nous savons qu’il occupa ensuite la même fonction en France grâce à l’acquisition, effectuée en 1956 par la Bibliothèque nationale, d’une copie manuscrite du plus ancien ensemble connu de textes réglementaires dont se dotèrent les loges de France en 1735 Outre Les Devoirs Enjoints aux maçons libres, cet ensemble comprend en effet un texte intitulé Règlements Généraux modelés sur ceux donnés par le très haut et très puissant Prince Philipe Duc de Warthon Grand Maitre des loges du royaume de France, avec les changements qui ont été faits par le présent Grand Maitre Jacques Hector Macleane chevalier Baronet d’Ecosse, et qui ont été donnés avec l’agrément de la Grande Loge, a la grande assemblée tenue le 27. Décembre 1735, jour de Saint Jean l’Evangéliste, pour servir de règles a toutes les loges du dit Royaume.

Les successeurs de Wharton furent James Hector Maclean (1703-1750) puis Charles, duc de Derwentwater (1693-1746), élu le 27 décembre 1736. Les premiers Grands Maîtres français furent ensuite Louis de Pardaillan, duc d’Antin (1707-1743), probablement élu en 1738, Louis de Bourbon-Condé, comte de Clermont (1709-1771), élu le 11 décembre 1743, et Louis Philippe Joseph (1747-1793), duc d’Orléans puis duc de Chartres en 1785 à la mort de son père, élu le 24 juin 1771.

1773 LE GRAND ORIENT DE FRANCE (GODF)

En 1773, après quatorze réunions tenues à Paris, une majorité des Maîtres de Loges de la Grande Loge adoptèrent les Statuts de l’Ordre Royal de la Franc-Maçonnerie en France dans lesquels une nouvelle expression, Grand Orient de France, était adoptée pour désigner l’obédience.

Ces Statuts, adressés à toutes les loges du Royaume avec une circulaire de trente-cinq pages datée du 26 juin 1773, comprenaient une modification importante : la quasi-totalité des Maîtres de loges parisiens qui occupaient alors leur charge à vie, en vertu des patentes qu’ils avaient reçues de la Grande Loge, devaient dorénavant être élus chaque année par les membres de leur loge, comme c’était déjà le cas pour les Maîtres des loges de province. En désaccord avec ce changement, de nombreux Maîtres parisiens firent sécession et poursuivirent leur activité au nom et en vertu des Règlements de l’ancienne Grande Loge de France.

Après la Révolution, les deux corps nommèrent des commissaires qui décidèrent de leur réunion. Les membres de l’ancienne Grande Loge acceptèrent les modifications votées en 1773. Le Traité d’Union qui mettait fin à l’existence de la Grande Loge de France et recréait l’unité de la maçonnerie française fut ratifié le 22 juin 1799.

 

Alain Bernheim

 

 

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14 décembre 2009 1 14 /12 /décembre /2009 15:34

Lettre du 15 Novembre 1766

De la Grande Loge de France à la Loge de L’Amitié de Bordeaux

 Nous savions que la Très Respectable & Très Sublime Grande Loge de Londres malgré la promesse de ses députés vient de constituer la Loge anglaise de Bordeaux sous la date du 8 Mars dernier en ratifiant ses travaux depuis 1732.

Cette constitution est abusive, jamais nous ne la reconnaitrons et jamais la Loge Anglaise de Bordeaux n'aura rang dans le Tableau General de nos Respectables Loges Régulières.

D’ailleurs L’Angleterre n'a aucun pouvoir sur aucun des sujets de notre Auguste Monarque et encore moins sur des hommes nés ses sujets, cette prétention serait abusive et dangereuse, la Tolérance serait criminelle et contraire a la politique, nul ne peut servir deux maitres et les frères nés sujets du Roi ou devenus ses sujets ne doivent dans aucun cas reconnaître l'autorité d'une puissance Etrangère.

Nous en Informerons cependant le Très Illustre Grand Maitre des Loges d'Angleterre et lui représenterons que cette Loge n'a pu être constituée par lui en attendant la décision toujours est-il très certain que nous ne la reconnaitrons pas et que nous n'aurons avec elle aucune correspondance directe ni indirecte et nous espérons que les Respectables Loges la Française et l'Amitié en feront de même.

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 11:46

La réunion faite en 1762 des deux corps qui avaient existé sous le titre de Grande Loge n'avait pas pu satisfaire tous les esprits, ni remplir toutes les prétentions, les partis se distinguèrent encore.

On reconnaissait toujours les partisans du Frère Pény : ceux d'entre eux dont l'ambition n'avait pas été satisfaite de la nomination des officiers cherchaient encore à rallumer le feu de la division : les travailleurs de la Grande Loge ceux qui, par leur intelligence, dirigeaient les opérations et qui en soutenaient le poids étaient du parti opposé. Ils se trouvaient en but à l'envie des mécontents et cette envie rejaillissait sur tout le parti du Frère de Jonville.

Les Pénitiens se trouvèrent secourus par un troisième parti qui n'aurait dû avoir aucune influence sur les opérations de la Grande Loge.

Le troisième parti était un Conseil de grade supérieur, prenant le titre de Conseil des Empereurs d'Orient et d'Occident, Souveraine Mère Loge Ecossaise.

Le Frère Pirlet, Maître tailleur et Maître de Loge qui a élevé ce Conseil a toujours cherché à le faire dominer sur la Grande Loge. Pour y réussir, il a tout tenté, il y a attiré un nombre considérable de Maîtres de Loges pour se ménager dans les assemblées un nombre de suffrages capables de faire passer des propositions qu'il y ferait hasarder pour l'exécution de son projet.

Au commencement de 1767, les ordres du gouvernement ont forcé la Grande Loge de cesser ses fonctions ; son inaction a favorisé les troubles ; les Frères bannis ont formé un parti qui a délivré des constitutions ; le Conseil du Frère Pirlet en a délivré de son côté ; j'en ai délivré de l'ordre du Substitut Général ; des membres de l'ancienne Grande Loge se sont rassemblés pour tenter la reprise des travaux, mais le Frère de Jonville loin d'avouer leurs démarches, s'y est refusé ; ils n'en ont pas moins opéré et ont constitué les Loges.

Ainsi lors de la nomination du Grand Maitre actuel il y avait quatre partis :

1°- la Grande Loge des Frères Peny, Duret et l'Eveillé ;

2°- le Conseil supérieur du Frère Pirlet qui en délivrant des constitutions s'arrogeait les fonctions de Grande Loge ;

3°- les membres de l'ancienne Grande Loge qui prétendaient en avoir repris les travaux et dont les opérations étaient désavouées par le Frère de Jonville.

4°- le Frère de Jonville, auquel les Frères Moët, le Roy, moi et quelques autres membres de l'ancienne Grande Loge étaient restés attachés. Ce quatrième parti était depuis les circulaires de 1769 réduit à une inaction totale ; mais il conservait le dépôt des registres, sceaux, timbres et archives de la Grande Loge qui étaient entre ses mains.

Face à ces structures, existait également, un autre Conseil  de grade supérieur, le Conseil des Chevaliers d'Orient, mais celui-ci, n'a jamais délivré de constitutions de Loges symboliques.

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