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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 03:22
Paris , le 7 vendémiaire an VII. (28 septembre 1798).

Le Ministre de la Police générale de la République française,

Au Commissaire près le département du Nord.

J'ai reçu, Citoyen, votre lettre du 22 messidor, par laquelle vous me soumettez la question de savoir si vous pouvez tolérer des réunions de Francs-Maçons qui ont le projet de se former à Lille.

J'observe que le premier des droits de l'homme en société est la liberté ; que Là liberté consiste à faire ce qui ne nuit pas à autrui, et que ce qui n'est pas défendu par la loi ne peut pas être empêché.

11 résulte de ces principes , consignés dans les articles 1, 2 et 7 de la déclaration des droits de l'homme , que les sociétés de Francs-Maçons qui, d'ailleurs, n'ont été prohibées par aucune loi, peuvent se réunir librement, pourvu néanmoins qu'elles ne dégénèrent pas en associations contraires à l'ordre public , telles que celles prévues par l'article 360 de l'acte constitutionnel.

Pour obvier à ces abus, il est convenable que les sociétés dont il s'agit déclarent au magistrat de la police le lieu de leur réunion; qu'elles soient constamment sous sa surveillance ; qu'il puisse pénétrer dans leur enceinte , quand il le juge à propos , et les faire fermer lorsqu'il le croira nécessaire , sauf à en référer à l'autorité supérieure.

D'après ces explications, que je vous recommande de ne pas perdre de vue, je vous autorise à tolérer les Loges des Francs-Maçons.

Salut et Fraternité

Signé Le Charlier

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 21:04

1774

GRAND ORIENT.

26 janvier. — M. Bacon de la Chevallerie est nommé Président de la Chambre de Paris.

Arrêté portant que les Officiers honoraires seront éligibles aux offices ordinaires, en déposant leurs brevets aux archives. M. Tassin de l'Etang est nommé Trésorier du G. O. de France. (Il a péri victime de la révolution.)

31. —-M. Poncet, architecte du G. O. , est chargé de chercher un local convenable pour les travaux, et de faire un rapport à la prochaine assemblée.

7 mars. — On communique des lettres de la Grande-Loge de Londres et de la Loge aux Trois - Globes de Berlin. — M. Poncet propose une maison dite l'ancien Noviciat des Jésuites, et un terrain ; rue du Pot-de-Fer, faubourg Saint - Germain, pour y construire un temple destiné au G. O. : le local est accepté et le loyer fixé à 54oo,f. par an, à compter du 24 juin 1774-

Ouverture d'une souscription pour l'acquit des dettes urgentes contractées par le G. O., avec les ouvriers, fournisseurs, etc.

Plusieurs Loges de Lyon se réunissent et demandent l'érection d'une Grande-Loge provinciale.

6 juin. —Création d'un office d'adjoint au secrétariat, avec appointements.

10. — Le G. O. prend sous son gouvernement les Loges d’adoption, à condition qu'aucun Maçon ne pourra se trouver dans ces sortes d'assemblées qu'avec des Maçons réguliers, et lorsqu'elles seront tenues par le Vénérable d'une Loge régulière où les Officiers qui doivent présider en son absence.

Deux Maçons dans le malheur et appartenant à des Loges de la constitution de la Grande-Loge de France font solliciter des secours. Arrêté, portant que le G. O. n'exercera aucun acte de bienfaisance envers les Maçons irréguliers.

24 — Assemblée du G. O. pour célébrer la fête de l'Ordre. Une collecte extraordinaire est faite : elle suffit pour délivrer tous les pauvres emprisonnés pour mois de nourrice et trente-cinq autres individus déjà condamnés à subir le sort de ces victimes infortunées. Règlement concernant les députés et représentants des Loges. Chaque député ne peut représenter que cinq Loges. Ce règlement fut renouvelé en 1777, et dans différents temps.

25 juin. — Envoi aux Loges de la décision du G.O. concernant les Grandes-Loges provinciales.

12 août. —Le Grand-Orient prend possession de son nouveau local, rue du Pot-de-Fer.

27 décembre. —Réunion pour célébrer la Saint-Jean d'hiver. — Décision portant que les L. françaises, en Europe, auront deux ans pour se faire régulariser et reconnaître par le Grand-Orient ; et que celles qui sont au-delà des mers auront un délai de trois années ; que, faute par elles de se présenter dans ces termes, elles seront supprimées des listes et considérées comme irrégulières.

Dans le cours de cette année, le G. O. arrête qu'il ne reconnaîtra pas les comédiens et gens attachés aux théâtres publics comme Membres de l'Association, et qu'il leur refusera tous certificats qui pourraient leur donner des droits à la correspondance et à visiter les Loges régulières.

Il prononce l'exclusion des Loges contre tous ceux qui, dans les arts et métiers, ne seront pas maîtres.

L'expression d’Ordre royal, par laquelle on avait jusque là désigné dans les Loges l'Ordre de la Franche-Maçonnerie, est proscrite. On décrète que la Confraternité sera à l'avenir dénommée Ordre Maçonnique.

On fait un règlement qui déclare inamovible l'office de Grand-Maître.

GRANDE-LOGE.

27 décembre. — Réunion en grande assemblée de communication de quartier. La Grande - Loge prend le titre de SEUL ET UNIQUE GRAND ORIENT DE FRANCE, et procède à l'élection de ses Grands Officiers, sous les auspices du duc de Chartres {élu. par elle en 1771), Grand-Maître de toutes les Loges de France.

Arrêté qui déclare les membres et partisans d'un soi disant Grand-Orient de France qui s'est établi à Paris en 1772, irréguliers, et les range dans la classe des Maçons clandestins ; défend aux Loges anciennes de les recevoir à leurs travaux, à moins qu'ils n'abjurent leurs erreurs dans les mains du Vénérable Maître président à celle de ces Loges auxquelles ils se présenteraient, et ne promettent soumission aux règlements de la Grande-Loge. Le même arrêté défend à tous les membres des Loges de son association de visiter ce soi disant G. O. , sous peine d'encourir l'indignation de la G.-L., etc.

Dans cette année, plusieurs des officiers de la Grande-Loge qui avaient contribué à ériger le G. O. rentrent sous les bannières de la première, et abandonnent le parti de celui-ci.

1775

GRAND-ORIENT.

Le Grand-Orient s'occupe de fixer la forme du gouvernement maçonnique dans le royaume ; des règlements sont arrêtés concernant les députés et les représentants des Loges. Il adresse, le 18 mars, une circulaire dans laquelle il manifeste l'intention prononcée d'épurer l'Ordre et les Temples maçonniques profanés par la présence d'hommes corrompus. Il communique ses plans pour garantir l'institution de toute subversion nouvelle , et lui rendre sa splendeur et son utilité. Il charge quelques Loges des provinces de faire des informations sur la composition et les travaux d'autres Loges : celles-ci s'en formalisent et regardent ces recherches comme une injure. Un grand nombre refuse toute correspondance et ne répond point à ses appels.

5 juillet. — Une nouvelle commission est nommée pour réviser les règlements.

GRANDE-LOGE.

La Grande-Loge de France continue ses travaux, et constitue, dans cette année, huit Loges à Paris et un plus grand nombre dans les provinces.

1776

GRAND ORIENT.

i3 avril. — Traité d'union entre les commissaires respectifs du Grand Orient et les Directoires écossais établis selon le régime de la Maçonnerie réformée de Dresde , à Lyon, Bordeaux et Strasbourg.

31 mai. — Ce traité est adopté et sanctionné dans une assemblée extraordinaire.

24 juin. — Circulaire à tous les membres de l'Association ; le Grand Orient se plaint des Loges qui , jusque là, n'ont montré qu'un excès de défiance et de circonspection , qui refusent de répondre à ses circulaires et de l'aider à consolider son édifice. Il déclare qu'il ne reconnaîtra pour régulières que les Loges pourvues de constitutions accordées ou renouvelées par lui ; que les constitutions délivrées par les Grandes-Loges étrangères ne formeront point un obstacle qui puisse l'empêcher de délivrer de nouvelles patentes. Il fait passer l'état de ses recettes et dépenses depuis le 24 juin 1774 jusqu'au24 juin 1776, et sollicite de nouveau l'appui des Loges.

18 octobre. — Le Grand Orient arrête que ses délibérations les plus importantes et tout ce qui concerne l’histoire de l'Ordre en France sera imprimé dans un ouvrage qui aura pour titre : Etat du G. O. de France, et que cet ouvrage sera proposé par souscription aux Loges et aux Maçons réguliers.

Envoi des motifs du traité d'union avec les trois Directoires écossais établis selon le Rite de la Maçonnerie réformée d'Allemagne.

GRANDE-LOGE.

Cette année elle constitue huit Loges à Paris, et un plus grand nombre dans les provinces.

1777.

GRAND ORIENT.

I5 janvier. —Arrêté qui déclare irrégulières toutes les Loges de France qui n'ont pas fait renouveler leurs constitutions ; ordonne que , pour être reconnues régulières , elles seront tenues de se former en demande de constitutions nouvelles.

21 février. — Autre arrêté qui porte que les Loges et les Maçons ne pourront rien imprimer avant d'avoir communiqué leurs manuscrits -, que les Loges des provinces ne pourront rien faire imprimer en matière contentieuse.

11 avril. — Arrêté de la Grande - Loge du Conseil nommant une députation auprès du Grand - Maître pour solliciter de S. A. S. la faveur d'obtenir son portrait. Le prince accueille les députés et le promet, en disant : Je suis trop heureux que vous l'ayez désiré.

3 juillet. — Le duc de Chartres préside, pour la première fois, le Grand Orient depuis son installation. A cette époque, près de trois cents Loges en France concouraient à la composition de ce corps , et sa correspondance l'unissait , selon ses circulaires , à plus de douze cents Loges étrangères.

Le même jour, arrêté relatif à l'âge exigé pour être initié Apprenti , Compagnon et Maître ; on fixe , pour l'Apprenti, vingt-un ans ; pour le Compagnon, vingt-trois, et pour le Maître , vingt-cinq ans. On réintègre la Loge de l'Aimable-Concorde à Rochefort, laquelle avait été rayée des listes en raison de quelques irrégularités.

21 novembre. — Arrêté qui défend aux Loges de s'assembler dans des cabarets et chez des traiteurs.

S. A. S. le duc de Chartres étant tombé dangereusement malade, le G. O. célèbre sa Convalescence dans une fête, à la suite de laquelle on délivre des prisonniers détenus pour mois de nourrice ; — il ordonne l'impression d'un almanach des Francs-M., sous le titre de Comput Maçonnique ; — il décide que , dans les banquets , on joindra aux santés ordinaires celle de Caroline, reine de Naples, protectrice des Maçons persécutés.

GRANDE-LOGE.

Elle constitue plusieurs Loges à Paris et dans les provinces : le 1er. novembre, elle fait chanter un Te Deum dans l'église des RR. PP. Nazareth, rue du Temple, en actions de grâces de la convalescence du Grand-Maître. Une députation des Officiers de la Grande-Loge, composée de MM. Leveillé ; Lexcombal, Fordrain et Hamonis , est admise dans le palais du Grand Maitre, et lui présente une épitre en vers à cette occasion.

1778

GRAND ORIENT

1° Avril.- La G.L. Provinciale de Lyon fait lire par l’abée Jardin, dans l’assemblée de ce jour, un mémoire injurieux au grand Orateur ainsi qu’aux Directoires écossais ; mémoire dans lequel elle protestait contre leur réunion. Cette G.-Loge est suspendue de toutes fonctions maçonniques par une décision du Grand-Maître, confirmée par le G. O. — Le jugement fut annulé quelque temps après.

21 novembre. — Arrêté portant que tous les titres constitutionnels déposés au secrétariat du G. O. par celles des Loges de France qu'il a refusé de reconnaître , soit à cause de l'invalidité de ces titres , soit pour la mauvaise composition des membres , leur seront rendus ; il décide, le27 décembre suivant, que ces Loges pourront appeler, à la chambre du Conseil, du jugement qui les concerne.

GRANDE-LOGE.

27 décembre.— Assemblée de communication de quartier. Elle décrète l'envoi à toutes les Loges de France et de l'étranger d'une circulaire contenant ses griefs contre le Grand Orient. M. Gouillard fait, sur ses travaux, un rapport duquel il résulte que plusieurs Loges ont été constituées à Paris , et un plus grand nombre dans les provinces. La G.-Loge fait imprimer et distribuer ses règlements particuliers.

1779

GRAND ORIENT

19 Mars.- Arrêté du Grand Orient de France qui supprime la Loge des Neufs Sœurs, à Paris, du nombre des Loges régulières de sa correspondance pour cause d'indécences commises par un abbé envers une jeune personne , destinée à l'initiation , dans une assemblée d'adoption tenue le 9 mars, et pour d'autres motifs d'irrégularité.

M. de La Dixmerie répondit à ce jugement par un mémoire très-piquant; et le G. O. révoqua son arrêt quelques mois après.

i3 juillet. — La Loge de la Triple-Espérance, à Saint-Malo , fait passer un projet concernant l'armement, par les Francs-Maçons français , d'une frégate de 40 canons.

21 novembre. — M. de Chaumont prête serment au Grand Orient en qualité de Secrétaire particulier des commandements de M. le duc de Chartres pour les affaires concernant la Franche-Maçonnerie.

Cette année le G. O. fait imprimer, pour la première fois, le tableau géographique de toutes les Loges. —Pour célébrer la naissance de Madame (Marie-Thérèse-Charlotte de France), fille de Louis XVI, il distribue de nombreuses aumônes aux familles indigentes.

GRANDE-LOGE .

Elle donne, le 24 juin, une fête à l'occasion de la naissance de Madame , et délivre neuf prisonniers détenus au Fort l'Evêque pour mois de nourrice.

1780

GRAND ORIENT.

L'énormité des dépenses de l'établissement du G. O. qui pesaient sur ses Officiers , en fait déserter un grand nombre. —3 mars, le Grand Orient supprime le droit de bienvenue de 150 liv. que chaque Officier était obligé de payer lors de sa nomination ; il fixe la redevance annuelle de chacun d'eux à 96 livres. — 7 avril. Décision portant que les chambres ne pourront délibérer qu'en la présence de sept Officiers ayant voix délibérative. — 29 août. Autre arrêté portant que la Grande-Loge du Conseil ne pourra délibérer que lorsqu'elle sera composée de quinze votants, etc. —Envoi aux Loges de règlements particuliers pour leur gouvernement intérieur.

GRANDE-LOGE.

27 décembre. — Assemblée de communication de quartier. On nomme trois Présidents d'honneur pour suppléer, dans les travaux, S. A. S. le Grand-Maître.

1781

GRAND ORIENT.

6 mars. —Le Directoire écossais de Septimanie, séant à Montpellier, ayant formé, le 22 janvier précédent, une demande d'agrégation au G. O. conforme au traité fait avec les Directoires écossais en 1776, on arrête que ce même concordat sera commun au Directoire impétrant.

La Loge provinciale de la Vraie-Espérance , à Fridericheten , transmet au G. O. le projet d'une banque de fortune dont les bénéfices devaient être destinés à former un établissement de bienfaisance en faveur des Maçons malheureux. Cette Grande-Loge invite le G. O. et toutes les Loges de France à souscrire. Le 6 avril, le Grand O. décide que ce projet ne doit être considéré que comme un objet civil, qui tendrait d'ailleurs à faire sortir des fonds du royaume, et que les règlements de la Maçonnerie ne permettent pas de s'en occuper.

24 avril. — Ou propose une souscription pour un acte de bienfaisance annuel à exercer en faveur des orphelins dits enfants trouvés à Paris : ce plan, examiné dans huit assemblées du G. O. et approuvé du ministre , a échoué. Il a été renouvelé en 1796 sans plus de succès.

5 novembre. — Toutes contestations entre le G. O. et la Mère-Loge du Rite philosophique sont conciliées par un concordat passé entre les commissaires des deux corps. La Mère-Loge renonce à prendre son titre à l'égard du G. O. seulement, et consent à ne le conserver, dans sa correspondance, qu'à l'égard des LL. de la constitution du Rite philosophique. Le droit de constituer des Loges dans l'étranger lui est réservé, mais elle consent encore à employer l'expression agréger au lieu de celle constituer dans les établissements qu'elle pourra former dans l'intérieur de la France , etc.

17 novembre. — Le Grand-Orient admet en principe qu'un corps constituant ne doit pas se permettre d'établir des Loges dans un état où des Maçons reconnaissent déjà la juridiction d'un autre corps constituant ; que si le premier délivre des constitutions pour un pays où la Franche-Maçonnerie n'est pas encore établie , il ne doit le faire qu'avec l'intention d'y jeter les fondements d'un Grand-O. national.

C'est après avoir manifesté ces sentiments qu'il établit, à Varsovie, une commission à l'effet d'y constituer des Loges et d'y fonder un G. O., lorsqu'elles seront en nombre suffisant.

GRANDE-LOGE.

On lit, dans l'assemblée de communication, une lettre de la Loge de la Concorde des Centrons, à Moutier en Savoie, sollicitant la correspondance de la Grande-Loge. Nous pensons, dit cette Loge, que la correspondance entre les vrais Maçons devient plus nécessaire, depuis qu'une prétendue réforme , en France, cherche à s'étendre de toutes parts et à saper les fondements des travaux des vrais enfants de la veuve , etc.

1782.

GRAND ORIENT.

18 janvier. — Les commissaires nommés parle G. O. pour présenter une nouvelle rédaction des hauts grades ne s'occupant pas de ce travail, le G. O., fatigué de ces lenteurs, nomme une chambre dite des Grades , chargée spécialement de cet objet.

Arrêté portant qu'aucune Loge, ou aucun Maçon, ne pourra envoyer directement aux autres Loges des projets 1782. généraux concernant la Franche-Maçonnerie, quel que soit leur objet ; que tout projet doit être adressé directement au G. O. , qui, après examen, se chargera de le transmettre aux Loges et en suivra l'exécution.

Dénonciation au G. O., par le Grand-Orateur, contre la Mère-L. du Rite philosophique, comme ayant installé à Paris la Loge de St-Alexandre d'Ecosse. Il joint à cette dénonciation la lettre d'invitation qu'il avait reçue de cette Loge pour assister à la cérémonie et au dîner qui devait avoir lieu à la suite. Le Grand Orient nomme un rap¬porteur. Le parti des Exclusifs qui existait alors au G. O. voyait de mauvais œil le traité fait entre ce corps et la Mère - Loge, et faisait des efforts inutiles pour le faire rompre.

GRANDE-LOGE.

4 janvier. — Réunion en assemblée générale pour célébrer la naissance de monseigneur le Dauphin.

1783

GRAND ORIENT.

16 mai. — Circulaire aux Loges pour les inviter à adresser à la Chambre des grades, instituée en 1782, tous les degrés maçonniques dont elles sont en possession ; afin de mettre cet Atelier à même de les examiner ; les apprécier et les réduire.

Arrêté qui invite les Loges de Paris à ne donner l'initiation à aucune personne qui n'aurait pas trois mois de domicile fixe en cette ville. —Autre portant que toutes les affaires qui seront traitées dans les Chambres seront énoncées sommairement dans les lettres de convocation. — Autre arrêté portant que tout député a le droit de consulter les opérations et projets du Grand O. , et d'en prendre la copie lui-même, sans pouvoir exiger que des expéditions lui en soient délivrées par les employés au Secrétariat.

GRANDE-LOGE.

27 décembre. — Réunion en assemblée de communication de quartier. Elle fait passer a ses Ateliers le tableau de ses Grands-Officiers et la nomenclature des Loges de sa juridiction au nombre de 352 , tant à Paris que dans les provinces.

1786

GRAND ORIENT.

La Chambre des grades , établie par le Grand Orient, donne son travail sur les nouveaux degrés maçonniques qu'elle avait été chargée de confectionner : elle les présente divisés en quatre ordres ; savoir , Élu, Écossais , Chevalier d'Orient et Chevalier Rose-Croix. Ils sont adoptés par le G. O. , qui décide qu'ils seront les seuls reconnus et pratiqués dans les Chapitres attachés aux LL. de sa juridiction.

17 février. — Réunion du Grand - Chapitre général de France au Grand Orient ; lequel , attendu le concordat fait entre ce Chapitre et celui de Rose-Croix , présidé par le docteur Gerbier, fait remonter les travaux de cette association nouvelle au 21 mars 1721.

26 août.— Le Grand-Chapitre de l'Ordre de H-D-M. , séant à Rouen, fait passer au G. O. la copie de ses constitutions d'Edimbourg, lui donne avis de son organisation et de l'intention dans laquelle il est de tenir ses travaux dans l'intérieur de la Loge de l'Ardente-Amitié , à Rouen. La communication est fort mal accueillie ; le G. O. déclare qu'il ne reconnaîtra pas cette Grande-L. ; et interdit à l'Ardente-Amitié de lui donner asile.

Cette Loge ayant persisté, des contestations survinrent, et, à leur suite , la Loge de l'Ardente Amitié fut rayée des Loges de la correspondance du Grand Orient. Elle a été réintégrée en 18o4-

GRANDE-LOGE.

27 décembre. — Assemblée, pour l'élection des Grands-Officiers. Rapport du Grand-Orateur sur le nombre des Loges constituées depuis la dernière élection ; vingt-sept avaient été ajoutées aux anciennes. M. Picard, avocat au parlement de Paris, est élu président.

1787

GRAND ORIENT.

Cette année le G.O.défend aux Loges de tenir leurs travaux dans les auberges et les cabarets. - M. Roettiers de Montaleau est élu président de la Chambre des Provinces.

1788

GRAND ORIENT.

13 Octobre. - Le G.O. arrête qu'aucune Loge régulière ne pourra tenir ses travaux dans un local occupé par une Loge irrégulière ou une société profane, à peine d'être rayée de la liste des Loges correspondantes.

1789

GRAND ORIENT et GRANDE LOGE.

Les circonstances politiques influent sur les travaux de l'institution et en arrêtent les progrès ; néanmoins, le G. O. constitue douze Loges , dont deux à Genève , dans le cours de cette année. La Grande - Loge de France en établit cinq, tant à Paris que dans le royaume.

20 avril. —M. le duc d'Orléans préside les travaux de la Mère-Loge du Rite écossais philosophique.

1790

GRAND ORIENT et GRANDE LOGE.

Les travaux maçonniques languissent en France. Les Frères entrainés par les affaires publiques négligent las Assemblées.

1791

GRAND ORIENT.

Presque toutes les Loges du royaume sont fermées et les maçons poursuivis dans toutes les provinces. Le G.O. constitue cependant encore, cete année, deux ou trois Loges.

GRANDE LOGE.

Elle interrompt ses travaux, et ses membres se dispersent. 

1792

GRAND ORIENT.

Le Grand Orient de France accorde encore, cette année, trois constitutions. Son administration et ses travaux sont interrompus par les troubles civils.

1793

GRAND ORIENT.

Malgré la dissolution de toutes les Loges de France, plusieurs Officiers du Grand Orient maintinrent ses travaux autant que les circonstances purent le permettre , pendant le cours de 1793 et 1794. On distingua surtout, parmi ces courageux soutiens de la Franche-Maçonnerie, M. Dubin de Saint-Léonard, aujourd'hui le doyen des Officiers en exercice du G. O. de France.

M. Tassin, président de la chambre d’administration, étant mort sous la hache des bourreaux révolutionnaires, M. Roettiers de Montaleau est élu en sa place.

17. février. —M. le duc d'Orléans, Grand-Maître , fait insérer dans le journal de Paris( n°. 55, supplément), une lettre dans laquelle il s'exprime ainsi : Comme je ne connais pas la manière dont le G. O. est composé, et que, d'ailleurs, je pense qu'il ne doit y avoir aucun mystère ni aucune assemblée secrète dans une république, surtout au commencement de son établissement, je ne veux plus me mêler en rien du G. O. ni des assemblées des Francs-Maçons, etc.

13 mai. — La-Grande-Maîtrise est déclarée vacante.

3 septembre. — L'abbé Lefranc, auteur de l'ouvrage intitulé : Le voile levé pour les curieux, écrit dans lequel il vomit les injures les moins méritées contre l'Ordre maçonnique, est massacré, à Paris, dans la prison des Carmes. M. Ledhui, chasseur du bataillon des Filles St.-Thomas, et Franc-maçon, qui s'était porté au lieu de cette scène sanglante, et était parvenu à sauver quelques victimes, reçut un coup de sabre, et faillit périr en voulant soustraire l'abbé Lefranc à la fureur de ses bourreaux.

6 novembre. — Mort de Louis - Philippe – Joseph d’Orléans, sixième Grand Maitre de l’Ordre maçonnique en France.

1795

GRAND ORIENT.

Le Grand Orient propose à M. Roettiers de Montaleau, comme une récompense de ses services, la dignité de Grand-Maître, vacante par la mort de M. le duc d'Orléans. Il la refuse, et se contente d'accepter le titre de Grand-Vénérable, fonctions qu'on environne de toute la puissance attribuée aux G.-Maîtres de l'Ordre.

Un petit nombre de Loges, en France, reprend ses travaux.

1796

GRAND ORIENT.

Le Grand Orient reprend ses travaux. Il délivre des constitutions à la Loge des Amis Sincères à Genève, sous la date du 17 juin.

Cette année, il n'y avait que dix-huit Loges en activité de travaux dans toute la France ; savoir, trois à Paris, deux à Perpignan, sept à Rouen, quatre au Havre, une à Melun et une à La Rochelle.

La Commission des règlements est chargée de présenter un mode pour les honneurs funèbres à rendre à la mémoire des Frères de l'Ordre qui avaient péri sous la hache révolutionnaire.

GRANDE-LOGE.

17 octobre. — Le petit nombre des anciens membres de la Grande-L. de France qui existaient encore, se réunit et reprend les travaux totalement suspendus depuis 1792. — 27 décembre. Assemblée de communication de quartier ; nomination des Grands-Officiers et réorganisation de la correspondance.

1797

GRAND ORIENT.

24 février— Le G. O. arrête qu'il sera opéré un acte général de bienfaisance, et qu'il sera décerné un prix au mémoire qui présentera la meilleure manière de parvenir à ce but, auquel tendent les Francs-Maçons français.

Un très - petit nombre de Loges ayant repris les travaux, le G. O. arrête que les Frères munis d'anciennes députations seront maintenus jusqu'à la S1.-Jean 1798, comme si leurs Loges étaient encore en activité.

1798 

GRAND ORIENT et GRANDE LOGE.

28 septembre— M. Le Charlier, ministre de la police générale, consulté par le commissaire du département du Nord sur la question de savoir s'il doit tolérer les réunions de Francs-Maçons à Lille , lui écrit que ces assemblées n'étant prohibées par aucune loi, il l'autorise à les permettre.

Cette année, M. Roettiers de Montaleau entame une négociation pour réunir la Grande Loge de France au G.O., et faire cesser les divisions qui existaient entre ces deux corps depuis près de trente ans.

 1799

GRAND ORIENT et GRANDE LOGE.

21 mai. — Les Commissaires de la Grande-Loge et du G. O. de France concluent un traité d'union qui a pour base l'abolition de l'inamovibilité des Maîtres de Loges, objet principal des discussions qui existaient depuis si longtemps.

22 juin. — Les deux corps se réunissent dans une assemblée solennelle pour n'en plus former qu'un seul.

28. —Assemblée pour célébrer la fête de l'Ordre et sceller le Concordat, dont le résultat fut la fin de ces discussions.

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 15:30

Le nouveau numéro de Renaissance Traditionnelle qui clôt l’année 2009 est paru.

 Il s’agit du n° 156 au sommaire duquel vous trouverez les articles suivant :

 - Pierre Mollier : Avant propos

- Daniel Kerjan : Les années difficiles de la Grande Loge de France : 1760-1771

- Kenneth Loiselle : Lumières, Révolution et franc-maçonnerie : le cas de l'Anglaise de Bordeaux

- Dominique Sappia : Claude-François Achard (1751-1809), un mystique marseillais précurseur en matière de culture et d'humanitaire

- Pierre Mollier : Le Grand Orient et la transmission du mot de semestre en 1779.

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14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 14:28

Le 21 mai 1799, les commissaires des parties contractantes se réunirent et dressèrent le concordat suivant :

Du 21e jour du3e mois de l'an de la V. L, 5799.

Nous, commissaires réunis des GG. OO. de France, séant à Paris, avons exhibé nos pouvoirs respectifs, émanés de l'O. auquel nous sommes attachés, d'où il résulte que, d'une part, ont été nommés les FF. Darmancourt et Conard, présidents, et les FF. Duvillard et Houssement, et, d'autre part, les FF. Montaleau, président, Augebault, grand orateur, et Bernault, grand expert, à l'effet d'aviser aux moyens de conciliation et d'union entre les deux O., pour ne faire qu'un tout indivisible, et le tout pour l'avantage de l'art maçonnique et la prospérité de l'Ordre, sommes convenus des articles qui suivent, savoir :

Art. Ier. — L'inamovibilité est abolie ;

Art. II. — Les VV. actuellement inamovibles, pourront continuer leurs fonctions pendant neuf ans consécutifs.

La Loge aura la faculté, à l'expiration des dites neuf années, de les continuer dans la même dignité. Dans le cas où la L. nommerait un nouveau V., l'ancien V. jouira du titre d'honoraire fondateur ; il lui sera rendu les mêmes honneurs qu'au V. titulaire.

Art. III. — Les officiers ci-devant à la nomination du V. seul, seront, à l'avenir, à la nomination des membres de la L., et par scrutin.

Art. IV. — Les deux associations réunies à perpétuité, tiendront leur séance dans le local situé rue du Vieux-Colombier.

Art. V. — Leurs archives y seront réunies.

Art. VI. — Toutes les LL. des deux associations correspondront au centre commun, dont l'adresse directe sera le « Grand Netori ; le registre comprendra le nom des LL., VV. et députés des deux associations avec lesquels la correspondance sera établie.

Art. VII. — Les constitutions portant le caractère d'inamovibilité seront rapportées; elles seront, ou reconstituées en relatant le présent traité d'union et la date primitive de la constitution, ou simplement visées au désir de l'article premier, qui éteint l'inamovibilité ; la reconstitution ou le visa sera au choix du V.

Les constitutions qui ne porteront point le caractère d'inamovibilité seront simplement visées : la L. aura la faculté de se faire reconstituer.

Art. VIII. — Les officiers, VV. et députés des deux associations jouiront des mêmes prérogatives. Les officiers composant le G. O., représentés par les FF. Darmancourt, Conard, Duvillard et Houssement, pourront être adjoints jusqu'aux nouvelles nominations, aux places de secrétaire général, hospitalier général, architecte vérificateur, et aux orateurs, secrétaires, maitres des cérémonies, premier expert et experts des chambres.

Art. IX. En vertu de la présente union, tous les Maçons, porteurs de certificats émanés de chacune des associations, seront reçus dans les LL. respectives.

Fait et arrêté par nous, commissaires susnommés, les jour, mois et an susdits, etc.

Le 23 mai 1799, le G. O. donna son adhésion à cette convention.

Le 9 juin suivant, la Grande Loge, extraordinairement assemblée, confirma ses commissaires, et les autorisa à suivre les opérations qu'ils avaient commencées avec l'Association, représentée par le V. F. Montaleau .

Enfin, le 22 juin, cette réunion fut consommée dans le sein du G. O., extraordinairement assemblé pour la confirmation de ce grand acte. On peut en lire le détail dans le procès-verbal qui en a été imprimé. Nous en extrairons le passage suivant, qui peindra mieux que ce que nous pourrions en dire, l'enthousiasme que ce moment excita.

Un bruit régulier se fait entendre à la porte du Temple... Les FF. surveillants annoncent le R. corps composant le G. O. de Clermont.... Tous les FF. debout et à l'ordre, le glaive en main, le Temple brillant alors de tous ses feux, les CC. FF. sont admis sous la voûte d'acier, maillets battants. Leur entrée en bon ordre annonce la solennité des travaux du jour. Deux colonnes régulières, précédées des Maitres de cérémonies du G. O., s'étendent sur le midi et le nord, jusqu'aux premiers pas de l'orient, et sont terminées à l'occident par les présidents, orateurs et autres officiers de ce corps fraternel. Le grand Vénérable n'a pas assez d'expressions pour témoigner a ces FF. tous les sentiments que leur entrée fait naître en son âme. Le respectable F. Darmancourt, président de l'Orient de Clermont, se fait entendre et développe son cœur de manière à ne point laisser douter combien, du côté de son association, la satisfaction était égale et réciproque.

Le C. F. Duvillard, orateur du même Orient, en imitant le F. Darmancourt, augmente et développe tous les avantages déjà universellement sentis ….. Le grand Vénérable Montaleau, empressé de voir s'opérer les premiers moments de l'union si longtemps désirée, invite tous les FF. de l'un et l'autre Orient à s'entremêler et à cimenter cette union par le baiser fraternel. Le cœur jouit alors de tous ses droits ; le F. s'élance vers le F., et le baiser le plus maçonnique et le plus fraternel est le gage et le sceau de l'amitié la plus durable. La voix de tous les FF., en cet heureux moment, n'a qu'un son pour en bénir la solennité, et prier le G. A. de l'Univers de défendre aux siècles les plus reculés, d'y apporter jamais la moindre altération.

Cette scène, aussi sensible qu'intéressante, terminée, le grand Vénérable a fait entendre son maillet pour remettre l'atelier en ordre de travaux ; et, ayant invité les principales lumières des deux associations à orner l'Orient, les FF. Maitres des cérémonies y ont conduit les FF. Dar mancourt, Milly, Conard, Paulmier et Gaume, et de suite le grand Vénérable a invité toute l'Assemblée à se joindre à lui pour couronner cet auguste moment d'un triple vivat ; ce qui a été exécuté par la batterie la plus régulière, et : DÈS CE MOMENT A ÉTÉ PROCLAMÉ LE SEUL ET UNIQUE GRAND ORIENT DE FRANCE, avec de nouveaux applaudissements.

Après tout ce travail, après tous ces actes éclatants de l'union la plus sainte et la plus sincère, le F. grand orateur, en se rendant l'organe du G. O., seul et unique et à jamais indissoluble en France, a prononcé un discours aussi digne de son âme que de la solennité du jour, etc.

Voici le début de ce discours, prononcé par M. Angebault, l'un des commissaires du G. 0., Maçon distingué, et dont l'esprit conciliateur a puissamment aidé les efforts de M. de Montaleau.

II est des événements qui, par leur extrême simplicité, ont droit d'exciter notre surprise autant que ceux qui sont accompagnés des circonstances les plus extraordinaires. Deux sociétés, sœurs en apparence, très-divergentes en réalité, ont conçu le projet de se réunir; aussitôt cette réunion s'est faite ; quelques articles ont suffi pour éteindre tous germes de discussion, pour concilier toutes les prétentions. Tel est, en peu de mots, mes FF., l'historique d'une réunion inutilement tentée il y a plus de trente ans, et qui semblait, pour son succès, présenter les difficultés les plus grandes.

Grâces soient rendues au G. A. de l'Univers! Nous reconnaissons chaque jour qu'il ôte, quand il lui plaît, aux puissances le conseil et la sagesse, et qu'il prête à son gré ses lumières et sa raison aux faibles. Plus donc de tribu de Ruben et de Lévi ; plus de secte d'Ali et d'Omar; plus de Rome et de Genève. Nous ne révérerons plus que le même encensoir ; nous ne brûlerons plus que le même encens, etc. »

La réunion des deux GG. 00. fut célébrée avec éclat, en même temps que la fête de l'Ordre, le 28 juin 1799. Le G. 0. en envoya le procès-verbal à toutes les Loges, avec cette circulaire :

A la gloire du G. A. de l'Univers.

Le G. 0. de France,

à toutes les LL. RR. de la Rép. franç.

Salut, Force, Union.

Depuis plus de trente ans, il existait à l'O. de Paris deux

GG. 00. qui tous deux créaient en France des LL. sous « des titres distinctifs et guidaient leurs travaux.

Ces deux GG. 00. prétendaient à la suprématie ; les Maçons de l'un n'étaient point admis dans l'autre. L'entrée du Temple, au lieu d'être celle de la concorde, devenait celle de la discorde.

Les FF. invoquaient en vain les principes innés de la Maçonnerie, que tout M. est M. partout.

Le profane reçu M. dans une L. se disant régulière était fort étonné, en se présentant au porche du Temple d'une autre L., d'être regardé comme M. irrégulier; il ne lui était pas permis de participer aux travaux de cet atelier.

Cette exclusion injuste ralentissait son zèle, et le portait même à abandonner notre art sublime.

En vain plusieurs Officiers de ces deux GG. 00. avaient-ils tenté, en 1773, de se réunir pour n'en former qu'un seul, et voir enfin cesser ces dissensions.

La discorde, cette ennemie implacable, agitait ses serpents, secouait ses flambeaux sur nos têtes.

Des génies bienfaisants de ces deux GG. 00. se sont enfin armés contre elles, sont parvenus à l'anéantir pour toujours, lui ont arraché ses flambeaux, ont écrasé sous leurs pieds ses vils serpents.

Les noms de ces génies bienfaisants seront à jamais gravés dans nos cœurs et dans les fastes de la Maçonnerie.

Vous les trouverez consignés dans les pièces ci-après imprimées.

Vous verrez sûrement avec la même sensation que nous, la réunion qui s'est opérée le vingt-deuxième jour de ce mois entre ces deux GG. 00.; ils n'en forment plus qu'un seul. Tout sentiment de priorité, de suprématie, de distinction frivole, est disparu. Notre tenue de la Saint-Jean dernière a été et sera un des plus beaux jours de la M.; plus de cent cinquante M. de l'une et de l'autre association se sont mutuellement juré union, fraternité, amitié, réunion, bonheur, à jamais-durables. Le baiser de paix s'est donné mutuellement par tous les FF. avec une effusion de cœur qui en garantit pour toujours la sincérité.

Nous vous adressons toutes les pièces constatant cette heureuse réunion. Incessamment nous vous ferons passer nos règlements, dans lesquels vous trouverez quelques changements, amenés par les circonstances.

Nous y joindrons le tableau alphabétique des LL. de ces deux associations, qui, grâce au G. A. de l'U., ne forment plus qu'un seul faisceau de lumières.

Nous vous invitons à admettre et accueillir fraternellement, dès ce jour, jusqu'à l'envoi du tableau, tous les FF., qui justifieront tenir à l'un ou à l'autre G. O.

Nous avons la faveur d'être, par les N. M. à V. C.,

TT. CC. FF.,

vos affectionnés et dévoués FF. les Off. et MM. du G. O. de France.

R. F. ROETTIERS-MONTALEAU, P. de la chambre d'administration.

R. F. ANGEBAULT, P. de celle symbol.

R. F. MILLY, P. de celle des grades.

R. F. DOISY, Or. de la Ch. d'Adm.

R. F. OUDET, R.F. SAVARD, Secrétaires généraux.

R. F. DARMANCOURT, G. M. des cérémonies.

 Arrêté au G. O. de France, lieu très-éclairé, très-régulier, très-fort, où règnent l'union, la paix et l'harmonie, ce vingt-huitième jour du quatrième mois de l'an de la V. L. 5799, et 10 messidor an 7, ère rép.

C'est ainsi que se terminèrent ces longs débats. Le résultat de cette réunion fut l'assentiment général de toutes les Loges françaises au système maçonnique introduit en 1772, tel qu'il existe sur le plan actuel.

Cette époque heureuse, préparée par un grand nombre d'années, déterminée par les suites d'une de ces révolutions qui changent et les hommes et les choses, attestera longtemps que, quelle que soit la divergence des opinions, les Maçons, ces enfants d'une mère commune , ne peuvent s'abreuver éternellement des poisons de la haine, et que, tôt ou tard, ils finissent par se concilier, lorsque ceux qui les dirigent n'ont pour but que la gloire de l'Ordre ou l'intérêt de l'humanité.

Grâce au génie de Roettiers, toutes ces divisions furent éteintes, et le G. 0. de France, fort de l'assentiment unanime de toutes les Loges, présente aujourd'hui un corps aussi imposant que respectable par sa régularité et sa sagesse, la belle composition de ses grands Officiers, et le grand nombre de Loges et de Chapitres de sa constitution.

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 22:30

Statuts et Règlements Généraux et Particuliers de la T.R. Grande Loge Ancien et Unique Grand Orient de France. Imprimé en 5778, et réimprimé cette année 5787. A Jérusalem, sous le Portique du Temple de Salomon. L'An de la Grande Lumière 5787.

ART. I. — Composition de la T.R.G.L. de France.

La T.R.G.L. sera composée de tous les VV. MM. de Loges régulières de l'o. de Paris. Le Serenissime G.M. ou ses représentants seront à leur tête.

ART. II. — Nomination des officiers.

Tous les trois ans, le jour de St Jean Evangéliste, la T.R.G.L. nommera, par la voie du scrutin, trente officiers, savoir :

Trois VV. MM. représentants du Serenissime Grand Maître, dont le premier aura le titre de Premier Président, un Président honoraire (celui qui sera sorti d'exercice), deux Grands Surveillants, un Grand Orateur, un Secrétaire Général, un Secrétaire pour Paris, un Secrétaire pour les Provinces, un Garde des Sceaux, Timbres et Archives, un Grand Trésorier, un Inspecteur Général, un Surintendant, deux Contrôleurs, un Architecte, un Maître des Cérémonies, un Ambassadeur, deux Experts Hospitaliers, quatre Experts Scrutateurs, deux Substituts des Grands Surveillants, un Substitut du Grand Orateur, deux Sub¬stituts des Grands Surveillants, un Substitut du Grand Orateur, deux Substituts des Secrétaires de Paris et des Provinces.

Tous ces officiers sortiront de l'universalité tant des officiers anciens et modernes de la T.R.G.L., que des VV.MM. de Loges anciens et nouveaux de l'o. de Paris.

ART. III. — Assemblée générale de communication de quartier.

Les RR. Présidents, officiers et VV. Maîtres seront obligés de s'assembler généralement quatre fois tous les ans, de trois en trois mois, pour donner la sanction à tout ce qui aura été fait et délibéré dans le courant des mois précédents. Leur sanction devenant une Loi irréfragable, il ne pourra y être rien changé, sous quelque prétexte que ce soit.

ART. IV. — Assemblée de Conseil.

Dans le courant des dix premiers jours de chaque mois de l'année, le F. Secrétaire général fera convoquer par le F. Secrétaire de Paris, neuf officiers et neuf maîtres (des neuf maîtres trois seront anciens, trois modernes et trois nouveaux), lesquels composeront les Assemblées de Conseil. Us délibéreront et arrêteront, ce que de raison, sur les affaires qui seront portées devant eux. Leur délibération sera exécutée provisoirement jusqu'à la première Loge de communication de quartier, laquelle statuera définitivement ce qu'il appartiendra.

ART. V. — Assemblées des deux Fêtes de St Jean.

Outre les Assemblées ci-dessus énoncées, il y en aura tous les ans deux autres indispensables. La première, le jour de St Jean-Baptiste; la seconde, le jour de St Jean Evangéliste. Leur objet sera de célébrer, le plus pieusement possible, les Fêtes de nos Patrons.

ART. VI. — Fête de St Jean-Baptiste.

En conséquence, le jour de celle d'été, il sera célébré aux frais de la T.R.G.L. une messe solennelle à laquelle seront invités tous les VV.MM. de Paris, leurs Surv. et Orat. ainsi que les VV.MM. de Provinces et leurs Députés qui se trouveront dans cette capitale. Après l'office divin, chacun se rendra au lieu désigné pour le Banquet, pendant lequel les FF. Surveillants et Orateurs seront libres de proposer ce qu'ils jugeront nécessaire pour le bien de l'Ordre, et la T.R.G.L. décidera.

ART. VII. — Fête de St Jean Evangéliste.

Tous les VV. MM. seront également convoqués pour le jour de St Jean Evangéliste. Avant le Banquet (s'il y en a), ils nommeront aux offices vacants par la retraite, par la démission, etc.. de ceux qui avaient été nommés ou par l'assemblée triennale, ou par l'assemblée ordinaire annuelle; car nul office ne peut être rempli qu'à titre d'intérim dans l'intervalle de ces Assemblées, seules nominataires à un plein exercice.

ART. VIII. — Fonctions du F. Grand Orateur.

Le F.R. Grand Orateur ou son substitut résumera les propositions et répliques qui seront faites dans les Assemblées, et il ordonnera ses conclusions, d'après lesquelles la T.R.G.L. statuera.

ART. IX. — Fonctions du F. Secrétaire général.

Tous les morceaux d'architecture adressés à la très respectable Grande Loge, ou dessinés dans ses ateliers, seront remis exactement et resteront entre les mains du R.F. Secrétaire Général, pour qu'il les propose par ordre de date, ou suivant l'exigence des cas. Après que la T.R.G.L. aura statué définitivement sur ces divers morceaux, il les déposera aux Archives.

ART. X. — Fonctions du F. Secrétaire au département de Paris.

Le Secrétaire au Département de Paris tiendra un registre des Vénérables Maîtres de Paris, avec leurs demeures, à l'effet de les inviter aux assemblées, au désir des Règlements; sur lequel registre sera le Tableau de toutes les Loges régulières établies en cette ville; il tiendra un second registre, sur lequel il inscrira tous les objets de délibérations concernant son Département, conformément à ceux inscrits par le Secrétaire général.

ART. XI. — Fonctions du F. Secrétaire des Provinces.

Le R.F. Secrétaire du département des Provinces tiendra un livre d'architecture, contenant les noms, qualités et demeures des VV. MM. des Provinces, et le tableau de leurs Loges. Il sera tenu de communiquer les affaires de son ressort au R.F. Secrétaire Général.

ART. XII. — Fonctions du F. Grand Garde des Sceaux.

Le R.F. Grand Garde des Sceaux sera seul dépositaire des Sceaux, Timbres, Minutes et Archives de la T.R.G.L., et il ne pourra, sous quelque prétexte que ce soit, les confier ni communiquer à personne, sans un ordre exprès du Grand Orient. Après que toutes les délibérations et décisions arrêtées dans chaque Assemblée auront été signées de tous les VV. MM. assistants, et auront resté entre les mains du R.F. Secrétaire Général jusqu'à l'Assemblée subséquente, alors il les recevra de celui-ci, les scellera, timbrera, et les déposera ensuite dans les Archives. Il sera autorisé à refuser les Sceaux et Timbres à toutes constitutions et certificats dont on ne lui présentera point la quittance du F. Grand Trésorier, visée du F. Secrétaire Général, laquelle quittance il gardera entre ses mains pour servir lors du compte du F. Grand Trésorier.

ART. XIII. — Fonctions du F. Grand Trésorier.

Le R.F. Grand Trésorier aura seul entre ses mains les fonds de la T.R.G.L. dont il ne pourra se dessaisir sous quelque dénomination que ce soit, que par une délibération ou par un mandat signé de sept officiers. Il tiendra un livre de recette et de dépense, et rendra ses comptes lorsqu'il en sera requis.

ART. XIV. — Chambre de Conseil Provincial.

Pour accélérer les affaires qui demandent une prompte expédition pour nos Orients de Provinces, il y aura une Chambre de Conseil Provincial, qui statuera sur tout ce qui aura rapport au bien des Provinces, et non autre chose.

ART. XV. — Composition de cette Chambre.

Cette Chambre Provinciale sera composée de quinze membres, dont neuf seront officiers, et six seront vénérables maîtres; savoir un Président, un Orateur, un Secrétaire, un substitut secrétaire, et cinq autres officiers, trois modernes et trois nouveaux; leurs exercices dureront trois mois; leur semestre fini, on nommera, pour les remplacer, d'autres officiers et V.M. suivant l'ordre du Tableau.

ART. XVI. — Privilège de cette chambre.

S'il survenait une affaire importante, et susceptible d'une prompte sanction, alors la Chambre Provinciale pourra, avec l'agrément du R.P., faire convoquer une Assemblée générale extraordinaire; cette Chambre s'assemblera à la réquisition du Secrétaire des Provinces, et ce au chef-lieu, et non ailleurs.

ART. XVII. — Nombre compétent pour la validité des travaux.

Dans toutes les Assemblées générales, de conseil ou extraordinaires, si, une heure après celle marquée dans la planche de convocation, il se trouve neuf Membres, tant officiers que V.M., la Loge sera ouverte, et les travaux commencés. Tout ce qu'ils délibéreront et décideront sera aussi valide et aussi légal que si tous les membres convoqués étaient présents. En conséquence, nul maître intervenant ne pourra, sous quelque prétexte que ce soit, exiger la lecture des opérations antérieures à son arrivée, parce qu'avant la fermeture de la loge, on lira tout ce qui aura été fait, délibéré et arrêté depuis le commencement jusqu'à la fin des travaux.

ART. XVIII. — Quotité des VV. MM. inamovibles.

Tous les VV. MM. de Loges inamoviblement constitués remettront une quotité annuelle de trois livres entre les mains du F. G. Trésorier, qui leur en délivrera une quittance signée de lui, et visée par le F. Secrétaire Général, et dont ce dernier prendra note pour servir en temps et lieu.

ART. XIX. — Quotité des VV. MM. amovibles.

Toutes les Loges amovibles, mais régulièrement constituées, seront tenues de payer également une quotité annuelle de six francs, dont il leur sera donné une quittance comme en l'article précédent. Mais comme les Vénérables des dites Loges amovibles ne les président qu'une année, la T.R.G.L. leur fera délivrer gratis un certificat des VV. MM.

ART. XX. — Certificat de Surveillant ou d'Orateur nécessaire pour être constitué V.M.

La T.R.G.L. rejettera absolument toute requête tendant à constitution, si le V.M. Présentateur n'a pas eu le soin d'y annexer le certificat de Surveillant ou d'orateur que l'aspirant doit avoir obtenu de la T.R.G.L.

ART. XXI. — Etat non recevable à la Grande Maîtrise.

Il ne sera point admis à la Grande Maîtrise aucune personne des états de Marchand de vins, Rôtisseur, Pâtissier, Traiteur, Cordonnier, ni même aucun officier de maison, si il n'est officier de chez le Roi.

ART. XXII. — Envoi du Tableau général de la T.R.G.L. aux LL. particulières.

Tous les trois ans la T.R.G.L. enverra à toutes les Loges de Paris et des Provinces le tableau général de tous ses officiers et celui de tous les VV. MM. du Royaume. Elle donnera aussi avis, tous les ans, de tous les changements intéressants qui surviendront, soit dans lesdits tableaux, soit dans le régime de l'Ordre.

ART. XXIII. — Envoi des tableaux des LL. particulières à la T.R.G.L.

Toutes les Loges inamovibles et amovibles enverront chaque année, après la nomination des officiers, leurs tableaux à la T.R.G.L. Ils seront adressés (francs de port) au R.F. Secrétaire Général, qui les dessinera sur le grand livre d'architecture de l'Ordre.

ART. XXIV. — Défense de communiquer avec les LL. irrégulières.

Nul V.M. ne pourra entretenir de correspondance avec aucune Loge irrégulière, si ce n'est dans la vue de la déterminer à se faire constituer à notre véritable et unique G.O. de France.

ART. XXV. — Certificat à tous les Récipiendaires.

Pour faciliter une libre communication entre les loges régulières, et pour en interdire efficacement l'entrée aux Maçons clandestins, chaque V.M. sera obligé d'inviter ses Récipiendaires à se munir d'un certificat de la T.R.G.L. Ce certificat portera la date précise de la réception, et la signature de tous ceux qui y auront procédé.

ART. XXVI. — Manière de procéder contre les délinquants.

Chaque V.M. aura le droit dans sa L. régulièrement assemblée de faire le procès définitif à ceux de ses officiers et membres qui auraient prévariqué; mais aussi les délinquants auront la liberté d'en appeler par écrit à la T.R.G.L. Ce droit des V.M. ne s'étend point sur les F. Surveillants et Orateurs. On ne pourra porter contre eux des plaintes que par écrit; elles seront adressées au R.F. Secrétaire Général, qui les fera passer à l'atelier des Dépêches, de Conseil ou de quartier pour y être fait droit.

ART. XXVII. — Conduite des VV. MM. le jour de St Jean-Baptiste et le lendemain.

Le jour de St Jean-Baptiste, Patron de l'Ordre, étant le plus beau jour des Maçons, aucun V.M. ne pourra tenir loge ce jour-là. Il sera obligé d'assister à la Messe solennelle célébrée le dit jour, de se rendre ensuite au Banquet général, et de se trouver le lendemain à la Messe qui sera dite pour tous nos Frères défunts. Les seuls cas de maladie et d'affaires personnelles très urgentes pourront dispenser d'assister à ces cérémonies obligatoires.

ART. XXVIII. — Avis de la tenue des Loges donné au F. Secrétaire du Département de Paris.

Tous les VV. MM. ne tenant ordinairement loge qu'une fois par mois, à certain jour fixe, seront obligés d'en prévenir cinq jours auparavant le F. Secrétaire du Département de Paris, lequel donnera avis des dites Assemblées aux FF. Experts trois jours avant leur tenue.

ART. XXIX. — Honneurs funèbres rendus aux VV. MM. défunts.

Sur l'avis qui sera donné à la T.R.G.L. de la mort d'un V.M., elle fera célébrer à ses frais, dans le courant du mois du décès, un service et douze messes pour le repos de l'âme du défunt. Tous les VV. MM. seront invités à se rendre à ces obsèques funéraires.

(Les modifications apportées au texte de 1777 ont été soulignées)

 

 

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 21:50

I

Statuts et Règlements particuliers qui doivent être observés dans la T.R.G.L. unique G.O. de France

ART. I. — Composition de la T.R.G.L. de France.

La T.R.G.L. sera composée de tous les VV. MM. de Loges régulières de l'o. de Paris. Le Serenissime G.M. ou ses représentants seront à leur tête.

ART. II. — Nomination des officiers.

Tous les trois ans, le jour de St Jean Evangéliste, la T.R.G.L. nommera, par la voie du scrutin, trente officiers, savoir :

Trois VV. MM. représentants du Serenissime Grand Maître, dont le premier aura le titre de Premier Président, un Président honoraire (celui qui sera sorti d'exercice), deux Grands Surveillants, un Grand Orateur, un Secrétaire Général, un Secrétaire pour Paris, un Secrétaire pour les Provinces, un Garde des Sceaux, Timbres et Archives, un Grand Trésorier, un Inspecteur Général, un Surintendant, deux Contrôleurs, un Architecte, un Maître des Cérémonies, un Ambassadeur, deux Experts Hospitaliers, quatre Experts Scrutateurs, deux Substituts des Grands Surveillants, un Substitut du Grand Orateur, deux Substituts des Grands Surveillants, un Substitut du Grand Orateur, deux Substituts des Secrétaires de Paris et des Provinces.

Tous ces officiers sortiront de l'universalité tant des officiers anciens et modernes de la T.R.G.L., que des VV.MM. de Loges anciens et nouveaux de l'o. de Paris.

ART. III. — Assemblée générale de communication de quartier.

Les RR. Présidents, officiers et VV. Maîtres seront obligés de s'assembler généralement quatre fois tous les ans, de trois en trois mois, pour donner la sanction à tout ce qui aura été fait et délibéré dans le courant des mois précédents. Leur sanction devenant une Loi irréfragable, il ne pourra y être rien changé, sous quelque prétexte que ce soit.

ART. IV. — Assemblée de Conseil.

Dans le courant des dix premiers jours de chaque mois de l'année, le F. Secrétaire général fera convoquer par le F. Secrétaire de Paris, neuf officiers et neuf maîtres (des neuf maîtres trois seront anciens, trois modernes et trois nouveaux), lesquels composeront les Assemblées de Conseil. Us délibéreront et arrêteront, ce que de raison, sur les affaires qui seront portées devant eux. Leur délibération sera exécutée provisoirement jusqu'à la première Loge de communication de quartier, laquelle statuera définitivement ce qu'il appartiendra.

ART. V. — Assemblées des deux Fêtes de St Jean.

Outre les Assemblées ci-dessus énoncées, il y en aura tous les ans deux autres indispensables. La première, le jour de St Jean-Baptiste; la seconde, le

jour de St Jean Evangéliste. Leur objet sera de célébrer, le plus pieusement possible, les Fêtes de nos Patrons.

ART. VI. — Fête de St Jean-Baptiste.

En conséquence, le jour de celle d'été, il sera célébré aux frais de la T.R.G.L. une messe solennelle à laquelle seront invités tous les VV.MM. de Paris, leurs Surv. et Orat. ainsi que les VV.MM. de Provinces et leurs Députés qui se trouveront dans cette capitale. Après l'office divin, chacun se rendra au lieu désigné pour le Banquet, pendant lequel les FF. Surveillants et Orateurs seront libres de proposer ce qu'ils jugeront nécessaire pour le bien de l'Ordre, et la T.R.G.L. décidera.

ART. VII. — Fête de St Jean Evangéliste.

Tous les VV. MM. seront également convoqués pour le jour de St Jean Evangéliste. Avant le Banquet (s'il y en a), ils nommeront aux offices vacants par la retraite, par la démission, etc.. de ceux qui avaient été nommés ou par l'assemblée triennale, ou par l'assemblée ordinaire annuelle; car nul office ne peut être rempli qu'à titre d'intérim dans l'intervalle de ces Assemblées, seules nominataires à un plein exercice.

ART. VIII. — Fonctions du F. Grand Orateur.

Le F.R. Grand Orateur ou son substitut résumera les propositions et répliques qui seront faites dans les Assemblées, et il ordonnera ses conclusions, d'après lesquelles la T.R.G.L. statuera.

ART. IX. — Fonctions du F. Secrétaire général.

Tous les morceaux d'architecture adressés à la très respectable Grande Loge, ou dessinés dans ses ateliers, seront remis exactement et resteront entre les mains du R.F. Secrétaire Général, pour qu'il les propose par ordre de date, ou suivant l'exigence des cas. Après que la T.R.G.L. aura statué définitivement sur ces divers morceaux, il les déposera aux Archives.

ART. X. •— Fonctions du F. Secrétaire des Provinces.

Le R.F. Secrétaire du département des Provinces tiendra un livre d'architecture, contenant les noms, qualités et demeures des VV. MM. des Provinces, et le tableau de leurs Loges. Il sera tenu de communiquer les affaires de son ressort au R.F. Secrétaire Général.

ART. XI. — Fonctions du F. Grand Garde des Sceaux.

Le R.F. Grand Garde des Sceaux sera seul dépositaire des Sceaux, Timbres, Minutes et Archives de la T.R.G.L., et il ne pourra, sous quelque prétexte que ce soit, les confier ni communiquer à personne, sans un ordre exprès du Grand Orient. Après que toutes les délibérations et décisions arrêtées dans chaque Assemblée auront été signées de tous les VV. MM. assistants, et auront resté entre les mains du R.F. Secrétaire Général jusqu'à l'Assemblée subséquente, alors il les recevra de celui-ci, les scellera, timbrera, et les déposera ensuite dans les Archives. Il sera autorisé à refuser les Sceaux et Timbres à toutes constitutions et certificats dont on ne lui présentera point la quittance du F. Grand Trésorier, visée du F. Secrétaire Général, laquelle quittance il gardera entre ses mains pour servir lors du compte du F. Grand Trésorier.

ART. XII. — Fonctions du F. Grand Trésorier.

Le R.F. Grand Trésorier aura seul entre ses mains les fonds de la T.R.G.L. dont il ne pourra se dessaisir sous quelque dénomination que ce soit, que par une délibération ou par un mandat signé de sept officiers. Il tiendra un livre de recette et de dépense, et rendra ses comptes lorsqu'il en sera requis.

ART. XIII. — Chambre des Dépêches.

Pour accélérer les affaires qui demandent une prompte expédition pour notre o. de Paris et ceux de Provinces, comme discussions particulières des LL., vérification de vie et de mœurs civiles, maçonniques, etc., il y aura un atelier des Dépêches, dont les délibérations seront exécutées provisoirement jusqu'à la première assemblée générale de communication de quartier ou de conseil, qui jugera définitivement.

ART. XIV. — Composition de cette chambre.

Cette Chambre des Dépêches sera composée de quinze membres, dont neuf seront officiers, et six seront V.M.; savoir, un Président, un Orateur, un Secrétaire, un substitut de secret., et cinq autres officiers, deux V.M. anciens, deux modernes et deux nouveaux. Leur exercice durera trois mois; ils s'assembleront tous les jeudis de chaque mois pour statuer sur les affaires qui leur seront présentées. Leur semestre fini, on nommera pour les remplacer, d'autres officiers et V.M. suivant l'ordre du tableau.

ART. XV. — Régime de cette chambre.

Cette chambre aura un livre particulier d'architecture, où seront inscrites ses opérations. Il sera renfermé dans une armoire du chef-lieu, dont le R. Président en exercice aura la clef conjointement avec le seul Secrétaire, afin que celui-ci puisse d'une assemblée à l'autre expédier ce qu'il conviendra. En cas d'absence, le R. Président sera remplacé par le plus ancien des officiers exerçants.

ART. XVI. — Privilège de cette chambre.

S'il survient une affaire très importante et susceptible d'une prompte sanction, alors l'Atelier des Dépêches pourra, avec l'agrément du T.R. Président faire convoquer une Assemblée générale et extraordinaire, pourvu toutefois que ce soit au moins quinze jours avant l'une des quatre assemblées de communication de quartier.

ART. XVII. — Nombre compétent pour la validité des travaux.

Dans toutes les Assemblées générales, de conseil ou extraordinaires, si, une heure après celle marquée dans la planche de convocation, il se trouve neuf Membres, tant officiers que V.M., la Loge sera ouverte, et les travaux commencés. Tout ce qu'ils délibéreront et décideront sera aussi valide et aussi légal que si tous les membres convoqués étaient présents. En conséquence, nul maître intervenant ne pourra, sous quelque prétexte que ce soit, exiger la lecture des opérations antérieures à son arrivée, parce qu'avant la fermeture de la loge, on lira tout ce qui aura été fait, délibéré et arrêté depuis le commencement jusqu'à la fin des travaux.

ART. XVIII. — Quotité des VV. MM. inamovibles.

Tous les VV. MM. de Loges inamoviblement constitués remettront une quotité annuelle de trois livres entre les mains du F. G. Trésorier, qui leur en délivrera une quittance signée de lui, et visée par le F. Secrétaire Général, et dont ce dernier prendra note pour servir en temps et lieu.

ART. XIX. — Quotité des VV. MM. amovibles.

Toutes les Loges amovibles, mais régulièrement constituées, seront tenues de payer également une quotité annuelle de six francs, dont il leur sera donné une quittance comme en l'article précédent. Mais comme les Vénérables des dites Loges amovibles ne les président qu'une année, la T.R.G.L. leur fera délivrer gratis un certificat des VV. MM.

ART. XX. — Certificat de Surveillant ou d'Orateur nécessaire pour être constitué V.M.

La T.R.G.L. rejettera absolument toute requête tendant à constitution, si le V.M. Présentateur n'a pas eu le soin d'y annexer le certificat de Surveillant ou d'orateur que l'aspirant doit avoir obtenu de la T.R.G.L.

ART. XXI. — Envoi du Tableau général de la T.R.G.L. aux LL. particulières.

Tous les trois ans la T.R.G.L. enverra à toutes les Loges de Paris et des Provinces le tableau général de tous ses officiers et celui de tous les VV. MM. du Royaume. Elle donnera aussi avis, tous les ans, de tous les changements intéressants qui surviendront, soit dans lesdits tableaux, soit dans le régime de l'Ordre.

ART. XXII. — Envoi des tableaux des LL. particulières à la T.R.G.L.

Toutes les Loges inamovibles et amovibles enverront chaque année, après la nomination des officiers, leurs tableaux à la T.R.G.L. Ils seront adressés (francs de port) au R.F. Secrétaire Général, qui les dessinera sur le grand livre d'architecture de l'Ordre.

ART. XXIII. — Défense de communiquer avec les LL. irrégulières.

Nul V.M. ne pourra entretenir de correspondance avec aucune Loge irrégulière, si ce n'est dans la vue de la déterminer à se faire constituer à notre véritable et unique G.O. de France.

ART. XXIV. — Certificat à tous les Récipiendaires.

Pour faciliter une libre communication entre les loges régulières, et pour en interdire efficacement l'entrée aux Maçons clandestins, chaque V.M. sera obligé d'inviter ses Récipiendaires à se munir d'un certificat de la T.R.G.L. Ce certificat portera la date précise de la réception, et la signature de tous ceux qui y auront procédé.

ART. XXV. — Manière de procéder contre les délinquants.

Chaque V.M. aura le droit dans sa L. régulièrement assemblée de faire le procès définitif à ceux de ses officiers et membres qui auraient prévariqué; mais aussi les délinquants auront la liberté d'en appeler par écrit à la T.R.G.L. Ce droit des V.M. ne s'étend point sur les F. Surveillants et Orateurs. On ne pourra porter contre eux des plaintes que par écrit; elles seront adressées au R.F. Secrétaire Général, qui les fera passer à l'atelier des Dépêches, de Conseil ou de quartier pour y être fait droit.

ART. XXVI. — Conduite des VV. MM. le jour de St Jean-Baptiste et le lendemain.

Le jour de S* Jean-Baptiste, Patron de l'Ordre, étant le plus beau jour des Maçons, aucun V.M. ne pourra tenir loge ce jour-là. Il sera obligé d'assister à la Messe solennelle célébrée le dit jour, de se rendre ensuite au Banquet général, et de se trouver le lendemain à la Messe qui sera dite pour tous nos Frères défunts. Les seuls cas de maladie et d'affaires personnelles très urgentes pourront dispenser d'assister à ces cérémonies obligatoires.

ART. XXVII. — Avis de la tenue des Loges donné au F. Secrétaire du Département de Paris.

Tous les VV. MM. ne tenant ordinairement loge qu'une fois par mois, à certain jour fixe, seront obligés d'en prévenir cinq jours auparavant le F. Secrétaire du Département de Paris, lequel donnera avis des dites Assemblées aux FF. Experts trois jours avant leur tenue.

ART. XXVIII. — Honneurs funèbres rendus aux VV. MM. défunts.

Sur l'avis qui sera donné à la T.R.G.L. de la mort d'un V.M., elle fera célébrer à ses frais, dans le courant du mois du décès, un service et douze messes pour le repos de l'âme du défunt. Tous les VV. MM. seront invités à se rendre à ces obsèques funéraires.

II

 Règlements généraux qui doivent être observés dans toutes les Loges régulières du Royaume par leurs Maîtres, officiers et membres.

 ART. I. — Quelles sont les Loges régulières.

Toutes les Loges qui s'assembleront pour procéder aux travaux maçonniques sans être munies de constitutions émanées de la T.R.G.L. de France, seul ancien Grand Orient du Royaume, seront réputées irrégulières, et leurs travaux déclarés nuls.

ART. II. — Nombre des Officiers, et leur place en Loge.

Les Loges seront composées de neuf officiers, savoir : un V.M. placé à l'Orient; deux Surveillants à l'Occident, le premier à la colonne du Midi, le second à celle du Nord; ils auront le titre de Commendataires. Les Officiers dignitaires seront : l'Orateur, placé à l'Orient à la droite du V.M.; le Secrétaire, placé à sa gauche; le Trésorier, placé au centre de la colonne B; l'architecte contrôleur, placé au centre de la colonne J; un premier expert dans l'intérieur de la Loge; un second expert dans la chambre de préparation.

ART. III. — Nombre nécessaire pour faire des réceptions.

Aucun V.M. ne pourra ouvrir ses travaux pour faire des réceptions, s'il n'est assisté au moins de sept membres, dont trois seront officiers.

ART. IV. — Temps limité des fonctions des officiers.

Aucun officier de loge, quel qu'il soit, ne pourra s'absenter de son atelier qu'après avoir fini l'année entière de son office, et avoir sa démission signée de son V.M.

ART. V. — Fonctions du V.M.

Aucun V.M. ne pourra rien changer ni innover dans la forme d'ouvrir la Loge et de faire des réceptions dont il se sera servi devant les VV. MM. Commissaires-Examinateurs qui l'ont constitué et installé. Il se conduira avec la prudence et la gravité dues à l'Art Royal qu'il exerce. Il ne souffrira point qu'on lèse les candidats, et il s'en tiendra strictement à toutes les épreuves autorisées et prescrites dans l'Ordre, sous peine d'encourir la disgrâce de la T.R.G.L.

ART. VI. — Privilèges et droits du V.M.

Les deux Frères Surveillants et le F. Orateur seront au choix et à la nomi¬nation du seul V.M. Il aura seul en sa garde le livre d'Architecture où sont dessinées les planches à tracer les règlements de son attelier. Il sera seul déposi¬taire de tous les morceaux d'architecture émanés de la T.R.G.L. et de tous autres morceaux concernant l'Ordre.

ART. VII. — Fonctions des Surveillants.

Les FF. Surveillants feront exécuter très ponctuellement sur leurs colonnes respectives les ordres du V.M. Si celui-ci est malade ou absent, ils ne pourront faire de réception sans son consentement par écrit et signé de lui. Lorsque le V.M. exerçant sera obligé de s'absenter, le F. premier surveillant le remplacera; le F. second surveillant prendra la place de premier, et le F. Expert celle de second. Ils observeront toutes les formalités requises en pareille circonstance.

ART. VIII. — Fonctions de l'Orateur.

Le F. orateur, étant l'interprète de la L., sera chargé de faire les discours instructifs. Il aura le droit de s'adresser toujours directement au V.M. dans les discussions. Dans les matières délibérées il donnera ses conclusions, d'après les¬quelles la Loge fera droit.

ART. IX. — Fonctions du Secrétaire.

Le F. Secrétaire, chargé de dessiner toutes les planches à tracer de la Loge ne pourra point convoquer sans l'ordre du V.M. Il aura en sa garde le Tableau des Ouvriers qui composent son attelier.

ART. X. — Fonctions du Trésorier.

Le F. Trésorier, chargé des fonds de la Loge, tiendra un Registre exact des recettes et dépenses qu'il fera. Il aura grand soin de se munir de quittances, afin de les produire à la reddition de ses comptes, qui se fera par quartier ou an¬nuellement, à la volonté de sa Loge.

ART. XI. — Fonctions de l'Architecte contrôleur.

Le F. architecte contrôleur sera chargé de présenter les projets, devis et marchés pour l'embellissement de la Loge, et il se fera autoriser pour l'exécution. Il aura le soin de placer chacun convenablement, d'expliquer aux Récipiendaires la décoration du Tableau du quarré (sic) du Temple, et de commander et contrô¬ler les Banquets, de concert avec les FF. Trésorier et Secrétaire.

ART. XII. — Fonctions du premier Expert.

Le F. premier Expert doit être consommé dans l'art maçonnique. Il sera obligé de veiller à la sûreté de la Loge. Il n'admettra aucun F. visiteur, quoique muni d'un certificat, sans l'avoir bien tuile et bien reconnu pour maçon; et s'il ne le trouve pas assez instruit, il en donnera avis sur le champ à la Loge. Il préparera avec soin les candidats, et les présentera avec toute la décence et l'honnêteté possibles. Il portera une attention particulière à reconnaître les VV. MM. qui se présenteront, afin de les admettre et recevoir avec les hon¬neurs et les égards qui leur sont dus.

ART. XIII. — Fonctions du second Expert.

Le F. second expert se tiendra dans l'intérieur du Temple, et en ouvrira les portes lorsqu'il en sera requis. Il ira rendre au second surveillant ce que le premier expert lui aura dit; le second surveillant le redira au premier et celui-ci au V.M.

ART. XIV. — Translation d'une Loge.

Le droit de convocation appartenant au seul V.M., la Loge ne peut être transférée d'un lieu à un autre sans sa participation.

ART. XV. — Qui doit remplacer le V.M. absent.

Si le V.M. est absent ou malade, le droit de convocation et de tenue appartient de droit aux FF. Surveillants; celui des deux qui préside est alors remplacé par un F. Expert. Mais s'il y a dans la loge un F. qui en ait été le vénérable, il a le droit de remplacer par intérim le V.M. absent, exclusivement aux surveillants.

ART. XVI. — Il faut être maître maçon pour occuper des places en Loges.

Un F. qui n'aura point reçu le grade de la maîtrise ne pourra parvenir à aucun office, à aucune dignité de l'Ordre.

ART. XVII. — Défense de présenter des Récipiendaires dans une autre Loge que la sienne propre.

Aucun F. ne pourra présenter un Candidat, s'il n'est pas très sûr de la bonté de ses mœurs et de sa conduite, dont il sera responsable à la Société. Il est défendu à tout Maçon, membre d'une Loge régulière, de présenter des Récipiendaires à une autre Loge que la sienne, sous quelque prétexte que ce soit, pas même sous celui d'y recevoir les hauts grades, à moins qu'il n'en ait prévenu son V.M. et qu'il en ait obtenu son consentement par écrit.

ART. XVIII. — Dépôt de l'argent avant les réceptions.

Tout F. qui présentera un Récipiendaire sera responsable à sa Loge des frais de la réception. Il préviendra donc le candidat, de manière que le montant soit versé dans la Caisse avant la cérémonie.

ART. XIX. — Qualités pour être reçu maçon.

Aucun profane ne sera admis à voir la lumière maçonnique s'il n'est pas libre de sa personne, si son état civil n'est pas décent, et s'il n'a vingt ans accomplis. Les fils de maçon auront une dispense de deux ans seulement.

ART. XX. — Nombre des récipiendaires fixé.

Aucun Maître de Loge ne peut, sans dispense du Sérénissime Grand Maître ou de son représentant, faire plus de cinq maçons à la fois.

ART. XXI. — Intervalle des grades.

Aucune Loge ne pourra donner à un Candidat, le jour de sa réception, que le grade d'Apprenti et tout au plus celui de compagnon. On ne doit lui conférer le même jour le grade de la maîtrise, que dans un cas très urgent et très avéré, comme un prompt voyage outre-mer, etc..

ART. XXII. — Opposition aux réceptions.

L'opposition d'un seul des Membres d'une Loge arrêtera la réception d'un candidat: Les opposants déduiront au V.M., à voix basse, leurs motifs d'opposi¬tion; et le Vénérable, suivant sa prudence, refusera le récipiendaire, ou commu¬niquera les causes d'opposition à la Loge, qui jugera de leur validité ou de leur insuffisance.

ART. XXIII. — Règles du scrutin.

Lorsqu'on fera usage du scrutin, si les voix pour ou contre se trouvent égales, le V.M. pourra faire recommencer le ballottage jusqu'à trois fois; et si les suffrages se trouvent encore égaux à la troisième fois, il aura le droit de faire pencher la balance en faveur de son opinion, parce que sa voix en vaut deux.

ART. XXIV. — Conduite envers les maçons clandestins.

Si des maçons irréguliers et clandestinement reçus se présentent dans quelqu'une de nos loges, le V.M. leur proposera de les régulariser, en leur faisant prêter leur obligation envers la T.R.G. Loge, et en leur faisant abjurer leur clandestinité. S'ils acceptent la proposition, ils seront fraternellement accueillis; s'ils la refusent, ils seront éconduits sur le champ.

ART. XXV. — Défense de visiter les Loges irrégulières.

La T.R.G.L. défendant très expressément et sous peine de son indignation, à tous les vrais maçons de visiter et fréquenter les Loges irrégulières, sous quelque prétexte que ce soit, infligera elle-même les punitions convenables aux W. MM. qui auront prévariqué à cet égard. Le châtiment des membres de Loge coupables du même délit est réservé de droit à leurs VV. MM. respectifs.

ART. XXVI. — Exclusion pour cause de réceptions clandestines.

Tout maçon qui au mépris de son serment sera convaincu d'avoir fait des réceptions clandestines, sera exclus (sic) de toutes les Loges régulières de France.

ART. XXVII. — Précautions pour affilier.

Nul V.M. ne pourra affilier à sa Loge un maçon dépourvu d'un certificat de l'atelier et du consentement du V.M. dont il était membre. Mais si, étant muni de ce titre, on lui refuse l'affiliation, il pourra se présenter à la T.R.G.L. pour y être entendu.

ART. XXVIII. — Obéissance due aux Supérieurs.

Tous les Ouvriers d'une Loge seront obligés d'obéir au V.M. et de le respecter, ainsi que les officiers commendataires et dignitaires.

ART. XXIX. — Il faut répondre aux convocations.

Tout membre de Loge qui ayant été convoqué trois fois de suite, ne se sera point présenté et n'aura point fait savoir par écrit les causes de son absence, subira la peine qu'il plaira à sa Loge de lui infliger. S'il refuse de s'y soumettre, il sera exclus.

ART. XXX. — Célébration de la Fête de St Jean-Baptiste.

Chaque Loge s'assemblera dans la quinzaine du jour de St Jean-Baptiste pour célébrer la Fête du Patron de l'Ordre. Il est expressément défendu de tenir assemblée le dit jour, parce que les VV. MM., leurs surveillants et Orateurs, doivent le solenniser en corps entier.

ART. XXXI. — Envoi annuel du Tableau à la T.R.G.L.

Tous les ans, à la S'-Jean d'été, chaque atelier enverra à la T.R.G.L. le Tableau des FF. qui le composent par noms, surnoms, qualités civiles et maçonniques, avec renonciation et la date des réceptions qui ont été faites et des grades qui ont été conférés pendant l'année.

ART. XXXII. — Envoi annuel de la prestation de serment.

Tous les ans, à la St-Jean-Baptiste, chaque atelier enverra aussi à la T.R.G.L. la planche à tracer de son Assemblée, contenant l'acte de prestation de serment de tous ses membres de reconnaître pour Grand Maître et pour Grands Officiers de l'Ordre en France ceux qui seront dénommés dans le Tableau des officiers de la T.R.G.L., qui sera à cet effet envoyé tous les trois ans par le F. Secrétaire Général du Grand Orient à chaque Loge régulière; de porter soumission et obéissance à tous les statuts et règlements généraux et par¬ticuliers, faits et à faire par la T.R.G.L. de France.

ART. XXXIII. — Tout ce qui émane de la T.R.G.L. doit être scellé, timbré et signé.

Les Loges particulières sont autorisées à ne point reconnaître et à renvoyer au F. Secrétaire de leur Département toutes les planches à tracer, tous les morceaux d’Architecture qui leur parviendront de la T.R.G.L. sans être scellés, timbrés et signés, comme il est prescrit par le Grand Orient.

ART. XXXIV. — Manière de s'adresser à la T.R.G.L.

Les ateliers qui auront quelques requêtes, plaintes ou avis intéressants pour l'ordre, les feront passer (franc de port) à la T.R.G.L. à l'adresse du F. Secrétaire Général.

ART. XXXV. — Manière d'obtenir des Constitutions.

Les FF. Surveillants et Orateurs qui désireront obtenir des constitutions feront présenter à la T.R.G.L. une requête au nom et par le V.M. sous lequel ils auront tenu le maillet. Leur certificat du Grand Orient sera annexé à la requête. Il leur sera défendu pendant tout le temps de leur instance, de s'assembler en Loge pour y faire des réceptions, si dans ces travaux ils ne sont assistés du V.M. député de la T.R.G.L.

ART. XXXVI. — Silence absolu sur la nomination des VV. Commissaires de la T.R.G.L.

Le secret dans toutes les opérations maçonniques étant de la plus grande importance pour le bien général et particulier de l'ordre, il est expressément défendu à tout V.M. qui aura assisté à la T.R.G.L. à la nomination de Commissaires pour examiner les travaux, installer, etc., de les désigner à personne, sous quelque prétexte que ce soit.

ART. XXXVII. — Conduite envers une Loge suspecte.

Aussitôt qu'une Loge régulière connaîtra une autre Loge non comprise sur le tableau envoyé par le Grand Orient, ou dont elle doutera des constitutions, elle en donnera avis à la T.R.G.L. avec tous les renseignements possibles.

ART. XXXVIII. — Manière de porter plainte en loge.

Tout F. qui en loge aura une plainte à porter contre quelqu'un, après avoir demandé et obtenu la parole, se mettra debout, à l'ordre, et déduira ses griefs. L'accusé se comportera de même pour annoncer et faire valoir ses moyens de défense. Les Parties intéressées se soumettront à la décision de la Loge, sous peine d'exclusion.

ART. XXXIX. — Manière de porter plainte contre les VV.MM. et les Surveillants.

La T.R.G.L. étant le juge compétent et naturel des VV.MM. et de leurs Surveillants, l'on ne peut, en cas de plainte, se pourvoir contre eux qu'auprès d'elle, par une requête expositive des griefs qu'on leur impute, et signée des Plaignants. Cette Loi s'étend sur tous les ouvriers d'un atelier, sans exception de grade et de qualité.

ART. XL. — Défense absolue de traiter en Loge de matières étrangères à la maçonnerie.

Il est très particulièrement défendu à tous les maçons, sans exception, sous peine d'amende et de plus grande peine en cas de récidive, d'agiter en Loge des matières théologiques et politiques; de proférer des blasphèmes, des jurements, des paroles obscènes, équivoques et satyriques (sic); de se donner d'autres noms que celui de FF.; de se tutoyer; de parler des idiomes étrangers, etc., etc.

ART. XLI. — Des Prévaricateurs.

Si quelque F. est convaincu d'avoir prévariqué contre les articles obligatoires ci-dessus mentionnés, il sera puni suivant sa faute. Si son cas est très grave, ou qu'il ait récidivé, l'exclusion du délinquant dépendra de la prudence et du jugement de sa Loge.

ART. XLII. — Il faut instruire la T.R.G.L. de l'exclusion d'un F.

Toute Loge qui, pour quelque faute, aura exclu et rayé de son Tableau un de ses membres, en donnera sur le champ avis à la T.R.G.L. et lui fera passer les pièces du procès, afin qu'après les avoir revues et examinées, elle confirme ou annule le jugement.

ART. XLIII. — Des FF. servants.

Chaque Loge pourra recevoir deux FF. servants dont les bonnes mœurs soient connues. Ils seront proposés et admis comme les autres candidats, et reçus gratis. Ils ne pourront, sous aucun prétexte, parvenir à la maîtrise; mais on leur fera prêter leur obligation à tous les autres grades qui seront donnés dans la Loge, puisque leur fonction y est nécessaire.

ART. XLIV. — Qui doit suppléer aux FF. Servants.

Si par hasard il ne se trouve point de FF Servants dans une loge, les FF. derniers reçus en feront les fonctions. Ils se prêteront à tout ce qui leur sera utile et nécessaire, tant pour la décoration que pour la sûreté de la loge.

ART. XLV. — Manière de reconnaître et d'admettre les FF. visiteurs.

Aucun F. visiteur ne sera admis en Loge, s'il n'est pas muni de son certificat : mais si après avoir été tuile et reconnu par le F. Expert, il montre son certificat, il sera introduit, et l'on en fera mention sur la planche à tracer de la Loge, pour éviter de lui demander une autre fois.

ART. XLVI. — Conduite envers les FF. visiteurs délinquants.

Si par hasard un F. visiteur commet quelque faute essentielle en Loge, les autres FF. visiteurs seront ses juges naturels. S'il ne s'en trouve pas, le V.M. exerçant le dénoncera à la T.R.G.L. et à son V.M., pour le faire punir suivant l'exigence du cas.

ART. XLVII. — Un F. visiteur ne peut porter de plaintes.

Aucun F. visiteur ne pourra sous quelque prétexte que ce soit, porter des plaintes contre les membres de la Loge qu'il visite.

ART. XLVIII. — Des malades et indigents.

Tout membre d'une Loge qui se trouvera malade et indigent, en donnera avis à son atelier, pour qu'il y soit pourvu le plus tôt  possible.

ART. XLIX. — Silence sur les travaux de la Loge.

Avant la clôture de la Loge, chaque V.M. exigera de tous ses ouvriers la promesse de garder un profond silence sur tous les travaux de l'atelier.

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 12:24

Nous allons offrir au lecteur un extrait abrégé de la nouvelle Constitution, proposée dans le travail attribué aux huit commissaires, adoptée dans son entier en 1773 par la Grande Loge nationale, confirmée par le G. 0. et approuvée par le Grand-Maître le 28 octobre de la même année.

Ces constitutions parurent sous le titre de Statuts de l'Ordre royal de la Franche-Maçonnerie en France.

Ces statuts sont divisés en chapitres, les chapitres en sections et les sections en articles.

Les deux premières sections du chapitre 1er concernent la constitution de l'Ordre et la fondation du G. 0. Nous les transcrirons dans leur entier.

  CHAPITRE 1er

Constitution de l'Ordre.

  SECTION I.

  Du Corps maçonnique en France.

  ART. 1. Le corps de l'Ordre de la Franc-maçonnerie, sous le titre distinctif de Corps maçonnique de France, sera composé des seuls Maçons réguliers reconnus pour tels par le G. 0.

Art. II. Le G. 0. de France ne reconnaîtra désormais pour Maçons réguliers que les seuls membres des Loges régulières.

Art. III. Le G. 0. de France ne reconnaîtra désormais pour Loges régulières que celles qui sont pourvues de constitutions accordées ou renouvelées par lui, et il aura seul le droit d'en délivrer.

Art. IV. Le G. 0. de France ne reconnaîtra désormais pour Vénérable de Loge que le maître élevé à celle dignité par le choix libre de sa Loge.

Art. V. Le Corps maçonnique de France sera représenté au G. 0. par tous les Vénérables en exercice ou députés de Loges.

SECTION II.

  Du Grand Orient de France.

  Art. I. Le G. 0. de France sera composé de la Grande Loge et de tous les Vénérables en exercice ou députés des Loges, tant de Paris que des provinces, qui pourront s'y trouver lors de ses assemblées.

Art. II. Le G. 0. de France sera toujours invariablement fixé à l'Orient de Paris.

Art. III. Le G. 0. de France aura seul le droit de législation dans l'Ordre.

La section III de ce chapitre traite de la nouvelle Grande Loge nationale de France, de sa composition portée à soixante-dix sept membres; savoir : trois grands-officiers, quinze officiers d'honneur, quarante-cinq officiers en exercice, sept Vénérables en exercice des Loges de Paris et sept députés des Loges de provinces du nombre de ceux qui ne seront point officiers de la Grande Loge. Elle traite encore de sa division en trois chambres, dénommées d'administration, de Paris et des provinces. Une Loge de Conseil est créée pour connaître des appels des décisions de ces trois chambres.

Le chapitre II des Statuts concerne les formalités des élections et nominations des officiers de la nouvelle Grande Loge, ainsi que les attributions du grand-maître, dont l'inamovibilité avait été conservée dans le chapitre précédent.

Le chapitre III traite des assemblées du G. O. et de celles des chambres.

Le quatrième et dernier chapitre est entièrement relatif à la correspondance, l'organisation des bureaux et l'administration.

On a pu remarquer que la constitution nouvelle réside tout entière dans les deux premières sections du chapitre premier, dont nous avons donné la copie littérale. Le surplus est purement organique.

En comparant la constitution de l'ancienne Grande Loge avec celle-ci, on voit :

1° Que la Grande Loge de France était composée des seuls maîtres de l'Orient de Paris, ayant à leur tête le grand maître ou ses représentants. Il en résultait que les Loges et les Maçons des provinces ne concouraient point à l'administration de l'Ordre.

Le G. O., au contraire, appelait à la représentation maçonnique et à l'administration toutes les Loges de provinces représentées par des députés;

2° Que la Grande Loge donnait des constitutions à des maîtres inamovibles, tandis que le G. O. supprimait l'inamovibilité, en ne reconnaissant pour maîtres de Loges que ceux élus par le choix libre des membres qui les composaient ou composeraient par la suite.

Il est évident que ces deux points furent les seuls qui établirent une différence notable entre l'ancienne et la nouvelle constitution, et que la réforme se réduisit à ce changement. L'ancien gouvernement de l'Ordre était, si l'on peut s'exprimer ainsi, oligarchique, et celui proposé était représentatif.

Quoi qu'il en soit, on ne peut disconvenir qu'il n'était pas juste que, dans une société qui a pour base l'égalité, l'administration appartint à une classe privilégiée de Maçons, et fût concentrée entre ses membres, à l'exclusion des maîtres et des Loges des provinces. Sous ce rapport nous pensons que cette opération pouvait être digne d'approbation.

Peut-être le G. 0. eût-il entraîné la Grande Loge elle même, si alors il eût adopté le principe de l'inamovibilité avec des modifications raisonnables et sans doute nécessaires; il n'eût pas vu ce corps continuer ses travaux auprès de lui, et le rivaliser pendant près de trente ans.

Cette question de l'inamovibilité fut débattue dans beaucoup d'écrits. Les partisans du nouveau système disaient que les maitres inamovibles ne présidaient, pour la plupart, aucune Loge; qu'ils achetaient des constitutions comme on achète un droit honorifique, pour avoir la faculté de siéger dans la Grande Loge; que les ateliers qui étaient présidés par ces maîtres l'étaient despotiquement; que le découragement s'y introduisait, que le seul caprice du chef décidait de l'avancement des membres dans les dignités et les grades, sans qu'il fût permis à la société d'en délibérer; que des lois, des règlements abusifs étaient dictés, sans que les F. F. eussent aucun droit de remontrances; enfin que cette espèce de proconsulat était insupportable et contraire aux lois de l'égalité maçonnique.

Les partisans de la Grande Loge soutenaient que le système de l'inamovibilité était non-seulement conforme aux usages de toutes les Grandes Loges de l'Europe, mais encore la sauvegarde des Loges particulières ; que, peut-être, il entraînait après lui quelques abus; mais que celui qu'on voulait introduire à sa place ne pourrait qu'exciter des cabales et des agitations à l'époque de chaque élection des Vénérables et officiers des Loges, et que les révolutions fréquentes dont elles seraient la cause, exciteraient l'attention du gouvernement et amèneraient l'abolition de l'Ordre en France.

Nous ne déciderons pas entre les deux opinions nous nous contenterons d'observer que si le problème de l'amovibilité a été résolu dans certaines circonstances par les divisions qu'il a partiellement occasionnées dans l'origine de son établissement, néanmoins les élections se sont généralement faites sans trouble dans la plupart des Loges qui sont rangées sous les bannières du G. O.

IN DOCUMENTS MACONNIQUES

RECUEILLIS ET ANNOTES

 

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 01:07

APPRENTI.

La  Loge est entièrement tendue de bleu , le Maître qui y préside se nomme Vénérable, il est placé à l'Orient sur un Trône élevé par trois marches, lequel est surmonté d'un Dais parsemé d'étoiles d'or, dont les rideaux sont ornés de houppes dentelées ; il a devant lui un Autel couvert d'un tapis bleu, sur lequel il y a un compas, un maillet, l'ancien Testament & le glaive de la Loge ; au pied de l'Autel est un coussin , sur lequel est brodé une équerre

Le Tableau qui représente le plan du Temple de Salomon, est étendu de l'Orient à l'Occident, les flambeaux qui l'éclairent sont aux trois coins, le premier à l’Orient, le second au Midi & le troisième à l'Occident : les Surveillants sont placés à cette partie, le premier à la Colonne B. & le second à la Colonne J. ils ont chacun devant eux, une table en équerre, sur laquelle est un maillet.

Le Vénérable est décoré d'un Cordon bleu, qu'il porte en sautoir , au bas duquel pend une équerre de métal d'or, & le même bijou en broderie sur son tablier.

Tous les autres Officiers sont également décorés d'un Cordon bleu qu'ils portent en sautoir, & au bas duquel pend,

SAVOIR:

Au premier Surveillant, un Niveau

Au second Surveillant, une Perpendiculaire

A l’Orateur, un Livre ouvert

Au Secrétaire, deux Plumes croisées

Au Trésorier, deux clés

Au Garde des Sceaux, ceux de la Loge

Au Me des Cérémonies, le bâton de son Office

Au Garde des Portes, un Œil ouvert

Nota. Ces Bijoux se trouvent renfermés dans un triangle.

Aux deux cotés de l'Autel & du Trône est une balustrade qui l’entoure, & qui sépare l'Orient du reste de la Loge.

L'Orateur & le Secrétaire font placés dans cette enceinte, l'un à la gauche du Vénérable & l'autre à la droite.

Le Trésorier & le Garde des Sceaux font placés en dehors de l'enceinte , le premier à côté de l'Orateur & l'autre à côté du Secrétaire. Ces quatre Officiers ont chacun devant eux une table.

Sur celle de l'Orateur, est le scrutin & le tronc des pauvres, fur celles du Secrétaire, du Trésorier & du Garde des Sceaux, tout ce qui a rapport à leur Offices.

Le Me. des Cérémonies est placé entre les Surveillants, & le Garde des Portes derrière.

Les autres Officiers & Membres de la Loge sont placés indistinctement à l'Orient et sur les Colonnes, chacun suivant son Crade.

Les deux Gardes au Trône, sont à l'entrée de la balustrade, casqués, la pique en main, avec un bouclier, l'un aux armes de la Loge l’autre aux armes du Vénérable.

Les quatre Portes-oriflammes en habits boutonnés & couverts, ont des écharpes de la couleur de leur étendard, passées de l'épaule gauche a la hanche droite ; ils sont placés, le premier blanc, au bas du Trône ; le second rouge, à gauche ; le troisième noir, a côté de la Colonne B. ; & le quatrième bleu , a côté de la Colonne J. Ils doivent être sans tablier, & posséder les Grades dont ils portent les marques.

Les deux Stuarts sont placés, l'un au milieu de la Colonne du Midi, & l'autre au milieu de la Colonne du Nord ; ils portent à la main, le premier, un bâton de six pieds, surmonté d'un Soleil d'or ; le second , un bâton pareil, surmonté d'une Lune.

Ces FF., accompagnent lorsqu'on rend les honneurs, & aident les Surveillants quand les Colonnes font trop longues.

LA CHAMBRE DE RÉFLEXION.

CETTE Chambre doit être fermée aux rayons du jour, éclairée d'une seule lampe.

les murs en seront noircis & chargés d'emblèmes funèbres, afin d’inspirer le recueillement, la tristesse & l'effroi: des Sentences d'une morale pure, des maximes d'une philosophie austère, feront tracées lisiblement fur les murs, ou encadrées & suspendues en divers endroits de la chambre ; une tête de mort, & même un squelette, si l'on peut, s'en procurer un, rappelleront le néant des choses humaines.

Il ne doit y avoir dans cette chambre qu'une chaise, une table, un pain , un vase rempli d'eau claire , du sel & du souffre dans deux petits vases, un livre de piété, du papier, des plumes & de l'encre. Au-dessus de la table , feront représentés un coq, & une horloge de sable, & au bas de Ces emblèmes on mettra ces mots.

Vigilance & persévérance.

     INSCRIPTIONS QU'ON PEUT PLACER DANS CETTE CHAMBRE.

Si la curiosité t’a conduit ici, vas-t-en?

Si tu crains d'être éclairé sur tes défauts t tu seras mal parmi nous.

Si tu es capable de dissimuler, tremble, on te pénétrera ?

Si tu tiens aux distinctions humaines ; sors, nous n'en connaissons point ici ?

Si ton âme a senti l’effroi, ne vas pas plus loin ?

Si tu persévères, tu seras purifié par les éléments, tu sortiras de l'abîme des ténèbres, & tu verras la lumière.

LA CHAMBRE DE PREPARATION

Cette chambre qui est la même que celle des pas perdus, doit être propre & décorée tout simplement.

Elle sert à y habiller les FF., qui arrivent après l'ouverture des Travaux , aux Visiteurs, & à y déshabiller les Récipiendaires.

COMPAGNON

La Loge sera décorée comme au Grade d'Apprenti.

Le Tableau sera le même; on y ajoutera cependant, dans la partie supérieure & au milieu, l'Étoile flamboyante, mais on ne la dessinera qu'après la retraite des Apprentis : il sera entouré de cinq étoiles.

Le Vénérable, les Surveillants & les autres Officiers dignitaires seront décorés comme pour le Grade d'Apprenti.

Les Chambres de réflexion & de préparation seront disposées comme pour le Grade d'Apprenti,

MAITRE.

La Loge est; entièrement tendue de noir avec frange d'argent ; le Trône & les Colonnes des Surveillants, ainsi que les sièges & banquettes, sont également en noir.

L'Autel est couvert d'un tapis noir , sur le devant duquel sont brodés en argent, une tête de mort, & au dessous deux os en sautoir ; le tout est entouré de neuf larmes, placées triangulairement.

Sur la tenture sont, de distance en distance, des têtes de mort, au-dessous desquelles on. lit, Pensez à la Mort, & des larmes en grande quantité par 3 , 5 ,7.

A l’Occident, se trouve placé en face de l'Orient, un squelette, avec l'inscription Suivante ; La vie de l'homme n'est qu’un passage.

Le Tableau qui est placé au milieu de la Loge, est entouré de banquettes, sur lesquelles les FF.', s'asseyent pendant la réception.

Il représente un carré long, figurant l'intérieur du Temple sans ornements : les portes latérales du Nord & du Midi y sont dessinées, ainsi que celle d'Occident ; elles font représentées ouvertes. La porte seule de l'intérieure se trouve fermée.

Au-devant de la porte d’Occident, est tracé un escalier a sept marches , divisées par trois paliers, a la troisième , à la cinquième, & à la septième marches.

Au troisième Palier se trouve le pavé mosaïque, aux côtés duquel s'élèvent les deux Colonnes J. & B.

Au milieu du Tableau est un cercueil de six pieds, élevé de 8 a 10 pouces, & couvert d'un tapis noir peint de divers emblèmes funèbres; dans le milieu se trouve un triangle d'or ayant Jehova au centre : aux 4 angles de ce tapis, des têtes de mort avec des os en sautoir.

A la tête du cercueil est une équerre, & aux pieds un compas ouvert, dont la tête fait face au Trône.

A l'extérieur du Tableau, dans l'angle à gauche, est dessinée une monticule ou amas de terre, dans lequel est fichée une branche d’acacia.

La Loge n'est éclairée que par neuf étoiles jaunes, distribuées en trois groupes de trois chacun, & placés comme aux grades précédents.

Au moment où on annonce le Récipiendaire, on souffle les étoiles, &la Loge n'est éclairée alors que par deux lanternes, dont une placée sur l'Autel, de manière que la lumière ne réfléchisse que sur le Très-Respectable ; le F.'. Expert se sert de la seconde pour montrer au Candidat les emblèmes attachés après la tenture, cette lanterne ne doit également donner qu'une très-faible lumière, afin qu'on ne puisse distinguer ce qui se trouve au milieu de la Loge.

Les Dignitaires ont la même décoration qu'aux deux premiers Grades, mais ils sont ainsi que tous les FF., vêtus en noir, un crêpe à leur chapeau qui doit être rabattu.

On a soin de se pourvoir de deux rouleaux de papier, & d'un maillet de carton de six pouces de diamètre.

Le Maître se nomme Très-Respectable & les Surveillants Vénérables.

CHAMBRE DE RÉFLEXION.

Cette chambre doit être la même qui celle dont il a été parlé au commencement du premier Grade, mais on doit en ôter loi inscriptions , & y substituer des têtes de mort ayant des os en sautoir au dessous.

CHAMBRE DE PRÉPARATION.

Cette chambre qui est la même que celle dont il a été parlé aux Grades précédents, doit être, autant que faire se peut, tendue de noir & dépourvue d'emblèmes.

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 21:46

LE GRAND ORIENT DE FRANCE,

A TOUTES LES LOGES RÉGULIÈRES DU ROYAUME

Un Comité de Maçons irréguliers vous a adressé un imprimé à la tête duquel il prend les titres de Souverain Conseil des Empereurs d'Orient & d'Occident, sublime Mère-Loge Ecossaise du Grand Globe François, Souveraine G. L. de France : quoique nous ne devions pas craindre que des Maçons qui ont suivi nos travaux, puissent avoir quelque confiance dans cet ouvrage, nous croyons cependant devoir vous éclairer sur l'existence de cette prétendue G.L., & sur les lumières qu'on pourrait en attendre.

Avant l'établissement de notre G. O., la G. L. de France était chargée de l'Administration générale de l'Ordre en France, & composée des Vénérables des LL. de Paris, lesquels étaient presque tous inamovibles. Elle pouvait alors prendre les titres attribués aux hauts grades, puisqu'elle représentait toutes les LL., nous en exceptons celui de Souverain qui n'a jamais été Maçonnique : il n'y a point de souveraineté entre des égaux. Mais ces pouvoirs & ces titres furent anéantis lorsque les Députés de toutes les LL. du Royaume se réunirent pour former une Assemblée nationale des Représentants des LL. de France. C'était en eux que résidaient tous les pouvoirs des Maçons Français ; eux seuls purent donc élever, & élevèrent eu effet la G. L. nationale connue depuis sous le titre distinctif de G. O.. Dès cet instant la G. L. de France cessa d'exister sous ce titre & sous sa forme première, & en prit une nouvelle, celle de notre G. O..

Le premier travail des Représentants des LL. fut de détruire l'inamovibilité qui était entièrement contraire à la liberté & à l'égalité, ces bases fondamentales de notre Ordre, & qui avaient donné naissance aux abus les plus dangereux, surtout à des abus pécuniaires. Tous les Vénérables des LL. de Paris, tant ceux qui étaient inamovibles, que ceux qui ne l'étaient point, concoururent, par des Députés, aux opérations de la G. L. nationale, signèrent toutes ses Planches, & reconnurent ses décisions. Cependant plusieurs d'entre eux se virent avec regret privés du droit de présider continuellement leurs Frères, & des avantages que ce droit pouvait leur procurer. Plus touchés de leur intérêt personnel que de celui de la Maçonnerie, ils se séparèrent de la G. L. nationale, s'assemblèrent clandestinement, sans l'aveu du S. G. M., sans celui du T. Il. Administrateur-Général, & prétendirent continuer la G.L. de France, qui devenait alors une assemblée illégitime, sous un titre usurpé, puisqu'elle était sans pouvoirs, & qu'il n'y avait plus de G. L. de France depuis l'établissement de notre G.O..

Ces faux Maçons réclamèrent & réclament encore les actes d'acceptation du S. G. M. & du T. Il. Administrateur-Général, mais sur quoi cette réclamation est-elle fondée ? Ces actes ont été délivrés à l'ancienne G. L. de France, & ne peuvent donner aucun droit à celle qui prétend l'être aujourd'hui. Notre G. 0., autorisé par les pouvoirs les plus légitimes, a succédé à la première, par conséquent tous, les actes qu'elle avait lui appartiennent. Quand mène il serait vrai que cette prétendue G. L. eût quelques actes en sa possession, ils seraient détruits par ceux donnés depuis à notre G. O. par le S. G. M. & le T. Il. Administrateur-Général. Vous en avez la preuve dans la Planche du T. Il. F., Duc de Luxembourg, datée du vingtième jour du septième mois de l'an 5773, dont la copie est insérée dans la deuxième Partie du premier Volume de notre Etat, page 73. Le T. Il. Administrateur-Général y dit spécialement :

"Nous regardons comme irrégulière, illégale, contraire au bon ordre & à l'esprit Maçonnique, toute composition se disant G. L. de France, autre que celle à laquelle nous avons constamment présidé depuis le cinq Mars dernier (1773) jusqu'à ce jour et dont le détail des travaux a été envoyé à toutes les LL. du Royaume, souscrit du T. V. F. Baron de Toussaint, en sa qualité de Secrétaire Général du G. O. de France, & du T. V. F. Hue de Bréval, en celle de Garde des Sceaux dudit G. 0. ; & attendu l'abus que nous savons avoir été fait de notre signature & de notre sceau particulier, nous annullons tout titre constitutif & tout papier Maçonnique, auquel notre signature & ledit sceau sont apposés, sans le timbre nouveau du G. 0. & les signatures des deux susdits FF. (ils étaient alors, l'un Secrétaire-Général, & l'autre Garde des Sceaux de notre G. O..)"

L'exposé de quelques faits vous donnera une idée de cette prétendue G. L. de France & de sa composition. C'est à regret que nous remettons sous vos yeux les fautes de nos FF., mais nous nous voyons forcés de vous instruire pour vous préserver de l'erreur. Le neuvième jour du premier mois de l'an 5773 la G. L. nationale établit une commission pour juger en dernier ressort un différend élevé entre le V.F. de la Chaussée, Officier honoraire de notre G. O., & le F. Labady dont il est fait un éloge pompeux dans l'imprimé du prétendu Conseil Souverain. Le F. Labady reconnut ladite Commission, se rendit à ses Assemblées, répondit à toutes les demandes qui lui furent faites, & sollicita son jugement. Cette Commission, dont le travail a été envoyé à toutes les LL., a regardé le F. Labady comme insuffisamment justifié des faits Maçonniques à lui imputés, & lui a interdit, pendant neuf mois, toutes fonctions Maçonniques quelconques. Le dix-huitième jour du premier mois 5775, nous vous annonçâmes, par notre Circulaire, que le même F. était toujours interdit, &, ce qui est à remarquer, c'est que, dans le même-temps, la prétendue G. L. de France avait sur la réquisition de son Orateur par un jugement solennel, (rendu sur plusieurs chefs d'accusation), exclu le F. Labady & qu'elle lui avait reproché, entr'autres choses, de ne s'être point lavé des inculpations à lui faites par la décision de notre Commission. Aujourd'hui cette prétendue G. L. de France élève une Statue à ce F. qu'elle a solennellement exclu.

Voici un fait qui caractérise de plus en plus l'esprit de cette Société clandestine. Lorsque l'imprimé de ce prétendu Conseil Souverain nous fut dénoncé pour la première fois, nous fûmes étonnés d'y voir les noms des VV. FF. Bruneteau & Gerbier, le premier, Officier honoraire de notre G. O., & le second Député d'une L. de Paris, & ancien Officier de notre G. O. ; nous invitâmes en conséquence ces deux FF. à se rendre à notre Chambre d'Administration, où ils déclarèrent, le vingt-unième jour du douzième mois de l'année dernière, qu'ils ne connaissaient

que de ce jour cet imprimé, que c'était sans leur participation qu’on y avait mis leurs noms, & que l'adresse pour les Souscriptions avait été indiquée chez le V.F. Bruneteau. Déclaration qu'ils ont consignée par écrit.

Vous voyez, TT. CC. FF. , quelle peut être cette prétendue G. L.* de France, composée de Maçons irréguliers, réunis sans l'aveu du S. G. M. , à laquelle même il a fait défendre expressément de se servir de son nom, & qu'elle valeur vous devez attacher aux actes qu'elle réclame. Il serait à souhaiter que nous fussions les maîtres d'empêcher toutes ces Assemblées clandestines qui font le plus grand tort à notre Ordre, mais les Maçons n'emploient jamais la puissance coactive. Nous devons donc nous contenter de vous faire connaitre l'irrégularité de pareilles Assemblées, & de vous inviter à laisser leurs ouvrages dans l'oubli.

Nous sommes, avec les sentiments de la plus tendre fraternité, par les N. M .A. V. C..

TT. CC. FF.,

Vos Affectionnés & très-dévoués FF.

 

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 21:34
2° Partie

Le R.f. Labady arrêté d’ordre du Roi

Le 5 décembre suivant le Sieur du Rocher inspecteur de police et le Sieur commissaire le Bel se transportèrent en la demeure du R.f. Labady indiquée par le f. Salla à l'effet d'apposer le scellé sur tous ses papiers et de l'arrêter d'ordre du Roi.

Le Rf. Labady n'ayant rien à se reprocher, observa que s’il avait mérité l'attention du Gouvernement, c’était pour récompenses dues aux services qu'il avait rendues pendant la guerre dernière et non pour se voir ravir une liberté qu'il n'avait jamais employé qu'en bon citoyen et en fidèle sujet; qu'on le confondait sans doute avec un certain Labatie de Lyon dont le nom lui avait déjà été fatal par sa conformité avec le sien; ce dont il offrait d’administrer sur le champ les preuves.

Cette conformité s'étendant jusques dans les emplois qu'ils avoient exercés à l’armée et les intérêts qu'ils avaient eus dans différentes parties des subsistances les Sieurs du Rocher et Commissaires hésitèrent a remplir leur mission et ce ne fut que sur la demande s'il connaissait le Sieur Salla et qu'il eut répondu OUI et qu'il lui avait dit parlant a sa personne soi disant lieutenant colonel polonais qu'il méritait cent coups de barre qu'on lui répliqua EN CE CAS, C'EST VOUS.

Renfermé au secret, pendant lequel temps ses accusateurs cherchaient & promettaient des crimes a imputer au R f. Labady il y demeura jusqu'au 16 qu'on le fit descendre; & la on lui présenta une invitation du magistrat a l'effet de séparer tous ses papiers & bijoux concernant la Maçonnerie, qui après avoir été cotés paraphés & signés seraient réunis sous un nouveau scellé pour être remis au magistrat lui même; en observant de distinguer ceux qui étaient relatifs aux changements projetés dans la Maçonnerie c'est a dire ceux du S.C.S.M.L.E. dont il serait fait une cote particulière, il y avait ensuite un ordre d'examiner tous ses papiers, & de saisir ceux qui paraitraient suspects, & un ordre particulier d'ouvrir les paquets cachetés qui pourraient s'y trouver. Ce dernier ordre joint a la demande faite s'il connaissait le Sr Salla lorsqu'on l'arrêta le 5 décembre en observant la menace du f. Moet, ne laissèrent aucun doute a cet infortuné frère sur les mains qui l'opprimaient. Salla n'ignorait point que le R f Labady était chargé d'un Dépôt de papiers cacheté; mais ce dépôt heureusement ne contenait rien de contraire à ce que l'homme de Bien, le fidele sujet se doit. Il fut ouvert & rétabli avec mention de l'ordre qui avait nécessité le changement de cachet.

Alors le Sr du Rocher se fit connaître pour frère & ils s'entretinrent des loges de Toulouse ou le f. du Rocher avait reçu la lumière & de ce qui s'était passé en G.L. depuis quelque temps; & a cette occasion il lui proposa de rendre plainte, dans son dire au procès verbal que l’on dressait, contre les faux frères qui le vexaient si cruellement. Mais le R f. Labady préféra de n'en rien faire & le f. du Rocher approuva sa délicatesse.

L'Extrait du Procès verbal cy joint fermera la bouche des calomniateurs du R f. Labady qui, après lui avoir suscité cette étrange persécution, & loin d'en être humiliés, se sont permis de dire, d'écrire & d'imprimer que le R f. avait été arrêté d'ordre du Roi le 1° décembre 1766, pour des escroqueries multipliées pour des assemblées illicites sous prétexte de franc-maçonnerie et qu'ensuite il avait été exilé à Blois.

Nous ne présenterons point les réflexions qui naissent contre l'odieux de cette calomnie pour imiter la modération du Rf. Labady que nous aurons malheureusement encore plus d'une occasion de développer.

          (En note)

" Extrait du Procès verbal de levée des scellés des Papiers du R f.

 "Labady détenu d’ordre du Roi au fort l’Evêque du 16 décembre 1766.

 " ayant fait extraire des dites Prisons le dit Sr Labady nous lui avons

" exposé dans la salle du concierge des dites prisons l'objet de notre mission,

" & il nous a dit que d'après cette mission, il voit que le motif pour

" lequel il a été arrêté est l'inquiétude que l'on a conçu de change-

" mens que lui & nombre d’autres des frères de la franc maçonnerie

" se sont proposés de faire pour le bien & l'honneur de l'ordre

" desquels changements il n'a été que l'instrument; mais qu'au

" surplus ces changements ne pouvaient rien avoir de dangereux

"ainsi qu'il sera possible de s'en assurer par les règlements

" qui heureusement se trouvent sous nos scellés, dont il n 'empêche

" la reconnaissance & les autres opérations par nous indiquées

" & offre de nous faire connaitre les papiers qui seront relatifs

" aux dites opérations (c’est à dire celles du S.C.S.M.L.E.)

" de distraction des papiers concernant le dit ordre.

" ...Examen fait des papiers y renfermés il ne s'y est trouvé

" que deux registres qui étaient destinés a la manutention de la

"franc maçonnerie. Quant au surplus des Papiers renfermés

" dans le d'paquet, ils ne se sont trouvés que lettres missives,

" bordereaux, états & décomptes, relatifs aux emplois que le

" dit Sieur Labady a eu dans les fourrages de l'armée; lesquelles

"pièces, comme nullement suspectes ont été remises par nous

" au d1 Sr Labady conformément au dit ordre. Mais il s'est

" trouvé un paquet cacheté..... &pour remplir notre mission

" nous avons fait l'ouverture du dit paquet, nous l'avons

" effectivement reconnu contenir. pour quoi il a été

" sur l'instant par nous renfermé dans le même paquet

" sur lequel, a la réquisition du dit Sr Labady.... nous

" avons apposé deux cachets en cire d’Espagne noire a nos

" armes, pour prouver & indiquer que sur l'instant de

"l'ouverture du d'paquet il a été par nous clos ouverture

" du d'secrétaire de campagne, le d'Sr Labady.... en a distrait

" en notre présence & nous a indiqué les papiers concernant

" la franc-maçonnerie; & quant au surplus des papiers

"personnels au d'Sr Labady, vérification par nous faite d'iceux

" & après qu'aucuns des dits papiers ne s’est trouvé suspects ils

" lui ont été par nous remis conformément aux dits ordres;

" & les dits papiers distraits concernant la dite franc-maçonnerie ayant

" été par nous réunis aux deux registres ils vont être cotés

" en notre présence & signés par chacun d'iceux par le dit

« Sr Labady.... suit la description des cordons & bijoux.....

" trente trois pièces tant Registres, que Statuts, lettres Missives

" & discours cotés & paraphés par le dit Sr Labady en notre

"présence & il les a déclarés être toutes pièces relatives

" aux nouveaux changements projetés dans la franc maçonnerie

" Plus cent quatre vingt trois pièces qui par continuation

" des trente trois ci devant énoncées, ont formé en totalité

" deux cent seize pièces cotés comme dit est en notre présence

" & chacune d'icelles signées & paraphées : de la totalité

" desquels effets & papiers saisis nous nous sommes chargés

" en exécution des d's ordres pour les remettre aux termes

" d'iceux entre les mains de mon dit Sieur le lieutenant général

" de police. " Signé le Bel Signé du Rocher.

          (fin de la note)

Maitre de ses papiers personnels, tous ceux de la Maçonnerie enlevés le R f Labady croyait jouir de quelque liberté : cependant il fallut remonter au secret ou il resta jusqu'au trente du même mois que le prehaut lui fut accordé.

Nous ne parlerons point des nouvelles manœuvres de ses ennemis qui l'étaient de la pureté du Nom de Maçon, des imputations étranges & insolites qui furent mises sur son compte, des mémoires que l'on exigea sur ses liaisons avec Salla & il nous suffira de dire sans crainte d'être démenties qu'alors il put écrire & faire entendre ses réclamations & que malgré les préventions de la diffamation la plus complète, la plus compliquée & la plus incompréhensible, IL FUT LIBRE le onze janvier suivant. Ainsi il demeura vingt cinq jours au secret & douze jours en prison, sans avoir besoin d'interrogation, même sur son nom, pour établir son innocence.

1767

Mort du f. Zambault – Démission du f. Moet

Dans cet intervalle la Grande loge ne s'était point assemblée, le f. Zambault Secrétaire gal mourut peu après la liberté du R. f. Labady qui fut assez généreux pour assister a ses funérailles et le f. Moet eut la pudeur d'envoyer sa démission de Président.

Le f. le Boucher de Lenoncourt nommé Second Grand Surveillant

Il n'y eut point encore d'assemblée en janvier & ce ne fut que le 4 février 1767 que la G.L. fut convoquée depuis l'assemblée du 15 novembre 1766. La on arracha des Chrs d’orient la Présidence & le Secrétariat général qu’ 'ils avaient destinés a leurs créatures & le f. le Boucher de lenoncourt y fut nommé Second Grand Surveillant. C'est ce même frère que le f. la Chaussée par un attentat sans exemple, se permit d’expulser de son autorité privée pendant la suspension des travaux de la G.L. en annonçant faussement que la G.L. l'avait rayé du tableau.

Les Chers d'orient, outrés de voir échapper de leur cercle le Secrétariat ainsi que la présidence & s’en prenant au R. f. Labady de l’avortement de leurs desseins, suscitèrent une de leurs machines le f. Ledin qui apostropha & injuria en G.L. le R, f. Labady en raison de la détention qu'il venait d'essuyer par leur fait, qui, outré de cette impudence & voyant que la maçonnerie ne pouvait lui en faire raison prit date de plainte chez un commissaire, les témoins ne manquaient pas : mais pour ne pas compromettre la Maçonnerie & priver ce frère d'une charge dont il venait de traiter dans la maison de Sa Majesté il voulut bien ne pas y donner de suite & c'est de cette indulgence du R. f. Labady que les Chevaliers d'orient ont voulu depuis arguer pour l'inculper: tant la métamorphose est étrange pour tout ce qui les touche.

Suspension des travaux de la Grande Loge : Premier motif

Le 21 du même mois assemblée générale convoquée est il dit par ordre Supérieur. Cette Délibération toute écrite de la main du f. la Chaussée ( comme la précédente de celle du f. Thierriat que nous remettrons sous vos yeux en d’autres moments. l'une comme l'autre sans mission le f. Bourgeois ayant été nommé Secrétaire Gal) il est dit : Avons délibéré en vertu des Ordres du Gouvernement qui nous ont été communiqués par nos T.C.f. de la Chaussée Grand Garde des archives & Ledin trésorier, que la T.R.G.L. de France suspendrait ses travaux jusqu'à des temps plus heureux.

Ces deux ff. en exhibant des lettres par lesquelles le Respectable Magistrat qui présidait alors a la Police de la Capitale les mandait pour leur parler, ils en induisirent & persuadèrent tous les ff. M.M. qu'ils avoient reçu les ordres les plus précis pour terminer les opérations Maçonniques : & le respect pour les ordres du Roi prévalant sur toute autre considération, le vœu général fut non seulement de cesser toutes fonctions mais de rompre les Sceaux, timbres, planche de constitutions & de certificat, pour donner au Magistrat une preuve que, s'il était possible que les français s'écartassent jamais de la plus parfaite soumission aux ordres du Monarque, la Grande loge de tous les Maçons n'en donneraient ni n'en suivraient pas l'exemple.

Quelque sage que fut ce vœu, il était trop contraire aux intérêts, aux vues des Chevaliers d'orient; pour qu'ils pussent y consentir : aussi le f. la Chaussée garde des Sceaux & des mêmes planches déclara t il qu'il n'en ferait rien : et comme la G.L. n'a d'exécuteurs de ses décrets que dans la volonté libre de ses membres, que l'on n'avait point encore appris la manœuvre de leur décret ni a les soupçonner d'infidélité ou de prévarication il fallut en passer par la.

Il y a plus; en sa qualité de Garde des archives il prétendait priver le Secrétaire Gal précédemment nommé du Registre des Délibérations de la G.L. qu'il fallut lui arracher des mains pour le remettre en celles qui dévaient légitimement le garder.

Dispensés nous S.S. & v. ff. de retracer les moyens qu'ils employèrent pour se procurer ce même registre qui leur tenait tant au cœur, & qui finit enfin par passer en leur possession jusqu'à la reprise des travaux de la G.L en 1771.

Le scandale est trop grand.

Second motif de la suspension de la Grande Loge

Ce ne fut qu'environ trois années après cette suspension surprise par eux que les ff. la Chaussée et le Roy annoncèrent cette suspension a toutes les loges du Royaume par une circulaire dans laquelle ils disent & font dire au très R. Substitut Général qu'ils trompent que c'est par ses ordres que les travaux de la G.L sont suspendus.

Ce ne sont donc pas les ordres du Gouvernement qui ont fait suspendre les fonctions de la G.L puisque le même frère qui a rédigé & écrit la délibération du 21 février 1767 qui dit en vertu des ordres du Gouvernement & a puisque le même frère disons nous rédige écrit et envoie a toutes les loges du Royaume le 30 octobre 1769 la circulaire par laquelle il annonce que cette suspension est par ordre du très R Substitut Général.

Que deux écrivains rapportent le même fait d'une manière différente, cela peut se concevoir; mais que le même, dans le même fait aussi important & a des temps si peu éloignés attribue au Gouvernement ce qui appartient au Substitut Gal de la maçonnerie ou attribue au Substitut Général ce qui appartient au Monarque, cela ne se conçoit pas facilement.

Les ff. le Roy et la Chausée remplissent seuls les fonctions de la G.L.

Quelques frères ont cru que les ff. la Chaussée et le Roy étaient trop fidèles sujets pour se permettre d'enfreindre les ordres de Sa Majesté, s’ils eussent été aussi réels qu’ils l’avaient annoncé le 21 février 1767 & se persuadaient d'autant plus facilement qu'il n'existait aucune défense de ce genre puisque les loges particulières se tenaient a l'ordinaire & que ces frères faisaient a parte tout ce que la GL. avait pu & pouvait faire. C'est a dire en délivrant des Constitutions, des tableaux, des certificats, même des brevets d'inspecteurs généraux ce que la GL ne s’était permis que deux fois; & faisant même au delà de ce que la GL s'est jamais permis de faire, en envoyant aussi pour de l'argent des copies de toutes sortes de grades aux différents frères qui en demandaient. Donc, disaient ils, la GL n ' a pas été suspendue par ordre du Gouvernement car quelle apparence que les ff. la Chaussée & le Roy par le canal desquels ces ordres ont été notifiés a la GL eussent pu se permettre de les violer aussi impunément, s'ils eussent été réels! Quelle était la nécessité le 30 Septembre 1769 aux ff. le Roy & la Chaussée d'annoncer a toutes les loges du Royaume que la GL avait suspendue ses travaux le 21 février 1767 par ordre du T.R Substitut Général tandis que la Délibération de ce jour 21 février 1767 rédigée & transcrite par le même f la Chaussée porte que les ordres du Gouvernement lui ont été notifiés & au f. Ledin pour que la GL suspende ses travaux jusqu'à des temps plus heureux!

Quelle était encore la nécessité, a cette même occasion, de donner aux jugements des 5 avril & 14 mai 1766 une publicité que la GL n'avait point ordonnée en joignant les noms des frères proscrits illégalement pour avoir réclamé contre la nomination illégale faite le 27 décembre 1765. A ceux des ci devant frères qui pour des faits particuliers a eux personnels avaient été précédemment rayés du tableau, sans que la G.L eut jamais ordonné d'en faire part aux loges du Royaume?

Quelle était enfin la nécessité pour ne pas dire la hardiesse d'y comprendre le R f. le Boucher de Lenoncourt qui fut nommé Second Grand Surveillant le 4 février en l'assemblée qui précéda celle du 21 ou la G.L. fut suspendue du fait. Ce qui est diamétralement opposé à la proscription du f. le Boucher de Lenoncourt annoncé par les ff. la Chaussée & le Roy ! Osons répéter ce qui a été dit sur cette nécessité?

La soif de l'or, joint au plaisir barbare de la vengeance ! en absorbant les fonds qu'ils usurpaient a la G.L par la multitude de leurs libellés dont ils se réservaient de se faire payer chèrement les copies qu'ils fabriquaient & en dénigrant ceux qui peut être auraient pu leur enlever la mine qu'ils cultivaient.

Les FF Proscrits élèvent autel contre autel

Les frères qui avoient été exclus par les délibérations des 5 avril & 14 may 1766 ne se crurent point assez coupables pour souscrire au jugement prononcée contre eux par leurs ennemis ou au moins par leurs rivaux : au contraire, ils répandirent une circulaire imprimée en date du 12 septembre 1766 qui annonçait qu'ils élevaient temple contre temple, autel contre autel, sous la présidence des ff. Peny & Duret & a laquelle la T.R.G.L ne fit aucune attention tant qu'elle fut en fonctions, au moyen de ce que les travaux de la G.L étaient suspendus, que l'injustice & l'illégalité des Décrets des 5 avril & 14 mai 1766 étaient universellement reconnues nombre de ff. Maîtres se réunirent a ce parti en préférant une hiérarchie quelconque à l'abâtardissement ou l'anéantissement dans lequel les ff. le Roy & la Chaussée avaient plongé la G.L & ce parti ainsi multiplié continuant ses travaux sans interruption jusqu'en juillet 1771 qu'il se confondit dans la G.L délivrait des constitutions, des certificats & entretenait une correspondance suivie avec les loges des Provinces qui avoient bien voulu la reconnaître pour G.L.

Ces mêmes frères enflés d'une correspondance au delà de ce qu'ils pouvaient en espérer & ayant reçu un paquet par la voye du Serenissime Grand Maitre d'auguste mémoire demandèrent audience au très R Substitut Général & crurent même l'avoir engagé à les Protéger. Mais que peut le bon sens de M.Guillaume contre la logique de l’avocat Patelin ?

Telle était la circonstance dans laquelle les ff. le Roy & la Chaussée se crurent permis de fabriquer la circulaire manuscrite du 30 octobre 1769. & de donner quoique sans mission de la publicité aux décrets de la G.L. des 5 avril & 14 mai 1766.

Croyons T.RF. que sans rivalité comme sans intérêt particulier, les ff. le Roy & la Chaussée n'ont donné cette publicité que pour arrêter les progrès d'un parti méconnu par la G.L. & sans nous appesantir sur les irrégularités, multipliées de cette circulaire, gémissons de ne pouvoir nous faire illusion sur l'énormité de la Proscription faussement annoncée contre le Second Grand Surveillant de la T.RG.L.

Eminence de l’office de Grand Surveillant

Si la personne des Surveillants dans une simple loge est assez Respectable pour être a l'abri de plaintes en loge, qui ne peuvent se présenter que par écrit & a la loge suivante aux termes des anciens Règlements & de l'esprit de la maçonnerie: combien plus respectable encore doit être la personne des Grands Surveillants de la G.L. ! & cependant deux frères seuls osent proscrire au nom de la G.L. qui était suspendue un des deux Grands Surveillants dont ils avaient voulu machiner la perte dès le 3 juin 1766 !

Quel champ vaste aux Réflexions affligeantes ! Mais, sans nous y arrêter pour ne pas augmenter le déchirement de vos âmes, suivons le Précis historique, & attendons-nous à d’autres faits non moins dévorants.

(La suite du manuscrit n’a jamais été retrouvée)

 

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