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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 13:54

Sept Maçons, dont trois au moins décorés du grade de Maitre peuvent obtenir des Constitutions, pourvu cependant qu’ils aient les qualités requises.

Leur demande doit être appuyée par une Loge de l’Orient où ils veulent élever leur temple ; à défaut, par celle la plus voisine.

Une Loge en demandant des Constitutions, doit faire choix d’un député et lui envoyer des pouvoirs.

Les frères qui veulent édifier un temple, se réunissent dans un local convenable. Là, ils choisissent le titre distinctif qu’ils veulent donner à la Loge, font un choix des Officiers dignitaires, nomment une commission chargée de faire un règlement ; verbalisent du tout ; consignent le procès verbal sur le livre d’architecture, en font faire une expédition, qu’ils joignent aux pièces dont l’envoi est commandé par les statuts généraux de l’Ordre.

LES PIECES

1° Extrait du procès verbal de la 1° Séance.

2° La demande formelle de Constitution.

3° Les pouvoirs du représentant près le G.O.

4° Le tableau des Officiers qui composent la Loge au moment de la demande, approuvé par une Loge du même Orient ; ou, à défaut par l’Atelier le plus voisin.

Les métaux.

MODÈLE DE PROCES-VERBAL DE 1RE SEANCE.

A. L. G. D. G. A. D. L.

AU NOM ET SOUS LES AUSPICES DU G. 0. DE FRANCE

Les soussignés, tous animés du désir d'élever un temple à la vertu ; réunis dans un lieu bien couvert, où règnent la paix et le silence, après avoir tous reconnu qu'ils appartenaient à l'Ordre Royal de la Maçonnerie, ont arrêté de s'adresser au G. 0. de France, à l'effet d'obtenir des Constitutions qui puissent régulariser leurs travaux. En conséquence, ils ont de suite procédé à la nomination des Off. dignitaires, nécessaires à leur tenue, par la voie du scrutin, qui, dépouillé, a donné la majorité des suffrages pour Vén. au F. (N.), pour 1er Sur. au F. (N.) ; pour 2e S. au F. (N.), pour Or. au F. (N.), pour Sec. au F. (N.), pour Aum. Hosp. au F. (N.). Tous ces dignitaires, après avoir prêté le serment, ont été installés, et ont pris place en leur qualité. Les autres Off.'. ont également prêté le serment requis.

Le V. a donné lecture des pièces d'architecture exigées par les statuts généraux pour obtenir des Constitutions ; elles ont été toutes sanctionnées en la manière accoutumée. Le Vén. (ou un F.', qu'on peut dénommer) propose pour titre distinctif à donner à la Royale L., celui de ......... Ce qui a été également sanctionné. Aucun des membres présents ne

connaissant à Paris un F. qui puisse représenter la L. , sur les conclusions du F. 0., il a été arrêté que ce choix serait déféré au G. 0., qu'en conséquence, des pouvoirs en blanc lui seraient envoyés ; qu'ils seraient annexés au présent procès-verbal, et transcrits sur le livre d'architecture avec les autres pièces.

N.B. Si quelqu'un propose un F.pour Représentant, et qu'il soit adopté, on en fait mention au procès-verbal.

Deux Commissions ont ensuite été nommées : l'une pour s'occuper de la rédaction d'un règlement, l'autre pour présenter le tableau à l'approbation des FF., composant la R. L..... à l'O. de …………

Aucun F., n'ayant demandé la parole, le Vén. a fermé les travaux en la manière accoutumée ; chaque F. se retira en paix.

Certifié par nous Off.'. de la R. L. de.....à l'O. de le.. jour du ..mois de l'ande la V. L. 58..

Timbré et scellé par nous                                                     Par mandement de la R.L.

Garde des Sceaux et Timbre, 

MODÈLE D'UNE DEMANDE DE CONSTITUTIONS.

A. L. G. D. G. A. D. L.

AU NOM ET SOUS LES AUSPICES DU G. 0. DE FRANCE.

LA L. ST.-JEAN, SOUS LE TITRE DISTINCTIF DE ;

AU G.'. O.'. DE FRANCE :

Salut! salut! salut!

TT. RR. FF.

Animés du désir de travailler régulièrement pour la gloire de la Maçonnerie et le bien général de l'humanité, nous vous prions de nous réunir au centre commun de tous les Maçons français, en nous accordant des Constitutions qui régularisent la L… élevée à l'O. de…sous le titre distinctif de… conformément à la délibération prise le... jour du..mois de la V. L.58.. dont extrait est ci-joint.

Attachés à vous par les liens de la fraternité, nous nous efforcerons de mériter votre amitié ; nous nous engageons dès à présent à nous conformer à vos règlements, notamment à fournir la contribution qu'ils exigent.

A l'O. de ... le ... jour du ... mois de l'an ...

MODÈLE DE POUVOIR DE REPRÉSENTANT D'UNE LOGE

 Extrait du Livre d'Architecture de la L. sous le titre distinctif de….à l'0. De….du.... jour du.... mois de l'an de la V. L.'58..

Le F. Or. a demandé que, pour satisfaire aux statuts et règlements du G. 0., il soit nommé un Représentant au G.0.

La matière mise en délibération, et les voix recueillies par le scrutin, la L. a nommé, pour la représenter au G. 0. de France, le T. C. F….. En conséquence, la L. a donné et donne au T. C. F. plein pouvoir d'agir au nom de la L., conformément aux statuts généraux du G. 0. de France, et des Constitutions particulières qu'il pourra lui envoyer suivant les circonstances, promettant d'approuver et d'exécuter tout ce qu'il aura approuvé ou promis au G. 0. au nom de la L.

Signature du V.

Signature du 2e Surv - Signature du 1er Surv.'.

Timbré et scellé. Par mandement

MODÈLE DE TABLEAU

TABLEAU DES FF. COMPOSANT LA L. ST-JEAN., SOUS LE TITRE DISTINCTIF DE L’...., A L'0. DE..., A L'ÉPOQUE DU 25°JOUR DU11° MOIS DE L'AN DE LA V. L. 58... 

                   NOMS                              QUALITES                                   NAISSANCE

de baptême.

de famille.

civiles.

maç.

Lieu.

Jour et mois.

An.

ADRESSE

DES FRÈRES

SIGNATURE

propria manu.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 14:51

OUVERTURE.

Pour tenir la Loge, il faut un Maître régulièrement constitué, deux autres pour remplir les fonctions de Surveillants, deux Compagnons & deux Apprentis, formant en tout le nombre de sept, au-dessous duquel on ne peut s'assembler, ni recevoir de Maçon.

Le Vénérable s'étant fait rendre compte par le F:. Secrétaire de l'heure indiquée par les planches de convocation pour la tenue de la Loge, & s'étant assuré qu'il est une demi-heure de plus d’écoulée, se place entre le Trône & l'Autel, frappe un coup de maillet que les Surveillants répètent, & dit :

F., premier Surveillant, je demande le silence pour l'ouverture de la Loge d'Apprenti.

Le premier Surveillant le dit au second, & chacun d'eux dit séparément :

Mes FF. le Vénérable vous invite au silence pour l'ouverture de la Loge d'App.

L'annonce finie, le Vénérable dit :

Mes FF. habillez-vous.

Ils le font, en observant pendant cette préparation, la décence due à la décoration du Temple.

Nota. S'il y a des Visiteurs , ils ne peuvent être admis qu'après l'ouverture de la Loge.

Lorsque les FF. sont habillés & placés suivant leurs Grades & Dignités, le Vénérable charge le Secrétaire de faire l'appel des Ouvriers sur le Tableau : quand il en manque , il demande aux présents , si quelqu'un d'eux est instruit des motifs de leur absence , & chargé de lui en rendre compte : s'ils n'ont pas fait parvenir de suffisantes preuves pour les excuser, certain que la planche de convocation leur est parvenue , il les impose à l'amende fixée par les Statuts particuliers de la Loge.

Le Vénérable frappe un coup de maillet qui est répété par les Surveillants, & dit :

FF. premier & second Surveillants, engagez les FF., de vos Colonnes à se tenir à l'ordre, pour m'aider à ouvrir la Loge d'Apprenti.

Les Surveillants répètent, en disant alternativement : FF. de ma Colonne, le Vénérable vous invite à vous tenir à l’ordre, pour l'aider à ouvrir la Loge d'Apprenti.

Le Vénérable fait les questions suivantes au premier Surveillant:

D. Quel est votre premier devoir ?

R. De voir si la Loge est bien couverte.

D. Assurez-vous-en mon F.

Le premier Surveillant le dit au second qui le répète au Garde des Portes ; celui-ci ouvre la porte en passant la pointe de son glaive ; la referme , met la clef dans sa poche , frappe trois coups sur l’épaule gauche du second Surveillant, se met à l'ordre, & lui dit :

Nous sommes couverts, j'en réponds.

Le fécond Surveillant frappe un coup de maillet & le répète au premier ; celui ci frappe également un coup de maillet, qui est répété par le Vénérable, & lui dit:

R. Vénérable nous sommes couverts.

Celui-ci dit: Puisque la Loge est couverte, F, 1.er dites au F. 2.d Surveillant de me faire passer par sa Colonne les signe, attouchement, parole &. mot de passe, & vous en ferez de même par la vôtre, afin de nous assurer que nous sommes ici tous FF.

Les Surveillants exécutent l'ordre, en exigeant que le F. qui est à leur droite, leur donne les signe, & celui-ci de son voisin & ainsi successivement, & de manière qu'un F. ne les reçoive qu'après les avoir donnés à un autre.

Le tout étant parvenu jusqu'au Vénérable, il dit :

FF. premier & second Surveillants, les signe, attouchement, parole & mot de passe, m'étant parvenus jutes, louons le G. A. de l'U. de ce qu'il ne s'est glissé aucun Profane parmi nous, & dites aux FF. de vos Colonnes de faire attention à l'instruction que je vais donner pour l'ouverture de la Loge d'Apprenti.

Les Surveillants en font l'annonce, & le Vénérable continue, en disant :

D. F. 1° Surveillant, êtes-vous Maçon ?

R. Mes FF. & Compagnons me reconnaissent pour tel.

D. Quel est le devoir des Surveillants ?

R. D'examiner si les FF. sont à l'ordre sur leur Colonne.

D. Y sont-ils ?

Le premier Surveillant demande au second, si les FF. de sa Colonne sont à l'ordre, celui-ci ayant répondu qu'oui, le premier dit :

R. Vénérable tous les FF. sont a l'ordre.

D. Quel est le devoir d'un Maçon en Loge ?

R. Obéir, travailler & se taire.

D. Quel est le devoir d'un Maçon hors de la Loge ?

R. De remplir ceux de l'état dans lequel le Ciel l'a placé.

D. A quelle heure s'ouvre la Loge d'Apprenti ?

R. A midi.

D. Quelle heure est-il ?

R. Midi.

Le Vénérable frappe un coup de maillet, qui est répété par les Surveillants,& dit :

A l'ordre & debout, mes FF.

Il se lève ainsi que tous les FF.' & dit:

Puisque la Loge est juste & parfaite, que tous les Maçons sont à l’ordre, qu'il est Midi, & que c'est à cette heure que commencent nos Travaux , FF. premier & second Surveillants, avertissez les FF. de vos Colonnes que la Loge d'Apprenti va s'ouvrir en la manière accoutumée.

Les Surveillants en font l’annonce, ensuite le Vénérable frappe fur le Trône, les trois coups mystérieux , qui sont répétés par les Surveillants, & dit:

A moi, mes FF.

Tous ayant les yeux sur le Vénérable qui les guide, font le signe d'App. & applaudissent par la batterie de ce Grade.

Enfin le Vénérable dit :

Mes FF.-, les Travaux font ouverts, reprenez vos places.

Les Surveillants en font l’annonce. Le Vénérable frappe un coup & s’assied, les Surveillants en font de même, & tous les FF. reprennent leur place,

Ici le Vénérable dit au Secrétaire : F. Secrétaire voulez- vous bien nous faire la lecture de la planche tracée dans nos derniers Travaux.

FF. premier & second Surveillants, invitez les FF. de vos Colonnes à prêter attention à cette lecture?

Les Surveillants répètent cette invitation, & le F. Secrétaire fait lecture de la planche.

Le Vénérable dit:

FF. premier & second Surveillants, invitez les FF. de vos Colonnes à faire leurs observations sur la rédaction de la planche tracée dans la dernière Assemblée , dont ils viennent d'entendre lecture.

Les Surveillants en font l'annonce; si des FF. font quelques observations justes, le Vénérable y a égard, dans le cas contraire il dit: FF. premier & second Surveillants invitez les FF. de vos Colonnes à se joindre à moi pour donner la sanction à la planche de nos derniers Travaux, & applaudir au zèle du F. Secrétaire.

Les Surveillants font l’annonce, & le Vénérable dit:

A moi mes FF. ?

Tous guidés par le Vénérable, font le signe & applaudissent en la manière accoutumée.

Le Secrétaire, après en avoir obtenu la permission, remercie, & la Loge couvre ses applaudissements.

Nota. C’est ici qu'on introduit les Visiteurs.

RÉCEPTION.

On ne pourra présenter un Candidat à la réception, qu'il n'ait été préalablement balloté dans trois Loges régulièrement assemblées, à moins que pour certaines causes, le Vénérable & la Loge ne jugent à propos de l’en dispenser, en passant cette fois sur les formalités ordinaires.

Il faut deux boules noires pour l'exclure, s'il ne s'en trouve qu'une, l'opposant est obligé d’alléguer en secret ses raisons au Me., qui après les avoir pesées avec les Surveillants, les reçoit ou les récuse.

Quand on délibère par la voie du scrutin, cela s'opère dans l'ordre suivant:

Un Expert porte à chaque F. une boule noire & une blanche, un autre Expert présente le scrutin, & chaque F. y met une desdites boules, à son choix,

Nota. Avant de commencer le Scrutin, le Vénérable prie le Parain de se retirer dans la chambra des pas perdus.

Si après trois scrutins, il se trouvait constamment trois boules ou trois fèves noires, le Candidat serait renvoyé à perpétuité, si au contraire les trois scrutins sont favorables à l’aspirant, on fait rentrer le Parain, qu'on en informe, & on prend jour pour la Réception.

Le Vénérable dit :

D. F1er. Surveillant, pourquoi sommes-nous assemblés ?

R. Pour la Réception d'un Profane qui demande d'être initié à nos sacrés mystères.

Le Vénérable continue, en disant :

Mes FF. dans l'assemblée du... le F...nous a proposé le Profane ...en conséquence nous avons nommés les FF...Commissaires pour prendre les informations nécessaires, & suivant le rapport qu'ils nous ont fait de ses mœurs & qualités sociales, rien ne m'a paru contraire il son admission, pas même le scrutin, ayant été balloté à l'ordinaire, ce qui me fait présumer, que l'ordre fera en, lui l’acquisition d'un bon F.

S'adressant au Parain :

D. Mon F. savez-vous s'il persiste à être reçu Maçon, & si, à cet effet, il s'est rendu près le Parvis du Temple ?

R. Oui, très-Vénérable, il n’attend que l'agrément de la Loge, à qui j'ai l'avantage de le proposer, pour participer à nos mystères, & je suis prêt à remettre, entre les mains du Trésorier, le montant des frais fixés par nos Statuts.

Le Vénérable dit :

F. Ier. Surveillant proposez à la Loge le Profane pour être aujourd'hui initié à nos mystères.

Le premier Surveillant répète, ensuite le second.

Tous les FF. donnent le signe d’approbation, ce qui se fait en étendant l'a main sur le Tableau.

S'il y a des opposants, ils se lèvent, se mettent à l’ordre, demandent la parole au Surveillant de leur Colonne, & disent leurs raisons, alors on juge si elles sont fondées par les Statuts.

Après le consentement unanime & l’applaudissement général, le Vénérable dit au Parain :

Mon F. remettez entre les mains du Trésorier la taxe fixée par nos Statuts.

Nota. Ici on envoie un F. mettre le Récipiendaire en réflexion.

Puis s'adressant au F. Terrible,

Mon F. rendez-vous dans la chambre de réflexion pour y prendre le Candidat, que vous conduirez les yeux bandés dans la chambre de préparation , assurez-vous de sa persévérance, en lui faisant les remontrances convenables : laissez-le quelque temps seul, vous reviendrez ensuite le dépouiller de ses métaux, vous lui ferez ôter son chapeau , & gardant le silence le plus imposant, ne répondant à aucunes de ses questions, vous l'aiderez à ôter son habit & sa veste ; vous aurez soin de mettre à nu, son bras gauche & son genou droit, & après lui avoir fait mettre son soulier gauche en pantoufle, vous le ferez voyager dans le plus grand silence , ne lui parlant que pour le faire baisser , ou pour lui faire lever les pieds de temps à autre, & vous l’amènerez ensuite à la porte de la Loge où vous frapperez trois grands coups à égale-distance.

Le Vénérable fait donner la sortie au F. Terrible qui va exécuter l'ordre & qui amène ensuite le Candidat à la porte du Temple, où il frappe comme ci-dessus.

Le Tuileur y répond en Maçon, le F. Terrible frappe une seconde fois, le Tuileur fait son rapport qu'on frappe en Profane, cela parvient au Vénérable, qui dit :

Faites voir quel est ce téméraire ?

Ceci étant revenu au Tuileur, il va à la porte, frappe trois coups, le F. Terrible y répond par un seul coup, le Tuileur entrouvre la porte, présente la pointe de son glaive en-dehors, & demande qui c’est?

Le F.'. Terrible répond :

C'est un Profane qui demande à être reçu Maçon.

La réponse étant parvenue au Vénérable il dit :

F. 1er. Surveillant, faites-lui demander son nom , son âge , sa qualité & lieu de sa naissance.

Apres avoir satisfait à cette réponse, le Tuileur ferme la porte avec violence, & rend compte en la manière accoutumée.

Le Vénérable s'adressant toujours au premier Surveillant, dit :

Demandez-lui si ce n'est pas par esprit de curiosité ou à l'instigation de quelqu'un qu'il vient ici, s'il est bien préparé, & quel est son répondant ?

Quand l’Aspirant a satisfait à ces questions, le Vble demande au Parain, sur sa parole de Maçon, s'il reconnaît dans ce Profane toutes les qualités requises , & s'il en répond.

D'après la réponse du Parain, le Vénérable, demande à la Loge:

Mes FF. consentez- vous qu'on fasse entrer le Profane?

Nota. Tous les FF.', étendent la main sur le Tableau.

Le Vénérable dit :

F. 1er. faites donner au Profane l’entrée du Temple en la manière accoutumée.

Celui-ci le répète au second Surveillant qui le dit au Tuileur.

Le Tuileur ouvre brusquement la porte & le premier Surveillant dit :

Où est ce Profane, qu'on me le livre ?

Alors le F. Terrible le pousse dans les bras du second Surveillant, qui l'enlève & le porte entre les deux Colonnes où étant, le premier Surveillant lui frappe sur l’épaule, en disant :

Quel est cet homme ?

Le F.'. Terrible répond :

C'est un Profane qui demande à être reçu Maçon.

Le second Surveillant lui frappe de même, &. &.

Nota. Pendant ceci, on entend quelquefois le tonnerre, qui ne dure qu'un instant.

On fait tenir au Récipiendaire la pointe d'un glaive avec le pouce & l'index sur

le cœur , & après un moment de silence pendant lequel les FF. laissent tomber trois fois les mains fur leur tablier, les Surveillants frappent sur le maillet l'un de l’autre, & font parvenir au Vénérable que le Profane est introduit.

Le Vénérable dit:

Comment, mes FF., osez-vous présenter

Un profane dans ces lieux sacrés.

D. Que demandez-vous, Monsieur, & quel est le sujet qui vous fait entrer ici dans l'équipage où vous êtes ?

R. Je demande à être reçu Maçon.

D. Savez-vous que pour être reçu Maçon il faut contracter des engagements très-difficiles à remplir, y êtes-vous disposé ?

R. Oui, Monsieur.

D. Quel motif vous engage a demander à être reçu Maçon;

R…..

D. Ne serait-ce pas plutôt, Mr. par un esprit de curiosité, pour découvrir nos mystères; je ne vous cache point qu'un pareil motif nous annoncerait une légéreté qui suffirait pour vous exclure, sondez votre cœur, & voyez s'il n'a pas été porté vers nous par un motif plus louable, dites-nous avec franchise quel sont vos sentiments ?

R…….

D. Vous ne répondez pas aussi clairement que nous le désirerions ; n'avez-vous pas ou plutôt ne croyez-vous pas avoir quelques connaissances de nos secrets , si cela est , il nous est important de le savoir, & il faut absolument nous l'avouer.

R.......

D. Comment pouvez-vous vous résoudre à contracter des engagements sans savoir où ils vous conduiront ; avouez, Monsieur, que cela annonce une frivolité dont nous devons nous défier , si vous vous donnez la peine d'y réfléchir , vous en conviendrez vous-même ?

R.......

D. Est-ce le désir d'être admis dans une société , que vous croyez n'être composée que de gens honnêtes?

R. Oui, Monsieur.

D.Cette raison, toute futile qu'elle est ne peut nous paraître absolument condamnable, mais pour être admis parmi nous, il faut nous donner des preuves que vous en êtes digne, & je vous avertis que le prix que nous y mettons est plus grand que vous ne pensez ; réfléchissez encore avant de rien entreprendre ?

 

D. Quelle idée vous faites-vous de la Maçonnerie, & qui vous a engagé à vous présenter ?

R......

D. Ne Vous êtes-vous jamais avisé de mal parler de la Maçonnerie?

R.........

D. Vous allez subir des épreuves que beaucoup de gens bien déterminés n’ont pu soutenir; consultez - vous , réfléchissez-bien avant que de vous y exposer ?

R ................

D. Savez-vous ce que c'est qu'un Maçon ?

R..........

D. Puisque vous persistez, je vais vous expliquer ce que c'est qu'un Maçon.

C’est un homme libre , c'est-a-dire, dégagé des préjugés, n’imaginer-pas que votre état soit un titre pour entrer dans notre Ordre , les rangs, les dignités, les biens ne donnent ici aucun privilège; parmi nous tout est confondu, l'égalité en est la base ; le Prince , le sujet, le riche & l'indigent participent à nos faveurs de la même manière , & nous ne faisons entre eux, d'autre distinction que celle que produit la vertu ; c'est ici son Temple , & l'on ne peut y parvenir que par le moyen des qualités sociales : les principes de notre société dans laquelle vous désirez entrer , sont de rendre les hommes meilleurs , avant de les élever aux connaissances qu'elle renferme ; ainsi , il faut vaincre ses passions, soumettre ses volontés , être charitable , fuir la médisance, la calomnie & l'intempérance; nous avons les uns pour les autres la politesse la plus prévenante, nous respectons la Religion & les Lois, nous chérissons nos Souverains ; voilà, Monsieur, quelle est notre doctrine, vous sentez-vous disposé à la pratiquer?

R. Oui, Monsieur.

D. Je conçois que rien n'est plus aisé en apparence que la pratique de toutes ces vertus, mais comme il n'est que trop Vrai qu’on y déroge tous les jours, le peu de solidité d'ailleurs qui a paru dans toutes vos réponses, nous force, je ne vous le cache pas, à prendre envers vous les plus grandes précautions avant de vous admettre. Pour commencer, Monsieur, il faut qu'un F. nous réponde de vous, & nous assure qu'il vous connaît toutes les qualités que nous exigeons, & qu'il se rende par conséquent caution de tout ce que vous ferez par la fuite ; en connaissez-vous qui veuille vous rendre cet office ?

R. Je connois le F. . . . . .

D. Le F.. ...... où est-il .... il n'est point ici . . . . il a sans doute-prévu ce qui est arrivé, que vous le réclameriez, & ne veut probablement pas se charger de répondre de vous .... cela n'est pas fait pour nous donner de la confiance, jugez-en vous-même. ... Y a-t’il quelqu'un parmi vous, mes FF., qui connaisse assez particulièrement Monsieur, pour assurer qu'il a toutes les qualités que nous exigeons.

Nota. Tout le monde garde le silence.

Personne ne veut répondre de vous, Monsieur,. . . . pour y suppléer, nous ne pouvons nous dispenser de vous faire subir les épreuves les plus difficiles & les plus rigoureuses. Vous sentez-vous, assez de fermeté & de confiance pour exécuter ce que l'on va exiger de vous ; vous êtes encore libre de vous retirer, persistez vous ?

R. Oui, Monsieur.

D. Mes FF. consentez-vous qu'il fasse son premier voyage ? Si un seul s'y oppose qu'il parle?

R. On étend la main sans, frapper

D. Qu'on l'abandonne à son malheureux sort.

R. On le laisse un instant sans le toucher, en observant le silence.

Ensuite le Vénérable dit :

F. Expert faites- lui faire son premier voyage en le faisant passer par le Nord, l'Orient, le Midi & l'Occident, vous lui ferez traverser la voûte d'acier & celle de feu.

On lui fait faire une fois le tour de la Loge; après quoi le F. Expert dit que le Récipiendaire n’est pas encore dans la bonne route, & les Surveillants annoncent au Vénérable que le premier voyage est fini.

D. Persistez-vous, Monsieur, il est encore temps, vous pouvez renoncer à votre entreprise avant que les épreuves commencent, & aller raconter dans le monde ce que vous avez appris jusqu'à présent ?

R..........

D. Je ne vous cache pas qu'il est très-possible que vous ne puissiez pas supporter toutes les épreuves jusqu'à la fin , vous ne seriez pas le premier à qui cela serait arrivé, & dans ce cas, il vaudrait mieux ne pas les tenter, voulez-vous vous y soumettre ?

R. Oui…

D. Puisque vous le voulez, nous allons commencer par vous demander un gage de votre fidélité ; il ne s'agit de rien moins que nous donner de votre sang, y consentez-vous, Monsieur ?

R. Oui,

Le Vénérable dit :

Qu'on le saigne . . . , . De quelle partie du corps voulez-vous être saigné, il est ordinaire que ce soit du bras.

R........

Qu'on le saigne donc au bras.

D. F. Expert arrêtez. ... Il est des circonstances, Monsieur, où une saignée peut être très-dangereuse, dites-nous si vous êtes en état de la supporter ?

R. Oui, Monsieur.

Le Vénérable, dit :

F. Expert continuez votre office, faites lui une légère incision & ne l'estropiez-pas comme vous avez fait le dernier.

Le F. Expert exécute l’ordre, & le Vénérable continue en disant :

Assez, car il pâlit, & je vois d'ici qu'il est prêt à se trouver mal. Qu'on mette de côté ce qu'il faut de son sang pour faire sa signature ; et le reste, qu'on le mette dans un vase.

D. Monsieur, vous sentez- vous assez de courage pour boire votre sang.

R, Oui, Monsieur.

Qu'on le lui donne.

Plusieurs FF. crient grâce !.... le Vénérable frappe un coup de maillet, & dit :

J'y consens, mais il ne peut se dispenser de boire le calice d'amertume.

On crie grâce après que le Récipiendaire a goûté la potion.

Le Vénérable frappe un coup de maillet, & dit :

J'y consens.

Puis adressant la parole au Récipiendaire.

Actuellement, Monsieur, préparez votre âme à la plus grande fermeté.

D. Consentez-vous, mes FF.' , qu'on lui fasse faire un second voyage ?

R. On étend la main sur le Tableau,

F. Terrible conduisez le Profane, faites-lui parcourir les lieux les plus élevés, les souterrains les plus profonds & les plus ténébreux, qu'il connaisse les châtiments que nous réservons aux parjures. Qu'il aille.

Pendant ce voyage, tous les FF. remuent leur tablier, &offrent des difficultés au Candidat, que le F. Terrible lui fait surmonter ; celui-ci le conduit sans qu'il s'en aperçoive , dans un lieu éclairé par une lampe obscure, où il lui débande les yeux & lui fait voir, soit un homme pendu ou roué, soit une tête tranchée.

Apres lui avoir donné le temps d'examiner ces différents objets, il lui rebande les yeux & le ramene dans la Loge entre les deux Surveillants, où étant parvenu, ceux-ci frappent un coup de maillet & annoncent au Vénérable que le Profane commence à être dans le vrai chemin.

Le Vénérable s’adressant au Récipiendaire, dit :

D. Rendez- nous compte, Monsieur, des objets qui vous ont frappé & de l'impression qu'ils ont fait sur votre âme ?

R.......

D. Tout ce qu'on vous a fait jusqu'à présent n'est encore rien ; vous n'êtes pas encore aux épreuves que je vous ai annoncées, je vous en avertis. Vous pouvez vous retirer si vous le jugez à propos, mais il viendra un moment, où vous le voudriez, & où il ne sera plus temps. Persistez-vous ?

R. Oui, Monsieur.

D. Nous avons, Monsieur, pour nous reconnaître entre nous, un usage; c'est de nous appliquer le cachet de l'ordre fur une partie du corps ; où voulez-vous l'avoir ?

R………….

On lui applique une bougie encore échauffée sur la partie du corps qu'il a désignée,

Le Vénérable dit :

D. Est-il bien marqué ?

R. Oui, Vénérable.

D, Mes FF. consentez-vous qu'il fasse son troisième voyage ?

R. On étend la main sur le Tableau.

Le Vénérable dit :

Qu'on lui fasse faire le troisième voyage ; Qu'il aille , qu'il cherche la lumière.

Le F.'. Expert le fait voyager en silence, comme ci-dessus.

Pendant ce voyage on le purifie par le feu.

Le Récipiendaire étant de retour à l'Occident, les Surveillants frappent un coup de maillet, & disent que le troisième voyage est fait.

Le Vénérable dit au Récipiendaire:

Les flammes par lesquelles vous venez de passer, Monsieur, sont le complément de votre purification : puisse le feu matériel dont vous avez été environné , allumer à jamais dans votre cœur l'amour de vos semblables ! que la charité préside à vos paroles & à vos actions, & n'oubliez jamais ce précepte d'une morale sublime : ne faîtes pas à autrui et que vous ne voudriez pas qu'on vous fit à vous - même.

La confiance que vous venez de montrer dans vos trois voyages, nous fait espérer que vous supporterez de même les épreuves qui vous restent à subir.

D. Persistez-vous ?

R. Oui, Monsieur.

Puisque vous persistez, je dois vous dire qu'une des vertus dont la pratique nous est la plus chère, c'est la bienfaisance. J'ai vu , avec douleur , par votre testament qu'on m'a remis, que vous ne pensez pas a cet égard , comme nous, car il n'y est point fait mention des pauvres ; je veux bien croire que c'est un oubli involontaire , & je me flatte que vous allez y suppléer. En voici le moyen : Pouvez- vous sans vous gêner sacrifier au profit des pauvres, que nous assistons journellement, l'argent & le produit des bijoux qui vous appartiennent & qu'on m'a remis ?

Prenez garde, Monsieur, a la réponse que vous allez me faire : je sollicite un acte de charité & non d’ostentation, cette charité que je vous recommande cesse d'être une vertu, lorsqu'elle est faite au préjudice de devoirs plus sacrés & plus pressants : des engagements civils à remplir ; des enfants à élever, des parents à soulager; voilà les premiers devoirs que la nature nous impose.

J'ai voulu Vous éclairer sur les obligations communes à tous les hommes. Je reviens

maintenant à ma première proposition;

D. Pouvez-vous, sans blesser aucun de ces devoirs, sacrifier au profit des pauvres, tout ou partie de l'argent & du produit des bijoux qui vous appartiennent.

R.........

Nota, Le Vénérable agit d'après la réponse du Récip.

Le Vénérable dit.

F.'. Maître des Cérémonies faites avancer le Profane au pied du Trône.

Quand il est parvenu près de l'Autel, le Vénérable lui dit :

Arrêtez, Monsieur, . ... je ne vous ai pas tout dit ... . L'épreuve qui vous reste à faire est la plus forte de toutes…. ce que vous avez fait n'est rien en comparaison..... Jusqu'à présent vous avez été le maître de vous retirer, vous le pouvez encore, mais cet instant est le dernier, après lequel vous n'en aurez plus la liberté.

D. Persistez-vous ?

R. Oui, Monsieur.

La dernière épreuve est celle qui doit être d'un plus grand prix à vos yeux, c'est le serment le plus sacré qui va vous lier à nous pour jamais, dans lequel il n'y a rien de contraire à votre Religion , à votre Souverain , à l'Etat & aux bonnes mœurs.

D. Consentez-vous, Monsieur, à prononcer cette obligation avec moi ?

R. Oui, Monsieur.

Nota. Ici le Vénérable peut lui faire un discours succinct sur les qualités nécessaires aux Maçons.

Le Récipiendaire met le genou droit sur le coussin placé au pied du Trône, la main droite sur la Bible ou l’Évangile, tenant de la main gauche un compas en forme d’équerre, dont il appuie une des pointes sur la mamelle gauche, la lame d'un glaive au dessous de la main droite qui est sur l'Évangile, en cet état, il prête l'obligation suivante.

OBLIGATION.

Moi N. . . je promets devant le G. A. de l'U. qui est. Dieu, & donne solennellement ma parole d'honneur en présence de cette respectable Assemblée, de ne jamais révéler le secret des Maçons & de la Maçonnerie , tant ceux que je sais, que ceux que je saurai à l'avenir , qu'en Loge réglée ou à un F. après un rigoureux examen, & qu'il m'aura donné les signes non équivoques de sa qualité de Maçon ; comme aussi de ne jamais le révéler par écrit ou de vive voix, ni tracer, ni graver, ni peindre, ni manifester de quelque manière que ce puisse être ; d'aimer & secourir mes FF. dans leurs besoins, de mon bras, dé mes conseils & de .ma bourse, suivant mes facultés, d'admettre une parfaite égalité, & de ne faire d'autres distinctions entre eux, que celle que produit la vertu; & en cas d’infraction , je consens d'avoir la gorge coupée, la langue arrachée , le corps brûlé & réduit en cendres, pour être jetées au vent, afin qu’il ne soit plus fait mention de moi parmi les hommes.

Que le G. A. de l'U me soit en aide.

Le Vénérable frappe légèrement trois coups sur le compas, & dit au Récipiendaire :

Levez-vous, Monsieur, ... je vous préviens que nous lisons au fond des cœurs.... Répondez a ce que je vais vous demander.

D. Votre engagement est-il sincère, est-ce le zèle ou la curiosité qui vous a excité a vous faire recevoir Maçon ?

R. C'est le zèle.

Le Vénérable dit :

Il nous en impose, mes FF., faites le voler hors du Temple.

Le Me'. des Cérémonies & un Expert l'enlèvent & le portent à l'Occident entre les deux Surveillants.

Les FF.', laissent tomber leurs mains sur leur tablier, & après un moment de silence, le Vénérable dit au Récipiendaire;

D. Que demandez vous, Monsieur ?

R. La lumière.

D. Mes FF. y consentez-vous ?

R. On étend la main sur le Tableau.

Le Vénérable dit ;

Qu'on lui donne la lumière au troisième coup de maillet, il y a assez longtemps qu'il en est privé.

Le Me. des Cérémonies lui prépare, le bandeau, & le Vénérable frappe trois coups séparés. Au premier, tous les FF. se lèvent & se mettent à l'ordre.

Au second, ils font le signe avec le Vénérable, & mettent tous le glaive à la main , dont ils présentent la pointe au cœur du Récipiendaire.

Au troisième, le Me. des Cérémonies laisse tomber le bandeau, & l'on fait paraitre une grande clarté.

Après un instant de silence, pour laisser au Récipiendaire le coup d'œil frappant de la Loge,

Le Vénérable lui dit : Monsieur, les glaives que vous voyez dirigés vers vous, vous annoncent que tous les Maçons voleront à votre secours, dans toutes les circonstances, si vous respectez l’union Maçonnique, & si vous observez scrupuleusement nos lois ; mais aussi ils vous annoncent que vous ne trouverez parmi nous, que des vengeurs de la Maçonnerie & de la vertu, & que nous serions toujours prêts à punir le parjure, si vous vous en rendiez coupable.

Demeurez fidèle à l'engagement que vous venez de contracter, & que vous allez réitérer entre mes mains.

Le Vénérable ajoute :

F. Maître des Cérémonies, faites avancer le Néophyte par trois pas d'Apprenti;

Le Me. des Cérémonies l'ayant fait parvenir ail Trône par les trois pas d’ Apprenti , le fait mettre à genoux comme la première fois.

Le Vénérable lui fait répéter son obligation, en débutant par :

Maintenant que je suis libre de tous mes sens , je promets , &.

Après cette obligation, le Vénérable frappe légèrement trois coups de maillet sur la tête du compas, que le Récipien

daire a tenu sur sa mamelle gauche pendant qu'il prétait sonn obligation, & lui dit: Apprenez par la justesse du compas, à diriger tous les mouvements de votre cœur vers le bien.

Le Vénérable retire le glaive de dessous la main du Récipiendaire, en pose la lame sur sa tête, & dit :

Mes FF. aidez- moi à constituer un Apprenti.

Tous les FF. se lèvent & mettent te glaive en main, ensuite le Vénérable dit :

A la gloire du G. A. de l'U. au nom du grand O. de France, sous les auspices du S. G. Maître, & en vertu des pouvoirs qui m'ont été confiés par cette R. L. je vous reçois & constitue Apprenti Maçon.

Au même instant il frappe sur la lame du glaive trois fois trois petits coups de maillet, suivant la batterie ordinaire.

Le Vénérable frappe un coup de maillet qui est répété par les Surveillants, & tous les FF. reprennent leur place, il fait ensuite relever le Néophyte, & lui dit :

Allez-vous habiller.

Nota. Ici le Vénérable suspend les Travaux jusqu'au retour du Néophyte, ou traite des affaires de la Loge.

Dès qu'il est de retour, te Vénérable remet les Travaux en activité, & dit au Maître des Cérémonies :

Faites avancer le Néophyte a l'Orient par trois pas d'Apprenti.

Le Me. des Cérémonies le conduit au Trône, à fa droite du Vénérable par trois pas d'Apprenti, après lui avoir fait monter les trois premiers degrés du Temple.

Dès qu’il y est parvenu, le Vénérable lui dit : L'engagement que vous venez de contracter vous lie avec tous les Maçons répandus sur la surface de la terre & de l'onde ; c'est avec le plus grand, comme avec le plus petit, que vous allez partager les avantages de cette illustre Société, qui les unit tous ; ils changeront vis-à-vis de vous & vous vis-à-vis d'eux, le nom profane-de Mon sieur en celui de Frère, infiniment plus doux à nos cœurs.

Permettez moi de vous donner les premières marques de fraternité en vous embrassant par trois fois.

En lui donnant le Tablier.

Ce tablier, que nous nommons, notre habit, doit vous décorer chaque fois que vous, irez en Loge.

En lui donnant les, Gants d'homme.

Vous porterez aussi ces, gants blancs, pour vous marquer que nos Travaux sont purs, que la candeur en est le symbole, & que vous ne devez jamais tremper vos mains dans l'iniquité.

En lui donnant les Gants de femme.

On vous donne aussi des gants de femme, pour vous prouver le respect, l'attachement que nous avons pour le plus bel ouvrage du Créateur, ils doivent éloigner de votre esprit toute idée de volupté , ainsi mon F., ne profanez point ceux-ci, & ne les destinez qu'à celle qui aura encore plus de droit sur votre estime, que sur votre tendresse.

Le témoignage du F.... qui vous a présenté, les informations faites sur votre compte, la confiance que vous avez montrée dans vos épreuves, vous ont enfin valu l'avantage d'être admis parmi nous, : il faut à cet effet vous révéler les secrets, que le Grade que vous venez de recevoir, vous met en droit de connaitre.

La Maçonnerie se gouverne par trois, les Maçons se distinguent de ceux qui ne le sont pas, par un signe, un attouchement , une parole & un mot de passe, c'est par-là qu'ils se reconnaissent entre eux.

SIGNE.

Le signe des Apprentis se fait en portant la main droite, les doigts étendus, le pouce en équerre à la gorge, la retirant horizontalement jusqu’a l'épaule droite, & la laissant tomber perpendiculairement , ce qui forme une équerre. Ce signe vous rappelle une partie de votre obligation, par laquelle vous consentez d'avoir la gorge coupée si vous révéliez, nos mystères, puisque c'est la punition que nous nous sommes imposée en cas d'infraction.

ATTOUCHEMENT.

L'attouchement se fait en se prenant mutuellement la main, de manière que les quatre doigts de chacune, soient dans la paume de la main de l'autre, & on pose le pouce sur la première phalange, ou jointure de l'index de l'autre : on frappe ou plutôt on lui fait sentir, par un mouvement invisible , trois coups avec le pouce sur la jointure, donc deux précipités & un lent.

PAROLE,

Cette attouchement demande, une parole qui est J.…

Pour éviter toute surprise, on ne la dit jamais en entier, on en épèle alternativement chaque lettre ; comme par exemple ......

Il signifie la sagesse est en Dieu.

MO T DE PASSE,

Nous avons aussi un mot de Passe qu'on, demande à la porte de toutes les Loges, à ceux qui se présentent pour entrer.

Ce mot est T…..

C’est le nom du premier ouvrier en métaux.

MOT DE SEMESTRE,

Nous avons également un mot d'ordre qui nous est envoyé chaque semestre par le G. 0.

Ce mot est.......

Nota. Le Vénérable ne doit lui donner ce mot qu'à l'oreille.

Vous ne devez jamais le donner qu'en Loge ; il sert a distinguer les Maçons réguliers d'avec ceux qui ne le sont pas.

Enfin , mon F., vous avez , comme Apprenti, trois ans & plus.

Le Vénérable donne au Néophyte le baiser fraternel par trois, puis il dit au F. Me. des Cérémonies : Conduisez le F. nouvellement initié à l’Occident, qu'il apprenne à travailler sur la pierre brute, & qu'il se fasse reconnaître par les FF. premier & second Surveillants, en leur rendant les signe , attouchement , parole, mot de passe & d'ordre que je viens de lui communiquer.

Le F. Me. des Cérémonies le conduit aux FF. premier & second Survt. auxquels il rend les signe , &. Ensuite il lui fait frapper trois coups de maillet sur la pierre brute, comme ci-après.

Le Récipiendairese tient debout à l’ordre entre les deux Surveillants. Le Vénérable dit:

FF. premier & second Surveillants, invitez les FF. qui décorent vos Colonnes à reconnaître à l'avenir le F.. . . . pour Apprenti Maçon & Membre de cette R. L., & à se joindre à moi pour applaudir a son initiation.

Les Surveillants répètent l'annonce.

Le Vénérable frappe un coup de maillet, qui est répété par, les Surveillants , se lève ainsi que tous les FF. & dit :

A moi, mes FF.

Tous guidés par le Vénérable font le signe & applaudissent par la batterie du Grade.

Le Me. des Cérémonies demande la parole au nom du Récipiendaire. Il lui enseigne à remercier, & pour cela ils se joignent ensemble.

Le Vénérable fait couvrir l’applaudissement, frappe un coup de maillet, qui est répété par les Surveillants, & s'assied ainsi que tous les FF.

Nota, Ici sont prononcés, Discours, allocutions et catéchisme.

 Apres un moment de récréation, le Vénérable dit:

F.M.des Cérémonies prenez le sac des proportions & allez sur l'une & l'autre Colonne recueillir celles que des FF. peuvent être dans le cas de faire à la Loge.

Le Maître des Cérémonies exécute l’ordre: parvenu à l’Orient, il remet le sac au Vénérable & retourne à sa place.

Le Vénérable vérifie s'il y a des propositions, & dans ce cas, il en fait la lecture & les met en délibération. Dans le cas contraire, il procède à la clôture de la Loge comme ci-après.

Nota. Aucune proposition ne peut être mise en délibération que par le Vénérable.

CLÔTURE.

D. F. Hospitalier quelle est la vertu la plus

recommandable aux Maçons.?

R. La charité, Vénérable.

Le Vénérable dit :

Mon F., prenez le tronc des pauvres & présentez-le a tous les FF. afin que chacun mette ce que ses facultés lui permettront, pour le soulagement des indigents.

Le F. Hospitalier prend le tronc, le couvre de son tablier, fait le tour de la Loge & le rapporte au Vénérable , qui appelle un Expert , pour être présent à la vérification des métaux de la quête. Cette vérification faite, le Vénérable dit au F.' Secrétaire d*en prendre note, & remet les métaux au F. Hospitalier, qui avec le F.'Expert retournent à leur place.

Nota. Lorsqu'il y a eu Réception, le Vénérable fais faire la quête par le Récipiendaire.

Le Vénérable dit :

F. Secrétaire faites la lecture de l'esquisse du procès-verbal des Travaux de ce jour.

Le F. Secrétaire fait la lecture, & le Vénérable dit :

FF. premier & second Surveillants, invitez les FF. de vos Colonnes à faire leurs

observations sur la rédaction de l'esquisse du Procès-verbal des Travaux de ce jour

Les Surveillants en font l'annonce.

S'il n'y a point d’observations, le Vénérable dit :

Aidez- moi , mes FF. à célébrer un vivat en faveur du F. Secrétaire.

Tous les FF.' guidés par le Vénérable y font le figne & applaudissent.

Le F. Secrétaire y répond, & toute la Loge couvre l'applaudissement.

Nota. Le F.'. Secrétaire fait signer fon esquisse par le Vénérable & par l'Orateur.

Le Vénérable dit ;

D, F.', premier Surveillant a quelle heure

se ferment les Travaux d'Apprenti?

R. A minuit.

D. Quelle heure est-il ?

R. Minuit.

Le Vénérable dit :

Puisqu'il est minuit, que les Travaux

sont réguliers , les Ouvriers payés & contents, FF. premier & second Surveillants, invitez les FF. de l'une & l'autre Colonne à m'aider à fermer les Travaux d'Apprenti.

Les Surveillants en font l’annonce, après l’annonce le Vénérable frappe trois coup de maillet, suivant la batterie d’Apprenti, chaque Surveillant en frappe autant, & aussitôt tous les FF. se lèvent & se mettent à l'ordre.

Le Vénérable dit :

Mes FF.', promettez de ne rien révéler de tout ce que vous avez vu, & de tout ce qui s'est passé en Loge.

Tous les FF. étendent la main sur le Tableau.

Ensuite le Vénérable dit ;

A moi, mes FF.

Tous guidés par le Vénérable, font le signe & les acclamations usitées.

Le Vénérable frappe ensuite un coup

de maillet, qui est répété par les Surveillants, et dit:

FF. premier & second Surveillants annoncez que la Loge est fermée, & que j'invite tous les FF. à se retirer avec la décence due à nos mystères.

Les Surveillants en font l'annonce.

Nota. Tous les FF. doivent se déshabiller avant de sortir de la Loge.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 00:13

CHRONOLOGIE

1784

24 août. —Réunion des Francs-Macons de la douzième classe du régime des Philalètes à Paris. L'on arrête qu'on assemblera en Convent tous les Frères instruits de tous les pays et de tous les Rites pour parvenir , par le concours des lumières, par le rapport des observations et l'examen des traditions orales et écrites , à éclaircir les points les plus essentiels de la doctrine, et à déterminer la nature , l'ori¬gine, la filiation historique ainsi que l'état actuel de la vraie science maçonnique ; enfin , son but réel et les moyens les plus sûrs pour parvenir à le connaître.

14 septembre. — Signature et envoi de la première circulaire de convocation : elle annonce l'ouverture du Convent pour le mardi 15 février 1785.

26 octobre. — Arrêté portant que le Grand Orient de France ne sera pas appelé à cette assemblée, quoique la proposition en eût été faite dans une précédente séance.

13 novembre. — M. Savalette de Langes est nommé président du Convent ; M. le baron de Gleichen, Commandeur des Ordres de Danemarck, et M. le marquis de C. D. B. sont nommés Secrétaires, l'un pour la langue allemande, et l'autre pour la langue française.

Envoi de la seconde circulaire et des proponenda.

28 décembre. — Lecture au Convent de lettres du prince Ferdinand de Brunswick et de Lunebourg, de MM. de Saint-Martin et Mesmer, dans lesquelles ils refusent de participer aux opérations de cette réunion.

1785

15 février. —Ouverture du Convent de Paris sous la présidence de M. Savalette de Langes. On arrête les règlements de l'assemblée et l'on dresse le tableau général, des noms des membres convoqués à cette réunion.

19. — Le Convent de Paris arrête que les circulaires et proponenda seront envoyés à Cagliostro, qui se faisait aussi appeler le comte Félix.

1 o mars. Celui-ci répond au Convent, lui promet la vérité, et de faire voir, par des actes et des effets visibles, Dieu et les esprits intermédiaires qui existent entre l'homme et lui : mais il exige , avant tout , que la bibliothèque et les manuscrits des archives de la Loge des Philalètes soient livrés aux flammes.

26 mai. — Fermeture du Convent de Paris.

1786

Le.Convent de Paris adresse aux Maçons une troisième circulaire pour rendre compte des opérations de 1785 , et annoncer une prorogation de l'assemblée pour le 15 juillet 1786. Dans cette circulaire les convocateurs s'expliquent sur le but final du Convent ainsi qu'il suit: « Nous croyons devoir annoncer avec franchise que le but, le désir et l'espérance des convocateurs, de tous les présents aux premiers travaux ; et d'un grand nombre de ceux dont nous avons reçu des mémoires, est de profiter de la réunion des lumières et du zèle des Frères, pour, d'après les caractères de la science de nous connus, et presque généralement avoués , tenter de créer, d'abord entre nous , ensuite propager par nous dans toute l'Europe une nouvelle association Philalète , en rédigeant ce qui nous est connu de la Maçonnerie , et surtout en la réformant et purifiant de manière à former un Corps de Maçons ou hommes de désirs capables de bien chercher la vérité, disposés à tout sacrifier pour la mériter, et dignes , autant que la faiblesse humaine peut le permettre , de la posséder; et ce vœu de nos cœurs est d'autant plus raisonnable, que nous nous croyons plus que jamais certains qu'elle existe ; que le plus grand nombre des Maçons de ce siècle ne la cherchent pas , ne la méritent pas, ne la trouveront jamais , et que, sans doute, c'est la faute des Maçons et non de la Maçonnerie.»

Cette prorogation du Convent indiquée pour le 15 juillet, n'eut pas lieu; elle fut remise à l'année suivante.

1787

8 mars. — Ouverture de la seconde assemblée du Convent de Paris dans l'hôtel de M. Savalette de Langes, rue Saint-Honoré.

15. — Eteilaa est appelé aux séances attendu sa réputation d'instruction dans les sciences occultes. On sait que ce particulier faisait, à Paris, des cours publics de magie, et qu'il y exerçait la profession de tireur de cartes.

3 avril. — Le prince de Liesse-Darmsladt envoie un mémoire et un plan de réforme de la Franche-Maçonnerie.

24. — Rapport sur une somnambule qui, dans ses crises magnétiques, a donné, à M. Lenormand, les développements les plus intéressants sur des matières théosophiques et métaphysiques : à ce rapport était joint le procès-verbal de tous les dires de la crisiaque magnétique.

Ce second Convent eut vingt-neuf séances, et fut fermé le 26 mai. Voici la lettre que M. Savalette écrivit pour déterminer la fin des assemblées :

« MM. FF., le peu de zèle du très-petit nombre de convoqués qui, plus par considération de politesse et d'amitié que par un véritable intérêt, viennent rarement, pour rester peu de temps, aux assemblées du Convent, me prouve, à mon grand regret , qu'il est non-seulement prudent mais même nécessaire d'y renoncer. Je propose donc... d'arrêter sa clôture, etc. » On nomma une commission intermédiaire pour la suite des opérations ; elle s'assembla le 8 juin, et ce fut la seule et dernière réunion.

DOCUMENTS

PROPONENDA

Pour le Couvent fraternel convoque à Paris, le 15 février i785, par les Philalèles.

I.

Quelle est la nature essentielle de la science maçonnique, et quel est son caractère distinctif ?

I I.

Quelle époque et quelle origine peut-on lui attribuer raisonnablement ?

I I I.

Quelles sociétés, quels corps ou individus peut-on croire l'avoir anciennement possédée? quels sont les corps par lesquels elle a successivement passé pour se perpétuer jusqu'à nous?

I V.

Quelles sociétés, quels corps ou individus peut-on croire en être, dans ce moment, les vrais dépositaires ?

V.

La tradition qui l'a conservée est-elle orale ou écrite ? V I.

La science maçonnique a-t-elle des rapports avec les sciences connues sous le nom de sciences occultes ou secrètes ?

V I I.

Avec laquelle ou lesquelles de ces sciences a-t-elle le plus de rapport, et quels sent ces rapports ?

VIII.

Quelle nature davantage doit-on attendre de la science maçonnique ?

I X.

Quel est celui des Régimes actuels qui serait le meilleur à suivre, non comme coordination générale, mais comme le plus propre à faire faire aux disciples zélés et laborieux de prompts et utiles progrès dans la vraie science maçonnique ?

X.

Pourquoi, d'un accord général, tous les Maçons appellent-ils Loge leurs assemblées et le lieu dans lequel elles se tiennent? Quelle est l'origine et la vraie définition du mot Loge, du mot Temple, autre nom donné, par l'usage, au lieu de l'assemblée : de la phrase ouvrir et fermer les travaux ; du mot écossais ou d'Ecosse , pour les hauts grades ; du mot de Vénérable, donné parles Français au Maître de la Loge, et de celui de Maitre en chaire, donné par les Allemands ?

FORMES ET RÈGLES DES ASSEMBLÉES

Que les Philalètes, uniquement comme convocateurs ont cru devoir arrêter provisoirement, sauf à être confirmées, modifiées ou changées par le Couvent lui-même dans sa première assemblée.

1°. Tous les convoqués sont priés d'avertir à l'adresse donnée, de leur arrivée et du lieu de leur demeure : il serait bien à désirer qu'ils arrivassent dès le commencement du mois.

2°. Tous présenteront leurs deux lettres de convocation, sans lesquelles ils ne pourront être admis , à moins d'être présentés par un des commissaires aux archives.

3°. L'assemblée sera tenue en forme de Loge au grade d'apprenti.

4°. Elle sera présidée parle T. C. F. de Langes, l'un de nos plus anciens Philalètes, qui fera tenir les maillets de l'Occident par les deux premiers arrivés à chaque assemblée.

5°. Chaque Surveillant du jour choisira sur les colonnes un expert pour ramasser et compter les scrutins, s'il y a lieu.

6°. Il sera tenu deux protocoles ; l'un en allemand, dirigé par le F. baron de Gleichen ; l'autre en français , dirigé de même par le F. marquis de Chefdebien. Ils seront écrits sous la dictée de ces deux FF. par deux des Philalètes choisis par eux, qui n'auront pas voix pour n'être pas distraits : ces quatre FF. signeront tous les actes émanés du Convent, comme secrétaires.

Les convoqués se placeront indistinctement sans rang marqué pour les séances ; mais le rang pour opiner sera réglé par le sort entre les présents à la première assemblée : ceux des convoqués qui successivement arriveront ensuite prendront rang à mesure de leur arrivée.

Le tableau d'appel formé par écrit, les voix seront prises d'abord pour les préavis, une seconde fois pour les avis.

Les questions simples qui peuvent se décider par une simple alternative, le seront par le scrutin aux fèves.

Les questions qui ne peuvent se réduire à la simple alternative, seront délibérées à voix haute ; chaque avis différent écrit par le Président, et tous les avis réduits à deux, en rappelant toujours le plus faible pour revenir.

Les avis réduits à deux, le plus fort (ne fût-il que d’une voix) sera l'avis du Convent ; sauf la protestation de ceux qui n'y voudront consentir , laquelle ils présenteront par écrit et signée d'eux, pour être jointe aux pièces du protocole ; il leur en sera donné acte.

Tous les membres du Convent seront les maîtres de rédiger leurs protocoles particuliers, ou de copier celui des secrétaires.

Personne ne parlera sans être appelé par le Président, ou sans demander la parole : une fois l'avis donné, personne ne pourra parler que pour revenir simplement à un autre avis , en sorte que personne ne puisse opiner plus de deux fois sur le même objet, à moins d'une permission expresse du Président.

Les assemblées auront lieu tous les matins, depuis huit heures jusqu'à midi, excepté les dimanches et les jeudis, sauf les autres jours où le Convent arrêterait de vaquer, suivant les circonstances.

Les Comités particuliers n'auront lieu que le soir, et jamais au local du Convent, pour laisser la liberté de relire, de copier les actes et d'examiner les mémoires envoyés sur les circulaires.

Comme ils seront provoqués par un des membres du Convent, personne n'en pourra prétendre l'entrée que du consentement de celui qui aura provoqué le Comité et qui, conformément à la première circulaire, fera son choix parmi les convoqués.

Excepté les convoqués, tous les Maçons qui se présenteront seront obligés de se soumettre à l'examen des Commissaires aux archives des Philalètes, lesquels seront seuls maîtres d'accorder ou de refuser l'entrée du Convent, et ce, jusqu'à la première assemblée du Convent seulement, qui, conformément à la première circulaire, nommera le Comité des examens.

Tous les Philalètes résidant à Paris auront l'entrée du Convent; mais sept d'entre eux seulement pourront y délibérer : les autres se contenteront d'écouler, à moins que le Président ne leur accorde la parole ; mais, dans aucun cas, ils n'auront voix au Convent par-delà le nombre de sept.

Les Philalètes correspondants auront tous voix et séance comme les autres convoqués, et ne sont pas compris dans les sept.

Les FF.... feront fonctions de Maîtres des cérémonies.

MANIFESTE DE CAGLIOSTRO

Le Grand-Maître inconnu de la Maçonnerie véritable a jeté les yeux sur les Philalètes et les deux invitations qu'ils ont répandues dans le peuple de leurs Frères.

Touché de leur piété, ému par l'aveu sincère de leurs besoins, il daigne étendre la main sur eux et consent à porter un rayon de lumière dans les ténèbres de leur Temple.

L'existence d'un seul Dieu qui fait la base de leur foi, la dignité originaire de l’homme, son pouvoir et sa destination, tout, en un mot, ce qu'ils croient, le Grand-Maître inconnu veut le leur prouver.

Ce sera par des actes et des faits, ce sera par le témoignage des sens, qu'ils connaîtront Dieu, l'homme et les intermédiaires spirituels créés entre l'un et l'autre; connaissance dont la vraie Maçonnerie offre les symboles et indique la route.

Que les Philalètes, donc, embrassent les dogmes de cette Maçonnerie véritable ; qu'ils se soumettent au régime de son chef suprême, qu'ils en adoptent les constitutions.

Mais , avant tout, le sanctuaire doit être purifié ; avant tout, les Philalètes doivent apprendre que la lumière peut descendre dans le Temple de la foi et non dans celui de l'incertitude….

Qu'ils vouent aux flammes ce vain amas de leurs archives : ce n'est que sur les ruines de la tour de confusion que s'élèvera le temple de la vérité.

 

 

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 13:28

Mais qui est le Grand Architecte de l’Univers ?

Commentaires sur une singularité principielle

exclusive au Rite Français

Ce personnage fictif est le plus grand commun diviseur de la franc-maçonnerie universelle, cette autre fiction qui n’est au fond qu’une paresse de langage. Il y a des francs-maçonneries ; de même qu’il y a des compréhensions diverses et opposées du concept Gadlu. Symbole pour les uns, Dieu créateur pour les autres, vestige superflu enfin pour les derniers, qui sentent en lui « l’odeur du vase vide » chère à Renan.

A-t-on raison de mêler aussi étroitement des conceptions religieuses avec les modalités du système symbolique et didactique qu’est la franc-maçonnerie ? Dans leur énorme majorité, les diverses maçonneries qui s’exercent sur la planète identifient le Gadlu avec Dieu ; c’est ce que prétendent à tout le moins les tenants des trois religions du livre. Les Juifs avec Yaweh dit parfois Jéhovah ; les Musulmans avec Allah ; les Chrétiens avec Jésus, ou encore avec l’avatar chrétien de Yaweh, Dieu.

Notre Ordre n’est-il donc pas « un empire qui suit ses propres lois » ? La conception dominante qui prévaut dans les maçonneries « régulières parce que croyantes » nie avec constance cette affirmation. La franc-maçonnerie de type anglo-saxon est « un système de morale qui recourt à des allégories et à des symboles » pour propager son enseignement moral, essentiellement religieux et monothéiste. Seuls, quelques dizaines de milliers de francs-maçons hérétiques nient ce caractère fondamental, pour lui en substituer un autre, essentiellement continental, français et même parisien, dans le sillage récent des Lumières et inspiré par la Raison. Les opinions, valeurs et croyances y sont autres ; les deux systèmes, au mépris de leur Vertu suprême proclamée à tous vents qui ne saurait être que la Tolérance, ne se comprennent pas, ne se supportent pas, ne se parlent pas et même se combattent, au nom de la Fraternité des Hommes. Comprenne qui pourra ; laissons cela. Le divorce entre le discours et les actes est une fois encore consommé. Les hommes semblent être ainsi faits, « à l’image de Dieu » disent certains, ce qui est peu encourageant…

Revenons donc à ce pauvre Grand Architecte qui est encore toléré avec réticence par le groupe des maçonneries « libérales », c'est-à-dire celles qui réunissent des membres qui ne sont pas obligatoirement des croyants en quelque transcendance. Ce Grand Architecte est une nouvelle fois indiscuté par les uns, ignoré et combattu par les autres. A-t-il néanmoins un sens quelconque pour un franc-maçon du second groupe ? Un franc-maçon mécréant peut-il le supporter, le comprendre, l’adopter ? Le Gadlu est-il nécessaire ? Superflu ? Scandaleux ? Quelle est en définitive sa place dans une démarche initiatique, pour autant qu’il y en ait encore une ? Et puis, question essentielle, à quel titre serait-il associé à une démarche de cherchants, qui persévèrent et souffrent en espérant retrouver une Parole qu’ils disent perdue ? Parole de qui, perdue par qui, comment, quand, pourquoi ?

L’ouverture des Travaux, quelle que soit la solennité ou la sobriété mises à sa réalisation rituelle, prétend à une « rupture entre le monde profane et le monde sacré ». Ces mots sont déjà lourds de sens, et je leur préfère de loin ceux de « séparation entre la vie sociétale et la vie initiatique et symbolique ». Profane, en maçonnerie, s’oppose à initiatique, et non à sacré, domaine qui serait celui des religions, et qui n’est aucunement celui de la maçonnerie. Il existe là une confusion essentielle qui porte la responsabilité de bien des malentendus au sein de l’Ordre comme de l’Eglise.

Toutes les loges de tous les rites, à ma connaissance, procèdent à une recréation d’un univers restreint, d’une nature différente et secrète, observant d’autres règles partagées par les assistants, et instaurant un comportement de substitution, purement conventionnel voire ludique et quelque peu fantastique. Il n’est pas sans évoquer le « il était une fois » ou encore « et alors on dirait que toi tu es le roi et moi la princesse… ».

Les gestes, bruits, phrases, lumières, voire parfois les parfums créent ensemble un cadre conventionnel « autre » qui n’est pas sans évoquer le théâtre. Car il s’agit de jouer un rôle, et l’on sait qu’il est des comédiens qui se contentent d’exercer leur métier, consciemment et le mieux possible, tandis qu’il en est d’autres qui prétendent devoir être « habités » voire même « possédés » par leur personnage. Question purement psychologique, conditionnée par le tempérament et la relative clarté d’esprit de chacun.

Les trois coups sont frappés ; le tableau de loge dévoilé entre comparses ayant tous le même âge ; les Lumières allumées ; l’heure juste est venue ; la convention est installée selon les règles immuables, et le miroir est collégialement traversé.

La réalité commune nous habite les uns et les autres autour d’une idée centrale et partagée : nous construisons un Temple. C’est au-delà de cette constatation simple et convenue que commencent les problèmes. L’allégorie du Temple à construire est une vieille idée, qui se trouve déjà notamment dans la « Nova Atlantis » de Francis Bacon, qui précède de 50 ans le Misanthrope de Molière. De même que dans le « Summum Bonum » de Frisius, sans oublier la « Septimana Philosophica » de Maier. Une idée dans l’air du temps, point du tout originale.

Nos ancêtres d’avant 1717 reprennent cette image pour en faire un paradigme moral. Qui sont-ils ? Essentiellement des anti-papistes londoniens de fraîche date, si l’on considère Désaguliers, dont le père était un immigrant huguenot français, et Anderson, dont le père était un immigrant presbytérien écossais. Ils développent donc un support didactique « salomonien », destiné à mener vers Dieu ceux qui désirent aller à Sa rencontre par des voies plus personnelles que celles, dogmatiques depuis Nicée, de l’Eglise catholique romaine, démonétisée depuis Henri VIII. Mais ceci dans un cadre pluraliste, celui d’un Centre d’Union, bien éloigné d’un Centre d’Unité.

La rédaction de leur charte fondamentale—une compilation de textes réglementaires catholiques des quatre siècles précédents—est le fait d’Anderson, un besogneux généalogiste qui œuvre vers 1720-1722. Aussitôt après, les traces documentaires catholiques disparaissent bien à propos. Les adeptes de la méthode nouvelle sont dits freemasons, francs-maçons. Ils s’habillent et pensent « franc-maçon ». Tablier, gants de travail, outils et instruments divers, dessin du plan de travail posé à même le sol de la loge qui n’est aucunement le Temple, mais bien le Porche du Temple, ce bâtiment étant réservé aux ecclésiastiques de service, et non aux corps de métier constructeurs. Les maçons se réunissent dans le Porche ; il n’y a du reste pas de toit, entre les Colonnes et le portail, on y voit donc le soleil, la lune et les étoiles …

Leur président temporaire est un compagnon élu parmi les membres dits compagnons, qui devient master, maître.

Tout leur univers conventionnel, reconstitué avec minutie, évoque l’Art Royal de la Construction, royal car il fut celui de Salomon, devenu le maître de l’ouvrage depuis la mort de David ; Hiram Abif, ce fils d’un Tyrien et d’une veuve de la tribu de Nephtali, en fut le maître d’oeuvre, et les francs-maçons les compagnons ouvriers.

Dans une telle perspective, l’organigramme logique et complet s’établit comme suit : des ouvriers pour la taille puis la pose des pierres ; des maîtres pour l’encadrement et la présidence des travaux ; un architecte pour la conception et l’exécution du plan. Et par conséquent, un architecte pour le tracé du plan.

Il est impossible, irréaliste et profondément illogique d’imaginer un chantier, même fictif comme le nôtre, dont les plans n’auraient pas été tracés par un architecte. La planche à tracer des maîtres, utilisée journellement dans la loge, ne peut se substituer au Plan, à la Conception globale, à l’Intention. Imaginer un chantier sans architecte est un non-sens.

Mais il n’y a aucune obligation de transcendance dans une conception purement symbolique du travail maçonnique. S’il y eut une idée, il faut bien qu’il y ait eu un cerveau humain pour la concevoir. C’est tout.

S’il y a sur le chantier à la fois du personnel qualifié ( compagnons) et du personnel non qualifié ( apprentis), s’il y a des contremaîtres et des conducteurs de travaux (maîtres), s’il y a un Maître de l’ouvrage (Salomon) et un Maître d’oeuvre (Hiram), s’il y a un plan, il y a un architecte. Ou alors, tout l’édifice allégorique s’écroule et l’on joue à autre chose.

Les architectes de l’Antiquité et du moyen âge sont souvent connus ; Imhotep, architecte égyptien issu d’une longue lignée d’architectes, est même célèbre au point d’avoir été déifié. Le seul édifice antique qui se soit apparemment passé d’architecte est la tour de Babel. On connaît le sort qui lui fut réservé, car « la confusion se mit dans les travaux ».

On sait bien que le Hiram Abif de la Bible ( Rois et Chroniques) était un Thyrien, habile fondeur en métaux. Rien de plus qu’un artisan décorateur en quelque sorte. Un immigré fort doué, au service de Salomon, car jamais aucun nom d’architecte n’est avancé dans la Bible concernant le Temple. Comme s’il avait été édifié proprio motu. Les inventeurs du grade de Maître, vers 1725 et à Londres selon la tradition ( ?!), font d’Hiram un architecte, l’Architecte. Logique, il en faut bien un.

Si l’on examine maintenant ce grade très complexe, difficile à saisir pour un jeune maître, et même difficile à appréhender globalement pour un maître accompli, on débouche sur des constatations fort curieuses, dont l’interprétation ne sera pas partagée par tous, loin s’en faut. Prenons pour guide le troisième grade du Régulateur du Maçon de 1801 ( éd. A l’Orient, commentaires de Pierre Mollier, Paris, 2004). Le rituel couvre les pages 193 à 227. Quelques observations préalables à la conclusion sur le Grand Architecte de l’Univers :

--page 201 : « Le T.R. fait passer à sa droite, tout bas, l’ancien mot de maître J, qui doit lui revenir par la gauche ». Ceci est propre et exclusif au Rite Français, et indique très clairement que le mot n’est pas perdu avec la mort d’Hiram, que les maîtres du Rite Français le connaissent toujours, et qu’il sera donc tout à fait inutile de le rechercher (la Parole Perdue du REAA) comme cela se pratique dans des rites originaires de la maçonnerie dite des Anciens, c'est-à-dire d’Irlande et d’Ecosse.

--page 208 : « Ils avoient remarqué qu’Hiram visitoit tous les soirs les travaux »…Le drame est un crime de chantier ; il ne se produit pas dans le Temple [dans lequel des maçons n’auront du reste rien à faire lorsque la construction sera terminée. La loge, selon la tradition anglaise et française moderne, se tient dans le Porche, jamais dans le Temple lui-même].

--page 217 : « Ils se revêtirent de tabliers et de gants de peau blanche, pour témoigner qu’ils n’avoient point trempé leurs mains dans le sang innocent ». Voici donc pourquoi les gants ne doivent—ne peuvent !!—jamais s’enlever, ni pour faire la chaîne d’union sous le prétexte que « le fluide doit circuler », ni pour prêter serment. Cette habitude de se déganter est néfaste, profane, purement conformiste, spirite, dépourvue de toute signification symbolique, participe de la Contre Initiation selon Guénon, malgré ses prétentions naïvement sentimentales…On « sentirait mieux la fraternité » ainsi que l’affirment certains maçons friands avant tout d’émotion, en pressant des mains nues et moites… ?! L’enlèvement des gants maçonniques est une habitude déplorable qui élimine un élément symbolique essentiel et traditionnel, constitutif du grade de Maître Maçon, et le travestit au profit d’une habitude sociale, sentimentale et bourgeoise. Dans le même esprit de conservation du sens, un officier suisse de la garde papale prête serment au Saint Père mains gantées. Le Saint Office ne plaisante pas avec la symbolique chrétienne, même si la signification y est toute autre, bien entendu.

--page 218 : « Salomon…fit incruster dessus (le tombeau) un triangle d’or le plus pur, et fit graver au milieu du triangle l’ancien mot de maître, qui était l’un des noms hébreux du Grand Architecte de l’Univers ».

Nous y voici, et voici pourquoi le Gadlu est indispensable à l’exercice du Rite Français.

Le corps d’Hiram est inhumé dans un tombeau sur lequel figure l’ancien mot de maître, soit Jéhovah, qui est le nom du Gadlu, selon une corruption française classique de Yaweh.

Jamais, au cours d’une civilisation passée ou présente, on n’a vu ni on ne voit une tombe porter un nom qui ne serait pas le nom de celui qui s’y trouve enseveli. L’iconographie maçonnique des XVIIIe et XIXe siècles, non encore dégénérée, oubliée, méprisée, déviée, idéologisée etc. montre bien que la tombe est celle de Jéhovah, c'est-à-dire celle de Dieu. Or, qui donc est ce Dieu qui est enterré là ?

Le psychodrame nous le révèle, mais il faut le comprendre et on peut passer à côté du sens, ou pire, ne pas vouloir en saisir la portée.

Lorsque le candidat est frappé au front et couché dans le cercueil, il se substitue au maître assassiné, à Hiram, à l’Architecte du Temple. Il prend sa place, il devient l’autre, par un phénomène de « transsubstantiation symbolique ». Le nouveau maître prend la place de celui qui dirigeait le chantier ; il n’est plus dirigé ; il va devoir SE diriger ; Dieu est mort et l’homme est devenu Dieu. C’est en cette qualité qu’il est relevé et investi de tous les droits et devoirs du maître maçon.

Traduisons ceci en langage symbolique et maçonnique : le nouveau maître est devenu Jéhovah, soit le Grand Architecte de l’Univers.

Le sens réel de ce rite nécromancien, aux origines inconnues mais qui comporte des analogies nombreuses au cours de la longue tradition initiatique de l’humanité, est de faire de l’homme nouveau le responsable ultime, le concepteur et le créateur de sa propre destinée, mais aussi le responsable de l’édification du Temple de l’Humanité. Dieu a conçu l’Univers comme architecte ; il a besoin des hommes pour construire, ce que font ses francs-maçons. Mais lorsque ces maçons ont acquis la pleine maîtrise de leur Art, ils deviennent architectes à leur tour.

Dieu est donc mort. Sa tombe porte son nom. Le maître maçon a pris sa place, qui était vacante.

Si donc, le Gadlu est bien Jéhovah ; si Jéhovah est bien Hiram, et si Hiram est le nouveau Maître, et chacune de ces affirmations est dans le rituel, il faut bien accepter que, dans la symbolique maçonnique du troisième grade français, le Gadlu soit chacun des frères maîtres.

Alors, travailler « à la gloire du Grand Architecte de l’Univers » ne revient-il pas à honorer l’Homme nouveau, celui qui s’est substitué aux dieux, afin de construire le monde des hommes indépendants et autonomes ?

La tradition française des origines.

Les neuf Lumières d’Ordre sont disposées en équerre, la base étant à l’Orient, et non à l’Occident, comme le font les Anciens et leurs dérivés.

Pour passer de l’équerre au compas, on franchit Hiram / Jéhova par trois pas.

 La tradition française requiert que pour les deux premiers pas , un seul pied soit posé sur le sol le deuxième étant maintenu en l’air, la jambe étant pliée en équerre.

Ces trois pas de maître s’ajoutent aux trois pas de compagnon, qui suivent les trois pas de l’apprenti. Le tout produit le nombre 9, qui est celui du maître.

Seul le Rite Ecossais Rectifié a, de nos jours encore, strictement maintenu cette tradition française des origines, qui repose sur la multiplication graduelle par trois du nombre symbolique trois.

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 12:42

OUVERTURE DE LA LOGE D'APPRENTI

Le vénérable assis sous le dais, à l'orient, faisant face aux deux surveillants qui doivent être à l'occident, frappe trois coups d'apprenti sur l'autel, et dit: Silence, mes frères, et en loge. (On doit savoir que les deux surveillants en font autant sur leur colonne.)

Ces paroles prononcées, toute l'assemblée se range sur deux lignes parallèles, ensuite le vénérable dit :

Frères, premier et second surveillants, engagez nos chers frères, dans tous leurs grades et qualités, de vouloir bien nous aider à ouvrir la loge d'apprenti maçon.

Le premier surveillant : Mes chers frères, du côté du midi, dans tous vos grades, qualités, je vous invite de la part du vénérable à vouloir bien nous aider à ouvrir la loge d'apprenti maçon.

Le second surveillant en dit autant sur sa colonne, qui est le côté du nord.

Le vénérable: Frère premier surveillant, êtes-vous maçon?

R. Tous mes chers frères me connaissent pour tel. D. Quel est le premier soin d'un maçon?

R. C'est de voir si la loge est couverte.

D. Faites-vous-en assurer par l'expert.

Comme dès l'instant que le vénérable a frappé les trois premiers coups, chaque officier doit avoir pris sa place, le surveillant observe si l'expert remplit ses fonctions; après quoi il répond:

Elle l'est, très-vénérable.

D. Quel est le second?

R. C'est de voir si tous les frères sont à l'ordre. (Après avoir observé.) Ils y sont, très-vénérable.

D. Pourquoi nous rassemblons-nous?

R. Pour élever des temples à la vertu, et creuser des cachots pour les vices.

D. Combien de temps devons-nous travailler?

R. Depuis midi jusqu'à minuit.

D. Combien faut-il de temps pour faire un apprenti?

R. Trois ans.

D. Quel âge avez-vous?

R. Trois ans.

D. Quelle heure est-il?

R. Près de midi.

Le vénérable: En considération de l'heure et de l'âge, avertissez tous nos chers frères que la loge d'apprenti maçon est ouverte, et que nous allons commencer nos travaux à la manière accoutumée.

Le premier surveillant: Mes chers frères, sur ma colonne, je vous avertis, de la part du vénérable, que la loge d'apprenti maçon est ouverte, et que nous allons commencer nos travaux à la manière accoutumée.

Le second surveillant répète les paroles du premier; et, dès qu'il a fini, le vénérable ainsi que tous les frères se lèvent, font le signe d'apprenti, puis les applaudissements, et crient trois fois vivat; ensuite chacun se rassoit; et c'est alors que le vénérable commence le catéchisme, ou s'il y a quelques récipiendaires, on les reçoit avant, afin qu'ils profitent de l'instruction.

CATECHISME DES APPRENTIS

D. Mon frère , d’où venez –vous ?

R. Très-vénérable, de la loge de Saint-Jean.

D. Qu'y fait-on à la loge de Saint-Jean?

R. On y élève des temples à la vertu, etl'on y creuse des cachots pour les vices.

D. Qu'apportez-vous?

R. Salut, prospérité, et bon accueil à tous les frères.

D. Que venez-vous faire ici?

R. Vaincre mes passions, soumettre ma volonté, et faire de nouveaux progrès dans la maçonnerie.

D. Qu'entendez-vous par maçonnerie?

R. J'entends l'étude des sciences et la pratique des vertus.

D. Dites-moi ce que c'est qu'un maçon?

R. C'est un homme libre, fidèle aux lois, le frère et l'ami des rois et des bergers, lorsqu'ils sont vertueux.

D. A quoi connaîtrai-je que vous êtes maçon?

R. A mes signes, à mes marques et aux circonstances de ma réception fidèlement rendus.).

D. Quels sont les signes de maçon?

R. L'équerre, le niveau et la perpendiculaire.

D. Quelles en sont les marques?

R. Certains attouchements réguliers que l'on se donne entre frères.

D. Qui vous a procuré l'avantage d'être maçon?

R. Un sage ami que j'ai depuis reconnu pour mon frère.

D. Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir maçon?

R. Parce que j'étais dans les ténèbres et que je désirais connaître la lumière.

D. Que signifie cette lumière?

R. La connaissance et l'ensemble de toutes les vertus, symbole du grand Architecte de l'univers.

D. Où avez-vous été reçu maçon?

R. Dans une loge parfaite.

D. Qu'entendez-vous par loge parfaite?

R. J'entends que trois maçons assemblés forment une loge simple, que cinq la rendent juste, et que sept la rendent parfaite.

D. Quels sont les trois maçons de la loge simple?

R. Un vénérable et deux surveillants.

D. Quels sont les cinq de la juste?

R. Ce sont les trois premiers et deux maîtres.

D. Quels sont enfin les sept qui rendent une loge parfaite?

R. Un vénérable, deux surveillants, deux maîtres, un compagnon, et un apprenti.

D. Qui vous a préparé pour être reçu maçon?

R. Un expert, très-vénérable.

D. Qu'a-t-il exigé de vous?

R. Que je l'instruise de mon âge, de mes qualités civiles, de ma religion et de mon zèle à me faire recevoir; après quoi il m'a mis ni nu ni vêtu, mais cependant d'une manière décente; et m'ayant dépourvu de tous métaux, il m'a conduit à la porte de la loge, à laquelle il a frappé trois grands coups.

D. Pourquoi l'expert vous mit-il ni nu ni vêtu?

R. Pour me prouver que le luxe est un vice qui n'en impose qu'au vulgaire, et que l'homme qui veut être vertueux doit se mettre au-dessus des préjugés.

D. Pourquoi vous avait-il dépourvu de tous métaux?

R Parce qu'ils sont le symbole des vices, et qu'un bon maçon ne doit rien posséder en propre.

D. Que signifient les trois coups de l'expert?

R. Trois paroles de l'Écriture Sainte: Frappez, on vous ouvrira; cherchez, vous trouverez; demandez, vous recevrez.

D. Que vous ont-ils produit?

R. L'ouverture de la loge.

D. Lorsqu'elle fut ouverte, qu'est-ce que l'expert a fait de vous?

R. Il m'a remis entre les mains du second surveillant.

D. Qu'avez-vous aperçu en entrant en loge?

R. Rien que l'esprit humain puisse comprendre, un voile épais me couvrait les yeux.

D. Pourquoi vous avait-on bandé les yeux?

R. Pour me faire comprendre combien l'ignorance est préjudiciable au bonheur des hommes.

D. Que vous a fait faire le second surveillant?

R. Il m'a fait voyager trois fois de l'occident à l'orient, par la route du nord; et de l'orient à l'occident, par la route du midi; puis il m'a remis à la disposition du premier surveillant.

D. Pourquoi vous fit-on voyager?

R. Pour me faire connaître que ce n'est jamais du premier pas que l'on parvient à la vertu.

D. Que cherchiez-vous dans votre route?

R. Je cherchais la lumière, de laquelle je vous ai donné l'explication.

D. Que vous a fait faire le premier surveillant?

R. Après m'avoir ôté le bandeau, par l'ordre qu'il en reçut, il m'a fait placer les pieds en équerre, et m'a fait parvenir au vénérable, par trois grands pas.

D. Qu'avez-vous vu lorsqu'on vous a découvert les yeux?

R.* Tous les frères armés d'un glaive dont ils me présentaient la pointe.

D. Pourquoi?

R. Pour me montrer qu'ils seraient toujours prêts à verser leur sang pour moi, si j'étais fidèle à l'obligation que j'allais contracter, ainsi qu'à me punir, si j'étais assez méprisable pour y manquer.

D. Pourquoi vous fit-il mettre les pieds en équerre, et vous fit-il faire trois grands pas?

R. Pour me faire connaître la voie que je dois suivre, et comment doivent marcher les apprentis de notre ordre.

D. Que signifie cette marche?

R. Le zèle que nous devons montrer en marchant vers celui qui nous éclaire.

D. Qu'est-ce que le vénérable a fait de vous?

R. Comme il était certain de mes sentiments, après avoir obtenu le consentement de la loge, il m'a reçu apprenti maçon avec toutes les formalités requises.

D. Quelles étaient ces formalités?

R. J'avais le soulier gauche en pantoufle, le genou droit nu sur l'équerre, la main droite sur l'Évangile, et de la gauche je tenais un compas à demi ouvert sur la mamelle gauche qui était nue.

D. Que faisiez-vous dans cette posture?

R. Je contractais l'obligation de garder à jamais les secrets des maçons et de la maçonnerie.

D. Vous souvenez-vous bien de cette obligation?

R. Oui, très-vénérable.

D. Pourquoi aviez-vous le genou nu et le soulier en pantoufle?

R. Pour m'apprendre qu'un maçon doit être humble.

D. Pourquoi vous mit on un compas sur la mamelle gauche nue?

R. Pour me montrer que le cœur d'un maçon doit être juste et toujours à découvert.

D. Que vous a-t-on donné en vous recevant maçon?

R. Un signe, un attouchement et deux paroles.

D. Donnez-moi le signe. (On le fait.)

D. Comment le nommez-vous?

R. Guttural.

D. Que signifie-t-il?

R. Une partie de mon obligation, que je dois préférer d'avoir la gorge coupée, plutôt que de révéler les secrets des maçons aux profanes.

D. Donnez l'attouchement au frère second.

(On le donne: et lorsqu'il se trouve régulier, le surveillant dit:)

R. Il est juste, très-vénérable.

D. Dites-moi le mot sacré des apprentis.

R. Très-vénérable, on ne m'a permis que de l'épeler: dites-moi la première lettre, je dirai la seconde.

(On l'épelle alternativement.)

D. Que signifie ce mot?

R. Que la sagesse est en Dieu. C'est le nom de la colonne qui était au septentrion, auprès de la porte du temple où s'assemblaient les apprentis.

D. Quel est votre mot de passe?

R. Tubalcaïn, qui veut dire possession mondaine. C'est le nom du fils de Lamech qui, le premier, eut l'art de mettre les métaux en œuvre.

D. Ne vous a-t-on rien donné de plus en vous recevant maçon?

R. L'on m'a donné un tablier blanc et des gants d'homme et de femme de la même couleur.

D. Que signifie le tablier?

R. Il est le symbole du travail; sa blancheur nous démontre la candeur de nos mœurs, et l'égalité qui doit régner entre nous.

D. Pourquoi vous a-t-on donné des gants blancs?

R. Pour m'apprendre qu'un maçon ne doit jamais tremper ses mains dans l'iniquité.

D. Pourquoi donne-t-on des gants de femme?

R. Pour montrer au récipiendaire qu'on doit estimer et chérir sa femme, et qu'on ne peut l'oublier un seul instant sans être injuste.

D. Qu'avez-vous vu lorsque vous avez été reçu maçon?

R Trois grandes lumières placées en équerre, l'une à l'orient, l'autre à l'occident, et la troisième au midi.

D. Pourquoi n'y en avait-il point au nord?

R. C'est que le soleil éclaire faiblement cette partie.

D. Que signifient ces trois lumières?

R. Le soleil, la lune, et le maître de la loge.

D. Pourquoi les désignent-elles?

R. Parce que le soleil éclaire les ouvriers le jour, la lune pendant la nuit, et le vénérable en tout temps dans sa loge.

D. Où se tient le vénérable en loge?

R. A l'orient.

D. Pourquoi?

R. A l'exemple du soleil, qui paraît à l'orient pour commencer le jour, le vénérable s'y tient pour ouvrir la loge, aider les ouvriers de ses conseils et les éclairer de ses lumières.

D. Et les surveillants, où sont-ils placés?

R. A l'occident.

D. Pourquoi?

R. Comme le soleil termine le jour à l'occident, les surveillants s'y tiennent pour fermer la loge, renvoyer les ouvriers contents, et faire bon accueil aux frères visiteurs.

D. Où vous a-t-on placé après votre réception?

R. Au septentrion.

D. Pourquoi?

R. Parce que c'est la partie la moins éclairée, et qu’un apprenti qui n'a reçu qu'une faible lumière n’est pas en état de supporter un plus grand jour.

D. A quoi travaillent les apprentis?

R. A dégrossir et ébaucher la pierre brute.

D. Où sont-ils payés?

R. A la colonne J.

D. Quels sont les plus grands devoirs d'un maçon?

R. C'est de remplir ceux de l'état où la Providence l'a placé, de fuir le vice et pratiquer la vertu.

Voilà absolument toutes les demandes du catéchisme des apprentis; et lorsqu'elles ont été faites à un frère qui arrive après l'ouverture de la loge, le vénérable lui dit:

D. Mon frère, que demandez-vous?

R. Très-vénérable, d'être admis à vos augustes travaux.

Le vénérable: Prenez place, mon cher frère; vos lumières et vos vertus vous en donnent les droits.

Mais lorsque ces mêmes demandes ont été faites après les réceptions pour instruire les nouveaux initiés, et qu'il s'agit de fermer la loge, le vénérable fait alors les deux demandes suivantes, au lieu des deux qu'on vient de lire ci-dessus:

D. Quelle heure est-il?

R Minuit.

D. Quel âge avez-vous?

R. Trois ans.

Le vénérable: En vertu de l'heure et de l'âge, avertissez tous nos chers frères, tant du côté du midi que du côté du nord, que nous allons fermer cette loge, en terminant nos travaux à la manière accoutumée.

Les deux surveillants obéissent, chacun sur sa colonne; ensuite toute l'assemblée, à l'imitation du vénérable, fait le signe d'apprenti et les acclamations; après quoi le vénérable dit:

Mes frères la loge est fermée.

Les deux surveillants répètent ces paroles.

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 00:44

 Rite Moderne Belge, Rite Moderne Français,

je t’aime, moi non plus

Superbe conférence de notre très Illustre Frère Jean van Win de Belgique  

Petits rappels de base.

Je m’efforcerai de ne produire que des faits objectifs et historiques, et lorsque je vous donnerai des opinions personnelles, et donc subjectives, je l’indiquerai.

Pour commencer par un paradoxe provocateur, disons qu’il n’y a pas de rites en maçonnerie.

Mais il existe bien, sous ce vocable, des habillages différents d’une même réalité. Dans certaines obédiences européennes, qui ne sont hélas ni la Grande Loge de Belgique ni le Grand Orient de Belgique, on pratique en loge une dizaine de rites différents : le Rite Moderne Belge, le Rite Moderne Français, le Rite Ecossais Ancien et Accepté, le Rite Ecossais Rectifié, le Rite Ecossais Philosophique, le Rite dit Emulation, le Rite d’York, le Rite Californien, le Rite Opératif de Salomon, et occasionnellement le Rite de Memphis et Misraïm.

Habillages différents certes, mais recouvrant une structure de base assez identique. Prenons l’exemple du la réception au grade d’apprenti, que l’on appelle souvent « initiation » : le profane est successivement confronté à :

sa mise à l’écart

la rédaction de son testament

le bandage de ses yeux

son introduction dans la loge

des voyages contrariés

sa soumission à des épreuves,

ensuite son passage des ténèbres à la lumière

sa prestation de serment

sa consécration

son investiture

son introduction dans la chaîne d’union

enfin les agapes rituelles ou non

En résumé, il s’agit, lors de cette réception, de mimer une mort imaginaire à la vie matérielle et de figurer une entrée dans une vie spirituelle.

Historique du Rite Français.

L’un de ces rites pratiqués sur le continent s’appelle le Rite Français, ou Moderne Français. En France, ces termes sont synonymes. Je vous résume très schématiquement son histoire en cinq époques.

1.  La première est celle des fondateurs anglais. Stuartistes ou Hanovriens, peu importe ; les historiens se querellent à ce propos, et je pense qu’il y en avait appartenant aux deux camps, et qui pratiquaient selon toute vraisemblance les mêmes rituels, au demeurant fort simples et peu emphatiques. Ces rituels étaient ceux de la Grande Loge des « Moderns ».

2.  La deuxième époque française voit l’apparition d’une tentative d’organisation des loges qui avaient proliféré en Europe à la vitesse d’un feu de poudre. Aux Etats-Unis aussi, du reste, mais sous l’égide de la maçonnerie des Anciens.

Différents organismes centralisateurs et organisateurs sont créés, dont la Grande Loge de France vers 1760, le Grand Orient de France en 1773, le Rite Français selon le Régime du GOF en 1801, et le Rite Ecossais Ancien et Accepté en 1804. Ces organismes s’ajoutent à nombre d’autres formations ayant vu le jour en Avignon, à Lyon, à Marseille et en d’autres lieux.

3.  La troisième époque est celle de l’apparition très précoce des hauts grades, c'est-à-dire des grades postérieurs à celui de Maître Maçon. Les premiers voient le jour dès 1730 à Londres, et apparaissent vers 1740-1743 à Paris. Je n’en dirai pas plus en cette loge qui se tient au grade d’apprenti, mais vous savez tous que la dramaturgie du grade de Maître Maçon se conclut par une question universelle, quel que soit le rite pratiqué : et alors, que fait-on ?

Les solutions données à cette question sont multiples et diverses. En effet, on voit surgir de l’imaginaire des Frères une nébuleuse fort encombrée et souvent très contradictoire, que Claude Guérillot  nomme le Rite de Perfection, mais qu’Alain Bernheim appelle à juste titre l’Ordre du Royal Secret.

Les hauts grades se sont développés en Europe sans aucune organisation, sans aucune logique, et ont été vertement critiqués par nombre d’historiens, maçons ou non. Ils comptent nombre de doubles emplois. Le seul futur Rite Français, avant la rationalisation de 1780, n’en comportera pas moins de 81…

Un fort besoin de mise en ordre se fera jour à l’approche des années 1780, à l’initiative du GODF et de son Grand Chapitre Général. Il sera imité rapidement par d’autres rites, et l’année 1786 est cruciale pour plusieurs d’entre eux.

Une initiative particulièrement intéressante est celle du Rite Français. La Chambre des Grades du GODF travaille d’arrache-pied en 1782-1783, et envoie aux loges, en 1786 et en 1787, les Cahiers des trois grades bleus et des quatre Ordres de Sagesse qui composent la globalité du Rite Français.

Cette dernière structure, qui pénètre en Belgique et en Hollande depuis 1792, est composée des Ordres d’Elus—d’Ecossais—de Chevalier d’Orient—de Chevalier Rose Croix. Un Ordre est un ensemble de grades regroupant des thématiques proches, et excluant forcément certains grades jugés superflus.

4.  La quatrième époque continentale voit la codification des hauts grades. Le Rite Ecossais Rectifié en compte six ; il est composé de la maçonnerie française de Lyon, de frères de la Réforme de Dresde et des apports des Elus Coëns.

Le Rite Ecossais Ancien Accepté est constitué comme le Rite Français, c’est à dire qu’il s’approprie un certain nombre de grades présents dans le soi-disant Rite de Perfection, mais au lieu de les compacter en quatre Ordres, il les répartit en 33 degrés, dont les cinq derniers naissent à Charleston aux Etats-Unis sous une influence ancienne mais  non identifiée encore.

Le Rite Français en ses hauts grades provient donc du même patrimoine initiatique que le REAA ; toutefois, la méthode de rationalisation a été différente.

Enfin, le Rite Français qui est évidemment Moderne, car il n’a jamais existé de Rite Français Ancien, se répand dès 1786, et est aujourd’hui pratiqué dans tous ses grades et Ordres de Sagesse, dans un grand nombre de pays à la surface  du globe, et dans des obédiences telles le GODF, la GLDF, la GLTSO, la GLNF, la LNF, la GLFF, la GLM. Et la Belgique, me direz-vous ? Nous allons y venir…

5.  Car la cinquième époque, la moins agréable de toutes, est celle de la laïcisation et de la politisation du Rite Français en Belgique qui, après la cessation de l’autorité du GODF dans nos pays au lendemain de la défaite de Waterloo, est dénommé Rite Moderne. Il est très politisé et laïcisé en France et, pour des raisons assez différentes, il l’est aussi en Belgique. La Laïcisation va de pair avec la politisation. Sans nous appesantir sur ce sujet, il est bon de préciser que, chez nous, les attaques proviennent du côté de l’archevêché de Malines et donc de Rome, et que la Maçonnerie belge de l’époque ne fait que riposter aux excommunications et aux mandements infâmants des évêques de Belgique.

Disparition et Résurrection du Rite Français

Le Rite Français va donc connaître une longue traversée du désert au cours du XIXe siècle, tant en France qu’en Belgique. Les révolutions de 1848, la guerre de 1870, les guerres mondiales de 14-18 et de 39-45 n’arrangeront pas les choses. La Maçonnerie survit, mais n’est pas en état de retrouver sa splendeur du XVIIIe siècle.

Toutefois, cette traversée du désert n’implique pas la cessation des activités rituelles des chapitres de Rite Français, pas plus en Belgique (je l’ai démontré à diverses reprises à l’aide de documents irrécusables), qu’en France. A cette époque et dans ce pays, la pratique des Ordres de Sagesse s’est poursuivie sous la juridiction du Grand Collège des Rites du GODF, notamment dans la Vallée de Toulouse qui pratiqua les trois premiers Ordres jusqu’en 1960, de même que d’autres chapitres en d’autres vallées. En ce qui concerne Paris et la Provence, ce sont des chapitres indépendants qui ont maintenu la flamme en attendant la « résurrection » d’une juridiction appropriée et spécifique au Rite Français. Il en va de même en Belgique, jusqu’en 1880 environ, si ce n’est que la résurrection légitime et crédible y est toujours attendue aujourd’hui…

Cependant, vers 1960, le grand maçon que fut René Guilly procède à une étude exhaustive du Rite Français et retrouve les tenants d’une antique patente qui avait survécu aux Indes néerlandaises, et était revenue aux Pays-Bas, où elle fut transmise à Guilly et à ses amis.

Un noyau de Chevaliers Rose Croix du Rite Français ravivait les flammes du Rite en France…il conquerra toutes les obédiences de France qui pratiquent aujourd’hui les Grades de Sagesse, et se manifeste en loge bleue sous les appellations :

Rite Moderne ou Rite Français, appellations équivalentes en France (depuis 1786) ;

Rite Français Traditionnel, (1960 Guilly) initiatique et traditionnel ; 

Rite Moderne Français Rétabli, (XVIIIe siècle+ apports anglais) ;

Rite Français Murat, (1858)

Rite Français Groussier, (1938) ; retour aux sources ;

Rite Français Amiable, (positiviste !)  

etc…

Dès 1994, il a été décidé de réactiver une juridiction – et non une simple pratique plus ou moins autonome -- propre aux  « hauts grades » du Rite Français via la résurrection du Grand Chapitre Général de France.

De 1994 jusqu’à l’an 2000, la reconstruction s’est accomplie palier par palier jusqu’au Convent de 1999 et l’Assemblée des Chapitres de juin 2000.


C’est désormais, et à nouveau, le Grand Chapitre Général – Rite Français du Grand Orient de France qui administre les souverains chapitres de ce rite. Il veille, dans le monde entier, à la régularité de la pratique du Rite Français qu’il a fondé en 1786.


Plus de 4300 frères répartis dans 159 chapitres pratiquent les grades de Sagesse en France, de même que la Grande Loge Féminine qui en reçut la patente en 2000.

Cette résurrection s’étend progressivement aux pays et territoires qui avaient été frappés par la même désuétude aux XIXe et XXe siècles. On la voit paraître dans l’océan indien, dans les Antilles, aux Caraïbes. Des projets concrets voient le jour à Nouméa, Londres, New York, au Portugal, au Liban, à Madagascar, en Afrique. La maçonnerie française rayonne à nouveau dans le monde. Mais….

Et chez nous ? Quid de la Belgique ?

Contrairement à nos voisins français qui ont réussi une superbe résurrection du rite maçonnique le plus pratiqué dans nos régions au  XVIIIe siècle, le Rite Français n’y est toujours pas pratiqué, car le Rite Moderne Belge n’est en aucune façon le Rite Moderne Français.

Certains auteurs belges ont entretenu une confusion en alléguant que le Rite Moderne Belge, pratiqué par le GOB, par la GLB et par la GLRB, était identique au Rite Moderne des Français. Cela ne me paraît pas exact ; ils sont différents en leur essence comme en leur liturgie rituelle, et je suis ici pour vous dire en quoi ils ne sont pas les fils d’un même père, car ils ne possèdent nullement le même patrimoine génétique

Mon excellent ami Jacques Ch. Lemaire a publié un article dans « La Chaîne d’Union » n°37 de juillet 2006, dans lequel il se réfère constamment au Rite Français du Grand Orient de Belgique.

Le Rite Moderne Français (de Belgique) n’est pas le Rite Moderne Français (de France)…

Il fut certes une époque où certaines loges du GOB ont pratiqué ce rite sous l’égide et l’autorité du Grand Orient de France. Mais, à mon avis, un rite se caractérise essentiellement par deux aspects : le premier est le contenu initiatique et spirituel de ses rituels ; le second est le lien qui unit le bénéficiaire/utilisateur d’une patente à l’organisme qui la détient légitimement et lui en a cédé l’usage, selon telles ou telles modalités.

(a)   Le contenu initiatique des rituels du Rite Moderne Belge, voire même du Rite Moderne dit Français, pratiqué au GOB en 2008 n’est pas celui du Grand Orient de France. Ils ne concernent, en Belgique, que les grades d’apprenti, de compagnon et de maître maçon. Le contenu de ces  mêmes grades au Rite Français de France est nettement différent ; de plus, le patrimoine français du Rite Français comporte 5 Ordres de Grades ultérieurs à celui de maître, ce qui n’est aucunement le cas en Belgique.

Voici ce qu’affirme le GOB sur son site officiel Internet:  

le rite moderne ou rite des Modern(e)s : rite de fondation du Grand Orient de Belgique,  également parfois appelé rite français, inscrit dans la filiation de la Grande Loge de Londres  de 1717 dite « Grande Loge des Moderns »; c’est un rite basé sur la quête de la Raison, de  l’Homme maillon de la chaîne sociétale…

Le rite écossais ancien et accepté : ce rite, plus spiritualiste, invite le maçon à élaborer  son « temple intérieur » ; il revendique sa filiation avec la Tradition notamment issue de la Grande Loge anglaise des Ancients ; il est l’un des rites maçonniques les plus pratiqués au monde …

 (b)  Quant à la filiation à caractère historique, revendiquée par le GOB, si elle ne porte pas sur le Rite Français structuré en trois grades spécifiques et quatre Ordres de grades ultérieurs à la maîtrise, de quoi se compose-t-elle donc, et en quoi serait-elle «  française » ?

Ajoutons que la Grande Loge de Belgique, fille du GOB car issue en 1959 de ce dernier, a emporté avec elle, lors de sa fondation,  les rituels de cette dernière obédience. Elle les qualifie officiellement de Rite Moderne Belge, et jamais de Rite Français.

Quant à la Grande Loge Régulière de Belgique, issue de la GLB et donc petite-fille du GOB, elle distingue nettement le Rite Moderne Belge (son rite officiel) du Rite Français quelle pratique également, avec un contenu initiatique essentiellement différent et conforme, mutatis mutandis, au Régulateur, mais avec des concessions aux exigences de la Grande Loge Unie d’Angleterre, telle par exemple la présence d’un « autel » en Loge, sur lequel repose, recouverte du compas et de l’équerre, une bible dont l’ouverture rituelle par le Vénérable fait l’objet d’une séquence très britannique, faisant allusion à la «  Vraie Lumière ». Ce qui n’est aucunement « français ». Aucun rituel français ne connaît cette séquence à caractère nettement religieux.

Une seule obédience belge pratique le Rite Français en ses grades bleus : c’est la GLRB, dont sept loges travaillent (en 2006) au Rite Français, la majorité des autres ayant adopté le Rite Moderne Belge, de même d’ailleurs que l’obédience pour ses tenues de Grande Loge, et qui interdit que le nombre de loges pratiquant un rite autre que le RMB excède 50% du nombre des loges du rite moderne.

Ce qui fut qualifié par dérision de «  Rite Français » par les « Antients » qui importèrent le REAA à Paris en 1804, s’intitule en réalité « les rituels selon le Régime du Grand Orient ». Ces rituels furent composés par la Chambre des Grades du GODF et furent envoyés, en juillet 1787,  avec d’infinies précautions, aux loges de la correspondance.

Les rituels d’origine française utilisés en Europe avant cet envoi ne peuvent pas être qualifiés de Rite Français ; ils représentent certes la maçonnerie « d’esprit ou de style français », mais ne constituent en rien le Rite Français. La confusion est générale à cet égard.

Et le marquis de Gages avec ses fameux rituels ?

En Belgique, les rituels du marquis de Gages, par exemple, qui provenaient de la Grande Loge du comte de Clermont, furent utilisés par certaines loges des Pays-Bas autrichiens de 1763 (ou 65 ?) à 1786. Gages, devenu Grand Maître provincial pour compte de la Grande Loge d’Angleterre,  meurt en janvier 1787 ; les rituels sont expédiés aux loges, par le Grand Orient de France, en juillet 1787. Ne fût-ce que pour ces raisons simplement chronologiques, son obédience, l’aurait-elle voulu,  n’a jamais pu travailler au «  Rite Français », c'est-à-dire avec des rituels approuvés par la seule autorité légitime : le Grand Orient de France.

Spécificités du Rite Français.

On les identifiera une par une en examinant les pages 12 à 34 du livre indispensable de Pierre Mollier : «  Le Régulateur du Maçon 1785 / « 1801 », édité en 2004 par A l’Orient, Paris.

Les plus caractéristiques sont les suivantes : la loge des ouvriers maçons se tient dans le Porche du temple, et non dans le temple.

  • la loge étant traditionnellement située HORS du temple, on y voit la voûte étoilée
  • Les trois grandes lumières sont : le soleil—la lune—le Maître de la Loge. Il n’y a jamais d’autel séparé, mais « le livre des statuts généraux de l’Ordre » est disposé sur le plateau du Vénérable, aussi appelé parfois « autel », « authel » voire « thrône ».
  • La colonne des apprentis est J, la colonne des compagnons est B.  Ceci montre une inversion par rapport à la description de la Bible (Chroniques et Rois), inversion inventée puis supprimée par la maçonnerie anglo-saxonne, mais restée tradition dans la maçonnerie française.
  • Les trois grands chandeliers constituent une équerre ayant pour base l’Orient et non l’Occident, et représentent le soleil, la lune et le maître de la Loge. La position inverse, ayant pour base l’Occident, est écossaise. Mais avec des variantes…
  • Les épreuves lors des voyages sont destinées à effrayer le candidat et à mesurer sa persévérance. Le premier voyage se fait dans le vacarme et c’est tout. Le deuxième voyage voit la purification par l’eau. Le troisième voyage voit la purification par le feu. L’épreuve de la terre est inconnue. Les purifications par l’eau et le feu proviennent des Ecritures, et n’ont aucune connotation alchimique. Il est intéressant de noter, toutefois, que c’est à cette époque que s’introduiront dans les maçonneries française et austro allemande, des purifications qui, dit-on sans preuves, prendront progressivement des allures alchimiques. Mozart par exemple fut initié en 1784 avec un rituel qui ignore toute purification ; mais sa Flûte Magique, en 1791, mentionne sans la moindre équivoque des purifications par « les quatre éléments de l’Antiquité » ( cfr les paroles du duo fugué des Gardiens du Temple). C’est donc précisément à cette époque que les épreuves traditionnelles, purement physiques et morales, se muent, en certains endroits, en des purifications d’ordre sacramentel, religieux ou magique. Qu’il me soit permis de le regretter…

Les autres spécificités du Rite Français de 1786 sont :

* le simulacre de la saignée

* le calice d’amertume

* le serment prêté dans la position de l’équerre ( il n’y a jamais d’agenouillement au Rite Français, le néophyte étant placé dans la position de l’équerre, soit chacune des deux jambes repliée en équerre, les deux bras repliés en équerre, la main tenant un compas ouvert en équerre. L’équerre fut longtemps l’instrument le plus important du rituel maçonnique).

* le serment prêté sur les statuts de l’Ordre et l’épée, symbole de l’honneur, devant le GADLU

* le don de la Lumière (une seule)

* la consécration par le seul Vénérable (les deux surveillants n’ayant nullement qualité pour consacrer)

* la disposition des pieds en double équerre, lors de la marche rituelle, qui part du pied droit

* la position d’ordre en posant la main au col, de manière que le larynx se trouve entre l’index et le pouce, l’avant-bras à plat sur la poitrine ; pour faire le signe, on élève ensuite le coude et la main trace le niveau, et on abaisse ensuite la main par perpendiculaire. La position d’Ordre au Rite Français, comme au Rite Ecossais Rectifié, contredit la disgracieuse position d’ordre anglo-saxonne, d’origine « antienne », coude levé ( cf Guide des Maçons Ecossais rituel ancien).

 L’esprit du Rite Français en cinq points

Point 1 :

Le Rite Français est l’exercice de la Maçonnerie à l’état chimiquement pur. Il ne comporte que des symboles relatifs au mythe de la Construction du Temple de Salomon.

Le pavement mosaïque est celui du Palais mosaïque, destiné à abriter les tables de la Loi reçues par Moïse sur le Sinaï. Elles sont conservées dans le temple de Salomon ou Palais de la Loi mosaïque, en abrégé « Palais mosaïque », d’où l’adjectif  « mosaïque »--relatif à Moïse--donné au pavement de ce palais.

Le tableau de la Loge doit être dessiné puis effacé ; la Loge, ou baraque des ouvriers, ne comporte aucun signe permanent sur les murs.

Les Trois Grandes Lumières sont de vraies lumières : soleil pour le jour, lune pour la nuit, maître pour la Loge.

L’étoile est aussi attribuée au VM et doit figurer sur son sautoir au Rite Français.

Les meubles de la Loge (mobiles, càd déplaçables) sont la bible, l’équerre et le compas. Cet assemblage non traditionnel ne sera imposé aux loges placées sous la dépendance de la Grande Loge Unie d’Angleterre qu’à partir de 1813. C’est un usage religieux provenant de la maçonnerie des « Antients », qui n’a donc aucun rapport avec la maçonnerie des « Moderns » ni avec la maçonnerie d’esprit et de rite français.

Les bijoux et les ornements sont expliqués dans les catéchismes et tuileurs, et figurent sur le tableau synthétique de la Loge.

Les Trois Piliers, parfois abusivement dénommés colonnes, sont Sagesse, Force et Beauté. La tradition moderne et française attribue la sagesse au Vénérable, la force au premier Surveillant et la beauté au second Surveillant. Les autres attributions, variées dans les rites écossais, sont incorrectes et non signifiantes. Seul le VM incarne Salomon en Loge, et Salomon seul symbolise la Justice et la Sagesse.

Les surveillants sont placés à l’Occident. Au REAA, ils sont l’un au Sud, l’autre à l’Ouest, pour garder les portes du temple DANS lequel ils travaillent.

Point 2 :

Le Rite Français est essentiellement mythique. Il véhicule trois mythes fondamentaux :

Le mythe du passage des ténèbres à la lumière

Le mythe de la construction du temple de Salomon

Le mythe hiramique, dont il ne sera pas question en cette loge d’Apprentis.

Il en résulte ceci, qui fait la spécificité essentielle, car spirituelle, du Rite Français :

Le Rite Français ignore absolument, à la différence de bien d’autres rites maçonniques :

La pensée religieuse

La pensée ésotérique

La pensée mystique

La pensée magique

La pensée occultiste


Le Rite Français est maçonnique et mythique, et rien de plus !!

Il est en rupture avec toute métaphysique ; il s’appuie uniquement sur les symboles, les allégories, et la raison.

Voyons ceci de façon argumentée.

La pensée religieuse : elle implique une soumission totale à une réalité absolue. Le Rite Français ne comporte rien de religieux ni de « sacré », ni prière, ni aucun acte ayant ce caractère sacré.La pensée ésotérique : elle se base sur une révélation transmise à de seuls élus. C’est une tendance sectaire qui introduit un clivage entre les frères qu’elle sépare entre des élus et des damnés. Il n’y a rien d’ésotérique dans les constitutions, les règlements généraux et les règlements particuliers des loges et des obédiences, car cette pensée ésotérique va à l’encontre de l’universalisme de la franc-maçonnerie.

La pensée mystique : recherche une immersion totale de l’individu dans ce qui le dépasse. La mythologie maçonnique s’appuie sur l’idée d’un projet de Construction ; elle s’occupe du hic et nunc ; elle met l’Homme au centre de l’univers, et ne comporte rien de mystique ni de divin.

 La pensée magique : elle essaie de contrôler la réalité par des opérations mentales profondément irrationnelles. Elle s’adonne à la théurgie, à l’alchimie, à la magie. Ce sont autant d’aberrations qui ont disparu avec le dernier quart du XVIIIe siècle, sauf dans de très rares cénacles romantiques, confidentiels, spirites et attardés.

La pensée occultiste : elle privilégie les superstitions les plus dangereuses en accréditant l’influence des « esprits » sur les humains ; elle se manifeste par exemple en Loge lors de l’extinction des bougies (qu’aucun souffle humain impur ne peut éteindre !!), lors de la chaîne d’union ( qui doit se faire mains dégantées afin que « le fluide » circule mieux !!) et de la prestation de serments ( qui se fait mains gantées au Vatican, qui, en cette matière, dédaigne toute superstition). La pensée occultiste croit donc fermement aux actes à caractère magique, et à la circulation de « fluides » aux propriétés jamais expliquées depuis Mesmer…

Le Rite Français ne confond jamais le sacré, qui est du domaine des églises et des religions, avec l’initiatique, qui est du domaine de la dernière grande société initiatique du monde occidental, la franc-maçonnerie de tradition. En Loge, au profane s’oppose l’initiatique, et non le sacré. Il s’agit d’une opinion personnelle. L’étymologie nous aide à comprendre : « pro fano »  signifie resté devant le temple. « In ire » signifie entrer dans, commencer. « Sacer » signifie séparé.

Point 3 :

Le Rite Moderne Belge : un Grand Maître nous dit : « Ce rite, qui ne comporte historiquement aucun grade ultérieur à la maîtrise, est propre et « exclusif à notre pays. Il lui est spécifique et très différent du Rite Moderne Français. Il est le « produit de l’histoire locale de la maçonnerie belge, de la première moitié du XIXe siècle à  nos jours.

Vers 1955, le Grand Orient de Belgique écrit ceci :  les loges de l’obédience travaillent « selon deux rites : le rite moderne, appelé également rite français, et le rite écossais ancien et « accepté qui se distingue par une démarche plus symbolique ».Retenons donc de cet extrait « autorisé », que le Rite Moderne Belge est très différent du Rite Moderne Français, mais qu’on l’appelle aussi Rite Français. Vous avez dit bizarre, mon cher cousin ?

Ajoutons que ce rite purement local et limité strictement à trois grades symboliques de tout temps, ne saurait en aucun cas être confondu avec le Rite Français, comme certains auteurs l’ont fait. Ils sont radicalement différents dans leur esprit et dans leurs modalités initiatiques.

Le Rite Français d’une part appartient depuis 1786 au Grand Orient de France, qui le communique à qui il l’entend, et d’autre part comporte un ensemble de particularités originales aux grades bleus qui font sa spécificité, outre une structure de Hauts Grades dits Ordres de Sagesse. Nous sommes loin du Rite Moderne Belge, qui diffère du tout au tout de cette description.…

Caractère éclectique et composite du Rite Moderne Belge.

Le RMB apparaît après Waterloo en 1815 ; les Français quittent la Belgique, et l’influence du GODF cesse chez nous. Les Hollandais tentent de s’emparer de la maçonnerie belge jusqu’en 1830, date de notre indépendance par la création, bien tardive, de la Nation belge.

Sous le roi Léopold 1er, l’Eglise catholique se déchaîne contre la Maçonnerie belge, qui riposte et se mue en machine de guerre anticléricale. Les loges se vident de leurs éléments catholiques mais se remplissent de tout ce qui combat l’Eglise de Rome et de Malines.

Les rituels du temps reflètent bien entendu ces circonstances politiques particulières…Ils subissent de surcroît les influences d’autres rites, tels le Rite Ecossais Philosophique et le Rite Ecossais Ancien et Accepté, le Rite Ecossais Rectifié et les rites anglais, ce qui produit de fortes variations de loge à loge avec des différences énormes et des contradictions flagrantes, auxquelles nos loges, très chatouilleuses sur leur indépendance et fermement cramponnées  à leurs habitudes, tiennent avec une vigueur difficilement négociable…

Les rituels se voient amputés de nombre d’éléments traditionnels et signifiants, au profit d’innovations parfois saugrenues et produisent un rite « dit moderne » approuvé en 1878 par le GOB.


LE RMB = LE RF + LE REAA + LE RER + LE REPH + LE RA

Peut-on résumer le Rite Moderne Belge en une formule lapidaire ? La voici :

Soit : le Rite Moderne est le Rite Français plus le Rite Ecossais Ancien et Accepté plus le Rite Ecossais Rectifié plus le Rite Ecossais Philosophique plus des apports rituels anglais.

Point 4 :

Résumé des caractéristiques et emprunts du Rite Moderne Belge.

La première caractéristique est qu’il ne vit que de greffes étrangères. Vous en voulez certes des preuves ; les voici.

Dans les nombreux rituels qui furent en vigueur dans nos régions, au XVIIIe siècle, les exemples abondent qui démontrent les pratiques en honneur chez nous. Par exemple, dans les rituels du marquis de Gages, qui fut Grand Maître de 1763-65 à 1786, soit 21 ans durant, l’initiation d’apprenti, en ses voyages, est assortie d’épreuves et non de purifications, dont on voit la connotation. Il en va de même dans les fameux rituels du comte de la Barre, datant de 1778.

Le Régulateur du Maçon lui-même, de 1801, ne connaît que la « purification » par l’eau et le feu, en conformité avec la parole des Ecritures.

Le REAA du Guide des Maçons Ecossais, rituel des Antients, ne connaît que « les flammes purificatoires » intervenant au cours du troisième voyage. Cette greffe du REAA est utilisée dans certains ateliers du RMB, dans diverses obédiences belges.

Que se passe-t-il en général au Rite Moderne Belge ? L’épreuve de l’air est ajoutée, de même que celle de la terre, sous la forme du «  cabinet de réflexion » !!

Le grade de compagnon du RMB connaît deux greffes majeures : une provenant du RER, l’autre, dénuée de toute valeur initiatique, provenant des Compagnonnages. Je ne puis en dire plus en loge d’apprenti.

L’ouverture et la fermeture de la Bible est une greffe des rites anglais et est tout à fait ignorée de la maçonnerie française.

Les taus de tabliers des Maîtres Installés ne sont pas des taus, lettre grecque inusitée en maçonnerie, mais des niveaux, qui ne sont pratiqués que dans la maçonnerie anglo-saxonne. La maçonnerie française, dont le Régime Rectifié, les ignorent totalement (ou devrait les ignorer).

Les serments prêtés sur la Bible recouverte de l’équerre et du compas sont une greffe anglaise. Le Régulateur du Rite Français fait jurer sur les statuts de l’Ordre et sur l’épée du VM. Le RER sur l’évangile de Jean et l’épée du VM.

Le serment d’obéissance de l’Orateur au VM est un vestige de l’Empire et est ignoré des autres rites français et rectifié.

Les 3 grandes lumières Bible équerre compas ; c’est une greffe des Anglais.

Les 3 chandeliers avec base à l’Occident proviennent de l’Ecossisme en général.

La loge devient le temple, comme au REAA

Les grades deviennent des degrés, comme au REAA et en Angleterre.

Les ex VM deviennent Couvreurs « par humilité », ce qui revient à dévaloriser le rôle essentiel du Couvreur de la Loge ; c’est propre au RMB. Ailleurs, ils constituent souvent le Conseil des Anciens Maîtres de Loge, sorte de Sénat constitué de ceux « qui sont passés par la  chaire de Salomon ».

Il y a un autel dans le temple, ce qui est une greffe du REAA, des Anglais mais surtout des Eglises de toutes obédiences.

Les déambulations en loge des FF et des Officiers se font en marquant les angles droits, parfois en claquant les talons !! C’est une greffe militaire et anglaise. La maçonnerie française rectifiée ne connaît que les déambulations à pas libres. Le Rite Français marque légèrement les angles.

Enfin, last but not least, la chaîne d’union se fait mains dégantées, afin, disent les auteurs classiques, que le fluide circule !!! ce qui est une greffe des occultistes et des « spirites » du XIXe siècle.

Conclusion :

On ne peut vraiment pas affirmer que le Rite Moderne Belge, hybride purement local, circonstanciel et limité à trois degrés symboliques, soit l’équivalent du Rite Français. Il suffit de comparer leurs composants à tous deux, pour constater que les similitudes spirituelles sont inexistantes, assorties de pratiques rituelles étrangères les unes aux autres.

Le Rite Français fut certes présent en Belgique de 1795 (date de l’annexion négociée de la Belgique à la République française, et, par conséquent de la prise d’autorité du Grand Orient de France sur la plupart des loges belges) jusqu’en 1814, date du départ des troupes françaises.

Les hauts grades français ont donc continué à se voir pratiqués chez nous sans chef d’ordre, jusqu’en 1880 à tout le moins, ce qui est attesté ; mais la pratique du Rite Français y est tombée en désuétude après cette date, et le Rite Moderne Belge s’est constitué sous le règne de Léopold 1er, hors la compétence du Grand Orient de France et a fortiori de son Grand Chapitre Général-Rite Français. Ce dernier ne contient du reste AUCUN nom de chapitre belge, ni même celui d’un chapitre simplement situé sur le territoire de la future Belgique, porté sur sa matricule depuis 1784. Dont acte.

En résumé : le Rite Moderne Belge est ce qui reste du Rite Français quand on en a ôté tout caractère moderne français, et qu’on y a ajouté une pluie désordonnée d’influences anglaises, écossaises, anciennes, religieuses, rectifiées et occultistes.

Le Rite Moderne Belge est limité aux trois grades dits « artisanaux ».

Le Rite Moderne Français est chimiquement pur.

Il est maçonnique, mythique et symbolique.

Et rien d’autre.

Il comporte depuis ses origines trois grades bleus et cinq Ordres de Grades.

Il privilégie la tradition conviviale des origines anglaises, le respect et l’amour des Lumières, la Laïcité et la seule raison.

Aujourd'hui, les Grades de Sagesse du Rite Français sont pratiqués en Belgique par le Grand Orient de Belgique pour les Frères masculins, à la Grande Loge Féminine de Belgique pour les Sœurs, et au chapitre inter obédientiel Prince de Ligne pour les adeptes de la mixité maçonnique. Le tout pourrait constituer un jour, le Grand Chapitre Général de Belgique : trois entités en une. Vivat !

 

 

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 14:08

GRADE D'APPRENTI

 Décoration de la Loge

La Loge est décorée d'une tapisserie en bleu où l'on met, si l'on veut, les attributs de la maçonnerie.

A l'Orient de la Loge est un trône et un fauteuil, le tout garni en bleu. C'est la place du Vénérable. Il a devant lui, une table faite en Equerre, couverte d'un tapis bleu, où il y a dessus une Epée, un Compas, un maillet et une Bible ; et à ses pieds un coussin de drap ou de velours bleu également en Equerre sur lequel les Récipiendaires se mettent à genoux quand ils prêtent leur obligation.

On doit arriver au Trône par trois grandes marches de toute la largeur de la Loge; l'espace qu'occupe la Troisième marche autour du Trône, s'appelle l'Orient, et c'est la place qu'occupent tous les ff. possédant le Grade d'Ecossais et les autres Grades Supérieurs.

Il doit y avoir sur l'Orient trois tables faites en Equerre, pareilles à celle qui est devant le Vénérable, dont une pour le Secrétaire à la droite du Vénérable, et deux à la gauche dont l'une pour le Trésorier et l'autre pour l'Orateur: celle de ce dernier est la plus proche du Trône.

Il y a également plusieurs sièges pour les ff. possédant les hauts grades. Dans les assemblées nombreuses ceux-ci se placent sur ces trois marches et garnissent ainsi tout l'Orient.

Le premier Surveillant est placé à l'occident du côté du midi, il a devant lui son Epée nue et son maillet.

Le second Surveillant est placé à l'occident du côté du Nord, il a également devant lui son Epée nue et son maillet.

A côté des deux Surv. doit être une petite colonne surmontée d'une boule ou d'une plaque en laiton. Cette colonne doit être à la hauteur de leur siège, et c'est la dessus qu'ils frappent avec leur maillet pour diriger les travaux de la Loge.

Sur le carreau au milieu de la Loge doit être placé un tableau en toile d'un carré long, sur lequel sont peints tous les attributs et emblèmes de la maçonnerie.

La Loge est éclairée par trois grandes lumières qu'on nomme Etoiles, placées en Triangle autour de ce tableau, c'est à dire une du côté de l'Orient, à la droite en entrant à la Loge ; la seconde du côté du premier Surveillant ou du midi ; et la troisième du côté du second Surveillant ou du Nord. Il doit y avoir au dessus du Trône une grande Etoile flamboyante avec la lettre G au milieu: elle doit être éclairée en transparent par derrière.

Les Maitres et Compagnons sont dispersés par toute la Loge. Les Apprentis se tiennent tous du côté du Nord.

Ouverture de la Loge

Le Vénérable frappe sur l'autel un coup de maillet que les ff. 1er et 2° Sur. répètent. Il se lève ainsi que tous les frères qui restent debout et à l'ordre (on entend par être à l'ordre tenir la main droite sous la gorge et avancée du côté gauche). Ensuite il dit:

A l'ordre, mes frères, aidez moi à ouvrir la loge générale d'apprenti.

D. f. 1er Surv. quel est le premier devoir d'un Maç. en loge ?

R. Ven, c'est de voir si la Loge est couverte extérieurement, et si nous sommes tous intérieurement maçons et membres de cette assemblée.

D. Faites y pourvoir mon frère.

Le 1er Surv. dit : frère Terrible, vous avez entendu l'ordre du Vénérable. Assurez-vous si le Temple est à couvert, et si nous sommes à l'abri de tout profane. Pendant que le f. Terrible, pour exécuter l'ordre du Vénérable s'assure de l'extérieur du Temple, les ff. 1er et 2° Surv. font également le tour de leur colonne respective pour s'assurer si tous les ff. présents sont membres de la Loge. Ensuite le f. Terrible entre et dit :

f. 2° Surv. annoncez au Vénérable que la Loge est à couvert et à l'abri de tout profane.

Le second Surv. dit :

f. 1er Surv., la Loge est à .couvert extérieurement et tous les ff. qui sont sur ma Colonne sont membres de cette assemblée. Le f. 1er Surv. dit :

Vénérable, la Loge est à couvert extérieurement, et à l'abri de tout profane, et tous les ff. présents sur les deux Colonnes sont membres de cette assemblée.

Le Vénérable dit :

D. f. 1er Surv., où se tient le Vénérable en Loge ?

R. A l'Orient, Vénérable Maître.

D. Pourquoi ? f. second Surveillant.

R. A l'exemple du soleil qui commence sa carrière par cette partie du Globe, de même le Vénérable s'y tient pour ouvrir la Loge et mettre les ouvriers à l'œuvre.

D. f. 1er Surv., à quelle heure s'ouvre une loge régulière d'App. ?

R. A Midi, Vénérable Maître.

D. Quelle heure est-il ? f. second Surv.

R. Midi plein, Vénérable Maître.

Le Vénérable :

ff. 1er et 2° Surv. puisqu'il est midi plein, que c'est l'heure des Travaux, et que la Loge est couverte, il est temps de l'ouvrir et de mettre les ouvriers à l'œuvre. Annoncez sur vos colonnes respectives, que la Loge d'App. qui était fermée et qui est couverte, va être ouverte par ses Signes ordinaires.

Ensuite il frappe trois coups en app. qui sont deux coups précipités et un lent.

Le f. 1er Surv. frappe un coup avec son maillet et dit :

Frères qui décorez ma Colonne, vous êtes avertis de la part du Vénérable que la Loge d'App. qui était fermée et qui est couverte, va être ouverte par ses signes ordinaires. il frappe trois coups en App. et dit après :

f. second Surv. annoncez sur votre Colonne.

Le second Surv. répète le même ordre : frappe trois coups en App. et dit au 1er Surv. :

f. 1er Surv. j'ai annoncé sur ma Colonne. Le 1er Surveillant dit :

Vénérable, tout est annoncé sur les deux Colonnes.

Alors le Vénérable dit :

A l'Ordre mes frères. Et tous ensembles font les signes et applaudissements d'usage, et disent trois fois huzzé en faisant claquer leurs doigts.

Le Vénérable dit :

Mes ff., la Loge générale d'App. est ouverte, je vous invite à reprendre vos places. Les Surveillants répètent cet avis sur leurs Colonnes, et les frères doivent observer de ne s'asseoir qu'après que les Surv. les y ont invités.

On commence toujours les travaux par la lecture de la délibération de la dernière tenue, que le frère Secrétaire fait d'après l'ordre qu'il en reçoit du Vénérable.

Réception.

Avant d'ouvrir la Loge le Candidat doit être placé dans un Cabinet où il reste pendant quelque temps tout seul livré à ses réflexions. On lui soumet quelques questions de morale tracées sur du papier, auxquelles on lui ordonne de répondre également par écrit. Quand le Candidat est resté environ un quart d'heure dans ce Cabinet, un frère Maitre des Cérémonies va lui bander les yeux et le conduit, dans cet état, dans une chambre obscure, appelée chambre de Réflexion.

Cette Chambre doit être tendue de noir et éclairée par une lumière qui rende une faible clarté ; il doit même y avoir quelques ossements, et d'autres objets capables d'inspirer la crainte et l'effroi au Candidat. Quand le Maitre des Cérém. l'a introduit il se retire, ferme la porte sur lui et lui dit en dehors de la Chambre, de se découvrir les yeux et de lui donner sa parole qu'il se les bandera encore dès qu'il viendra lui en porter l'ordre. Ce que le Candidat promet.

Quand le Candidat s'est découvert les yeux, le frère Maitre des Cérémonies, toujours en dehors de la Chambre, lui dit :

Monsieur, le lieu où vous êtes et les objets qui se présentent à votre vue, doivent vous faire faire des réflexions sérieuses sur le néant de la vie. Vous devez, avant que d'achever le pas que vous allez faire, sonder votre conscience et consulter les dispositions de votre cœur. Si vous ne vous sentez pas pénétré d'une ferme résolution de renoncer pour toujours à vos penchants et à vos passions déréglées retirez vous et ne persistez pas à vouloir entrer dans un Ordre qui demande de la part de ses membres, une entière abnégation de ses volontés, et l'horreur la plus profonde pour le vice.

Le f. Maitre des Cérém. l'interrompt de temps en temps dans ses réflexions par de pareilles questions, toujours relatives à la plus saine morale, et à la démarche qu'il va faire. Le f. Maître des Cérémonies le laisse seul pendant quelques instants ; il heurte ensuite avec bruit et fracas à la porte de la chambre de Réflexion. Le Candidat demande qui c'est ; Le Maitre des Cérém. lui répond, qu'on vient le chercher pour lui faire subir d'autres épreuves plus violentes, et lui demande s'il persiste toujours à être reçu Maçon. Le Candidat ayant répondu que oui, le Maitre des Cérémonies lui ordonne de se bander les yeux. Quand le Candidat a obéi à cet ordre, Il lui fait donner sa parole d'honneur qu'il n'y voit point; alors il entre dans la chambre, se saisit de lui et le conduit au parvis du Temple.

Il faut observer que dans cet intervalle on a ouvert la Loge, et le Maître des Cérémonies a porté les réponses du Candidat aux questions qu'on lui a proposées, au Vénérable qui en fait lecture.

Le Maître des Cérémonies arrivé avec le Candidat à la porte du Temple lui fait ôter ses habits, le dépouille de tous ses métaux et bijoux, lui découvre le genou droit, en lui baissant le bas sur le soulier ; lui met le soulier gauche en pantoufle, lui fait sortir le bras gauche hors la chemise et, l'ayant mis dans cet état, il frappe trois grands coups à la porte.

Le f. Terrible dit :

f. second Surveillant annoncez au Vénérable qu'on frappe à la porte du Temple en profane.

Le second Surveillant le répète au premier, et celui-ci au Vénérable qui dit :

f. Terrible, voyez qui frappe à la porte du Temple, et écartez tout profane qui oserait venir troubler nos augustes mystères.

Le f. Terrible frappe intérieurement à la porte en App. . Le Maître des Cérémonies lui répond de même ; le premier ouvre alors et demande qui c'est.

Le Maître des Cérémonies répond :

Annoncez au Vénérable que c'est un profane qui demande la faveur d'être reçu Maçon et d'être admis dans nos sacrés mystères.

Le f. Terrible transmet cette réponse au Vénérable qui dit : f. Terrible, faites demander à ce profane son nom, prénom, son âge, le lieu de sa naissance, son état civil et la Religion qu'il professe.

Le profane satisfait à toutes ces questions, toujours par l'intermédiaire du f. Terrible, et le f. Secrétaire les consigne dans la planche des travaux du jour. Le Vénérable dit :

Faites demander encore à ce profane quel est le dessein qui l'amène parmi nous; s'il est mû par une intention pure ou si c'est par esprit de curiosité, et dans la vue d'aller dévoiler nos mystères aux yeux des profanes.

Le Récipiendaire répond que ses intentions sont droites, que ce n'est point la curiosité qui a guidé ses pas, mais le désir de s'instruire dans la voie de la vertu.

Le Vénérable ordonne alors de l'introduire dans le Temple, dès qu'il y est, le f. Terrible le remet aux Surv. qui s'emparent de lui et le prennent par le bras.

Le Vénérable :

D. Monsieur, êtes vous toujours dans la ferme résolution de vous faire recevoir Maçon ?

R. Oui, Monsieur.

D . Nous ne pouvons point vous admettre témérairement parmi nous sans avoir pris des renseignements sur votre moralité et vos principes. Quelles garanties nous donnez vous de votre discrétion et de la droiture de vos intentions ? Qui vous a conduit enfin dans ce lieu ?

R . Le profane se réclame d'un membre de l'assemblée.

Tous les ff. spontanément disent qu'ils ne le connaissent pas.

Le Vénérable :

D. Monsieur, votre démarche paraît bien hasardée, et bien suspecte, nous avons tout lieu de croire que vous n'êtes venu ici que pour tâcher de surprendre nos secrets et

d'en faire un objet de dérision ; pour suppléer au défaut des garanties que vous n'étiez pas en état de nous donner nous pouvons nous assurer de vos principes et sonder les replis de votre cœur par des épreuves violentes auxquelles nous allons vous soumettre. Répondez, Monsieur, persistez vous toujours, et vous sentez vous la force et le courage de résister aux épreuves qu'on vous prépare ?

R . Oui, Monsieur.

Le Vénérable dit :

Mes ff. armez vous de vos glaives, et qu'on fasse voyager ce profane.

Alors le f. Terrible s'empare de lui, il lui présente un glaive, par le travers, qu'il lui dit de tenir par lé*s deux mains, tandis que lui-même le tient également, et il lui fait faire le tour du Temple par la voie du Nord au Midi.

Le 1er voyage fini, le f. Terrible le livre encore entre les mains des Surveillants.

Le Vénérable lui fait quelques questions toujours dans le dessein de l'intimider. Ordonne de lui faire faire le voyage dans les flammes, et il dit aux frères d'allumer les réchauds ; ensuite le f. Terrible lui fait faire le second voyage.

Le Vénérable lui fait l'application du voyage Symbolique qu'il vient de faire à travers les flammes, et lui en explique le sens moral, qui est, de purifier son âme de toutes les souillures du vice. Il lui dit ensuite :

Monsieur, vous avez encore une épreuve à subir, beaucoup plus forte et plus pénible que les autres. Il faut que vous voyagiez dans le noir. Ne craignez vous point d'être lancé dans l'Atmosphère aérien, et n'appréhendez vous pas les suites funestes d'une chute à laquelle vous allez vous exposer.

Le Récipiendaire ayant répondu que Non, tous les frères demandent grâce pour lui, et qu'on l'exempte d'un voyage aussi périlleux.

Alors le Vénérable ordonne au f. Terrible de lui faire faire son troisième voyage ; ce qu'il exécute de suite, toujours par la même voie du Nord au Midi, et en tenant tous les deux le glaive dans la même position que les précédents voyages.

Ce troisième voyage fini, le f. Terrible le remet encore entre entre les mains des Surveillants qui s'en saisissent.

Le Vénérable lui fait l'application morale de ce voyage aérien, et lui dit que les Maçons répandus sur la surface du globe étant tous frères et d'une même famille, il doit les considérer de même, les aimer et les chérir tous en quelque lieu qu'il les rencontre, et de quelle Nation qu'ils soient.

Il faut observer que chaque voyage du Récipiendaire fini, le f. Terrible l'annonce en ces termes au f. 2° Surv. :

f. second Surv. annoncez au Vénérable que le profane vient de terminer son voyage ( il désigne lepremier, le second et le troisième) et qu'il se trouve entre les deux colonnes. Il fait la même annonce quand il a prêté son obligation.

Le second Surv. le répète de même au Premier et celui-ci au Vénérable.

Ensuite le Vénérable dit :

Monsieur, avant de vous recevoir Maçon et de vous lier à nous par des liens indissolubles, l'Ordre dans lequel vous allez entrer exige de vous un Serment solennel qui ne contient rien de contraire aux bonnes mœurs, à la religion et au Gouvernement. Voulez vous le prêter et promettez vous de ne pas l'enfreindre ?

Le Récipiendaire répond , Oui.

Le Vénérable lui fait de nouvelles exhortations, lui fait envisager la Sublimité de l'Ordre des Maçons et la solennité des engagements qu'il va contracter, lui dit enfin qu'il est encore libre de se retirer et lui demande pour la dernière fois s'il persiste.

Sur la réponse affirmative du Récipiendaire, le Vénérable dit :

Qu'on le fasse approcher aux pieds du Trône pour prêter la solennelle obligation.

Il ajoute :

Mes ff. debout et à l'ordre ; aidez moi à faire un Maçon.

Les Surv. répètent cet ordre, et tous les frères se mettent à l'ordre. Un frère Maitre des Cérémonies conduit alors le Récip. au pied du Trône, et lui fait mettre le genou droit, nu sur l'Equerre qui est au pied du Trône. Lui fait poser la main droite sur le St Evangile, et lui fait tenir de la gauche un compas dont une des pointes est dirigée sur la mamelle gauche, et dans cette position il prête son obligation.

Obligation

Moi... promets, devant le G. A. de l'U. et cette Respectable assemblée, de ne jamais divulguer à aucun profane les secrets de la Franche Maçonnerie qui peuvent m'être dévoilés actuellement ou dans la suite, sous peine d'avoir la gorge coupée, mon cœur déchiré, mes entrailles arrachées, mon corps brûlé et mes cendres jetées aux vents, afin qu'il ne soit plus fait mention de moi parmi les hommes, ni parmi les maçons. Ainsi soit-il.

Ainsi Dieu me soit en aide.

L'Obligation prêtée le Vénérable frappe avec son maillet Trois coups en App. sur le haut du Compas que le Candidat tient et dont la pointe est dirigée contre sa mamelle gauche, et dit :

Par le pouvoir que j'ai reçu de cette Respectable Loge, je vous reçois et constitue maçon à perpétuité.

Et il ajoute : Qu'on le ramène au fond du Temple, je ne réponds plus de son sort.

Le f. Maître des Cérémonies le ramène au fond du Temple, en le faisant marcher en arrière, et le remet encore entre les deux Surveillants.

Le Vénérable dit alors :

Que demandez-vous enfin ?

Le Candidat répond : La Lumière.

Le Vénérable : Que la lumière lui soit accordée au 3me coup de maillet. Il frappe alors Trois coups séparés, sur l'autel, et au troisième on découvre les yeux au Candidat. Dans cet instant tous les frères doivent être à l'ordre et avoir la pointe de leur épée dirigée sur le Candidat, et la musique, s'il y en a, exécute alors un morceau d'harmonie.

Le Vénérable :

Mon frère, tous ces glaives que vous voyez dirigés contre vous, seront autant d'armes prêtes à vous percer le cœur si vous trahissez votre serment ; mais dans le cas contraire ils serviront à votre défense, et tous les frères s'empresseront de venir à votre secours dans toutes les circonstances où vous pourrez avoir besoin d'eux.

Dans le temps de la réception on doit observer le plus profond silence sur les colonnes.

Les frères Maitres des Cérémonies conduisent ensuite le nouveau frère hors du Temple, le font habiller, lui rendent tous ses bijoux et métaux, et le reconduisent au pied du Trône.

Le Vénérable lui donne alors les Signes, mots et attouchement de l'Ordre ; le ceint d'un Tablier blanc, lui donne deux paires de gants de la même couleur dont une paire pour homme l'autre pour femme, il lui dit de destiner celle ci à la personne qu'il estimera le plus, espérant que ce sera à la plus vertueuse : que si les maçons excluent le sexe de leur société, ce n'est pas par défaut d'estime, mais par crainte d'indiscrétion. Il donne ordre aux ff. Maitres des Cérémonies de le faire reconnaître en sa nouvelle qualité de Maçon par les deux Surv., de lui enseigner la marche en App., et de lui faire l'explication des allégories et emblèmes tracés sur le Tableau placé, comme nous l'avons déjà dit, sur le pavé au milieu du Temple, et il l'embrasse en Maçon.

Ce que l'un des frères Maîtres des Cérémonies exécute à l'instant.

Ensuite le frère Orateur adresse au nouveau frère un discours dans lequel il lui retrace l'origine et le but de notre institution, lui en développe les principes sublimes et l'exhorte à marcher sur les traces de ses frères et à faire des progrès dans l'Art Royal de la franche Maçonnerie.

La Réception finie, le Vénérable fait quelques questions du Catéchisme à divers frères. Il ordonne ensuite aux Surv. d'annoncer sur leur Colonne respective, que l'heure des propositions est arrivée et que si quelque frère a quelque chose à proposer pour le bien général de l'ordre, il peut le faire et demander la parole, ce que les frères Surveillants exécutent à l'instant. Il ordonne ensuite au f. Trésorier des pauvres de faire passer la boite des aumônes ; à son défaut c'est le f. nouvellement reçu qui s'acquitte de ce devoir, et il ordonne également au f. Secrétaire de faire la lecture de la planche des travaux du jour.

Pour fermer la Loge

Le Vénérable frappe sur l'autel, un coup de maillet et dit : Mes ff. debout et à l'ordre ; et les Surv. le répètent.

D. f. 1er Surv. où se tiennent les Surv. en Loge ?

R. A l'Occident, Vénérable.

D. Pourquoi, f. 2° Surveillant ?

R. A l'exemple du soleil qui termine sa carrière à l'occident de même les Surveillants s'y tiennent pour fermer la Loge, donner aux ouvriers leur salaire et les renvoyer contents.

D. f. 1er Surv. à quelle heure se ferme une Loge d'App. ?

R. A minuit, Vénérable.

D. Quelle heure est-il, f. second surv. ?

R. Minuit plein, Vénérable.

ff. 1er et 2e Surv., puisqu'il est minuit plein, et que c'est l'heure à laquelle on cesse les Travaux, annoncez sur vos Colonnes respectives que la Loge d'App. qui était ouverte et couverte va être fermée par ses Signes ordinaires. Ensuite il frappe trois coups en Apprenti.

Les ff. 1er et 2° Surv. le répètent sur leur colonne, et transmettent cette annonce au Vénérable, en frappant trois coups en App. et en observant les mêmes formalités que pour l'ouverture de la Loge.

Le Vénérable :

A l'ordre mes frères.

Et tous, ensemble font le Signe et applaudissement d'usage.

Le Vénérable dit :

f. 2° Surv. fermez la Loge par un seul coup de maillet ; ce qu'il fait de suite et dit :

Mes frères, la Loge est fermée.

Signe

Le Signe est de porter la main droite au Col, en Equerre, les doigts étendus le pouce élevé, ensuite la tirer horizontalement sur l'épaule droite et de là la laisser tomber perpendiculairement sur la cuisse droite.

Ce Signe forme une équerre parfaite, et il est relatif à la partie du Serment déjà fait d'avoir la gorge coupée.

Attouchement

L'attouchement est de prendre la main droite d'un f. et de presser avec le pouce la première phalange de son doigt index par trois pulsations ou battements dont deux précipités et un lent.

Mot de Passe

On ne peut entrer en Loge sans donner au f. Terrible, a qui l'entrée est confiée le mot de passe, ce mot est Tubalcain.

Mot Sacré

Il y a un mot pour se reconnaître en tout temps ; ce mot qui est ...ne doit se dire qu'en épelant les lettres.

Marche

Elle se fait en portant le pied droit en avant et rapportant le gauche jusqu'au talon droit, ce qui forme une Equerre. On fait trois pas de cette sorte sur une ligne droite, c.a.d. en avançant, et pendant cette marche on se tient à l'ordre, c. a. d. ayant la main droite en équerre sous la gorge.

 

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 14:38

A la Gloire du G. A. de l'Univers.

O. de Paris , le 6e. jour du 1° mois de l'an de la V. L., 5781.

G. O. DE FRANCE.

« Le G. O. s'est occupé de la demande du Directoire de Septimanie, séant à l'O. de Montpellier, tendante à participer au Traité d'union fait entre les trois Directoires écossais d'Auvergne, de Bourgogne et d’Occitanie, séants à l'O. de Lyon, Strasbourg et Bordeaux.

Il a été fait lecture du Traité d'union fait le 31e. jour du 3e. mois de l'an 5776, avec lesdits trois Directoires.

Il a ensuite été fait lecture de la demande présentée à la Chambre d'administration le 22e. jour du 11e, mois de l'année dernière, par laquelle le Directoire de Septimanie, en demandant à participer au Traité d'union fait entre les deux régimes, adhère et consent ainsi et tout de même que les Directoires d’Auvergne, de Bourgogne et d'Occitanie, aux clauses et conditions dudit Traité, et déclare qu'il a donné, pour cet effet, des pleins pouvoirs au T. R. F.Bacon de la Chevalerie, Grand-Orateur.

Il a aussi été fait lecture des pouvoirs donnés le 18e. jour du 10e. mois de l'année dernière, au T. R. F. Bacon de la Chevalerie, par lesquels ce T. C. F. est autorisé à adhérer, de la part du Directoire de Septimanie, à toutes les clauses du Traité d'union fait entre les deux régimes, et à signer, à cause de ce, l'original dudit Traité;  promettant, le Directoire, que la signature de son représentant aura la même valeur que la sienne.

Il a été fait lecture du tableau de tous les Frères qui composent le Directoire de Septimanie, de l'arrêté du G.O. , du 21e. jour du 2e. mois de l'an 5777 , par lequel la Chambre d'administration a été chargée de tous les travaux relatifs aux Directoires écossais , du rapport fait dans cette Chambre par le V. F. Pautoniac, Expert, chargé d'examiner ladite demande ; de l'avis de ladite Chambre, du 5e. jour du 1er. mois de cette année, et de ceux des Chambres de Paris et des provinces, des 3e. et 4e- jours du présent mois, lesquelles pensent que le G. O. doit faire, avec le Directoire de Septimanie, le même Traité qu'avec les Directoires d'Auvergne, de Bourgogne et d'Occitanie.

La matière mise en délibération, le G. O., sur les conclusions du V. F. Salivet, Orateur de la Chambre des provinces, a arrêté, d'une voix unanime, que son Traité d'union fait avec les Directoires écossais séants à L’0. de Lyon, Strasbourg et Bordeaux, sera commun avec le Directoire de Septimanie séant à l'O. de Montpellier, pour être ledit Traité et les deux articles secrets y joints, exécutés selon leur forme et teneur, par ledit Directoire et le G. O., après que ce Traité aura été ratifié par ledit Directoire ou par le T. R. F. Bacon de la Chevalerie, son représentant, suffisamment autorisé à cet effet.

Et le T. C F. Bacon de la Chevalerie ayant, au nom du Directoire, ratifié ledit Traité d'union, et les conditions préalables énoncées audit Traité ayant été remplies, ainsi qu'il a été certifié par les VV. FF. Secrétaire général et Trésorier général, le G. O. a reconnu pour régulier le Directoire écossais de Septimanie séant à L’O. de Montpellier, et l'a agrégé au corps de la Maçonnerie de France, pour être inscrit sur le tableau des Loges régulières, et prendre rang à la date de ce jour. En conséquence, il a été expédié, sur le champ , deux copies dudit Traité , tel qu'il a été fait avec les Directoires d'Auvergne, de Bourgogne et d'Occitanie, à la suite desquelles a été ajouté tout ce que ci-dessus, et le G. O. a déclaré que celle de ces deux copies destinée pour le Directoire, vaudra les lettres d'agrégation, dont mention est faite audit Traité, comme si lesdites lettres étaient expédiées ; et ces deux copies ayant été signées, contresignées et scellées , celle destinée pour le Directoire a été délivrée sur le champ au T. R. F. de la Chevalerie, et l'autre copie, où est la ratification du T. R- F. Bacon de la Chevalerie, a été déposée aux archives, pour qu'on puisse y avoir recours au besoin. »

 

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 13:54

A la Gloire du G. A. de l'Univers, au nom et sous les auspices du Grand-Maître.

O. de Paris, le 31e. jour du 3e. mois de l'an de la V- L. 5776.

TRAITÉ D'UNION

Entre le G. O. de France et les trois Directoires écossais établis selon le Rite de la Maçonnerie réformée d'Allemagne à L'О. de Lyon, Bordeaux et de Strasbourg, suffisamment autorisés par leurs Chefs.

Vu la demande formée au. G. O. de France par le T. R. F. Bacon de la Chevalerie, Grand-Orateur, au nom des trois Directoires écossais séant à L’O. de Lyon, de Bordeaux et de Strasbourg, aux fins d'union desdits Directoires, et des établissements par eux constitués, au susdit G. O. de France, par voie d'agrégation ; le rapport des RR. FF. Marquis d'Arcambal, alors président de la chambre d'administration ; de la Chaussée, alors premier Surveillant de ladite chambre; le Roy, Orateur de la Chambre de Paris ; et Guillotin, alors Orateur de la Chambre des provinces, nommés Commissaires pour l'examen de cette affaire ; la délibération du G. O., en date du cinq mai cinq mille sept cent soixante-quinze par laquelle le G. O., pénétré de la solidité des motifs exposés par les VV. Commissaires , et des avantages qui doivent résulter, pour l'art royal, de la réunion d'un grand nombre de Maçons, recommandables par leurs qualités civiles et maçonniques, au centre commun des Maçons de France , accepte l'union proposée. Son arrêté du même jour, qui joint le V. F. Richard, secrétaire de la Chambre des provinces, aux Commissaires ci-dessus, et autorise lesdits Commissaires à rédiger les articles du Traité d'union, et à les arrêter définitivement avec les FF. qui se trouveront munis de pleins pouvoirs des trois Directoires ; la délibération du G. O., en data du 2 7 décembre 1775, par laquelle le G. O. arrête que la Commission s'assemblera sous la présidence du T. I., T. R. et T. E. F. administrateur général, autorisé à joindre les Commissaires qu'il avisera à ceux ci-dessus nommés ; en vertu de laquelle délibération le V. F. Savalette de Langes , second Surveillant de la Chambre des provinces, et le V. F. d'Aubertin, Secrétaire de la Chambre d'administration, faisant les fonctions de Secrétaire général en l'absence du T.R.F. marquis de Segnelay, ont été convoqués par Mandement du T.I. Administrateur-général, et joints aux Commissaires ci-dessus pour la délibération de la trente-troisième assemblée du G. O., en date du 10 avril 5773 , dans laquelle assemblée le projet de Traité d'union entre le G. O. de France et les trois Directoires séant à l'Orient de Bordeaux, Lyon et Strasbourg, a été lu, approuvé et signé , annexé à la planche à tracer, avec pouvoirs aux Commissaires ci-dessus de l'arrêter définitivement avec les trois plénipotentiaires réunis des trois Directoires , sur la représentation et l'examen des pouvoirs suffisants donnés aux trois dits plénipotentiaires par les trois dits Directoires, et les pouvoirs des Directoires de Lyon et de Bordeaux , suffisamment autorisés par leurs chefs, donnés aux BR. FF. Bacon de la Chevalerie et Willermoz l'aîné, savoir : les pleins et absolus pouvoirs du Directoire écossais, donnés le 10 avril 5775 aux RR. FF. Bacon de la Chevalerie et Willermoz, pour, conjointement ou séparément , par eux-mêmes ou par un Frère qu'ils autoriseraient à cet effet, traiter au nom dudit Directoire avec le G. O. de France, de l'agrégation du susdit Directoire au susdit G. O. de France, comme ils traiteront pour les Directoires de Lyon et de Strasbourg, promettant d'approuver et ratifier tout ce que lesdits députés feront, comme si ledit Directoire l'avait fait lui-même ; lesdits pouvoirs accompagnés du tableau dudit Directoire et d'une copie authentique de ses constitutions ; pareils pouvoirs donnés par le Directoire écossais de Lyon , le 16 mai 1775, au V. F. Willermoz seul, par lequel le Directoire approuve tout ce qu'il fera : lesdits pouvoirs par lui transférés le 28 mai 5775 , au T. R. F. comte Stroganoff, tant en vertu desdits pouvoirs qu'en la qualité qu'a lui F. Willermoz de Chancelier du Directoire , lesdits pouvoirs aussi accompagnés du tableau et de la copie des Constitutions dudit Directoire ; les pouvoirs du Directoire de Strasbourg suffisamment autorisés , donnés le 27 novembre 5775 aux TT. RR. FF. comte de Stroganoff, Bacon de la Chevalerie, et marquis de Chastellier du Mesnil, lesdits pouvoirs aussi accompagnés du tableau et de la copie des Constitutions dudit Directoire.

Les susdits Commissaires du G. O. de France et les RR. FF. Bacon de la Chevalerie, comte de Stroganoff, et marquis de Chastellier du Mesnil, représentant les trois Directoires séants à l'Orient de Bordeaux, Lyon et Strasbourg , comme chargés des pouvoirs des trois Directoires mentionnés ci-dessus, sont convenus des articles ci-après, qu'ils ont signés et acceptés , chacun pour leurs commettants , pour avoir leur exécution après la ratification qui en sera faite, d'une part, par le G. O. de France, et de l'autre , par les Directoires écossais.

ARTICLE PREMIER.

Chaque Directoire établi en France, suivant le Rite de la maçonnerie réformée d'Allemagne, présentera au G.O. de France, tant pour lui que pour chacun des établissements formés ou à former, une demande en réunion au susdit G. O. Cette demande sera accompagnée d'une copie des Constitutions du Directoire ou de la Loge, certifiée par trois, au moins, des principaux Officiers du Directoire, et vérifiée au besoin sur l'original, par les délégués du G.O., comme aussi les tableaux des membres du Directoire ou de la Loge, signés d'eux en la forme ordinaire.

II. Vu les pièces ci-dessus, le G. O. accordera aux FF. requérant des lettres d'agrégation en la forme ci-après indiquée , et les reconnaîtra pour réguliers.

III. Les lettres d'agrégation qui seront accordées à chacun des Directoires écossais et aux établissements par eux formés , seront expédiées en la forme suivante :

  "Nous, etc., conformément à l'art. 3 de la section 1re. du chap. 1er. de nos Statuts, et au Traité d'union passé entre le G, O. de France et les Directoires écossais de la maçonnerie réformée d’Allemagne, séants à l'O. de Lyon, de Strasbourg et de Bordeaux, suffisamment autorisés par leurs chefs, sous la date d…jour du…mois de l'an de la vraie Lumière… ; Vu les pièces qui nous ont été présentées parle Directoire écossais de…(ou par la Loge de…), attendu que la bonne composition du Directoire écossais de…(ou de la Loge de…), nous est connue, nous avons reconnu et reconnaissons pour régulier ( ou pour régulière ) le susdit Directoire (ou la susdite Loge) ; en conséquence l'avons agrégé et l'agrégeons par ces présentes au corps de la Maçonnerie de France ; à cet effet, promettons audit Directoire ( ou à ladite Loge ) , à tous les membres qui lui appartiennent, asile parmi nous et secours fraternel toutes les fois que l'occasion s'en présentera. En conséquence, lui avons fait expédier les présentes lettres d'agrégation, auxquelles nous avons fait apposer les sceaux ordinaires après qu'elles ont été enregistrées où, besoin a été ; pour ledit Directoire (ou ladite Loge) être inscrit sur le tableau des Loges régulières de France, à la date de…(jour de la demande en agrégation). Fait au G. O. de France, les jours, mois et an, etc."

IV. Dans le cas où les lettres d'agrégation d'une Loge pourraient faire quelques difficultés, le G. O. en instruira le Directoire, avec lequel il sera traité des moyens de les aplanir.

V. Chaque année, les Directoires écossais et les Loges par eux constituées et agrégées à la maçonnerie française, auront soin de faire passer au G. O., un mois au moins avant la fête de Saint-Jean-Baptiste , un nouveau tableau des membres qui les composent et des variations qui y seront survenues ; de même le G. O. de France fera passer à chacun des Directoires et à leurs établissements agrégés le tableau de toutes les Loges par lui reconnues régulières en France.

VI. Le G. O. de France et les Directoires écossais conserveront respectivement et exclusivement l'administration et la discipline, chacun sur les Loges de leur Rite et de leur régime, en ce qui concerne ledit Rite et ledit régime, et les Directoires écossais auront soin d'y maintenir unetelle discipline, que le gouvernement politique n'ait jamais lieu de faire à leur occasion aucun reproche au G. O.de France, caution naturelle envers lui du bon ordre et de la tranquillité qui règnent dans toutes les Loges régulières de France.

VII. Chacun des Directoires écossais et chacune des Loges agrégées au G. O. ont le droit de s'y faire représenter par un député, qui y jouira de tous les droits et prérogatives des députés des autres Loges régulières de France.

VIII. Chacun des Directoires écossais et chacun des établissements par eux fondés ou agrégés au G. O. seront admis, selon leurs désirs, à contribuer, pour la part qu'ils jugeront a propos, aux bonnes œuvres que la position du G. O. lui offre à faire, et à l'exécution des projets utiles soit à l’Ordre , soit à l'humanité, qu'il pourrait former.

IX. Les membres des Loges de l'un des deux Rites pourront régulièrement passer dans les Loges de l'autre Rite, sans cesser d'être membres de la Loge à laquelle ils appartenaient primitivement; ainsi ils pourront, après leur affiliation, rester membres des deux Loges de différents Rites ; tant qu'ils resteront membres de l'une et de l’autre, ils seront tenus de se conformer dans chacune aux lois et usages du régime auquel elles appartiennent. En cas de passage absolu d'une Loge dans une autre, par retraite volontaire, cette retraite doit se faire fraternellement.

X. Les grades fondamentaux de la maçonnerie étant de part et d'autre essentiellement les mêmes, toutes les Loges régulières de France, tant celles constituées par le G. O., que celles constituées par les Directoires écossais et agrégées au G. O., entretiendront une mutuelle correspondance , et les membres des unes pourront réciproquement être admis dans les autres pour y visiter les travaux de tous les grades qui seront communs entre elles, et quelque grade et dignité que puissent avoir les Visiteurs , ils seront tenus de se conformer aux lois et usages de la Loge qu'ils visiteront.

Les présents articles convenus et arrêtés entre les RR. FF. marquis d'Arcambal, ci-devant président de la Chambre d'administration, Grand-Expert du G. O. de France ; V. F. le Roy, ancien Orateur de la Chambre de Paris, actuellement Orateur de celle d'administration ; V. F. Savalette de Langes, second Surveillant de la Chambre des provinces ; et le V. F. d'Aubertin, Secrétaire de la Chambre d'administration, faisant fonction de Secrétaire-général en l'absence du V. F. marquis de Seignelay, tous Commissaires adjoints , pour être exécutés, après les ratifications qui en seront respectivement faites en bonne et due forme par chacun des Directoires écossais, suffisamment autorisés par leurs chefs. A l'O. de Paris, le treizième jour du 2e. mois de l'an de la vraie Lumière cinq mil sept cent soixante-seize.

Signé Alexandre, comte de Stroganoff, député du Directoire de Bordeaux, le marquis d'Arcambal, Bacon de la Chevalerie, associé au Directoire de Lyon ; d’Aubertin, Savalette de Langes, G. Tassin de l'Étang, le Roy, F. marquis de Chastellier du Mesnil, député du Directoire de Strasbourg.

 ARTICLES SECRETS

ARTICLE PREMIER.

Chaque Directoire paiera 120 L. au G. O. de France pour l'expédition et les lettres d'agrégation ; chaque Gr. Loge écossaise 72 L, ; chaque Loge particulière 36 L. ; et dans le cas où une Loge simple obtiendrait dans la suite le titre de Loge écossaise, elle ne paiera que 36 L. pour son augmentation de titre.

II. Les Directoires écossais établis en France, suivant le Rite réformé d'Allemagne, en se réunissant au G. O. de France, et en s'engageant à y réunir les établissements par eux formés en France, invitent le G. O. à fraterniser avec les établissements du même Rite formés hors de France, et lui offrent leurs bons offices auprès desdits établissements.

Les présents articles convenus et arrêtés entre les RR. FF. marquis d'Arcambal, ci-devant président de la Chambre d'administration, Grand-Expert du G. O. de France ; V. F. le Roy, ancien Orateur de la Chambre de Paris, actuellement Orateur de celle d'administration ; V. F. Savalette de Langes, second Surveillant de la Chambre des provinces , et le V. F. d'Aubertin, Secrétaire de la Chambre d'administration, faisant les fonctions de Secrétaire général en l'absence du R. F. marquis de Seignelay, Commissaires et Commissaires adjoints , pour être exécutés après les ratifications qui en seront respectivement faites, en bonne et due forme, par chacun des Directoires écossais suffisamment autorisés par leurs chefs. — A l'O. de Paris, le treizième jour du 2e. mois de l'an de la vraie Lumière cinq mil sept cent soixante-treize.

Signé Alexandre, comte de Stroganoff, député du Directoire écossais de Lyon ; Bacon de la Chevalerie, associé du Directoire écossais de Lyon ; le marquis d’Arcambal, d'Aubertin, le Roy, G. Tassin de l'Etang, Savalette de Langes, le F. marquis de Chastellier du Mesnil, député du Directoire de Strasbourg.

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 18:07

PREMIER GRADE

DISCOURS de L’ORATEUR

F.', nouvellement initié, nos sacrés mystères vous les connaissez mal, si vous n'en jugez que par le faible éclat qui vient de frapper vos yeux, mais en cédant à cette douce sympathie qui vous inclinait vers nous, vous nous apportez , nous n'en doutons point, les dispositions nécessaires pour faire un vrai Maçon; permettez donc, en applaudissant au choix que nous venons de faire, que je vous félicite, sur une instigation qui, en contribuant à votre félicité, fera si vous le voulez le bonheur de vos jours ; en effet, que de ressources pour un cœur tant soit peu philosophe! La Maçonnerie est un asile consacré a l’amitié, c’est une juste économie dans les passions, qui n'admet que la vertu ; par elle vous échappez aux hommes qui, pour la plupart sont perfides, inconstants & trompeurs, c'est un commerce où l’on ne compte jamais, où l'on n'exige rien, où le meilleur Maçon met davantage & se trouve toujours trop payé d'être en avance ; tout chez nous appartient à Notre F. , excepté notre honneur tout y règle nos affections ; ainsi, qu'un Maçon se livre à la joie, elle est pure, égale rien ne l'altère, rien ne la lasse , c'est donc à l'union du cœur qu'il est réservé de sonder de solides & durables engagements, & comme nous apportons ces heureuses dispositions, chacun de nous en particulier, que dis-je !... un Maçon ne pense qu'avec ses FF.-., oui, d'une voix unanime nous applaudissons à notre choix, puissiez-vous ne nous laisser rien à désirer , applaudir au vôtre , & mêler au accents de notre joie l'expression d'une naissante & tendre amitié bien désirable : agréables sentiments , précieuse amitié que tu rare!... l'histoire nous laisse à peine un exemple d'une union parfaite entre deux FF., ils l'étaient par le sang, & cette union leur mérite l'apothéose ; quel doit être le ravissement d'un Maçon qui, sans être obligé par ce premier devoir, dans chacun, de ses FF. trouve un nouveaux Pollux.

MORALE

A FAIRE PAR LE VENERABLE.

Mon F., ayez je vous prie une singulière attention aux choses que je vais vous expliquer, & qui ont pour objet le sens moral dans lequel vous devez prendre les différentes circonstances de votre Réception.

On vous a d'abord introduit dans une chambre noire, c'était pour vous livrer à toutes vos pensées, parce que tout homme qui va embrasser un nouvel état, ne saurait trop réfléchir sur la suite des engagements qu'il veut contracter, & qu'il doit toujours en pareil cas, sonder son cœur dans le silence

On vous a fait dépouiller de tous vos métaux, c'était pour vous préparer à un total dépouillement de vous-même, à un abandon général de vos préjugés; vous faire quitter l'homme du monde, pour vous revêtir de l'homme nouveau, & pour vous apprendre que lorsqu'on bâtit le Temple de Salomon, on n'entendit le bruit d'aucun instrument de métal. Sans cesse occupés à faire revivre des temps aussi heureux , nous cherchons à écarter de nous tout ce qui tient à ces pernicieux métaux , qui sont le symbole de tous les vices, & l'objet de la cupidité des hommes.

Le bandeau que vous portiez, mon F. , était une image sensible des ténèbres & de l'horreur des préjugés, de la force de la superstition dont vous étiez le misérable jouet, & dont vous ne pouviez vous délivrer qu'en cherchant la lumière parmi nous, c'est-à-dire, en vous faisant Maçon.

Le bras & la mamelle gauche nus, sont pour vous faire souvenir de vos premiers devoirs, de donner votre bras à la Société, & votre cœur à vos FF.

Le Soulier gauche en pantoufle, indique le zèle que vous devez avoir à voler au secours de vos FF. il vous apprend aussi l'humilité avec laquelle on doit approcher de nos mystères, de même que Moïse ôta ses souliers pour approcher du buisson ardent.

Le genou droit découvert, c'est une marque de respect pour nos mystères.

On vous a fait avaler le calice d’amertume, c'était pour que cette salubre purification régénérât votre cœur, qui ne doit plus s'abreuver à l'avenir, qu'à la source des eaux pures de la vérité.

On vous a introduit en Loge par trois grands coups, qui sont trois conseils sacrés; demandez, on vous donnera ; frappez, on vous ouvrira ; cherchez, vous trouverez.

On vous a fait faire des voyages pénibles, pour vous faire ressouvenir que le sentier de la vertu est étroit, laborieux & difficile, & qu'il faut travailler longtemps & avec constance pour arriver au bien.

Voila, mon F. , dans quel sens Vous devez prendre tous les détails de votre réception , rappeliez- vous toujours cette morale, pleine de sagesse & de bonté , qui de tout temps a fait le bonheur de ceux qui s'en sont rendus dignes, c'est-à-dire , des Maçons.

EXPLICATION DU TEMPLE ALLEGORIQUE ET MYSTIQUE.

Ce Temple que vous voyez, mon F., représente une faible esquisse du Temple de Salomon , qui fut bâti par l'ordre que Dieu en donna à ce Prince.

Rappelons-nous ces temps fortunés , où le cœur exempt des passions, en ignorait jusqu'au moindre mouvement , où la jalousie , l'adresse, la tyrannie & la violence étaient inconnues ; où les hommes égaux & livrés aux seules lois de la nature, n'admettaient entre eux d'autres distinctions que celle que cette sage mère y avait mis ; tel est par exemple, celle d'un père à fon fils , d'un vieillard a un enfant, que l'amour propre ne peut méconnaître, & dont la jalousie là plus ombrageuse ne peut murmurer.

Ce Temple, mon F., était le sanctuaire de la Religion , le lieu spécialement consacré à ses augustes cérémonies; mais après plusieurs années de paix, de gloire & de magnificence, les vices s'étant emparés du cœur des hommes, vint une armée formidable qui renversa cet illustre monument.

Le peuple qui y rendait librement ses hommages à la Divinité, est chargé de fers & conduit à Babylone, d'où après la captivité la plus rigoureuse, il fut à la fin délivré par la main de son Dieu, qui permît à ce peuple infortuné de rétablir son Temple.

Ce peuple considéré dans son premier lustre, est l'état primitif de l'homme au sortir du néant.

Les cérémonies qui s'y exerçaient, ne sont autre chose que les lois communes gravées dans tous les cœurs, qui trouvent leurs principes dans des idées d'équité & de charité, & auxquelles les hommes sont obligés réciproquement entre eux.

La destruction de ce Temple & l'esclavage de ses adorateurs, c'est l'orgueil & l'ambition qui tyrannisent sans cesse le cœur d l'homme.

Ce peuple choisi pour rétablir le Temple c'est nous, c'est à nous à lui rendre sa première beauté, & à l'Univers sa première dignité.

C'est cette réédification, c'est-à-dire, le rétablissement de cette parfaite égalité entre nous , qui fait l'objet de nos Travaux; c'est cette prérogative précieuse que nous revendiquons pour en mettre en possession chacun de nos Membres ; c'est l'égalité qui produit cet effet admirable , en tarissant la source empoisonnée d'où découlent tous les maux des humains, je veux dire l'ambition & l'avarice ; c'est elle qui fait disparaître toute idée importune & mortifiante de supériorité : par elle, mon F., l'homme rentre dans son premier droit, il n'y a plus de distinction dont la vue blesse ses regards, & choque son amour propre ; la subordination n'est plus qu'une chimère , qui loin de prendre fa source dans les caprices du fort, ou dans les extravagances de l'orgueil , ( qui veut que tout fléchisse pour lui, & qui n'envisage dans les créatures qui composent le monde, que des êtres vils & méprisables condamnés à le servir, ) ne se trouve plus que dans le sein de la plus vive tendresse, dans le sein de la plus vive & douce amitié, dans le décret de la sage providence qui la rend nécessaire ; enfin, qui produit cette paix délicieuse, cette confiance si douce & si digne d'envie , en rendant communs les biens & les richesses, dont la possession coûte à l'homme tant de soins , & la perte, tant de regrets.

Telle est, mon F., la doctrine de la société dont vous avez l'avantage d'être membre aujourd'hui, & dont le but, est de faire régner parmi nous, l'assemblage de toutes les vertus sociales.

L'obéissance au Souverain , une fidélité pour lui à toute épreuve , un profond & impénétrable secret sur tout ce qui se voit, sur tout ce qui s'entend , & sur tout ce qui se fait dans nos Loges.

Voilà les vertus que nous exigeons, & qui brillent dans la conduite de tous les FF. que vous voyez ici rassemblés, efforcez-vous donc de les pratiquer avec le même zèle la même discrétion ; par-là , vous pourrez parvenir un jour à de plus hautes connaissances de nos sacrés mystères, qui ont toujours fait le bonheur de ceux qui s'en son rendus dignes.

EXPLICATION DE TABLEAU D'APPRENTI

Ce qui s'offre à vos yeux sur ce Tableau, mon F., sont des figures symboliques qui tendent à la perfection de la Maçonnerie :

Le compas que vous avez tenu sur votre cœur, lors de votre obligation, marque que toutes nos actions doivent être compassées par l'équité, en ne s'éloignant jamais du sentier de la vertu.

L'équerre que porte le Vénérable, sert à former nos mœurs.

Le niveau que porte le premier Surveillant, veut dire qu'il ne faut jamais s'élever ni s'abaisser devant nos FF., conservant toujours une unité parfaite.

La perpendiculaire que porte le second Surveillant, sert à élever en nous des bases d’équité qui nous soutiennent dans la paix & l'union.

La houppe dentelée qui entoure ce Tableau, est la parfaite image de la vertu qui doit environner les FF.

Le Soleil à droite, père de la nature, vivifiant toutes choses, est le symbole de la pureté qui doit régner dans nos mœurs, & qui doit aussi réchauffer en vous le désir de connaître plus profondément nos mystères.

La Lune qui éclaire la nuit, signifie qu'un bon Maçon ne doit jamais errer dans les ténèbres, & qu'on doit cependant être prêt, comme de jour, à vaquer au bien de l'ordre, elle signifie aussi qu'il n'est point de ténèbres assez épaisses pour dérober le crime.

Le pavé Mosaïque dont les pierres sont diversifiées par les couleurs, & cependant unies ensembles, est l'assemblage de l'unité & de l'amitié qui règne entre les Maçons.

Cette voûte azurée représente l’immensité & l'étendue de notre ordre répandu sur la surface de la terre & de l'onde.

La pierre brute où vous travaillez comme Apprenti, vous marque par sa difformité qu'elle demande à être mise en œuvre, c'est ainsi qu'un Maçon qui entre nouvellement dans l’ordre, doit se dépouiller de tous vices pour entrer dans le Temple de la vertu.

Les trois pas que vous avez fait dans votre premier Grade, représentent les trois colonnes qui soutiennent allégoriquement notre Loge sous les noms de Sagesse, force & beauté ; vertus que doit pratiquer tout bon Maçon en mettant la sagesse dans ses mœurs , la force dans son union, & la beauté dans son cœur,

C'est ce que cette R. L. exige de vous, mon F., vous exhortant à la discrétion, au zèle, & à la ferveur.

La Colonne J. . . où vous travaillez comme Apprenti, signifie, la sagesse est en Dieu, & j’espère en lui: en effet, mon F., tout Apprenti zélé espère faire des progrès pour parvenir au grade de Compagnon ; c'eft aussi une des deux Colonnes qu' étaient à l'entrée du Temple de Salomon où les Apprentis, après avoir fini leurs Travaux , allaient déposer leurs outils , & s'assemblaient pour recevoir leur salaire.

Il y avait trois fenêtres au Temple, une l’Orient, une à l'Occident & l'autre au Midi, il n'y en avait point au Septentrion, parce que les rayons du Soleil pénètrent faiblement dans cette partie.

Enfin, mon F., nous avons une truelle qui sert à cacher & réparer les défauts de nos FF.

SECOND GRADE

EXPLICATION DU TABLEAU.

La Colonne B. où vous travaillez comme Compagnon, signifie, ma force est en Dieu, de même qu'un Compagnon est plus fort qu'un Apprenti dans ses Travaux, par les Connaissances & les progrès qu'il a déjà fait dans l'ordre : c'est à cette Colonne que les Compagnons allaient déposer leurs outils & recevoir leur salaire.

L'étoile flamboyante qui est toute mystérieuse, est l'emblème du génie qui élève aux grandes vertus, & avec plus de raison encore, elle est le symbole de ce feu sacré, de cette portion de lumière divine, dont le G. A. de l'U. a formé nos âmes, aux rayons de laquelle nous pouvons distinguer, connaitre & pratiquer la vérité & la justice.

I.a lettre G. que vous voyez au centre, Vous présente deux grandes & sublimes idées; l'une est le monogramme d'un des noms du Très-Haut, source de toute lumière, de toute science ; la seconde idée que cette lettre vous présente, résulte de ce qu'on l’explique communément par le mot Géométrie.

Cette science a pour base essentielle l'application de la propriété des nombres aux dimensions des corps, & surtout au triangle auquel se rapportent presque toutes les figures, & qui présente des emblèmes si sublimes.

La pierre cubique à pointe, sert Compagnons pour aiguiser leurs outils, & marque le désir ardent qu'un Compagnon doit avoir de passer aux Grades plus éminents.

Les sept degrés de l'escalier du Temple représentent les sept péchés capitaux que tout bon Maçon doit fouler aux pieds ; ils représentent aussi les sept vertus que vous devez pratiquer, & les six jours que le G.A. de l'U. employa a la construction du monde, & se reposa le septième, de même les six années que Salomon employa à bâtir le Temple, & la septième à sa Dédicace. Enfin, nous avons comme dans le Grade précédent une truelle qui nous sert à cacher & réparer les fautes de nos FF.

TROISIEME GRADE

MORALE

A FAIRE PAR LE TRES-RESPECTABLE.

F. nouvellement admis, vous avez été traité en Compagnon suspect, cela fait allusion aux profanes ennemis de notre Ordre, qui le calomnient & le persécutent sans le connaître & contre lesquels nous devons employer la force pour repousser leurs traits, la douceur pour les ramener à des sentiments plus modérés, & la prudence dans le choix des moyens qui y sont propres.

A peine vous êtes-vous justifié, que vos FF. se sont empressés de vous donner de nouvelles marques d'amitié, en vous admettant à la participation de leurs mystères les plus intimes, dès ce moment vous êtes parvenu dans l'intérieur.

Les courses & les Voyages sont l'emblème de la recherche du crime, & désignent l'état errant & vagabond du criminel qui cherche vain à échapper aux remords & au châtiment.

La marche mystérieuse est le symbole des efforts que fit Adonhiram pour se dérober aux coups de ses assassins.

Les trois coups que vous avez reçus, figurent ceux qui lui ont été portés : ils doivent vous faire sentir le danger des trois passions funestes dont l'homme est souvent aveuglé, l’orgueil, l’envie & l’avarice.

Toutes les épreuves que vous avez subi sont l'emblème de la haute importance de nos mystères elles doivent aussi vous convaincre, que toujours, en tous lieux, dans toutes les circonstances, vous devez être prêt à tout souffrir, comme notre R. Me. Adonhiram, plutôt que de révéler nos secrets & de manquer à vos engagements. Elles sont de plus des emblèmes allégoriques d'une infinité de connaissances que je ne puis ne dois vous communiquer en ce moment, mais qu'une étude profonde pourra vous procurer.

On vous a fait parvenir au septième degré ; vous avez obtenu par-là l'âge de votre grade, gardez-vous de redescendre, & de déchoir du nombre de perfection dont vous êtes décoré.

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