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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 18:38

Prière pratiquée dans les Loges du Grand Orient de France au tout début du 19° siècle

  INVOCATION MAÇONNIQUE A DIEU.

 Les Maçons ne peuvent et ne doivent commencer leurs travaux, qu'après avoir rendu à Dieu, le devoir indispensable de la prière. Dans quelques Loges, on était dans l'usage d'assister au sacrifice de la messe, avant de s'assembler; mais la diversité des cultes ayant été un obstacle à cet acte de piété, il a été abrogé; et dans quelques-unes, il a été suppléé par une Prière à Dieu, conçue dans des termes, et dans une forme qui peut la rendre propre à toutes sortes de croyances.

Nous allons la transcrire pour satisfaire la curiosité de ceux qui désirent connaître cette pièce intéressante.

"Souverain Architecte de l'Univers , c'est à ta plus grande gloire que commencent nos travaux ; ô toi principe radical et générateur T ternaire sacré , Eternel, Etre divin, nécessaire à tous les êtres , dont les décrets portent le caractère de l'amour et de la justice , source de toutes les puissances, germe de toutes les actions, suprême foyer de toutes les félicités , centre universel où réfléchit l'ardeur de toutes les affections de la vie ; vraie sagesse, unique source de tout ce qui existe de vrai; ô toi, qui t'es peint dans tes merveilles, et particulièrement dans l'homme, chiffre universel de ton immensité, nous implorons ton divin amour, inextinguible comme toi, les secours qui nous sont nécessaires pour travailler efficacement au grand œuvre dont l'objet nous rassemble sur ce quarré. Notre volonté est prête à recevoir les rayons suprêmes qui émanent de ta lumière; nous voulons suivre ta Loi , ne nous refuses point ton secours.

Quelque dégradés que nous soyions, nous avons droit à ta miséricorde, puisque quelque grande qu’ait été notre chute , nous n'avons pu tomber que dans tes mains ; tu ne peux donc cesser de faire couler jusqu'à nous , les rayons de ta gloire. Nos travaux n’auront d'autre but que la perfection morale , la pratique de toutes les vertus et la recherche de la vérité; l'union , l'harmonie et l'unité seront à jamais l'objet et le terme de nos actions comme ils le sont de tous les êtres de la nature ; mais nous avons besoin de ton secours ; répands donc sur nous, ton onction salutaire et sacrée , afin que nous puissions te rapporter ces influences vivifiantes, qui doivent faire germer, en nous , les trésors de sagesse et de vérité. Ne permets pas que de fausses doctrines, affaiblissent ou éteignent cette inpulsion précieuse, cet instinct vierge qui nous la fait rechercher comme notre seul appui.

Dans la carrière où nous marchons, fait que tous nos pas nous conduisent vers la lumière, la science et la simplicité ; fais que notre être intellectuel arrive au dernier terme avec la même pureté qu'il avait en commençant son cours ; qu'il rentre avec le calme de la vertu , dans la main  qui la forma ; que cette main reconnaisse en lui le même sceau qu'il en avait reçu , qu'elle y reconnaisse encore son empreinte , et qu'elle y voie toujours son image. Jettes un regard de bonté sur des êtres dont les bras tendent vers toi, et dont les genoux fléchissent devant toi ; bénis nos travaux, et que les progrès qu'avec ton secours, nous ferons dans la vraie science, portent l’Art Royal, jusques aux siècles des siècles."

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 20:40

La Franc-maçonnerie sous les lys

Roger Priouret


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Voici un ouvrage remarquable sur l'évolution de la Franc-Maçonnerie au XVIIIème siècle, les courants de pensée qui l'ont traversée et son implication dans la Révolution Française.

Roger Priouret évoque le développement d'une mystique maçonnique et des tendances occultistes, notamment à travers un certain nombre de grandes figures comme Ramsay, Martinès de Pasqually, Willermoz, Joseph de Maistre, Mesmer et Cagliostro. Les Francs-Maçons sont à la fois présents et absents dans la grande bataille politique qui va bouleverser la France. Liée à une vision philosophique dont l'auteur éclaire les critères, la Maçonnerie s'inscrit dans un processus historique complexe que narre Roger Priouret en dévoilant le dessous des cartes.

Roger PRIOURET (1913 - 2000) a été journaliste et chroniqueur, notamment à l'Express, au Nouvel Observateur et à RTL. Parmi ses essais, La République des députés et Les Français mystifiés.

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 21:16

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Depuis quelques mois de nombreux blogs maçonniques français adoptent comme titre principal celui de MYOSOTIS.

Mais, savons nous d'où nous vient ce magnifique et si héroique symbole.

Voici son histoire.

Dès 1934, peu après l’accession d’Hitler au pouvoir, il était devenu évident que la franc-maçonnerie était en danger.

Cette même année, la Grande Loge allemande du Soleil à Bayreuth (une des Grandes Loges allemandes d'avant-guerre), réalisant, l’imminence des problèmes qui allaient  se poser aux Maçons, décida d’adopter comme signe distinctif,  en lieu et place de notre classique "Equerre /Compas", une petite fleur bleue, le myosotis, (forget me not  en anglais, ne m’oubliez pas), jugeant  que ce nouveau symbole n'attirerait pas l'attention des nazis.

Durant toute cette période, dans les camps de concentration, dans les villes, cette petite fleur bleue distinguait ceux de nos Frères qui refusaient que la lumière de la maçonnerie s’éteigne en terre allemande.

En 1947, quand la Grande Loge du Soleil a été rouverte à  Bayreuth, par son Passé Grand Maitre BEYER,  le myosotis  a été proposé et adopté comme insigne officiel de la première convention annuelle des Maçons qui avaient survécu aux années amères d’obscurantisme, et qui réintroduisaient la lumière de la maçonnerie dans les temples.

 Au premier convent annuel des Grandes Loges  Unies d’Allemagne, en 1948, le myosotis a été adopté comme  insigne maçonnique officiel, honorant les frères vaillants, qui  au péril de leur vie, ont poursuivi  leur travail Maçonnique  dans des conditions si difficiles.

 À la conférence des Grands Maîtres aux Etats-Unis, Dr. Theodor Vogel, le premier  Grand Maître des Grandes Loges Unies D’Allemagne, a offert  à chacun des représentants des juridictions  amies  présentes  un myosotis comme  gage d’amour fraternel.

Cette petite fleur  emblème de fraternité dans une période si dure, est devenue l’insigne le plus largement utilisée parmi les Maçons d’ Allemagne.

Dans la plupart des loges, le myosotis est présenté au nouveau Maitre Maçon, à qui son histoire est brièvement expliquée.

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 13:37

CONSTITUTION DU SUPREME CONSEIL DE RUSSIE

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A. BOGDANOV


1° -Le 21 Mars 2010 : Consécration par le Grand Chapitre Français de deux Chapitres à l’Orient de Moscou.

          - FRANCE N°1 

          - PIERRE LE GRAND N°2 


2°- Le 23 Mars 2010 : Consécration par le Grand Chapitre Français d’un Chapitre à l’Orient de Saint Petersburg.

          - YELAGUINE N°3 


3°- Le 23 Mars 2010 : Proclamation du SUPREME CONSEIL DU RITE FRANÇAIS DE RUSSIE – Suprême Commandeur  Andrey BOGDANOV.

 

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 13:10
Le Tableau de Loge

Ce Tableau doit représenter:

1°) Les sept marches mystérieuses et le pavé mosaïque du Portique du Temple.

2°) Les deux colonnes mystérieuses avec leur monogramme J. et B. entre ces deux colonnes et à la hauteur de leurs chapiteaux, une équerre l'angle en bas.

3°) A gauche de la colonne J., la Pierre brute; à droite de celle de B., la Pierre cubique à pointe, et, entre le fût de ces colonnes, la porte du Temple.

4°) Au-dessus du chapiteau de la colonne J., la perpendiculaire, et au-dessus de la colonne B., le niveau.

5°) Au milieu de la partie supérieure du Tableau, on dessinera un compas l'angle en haut; à droite, le Soleil, à gauche, la Lune, et au-dessous, la planche à tracer.

6°) Le fond de la partie supérieure représentera un ciel parsemé d'étoiles, et le tout sera environné par la houppe dentelée.

7°) On dessinera trois fenêtres, une à l'Occident, l'autre à l'Orient et l'autre au Midi.


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Le Tableau du Troisième Grade

Ce tableau représentera un carré long figurant l'intérieur du Temple, sans ornement. Les portes latérales du Nord et du Midi y seront dessinées, ainsi que celle d'Occident; elles seront représentées ouvertes, seule la porte de l'Intérieur sera fermée.

Au-devant de la porte d'Occident sera tracé un escalier à sept marches.

Au troisième palier sera le pavé mosaïque; les deux colonnes s'élèveront aux côtés de l'escalier.

Au milieu du tableau sera dessiné un cercueil de la longueur d'un homme. A la tête sera une équerre et au pied un compas ouvert, les branches de l'un et de l'autre seront tournées vers le cercueil.

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Le Grand Tapis ou Voile Noir du Troisième Grade

On aura un grand tapis, ou voile noir, sur lequel on fera peindre divers emblèmes funèbres, comme des larmes; au milieu, sera un triangle en or ayant la lettre J:. au centre surmontée d'une branche d'acacia. Aux quatre angles du tapis sur sa longueur seront des têtes de mort avec des os en sautoir.

A l'extérieur du Tableau, dans l'angle à gauche faisant face à l'Orient, sera dessiné un monticule ou amas de terre dans lequel sera fichée une branche d'acacia.

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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 12:43
Le Tableau de Loge

Le Tableau sera étendu sur le plancher, au centre de la Loge, recouvert d'un tapis bleu. Il sera rigoureusement dans l'axe du milieu de l'Autel.

Le Tableau aura la forme d'un double carré et sera entouré d'une bordure dentelée alternativement noire et blanche. Dans la moitié inférieure ou occidentale seront deux colonnes (ornées de chapiteaux corinthiens) entre lesquelles on apercevra la porte d'un temple, précédée d'un dallage alternativement blanc et noir auquel on accédera par un perron semi-circulaire de sept marches.

Dans la moitié supérieure ou orientale courra sur les trois côtés Nord, Est et Sud, une cordelière à houppes pourvue de lacs d'amour. Dans l'espace délimité par celle-ci on verra : au Sud-Est, le Soleil rayonnant ; au Nord-Est, la Lune dans son plein (entourée de sept étoiles et apparaissant à travers une trouée dans des nuages) et sur l'axe, vers le centre du Tableau, et formant avec les deux luminaires un triangle équilatéral, sera l'Etoile Flamboyante à cinq pointes (dardant des flammes de ses angles rentrants) et ayant dans son centre la lettre G.

Au Sud-Ouest et au Nord-Ouest du même carré oriental seront respectivement le Niveau et la Perpendiculaire, et sur l'axe, vers l'Orient, formant avec les deux autres instruments un triangle équilatéral, l'Equerre. Entre l'Equerre et le Niveau, on verra au Sud la Pierre Cubique à pointe surmontée d'une Laie et, symétriquement, entre l'Equerre et la Perpendiculaire, la Pierre Brute surmontée du Maillet, du Ciseau et de la Jauge. Autour de l'Etoile Flamboyante, et dans l'espace déterminé par toutes les figures précédentes, seront encore disposées : au Nord, la Planche à tracer ; à l'Est, au Sud et à l'Ouest, trois fenêtres.


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Tableau du troisième Grade

Non décrit dans le rituel

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Voile du Troisième Grade

Sur ce voile sont peints divers emblèmes funèbres comme les larmes, au milieu sera un triangle en or, ayant l'ancien mot de Maitre "JEHOVAH" (écrit en toute lettres) au centre, surmonté d'une branche d'acacia. Aux quatre angles du voile, sur la longueur, seront des têtes de mort avec des os en sautoir.

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 14:09

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 13:58

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 13:49

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 17:14

David, qui venait d'être reconnu roi par toutes les tribus d'Israël, inaugura son règne en prenant Jérusalem qui était encore tenue par les Jébuséens. Il en fit sa capitale et celle d'Israël. Il y fit transporter l'Arche d'Alliance qui était restée à Cariathiarim chez le lévite Abinadab et l'installa sur la montagne de Sion. Il conçut aussi le projet de bâtir à Jérusalem un temple à YaHWeH pour remplacer le Tabernacle qui était, lui, demeuré à Gabaon. Mais le prophète Nathan lui dit de la part de YaHWeH que l'exécution de cette œuvre sainte serait réservée à son fils car il avait trop versé le sang de ses ennemis.

A la fin de sa vie, David, sur l'ordre de YaHWeH, acheta l'aire d'Ornan le Jébuséen sur le mont Moriah pour y offrir un sacrifice. C'était en ce lieu, selon la tradition, qu'Abraham avait amené son fils Isaac pour l'immoler. David y éleva un autel et voyant que cet endroit était agréable à YaHWeH, il décida de le choisir pour y bâtir le Temple.

Il réunit les trésors et les ressources nécessaires à ce projet. Il accumula l'or, l'argent, l'airain et le fer. Il ordonna aux Chefs d'Israël de seconder l'entreprise de tout leur pouvoir. Il remit enfin à son fils Salomon, d'après les indications de YaHWeH, des plans et des dessins de tout ce qui devait être exécuté.

Salomon, dès qu'il fut monté sur le trône, mit en oeuvre les plans de David. Il écrivit à Hiram, roi de Tyr, qui était l'ami et l'allié de son père, pour le prier de lui fournir des cèdres du Liban. Hiram, roi de Tyr, accepta volontiers et lui envoya de plus un homme habile et intelligent, fils d'un bronzier tyrien et d'une veuve de la tribu de Nephtali, qui se nommait Hiram comme lui. Il excellait dans l'art de son père et dans beaucoup d'autres encore. Il était aussi ap¬pelé Abif ce qui, selon certains, signifie "le Maître" et Salomon le choisit pour être après lui et le roi Hiram le chef de tous les travaux du Temple.

Salomon s'occupa aussi de réunir les ouvriers nécessaires pour augmenter le nombre de ceux que son père avait déjà rassemblés.

Il y eut trente mille hommes de corvée dont dix mille étaient envoyés à tour de rôle un mois au Liban sous la direction d'Adonhiram pour couper les cèdres d'Hiram, roi de Tyr. Il y eut aussi soixante-dix mille porteurs qui amenaient à Jérusalem les bois flottés par mer jusqu'à Joppé.

Il y avait enfin quatre-vingt-mille Maçons qui travaillaient sous la conduite de trois mille trois cents Surveillants soit en

tout 183.300 hommes occupés à construire le Temple de YaHWeH.

Hiram Abif partagea les quatre-vingt-mille Maçons en trois classes : les Apprentis, les Compagnons et les Maîtres, qui travaillaient tous sous la direction des 3.300 Surveillants. A chaque classe il fit prêter serment et donna des signes, des poignées de main ou attouchements et des mots afin que chacun ne puisse jamais toucher que le salaire auquel lui donnaient droit ses connaissances et son zèle. Cette organisation eut d'heureux résultats. Elle empêcha toute fraude et fit régner dans les travaux l'ordre et la tranquillité.

Mais trois Compagnons, voyant que les travaux du Temple approchaient de leur fin, et qu'ils n'avaient toujours pas été admis au nombre des Maîtres, poussés par la jalousie et la cupidité, formèrent le dessein d'obtenir par surprise les signes, poignées de main ou attouchements et mots des Maîtres.

Ils avaient remarqué qu'Hiram allait tous les jours à midi pendant le repos des ouvriers visiter les travaux du Temple et adresser à YaHWeH une prière pour leur heureux achèvement. Résolus à user de la violence s'il le fallait, ils se postèrent à l'intérieur, à trois des quatre portes alors en usage pour les ouvriers et qui étaient les seuls accès du Temple.

L'un à la porte du Sud s'arma d'un levier, l'autre à la porte du Nord d'une jauge et le troisième à la porte de l'Est d'un fort maillet.

Hiram, entré dans le Temple par la porte de l'Ouest dirigea ses pas vers la porte du Sud. Notre Maître y trouva un des trois scélérats qui lui dit sa détermination d'obtenir enfin les signes, poignées de main ou attouchements et mots de la Maîtrise et le menaça de le tuer s'il refusait. Hiram répondit : "Malheureux, que fais-tu ? Je ne les ai jamais communiqués ainsi. Je veux bien oublier tes paroles et tu peux être certain que tu obtiendras ces secrets dès que tu les mériteras". Ce misérable, à l'instant, veut lui porter à la tête un coup violent du levier qu'il tient. Mais Hiram fit un mouvement pour parer le coup qui le détourna et il ne fut atteint qu'à l'épaule.

Hiram chercha son salut dans la fuite et tenta de s'échapper par la porte du Nord. Mais il y trouva le deuxième scélérat qui lui fit la même demande. Hiram lui répondit avec autant de fermeté et de mansuétude et tenta à nouveau de fuir. Ce forcené, désespéré, le poursuivit et lui asséna un grand coup de jauge sur la nuque.

Hiram, titubant et perdant son sang, courut vers la porte de l'Est. Le troisième scélérat lui barra le passage et lui demanda pour la der-nière fois les signes, poignées de main ou attouchements et mots de la Maîtrise. "Jamais, lui répondit Hiram, tu ne les obtiendras de moi ain-si. Je préfère la mort". "Eh bien, meurs", dit ce forcené et, d'un grand coup de fort maillet au front, il 1'étendit mort à ses pieds.

Les trois misérables Compagnons se rejoignirent, et comprirent aussitôt toute l'absurdité de leur forfait. Ne pensant plus qu'au châ-timent qui les attendait, ils s'efforcèrent d'en dérober la trace s'il était possible. En prenant grand soin de ne pas être vus, ils empor¬tèrent rapidement le corps d*Hiram par la porte de l'Ouest et le dis¬simulèrent sous un amas de rebuts.

Après s'être cachés tout le reste du jour, à minuit, dans la nuit obscure, ils se retrouvèrent, dégagèrent le corps et le transportèrent jusqu'au sommet d'une colline où ils l'ensevelirent dans une fosse creusée à la hâte. Puis ils prirent la fuite.

Les Maîtres s'aperçurent aussitôt de l'absence d'Hiram. Ils en avertirent le Roi Salomon qui pensa d'abord que son Architecte avait dû se rendre aux carrières ou partir pour un déplacement imprévu. Trois jours, puis cinq se passèrent. Au bout de sept, pris de craintes de plus en plus vives, le Roi Salomon ordonna un dénombrement général des Maçons. On lui rapporta que trois Compagnons étaient manquants.

Redoutant qu'un terrible malheur ne fût survenu, le Roi Salomon fit appeler neuf Maîtres qui avaient toute sa confiance, les constitua en trois Loges et leur ordonna d'aller aussitôt à la recherche d'Hiram, en partant des travaux du Temple.

Une Loge sortit d'abord du Temple par la porte du Nord, mais ses recherches furent vaines. La deuxième partit à son tour par la porte du Sud, mais ses recherches n'aboutirent pas davantage. Ces deux Loges ressortirent ensuite ensemble par les mêmes portes que précédemment, toujours en vain.

Enfin les trois Loges se mirent en route en même temps, quittant le Temple par les portes de l'Est, du Sud et du Nord, afin de conjuguer leurs efforts. Les neuf Maîtres décidèrent de ne pas trop s'éloigner les uns des autres et de rester à portée de voix.

Les recherches se poursuivaient déjà depuis longtemps lorsque, à la nuit tombante, au sommet d'une colline, le chef de la deuxième Loge de Maîtres, accablé de fatigue, prit appui pour s'asseoir à un petit arbuste. Mais son poids l'ayant aussitôt fait céder, il s'aperçut que cet arbuste se trouvait à la limite d'un endroit où la terre avait été fraîchement remuée sur une surface qui correspondait à celle d'une fos-se. Ils creusèrent rapidement et aperçurent un corps. Ne doutant pas que ce ne fût celui de notre Respectable Maître Hiram, ils refermèrent la tombe et, pour retrouver l'endroit, plantèrent au pied une branche d'acacia.

Ils retournèrent porter cette nouvelle au Roi Salomon qui leur ordonna d'aller au plus vite rouvrir cette fosse et, s'il s'agissait bien de celle de notre Respectable Maître Hiram, comme tout le lais¬sait présumer, d'élever son corps et de le lui ramener.

Le lendemain à l'aube, le neuvième jour de la disparition d'Hiram, les neuf Maîtres repartirent vers la colline où ils avaient fait leur triste découverte. Craignant que les trois Compagnons portés manquants n'eussent réussi à obtenir par la violence les secrets de la Maîtrise, ou qu'ils ne se fussent emparés d'un triangle d'or sur lequel la parole était gravée et qu'Hiram portait toujours caché sur lui, ils convinrent que le premier signe qu'ils feraient et la première parole qu'ils pro-nonceraient en exhumant le corps seraient substitués aux anciens dont on ne pouvait plus être sûrs.

Parvenus au sommet de la colline et ayant retrouvé la branche d'acacia, ils recommencèrent à creuser la fosse et dégagèrent le corps, qui avait la main droite sur le coeur au signe pectoral recouverte du tablier relevé, le bras gauche étendu le long du corps, la jambe gau¬che allongée et le genou droit relevé en équerre. Un linge taché de sang lui cachait le visage. L'un des Maîtres le souleva et reconnais¬sant aussitôt Hiram qui portait encore son insigne de Troisième Grand Maître, il se mit instinctivement à l'ordre de Maître mais, ne pouvant y demeurer, porta la main droite, le pouce toujours en équerre, devant les yeux et le front dans un geste d'horreur en détournant la tête sur la droite, afin de ne plus voir cet épouvantable spectacle. Il étendit aussi le bras gauche vers le sol, la main légèrement relevée, le pouce en équerre. Puis, dans un geste naturel, il laissa retomber la main droite sur l'estomac et le bras gauche le long du corps. Un autre Maî¬tre s'exclama : "Mac Bénac '. " dont une forme très proche signifie en hébreu : "L'Architecte a été frappé l" Ce mot, en gaélique, langue des Ecossais, a pour sens: "Le fils béni".

Le chef de la troisième Loge descendit dans la fosse et saisit notre Respectable Maître par la poignée de main ou attouchement d'Ap¬prenti. Mais la chair quitta les os et cette poignée de main glissa.

Le chef de la deuxième Loge fit de même avec la poignée de main ou attouchement de Compagnon, mais la chair quitta encore les os et cette poignée de main glissa pareillement.

Le chef de la troisième Loge descendit alors dans la fosse, prit le poignet droit de notre Respectable Maître Hiram en l'enserrant soli-dement, de chaque côté, de son index et de son annulaire recourbés, l'ongle du médius planté dans la chair et l'ongle du pouce planté lui aussi entre le pouce et l'index. Aidé des deux Maîtres qui n'avaient pas réussi dans leur tentative, il éleva notre Maître par les cinq points du Compagnonnage : pied à pied, genou à genou, main à main, coeur à coeur et main au dos.

Les Maîtres placèrent le corps sur une civière, le couvrirent de manteaux et le ramenèrent au Roi Salomon.

Celui-ci donna toutes les marques de la douleur la plus vive, mais voyant que la peine de ses Maçons était au moins aussi grande que la sienne, il leur accorda la faveur, en attendant les funérailles qu'il ferait à son Architecte, de le veiller dans celle de leurs Loges qui était la plus proche du Temple. Ignorant si les trois scélérats avaient arraché à Hiram ses secrets, et le Triangle d'or n'ayant pas été retrouvé, il confirma le signe que les Maîtres avaient fait et la parole qu'ils avaient prononcée devant le corps, décida qu'ils seraient le signe et la parole de Maître. Les cinq points du Compagnonnage, ayant servi à relever le corps d'Hiram, furent désormais réservés aux Maî¬tres. C'est dans cette posture que se donne la parole de substitution.

Les neuf Maîtres portèrent le corps de notre Respectable Maître Hiram dans leur Loge et lui donnèrent la position exacte qu'il avait lorsqu'ils l'avaient découvert : la main droite sur le coeur au signe pectoral, recouverte du tablier relevé, l'insigne de Troisième Grand Maître au cou, le visage dissimulé sous un linge taché de sang, le bras et la jambe gauches allongés, le genou droit relevé en équerre. Ils placèrent enfin sur le corps la branche d'acacia qu'ils avaient aussi rapportée. Puis ils donnèrent libre cours à leur douleur.

Il était midi, ce même jour, lorsqu'un Compagnon frappa à la porte de la Loge et demanda à recevoir les secrets de la Maîtrise. Cette démarche à ce moment parut surprenante et la première pensée des Maîtres, aveuglés par la douleur, fut qu'un des criminels, poussant l'audace ou l'inconscience à un degré inconcevable, cherchait à recevoir ainsi ce qu'il n'avait pu obtenir par la violence. On se saisit de lui, on lui plaça l'épée sur le coeur et on l'interrogea. On lui montra enfin le corps et son émoi parut sincère. On dut convenir que ce Compagnon était innocent et que, préoccupé de son seul travail, il était resté à l'é¬cart du trouble et de l'agitation générale. Comme ses connaissances étaient satisfaisantes, on décida de lui communiquer sur le champ les nouveaux secrets de la Maîtrise et de l'élever au troisième grade.

Le Roi Salomon fit faire à notre Respectable Maître Hiram de gran-dioses funérailles auxquelles assistèrent tous les Maçons et tous les Surveillants en tablier et en gants de peau blanche afin de témoigner qu'ils n'étaient pas souillés du sang de ce crime.

Il fit déposer les restes de notre Respectable Maître Hiram dans un tombeau de marbre bleu de trois pieds de large, de cinq de profon¬deur et de sept de long, élevé aussi près du Temple que la loi israélite le permettait. Il fit placer sur ce tombeau un triangle de l'or le plus pur sous lequel étaient gravées deux branches d'acacia en sautoir et qui éclairait ce tombeau d'une lumière extraordinaire.

Ayant ainsi rendu à son Architecte des devoirs dignes de ses ta¬lents et de son courage, le Roi Salomon s'occupa de faire rechercher les coupables afin de les châtier comme ils le méritaient.

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