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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 00:57

Catéchisme de l'Apprenti-Maçon par demandes et réponses

 D.·. Êtes-vous maçon ?

R.·. Mes frères et compagnons me connaissent pour tel .

D.·. Pourquoi vous êtes-vous fait maçon ?

R.·. Parce qu'on disait que j'étais dans les ténèbres et que j'ai voulu voir clair.

D.·. A qui vous êtes-vous adressé pour être fait maçon ?

R.·. A un ami en qui j'ai reconnu de la vertu, de la probité de la religion et que je soupçonnait qu'il le fut.

D.·. Comment avez vous été introduit en loge d'apprenti ?

R.·. Ni nu, ni vêtu , ni chaussé ni déchaussé, dépourvu de tout métaux, les yeux bandés.

D.·. Comment avez vous eu la porte ouverte ?

R.·. Mon conducteur à frappé trois coups.

D.·. Que signifient ces trois coups ?

R.·. Trois parcelles de l'écriture Sainte : frappez on vous ouvrira, demandez on vous donnera, cherchez vous trouverez.

D.·. Lors de votre première entrée en loge d'apprenti qu'avez vous aperçu?

R.·. Rien que l'esprit humain puisse comprendre, j'avais les yeux bandés.

D.·. Lorsque vous avez pu voir, qu'avez vous vu ?

R.·. Réflexion faite, j'ai vu toute cette honorable compagnie l'épée à la main, la pointe tendue sur mon cœur.

D.·. Pourquoi cela ?

R.·. Pour m'apprendre que si j'étais maçon discret ces épées étaient pour ma défense, mais que si j'étais maçon indiscret, elles seraient toujours prêtes à me percer le cœur.

D.·. Comment étiez-vous lors de votre première obligation?

R.·. J'étais les yeux bandés, le genou nu sur le compas, formant l'équerre de la jambe gauche, la main sur la bible.

D.·. Que faisiez-vous en cette posture ?

R.·. Je contractais une obligation de garder les secrets des maçons et de la maçonnerie.

D.·. Combien un apprenti a-t-il de signes ?

 

R.·. Il en a trois.

D.·. Quels sont-ils?

R.·. Le Guttural, le pédestre et le manuel,

D.·. A quoi est allégorique le guttural ?

R.·. Au serment que j'ai prêté puis que j'ai consenti d'avoir gorge coupée si j'étais maçon indiscret.

D.·. A quoi est allégorique le pédestre ?

R.·. Qu'un maçon doit toujours marcher dans le sentier de la vertu.

D.·. Et le manuel ?

R.·. C'est un attouchement qui nous sert à nous reconnaître.

D.·. Comment le donnez-vous ?

R.·. En pressant la jointure de l'index avec le pouce trois petits coups

D.·. Qu'est-ce que cela demande ?

R.·.Une parole.

D.·. Donnez-la-moi.

R.·.Donnez-moi la première lettre, je vous donnerais la suivante

D.·. J

R.·. A

D.·. K

R.·. I

D.·. N

R.·. JA

D.·. KIN. Ensemble Jakin

D.·. Que veut dire ce mot ?

R.·. Ma force est en lui et c'est le nom de la première colonne qui était à gauche à l'entrée du Temple où les Apprentis venaient déposer leurs outils et recevoir le salaire de leurs travaux.

D.·. Quelles lettres se trouvaient sur cette colonne ?

R.·. Les lettres I.·. et F.·.

D.·. Que veulent dire ces deux lettres ?

R.·. Jakin et Force

D.·. Donnez-moi la passe !

R.·. Tubalkin

D.·. Qu'était Tubalkin ?

R.·.C'est le nom du fils de Lameke, le premier qui inventa l'usage des métaux

D.·. Quel âge avez-vous ?

R.·. Trois ans passés.

D.·. Pourquoi répondez-vous ainsi étant plus âgé ?

R.·. Parce qu'il fallait avoir postulé trois ans autre fois pour être reçu maçon.

D.·. Comment l'apprenti fait-il sa marche ?

R.·. Par trois équerres

D.·. Que dénotent ces trois équerres ?

R.·. Elles dénotent son âge et que tout maçon doit marcher dans le sentier de l'équité et de la vertu afin qu'il ne fasse jamais rien dont il puisse se repentir.

D.·. Comment un apprenti entre-t-il en Loge de ce grade ?

R.·. Frappe trois coups à la porte du temple, lors que l'on la' lui ouvre , Il se met au signe de ce grade , les pieds en équerre , il fait trois grand pas toujours en équerre droit à l'occident et va se mettre entre le 1er et le 2ème surv.·.

D.·. Comment se fait le signe ?

R.·. En portant la main droite à la gorge en équerre les 4 doigts serrés le pouce tendu et la tirant jusque à l'épaule droite, puis la laisser tomber perpendiculairement sur la cuisse ce qui donne encore une autre équerre.

D.·. Où allez-vous ?

R.·. De l'occident à l'Orient par la voie du Nord.

D.·. Quoi faire par cette voie sombre ?

R.·. Comme le moins éclairé, je cherche des lumières.

 Catéchisme du Compagnon par demande et réponse

 D.·. Êtes-vous compagnon ?

R.·. Oui, je le suis.

D.·. Comment avez-vous parvenu dans ce grade ?

R.·. Par l'équerre et le compas.

D.·. Pourquoi vous êtes-vous fait Compagnon ?

R.·. Pour connaître la lettre G.·..

D.·. Que signifie cette lettre ?

R.·. Géométrie ou cinquième des sciences.

D.·. Comment avez-vous passé au Compagnonnage ?

R.·. Après six voyages finis on m'a fait faire la marche D'apprenti par la voie du Nord et celle de compagnon par la voie du Midi, au Nord et à l'Orient où j'ai prêté mon obligation.

D.·. Où avez-vous été constitué apprenti et compagnon ?

R.·. A l'Orient.

D.·. Par combien de coups ?

R.·. Apprenti une fois trois coups et Compagnon deux fois trois coups.

D.·. Que signifient ces deux fois trois coups ?

R.·. Trois paroles de l'écriture sainte et les trois portes du Temple.

D.·. Comment le Compagnon fait-il sa marche ?

R.·. Par trois équerres et la double équerre.

D.·. Pourquoi cela ?

R.·. Par trois équerre pour me faire ressouvenir de ne jamais me faire écarter du chemin de l'équité et la double équerre me démontre le double lien qui me lie à la fraternité par le deuxième grade que j'ai passé.

D.·. Pourquoi dites-vous que lors de votre première entrée en Loge d'Apprenti vous n'étiez ni nu ni vêtu, ni chaussé ni déchaussé, dépourvu de tous métaux et cependant d'une façon décente et les yeux bandés ?

 R.·. Ni nu ni vêtu parce que la beauté n'a point besoin d'ornements pour paraître avec éclat. Ni chaussé ni déchaussé pour me faire voir qu'en quelque état que je sois, je dois voler au secours de mes Frères. Dépourvu de tous métaux parce que les métaux sont le symbole du vice. Cependant d'une façon décente parce que la plus grande pudeur n'aurait pu s'offenser ni blesser ses yeux voyant la façon dans laquelle l'on m'avait arrangé. Les yeux bandés pour me faire voir l'aveuglement où j'étais sur le compte des Maçons et de la Maçonnerie.

D.·. N'y a t-il point d'autres signification dans les métaux ?

R.·. Si. Lorsqu'on bâtit le Temple de Salomon, les cèdres du Liban furent envoyés sur le fleuve du Jourdain par Hiram roi de Tyr, tous taillés et prêts à mettre à l'¦uvre de sorte que l'on entendit aucun coup d'outils lorsqu'on les employa.

D.·. Combien le Compagnon a-t-il de signes et quels sont-ils ?

R.·. Quatre : le guttural, le pectoral, le manuel et le pédestre

D.·. A quoi bon le pectoral ?

R.·. Ce qui le distingue de l'Apprenti et le fait ressouvenir que dans l'obligation du Compagnon, qu'il a prêté, il a consenti qu'on lui arrache le cœur s'il révélait jamais les mystères du Compagnonnage.

D.·. Le Compagnon n'a-t-il pas aussi pour le distinguer de l'Apprenti un attouchement différent et quel est-il ?

R.·. Si. Il presse avec son pousse le médius de celui qu'il attaque, le pressant deux fois trois comme il frappe.

D.·. Qu'est-ce que cela demande ?

R.·. Une parole.

D.·. Donnez-la moi !

R.·. Donnez-moi la première lettre, je vous donnerais la suivante.

D.·. B.·.

R.·.O

D.·.O

R.·.Z

D.·.BO

R.·.OZ Ensemble : BOOZ

 D.·. Que signifie ce mot ?

R.·. Ma force est en Luy Dieu

D.·. Donnez-moi la passe !

R.·. Skibollete

D.·. Que signifie ce mot ?

R.·. Épi de blé.

D.·. Pourquoi cette passe fut-elle donnée ?

R.·. C'est que du temps des guerres dans la Palestine, les Chevaliers Maçons se réunirent aux chevaliers de Saint Jean de Jérusalem contre les Israélites, peuple infidèle et barbare, qui tâchaient les nuits sous apparence d'amitié, de surprendre nos postes pour les égorger. De façon que pour éviter la surprise, on donna cette passe aux chevaliers de Saint Jean à cause que ce fut la seule dont la prononciation était la plus difficile aux ennemis car ne pouvant prononcer Skibollete, ils disaient Schiboullete. A ce mot, on les reconnaissait et sitôt qu'ils étaient proches, on leur passait l'épée à travers du corps et on les précipitait dans le fleuve.

D.·. Quelle différence faites-vous entre Skibollete et Schiboullete

R.·. Très grande puisque l'une veut dire épi de blé et l'autre, il n'y a pas de blé.

D.·. Combien avez-vous de meubles en Loge et quels sont-ils ?

R.·. Il y en a trois, la Bible, le compas et le maillet.

D.·. De quel usage sont-ils ?

R.·. La Bible pour prêter l'obligation. Le compas pour mettre sur le c¦ur lors de l'obligation et pour faire un cercle dont tout bon Maçon ne doit jamais s'écarter. Le maillet pour appeler les Frères à l'ordre et les faire rentrer dans leur devoir.

D.·. Quelle est la forme de votre Loge ?

R.·. Un carré long.

 D.·. Sa longueur ?

R.·. De l'Orient à l'Occident.

D.·. Sa largeur ?

R.·. Du Midi au Nord.

D.·. Pourquoi me répondez-vous ainsi ?

R.·. Pour donner à entendre que tous les bons Maçons sont dispersés par toutes les parties de la terre et cepandant qu'ils ne forment tous ensemble qu'une même Loge.

D.·. A qui est dédiée votre Loge et pourquoi dites-vous la Loge Saint Jean ?

R.·. Elle est dédiée à Saint Jean et nous disons Loge Saint Jean parce que ce saint fut le premier qui prêcha la vertu et la charité et qu'il nous a montré la vraie lumière.

D.·. Avez-vous des bijoux dans votre Loge et combien ?

R.·. Oui, nous en avons six, dont trois mobiles et trois immobiles.

D.·. Quels sont les trois immobiles ?

R.·. Le compas sur son équerre que le Maître porte au col comme chef de l'équité. Le niveau que porte le 1er Surveillant pour mettre à l'uni ce qui est désuni et qui nous démontre que nous sommes tous égaux et frères. La perpendiculaire que porte le 2eme Surveillant et qui dénote l'aplomb et la solidité de nos ouvrages et nous fait connaître que tout nous vient d'en haut et que sans ce secours on ne peut édifier solidement.

D.·. Combien de lumières avez-vous dans votre Loge ?

R.·. Trois grandes et plusieurs petites.

D.·. Quelles allégories donnez-vous à ces trois grandes lumières ?

R.·. Le Soleil, la Lune et le Grand Maître de la Loge. Le soleil pour éclairer le jour, la Lune la nuit et le grand Maître pour nous instruire de ses sages conseils. Allégorie aussi aux trois piliers de la Loge.

 D.·. Avez-vous des ornements en Loge et combien ?

R.·. Nous en avons trois.

D.·. Quels sont-ils et leur usage ?

R.·. Le pavé à la mosaïque pour orner l'entrée de la Loge ; l'étoile flamboyante pour éclairer le centre ; la houppe dentelée pour en orner la circonférence.

D.·. Que signifient les sept degrés que l'on vous a fait monter lors de votre réception ?

R.·. Les sept péchés capitaux qu'il faut fouler aux pieds et les septs vertus qu'il faut pratiquer.

D.·. Comment entre-t-on dans l'intérieur de votre Loge ?

R.·. Par un escalier en vis qui se monte par trois, 5 et 7, allégorie aux trois âges des trois premiers grades.

D.·. Combien avez-vous de colonnes dans votre Loge ?

R.·. Nous en avons cinq avec les deux de l'entrée du Temple.

D.·. Combien en avez-vous qui fassent la base de votre Ordre ?

R.·. Nous en avons trois.

D.·. Comment les nommez-vous ?

R.·. Force, Beauté et Sagesse. La Force pour l'exécution, la Beauté pour l'ornement et la Sagesse pour l'entreprise et diriger les travaux.

D.·. Comment nommez-vous les deux autres colonnes et leur utilité ?

R.·. La colonne J pour les Apprentis qui moyennant une parole, un signe et un attouchement venaient déposer leurs outils et recevoir le salaire de leurs travaux. La colonne B.·. était pour les Compagnons qui aussi, moyennant une parole, signe et attouchement venaient à cette colonne déposer leurs outils et recevoir leur salaire.

D.·. Quelles lettres se trouvaient sur ces colonnes ?

R.·. Sur celle des Apprentis, les lettres J.·. , F.·.. Sur elle des Compagnons B.·., B.·..

D.·. Que signifient ces quatre lettres ?

R.·. Les deux premières Jakin et Force, les deux autres Booz et Beauté.

 D.·. De quelle hauteur étaient ces deux colonnes ?

R.·. De dix-huit coudées.

D.·. Combien de tour ?

R.·. Douze coudées.

D.·. Combien d'épaisseur ?

R.·. Quatre doigts ou quatre pouces.

D.·. Comment se peut-il que sur dix-huit coudées de hauteur, douze de tour, elles n'eussent que quatre pouces d'épaisseur ?

R.·. Très Vénérable, elles étaient creuses.

D.·. Pourquoi ce vide ?

R.·. Pour renfermer les outils des Apprentis et des Compagnons.

D.·. Sur quoi étaient posées ces deux colonnes ?

R.·. Sur des piédestaux de pierres précieuses.

D.·. Pourquoi dites-vous des piédestaux de pierres précieuses ?

R.·. A cause de l'énorme grandeur des pierres qui étaient très rares dans ce pays là car il n'y en avait point.

D.·. De quelle hauteur étaient les piédestaux ?

R.·. De huit coudées.

D.·. N'y avait-il rien pour décorer ces colonnes ?

R.·. Elles étaient décorées de chapiteaux ornés de cent pommes de grenades et de lys sans nombre.

D.·. De quelle hauteur était ces chapiteaux ?

R.·. De cinq coudées.

D.·. Avez-vous vu votre Grand Maître ?

R.·. Oui.

D.·. Comment est-il habillé ?

R.·. Or et Azur

D.·. Pourquoi me répondez-vous ainsi ?

R.·. C'est que lorsque Dieu apparut à Moïse, il lui apparut dans un buisson ardent dont le feu représente l'or et la fumée l'azur. C'est aussi allégorique au compas que le Grand Maître porte, dont la tête et couleur d'or et les pointes azurées en acier.

 D.·. Si un de vos frères était perdu, où le retrouveriez-vous ?

R.·. Entre l'équerre et le compas ou bien entre le baril et la poudre.

D.·. Pourquoi dites-vous que vous trouveriez vos frères dans ces endroits ?

R.·. Entre l'équerre et le compas est une allégorie qui démontre qu'un maçon doit toujours être équitable et compasser ses actions. Entre le baril et la poudre veut dire que sûrement je trouverais des Frères en Loge puisqu'il n'y a qu'en cet endroit que l'on se sert du terme de baril et poudre.

D.·. Où se tient votre Grand Maître en Loge ?

R.·. A l'Orient.

D.·.Pourquoi ?

R.·. Pour ouvrir la Loge et l'éclairer de ses sages conseils.

D.·. Où se tiennent les Survts.·. dans votre Loge?

R.·. A l'Occident.

D.·. Pourquoi ?

R.·. Pour veiller sur les ouvriers, les payer et les renvoyer contents.

D.·. N'y a t’il pas une autre raison ?

R.·. Si. Comme c'est à l'occident que le soleil termine la carrière du jour, les Survts.·. s'y tiennent pour fermer la Loge et ranger les outils.

D.·. Etes-vous Compagnon ?

R.·. Oui, je le suis.

D.·. Comment avez-vous été fait Compagnon ?

R.·. Par l'équerre, la lettre G et le compas.

D.·. Que signifie la lettre G ?

R.·. Géométrie ou cinquième des sciences.

D.·. Où avez-vous été constitué Compagnon et comment ?

R.·. A l'Orient, par deux fois trois coups.

D.·. Quel âge avez-vous ?

R.·. 5 ans passés.

 D.·. Pourquoi 5 ans passés ?

R.·. Parce qu'il fallait avoir 3 ans d'apprentissage et 2 ans de compagnonnage auparavant de parvenir au grade de Maître.

D.·. Avez-vous travaillé et combien ?

R.·. Oui, du lundi au samedi soir.

D.·. Avez-vous été payé et où ?

R.·. Je suis content et j'ai été payé comme Apprenti la colonne Jakin et comme Compagnon à la colonne Booz et le Maître est payé à la Chambre du Milieu.

D.·. A qu'elle heure s'ouvrent vos Loges ?

R.·. A Midi plein.

D.·. A qu'elle heure se ferment-elles ?

R.·. A Minuit plein.

D.·. Où se tiennent les Apprentis en Loge ?

R.·. Au Nord.

D.·. Pourquoi ?

R.·. Parce que le Nord est un lieu moins éclairé et les Apprentis s'y tiennent pour, de là examiner le travail des Compagnons n'étant point encore en état de les suivre dans leurs ouvrages.

D.·. Où se tiennent donc les Compagnons ?

R.·. Ils sont dispersés par toute la Loge.

D.·. Pourquoi ?

R.·. Comme les Compagnons sont les ouvriers et qu'il faut que le travail se fasse partout, ils sont dispersés pour l'utilité de leurs ouvrages.

D.·. Qu'allez-vous faire en Loge ?

R.·. Vaincre nos passions, soumettre nos volontés et faire de nouveaux progrès dans l'Ordre.

D.·. Combien de sortes de Maçons y a-t-il et quels sont-ils ?

R.·. Deux sortes de Maçons [ceux] de théorie et ceux de pratique.

D.·. Quels sont ceux de théorie et ceux de pratique ?

R.·. Ceux de théorie sont ceux qui épurent leurs meurs, fuient le vice, font le bien et fuient le mal. Ceux de pratique élèvent des perpendiculaires sur leur base et tirent une muraille au cordeau.

Catéchisme de Maître-Libre

 D.·. Êtes-vous Maître ?

R.·. Examinez-moi, approuvez-moi ou désapprouvez-moi si vous le pouvez. L'acacia m'est connu.

D.·. Pourquoi dites-vous que l'acacia vous est connu et comment vous fut-il connu ?

R.·. Il m'est connu parce que ce fut par une branche de cet arbre que les Maîtres découvrirent où les malheureux Compagnons avaient caché le corps de notre Maître après qu'il l'aient assassiné.

D.·. Les Compagnons connaissaient donc l'acacia ?

R.·. Non, mais ayant envie de mettre une remarque* à l'endroit où ils déposèrent notre Maître, ils prirent une branche de cet arbre sans le connaître.

D.·. Quelle nécessité avaient-ils de reconnaître cet endroit ?

R.·. Pour revenir à plus grand loisir et le tirer de cet endroit pour le trans porter plus loin afin que leur crime resta enseveli dans l'oubli et que l'on ne puisse avoir aucune nouvelle pour en éviter la punition.

D.·. Quel est le soin d'un Maître en loge ?

R.·. C'est de voir si la Loge est couverte et si nous sommes en sûreté et à l'abri des profanes.

D.·. Quel âge avez-vous comme Maître ?

R.·. Sept ans passés.

D.·. Pourquoi un Maître répond-il sept ans passés ?

R.·. Parce qu'il fallait être depuis sept ans dans l'Ordre pour pouvoir venir à la maîtrise.

D.·. Expliquez-moi cela.

R.·. Il fallait trois ans d'apprentissage, deux ans de Compagnonnage et deux années sous maîtrise pour arranger les ateliers et diriger les Compagnons auparavant d'être reconnu Maître.

 D.·. Combien de personnes faut-il pour compléter une loge ?

R.·. Il en faut sept.

D.·. Qui sont ces sept ?

R.·. Le grand Maître, les deux Survts.·., deux Compagnons et deux Apprentis.

D.·. Ne peut-on tenir de Loge sans ces sept personnes ?

R.·. Si, mais il faut de toute nécessité le Grand Maître et ses Survts.·., de sorte que trois forment, cinq composent et que sept rendent la loge parfaite.

D.·. A quelle heure ouvre votre loge ?

R.·. A midi plein.

D.·. A quelle heure se ferme-t-elle ?

R.·. A minuit.

D.·. Comment voyage les Maîtres ?

R.·. De l'orient à l'occident au midi et au septentrion.

D.·. Pourquoi ?

R.·. Pour aller répandre la lumière dans toutes les parties de la terre.

D.·. Pourquoi les trois malheureux Compagnons résolurent-ils la mort de notre respectable Hiram ?

R.·. Par avarice et mauvaise foi à cause qu'ils avaient l'habitude de capter la paie de Maître et que par arrangement que notre Maître mit, s'apercevant qu'il était dupé ils se virent frustré de cette paye.

D.·. Comment notre Maître s'aperçut-il qu'il était dupé dans la paye qu'il faisait tous les samedis soirs ?

R.·. Notre Maître sachant le nombre des Maîtres et des Compagnons ainsi que des Apprentis qu'il avait à payer, avait coutume de mettre leur salaire d'un mois dans la caisse de la chambre interne où il les faisait venir tous pour recevoir leur paye, mais au bout de quelque temps il se trouva court d'argent, il jugea d'abord qu'il fallait que les Compagnons ou les Apprentis lui captassent la paye de Maître et pour éviter dorénavant d'être leur dupe il fit construire deux grandes colonnes qu'il fit mettre à l'entrée du temple, en dedans. A chaque colonne, il donna un mot, un signe, un attouchement et une passe. L'une était pour l'Apprenti, et l'autre pour les Compagnons et les Maîtres furent toujours payés à la chambre interne.

 D.·. Quel privilège a le fils d'un Maçon en loge ?

R.·. D'être reçu avant tout autre même devant une tête couronnée.

D.·. N'y a-t-il point de profane qui ait ce droit sur le fils d'un Maçon et sur tous les autres ?

R.·. Si un profane qui s'appellerait Jean a ce droit.

D.·. Pourquoi ?

R.·. Parce que la vénération que les Maçons ont pour ce saint fait que toutes les loges lui sont dédiées.

D.·. Pourquoi dédie-t-on toutes les loges à saint jean ?

R.·. Parce que ce fut le premier Maçon qui nous découvrit la lumière et qui prêcha la charité, l'égalité et l'amitié vers ses Frères.

D.·. Si vous aviez besoin d'un Maître, où le trouveriez-vous ?

R.·. Entre l'équerre et le compas.

D.·. Pourquoi répondez-vous ainsi ?

R.·. Parce que un Maître Maçon doit toujours être équitable et compasser ses actions afin de ne donner que des bons exemples.

D.·. N'y a-t-il point d'autres raisons qui vous oblige à répondre entre l'équerre et le compas ?

R.·. Si, c'est pour nous faire ressouvenir que notre Maître Hiram fu trouvé assassiné et enterré entre ces deux outils.

D.·. Comme s'aperçut-on sitôt que notre Maître Hiram avait été assassiné ?

R.·. Par son absence auprès de Salomon.

D.·. Expliquez-moi cela.

R.·. Notre Maître Hiram n'étant pas venu contre sa coutume dans le cabinet du roi Salomon depuis trois jours pour lui montrer les plans de la direction du temple, ce roi en fut inquiet ; vers le soir du troisième jour, il fit appeler tous les Maîtres pour savoir d'eux des nouvelles de son architecte. Mais les Maîtres n'ayant pu lui en donner, il craignit qu'il ne lui fut arrivé quelque accident et dit aux Maîtres d'aller dans tous les ateliers pour avoir de ses nouvelles et de lui venir faire le rapport tout de suite sans cependant faire du bruit.

 D.·. Les Maîtres ayant venu faire le rapport au roi que l'on n'avait point vu Hiram depuis trois jours, que résolut ce roi ?

R.·. Il dit qu'il fallait que Hiram eut été assassiné et les Maîtres pour montrer leur innocence se lavèrent d'abord les mains.

D.·. Que fit donc Salomon pour en avoir des nouvelles positives ?

R.·. Il dit qu'il fallait en faire une exacte recherche partout aux environs de Jérusalem et comme tous les Maîtres pour témoigner de leur zèle voulaient être du nombre de ceux qui la devait faire, Salomon leur dit qu'il ne pouvaient tous s'absenter des travaux sans donner des soupçons et pour ne point faire de jaloux, il les fit tirer à les scrutins en disant qu'il n'en fallait que neuf et que ceux qui ne seraient point du nombre retournerait aux travaux sans faire semblant de rien et espionnerait les différents mouvements qui pourraient se faire parmi les ouvriers.

D.·. Le scrutin tiré que firent les Maîtres et quel arrangement prirent-ils pour faire cette recherche ?

R.·. Ceux qui ne furent point élus par le scrutin revinrent le lendemain aux travaux comme si de rien n'était, mais les neuf des plus zélés avaient donné le choix pour faire la dite recherche, tinrent conseil ensemble et convinrent qu'il fallait fouiller les environs de Jérusalem à neuf lieues à la ronde pendant neuf jours et que le neuvième, ils se retrouverait tous ensemble sur le mont Sinaï, surnommé la montagne d'acacias pour se faire part de leurs recherches.

D.·. Comment partirent-ils ?

R.·. Trois par la porte d'orient, trois par la porte d'occident et trois par la porte du midi et ils fouillèrent tous les environs de Jérusalem pendant neuf jours et le neuvième, ils se trouvèrent sur la dite montagne où s'étant fait rapport de leurs inutiles recherches, ils restèrent dans un morne silence et dans l'affliction d'être obligés de retourner à Jérusalem sans avoir pu faire aucune découverte.

 D.·. Quelle fut leur résolution ?

R.·. Huit accablés de lassitude, résolurent de s'en retourner à Jérusalem pour donner part de leurs inutiles recherches au roi Salomon mais le neuvième plus zélé dit qu'il ne s'en retournerait pas qu'il n'eut fouillé toute cette montagne mais fatigué lui-même il voulut se reposer et pour cet effet il s'appuie à une branche d'acacia pour s'asseoir. la dit branche lui resta dans la main et il aperçut la terre mouvante dans cet endroit et fraichement remuée.

D.·. Que fit-il alors ?

R.. .·. Se doutant que cela renfermait quelque mystère, il appela ses huit camarades qui revinrent et leur ayant fait part de ce qui venait de lui arriver, leur montrant l'endroit, ils jugèrent à propos de fouiller la terre en cet endroit et ils se mirent tous à l'ouvrage. ayant creusé cinq pieds de profondeur, ils aperçurent un cadavre et le dégarnissant de la terre qui pouvait le couvrir encore, ils virent qu'il était au signe de Compagnon. Un linge rempli de sang lui couvre la face et trouvent dans la dite fosse une équerre et un compas.

D.·. Que firent-ils pour lors ?

R.·. Ils levèrent le linge qui lui couvrait le visage mais ils ne l'eurent point levé qu'il ne reconnurent le respectable Hiram assassiné.

D.·. Que firent-ils et que dirent-ils dans le moment ?

R.·. Reconnaissant notre Maître, ils reculèrent d'effroi puis s'approchant de la fosse et voyant les deux outils, ils dirent qu'il fallait que ce fut des malheureux Compagnons qui l'eussent assassiné pour avoir les secrets des Maîtres et crainte que par les douleurs, ils ne les eussent arrachés à notre Maître Hiram ils tinrent conseil ensemble afin de les changer.

D.·. Comment les changèrent-ils et comment s'y prirent-ils pour faire un changement de cette importance qui devait être communiqué au roi Salomon et à tous les Maîtres ?

 R.·. Ils résolurent donc que le mouvent (sic) qu'ils avaient déjà fait, reconnaissant notre Maître assassiné, serait le signe et comme ils avaient fait un mouvement d'effroi, ce fut le signe d'effroi. alors, ils dirent que la façon dont ils se prendraient pour le tirer de la fosse serait l'attouchement et que la parole qu'ils diraient en le relevant serait le mot sacré et la réponse, la passe.

D.·. Comment s'y prirent-ils pour le relever et que dirent-ils ?

R.·. Ils le prirent par les cinq points de la perfection : pied contre pied, genoux contre genoux, poitrine contre poitrine, joue contre joue, la main enserrée au poignet et la gauche enserrée sous l'épaule droite.

D.·. Que dirent-ils ?

R.·. Un le prenant par l'index de la main droite, dit Jakin ; le doigt glissa. Un autre le prit par le médius et dit Booz, ce deuxième doigt glissa. Aussi le troisième le prenant par les cinq points de perfection en disant Mac Benac, le releva de la fosse. Un quatrième tournant la tête, répondit Giblim.

D.·. Que signifient ces deux mots ?

R.·. Mac Benac signifie « la chair quitte les os » et Giblim signifie « il peut ».

D.·. Que firent les Maîtres après avoir retiré Hiram de la fosse ?

R.·. Ils attendirent la brume puis enveloppèrent Hiram dans leurs manteaux et le portèrent dans la chambre de Salomon.

D.·. Que fit ce sage roi, voyant Hiram assassiné ?

R.·. Il le découvrit pour voir où était le coup mortel et l'ayant examiné, il porta la main droite en équerre à la tête en disant : « les malheureux, ils lui ont écrasé la cervelle » puis il fit tendre la chambre de noir et il fit faire un superbe mausolée. Il fit mettre une plaque d'or dessus en i faisant graver le mot « Jéhovah » disant qu'il fallait découvrir ceux qui avaient ce meutre et que les deux outils devaient les faire desceller. 

 D.·. Que firent les Maîtres pour découvrir ceux qui avaient commis cet assassinat ?

R.·. Ils firent en secret la visite des ateliers pour voir en quel atelier manquaient ces deux outils. Mais comme ces trois scélérats meurtriers s'étaient aperçus qu'il leur manquait une équerre et un compas, ils se doutèrent qu'ils les avaient perdus dans la fosse de notre Maître et comme ils étaient aux écoutés et en faction pour voir si l'on ne déterrait rien du vestige de leur assassin, vers le soir ils s'aperçurent que les Maîtres transportaient un cadavre secrètement enveloppé dans la chambre de Salomon et comme ils venaient du côté de la montagne, ils se doutèrent que ce devait être notre respectable Hiram. En conséquence pour éviter la punition de leur crime, ils se sauvèrent.

D.·. De quel atelier, étaient ces trois scélérats ?

R.·. De l'atelier des Moabites.

D.·. De quel pays, étaient-ils ?

R.·. De Phénicie, pays où se trouvaient les plus habiles ouvriers.

D.·. Pourquoi ces trois scélérats assassinèrent-ils notre Maître ?

R.·. Pour avarice, à cause qu'ils avaient coutume de capter la paye de Maître et que par l'arrangement que Hiram avait mis lorsqu'il s'aperçut qu'il était dupé, ils ne purent plus lui capter cette paye.

D.·. Comment s'y prirent-ils pour exécuter ce malheureux projet d'assassiner Hiram ?

R.·. S'apercevant que par l'arrangement d'Hiram, ils ne pouvaient plus capter la paye de Maître puisqu'il fait construire deux colonnes pour payer les Apprentis et les Compagnons moyennant les mots, signes, passes et attouchements de ces deux grades et que les Maîtres en avaient de tout différents et étaient payés à la chambre interne, ils résolurent ensemble de se procurer les secrets de Maître à quelque prix que ce fut.

 D.·. Comment y purent-ils parvenir ?

R.·. Comme il fallait qu'il puisse attraper notre Maître seul et à l'écart, ils épiaient le moment depuis longtemps et s'aperçurent que notre Maître avait accoutumé d'aller tous les soirs vers la minuit dans le temple faire sa prière à son dieu et voir si les Maîtres faisaient exécuter les plans qu'ils leur prescrivait. Ils résolurent donc de le surprendre dans le temple lorsqu'il viendrait selon sa coutume. Mais ils trouvèrent la difficulté bien grande à cause que les Maîtres tous les soirs après les travaux avaient accoutumé de faire la visite partout le temple pour prendre garde que personne s'y cachait pour y voler ; et puis la visite faite, ils rapportaient les clefs à notre respectable Hiram.

D.·. Comment donc purent-ils parvenir à le surprendre dans cet endroit ?

R.·. Ayant bien examiné tous les endroits du temple, ils s'aperçurent que sous les escaliers, il y avait une chambre qui servait de dépôt pour receler les outils cassés et brisés. Cette découverte leur fit prendre le dessein de se cacher dans cet endroit derrière un tas d'outils et vers le soir, ils firent ce qu'ils avaient médité. Ils cassèrent leurs outils et les portant à la fin des travaux dans le dépôt il s'y cachèrent et par là échappèrent à la vigilance des inspections des Maîtres qui selon la coutume à la fin de la journée, ayant mis les ouvriers dehors et ayant fait leur revue furent rapporter les clefs à notre Maître Hiram.

D.·. Que firent ces trois scélérats se voyant enfermés dans le temple ?

R.·. Ils sortirent du malheureux endroit qui avait servi à les receler et pour ne point manquer leur coup, ils dirent qu'il fallait pour que Hiram ne leur échappât pas, se placer à chaque porte bien armé et que lorsqu'il serait venu dans le temple, il ne fallait point le laisser sortir sans qu'il ne leur aurait pas donné les secrets d de Maître. Ils furent donc se placer un à la porte d'orient, un à la porte d'occident, un au midi et un au nord (sic) attendant Hiram pour commettre leur détestable dessein.

D.·. Comment s'armèrent-ils et avec quoi ?

R.·. Celui de la porte d'orient avec un levier ; celui du midi, d'un maillet et celui d'occident d'une règle attendant dans cette posture l'arrivée d'Hiram.

D.·. Par quelle porte notre Maître vint-il ?

R.·. Vers le minuit, il vint au temple selon sa coutume pour faire sa prière à Dieu et examiner les travaux. Il entra par la porte d'occident. il ne l'eut pas sitôt refermée sur lui, qu'il aperçut le premier de ces malheureux qui levait sa règle sur lui et qui lui demanda le mot et les secrets du Maître.

D.·. Que répondit notre Maître à ce malheureux ?

R.·. Il lui dit mon ami, je ne l'ai pont reçu ainsi. Travaille par ton zèle et ta constance mérite qu'il te soit confié.

D.·. Que fit ce malheureux après une réponse aussi douce ?

R.·. Il lui détacha un grand coup de sa règle sur l'épaule gauche.

D.·. Que fit le respectable Hiram, se voyant traité de la sorte ?

R.·. Il fut pour se sauver par la porte du midi mais il trouva le deuxième de ces misérables qui, levant son maillet sur lui, lui demanda le mot et le secret du Maître ou la vie.

D.·. Que répondit notre Maître Hiram à ce deuxième scélérat ?

R.·. Il lui dit : « Malheureux je ne l'ai point reçu de même et que prétendez-vous faire. Rien au monde n'est capable de me faire révéler ces secrets mais travaillez et par votre constance, tachez de mériter qu'il vous soit confié. »

D.·. Que fit ce misérable après une réponse si fraternelle ?

R.·. Pique de ne pouvoir avoir ce qu'il demandait et que notre Maître fut aussi ferme, il lui détacha un grand coup de maillet sur l'épaule droite qui étourdit Hiram.

 D.·. Que devint notre Maître dans cet état de perplexité ?

R.·. Il ramassa toutes ses forces et mettant toute sa confiance en Dieu, il fut pour se sauver par la porte d'orient. mais il trouva le troisième de ces assassins qui levant le levier sur lui, lui dit : « Ne crois point de nous échapper, il nous faut le mot de Maître et ses secrets ou ta vie. »

D.·. Que répondit notre Maître à ce malheureux assassins ?

R.·. Voyant que c'était un complot, il lui dit : « Ne pense pas, malheureux, que la mort que je vois inévitable à mes yeux, soit capable de me faire révéler un secret que j'ai promis solennellement et par serment de ne jamais révéler qu'à ceux qui l'auront mérité. Non, si tu le penses, tu te trompes mais travaille, par ton zèle, ta force, ta constance, mérite qu'il me soit ordonné de te confier cet important secret et je serai le premier à le demander pour toi, oubliant même que vous ayez offensé. »

D.·. Sans doute, ce malheureux, touché de la bonté de notre Maître se jeta à ses pieds et se repentit ?

R.·. Non, le misérable que le démon de l'avarice possédait, se voyant par la fermeté de notre Maître frustré de pouvoir capter les secrets de Maître pour en avoir la paye, lui détacha un si rude coup de levier sur la tête qu'il le jeta mort par terre.

D.·. Que firent ces trois scélérats voyant notre Maître mort à leurs pieds ?

R.·. Comme le jour commençait à pointiller, crainte d'être découverts, il le cachèrent sous les décombres du temple pour à plus grand loisir le transporter plus loin et puis sortirent du temple, le refermèrent bien.

D.·. Que devinrent-ils alors ?

R.·. Ils se remêlèrent à l'ouverture des travaux avec les autres ouvriers et revinrent travailler au temple avec eux pour espionner si rien ne transpirait de leur crime afin d'être à portée de s'évader au moindre soupçon.

D.·. Que firent-ils ensuite ?

 R.·. Vers le soir voyant que rien ne transpirait, ils se recachèrent dans le même endroit qui avait si bien servi à seconder leurs mauvais desseins et vers le minuit, ils reprirent le corps de notre Maître Hiram et sortirent du temple pour le transporter sur le mont Sinaï surnommé la montagne d'acacias où ils creusèrent de nouveau une fosse et y mirent notre Maître dedans à cause que le jour commençait à pointiller et que pour ne point donner de soupçon, il fallait qu'ils se rendent aux travaux, se proposant cependant de le transporter à plus grand loisir dans un endroit inhabité de la montagne pour que leur crime demeurât impuni.

D.·. Pourquoi donc ne revinrent-ils pas pour transporter notre Maître plus loin et reprendre les deux outils qu'ils avaient oubliés et qui par conséquent pouvait déceler que c'était eux qui avaient commis ce crime ?

R.·. Comme ils étaient aux écoutes pour voir si rien ne transpirait et s'étant aperçu d'une rumeur et grande tristesse parmi les Maîtres, ils craignirent de s'absenter de crainte de donner des soupçons. Mais comme le neuvième jour, après la rumeur, ils avaient envie d'aller achever leur dessein sur le compte de notre Maître, ils virent les neuf Maîtres rapporter un corps mort, ils se doutèrent que c'était celui d'Hiram et comme on ne pouvait avoir trouvé le corps sans les deux outils qu'ils s'étaient aperçu avoir laissé dans la fosse, ils se sauvèrent se doutant que ces deux outils les descelleraient.

D.·. Quels étaient des deux outils ?

R.·. Une équerre et un compas.

D.·. Comment étaient-ils dans la fosse ?

R.·. L'équerre à la tête, le compas aux pieds.

D.·. Quel était l'ancien mot de Maître et que signifiait-il ?

R.·. Jéhova, il signifie Grand Architecte.

D.·. Quelle était l'ancienne passe ?

R.·. 3593, elle signifiait le nombre des Maîtres qui était pour veiller aux ouvriers et qui recevait la paye de Maître.

 D.·. Quel était l'ancien signe et pourquoi le fait-on ainsi ?

R.·. L'ancien signe se fait encore dans nos loges. Il se fait lors que l'on parle au grand Maître, en portant la main en équerre au front comme pour se cacher la vue. Il se faisait ainsi à cause que l'éclat de sagesse qui environnait Salomon empêchait que l'on puisse regarder ce roi fixement et à cause de l'umilité qu'on lui portait. Nous le conservons encore à cause que ce sage roi fit ce mouvement lorsqu'il vit Hiram assassiné en disant : « Les scélérats lui ont écrasé la cervelle. »

D.·. Quel était l'ancien attouchement et comment se faisait-il ?

R.·. Lorsque les Maîtres avaient le samedi arrangé toutes les affaires du temple, ils venaient à la chambre interne où Hiram les recevait et leur demandait mot, signe, attouchement, passe et signification. Les Maîtres pour recevoir leur salaire prenait Hiram par la première jointure du doigt médius disant Jakin puis par la seconde disant Booz puis par la troisième disant Jehova, nous sommes 3593 Maîtres qui recevons ce salaire.

D.·. Après la mort d'Hiram, quelles significations donna-t-on à ces quatre chiffres ?

R.·. Que trois forme, que cinq compose, que neuf furent députés pour aller à la recherche du corps de notre Maître et que trois l'assassinèrent.

D.·. Comment frappe un Maître pour entrer en loge ?

R.·. Trois fois trois coups.

D.·. Que signifient ces trois fois trois coups ?

R.·. Qu'il y avait trois portes au temple, que trois scélérats assassinèrent notre Maître postés à ces trois portes et que ce fut par trois coups qu'il fut assassiné.

D.·. Pourquoi le Maître dans sa marche lève-t-il un pied ?

R.·. Pour ne point fouler le sang de l'innocent répandu dans le temple.

D.·. Que représente les trois pas qu'il fait par la double équerre levant le pied ?

R.·. Le passage du tombeau et la façon que les trois scélérats étaient placés lorsqu'ils l'assassinèrent pour lui capter le mot de Maître.

 D.·. Pourquoi pour fermer la loge répondez-vous qu'il est minuit plein ?

R.·. Parce que ce fut à passé minuit que notre Maître reçut le dernier coup qui le renverse mort.

D.·. Pourquoi pour l'ouvrir, répond-on midi plein ?

R.·. Parce que c'était à cette heure que les Compagnons quittaient les travaux pour aller mastiquer et se reposer pour prendre de nouvelles forces.

D.·. Comment nomme-t-on un Maçon ?

R.·. Gabahon.

D.·. Et son fils ?

R.·. Luffeton.

D.·. Pourquoi les Maçons quand ils se trouve en danger porte-t-il la main sur la tête entrelacé et renversés les doigts en haut en disant : « Gabaon » ?

R.·. C'est que du temps des guerres que Josué faisait, il donna une bataille près de la ville de Gabaon et comme le soir commençait à venir et que cela aurait pu lui ravir la victoire, il arrêta le soleil après une prière qu'il fit à Dieu, disant : « Soleil, arrête-toi sur Gabaon » et soudain il s'arrêta. ce qui lui fit remporter une victoire de plus complète et nous disons ce mot pour demander du secours à Dieu et à nos Frères.

D.·. Pourquoi vous servez-vous du mot : enfant de la veuve ?

R.·. C'est qu'après la mort d'Hiram, les Maçons se vouèrent à sa veuve respectant la mémoire de ce grand homme.

D.·. Quelle peine endurerait un profane qui oserait se glisser dans vos loges ?

R.·. Il serait mis sous une gouttière ou pompe et l'on le mouillerait de la t^te au pieds puis on le chasserait.

D.·. Avez-vous le secret des Maçons et où le tenez-vous ?

R.·. Oui, je tiens dans une boîte d'ivoire dont la clef est de corail.

D.·. Où allez-vous comme Maître ?

R.·. De l'occident à l'orient et par toute la terre.

D.·. Pourquoi ?

R.·. Pour répandre la lumière.

 D.·. Où avez-vous été reçu Maître ?

R.·. Sur le tombeau d'Hiram.

D.·. Où avez-vous été constitué et par combien de coups ?

R.·. A l'orient, par trois fois trois.

D.·. Que signifient ces trois fois trois coups ?

R.·. Les neuf Maîtres députés à la recherche par trois différentes portes et les neuf jours qu'ils voyagèrent.

D.·. Quel est le mot de Maître ?

R.·. Mac Benac

D.·. Quel est la passe ?

R.·. Giblim.

D.·. Que doit savoir tout bon Maçon ?

R.·. Obéir, travailler et se taire.

D.·. Avec quoi travaillent les Maîtres ?

R.·. Avec la craie latérine et le charbon.

D.·. Quelle allégorie donnez-vous à ce travail ?

R.. Avec zèle, force et constance.

D.·. Quelle vertu doit posséder un Maçon ?

R.·. Savoir se vaincre, être discret et charitable vers ses Frères indigents par malheur et non par débauche.

D.·. Qu'avez-vous trouvé dans les différents voyages que vous avez faits.

R.. Des Maçons.

D.·. A quoi s'occupent-ils ?

R.·. A construire des cachots pour les vices et à élever des temples à la vertu.

D.·. Comment êtes-vous entré en loge de Maître ?

R.·. Le dos tourné à la loge.

D.·. Qu'a-t-on exigé de vous ?

R.·. Ma parole d'honneur de ne point me retourner.

D.·. Que vous a-t-on fait et dit en entrant pour être reçu Maître ?

R.·. On m'a arraché mon tablier de Compagnon, me disant que j'étais indigne de la porter.

D.·. Qu'avez-vous vu en entrant dans la loge de Maître ?

R.·. Larmes et tristesse.

D.·. Pourquoi ces larmes et tristesse.

R.·. Elles étaient occasionnées par la mort d'Hiram assassiné par trois scélérats de Compagnons.

 D.·. De quel pays était Hiram ?

R.·. De la tribu de Nephtali.

D.·. Quels étaient le père et la mère d'Hiram ?

R.·. Hiram était le fils d'un tyrien dont le nom est inconnu et d'une mère juive de la tribu de Lévi.

D.·. De quel pays était la femme d'Hiram ?

R.·. De la tribu de Dan au pied du mont Sinaï.

 Pour les Visiteurs

 D.·. D'où venez-vous ?

R.·. De la loge de Saint Jean.

D.·. Qu'avez-vous rencontré dans vos voyages ?

R.·. Des Maçons.

D.·. Que faisaient-ils ?

R.·. Ils construisaient des cachots pour les vices et élevaient des temples à la vertu.

D.·. Que doit savoir un bon Maçon ?

R.·. Obéir, travailler et se taire.

D.·. Qu'apportez-vous ?

R.·. Bon accueil aux Frères.

D.·. N'apportez-vous rien de plus ?

R.·. Le Vénérable Maître de ma loge vous salue par le nombre à vous connu.

D.·. Comment nomme-t-on votre loge et de quel orient êtes-vous ?

R.·. Elle se nomme NN. Et je suis de l'orient de NN. (il dit le nom de sa Loge et le nom de l'Orient d'où il est).

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