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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 17:14

David, qui venait d'être reconnu roi par toutes les tribus d'Israël, inaugura son règne en prenant Jérusalem qui était encore tenue par les Jébuséens. Il en fit sa capitale et celle d'Israël. Il y fit transporter l'Arche d'Alliance qui était restée à Cariathiarim chez le lévite Abinadab et l'installa sur la montagne de Sion. Il conçut aussi le projet de bâtir à Jérusalem un temple à YaHWeH pour remplacer le Tabernacle qui était, lui, demeuré à Gabaon. Mais le prophète Nathan lui dit de la part de YaHWeH que l'exécution de cette œuvre sainte serait réservée à son fils car il avait trop versé le sang de ses ennemis.

A la fin de sa vie, David, sur l'ordre de YaHWeH, acheta l'aire d'Ornan le Jébuséen sur le mont Moriah pour y offrir un sacrifice. C'était en ce lieu, selon la tradition, qu'Abraham avait amené son fils Isaac pour l'immoler. David y éleva un autel et voyant que cet endroit était agréable à YaHWeH, il décida de le choisir pour y bâtir le Temple.

Il réunit les trésors et les ressources nécessaires à ce projet. Il accumula l'or, l'argent, l'airain et le fer. Il ordonna aux Chefs d'Israël de seconder l'entreprise de tout leur pouvoir. Il remit enfin à son fils Salomon, d'après les indications de YaHWeH, des plans et des dessins de tout ce qui devait être exécuté.

Salomon, dès qu'il fut monté sur le trône, mit en oeuvre les plans de David. Il écrivit à Hiram, roi de Tyr, qui était l'ami et l'allié de son père, pour le prier de lui fournir des cèdres du Liban. Hiram, roi de Tyr, accepta volontiers et lui envoya de plus un homme habile et intelligent, fils d'un bronzier tyrien et d'une veuve de la tribu de Nephtali, qui se nommait Hiram comme lui. Il excellait dans l'art de son père et dans beaucoup d'autres encore. Il était aussi ap¬pelé Abif ce qui, selon certains, signifie "le Maître" et Salomon le choisit pour être après lui et le roi Hiram le chef de tous les travaux du Temple.

Salomon s'occupa aussi de réunir les ouvriers nécessaires pour augmenter le nombre de ceux que son père avait déjà rassemblés.

Il y eut trente mille hommes de corvée dont dix mille étaient envoyés à tour de rôle un mois au Liban sous la direction d'Adonhiram pour couper les cèdres d'Hiram, roi de Tyr. Il y eut aussi soixante-dix mille porteurs qui amenaient à Jérusalem les bois flottés par mer jusqu'à Joppé.

Il y avait enfin quatre-vingt-mille Maçons qui travaillaient sous la conduite de trois mille trois cents Surveillants soit en

tout 183.300 hommes occupés à construire le Temple de YaHWeH.

Hiram Abif partagea les quatre-vingt-mille Maçons en trois classes : les Apprentis, les Compagnons et les Maîtres, qui travaillaient tous sous la direction des 3.300 Surveillants. A chaque classe il fit prêter serment et donna des signes, des poignées de main ou attouchements et des mots afin que chacun ne puisse jamais toucher que le salaire auquel lui donnaient droit ses connaissances et son zèle. Cette organisation eut d'heureux résultats. Elle empêcha toute fraude et fit régner dans les travaux l'ordre et la tranquillité.

Mais trois Compagnons, voyant que les travaux du Temple approchaient de leur fin, et qu'ils n'avaient toujours pas été admis au nombre des Maîtres, poussés par la jalousie et la cupidité, formèrent le dessein d'obtenir par surprise les signes, poignées de main ou attouchements et mots des Maîtres.

Ils avaient remarqué qu'Hiram allait tous les jours à midi pendant le repos des ouvriers visiter les travaux du Temple et adresser à YaHWeH une prière pour leur heureux achèvement. Résolus à user de la violence s'il le fallait, ils se postèrent à l'intérieur, à trois des quatre portes alors en usage pour les ouvriers et qui étaient les seuls accès du Temple.

L'un à la porte du Sud s'arma d'un levier, l'autre à la porte du Nord d'une jauge et le troisième à la porte de l'Est d'un fort maillet.

Hiram, entré dans le Temple par la porte de l'Ouest dirigea ses pas vers la porte du Sud. Notre Maître y trouva un des trois scélérats qui lui dit sa détermination d'obtenir enfin les signes, poignées de main ou attouchements et mots de la Maîtrise et le menaça de le tuer s'il refusait. Hiram répondit : "Malheureux, que fais-tu ? Je ne les ai jamais communiqués ainsi. Je veux bien oublier tes paroles et tu peux être certain que tu obtiendras ces secrets dès que tu les mériteras". Ce misérable, à l'instant, veut lui porter à la tête un coup violent du levier qu'il tient. Mais Hiram fit un mouvement pour parer le coup qui le détourna et il ne fut atteint qu'à l'épaule.

Hiram chercha son salut dans la fuite et tenta de s'échapper par la porte du Nord. Mais il y trouva le deuxième scélérat qui lui fit la même demande. Hiram lui répondit avec autant de fermeté et de mansuétude et tenta à nouveau de fuir. Ce forcené, désespéré, le poursuivit et lui asséna un grand coup de jauge sur la nuque.

Hiram, titubant et perdant son sang, courut vers la porte de l'Est. Le troisième scélérat lui barra le passage et lui demanda pour la der-nière fois les signes, poignées de main ou attouchements et mots de la Maîtrise. "Jamais, lui répondit Hiram, tu ne les obtiendras de moi ain-si. Je préfère la mort". "Eh bien, meurs", dit ce forcené et, d'un grand coup de fort maillet au front, il 1'étendit mort à ses pieds.

Les trois misérables Compagnons se rejoignirent, et comprirent aussitôt toute l'absurdité de leur forfait. Ne pensant plus qu'au châ-timent qui les attendait, ils s'efforcèrent d'en dérober la trace s'il était possible. En prenant grand soin de ne pas être vus, ils empor¬tèrent rapidement le corps d*Hiram par la porte de l'Ouest et le dis¬simulèrent sous un amas de rebuts.

Après s'être cachés tout le reste du jour, à minuit, dans la nuit obscure, ils se retrouvèrent, dégagèrent le corps et le transportèrent jusqu'au sommet d'une colline où ils l'ensevelirent dans une fosse creusée à la hâte. Puis ils prirent la fuite.

Les Maîtres s'aperçurent aussitôt de l'absence d'Hiram. Ils en avertirent le Roi Salomon qui pensa d'abord que son Architecte avait dû se rendre aux carrières ou partir pour un déplacement imprévu. Trois jours, puis cinq se passèrent. Au bout de sept, pris de craintes de plus en plus vives, le Roi Salomon ordonna un dénombrement général des Maçons. On lui rapporta que trois Compagnons étaient manquants.

Redoutant qu'un terrible malheur ne fût survenu, le Roi Salomon fit appeler neuf Maîtres qui avaient toute sa confiance, les constitua en trois Loges et leur ordonna d'aller aussitôt à la recherche d'Hiram, en partant des travaux du Temple.

Une Loge sortit d'abord du Temple par la porte du Nord, mais ses recherches furent vaines. La deuxième partit à son tour par la porte du Sud, mais ses recherches n'aboutirent pas davantage. Ces deux Loges ressortirent ensuite ensemble par les mêmes portes que précédemment, toujours en vain.

Enfin les trois Loges se mirent en route en même temps, quittant le Temple par les portes de l'Est, du Sud et du Nord, afin de conjuguer leurs efforts. Les neuf Maîtres décidèrent de ne pas trop s'éloigner les uns des autres et de rester à portée de voix.

Les recherches se poursuivaient déjà depuis longtemps lorsque, à la nuit tombante, au sommet d'une colline, le chef de la deuxième Loge de Maîtres, accablé de fatigue, prit appui pour s'asseoir à un petit arbuste. Mais son poids l'ayant aussitôt fait céder, il s'aperçut que cet arbuste se trouvait à la limite d'un endroit où la terre avait été fraîchement remuée sur une surface qui correspondait à celle d'une fos-se. Ils creusèrent rapidement et aperçurent un corps. Ne doutant pas que ce ne fût celui de notre Respectable Maître Hiram, ils refermèrent la tombe et, pour retrouver l'endroit, plantèrent au pied une branche d'acacia.

Ils retournèrent porter cette nouvelle au Roi Salomon qui leur ordonna d'aller au plus vite rouvrir cette fosse et, s'il s'agissait bien de celle de notre Respectable Maître Hiram, comme tout le lais¬sait présumer, d'élever son corps et de le lui ramener.

Le lendemain à l'aube, le neuvième jour de la disparition d'Hiram, les neuf Maîtres repartirent vers la colline où ils avaient fait leur triste découverte. Craignant que les trois Compagnons portés manquants n'eussent réussi à obtenir par la violence les secrets de la Maîtrise, ou qu'ils ne se fussent emparés d'un triangle d'or sur lequel la parole était gravée et qu'Hiram portait toujours caché sur lui, ils convinrent que le premier signe qu'ils feraient et la première parole qu'ils pro-nonceraient en exhumant le corps seraient substitués aux anciens dont on ne pouvait plus être sûrs.

Parvenus au sommet de la colline et ayant retrouvé la branche d'acacia, ils recommencèrent à creuser la fosse et dégagèrent le corps, qui avait la main droite sur le coeur au signe pectoral recouverte du tablier relevé, le bras gauche étendu le long du corps, la jambe gau¬che allongée et le genou droit relevé en équerre. Un linge taché de sang lui cachait le visage. L'un des Maîtres le souleva et reconnais¬sant aussitôt Hiram qui portait encore son insigne de Troisième Grand Maître, il se mit instinctivement à l'ordre de Maître mais, ne pouvant y demeurer, porta la main droite, le pouce toujours en équerre, devant les yeux et le front dans un geste d'horreur en détournant la tête sur la droite, afin de ne plus voir cet épouvantable spectacle. Il étendit aussi le bras gauche vers le sol, la main légèrement relevée, le pouce en équerre. Puis, dans un geste naturel, il laissa retomber la main droite sur l'estomac et le bras gauche le long du corps. Un autre Maî¬tre s'exclama : "Mac Bénac '. " dont une forme très proche signifie en hébreu : "L'Architecte a été frappé l" Ce mot, en gaélique, langue des Ecossais, a pour sens: "Le fils béni".

Le chef de la troisième Loge descendit dans la fosse et saisit notre Respectable Maître par la poignée de main ou attouchement d'Ap¬prenti. Mais la chair quitta les os et cette poignée de main glissa.

Le chef de la deuxième Loge fit de même avec la poignée de main ou attouchement de Compagnon, mais la chair quitta encore les os et cette poignée de main glissa pareillement.

Le chef de la troisième Loge descendit alors dans la fosse, prit le poignet droit de notre Respectable Maître Hiram en l'enserrant soli-dement, de chaque côté, de son index et de son annulaire recourbés, l'ongle du médius planté dans la chair et l'ongle du pouce planté lui aussi entre le pouce et l'index. Aidé des deux Maîtres qui n'avaient pas réussi dans leur tentative, il éleva notre Maître par les cinq points du Compagnonnage : pied à pied, genou à genou, main à main, coeur à coeur et main au dos.

Les Maîtres placèrent le corps sur une civière, le couvrirent de manteaux et le ramenèrent au Roi Salomon.

Celui-ci donna toutes les marques de la douleur la plus vive, mais voyant que la peine de ses Maçons était au moins aussi grande que la sienne, il leur accorda la faveur, en attendant les funérailles qu'il ferait à son Architecte, de le veiller dans celle de leurs Loges qui était la plus proche du Temple. Ignorant si les trois scélérats avaient arraché à Hiram ses secrets, et le Triangle d'or n'ayant pas été retrouvé, il confirma le signe que les Maîtres avaient fait et la parole qu'ils avaient prononcée devant le corps, décida qu'ils seraient le signe et la parole de Maître. Les cinq points du Compagnonnage, ayant servi à relever le corps d'Hiram, furent désormais réservés aux Maî¬tres. C'est dans cette posture que se donne la parole de substitution.

Les neuf Maîtres portèrent le corps de notre Respectable Maître Hiram dans leur Loge et lui donnèrent la position exacte qu'il avait lorsqu'ils l'avaient découvert : la main droite sur le coeur au signe pectoral, recouverte du tablier relevé, l'insigne de Troisième Grand Maître au cou, le visage dissimulé sous un linge taché de sang, le bras et la jambe gauches allongés, le genou droit relevé en équerre. Ils placèrent enfin sur le corps la branche d'acacia qu'ils avaient aussi rapportée. Puis ils donnèrent libre cours à leur douleur.

Il était midi, ce même jour, lorsqu'un Compagnon frappa à la porte de la Loge et demanda à recevoir les secrets de la Maîtrise. Cette démarche à ce moment parut surprenante et la première pensée des Maîtres, aveuglés par la douleur, fut qu'un des criminels, poussant l'audace ou l'inconscience à un degré inconcevable, cherchait à recevoir ainsi ce qu'il n'avait pu obtenir par la violence. On se saisit de lui, on lui plaça l'épée sur le coeur et on l'interrogea. On lui montra enfin le corps et son émoi parut sincère. On dut convenir que ce Compagnon était innocent et que, préoccupé de son seul travail, il était resté à l'é¬cart du trouble et de l'agitation générale. Comme ses connaissances étaient satisfaisantes, on décida de lui communiquer sur le champ les nouveaux secrets de la Maîtrise et de l'élever au troisième grade.

Le Roi Salomon fit faire à notre Respectable Maître Hiram de gran-dioses funérailles auxquelles assistèrent tous les Maçons et tous les Surveillants en tablier et en gants de peau blanche afin de témoigner qu'ils n'étaient pas souillés du sang de ce crime.

Il fit déposer les restes de notre Respectable Maître Hiram dans un tombeau de marbre bleu de trois pieds de large, de cinq de profon¬deur et de sept de long, élevé aussi près du Temple que la loi israélite le permettait. Il fit placer sur ce tombeau un triangle de l'or le plus pur sous lequel étaient gravées deux branches d'acacia en sautoir et qui éclairait ce tombeau d'une lumière extraordinaire.

Ayant ainsi rendu à son Architecte des devoirs dignes de ses ta¬lents et de son courage, le Roi Salomon s'occupa de faire rechercher les coupables afin de les châtier comme ils le méritaient.

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