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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 20:18

2° Partie

La réunion faite en 1762 des deux corps qui avaient existé sous le titre de G.'. L.'. n'avait pas pu satisfaire tous les esprits, ni remplir toutes les prétentions, les partis se distin¬guèrent encore. On reconnaissait toujours les partisans du F.'. Pény : ceux d'entre eux dont l'ambition n'avait pas été satisfaite de la nomination des officiers cherchaient encore à rallumer le feu de la division : les travailleurs de la G.'. L.'. ceux qui, par leur intelligence, dirigeaient les opérations et qui en soutenaient le poids étaient du parti opposé. Ils se trouvaient en but à l'envie des mécontents et cette envie rejaillissait sur tout le parti du F.', de Jonville.

Les Pénitiens (qu'il me soit permis de me servir de cette expression) [en italique, dans le texte, toute la parenthèse] se trouvèrent secourus par un troisième parti qui n'aurait dû avoir aucune influence sur les opérations de la G.'. L.'. le troi¬sième parti était un conseil de grade supérieur, prenant le titre de Conseil des Empereurs d'Orient et d'Occident, souve¬rain Mère Loge écossaise. Je connais ce grade, quoique je ne l'aie pas reçu ; et le peu d'analogie que je lui trouve à la M.', me met en droit de lui refuser cette importante considération qu'on a cherchée par toutes sortes de voies et qu'on est par¬venu à lui donner. Le F.'. Pirlet, Maître tailleur et Maître de Loge qui a élevé ce conseil a toujours cherché à le faire domi¬ner sur la G.'. L.'., pour y réussir, il a tout tenté ; il y a attiré un nombre considérable de Maîtres de Loges pour se ménager dans les assemblées un nombre de suffrages capables de faire passer des propositions qu'il y ferait hasarder pour l'exécution de son projet ; mais avant de le faire éclore on a essayé de porter un coup accablant au F.', de Jonville dans la personne de son chef qui l'était en même temps de la G.'. L.'.. Le F.'. Pirlet s'est rendu en G.'. L.". accompagné non seulement de tous les MM.', de LL.'. qui étaient membres de son Conseil ; mais encore de plusieurs particuliers qui n'étant point Maîtres de LL.'. ; n'avaient pas le droit d'assister aux délibérations de la G.'. L.'.. Dans cette assemblée si irrégulièrement composée on porta plainte contre le F.', de Jonville en son absence, on proposa de le juger sans l'entendre, sans lui communiquer les chefs d'accusation, sans même les vérifier. Le projet était formé de le condamner, de le destituer de sa place de Substitut Général et d'y nommer un Maître de L.'. membre du Conseil du F.'. Pirlet ; les FF.'. Moët, le Roy et moi nous nous élevâmes contre un procédé si contraire aux règles et à l'esprit maçonnique. Cette odieuse cabale fut démontée, on ordonna la vérification des chefs d'accusation portés contre le F.', de Jonville, ils se trouvèrent faux.

Ce coup manqué, le F.'. Pirlet, obligé d'attendre quelque circonstance plus favorable à l'exécution de son projet se contenta de travailler à en préparer la réussite par des opérations sourdes ou surprises. Il a reçu dans son conseil tous les Maîtres de L.'. qu'il a pu gagner. Il a fait constater sur les registres de la G.'. L.'. le refus qu'elle faisait de connaître les grades supérieurs pour en induire par la suite qu'elle en renvoyait la connaissance aux conseils des hauts grades.

Sont survenus les événements de la nomination des officiers de la G.'. L.'. faite à la Saint-Jean d'hiver 1765, des protestations formées par ceux dont cette nomination n'avait pas secondé les projets ambitieux, du libelle diffamatoire par eux enfanté, des décrets d'exclusion qui en ont été la juste punition : des membres bannis par ces décrets plusieurs étaient membres du Conseil du F.'. Pirlet. Pendant que la G.'. L.'. était agitée par les troubles qui excitaient les FF.', exclus soit à l'extérieur de la G.'. L.'. en élevant une seconde G.'. L.'., soit à l'intérieur de la véritable G.'. L.'. par la fermentation que les mécontents excitaient dans les esprits de leurs partisans, de leurs co-membres du Conseil du F.'. Pirlet, ce F.', fit encore une tentative pour substituer l'autorité fantastique de son Conseil d'Empereurs d'Orient et d'Occident à l'autorité réelle et reconnue de la G.'. L.'. ou au moins pour absorber cette autorité légitime par une union à celle chimérique et illégale de son Conseil. Au nombre des membres du Conseil du F.'. Pirlet était le F.'. Gaillard qui y était décoré de l'Office d'Orateur : il était Maître de L.'. sans être officier de la G.'. L.'.. Ce n'est pas qu'on ne rendit hommage à ses lumières, à ses talents et à son caractère ; mais on lui disputait la qualité de Maître de L.'.. On prétendait qu'il était constitué pour la Province. Le F.'. Pirlet engagea le F.'. Gaillard à faire un discours dont le but était d'unir à la G.'. L.'. le Conseil des Empereurs d'Orient et d'Occident ; de diviser ces tribunaux en trois Chambres ; l'une pour connaître seulement du symbolique ; l'autre des grades supérieurs, jusques et y compris l'Ecossisme : le F.'. Gaillard fit ce discours qu'il lut en G.'. L.'., le 2 octobre 1766 et dans lequel il se servit de toutes les ressources de l'esprit et de l'éloquence pour persuader les avantages et même la nécessité de l'union qu'il proposait et établir les droits du Conseil dont il était l'organe. Il demanda que le décret d'union fut rendu sur-le-champ, et il avait raison d'être si pressant ; il sentait combien l'examen ferait de tort à sa proposition ; la moindre réflexion en eut découvert l'illusion et l'impossibilité : l'union des deux corps était impossible sans analogie entre eux et il ne pouvait pas y avoir d'analogie entre un Conseil de grades supérieurs et encore moins entre celui du F.'. Pirlet et le Tribunal composé de Maîtres de LL.'. qui, essentiellement ne peut connaître que trois grades symboliques, puisque la connaissance d'aucun grade supérieur n'est requise pour parvenir à la Maîtrise ou à la Présidence d'une L.".. D'ailleurs la G.'. L.'. ne peut connaître que du symbolique, en reconnaissant en elle des Tribunaux de grades supérieurs elle devenait nécessairement subordonnée à son autorité et renonçait à la primatie qu'elle avait toujours eue sur la M.', symbolique, seule M.', réelle et universelle, d'autres inconvéniens sans nombre rendaient impossible cette union proposée. Les FF.'. Moët, le Roy et moi et quelques autres les saisirent au premier aspect ; mais ils voyaient que le F.*. Pirlet avait dans la G.'. L.'. un parti auquel les simples raisonnements et les principes ne résisteraient pas ; pour sauver la G.'. L.'. de l'erreur dont elle était prête de se rendre elle-même la victime, ils n'imaginèrent d'autre moyen que celui d'éluder, en demandant que le Mémoire du F.'. Gaillard fut communiqué pour examiner la proposition d'union qu'il contenait, cet avis passa malgré la cabale et les projets du F.'. Pirlet furent encore déconcertés cette fois. Cependant comme on se proposait de remettre l'affaire en délibération, le F.'. Gaillard fit imprimer son Mémoire, le distribua avec profusion aux Maîtres de LL.'. pour perpétuer le prestige qu'il se flattait d'avoir opéré dans les esprits.

Au commencement de 1767, les ordres du gouvernement ont forcé la G.'. L.'. de cesser ses fonctions ; son inaction a favorisé les troubles ; les FF.', bannis ont formé un parti qui a délivré des constitutions ; le conseil du F.'. Pirlet en a délivré de son côté ; j'en ai délivré de l'ordre du Substitut Général ; des membres de l'ancienne G.'. L.'. se sont rassemblés pour tenter la reprise des travaux ; mais le F.*, de Jonville loin d'avouer leurs démarches, s'y est refusé ; ils n'en ont pas moins opéré et ont constitué les LL.*. ; ainsi, lors de la nomination du G.'. M.', actuel il y avait quatre partis : la G.'. L.'. des FF.". Peny, Duret et l'Eveillé ; le Conseil supérieur du F.". Pirlet qui en délivrant des constitutions s'arrogeait les fonctions de G.". L.'. ; les membres de l'ancienne G.'. L.'. qui prétendaient en avoir repris les travaux et dont les opérations étaient désavouées par le F.', de Jonville, enfin le F.', de Jonville, auquel les FF.'. Moët, le Roy, moi et quelques autres membres de l'ancienne G.'. L.". étaient restés attachés. Ce quatrième parti était depuis les circulaires de 1769 réduit à une inaction totale ; mais il conservait le dépôt des registres, sceaux, timbres et archives de la G.'. L.'. qui étaient entre ses mains.

La nomination du successeur du Comte de Clermont et de son Substitut Général a été l'ouvrage des FF.', exclus. Ce parti puissant par cette nomination s'est accru des forces du Conseil du F.'. Pirlet. Enfin au mois de juin ou juillet 1771, ils ont convoqué les membres de l'ancienne G.'. L.'.. Le F.'. Moët n'était plus à Paris ; le F.', le Roy était malade, presque tous les autres membres dont les vœux avaient été prévenus ou remplis par ces nominations n'en ont envisagé que l'éclat ; l'irrégularité leur en a échappé : ils ont plié sous le pouvoir dont les deux autres partis étaient armés ; ils ont honteusement souscrit l'union avec les FF.', contre lesquels il existait des décrets d'exclusion ; en vain ai-je réclamé les règles, je me suis trouvé l'objet d'une plainte, je me suis vu sacrifié à la vengeance que les FF.', bannis voulaient prendre de la G.'. L.'.. Je n'ai pour ressource que de vaines protestations qui n'ont pas été écoutées : les opérations se sont succédé rapidement ; mais toutes marquées au sceau de la régularité. Le F.'. Labady voulait retirer de mes mains le dépôt des registres, des sceaux et des archives ; j'avais déclaré hautement que je ne le remettrais qu'au corps dans lequel la régularité des opérations put me montrer la véritable G.'. L.'.. Le F.'. Labady crut que la cause de ma résistance n'existait que dans la plainte qu'on avait reçue contre moi ; il n'eut qu'à proposer et elle fut supprimée.

Ce n’était pas assez pour moi, je n'étais pas coupable, je ne voulais qu'il restât de soupçon. Je me trouvais à une assemblée le 7 octobre 1771 ; j'y lus ma justification, je voulus bien sacrifier à la paix la punition de mes accusateurs, je me contentais de la suppression de la plainte ; mais j'insistai malgré cette suppression à ce qu'on nommât des commissaires pour éclaircir et vérifier avec le plus scrupuleux examen le reproche de concussion que contenait cette plainte. On me dit que cet examen était inutile, que ma probité trop connue était à l'abri de tout reproche. On me refusa, je renouvelai ma déclaration que je ne remettrais le dépôt des archives et des sceaux que lorsque la régularité des opérations me permettrait cette remise ; à cette assemblée se trouve le F.', le Roy il lut un discours où il mettait dans le plus grand jour l'irrégularité des opérations ; l'opprobre dont elles couvraient la G.'. L."., le danger qu'il y aurait à les annoncer aux Provinces avant de les réformer ; enfin la nécessité dont il était pour l'extinction des troubles que les signatures les plus connues de l'ancienne G.'. L.'. concourussent à l'annonce de la reprise des travaux. Son discours fit impression sur tous les esprits, malgré les efforts du F.'. Labady pour qu'on laissât subsister toutes les opérations dans l'état où elles étaient, la G.'. L.'. nomma des commissaires pour examiner les moyens de concilier les opérations anciennes avec les nouvelles et de donner à ces dernières le caractère de régularité qui leur manquait. Les FF.'. Daubertin, Labady, le Roy et moi furent du nombre des commissaires. Le F.'. Daubertin fait pour suivre et apprécier un raisonnement ne put disconvenir des principes réclamés par le F.', le Roy et de reconnaître que les nouvelles opérations s'écartaient absolument de ces principes : il convint que les FF.', exclus ne pouvaient figurer dans les opérations de la G.'. L.'. qu'après que les décrets prononcés contre eux auraient été révoqués. Il convint de la nécessité de concilier l'honneur de la G.'. L.'. avec celui des FF.', qui réclamaient contre ces décrets. Le F.". Labady membre de l'ancienne G.'. L.'. qui aurait dû la défendre contre les nouvelles opérations qui la déprimaient, le F.'. Labady fit au contraire tous ses efforts pour que ces opérations subsistassent : il ne tint pas à lui que l'assemblée des commissaires ne se rompît et qu'on ne vît le schisme et les divisions se renouveler ; cette conduite de sa part avait un but : en s'attachant au parti des FF.', bannis, il s'en était concilié les esprits ; ses manœuvres les avaient subjugués, il avait dirigé la nomination des officiers ; il en avait écarté tous ceux dont les lumières et la fermeté auraient pu gêner l'administration arbitraire qu'il voulait envahir : il n'y avait admis que de ces génies ou bornés ou indolents qui ne peuvent ou ne veulent rien examiner ou des F.', trop livrés aux occupations de leur état civil pour pouvoir prendre connaissance des opérations maçonniques. Le F.'. Daubertin était de ces derniers, ses occupations civiles ne lui permettaient pas de remplir celle de son office de Secrétaire Général. Le F.'. Labady l'avait prévu, il s'est fait nommer secrétaire au département des Provinces et en cette qualité, il a envahi les fonctions les plus importantes du Secrétaire Général et entre autres la correspondance des Provinces : il craignait qu'en régularisant les opérations de la G.'. L.'. le retour des principes ramenât dans le sein de la G.'. L.'. ceux qui en avaient anciennement soutenu la gloire et les travaux et que leur intelligence n'aperçut le vice des opérations qu'il concertait seul et ne fit enfin réprimer le despotisme qu'il s'était arrogé. Mais il échoua encore dans ce projet ; les commissaires adoptèrent un plan présenté par le F.*, le Roy, pour la délibération de la reprise des travaux, pour la révocation des décrets d'exclusion et pour la nomination du G.'. M.', et de son Substitut Général. Ce plan a été arrêté dans une assemblée générale de la G.-. L.'. tenue le 17 octobre 1771 et que l'on a antidatée du 21 juin pour lui donner une époque antérieure à celle de la nomination du G.'. M.', et de son Substitut Général qui est du 24 juin 1771. A la suite de cette opération je remis ma démission de la place de Garde des Sceaux et d'Archives et la G.*. L.'. pour récompenser mon zèle m'accorda d'une voix unanime le brevet de Grand Garde des Sceaux et Archives honoraire dans lequel on me conserva les prérogatives de ma place, même l'inspection de toutes les LL.-. que je visiterais. Il fut signé du R.'. F.'. Duc de Luxembourg et de tous les membres de la G.'. L.'.. Vous devez, mes FF.', avoir copie de toutes ces opérations générales dans une circulaire qui a dû vous parvenir en Novembre, Décembre ou Janvier dernier ; mais ce que vos précis ne vous apprennent pas c'est que l'on doit la régularité de cette opération au F.', le Roy qui a eu le courage de s'élever contre les opérations irrégulières et déshonorantes qu'on avait forcé la G.'. L.'. à faire et que c'est au jugement sain du F.'. Daubertin qu'on doit la levée des difficultés comme la vengeance l'animosité du parti opposé et les vues ambitieuses du F.'. Labady apportaient à cette opération.

Le F.'. Pirlet ne perdait pas de vue son projet favori d'élever son Conseil sur les ruines de l'autorité de la G.'. L.'.. Le F.'. Labady, membre de ce Conseil, avait fait une tentative d'union par un discours qu'il prononça dans une des assemblées tenues par quelques Maîtres pour la reprise des travaux en 1770 ; mais le projet échoua encore. Le F.'. Pirlet ne perdit pas l'espérance que ne devait-il pas attendre du secours du F.'. Labady? Fatigués d'avoir tant de fois proposé infructueusement à la G.'. L.'. cette union si désirée et si dangereuse pour la G.'. L.'., les FF.'. Pirlet et Labady prirent le parti de forcer le suffrage de la G.'. L.'. et voici comment ils s'y prirent; le Conseil du F.'. Pirlet offrit au G.'. M.', la grande Maîtrise et au Substitut Général la présidence perpétuelle de ce Conseil. Le R. F.'. Duc de Luxembourg accepta pour lui et promit de faire agréer la Grande Maîtrise au Sérénissime Prince Duc de Chartres, en conséquence, en l'assemblée de G.'. L.'. en laquelle le F.'. Substitut Général, vint présider et s'installer, le F.'. Labady lut le projet du procès-verbal d'acceptation du Sérénissime Grand Maître, ce projet était l'ou¬vrage du F.'. Labady il y avait inséré, non seulement la procla¬mation faite en G.'. L.". de son Altesse Sérénissime pour G.". M.', des LL.'. régulières mais encore celle faite de la personne de ce prince dans le Conseil du F.'. Pirlet pour souverain G.'. M.*, de tous les Conseils, Chapitres et LL.'. Ecossaises de France, au moyen de cette double proclamation insérée dans le même acte le projet contient l'acceptation faite par le Prince et de l'une et de l'autre Grande Maîtrise, on a eu grand soin d'y spécifier nommément le grade des Empereurs d'Orient et d'Occident et on y a fait ajouter au Prince que cette double acceptation a pour objet de concentrer toutes les opérations Maçonniques sous une seule autorité. Ce projet a passé sans réclamation, soit que le danger de l'union de ces grandes Maîtrises dont une seule acceptation ait échappé à tous les FF.', présents, soit que la présence du Substitut général ait fermé la bouche à ceux qui auraient pu s'élever contre.

Le Prince a souscrit son acceptation dans la forme contenue au projet, cette acceptation ne pouvait pas se diviser entre les deux corps dont elle embrassait la Grande Maîtrise, il fallait qu'elle fut remise à la G.'. L.'. ou au Conseil du F.'. Pirlet ce dernier corps particulier l'emporta sur la G.'.L.'. corps représentatif de tous les Maçons. Ce fut à ce Conseil que le F.'. Labady remit l'acceptation du Prince. Quelques membres de la G.'. L.'. instruits de cette remise provoquèrent une assemblée générale où le procédé du F.'. Labady fut taxé de prévarication, il se dispensa de se trouver à cette assemblée : quelques membres du Conseil du F.'. Pirlet osèrent mettre en question si l'acceptation du G.'. M.', devait appartenir à la G.'. L.'. ou à leur Conseil. La clameur universelle les obligea d'abandonner cette question ; ils essayèrent de prendre la défense du F.'. Labady et d'apporter des raisons de le dispenser de remettre cette pièce ; mais les esprits étaient échauffés ; il y eut des avis ouverts pour révoquer le F.'. Labady de son office de Secrétaire comme prévaricateur. Pour détourner cet orage les membres du Conseil du F.'. Pirlet s'avisèrent de protester contre la nomination des officiers actuels, comme faite illégalement et sans Assemblée, les officiers défendirent leur nomination et soutinrent que sa validité ne pouvait même pas être mise en délibération ; enfin, après un choc impétueux de tous les partis les uns contre les autres, le parti du F.'. Pirlet (quoique divisé parce que plusieurs de son Conseil étaient également officiers de la G.'. L.'.) parvint à apaiser l'orage élevé contre le F.'. Labady. La délibération se borna à les enjoindre de se trouver en personne à la prochaine assemblée pour représenter et remettre à la G.'. L.'. l'acceptation du sérénissime G.'. M.'.. Dans l'intervalle de cette assemblée où devait apparaître le F.'. Labady, on fit une assemblée secrète, où l'on se proposait de dresser un acte de protestation contre la nomination des officiers ; mais ces protestations n'eurent pas lieu : enfin la G.'. L.'. se rassembla, le F.*. Labady rapporta l'acceptation du Prince ; nouvelle protestation pour savoir qui en serait dépositaire ; naturellement elle devait être remise aux archives ; mais on ne voulait pas reconnaître la nomination des officiers ni par conséquent la Garde des Archives : d'ailleurs cette pièce était trop importante et revêtue d'une signature trop auguste pour qu'on put la risquer dans le dépôt actuel des archives, c'était l'exposer aux regards indiscrets de ceux chargés des visites nocturnes de la Police ; le Garde des Archives étant par état sujet à ces visites comme tenant un hôtel garni : cette pièce fut remise entre les mains du F.*, de Puisieux, non comme officier de la G.'. L.'. mais doyen des MM.', de LL.'. on l'a retiré des mains de ce F.', parce que la G.'. L.'. toujours conséquente, toujours uniforme dans ses opérations a par une nouvelle opération ordonné qu'elle serait remise entre les mains du Secrétaire Général pour être communiquée à un seul commissariat établi et dont je vais vous parler.

Le F.'. Pirlet quoique dénanti de cette pièce ne l'a pas moins fait servir à ses projets, elle contenait que l'union des Grandes Maîtrises avait pour objet de concentrer toutes les opérations Maçonniques sous une seule autorité ; mais l'union des Grandes Maîtrises ne suffisait pas pour que les opérations Maçonniques fussent concentrées sous une seule autorité. Il fallait encore l'union des corps dans lesquelles s'exécutaient les différentes opérations de grades symboliques et de hauts grades, telle fut, sans doute, l'explication que le F.'. Labady dut donner au Substitut Général de cette clause qu'il n'avait pas insérée sans dessein dans le procès-verbal d'acceptation. Le F.'. Labady que son office de Secrétaire met à portée d'approcher le Substitut Général lui présente sans doute le vœu du Conseil pour cette union, les avantages qu'en retirerait la Grande L.'. même la nécessité et vraisemblablement il ne lui en présenta point les inconvéniens ; enfin le Substitut Général dans une lettre adressée à la G.'. L.'. marqua ses intentions pour cette réunion qui fut, en conséquence, aussitôt acceptée que proposée et après que cette réunion fut arrêtée on nomma des Commissaires pour en combiner les moyens d'en régler les opérations et faire les nouveaux règlements que la nouvelle composition de ce corps monstrueux pourrait exiger : c'est ainsi que s'est opérée cette union fameuse dont l'effet doit infailliblement transporter au Conseil du F.'. Pirlet toute l'autorité qu'avait la G.". L.'. sur les Maçons de Paris et des Provinces ou anéantir cette autorité par le refus peut-être légitime que feront les LL. : de Provinces de continuer à un tribunal qu'elles ne reconnaissent plus, une obéissance qu'elles n'avaient promise qu'au corps composé des chefs des sociétés particulières, aux seuls Maîtres de LL. : considérés comme tels et non comme revêtus de grades supérieurs, grades sur le nombre et la proéminence desquels jamais tous les Maçons ne seront d'accord, parce que la plupart de ces grades, même des plus accrédités n'est que la production informe de cerveaux échauffés par l'enthousiasme, l'intérêt ou le bel esprit, sans aucune analogie au fonds de nos mystères : c'est l'opération de cette union qui a asservi les volontés de tous les Maîtres de LL. membres du Conseil du F.'. Pirlet à celle du F.'. Labady qui a été la cheville ouvrière de cette union par l'aspect d'utilité sous lequel il a eu l'art de la présenter au Substitut Général.

Avant cette union qui est une des dernières opérations de la G.'. L. : il y avait une multitude de partis différens, les deux qui avaient subsisté avant l'union de 1762 et dont le levain était toujours resté dans le cœur de ceux qui enviaient aux travailleurs la considération que leur avaient mérité leurs travaux ; le parti du F.'. Pirlet qui devint le dominant en nombre, parce qu'il attira dans son Conseil la majeure partie des MM.-, de LL.'., le parti des MM.', qui avaient été exclus de la G.'. L.'. et qui s'étaient élevés sur ses débris pendant sa suspension avaient seuls fait la nomination du G.'. M.', et du Substitut Général parti peu nombreux par la quantité des constitutions qu'ils avaient livré sans choix ; le parti des membres de l'ancienne G.'. L.'. qui, en 1770, avait tenté de reprendre les travaux ; enfin le parti peu nombreux de ceux qui étaient restés fidèles aux principes de la régularité ; ce dernier parti n'avait plus de prétentions depuis qu'on avait refondu et régularisé les opérations, il s'était réuni à la G.". L.'. mais n'ayant pas approuvé aucun des autres partis, il se trouvait en but à tous les autres qu'il avait également contredit, ces différents partis se subdivisaient encore en d'autres partis composés d'un côté des officiers de la G.'. L.'. et de l'autre de ceux qui avaient protesté contre la nomination de ces mêmes officiers mais les membres de ces partis se trouvaient confondus dans les autres. Le F. : Labady avait su s'assujettir les trois plus nombreux : celui du F.'. Pirlet par ses bons offices pour l'opération de l'union, celui des FF. :, exclus pour ses souplesses, celui des FF.', de la G.'. L.'. comme y jouant le rôle le plus important par ce que ces fonctions ou du moins celles qu'il avait envahies aux dépens de la place de Secrétaire Général l'approchaient du chef ; les mêmes raisons lui donnaient le plus grand poids dans le parti des MM.', réunis en 1770. Il s'était empressé de concourir avec eux dans la reprise des travaux ; d'ailleurs la plupart des membres de ce parti l'était aussi de l'un des trois autres, ainsi, il ne doit pas paraître étonnant que le F.'. Labady entouré de tant de partisans qui étaient en même temps les « admirateurs » de son zèle et de ses travaux dont ils n'approfondissaient ni les motifs ni les résultats prêts dans la G.'. L.'. tout ce et comme ses propositions devinrent des oracles et des lois : il n'avait à combattre qu'un petit nombre de Maîtres de L.'. qui ne voulaient épouser aucun parti ; c'était les membres du Conseil des Chevaliers d'Orient dont je suis le Garde des Sceaux et Archives perpétuel, peu curieux d'une influence particulière de l'administration de la G.'. L.'. ils y assistent quand ils sont appelés ; mais dans leur petit nombre se trouvent des FF.', qui connaissent les principes de notre ordre qui y sont attachés et qui réclamaient contre le moindre écart de ces règles. Le F.'. Labady qui craignait leurs lumières s'est attaché à les rendre suspects, en prêtant des vues ambitieuses à un décret unique que le Conseil des Chevaliers d'Orient avait cru devoir rendre pour secourir l'autorité de la G.'. L.'. en 1766. La G.'. L.'. fatiguée des plaintes multipliées qui lui étaient adressées contre la tyrannie des mères LL.'. et contre les entreprises des collèges de grades supérieurs sur les LL.'. symboliques, rendit le 14 août un décret qui supprime les mères LL.'. en révoque les constitutions et qui fait défense à toutes les LL.'. symboliques de reconnaître l'autorité que les Collèges de grades supérieurs prétendaient s'arroger ; comme ce décret qui frappait sur les collèges de grades supérieurs pouvait en être méconnu le Conseil des Chevaliers d'Orient en rendit un par lequel il enjoignit à tous Maîtres gradués de concourir à l'exécution de celui de la G.'. L.'. et d'y employer les forces de la supériorité de son grade ainsi qu'au maintien de l'autorité législative de la G.'. L.'.. C'est ce décret dont tout l'objet est d'attester aux Maçons gradués que la G.'. L.'. est le seul tribunal qui puisse dicter des lois aux Maçons symboliques c'est ce décret que le F.'. Labady s'est avisé de dénoncer comme entreprise sur l'autorité de la G.'. L.". et c'est par cette imputation démentie par la pièce elle-même qu'il a cherché de rendre tous les membres de la G.'. L.'. membres de ce Conseil suspects d'ambition et à les présenter comme cherchant les occasions de s'élever sur l'autorité de la G.'. L.'.. Il n'aurait pu s'il avait été de bonne foi reconnaître une différence bien sensible entre le Conseil des Chevaliers d'Orient et celui du F.'. Pirlet ; le premier n'a jamais cherché à s'accroître. Le F.'. Labady n'a pas pu y être admis, il ne s'est communiqué à l'extérieur que pour publier l'autorité de la G. : L. :. Il n'a jamais délivré de constitutions de L.'. symboliques. Celui du F.'. Pirlet au contraire, a englobé presque tous les membres de la G.'. L.'. et pendant son inaction s'est arrogé le droit d'accorder des constitutions : si l'un des deux corps peut être taxé d'ambition et d'entreprise sur les droits de la G.'. L.'., assurément ce ne sera pas à celui des Chevaliers d'Orient que l'impartialité en fera le reproche.

Tel est au vrai, mes FF.', le tableau des révolutions qui n'ont cessé d'agiter la G.'. L.'. de France, tel est le système harmonique qui la dirige depuis quelque temps : plusieurs députés des Provinces y ont été admis et en ont fondé l'intérieur, sur l'ordre et la décence qui y règnent, consultez leur témoignage, je ne crois pas qu'ils me taxent d'avoir grossi les objets, au contraire, je vous ai épargné les détails ; je me suis borné à vous donner une idée générale qui put vous servir à apprécier l'injustice du décret par lequel on cherche à flétrir ma réputation et la partialité de ceux qui l'ont rendu : il me reste à vous parler de ce qui m'est personnel c'est-à-dire des accusations portées contre moi, des voies tyranniques par lesquelles on a cherché à se rendre maître de l'instruction, du refus odieux qu'on a fait d'écouter ma défense ; enfin de l'opiniâtreté avec laquelle mes parties ont voulu rester mes juges et interdire aux FF. :, honnêtes qui me rendent justice le droit de voter à mon jugement.
 

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