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11 décembre 2009 5 11 /12 /décembre /2009 17:16

1° Partie

Dans les premiers temps de la Maçonnerie en France, le Corps des Maçons était lui-même parfaitement bien composé ; on était délicat sur le choix des Prosélytes quoique les principes d'égalité ne permissent pas de s'arrêter au hasard de la naissance ou du rang, au moins, voulait-on les qualités essentielles du mérite personnel et de l'éducation, le Maître était amovible à la nomination annuelle des Membres de sa Loge. Quelle idée ne devait-on pas prendre de celui appelé par le vœu général à présider une Société si bien composée. La Tradition nous apprend que, dans ces beaux jours de notre Ordre les Trônes de la Maçonnerie étaient occupés par des FF.', qui, à l'éclat de la naissance et du rang, joignaient le mérite le mieux soutenu ; sous cet aspect la G.'. L.'. qui n'était que l'assemblée de ces MM.', de L.'. a dû mériter la plus haute vénération de la part de tous les M.'. ; ils étaient l'élite de chaque loge, ils en étaient les députés de choix. Telle était la formation de la G.'. L.'. lorsqu'après le décès du duc d'Antin, le comte de Clermont fut nommé G.'. M.'., ce choix honora la M.', en France ; mais ce prince n'y prit pas un intérêt bien actif : peu de temps après sa nomination les Seigneurs qui remplissaient les offices de G.'. L.'. abandonnèrent leurs fonctions à des Maîtres qui les substituaient : le F.'. Baur, banquier, que le G.'.M.", avait nommé son député, cessa d'assembler la G.'. L.'.. Elle ne fit plus d'opérations et voilà l'époque de la décadence de la G.". L.'. ; son inaction introduisit les abus les plus funestes : quelques M.: de L.". osèrent délivrer des Constitutions, que seule, la G.'. L.'. avait le droit d'accorder ; des traiteurs qui avaient fourni leurs maisons pour la tenue des L.'. et qui y avaient été admis comme Servans, voulant faire revivre le gain que nos banquets leur avaient procuré, s'arrogèrent les fonctions de M.', de L.'. ; il est sensible que de pareils M.', ne se sont pas piqués d'une extrême délicatesse sur le choix des candidats, ils n'en cherchaient que le nombre, sans en scruter l'état, l'éducation, le caractère ni les mœurs ; cette fécondité peu réfléchie produisit une infinité de L.'. ; ce ne furent plus les L.'. qui furent constituées avec pouvoir de nommer annuellement leur président ; ce furent des M.', qui achetèrent le pouvoir de tenir L. ". pouvoirs qui leur furent personnels et à perpétuité ; nos mystères et les lettres de constitutions devinrent des objets de trafic ; l'Anarchie fit passer en maxime, que trois M.', de L.'. avaient le droit d'en constituer une. On vit bientôt retentir les cabarets des indécentes orgies qu'y célébraient à grand bruit des L.'. nombreuses, qui prodiguaient à tout venant, au Bourgeois du plus bas étage, à l'Artisan, à l'Ouvrier, à l'Homme de peine, même aux Domestiques nos mystères défigurés.

Pendant ces désordres, le F.'. Lacorne, maître à danser, homme d'une société aimable, eut l'avantage d'aider le Comte de Clermont dans quelques travaux de réception, il en profita pour se donner le titre de Substitut particulier ; sous cette qualité, il réunit cette multitude de M.', de L.'. quoiqu'il n'y eut aucun des officiers qui avaient formé l'ancienne. Dans ce corps moderne il y avait trop peu de gens éduqués pour que l'harmonie put s'y soutenir ; on le vit bientôt se diviser en deux partis, fort soigneux de se déchirer l'un l'autre ; mais l'effet de ce schisme devait être le discrédit de la G.'. L.'. que les Provinces ne pouvaient distinguer entre ces deux factions et chacune s'arrogeait le titre et les fonctions de G.'. L.'.. Quelques FF.', zélés s'entremirent pour opérer la réunion ; les partis se rapprochèrent et nommèrent des commissaires qui, en 1762, arrêtèrent la réunion sous le gouvernement du F.'. Chaillon de Jonville que le G.". M.', avait nommé son Substitut Général.

Lors de cette réunion, on a nommé les officiers ; la nécessité de les prendre également dans les deux partis ne permit pas un choix bien épuré ; il fallut nécessairement confier des offices de la G.'. L.'. à des gens dont l'état civil et l'éducation n'étaient pas faits pour figurer à la tête de la G.'. L.'.. Ce corps ainsi formé s'est annoncé aux Provinces, il y a été universellement reconnu, il y a fait adopter ses règlements et y a fait passer ses Oracles : ce travail et celui de la Correspondance ont été soutenus avec dignité par un petit nombre d'officiers ; les FF.'. Moët et Le Roy, dans les offices de Président et de Secrétaire Général, ont longtemps dirigé les opérations ; j'ai contribué à toutes en qualité de Garde des Sceaux. Le F.'. Zambault, devenu Secrétaire Général a consacré son temps aux fonctions de cette place ; plus les affaires se multipliaient, soit de la Capitale, soit des Provinces ; plus ces colonnes de la G.'. L.'. lui devenaient nécessaires ; leurs travaux leur avaient acquis la confiance la mieux méritée de la part de ceux qui, sans une portion de lumière suffisante pour opérer le bien avaient, au moins, le désir de le voir faire ; mais leur célébrité même leur attira l'envie de ceux qui, sans talent, voulaient, cependant, être des importants dans l'administration.

Les trois ans fixés à l'exercice des Officiers nommés lors de la Réunion, étant expirés, on procéda à une nouvelle nomination ; elle fut faite au scrutin dans une assemblée générale. On y apporta plus d'examen que les circonstances n'en avaient permis dans la première ; ceux qui avaient le plus de prétention, n'étaient pas les plus capables, ils ne furent pas choisis, leur amour-propre fut offensé et se vengea. Les mécontents s'unirent et firent d'abord un acte de protestation contre la nomination qu'ils taxaient de cabale; ils la signèrent et surprirent la signature de quelques FF.', qu'ils parvinrent à séduire, entre autres celle du F.'. Daubertin : ce F.', qui réunit les talens à l'éducation était sûrement bien fait pour remplir un office dans la G.'. L.'. mais lors de la Réunion où depuis il ne s'était pas présenté, son absence fut prise pour une retraite, pour une renonciation à la G.'. L.'.. Sa signature figure cependant au pied des protestations ;un simple acte de protestation était trop voisin de la règle pour qu'il pût suffire à l'impétuosité de certains esprits : ils firent éclore un libelle diffamatoire contre les FF.', laborieux qui, pendant trois ans, avaient supporté le fardeau du travail ; ils ne purent ,  cependant, faire souscrire ce libellé par tous ceux qui avaient signé les protestations,  les FF.: Daubertin et Lacan s'y refusèrent; ce libelle fut présenté avec audace à la G.'. L.'. elle-même, qui ne pouvant fermer les yeux sur sa noirceur, fut obligée d'en punir les auteurs, après leur avoir laissé le temps du repentir, par délibération prise en Assemblée régulière, on prononça des décrets de proscriptions contre chacun des M.', qui avaient signé les protestations et le libelle et qui n'avaient pas voulu se rétracter ; ces décrets ont été annoncés à toutes les L.'. de Province par le F.'. Zambault, alors Secrétaire Général. Peu de temps après, les viles et trompeuses déclarations d'un nommé Boucher de Lenoncourt, qui faisait son noviciat pour la charge d'Inspecteur de Police, ont occasionné des ordres du gouvernement à la G.'. L.'. de cesser ses assemblées ; elle a suspendu ses travaux : cette suspension fut annoncée à toutes les L.'. régulières. les FF.", présents profitèrent de l'inaction de la G.'. L.'. pour surprendre les Maçons des Provinces ; après avoir séduit quelques esprits faibles, avoir délivré des constitutions à tous venants, ils s'annoncèrent aux Provinces par plusieurs circulaires ; ils ont même porté la fausseté jusqu'à dire que la G.'. L.'. avait repris ses travaux sous la direction du G.'. M.', et que le substitut général avait remis ses pouvoirs au F.'. Pény, en qualité de président, et aux FF.'. Durey et l'Eveillé, en qualité de vice-présidents.,; c'est le F.'. Poupart qui signe en qualité de Secrétaire Général; ils se sont bien gardés d'annoncer que ce F.'. Pény qui se dit président est un marchand de plumes et de bouchons homme d'un caractère dur et impérieux ; d'ailleurs fort honnête homme ; mais peu fait pour conduire des Maçons , ils n'ont pas dit que le F.'. Duret  était un particulier, fort honnête homme à la vérité, tenant même à une famille fort honnête ; mais du génie le plus borné, sachant à peine signer son nom et qui tient un hôtel garni dans cette ville. Ils n'ont pas dit que le F.'. l'Eveillé et le F.'. Poupart étaient, l'un tabletier ou ouvrier en tabatières, l'autre menuisier, pleins de probité, sans doute ; mais sans aptitude à un gouvernement aussi noble et aussi délicat que celui de la M.'.. Les LL.'. de Provinces qui ne pouvaient concilier cette annonce avec l'envoi qui leur avait été fait des décrets que la G.". L.'. avait rendu contre quelques-uns de ces FF.', qui ne pouvaient concevoir que l'annonce de la reprise ne fut accotée d'aucune des signatures connues s'adressèrent directement au F.'. Chaillon de Jonville, Substitut Général et à moi ; j'étais même devenu le terme de toute la correspondance, parce que lors de la suspension, le F.'. Zambault était mort dans l'office de Secrétaire Général, que le F.'. Bourgeois nommé son successeur dans l'assemblée de la G.'. L.'. tenue avant celle qui avait annoncé la suspension des travaux n'était pas encore connu ; et moi je l'étais universellement : ma place de Garde des Sceaux ayant rendu ma signature nécessaire à toutes les expéditions de la G.'. L.".. Le F.'. Jonville fut obligé de rassurer les Provinces par sa circulaire du 8 octobre 1769 ; il leur certifia qu'il était faux que la G.'. L.'. ait repris ses travaux, aussi faux qu'il eut remis ses pouvoirs aux FF.'. Pény, Durey et l'Eveillé et pour garantir les LL.'. de Province de toute surprise il les renvoya aux décrets que la L.'. avait rendus contre quelques-uns de ces FF.'. ; il me chargea de l'envoi de cette circulaire et d'y joindre la liste de ceux que la G.'. L.'. avait bannis de son sein. J'obéis et je joignis à la circulaire du F.', de Jonville une de moi qui avait pour objet de me débarrasser du poids de la correspondance qui m'accablait ; dans l'intervalle de la suspension à la reprise plusieurs Maçons se sont adressés ou au F.', de Jonville directement ou à moi pour obtenir de lui des constitutions, je me suis à cet égard conformé à ce qu'il m'a prescrit de faire : je les ai expédié ou refusé selon qu'il a jugé à propos, toutes celles que j'ai expédiées sont revêtues de ma signature. Il a cru devoir en concilier la date avec les ordres du gouvernement. Il a voulu que toutes celles expédiées pendant la suspension fussent antidatées à une époque antérieure à la suspension des travaux.

En 1770, quelques Maîtres de L.'. se sont assemblés pour reprendre les travaux ; je me suis abstenu de leurs assemblées parce qu'elles n'étaient pas convoquées de l'agrément du F.', de Jonville qui était le seul que je reconnusse pour chef et plus encore parce qu'elles étaient contraires aux ordres du gouvernement et que je me serais plus exposé qu'un autre en enfreignant ces ordres, puisque j'étais un de ceux auxquels le Magistrat les avaient adressés. Les FF.", de la G.'. L.'. se préparaient à demander la révocation des décrets rendus contre eux, lorsque les révolutions des Affaires publiques sont encore venues interrompre ces tentatives pour la reprise des travaux. Pendant cette nouvelle inaction, la M.', a perdu son Grand Maître en France ; le décès du Comte de Clermont a produit une foule d'événements dont le rapide mouvement a entraîné la majeure partie des Maîtres de L.'. de cette Capitale au-delà des bornes de la régularité.

Le décès du Comte de Clermont laissa la Grande Maîtrise vacante. Si l'on eût été en des circonstances ordinaires, il eût fallu s'occuper du choix de son successeur, la gloire de l'Ordre semblait exiger que l'on essayât de le trouver dans les Princes du Sang ; mais les membres de la G.'. L.'. craignirent que les circonstances des Affaires publiques ne devinssent un obstacle à la reprise des travaux et à l'acceptation du Prince auquel on offrait cette place, l'expérience a prouvé que leurs craintes à cet égard n'étaient pas sans fondement ; ils ne voulurent donc pas s'exposer et se déterminèrent à attendre des circonstances qui leur parurent plus heureuses. Les FF.', bannis surent tirer le plus grand avantage de cette timidité ; ils trouvèrent accès auprès du Respectable F.'. Duc de Luxembourg qui, trompé par le titre de G.'. L.'. que s'arrogeaient des FF.', a bien voulu se charger de présenter à son Altesse Sérénissime le Duc de Chartres, leur Requête pour qu'il plut à son Altesse de donner son consentement à la promotion à la Grande Maîtrise et sa protection à la M.', cette démarche leur a réussi le Duc de Chartres a donné son agrément il y a ajouté la faveur de nommer le Duc de Luxembourg son Substitut ou Administrateur de toutes les LL.'. de France.

Devenus puissants par de si brillantes nominations, ces FF.', convoquent l'Assemblée des Maîtres ; ils y demandent leur réunion à la G.'. L.'. les Maîtres de la véritable G.'. L.'. qui se trouvèrent en cette assemblée dans leur transport ne voyaient que l'éclat des chefs qu'on leur promit ; dans l'enthousiasme de leur joie, ils perdent de vue la sagesse des règles, ils ne voient même pas l'étendue et la dureté des sacrifices qu'on leur arrache impérieusement ; la dernière délibération de la G.'. L.'. était celle de la suspension ; sans reprise, on fait délibération de reprise ; on fait un procès-verbal de nomination du G.'. M.', il subsistait alors contre les FF.', un décret de proscription par le schisme le mieux caractérisé et le mieux soutenu, par les voies les moins droites ils s'étaient élevés contre la G.'. L.'. et sans annuler les décrets on procède à une réunion ; c'est-à-dire qu'on avoue que les décrets de la G.'. L.'. sont une chimère ; on avoue qu'il a pu régulièrement exister en France deux GG.'. LL.'. en même temps depuis 1766, époque des décrets rendus contre ces FF.', jusqu'en 1767 époque de la suspension des travaux, la G.'. L.'. a fait une foule d'opérations et on arrête que toutes ces opérations seront regardées comme nulles et soumises à un nouvel examen, c'est-à-dire, qu'on fait souscrire à la G.'. L.'. qu'elle n'a rien fait de bon, de légitime, parce que les FF.', bannis n'y ont pas concouru, pouvait-on exiger de la G.'. L.'. un aveu plus humiliant ? Pouvait-on rassembler plus d'irrégularités et plus d'outrages à la G.'. L.'. ? Ce n'est pas tout, c'était la G.'. L.'. assemblée régulièrement qui avait rendu les décrets arrêtés à la pluralité des suffrages et au scrutin ; c'est le F.'. Zambault, Secrétaire Général, qui le premier en a fait l'envoi aux LL.'. de Provinces ; c'est le F.', de Jonville qui dans sa circulaire rappelle les décrets et ordonne d'en joindre un nouvel extrait à la lettre et c'est contre moi qu'on porte une plainte de diffamation dans l'envoi de ces décrets. Ce n'est pas moi qui les ai faits ; pourquoi m'accuser de leur publicité ? Si j'en avais fait l'envoi ce n'avait été de ma part qu'une fonction nécessaire comme homme public mais si leur publicité est prise pour une diffamation, pourquoi me l'imputer puisque cette publicité avait été opérée par le F.'. Zambault qui, le premier avait fait l'envoi circulaire de ces décrets ? Comment la G.'. L.'. a-t-elle pu admettre une plainte contre son officier parce qu'il a rempli des fonctions auxquelles il ne pouvait pas se refuser ? Pourquoi dans ce jour d'allégresse où l'on passait l'éponge sur tout ce qui s'était passé antérieurement m'a-t-on choisi pour victime de la vengeance que les FF.', bannis voulaient tirer des décrets de leur proscription ?

Cette délibération si féconde en irrégularité, en tyrannie, en animosité si outrageante pour la G.'. L.'. n'a été que le prélude de plusieurs autres opérations aussi inconséquentes ; on avait enregistré la plainte formée contre moi et sans attendre la justification de ma part, on l'a rayée, le procès-verbal de nomination des officiers se trouve fait sans qu'il ait été convoquée d'assemblée générale, cette nomination n'est que le résultat d'un conciliabule tenu entre les FF.', qui avaient érigé la fausse G.'. L.'., au nombre de ces officiers ils n'ont admis de membres de la vraie G.'. L.'. que ceux dans lesquels ils ont cru trouver le moins de résistance à la domination impérieuse qu'ils méditaient ; quelle inconséquence, comme ces mêmes FF.', qui avaient protesté contre une nomination faite par le scrutin en une assemblée générale surprennent le R.'. F.'. Duc de Luxembourg et lui font signer la liste des officiers, comme le résultat du vœu général, faut-il autre chose qu'une pareille conduite pour justifier les décrets qui avaient été prononcés contre eux ? Faut-il autre chose pour prouver que leurs protestations, leur libelle contre les officiers de la G.'. L.'. avaient moins pour objet de venger les règles qui n'avaient pas été violées que de venger leur amour-propre blessé de n'avoir pas été employé dans la nomination. Voilà, cependant quels sont les prétendus zélateurs des règles, rebelles lorsque leur ambition n'est pas satisfaite, vindicatifs, et tyrans violateurs de toute règle, lorsqu'ils se croient assez puissants pour se permettre l'impunité.

Les opérations se succèdent avec une rapidité digne de ceux qui les concertaient et avec une majesté digne de leur rédacteur : le F.'. Labady, membre de l'ancienne G.'. L.'. tant qu'elle est dominante, ne voit pas plutôt des FF.', bannis devenir les puissants qu'il se rend leur apologistes leur plus zélé partisan ; après avoir, à force de souplesse, mérité sa nomination à la place de secrétaire du département des Provinces, il s'arroge les fonctions importantes de Secrétaire Général, dont il dégrade l'office en le réduisant à n'avoir d'autres fonctions que celles de tenir la plume dans les assemblées. Le F.'. Labady envahit la correspondance générale des Provinces, il envahit le gouvernement entier de la G.'. L.'. il en embrasse toutes les opérations, son imagination seule forme les plans, ses lumières seules les dirigent ; sa plume les rédige : il les propose, non pas comme des idées qu'il soumet à l'examen de ses FF.', mais comme des lois auxquelles il faut que leur approbation donne la sanction. La G.'. L.'. a besoin de fonds ; on propose et on fait des dépenses considérables, on pouvait, à la vérité s'en dispenser, mais il a plu au F.'. Labady de les faire ; les membres de la G.'. L.'. sont effrayés du poids des dépenses dont on leur offre la perspective ; le F.'. Labady a des ressources, il va lever une taxe annuelle sur ses F.'.. Par une opération banale, il va verser annuellement dans la caisse de la G.'. L.'. des sommes considérables ; on voit éclore des règlements qui imposent une capitation sur chaque Maçon, une taxe sur les Récipiendaires, une contribution sur les LL.'.. Les Provinces ne sont pas consultées ; mais le F.'. Labady sait se passer de leur consentement : il veut que les Provinces fassent les frais du luxe qu'il veut introduire ; il faut qu'elles obéissent, c'est un règlement auquel il faut qu'elles s'assujettissent. Les carneaux de la G.'. L.'. sont prêts à écraser quiconque oserait résister, tel est l'usage modéré que le F.'. Labady entend faire de la puissance paternelle que les L.'. ont confiée à la G.'. L.'., puissance qui n'a jamais eu d'autre principe que le consentement le plus volontaire, c'est ainsi qu'entre les mains du F.'. Labady et de la G.'. L.'. actuelle, l'administration fraternelle devient un despotisme impérieux, et la soumission volontaire des Maçons, un esclavage.

Vous avez sans doute de la peine à comprendre mes FF.', comment le F.'. Labady peut dicter si impérieusement ses volontés et les faire adopter avec tant de facilité dans une assem¬blée si nombreuse ; vous demandez quel est ce F.'. Labady et sur quelles ressources peut poser sa puissance ; votre éton-nement augmentera encore, lorsque je vous aurai mis au fait de son état, de son caractère, de ses talents, et des degrés qui l'ont élevé dans la grande L.'.. J'en avais tracé le tableau dans le mémoire que j'ai adressé aux commissaires, en réponse à celui du F.'. Labady mais ce tableau n'a pas été mis sous les yeux de la G.'. L.'.. Les commissaires ayant cru que l'intérêt de toutes les parties exigeait que certains traits qui y étaient répandus ne fussent pas rendus publics ; j'y avais même consenti sous la condition que le jugement effacerait tout soupçon sur mon compte ; mais puisqu'il les laisse subsister je rentre dans mes droits et je suis obligé de faire usage de tout ce qui peut contribuer à ma justification et de montrer l'injustice et la partialité de mes juges.

Le F.'. Labady était établi libraire à Valenciennes, mais aux bruits de la dernière guerre, ce F.', rempli de projets s'imagina que s'il allait à l'armée il y ferait fortune, en conséquence, il emballa ses livres pour faire le métier de colporteur à la suite de l'armée, ce projet ne lui ayant pas réussi, il trouva le moyen par ses intrigues de se procurer une place de Garde-magasin fictif des fourrages de l'armée d'Allemagne. La paix l'a laissé sans emploi comme la guerre l'avait laissé sans occupation utile. Il est revenu à Paris et s'y est occupé vraisemblablement à manger ce qu'il avait pu amasser dans ses campagnes. En 1766, il fut présenté à la G.'. L.'. un Mémoire terrible contre lui et sur lequel il y a même eut des commissaires de nommés qui se sont refusés à l'approfondir, attendu l'énormité des faits ; je ne connais pas d'ailleurs les détails de la conduite antérieure du F.'. Labady ; mais il est notoire que pendant que le F.', le Boucher de l'Enoncourt, sollicitait la place d'inspecteur de police et que cette prétention l'approchait du magistrat ses délations rendirent le F.'. Labady suspect et qu'il fut arrêté par ordre du gouvernement détenu en prison et ensuite mis en liberté que quelque temps après sa sortie il fut à Blois d'où il est revenu à Paris : toute détention par ordre de la Police en laisse des traces sur ses registres et par une note trouvée dans les papiers du feu F.'. Zambault il paraît que les registres de la Police attestent que le F.', a été arrêté le 1° Décembre 1766 comme un escroc intriguant tenant chez lui des assemblées illicites sous prétexte d'assemblées de F.'. M.'., et qu'il a été exilé à Blois le 28 du même mois : de cette note je ne prétends pas conclure que ces imputations fussent vraies. Elle n'exprime peut-être que les causes imaginées par son délateur, la vérification en a pu démontrer la fausseté ; tout ce qui me gêne dans cette note c'est l'exil qui n'a pu être prononcé sans cause ; quoiqu'il en soit le F.'. Labady est publiquement à Paris, je ne lui connais pas d'autre occupation que celle que la M.', lui donne et, cependant il a une femme et des enfants à soutenir.

Je ne vous donnerai pas une idée bien précise du F.'. Labady je n'ai pas eu assez de liaison avec lui pour l'approfondir ; de la souplesse avec ceux dont il peut avoir besoin, de l'affabilité avec ses égaux, de l'opiniâtreté de son opinion qu'il soutient avec chaleur tant qu'il ne craint pas que sa résistance puisse ébranler son crédit. Il se donne l'extérieur de franchise et de cordialité ; mais s'il est vrai que l'âme se peigne sur la physionomie, celle du F.'. Labady offre des traits qui peuvent garantir de la crédulité que ses discours peuvent inspirer.

Les talents du F.'. Labady vous sont connus ; sa correspondance vous met à même de juger de son style. On y aperçoit plus de facilité dans les expressions que dans les idées.

Je vous ai déjà dit que le F.'. Labady adorait le Soleil levant et que dès que le parti des FF.', bannis eut gagné de vitesse les membres de la G.'. L.'. par la domination du G.'. M.', et de son Substitut Général ; il s'associa à la prépondérance qu'il prévit que ce parti allait prendre sur celui de la G.'. L.'. aussi les suffrages que ses souplesses lui ont acquis dans ces premiers temps ne forment pas ses seules ressources. Pour vous en découvrir l'étendue, il faut que je vous fasse descendre dans les détails des différents partis qui ont divisé la G.'. L.'. et dont l'un a enfin englouti et écrasé tous les autres.

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