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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 15:12

Lors de l'initiation d'un profane, le rituel du Rite Français,  prévoit que le récipiendaire prête son serment deux fois: une première fois sous le bandeau, et une seconde fois après qu'il a reçu la lumière. La formule du second serment est identique à celle du premier. D'ailleurs, après qu'il a prêté le premier, le Vénérable lui demande : « Monsieur, le serment que vous venez de prononcer ne vous donne-t-il aucune inquiétude ! Vous sentez-vous le courage de l'observer ? Consentez-vous à le réitérer quand vous aurez reçu la lumière ? ».

C'est là une particularité, propre au Rite Français.

 Les frères du Grand Orient de France accordaient à ce renouvellement du serment une grande importance, comme on peut le voir dans un passage de la délibération du 15 juillet 1785 au cours de laquelle l'assemblée générale du Grand Orient examina une dernière fois le rituel du premier grade en vue de son approbation définitive.

Dans la rédaction présentée, il était prévu que le candidat monterait à l'Orient par les trois pas d'apprenti avant de renouveler son serment. Un frère fit observer qu'il ne lui paraissait pas prudent d'enseigner dès ce moment au récipiendaire la « marche mystérieuse », et cela « parce qu'un néophyte n'est irrévocablement maçon qu'à l'instant où le Vénérable a prononcé la formule qui le constitue apprenti; que s'il arrivait qu'il refusât de réitérer son obligation, on se trouverait alors embarrassé, l'ayant instruit prématurément de ce qu'il ne doit savoir qu'après son admission entièrement achevée ; inconvénient qu'on préviendrait en ne donnant au candidat ces instructions que lorsqu'il sera rentré en loge après avoir repris ses vêtements ». Cette modification fut adoptée, et c'est ce que nous voyons dans les rituels.

La raison de cette innovation est assez claire : on craignait que le candidat ne se sentit pas lié par un serment prêté alors qu'il était privé de la vue, et dont on ne lui avait pas préalablement donné connaissance, parce qu'il pourrait considérer qu'il n'avait pas été parfaitement libre. Au contraire, le récipiendaire ne pourrait en aucune manière renier son second serment, prononcé dans la lumière, après qu'on lui ait demandé s'il consentait à le réitérer.

Il semble bien d'ailleurs que dans les premières années de la Maçonnerie française, et jusque dans les années 1740, le serment unique ait été prononcé dans la lumière. Une des gravures de Jacques Philippe Le Bas, « Assemblée de Francs-Maçons pour réception des Apprentifs » (vers 1745) montre un candidat en train de prêter serment sans bandeau sur les yeux. Voici comment le Secret des Francs-Maçons décrit la cérémonie :

« Lorsque le bandeau est ôté, on fait avancer le récipiendaire en trois temps, jusqu'à un tabouret qui est au pied du fauteuil. Il y a sur ce tabouret une équerre et un compas. Alors le frère qu'on appelle l'Orateur, parce qu'il est chargé de faire le discours de réception, dit au récipiendaire : Vous allez embrasser un Ordre respectable, qui est plus sérieux que vous ne pensez. Il n'y a rien contre la Loi, contre la Religion, contre le Roi, ni contre les mœurs. Le Vénérable Grand Maître vous dira le reste ». Le récipiendaire prête ensuite son serment.

Nous avons vu que l'avant-propos du rituel du Rite Français, annonçait l'intention de « ramener la Maçonnerie à ses usages anciens ». Il semble que le renouvellement du serment soit apparu comme une manière de rétablir l'ancien usage du serment prononcé dans la lumière sans renoncer pour autant aux apports d'une évolution de quarante années.

                                                                           J.F. BLONDEL

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