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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 03:52
Le très-respectable. — Vénérable frère premier et vénérable frère second surveillants, quel est le devoir des surveillants en loge ?

Le premier surveillant. — C'est de s'assurer si tous les frères sont maîtres.

Le très-respectable. — Vous en êtes-vous assuré?

Le premier surveillant. — Nous sommes tous, maitres, très-respectable.

Le très-respectable. — Comment reconnaîtrai-je que vous êtes maître ?

Le premier surveillant. — En m'éprouvant. L'acacia m'est connu.

Le très-respectable. -Faites le signe de maître.

 Quel âge avez-vous?

Le premier surveillant. — Sept ans et plus.

Le très-respectable. — A quelle heure ouvrons nous nos travaux dans la chambre du milieu, frère second surveillant ?

Le deuxième surveillant. A midi.

Le très-respectable. — Quelle heure est-il?

Le deuxième surveillant. — Midi.

Le très-respectable.—Puisqu'il est midi, vénérables frères premier et second surveillants, engagez les vénérables maîtres à nous aider à ouvrir les travaux de maître dans la respectable loge de ….

 Ies travaux de maître sont ouverts ; placez-vous, mes frères.

 Vénérable maître premier surveillant, sachez qui frappe.

Le premier surveillant. — C'est un compagnon qui souhaite d'être reçu maître.

Le très-respectable. — Demandez-lui ses nom, prénoms, qualités et âge maçonniques. Demandez-lui encore où il a travaillé, sur quoi il s'est exercé, s'il a fait son temps, si  son maître est content de lui, s'il n'a aucun reproche à se faire, et s'il est bien disposé à remplir les devoirs d'un maître Maçon ?

 Introduisez le compagnon.

 Vénérable frère premier et vénérable frère second surveillants, emparez vous du compagnon , et ayez soin qu'il ne puisse rien voir de ce qui se passe ici jusqu'à ce que nous ayons la certitude qu'il est digne d'être admis parmi nous.

Compagnon, jurez, sous les peines dont vous avez été menacé lors de votre premier engagement, de ne rien révéler de ce que vous apercevrez dans ce lieu, et de ne rien communiquer à qui que ce soit, dans le cas où vous ne seriez point admis au grade que vous paraissez désirer.

Promettez dn répondre avec franchise et candeur aux questions qui vous seront faites. Compagnon, que voulez-vous?

 Est-ce bien le désir de vous instruire qui vous anime ?

 Croyez-vous avoir fait assez de progrès dans l'étude de la Franche-Maçonnerie pour mériter d'obtenir le plus important de ses grades?

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INSTRUCTION RAISONNÉE DU GRADE DE MAITRE.

Le très-respectable.—"Pourquoi, mon frère, vous présentez-Vous ainsi, et vous placez-vous sans attendre mes ordres?

Le maître. — Parce que je suis maître, très respectable ; l'acacia m'est connu.

Le très-respectable. —Où avez-vous été reçu

Le maître. — Dans la chambre du milieu.

Le très-respectable. — Comment y êtes-vous parvenu ?

Le maître. — Par un escalier que j'ai monté par trois, cinq et sept.

Le très-respectable. — Qu'avez-vous vu dans Cette chambre ?

Le maître. — Deuil et tristesse.

Le très-respectable. — Pourquoi ?

Le maître. — Parce que là était le tombeau de notre respectable maître Hiram.

Le tres-respectable. — Qu’y avait-il dessus?

Le maître. — Une branche d’acacia, et dans la partie supérieure un triangle d'or, au centre duquel était gravé le nom du grand Architecte du If univers.

Le très-respectable. — Ne vîtes-vous rien de plus dans la chambre du milieu ?

Le maître. — J'y remarquai neuf étoiles ?

Le très-respectable. — Que fîtes-vous en entrant dans l'assemblée des maîtres ?

Le maître- Le signe.

Le très-respectable. — Que signifie ce signe ?

 Le maître. — L'horreur que les maîtres éprouvèrent en découvrant le cadavre d'Hiram.

Le très-respectable. — Quel est le mot de passe, et comment l'expliquez-vous?

Le maître. — .... C'est le nom des habitants du Mont-Gibel qui tiraient les pierres des carrières, et préparaient les cèdres employés à la construction du temple.

Le très-respectable. — Quel est le mot sacré ?

 Le maître. — .... La chair quitte les os.

 Le très-respectable. — Votre réception est-elle assez présente à votre esprit pour m'en donner l'historique ?

Le maître. — Daignez m'écouter. Ma réception se divise en deux parties. Dans la première, j'ai été traité en compagnon suspect ; dans la seconde, j'ai vu représenter la mort de notre respectable maître Hiram.

Première partie. Après avoir travaillé trois ans comme apprenti sur la colonne J, et cinq ans sur la colonne B, en qualité de compagnon, j'ai été conduit parmi les maîtres. Je venais de finir mon temps, je m'étais exercé sur la pierre polie, j'avais préparé les outils, mon maître était content de mon travail, et je demandais la récompense due aux compagnons zélés, lorsque le très-respectable a commandé de m'arracher mon tablier, parce que j'étais soupçonné de l'avoir déshonoré. Je fus interrogé, je répondis avec fermeté et franchise, je me justifiai, et on m'admit aux voyages qui sont au nombre de neuf et qui furent réduits a trois. Les voyages terminés, je fus introduit par la porte d'occident ; je montai les sept degrés du temple, et je parvins au tombeau d'Hiram par les pas d'apprenti et de compagnon. Là je m'arrêtai, et le très-respectable me dit : Salomon, fils de David, aussi célèbre par sa  profonde sagesse que par ses hautes connaissances, résolut d'élever le temple projeté par  son père. Il demanda à Hiram, roi de Tyr, les  matériaux nécessaires, et un homme capable  de le seconder dans ses nobles dispositions. Le Roi de Tyr envoya à Salomon un architecte habile, et qui, comme lui, s'appelait Hiram, quoi qu'il fût fils d'un Tyrien et d'une femme de la  tribu de Nephtali.

Salomon donna à Hiram la direction générale » des travaux.

Les ouvriers, au nombre de plus de cent  mille, divisés en trois classes, avaient des mots, des signes et des attouchements pour se reconnaître entre eux et recevoir la paye proportionnée aux travaux auxquels ils étaient propres..

Les apprentis touchaient leur salaire à. la colonne J, placée au nord.

«Les compagnons à la colonne .B, située au midi, près de la porte d'occident.

Les maîtres, dans la chambre du milieu. On entrait dans le temple par trois portes. Celle qui d'abord fut destinée aux apprentis, et par la suite au peuple, était à l'occident  au  midi, celle des compagnons, qui, depuis l'achèvement du temple, fut consacrée aux .lévites ; enfin, celle des maîtres, et par la suite des pontifes, était à l'orient.

L'ordre établi parmi les ouvriers devait assurer  la tranquillité. La vigilance d'Hiram hâtait les  travaux du temple, lorsqu'un événement affreux  vint les suspendre et causa un deuil général.

Trois compagnons, mécontents de leur paye, voulurent obtenir celle de maître, à l'aide des  signes, paroles et attouchement qu'ils espéraient  se procurer à force ouverte.

Ils avaient remarqué qu'Hiram visitait tous  les soirs les travaux après que les ouvriers étaient  retirés. Ils se placèrent aux trois portes du temple. L'un s'arma d'une règle, l'autre d'un levier, et le troisième d'un fort maillet.

  Hiram s'étant rendu dans le temple par une  porte secrète, se dirigea vers la porte d'occident. » II y trouva un compagnon qui le menaça de le  tuer s'il ne lui donnait le mot, le signe et

 L’attouchement de maître. Hiram lui dit : Malheureux, tu sais que je ne peux ni ne dois te les donner ; efforce-toi de les mériter et tu les obtiendras. A l'instant le compagnon veut, de la règle qu'il tenait, le frapper sur la tête; mais le coup mal dirigé ne porta que sur l'épaule.

Ici commence la seconde partie de ma réception. Le frère expert, en me faisant faire le premier pas mystérieux, me frappa, et figura ainsi le coup que reçut Hiram.

Le très-respectable continua:

Hiram chercha son salut dans la fuite et voulut sortir par la porte du midi. Le second compagnon se présenta, fit la même demande et  reçut la même réponse; alors le traître, le frappant de son levier, n'atteignit Hiram que sur la  nuque du cou.

Le frère expert me fit faire le second pas mystérieux et me porta le même coup.

Le coup ne fit qu'étourdir Hiram, qui eut encore assez de force pour courir vers la porte  d'orient: là, le troisième compagnon lui fit la  demande du mot, du signe et de l'attouchement de maître; et, sur le refus d'Hiram, le compagnon lui porta un coup de maillet sur le front et l'étendit mort.

Je venais de faire le troisième pas mystérieux, lorsque le très-respectable me frappant au front, me renversa sur la représentation du tombeau de notre respectable maître. Ma tête était un peu élevée, ma jambe gauche étendue, la droite repliée en équerre ; mon genou élevé, mon bras gauche étendu, et le droit aussi plié en équerre. Ma main se trouvait posée sur mon cœur à l'ordre de compagnon, mon tablier était relevé sur ma main , et un drap noir couvrait tout mon corps. Une branche d'acacia fut fixée sur moi.

Les compagnons n'eurent pas plutôt commis  leur crime qu'ils en sentirent l'énormité. Afin  d'en dérober la trace, ils enlevèrent le corps  d'Hiram, qu'ils déposèrent ù quelque distance  des travaux, et l'enterrèrent dans une fosse creusée  à la hâte, se promettant, au premier instant  favorable, de l'emporter bien loin; et pour re» connaître l'endroit où ils l'avaient placé, ils plantèrent une branche d'acacia.

Les maîtres s'aperçurent bientôt de l'absence  d'Hiram : ils en avertirent Salomon, qui ordonna de le chercher avec le plus grand soin.

Trois maîtres partirent par la porte du nord.

 Ici le second surveillant prend deux maîtres et commence la recherche par le nord, en sondant le terrain qu'il parcourt. Revenu à sa place, il dit: Nos recherches ont été vaines.

Trois autres maîtres partirent par la porte du  midi.

Le premier surveillant prend deux maîtres, fait, par le midi, le tour de la représentation, et dit, après avoir sondé le terrain, de retour à sa place : Nos recherches ont été vaines.

Et trois maîtres partirent par la porte d'orient. Le très-respectable prend deux maîtres ; les surveillants et les quatre maîtres recommencent leurs recherches, et tous font le tour de la représentation eu sondant le terrain.

Les neuf maîtres convinrent de ne pas s'éloigner hors de la portée de la voix. Au lever du soleil, l'un d'eux aperçut une vapeur qui s'élevait  dans la campagne. Tous s'approchèrent de l'endroit d'où sortait cette vapeur. Au premier aspect ils virent une petite élévation, la terre leur  parut fraîchement remuée, et leurs soupçons  furent confirmés, lorsque la branche d'acacia  céda sans la moindre résistance. Ils se mirent à  fouiller, et trouvèrent le corps de notre respectable maître déjà corrompu. Ils reconnurent qu'il  avait été assassiné.

II était à .craindre que les assassins n'eussent, à force de tourments, arraché à Hiram les signe et paroles de maître ils convinrent donc que le premier signe et le premier mot qui leur échapperait lors de l'exhumation du corps, seraient à l'avenir le signe et le mot de reconnaissance parmi les maîtres.

Le très-respectable m'a relevé, m'a permis de me placer sur l'une des deux colonnes, et l'instruction du grade a continué.

Les maîtres se revêtirent de gants et de tabliers  de peau blanche pour marquer qu'ils n'avaient  point trempé leurs mains dans le sang innocent.

Salomon, instruit du crime qui l'avait privé  d'un ami et du chef des travaux, se livra à la plus vive douleur, ordonna un deuil général  parmi les ouvriers du temple, envoya les maîtres  exhumer le corps, lui fit de magnifiques funérailles, le mit dans un tombeau de trois pieds de largeur sur cinq de profondeur et sept de longueur. II fit incruster dessus un triangle d'or, et fit graver au centre l'ancien mot de maître, qui était  un des noms du grand Architecte de l'univers, et ordonna qu'on substituerait aux anciens, les  mots, signe et attouchement dont les neuf maîtres étaient convenus.

Vous avez été traité en compagnon suspect, ajoute le très-respectable; cela fait allusion aux  profanes, ennemis ou jaloux de notre Ordre. A peine avez-vous eu achevé votre justification, que vous avez été admis à la participation  de nos secrets les plus intimes : dès cet instant vous êtes parvenu dans l'intérieur.

Que les profanes cessent d'être injustes envers nous, qu'ils cherchent la lumière, et, comme Vous, ils éprouveront des traitements généreux. Les courses et les voyages sont l'emblème de la recherche du crime, et désignent l'état inquiet  du criminel, qui ne peut se soustraire aux remords et au châtiment.

Les trois coups qui vous ont été portés doivent  vous engager à fuir le danger de trois passions  funestes, l'orgueil, l'envie et l'avarice.

Ces mêmes épreuves doivent vous disposer à  souffrir plutôt la mort que de révéler nos secrets  et de manquer à vos engagements.

Dites-moi, mon frère, comment voyagent les maîtres?

Le maître. — De l'occident à l'orient, et sur toute la surface de la terre, afin de répandre la lumière et de rassembler tout ce qui est épars.

Le très - respectable. — Si un maître était eu danger de perdre la vie, que ferait-il ?

Le maître. — Le signe de détresse et crierait : A.-. L.-. E.-. D.-. L.-. V.-. parce que nous sommes les enfants d'Hiram.

Le très-respectable. — Si un maître était perdu, où le trouveriez-vous?

Le maître. —- Entre l'équerre et le compas.

Le très-respectable. — Pourquoi ?

Le maître. — L'équerre et le compas étant le symbole de la sagesse et de la justice, un maître ne 'en écarte jamais.

Le très-respectable. — Quel âge avez-vous?

Le maître, — Sept ans et plus, parce que Salomon employa sept ans et plus à la construction lu temple.

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