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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 02:55

 Le vénérable : Mes frères, debout, et glaive en main.

Frère premier et frère second surveillants, assurez-vous, en parcourant vos colonnes, si tous les frères sont compagnons.

 A l'ordre, mes frères.

 Frère premier surveillant, pourquoi vous êtes-vous fait recevoir compagnon ?

Le premier surveillant. — Pour connaître la lettre G.

Le vénérable. — Quel âge avez-vous comme compagnon, frère premier surveillant?

Le premier surveillant. — Cinq ans, très-vénérable.

Le vénérable. — Quelle heure est-il, frère second surveillant?

Le deuxième surveillant. — Midi.

Le vénérable. — Puisqu'il est midi, et que c'est 'heure à laquelle les compagnons ont coutume l'ouvrir leur travaux, frère premier et frère second surveillants, invitez les frères des deux colonnes a se réunir à nous pour ouvrir les travaux de compagnon dans cette respectable loge.

 A moi, mes frères. Les travaux de compagnon sont ouverts prenez place, mes frères. L'apprenti..... a demandé une augmentation de salaire ; veuillez manifester vos dispositions à cet égard: en conséquence, frère premier et frère second surveillants, engagez les frères à donner connaissance des objections qu'ils pourraient avoir à faire.

 Donnons notre assentiment en la manière accoutumée.

 Que l'apprenti soit introduit après avoir frappé en son grade.

 Frère premier surveillant, sachez quel est l'apprenti qui veut s'introduire parmi nous ?

Le premier surveillant. —C'est le Tubal..... .qui désire être reçu compagnon,

Le vénérable,—-Demandez-lui ses nom, prénoms, qualités civiles, âge, lieu de naissance et demeure.

 Faites entrer l'apprenti.

 Mon frère, les connaissances que vous avez acquises depuis que vous avez été admis à nos mystères ont rendu  sensibles à votre esprit les emblèmes qui accompagnent la réception d'apprenti. Plus vous avancerez par votre travail, plus vous ferez de découvertes intéressantes. Réfléchissez à ce qui va vous  être démontré dans le nouveau grade que vous  allez obtenir, et faites-en toujours un digne  usage. Frère premier expert, faîtes faire le premier voyage.

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INSTRUCTION RAISONNÉE

DU GRADE DE COMPAGNON.

Le vénérable.—Etes-vous compagnon?

Le compagnon. — Très-vénérable, je le suis, et j'en offre la preuve.

Le vénérable. — Faites le signe, et expliquez-le.

Le compagnon.— Ce signe atteste que je souffrirais que l'on m'arracha le cœur plutôt que de dévoiler nos mystères.

Le vénérable. — Donnez l'attouchement au premier surveillant.

 Communiquez-nous le mot de passe.

Le compagnon. — C'est-à-dire, nombreux comme des épis de blé.

Le vénérable. -- Donnez-nous encore la parole sacrée.

Le compagnon. — De même que l'apprenti le compagnon épelle.

      Le vénérable. — Qu'entendez-vous par ce mot?

 Le compagnon. — Persévérance dans le bien.

 Le vénérable. — Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir compagnon ?

Le compagnon, — Pour connaître la lettre G.

   Le vénérable. — Que vous a-t-on dit sur cette lettre ?

Le compagnon — Premièrement- qu'elle signifiait Géométrie, science qui a pour base l'application de la propriété des nombres aux dimensions des corps, et particulièrement au triangle , auquel se rapportent généralement toutes les figures. Secondement, qu'elle était l'initiale d un des noms du grand Architecte de l'univers, et le symbole du feu divin qui nous fait distinguer, connaître, aimer et pratiquer la vérité, la sagesse et la justice.

 Le vénérable. —Comment êtes-vous parvenu au grade de compagnon ?

Le compagnon- —- En travaillant avec ardeur et constance, en passant de la colonne J à la colonne B, après avoir fait les voyages du grade, et en montant les cinq degrés du temple.

Le vénérable. — Combien avez-vous fait de voyages? quels en sont les emblèmes, et quel sens moral leur attribue t’on ?

Le compagnon .— Très-vénérable, les voyages de compagnon sont au nombre de cinq, et, par le récit de ces voyages, je satisferai à vos autres questions.

Le premier voyage figure l'année qu'un compagnon consacre à s'instruire de la propriété et de l'emploi des matériaux, et à se perfectionner dans la taille des pierres qu'il a appris à dégrossir pendant son apprentissage. Le sens de cet emblème «st qu'un apprenti, quelques connaissances qu'il ait acquises, est encore loin de l'achèvement de son ouvrage ; que le travail opiniâtre du maillet et du ciseau est la première voie qui doit le conduire nu but qu'on lui a fait envisager en lui donnant la lumière.

Le deuxième voyage apprend que, pendant la seconde année, un compagnon doit acquérir les éléments de la maçonnerie pratique, c'est-à-dire, qu'il .doit tracer des lignes sur des matériaux dégrossis et dressés. C'est pour cela que l'on donne au compagnon un compas et une règle. Cet emblème présente à l'esprit quelque chose de bien important. Des hommes instruits prennent soin de notre enfance, et nous enseignent les éléments des sciences. Nos premiers essais se ressentent de notre faiblesse; mais bientôt l'éducation nous ayant ouvert le chemin des hautes connaissances, nom y parvenons par des études constantes.

Le troisième voyage représente les travaux d'un compagnon pendant la troisième année. On lui confie l'emploi des pierres et des matériaux taillés; se qui suppose assez de moyens pour juger par leur forme de la place à laquelle ces pierres et ces matériaux sont destinés ; mais comme, pour les déplacer et le» transporter à leur destination, il faut de la force, on confie au compagnon une règle et une pince , afin de suppléer à l'insuffisance de forces naturelles.

Par le quatrième voyage il faut entendre la quatrième année d'un compagnon, pendant laquelle il est occupé à la construction et à l'élévation des bâtiments. Il en dirige l'ensemble ; il vérifie l'exactitude de la pose des pierres, et il s'assure de l'emploi des matériaux. Ceci montre la supériorité que les hommes instruits ont sur les autres hommes.

Le cinquième voyage est la dernière année de l'instruction du compagnon. Suffisamment avancé dans la pratique de l'art, le compagnon se livre tout entier à l'étude de la théorie, qui est le travail de l'esprit j et c'est pour cela que ses mains sont libres.

Très-vénérable, vous voyez et nous sentons vivement combien la Maçonnerie est précieuse, puisque ce dernier voyage semble nous démontrer qu'il ne suffit pas qu'une éducation soignée nous mette dans le chemin de la vertu , mais qu'il faut encore, pour ne point nous en écarter, que des efforts continuels et une étude constante nous tiennent en garde contre la séduction du vice et la violence des passions.

Le vénérable,— Cette explication est aussi judicieuse que pleine de clarté. Continuez vos réponses, et dites-nous ce que vous avez vu en montant les degrés du temple.

Le compagnon, — Deux colonnes d'airain, hautes de dix-huit coudées, ayant une circonférence à  douze et une épaisseur de quatre doigts.

Le vénérable.— Elles étaient donc creuses ?

Le compagnon. — Très-vénérable, elles l'étaient afin de renfermer les outils des compagnons et des apprentis, et de tenir en sûreté le trésor destiné a leur salaire.

Le vénérable.-'Comment les ouvriers reçoivent-ils leurs gages ?

Le compagnon. — En donnant le signé, l'attouchement et la parole de leur grade.

Le vénérable. — Ces colonnes étaient-elles décorées?

Le compagnon. — Oui, très-vénérable, des feuilles d'acanthe en ornaient les chapiteaux, surmontés d'un nombre infini de grenades.

Le vénérable. -- Où avez-vous été reçu compagnon ?,

Le  compagnon. — Dans une loge juste et parfaite.

Le vénérable. — Quelle en était la forme ?

Le compagnon. — Celle d'un carré long.

Le vénérable.— La  longueur ?

Le compagnon. —De l'orient à l'occident.

Le vénérable. — La largeur ?

Le compagnon. —Du midi au septentrion,

Le vénérable. —La hauteur ?

Le compagnon» — Incalculable.

Le vénérable.— De quoi était-elle couverte ?

Le compagnon. —D'un- dais d'azur parsemé d'étoiles.

Le vénérable. — Qu'est-ce qui le soutenait? '

Le compagnon. —. Trois grands piliers de forme triangulaire, nommés sagesse pour inventer, force pour exécuter et soutenir, et beauté pour orner.

Le vénérable. — Quelle était sa profondeur ?

Le compagnon. — De la surface de la terre au centre.

Le vénérable. — Pourquoi répondez- vous de cette manière?

Le compagnon. — Pour donner à connaître que tous les Maçons répandus sur la surface de la terra ne font qu'un même peuple régi par les mêmes lois et soumis aux mêmes usages.

Le vénérable. — Quels sont les ornements de votre loge?

Le compagnon. — Ces ornements sont au nombre de trois. Le pavé mosaïque orne l'entrée du temple; l'étoile flamboyante est au milieu, pour éclairer le centre ; la houppe dentelée borde le» extrémités.

Le sens moral de ces trois ornements est, dan» le pavé mosaïque, l'emblème de l'union qui régna parmi les Maçons; dans l'étoile flamboyante, l'emblème du grand Architecte de l'univers; et dans la houppe dentelée, le lien qui de tous les Maçons ne fait qu'une même famille.

Le vénérable, — Quels sont les bijoux de votre loge, combien en possédez-vous, quel en est l'usage, et quelle signification morale leur prête-t-on?

Le compagnon-. —  Nos bijoux sont au nombre de six, trois mobiles et trois immobiles.

Les trois premiers sont l'équerre que porte la vénérable, le niveau dont est décoré le premier surveillant, et la perpendiculaire que l'on remarque au cordon du second surveillant,

L'équerre sert à équarrir les matériaux et s mettre leurs surfaces à angles droits entre elles; le niveau sert à placer horizontalement les pierres à côté les unes des autres ; et la perpendiculaire à élever les bâtiments parfaitement d'aplomb sur leurs bases.

L’équerre nous enseigne que tontes nos actions doivent être réglées par la droiture et la justice ; le niveau, qu'il doit régner une parfaite et immuable égalité entre les Maçons; et la perpendiculaire, que les biens sont un don du grand Architecte de l'univers.

Les trois derniers bijoux sont la planche à tracer, la pierre cubique à pointe, et la pierre brute.

La planche à tracer sert aux maîtres pour recevoir leurs plans ou dessins; la pierre cubique, aux compagnons pour aiguiser leurs outils ; et la pierre brute, aux apprentis pour apprendre à travailler.

La planche à tracer nous donne l'idée du bon exemple; la pierre cubique est le symbole des soins que l'homme vertueux se donne pour éloigner le vice ; et la pierre brute est l'image de l'homme grossier ou sans éducation, que l'étude seule peut polir.

Le vénérable. — Reconnaissez-vous plusieurs sortes de Maçons ?

Le compagnon. — Oui, très-vénérable, les Maçons de théorie et les Maçons de pratique. Les Maçons de théorie enseignent la morale et ne se livrent qu'à des occupations libérales ; les autres sont des ouvriers qui élèvent des édifices matériels.

Le vénérable, —A quoi reconnaît-on un Maçon ?,

Le compagnon. — A ses signes, paroles et attouchement.

Le vénérable. — Y a-t-il beaucoup de signes dans la Maçonnerie ?

Le compagnon. — Beaucoup, très-vénérable; mais ils se réduisent à cinq principaux , savoir : le vocal, pour donner la parole  le guttural, pour donner le signe d'apprenti; le pectoral, pour donner le signe de compagnon; le manuel, pour donner l'attouchement de l'un et de l'autre grade; et le pédestre, pour exécuter la marche propre à chacun d'eux.

Le vénérable. — Comment est habillé votre maître ?

Le compagnon. — D'or et d'azur. L'or indique la  richesse, et l'azur la sagesse; ce sont deux dons que le grand Architecte de l'univers fit à Salomon.

Le vénérable. — Où se tiennent les compagnons?

Le compagnon. — Au midi, comme étant plus éclairés que les apprentis.

Le vénérable. — Où recevez-vous vos gages ?

Le compagnon. — A la colonne B.

Le vénérable. — Quel Age avez-vous ?

Le compagnon. — Cinq ans.

Le vénérable. — Mon frère, le mérite et l'instruction que vous possédez, nous donnent l'espoir de vous voir bientôt an rang des maîtres : en attendant cet instant fortuné, prenez place sur lu colonne du midi, et participez à nos sublimes travaux.

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