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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 00:04

Document manuscrit fourni par Bernard Trinquet à Jean-Claude Villant qui l'a transcrit. Ce document lui avait été donné par Jean Cuillerat, un Frère qui travaillait au Rite Français Traditionnel dans la respectable Loge Les 2 Cygnes. Ce document doit dater du début des années 1960

Le Rite Moderne Français Rétabli

Ce Cahier est le premier d'une série dans laquelle seront successivement examiné les principaux problèmes que la Loge du Devoir et de la Raison a eu à étudier et à résoudre pour réaliser un des buts qu'elle s'était assigné lors de sa fondation en 1955 retrouver les origines et les pures traditions de ce que l'on nomme couramment Rite Français.

Lorsque ce travail fut assez avancé, notre Loge estima que l'expression Rite Français était incomplète, aussi bien à l'égard du passé qu'à celui, nous l'espérons de l'avenir et adopta pour désigner l'ensemble de ses Rituels des trois premiers degrés le terme qui lui paraissait plus précis et plus exact de Rite Moderne Français Rétabli.

C'est pourquoi, pour la bonne compréhension de la pensée directrice de cette série de cahiers, il y a une question liminaire à laquelle il faut absolument répondre : Qu'entend la Loge du Devoir et de la Raison par Rite Moderne Français et plus spécialement Par Rite Moderne Français Rétabli?

Nous devons faire appel pour cela à quelques notions d'histoire maçonnique.

LE RITE MODERNE

Chacun sait que le 24 Juin 1717 marque une date d'une importance capitale pour l'histoire de la Maçonnerie Universelle. Ce jour-là, quatre loges de Londres et de Westminster se constituèrent en Grande Loge. Après quelques années assez effacée, cette institution connut bientôt une grande prospérité. En 1723, elle publia, sous la signature de James Anderson, la première édition de ses Constitutions imprimées. La maçonnerie se répandit rapidement, non seulement en Angleterre, mais aussi dans une grande partie du monde.

Cependant, après les vingt ou trente premières années le nouveau corps connut des difficultés sérieuse en raison, sans doute, de problème administratifs posés par une expansion que personne n'aurait pu prévoir et de l'existence d'éléments indépendants où dissidents. Loin de s'atténuer avec le temps, ces difficultés finirent par provoquer une crise extrêmement grave, qui allait avoir pour l'avenir de la franc-maçonnerie mondiale des conséquences considérable.

En effet, le 5 décembre 1753 un certain nombre de loges formèrent à Londres une seconde Grande Loge, Cette nouvelle obédience, dont la loge la plus ancienne n'avait été fondée qu'en 1747, reprochait aux maçons de la Grande Loge de 1717 de s'être écartée des usages anciens et c'est pourquoi elle prit officiellement le nom de : Grande Loge des Francs et Acceptés Maçons selon les Vieilles Institutions.

Il faut d'ailleurs préciser, si l'on veut rester dans une perspective historique exacte, que les premiers membres de cette Grande Loge n'étaient pas à proprement parler des dissidents; ils ne provenaient pas, semble-t-il, de loges placées sous la juridiction qu'ils contestaient. Il y avait notamment parmi eux des "opératifs" qui n'avaient pas voulu ou pu rejoindre la Grande Loge de 1717. Quant aux "spéculatifs", leur origine était vraisemblablement diverse: ils comptaient de nombreux éléments étrangers à l'Angleterre proprement dite, en particulier des Irlandais. Une des conséquences de ce fait fut l'établissement rapide d'excellentes, relations entre le nouveau corps et les Grandes Loges d'Irlande et d'Ecosse.

Quoiqu'il en soit, si le terme de « schisme » ne peut être appliqué sans réserve à l'origine des événements, ceux-ci prirent bientôt un tel caractère et la polémique devint si vive qu'il faut bien, malgré tout l'employer et considérer que c'est une véritable scission qui partagea la maçonnerie d'Angleterre, puis les loges britanniques en deux fractions profondément opposées.

Le nouveau corps trouva en Laurence Dermott, un Irlandais précisément, un animateur redoutable. C'est très vraisemblablement lui qui fut l'auteur du surnom méprisant de « Modernes » donné aux membres de la Grande Loge de 1717 tandis que lui-même et ses amis s'intitulaient fièrement « Anciens ». Ces appellations, aussi curieux que cela puisse paraître, connurent une très grande fortune. Il est inutile d’en souligner le caractère aberrant, puisque le but de Laurence Dermott était précisément de jeter le trouble, au profit d'une cause qu'il croyait juste.

Si, comme nous le verrons dans ce cahier et les suivants, la Grande loge de 1717 avait en effet apporté au système maçonnique primitif un certain nombre de modifications, dont quelques unes sont à rejeter et d'autres à conserver, il n'en reste pas moins que sa filiation traditionnelle est indiscutable et ne le sera jamais. Cependant l'appellation de Rite Moderne a été retenue pour désigner le rituel qui était le sien et qu'elle a répandu dans le monde entier, jusqu'à ce que la Grande Loge de 1753 qui pratiquait, elle, ce qu'il est convenu d'appeler le Rite Ancien puisse rivaliser avec elle, outre-manche et outre-Atlantique, ce qui ne se produisit qu'à une époque déjà éloignée de sa fondation.

II est au dessus de toute discussion que ce Rite Moderne, fut exclusivement pratiqué par les premières loges constituées en France entre 1720 et 1730 par la Grande Loge, fondée au plus tard en 1735 (*), qui devait donner naissance par filiation directe au Grand Orient de France en 1773. Et même si, de cette dernière date à 1799 la maçonnerie française connut à son tour un schisme, il est important de souligner- ce qui n'a pas été fait à notre connaissance - qu'aucune question de rite n'opposait les deux Grands Orients rivaux et qu'il n'y eu aucune difficulté sur ce point lors de la réunification de 1799, lorsqu'en 1801 le Grand Orient publie Le Régulateur du Maçon, dans la stricte tradition du Rite moderne, on peut considérer, avant la nouvelle division qu'annoncera en 1804, la création de la « Grande Loge Générale Ecossaise de France », que ce rituel est à cette date celui de la plus grande majorité des maçons français.

ï.'auteur de ce cahier à d'ailleurs essayé d'illustrer dans des conférences accompagnées de projection d'estampes et de documents maçonnique du XVIIIème et du début du XIXème siècle, la parenté très étroite qui existe entre Le Régulateur du Maçon de 1801 et la Grande Loge de 1717, voire même des sources maçonniques plus anciennes et du plus haut intérêt, telles que les « Edimbourg Rugglater House Manuscript » daté de 1696 et découvert en 1930,

LE RITE FRANÇAIS

Il est parfaitement clair, à notre avis, que la maçonnerie pratiquée en France au XVIIIème siècle pour les trois premier grades provenait pour l'essentiel de la grande Loge de 1717, laquelle avait recueilli sans aucun doute, un héritage traditionnel d'une valeur incomparable.

Malheureusement cette perspective historique si attachante et si sure, s'est trouvé compromise par des difficultés de vocabulaire en rapport avec la question des hauts grades. En effet, malgré la réprobation de la Grande Loge de 1717, les hauts grades avaient proliféré au XVIIIème siècle dans divers pays et particulièrement en France. Le Grand Orient de France qui, dès sa fondation avait, adopté une attitude conciliante tendant à fédérer dans son sein le plus grand nombre possible de loges bleues étendit cette politique à l'égard des corps de Hauts Grades qui existaient déjà et conclut avec certaine d'entre eux des traités d'alliances.

Une des conséquences de cet esprit d'association fut la constitution en 1786 d'un ensemble de quatre grades supérieurs: ceux d'Elu, d'Ecossais, de Chevaliers d'Orient, de Roses Croix, qui avec les trois première degrés du Rite Moderne forma un système à sept grades que l'on, nomma Rite Français, Cette dénomination fut regrettable car si certain de ces grades supérieurs étaient peut-être français, les trois premiers degrés ne l'étaient qu'assez peu, leur origine anglaise ne pouvant être mise en doute.

On ne voulait sans doute d'ailleurs pas tout contester, cette origine qui se distingue de systèmes qui, eux, s'intitulaient Ecossais ((tel que celui, par exemple du Rite Ecossais Rectifié.). Des son apparition, le terme de Rite Français qui recouvrait des éléments divers: anglais, français, écossais même) s'opposa à celui de Rite Ecossais qui était loin, de son côté, de provenir en droite ligne d'Ecosse. Cette opposition de deux termes peu conforme l'un et l'autre à l'exactitude historique, fit fortune au XIXe siècle avec l'apparition du Rite Ecossais Ancien et Accepté et ne contribua pas peu à embrouiller dangereusement les problèmes.

Mais si l'on désire rester, comme c'est notre propos ici, dans le seul cadre de la maçonnerie des trois première degrés - c'est-à-dire de la maçonnerie bleue, quelques observations s'imposent afin d'avancer plus aisément dans une question fort complexe.

En ce qui concerne la maçonnerie bleue, la pluralité des Rites ne semble pas avoir été la règle en Franc au XVIIIe siècle, Le rituel « écossais» le plus ancien que l'auteur de ce cahier connaisse pour cette période est, au Fonds Maçonnique de la Bibliothèque Nationale, un remarquable manuscrit provenant du Rite Ecossais Rectifié et porte la date de 1782.

Ce qui frappe le plus au contraire, dans l'étude des documents rituels français de 1740 à 1780, pour les trois premiers degrés, c'est leur constante et étroite parenté. Manifestement ils proviennent tous d'une même source et cette source nous l'avons dit c'est la G. L. des Modernes de 1717.

C'est bien pourquoi le Rite pratiqué en France au XVIIIe siècle ne porte pas de nom. Pour que l'on commence à dénommer les rites, il faut qu'il y en ait plusieurs. Le nom de Rite Moderne qui a trouvé son origine après 1753, dans des événements que nous avons déjà rappelés, ne pouvait pas être usité puisqu'on ne connaissait pratiquement pas, dans notre pays, son rival le Rite Ancien. Il avait par ailleurs, une origine polémique déplaisante et comportait de ce fait, des intentions blessantes, ainsi qu'une bonne part d'injustice.

Le nom de Rite Moderne ne se répandit guère en France qu'au XIXème siècle, sous l'influence anglaise et fut employé comme un équivalent de Rite Français. Vuillaume intitule la seconde partie de son Manuel Maçonnique; Tuileur du Rite Français ou Moderne mais c'est le terme de Rite Moderne qu'il emploie le plus volontiers ensuite.

Rite Français ou Rite Moderne appellations devenues nécessaires par l'apparition ultérieure de rites sont synonymes au XIXème siècle et s'appliquent aussi bien aux trois premiers degrés qu'aux quatre grades supérieurs. On lit

souvent, en titre de rituels imprimés ou de tuileurs: « Hauts-Grades du Rite Moderne » ce qui est tout à fait inexact puisque les Modernes de 1717 étaient officiellement opposés à tous les degrés supérieurs. De même Rite Français désigne couramment le système des trois degrés de la maçonnerie bleue, usage, nous l'avons déjà souligné également contestable.

En fait pour revenir encore une fois au seul problème des trois premiers degrés Rite Français semble avoir été après 1786 plutôt le terme officiel employé par le G. O. D. F. tandis que Rite Moderne obtient la préférence de certains auteurs du XIXème siècle désireux, sans doute, de souligner la filiation entre ce Rite et la G. L. des Modernes de 1717.

C'est vraisemblablement à son caractère officiel que le terme de Rite Français a dû survivre seul de nos jours, tandis que celui de Rite Moderne lié au niveau général d'instruction maçonnique disparaissait dans le dernier tiers du XIXème siècle jusqu'à ne plus être compris couramment aujourd'hui, Il est à remarquer qu'en Belgique où le Grand Orient pratique des rituels de même origine ; l'expression de Rite Moderne est encore assez usuelle, les Belges n'ayant en effet pas les mêmes raisons que nous de s'attacher à celle de Rite Français.

LE RITE MODERNE FRANÇAIS

II est apparu à notre LOGE que, de nos jours, le choix était devenu à peu près impossible entre le non de Rite Moderne qui a le mérite appréciable de souligner la filiation directe avec les fondateurs de 1717 et celui de Rite Français concerné par l'usage officiel. Ce dernier n'est pas d'ailleurs entièrement injustifié si l'on considère l'apport de la France à ce Rite du XVIIIème siècle et le fait que notre pays demeure l'un des derniers où sa pratique soit largement répandu. Des motifs ont décidé notre Loge à associer les deux termes équivalents, et en respectant leur ordre historique d'apparition, de parler désormais de rite Moderne Français ce qui a l'avantage, semble-t-il d'éliminer une dualité artificielle et irritante de sauver de l'oubli l'Epithète vénérable de « Moderne » et de reconnaître la profonde francisation de l'héritage de la Grande Loge de 1717.

LE RITE MODERNE FRANÇAIS RETABLI

Cependant vouloir recueillir en France, en 1955, la tradition véritable du Rite Moderne Français, c'est-à-dire, répétons-le une fois de plus, celle qui à travers le XIXème et le XVIIIème siècle français remonte jusqu'aux Maçons anglais de 1717 était une entreprise qui se heurtait à de redoutables obstacles.

En effet, si le Rite Moderne a connu des enrichissements imprégnés du meilleur esprit traditionnel, et qui doivent être conservés. Les altérations furent également nombreuses.

L'objet de ce cahier est précisément d'étudier une inexactitude regrettable dont l'origine se trouve en Angleterre même. La France n'échappa pas à cette évolution qui se trouva aggravée par des traductions maladroites et par un manque d'information qui est une maladie chronique de la maçonnerie dans notre pays. Mais c'est surtout à partir de 1880 que s'ouvrit pour le Rite Moderne Français une période profondément néfaste où les mutilations succédèrent aux mutilations de telle sorte que le système initial, déjà profondément altéré devint méconnaissable et à peu près incompréhensible.

Pour remédier au vide qui en résultait un certain nombre de FF. estimables à d'autres titres pensèrent qu'il suffisait d’introduire dans les rituels leur vues personnelles. Ces vues différent profondément de génération en génération depuis 1880 et cette curieuse illusion ayant toujours cours de nos jours, il en résulte par superpositions  successives, une confusion apparemment indescriptible et profondément décourageante pour qui s'efforce de recueillir le véritable enseignement maçonnique.

C'est pourquoi, désireuse de se séparer nettement de ces errements dont on peut considérer qu'ils conduisent la plus respectable et à coup sûr la plus riche tradition maçonnique, celle des maçons de 1717, dont nous sommes sans conteste les dépositaires, à sa ruine et à sa disparation prochaine la loge du Devoir et de la Raison a cherché un terrain supplémentaire qui puisse s'appliquer à son effort et définir une tendance rituelle qui réponde aux aspirations actuelles de certains maçons français. Son activité ayant consisté uniquement à retrouver, en s'efforçant de ne perdre jamais de vue les règles de l'honnêteté historique et scientifique, les usages anciens du Rite et à les rétablir dans leur forme et autant que possible dans leur signification symbolique, elle a décidé de préciser la dénomination de Rite Moderne Français par celle de Rite Moderne Français Rétabli.

Notre Loge espère que d'autres maçons français sont susceptibles de s'intéresser aux différentes étapes qui ont marqué son travail de restauration Traditionnelle. C'est à leur intention que nous entreprenons de rédiger ces cahiers.

Nous aurons toujours soin, chemin faisant, de ne pas perdre de vue Le Rite Ecossais tel qu'il est actuellement pratiqué en France pour les trois premiers degrés et dont les points de contacts avec les rites originels du Grand Orient de France sont très nombreux. De plus, prendre conscience du rite que l'on pratique ne doit pas, amener à mépriser les autres. A l'origine de la Maçonnerie spéculative, il n'y avait selon toute probabilité qu'un seul ensemble traditionnel de symboles et d'usages, très largement répandu et dont tous les rites actuels proviennent. C'est pourquoi les rites, à notre avis ne peuvent s'expliquer que les uns par les autres et l'on doit souligner ce qui les rapproche beaucoup plus que ce qui les oppose.

La première grande, très grande difficulté présentés par le Rite Moderne est la question si irritante des colonnes du Temple de Salomon et de l'ordre des mots sacrés du premier et du deuxième degré.

C'est à l'étude de ce problème que sera consacré ce premier cahier.

 (*) Et non en 1736 comme l'atteste un intéressant manuscrit entré récemment au fond, maçonnique de la Bibliothèque Nationale.

 

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commentaires

Jean-Claude Villant 25/11/2010 15:41


Bonjour P'tit frère

Voici la réponse après vérifications. La suite a été publié dans deux petit livre dont le second vinet d'être réédité. Voici l'avant propos du 1er.
Très fraternellement.
Jean-Claude Villant jvillant@yahoo.fr

RENE DESAGULIERS
LES DEUX GRANDES COLONNES
DELA
FRANC-MAÇONNERIE
« Les colonnes du Temple de Salomon Les mots sacrés des deux premiers grades »
3e édition, augmentée et entièrement refondue

Editions Dervy
34, boulevard Edgar-Quinet
75014 Paris





par Roger DACHEZ et Pierre MOLLIER


AVANT-PROPOS
La publication de cet ouvrage, premier volume d'un dyptique, répond à la demande de nombreux chercheurs depuis déjà d'assez nombreuses années.
Une première édition des deux études de cet ensemble fut publiée en 1961 et 1963 respectivement, sous l'égide de la Loge du Devoir et de la Maison (Cahiers du Rite Moderne Français Rétabli), et la
signature de René G1.
L'auteur, qui devait acquérir une notoriété considérable et méritée dans l'érudition maçonnique française sous le pseudonyme de René Désaguliers, y proposait une première approche de l'histoire et
de la tradition maçonniques selon une méthode entièrement nouvelle en France. On peut dire à bon droit que l'Ecole Authentique de l'histoire maçonnique française, fondée par René Désaguliers,
trouvait en l'espèce son manifeste et, d'emblée, l'un de ses fleurons. 2
Loin du discours assez faible des ouvrages de « symbolisme », ânonnant péniblement des significations d'une portée morale et intellectuelle souvent limitée, et empruntant surtout à des sources
étrangères, pour l'essentiel, à la tradition maçonnique, le travail de redécouverte profondément novateur à cette époque auquel se livra René Désaguliers consista donc à rechercher dans les plus
anciens textes maçonniques connus, d'origine anglaise, écossaise et irlandaise, de 1696 à 1730 environ, l'émergence et les premiers commentaires des principaux symboles repris par la tradition
maçonnique spéculative.
Cette démarche proprement archéologique permit surtout de reconstituer le processus de mise en place et le développement des systèmes symboliques fondamentaux dont dérivent, ou auxquels
empruntèrent plus tard, les principaux Rites maçonniques connus. Les oublis et les confusions inévitables qu'entraînent le cours de l'histoire et la dispersion des esprits ont souvent mêlé, pas
toujours avec bonheur, des ensembles symboliques à l'origine cohérents et chargés de significations fortes et claires, pour aboutir à de véritables chimères traditionnelles, à d'énigmatiques «
Tours de Babel » dont le sens profond et authentique ne pouvait être retrouvé.
Avec deux problèmes fondamentaux, celui de I^z Position des Colonnes du Temple, dont traite le présent volume, d'une part, et celui des Trois Colonnes Sagesse, Force et Beauté et les Trois Grands
Chandeliers, qui fera l'objet du prochain volume de cette collection, d'autre part, René Désaguliers pouvait aborder, grâce à une restitution historique rigoureuse, certains aspects majeurs de la
symbolique maçonnique et mettre en lumière les confusions et les erreurs parfois profondes auxquelles un certain affaiblissement des notions traditionnelles avait pu conduire, dès la fin du XVIIF
siècle, et plus encore dans le cours du siècle suivant. Plus de trente ans après sa première publication, ce travail surprendra encore, n'en doutons pas, plus d'un lecteur.
La recherche ainsi initiée se poursuivit, notamment dans le cadre des travaux parus à partir de 1970, et aujourd'hui encore, dans la revue Renaissance Traditionnelle"'.
Dans leur forme première, ces études ne pouvaient plus être publiées sans modification, malgré la demande insistante — et com¬préhensible — de nombreux lecteurs. Grâce au mouvement suscité par René
Désaguliers, certains problèmes nouveaux ont dû être abordés, certaines incertitudes ont pu être levées. Il importait d'en tenir compte. En outre, les acquisitions de l'investigation historique
ont, depuis, jeté un jour neuf sur les circonstances de fondation de certains Rites ou systèmes maçonniques (et notamment le Rite Ecos¬sais Ancien et Accepté).
L'édition profondément remaniée que nous proposons aujourd'hui au lecteur, en reprenant la structure, les thèmes et souvent les conclusions de la première, forme cependant, à de nombreux égards, un
ouvrage entièrement nouveau. Elle témoigne de la permanence d'une recherche, et de la nécessaire remise en cause d'un savoir toujours en genèse.
Roger BACHEZ Pierre MOLLIER


1. La Position des Colonnes du Temple et l'Ordre des Mots Sacrés du 1er et 2e degrés, Paris, 1961. Une 2e édition, presque identique, fut publiée presque aussitôt. La présente est donc la 3e.
Les trois Colonnes Sagesse, Force et Beauté et les Trois Grands Chandeliers, Paris, 1963. Une 2e édition en sera prochainement proposée dans cette même collection.
Note JCV il vient d’être réédité sous le titre
Les trois grands piliers de la franc-maçonnerie
2. Cf. M. L. Brodsky ; René Désaguliers ou l'Ecole Authentique de la Maçonnerie française, Avant-propos in R. Désaguliers, Les Pierres de la Franc-Maçonnerie, Coll. Renaissance Traditionnelle,
Dervy, Paris, 1995.
Sur un plan plus personnel, on lira aussi la très attachante Préface de Robert Amadou, dans le même ouvrage : René Désaguliers, Maçon de l'universalité.

3. B.P. 161, 92113 Clichy Cedex
Cf. ace sujet : R. Dachez, René Désaguliers (1921-1992) et vingt années de Renaissance Traditionnelle, ARIES, La Table d'Emeraude Editeur, n" 16,
pp. 105-107.


MONTALEAU 26/11/2010 22:37



Une réponse de très grande qualité qui mérite d'être publiée.


Fraternellement


R de M



Petit Frère 18/11/2010 11:21


Excellente introduction !
J'attends la suite avec impatience... Comptes-tu nous en faire profiter sur le blog ?
Dans le cas contraire, où peut-on se procurer ces dits cahiers ?
Fraternellement,
Ton p'tit Frère


MONTALEAU 26/11/2010 22:35



Ma réponse est celle de notre F. Jean Claude.


Fraternellement


R de M



Jean-Claude Villant 17/11/2010 09:55


Document manuscrit fourni par Bernard Trinquet à Jean-Claude Villant qui l'a transcrit. Ce document lui avait été donné par Jean Cuillerat, un Frère qui travaillait au Rite Français Traditionnel
dans la respectable Loge Les 2 Cygnes. Ce document doit dater du début des années 1960
Jean-Claude Villant jvillant@yahoo.fr


MONTALEAU 17/11/2010 12:45



Rectification effectuée ce jour.


Merci encore pour ce magnifique document historique.


Fraternellement


R de M


 



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