Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 12:24

Nous allons offrir au lecteur un extrait abrégé de la nouvelle Constitution, proposée dans le travail attribué aux huit commissaires, adoptée dans son entier en 1773 par la Grande Loge nationale, confirmée par le G. 0. et approuvée par le Grand-Maître le 28 octobre de la même année.

Ces constitutions parurent sous le titre de Statuts de l'Ordre royal de la Franche-Maçonnerie en France.

Ces statuts sont divisés en chapitres, les chapitres en sections et les sections en articles.

Les deux premières sections du chapitre 1er concernent la constitution de l'Ordre et la fondation du G. 0. Nous les transcrirons dans leur entier.

  CHAPITRE 1er

Constitution de l'Ordre.

  SECTION I.

  Du Corps maçonnique en France.

  ART. 1. Le corps de l'Ordre de la Franc-maçonnerie, sous le titre distinctif de Corps maçonnique de France, sera composé des seuls Maçons réguliers reconnus pour tels par le G. 0.

Art. II. Le G. 0. de France ne reconnaîtra désormais pour Maçons réguliers que les seuls membres des Loges régulières.

Art. III. Le G. 0. de France ne reconnaîtra désormais pour Loges régulières que celles qui sont pourvues de constitutions accordées ou renouvelées par lui, et il aura seul le droit d'en délivrer.

Art. IV. Le G. 0. de France ne reconnaîtra désormais pour Vénérable de Loge que le maître élevé à celle dignité par le choix libre de sa Loge.

Art. V. Le Corps maçonnique de France sera représenté au G. 0. par tous les Vénérables en exercice ou députés de Loges.

SECTION II.

  Du Grand Orient de France.

  Art. I. Le G. 0. de France sera composé de la Grande Loge et de tous les Vénérables en exercice ou députés des Loges, tant de Paris que des provinces, qui pourront s'y trouver lors de ses assemblées.

Art. II. Le G. 0. de France sera toujours invariablement fixé à l'Orient de Paris.

Art. III. Le G. 0. de France aura seul le droit de législation dans l'Ordre.

La section III de ce chapitre traite de la nouvelle Grande Loge nationale de France, de sa composition portée à soixante-dix sept membres; savoir : trois grands-officiers, quinze officiers d'honneur, quarante-cinq officiers en exercice, sept Vénérables en exercice des Loges de Paris et sept députés des Loges de provinces du nombre de ceux qui ne seront point officiers de la Grande Loge. Elle traite encore de sa division en trois chambres, dénommées d'administration, de Paris et des provinces. Une Loge de Conseil est créée pour connaître des appels des décisions de ces trois chambres.

Le chapitre II des Statuts concerne les formalités des élections et nominations des officiers de la nouvelle Grande Loge, ainsi que les attributions du grand-maître, dont l'inamovibilité avait été conservée dans le chapitre précédent.

Le chapitre III traite des assemblées du G. O. et de celles des chambres.

Le quatrième et dernier chapitre est entièrement relatif à la correspondance, l'organisation des bureaux et l'administration.

On a pu remarquer que la constitution nouvelle réside tout entière dans les deux premières sections du chapitre premier, dont nous avons donné la copie littérale. Le surplus est purement organique.

En comparant la constitution de l'ancienne Grande Loge avec celle-ci, on voit :

1° Que la Grande Loge de France était composée des seuls maîtres de l'Orient de Paris, ayant à leur tête le grand maître ou ses représentants. Il en résultait que les Loges et les Maçons des provinces ne concouraient point à l'administration de l'Ordre.

Le G. O., au contraire, appelait à la représentation maçonnique et à l'administration toutes les Loges de provinces représentées par des députés;

2° Que la Grande Loge donnait des constitutions à des maîtres inamovibles, tandis que le G. O. supprimait l'inamovibilité, en ne reconnaissant pour maîtres de Loges que ceux élus par le choix libre des membres qui les composaient ou composeraient par la suite.

Il est évident que ces deux points furent les seuls qui établirent une différence notable entre l'ancienne et la nouvelle constitution, et que la réforme se réduisit à ce changement. L'ancien gouvernement de l'Ordre était, si l'on peut s'exprimer ainsi, oligarchique, et celui proposé était représentatif.

Quoi qu'il en soit, on ne peut disconvenir qu'il n'était pas juste que, dans une société qui a pour base l'égalité, l'administration appartint à une classe privilégiée de Maçons, et fût concentrée entre ses membres, à l'exclusion des maîtres et des Loges des provinces. Sous ce rapport nous pensons que cette opération pouvait être digne d'approbation.

Peut-être le G. 0. eût-il entraîné la Grande Loge elle même, si alors il eût adopté le principe de l'inamovibilité avec des modifications raisonnables et sans doute nécessaires; il n'eût pas vu ce corps continuer ses travaux auprès de lui, et le rivaliser pendant près de trente ans.

Cette question de l'inamovibilité fut débattue dans beaucoup d'écrits. Les partisans du nouveau système disaient que les maitres inamovibles ne présidaient, pour la plupart, aucune Loge; qu'ils achetaient des constitutions comme on achète un droit honorifique, pour avoir la faculté de siéger dans la Grande Loge; que les ateliers qui étaient présidés par ces maîtres l'étaient despotiquement; que le découragement s'y introduisait, que le seul caprice du chef décidait de l'avancement des membres dans les dignités et les grades, sans qu'il fût permis à la société d'en délibérer; que des lois, des règlements abusifs étaient dictés, sans que les F. F. eussent aucun droit de remontrances; enfin que cette espèce de proconsulat était insupportable et contraire aux lois de l'égalité maçonnique.

Les partisans de la Grande Loge soutenaient que le système de l'inamovibilité était non-seulement conforme aux usages de toutes les Grandes Loges de l'Europe, mais encore la sauvegarde des Loges particulières ; que, peut-être, il entraînait après lui quelques abus; mais que celui qu'on voulait introduire à sa place ne pourrait qu'exciter des cabales et des agitations à l'époque de chaque élection des Vénérables et officiers des Loges, et que les révolutions fréquentes dont elles seraient la cause, exciteraient l'attention du gouvernement et amèneraient l'abolition de l'Ordre en France.

Nous ne déciderons pas entre les deux opinions nous nous contenterons d'observer que si le problème de l'amovibilité a été résolu dans certaines circonstances par les divisions qu'il a partiellement occasionnées dans l'origine de son établissement, néanmoins les élections se sont généralement faites sans trouble dans la plupart des Loges qui sont rangées sous les bannières du G. O.

IN DOCUMENTS MACONNIQUES

RECUEILLIS ET ANNOTES

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de MONTALEAU
  • : Instruction du rite Français
  • Contact

Recherche

Liens