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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 16:30

COUP-D'OEIL  HISTORIQUE SUR SA VIE MAÇONNIQUE.

Pourquoi faut-il qu'un coup fatal et imprévu enlève un père à ses enfants chéris

 O Roettiers de Montaleau ! nos pleurs, nos soupirs, nos plaintes te redemandent en vain!...

Il s'est éclipsé du milieu de nous comme l'éclair, celui qui portait la Maçonnerie dans son cœur....

Le voilà renversé pour jamais, comme un chêne antique et déraciné, celui qui, par sa douce aménité, sa sérénité d'âme, sa simplicité de mœurs, son affectuosité savait unir tous les cœurs en un faisceau.

La douleur des vrais amis de l'ordre est si unanime, si naturelle, qu'elle a besoin d'être calmée. Ah! qui peut mieux soulager les âmes que le simple tableau de la vie Maçonnique de cet illustre propagateur de l'art royal....

Les arts de la gravure e t de la peinture, revendiquent les ancêtres de la famille de Roettiers de Montaleau, et les ont dès long temps dotés d'un héritage de gloire.

Alexandre-louis Roettiers De Montaleau, naquit à Paris le 24 novembre 1748.

Il était issu d'une famille noble de la Flandre-,Wallonne.... Mais nous ne le suivrons ici que dans la carrière Maçonnique qu'il a parcourue avec tant de zèle et de distinction.

Né avec un goût vif pour les sciences, et par conséquent pour notre institution, il ne tarda pas à montrer le désir de pénétrer dans nos temples.

Heureux l'Atelier, qui le premier le posséda dans son sein, qui donna la lumière à celui qui sut la reproduire avec tant de succès, et la faire si éminemment briller sur un des premiers Orient, du monde Maçonnique! Ce fut la Loge de l'Amitié qui lui ouvrit les portes de la chambre du milieu en 5779.

Les progrès rapides qu'il fit dans les connaissances de l'art royal, l'application utile avec laquelle il rechercha tout ce qui avait illustré notre ordre pour le faire revivre avec éclat, et l'élever à une noble rivalité avec les Orients étrangers ; ce talent sans effort qu'il avait pour captiver les cœurs et fixer l'estime ne tardèrent pas à le porter aux premiers emplois Maçonniques.

La L’Amitié dont il était l'élève le nomma son député en 5779.

Le Grand Orient, où sa renommée l'avait devancé, connut aussitôt le prix de cette heureuse acquisition, et sut approprier et utiliser son ardeur et ses talents. Il fut élu expert dans la chambre des Provinces en 5780, c'était un titre à ses yeux pour porter ses travaux au dernier degré de perfection.

Montaleau était tout entier à notre art. Son âme semblait un foyer destiné à entretenir ce feu sacré de la Maconnerie, il n'en parlait jamais qu'avec ce noble et vif enthousiasme qui montrait qu'il s'était identifié avec la haute science de notre ordre sublime.

Les preuves qu'il en avait données au G. O. lui méritèrent d'être élevé, en 5787, à la présidence de la chambre des Provinces.

C'était une colonne inébranlable que le G. O. y avait placé pour le maintien des règlements et la prospérité de l'ordre entier.

Mais un poste plus important encore l'attendait. Il fut promu en 5793 à la présidence de la chambre d'administration ; c'était, pour ainsi dire, un ange tutélaire que le Grand  Architecte  de l’Univers y avait mis comme une sentinelle vigilante et infatigable qui devait sauver l'arche-sainte du déluge universel dont elle était menacée.

En effet, à travers les tempêtes politiques, au milieu de l'embrasement universel de la guerre extérieure qui cernait alors la France entière sous les torches de la guerre civile déchirant les entrailles de la patrie; quand de toutes parts fuient les ouvriers dispersés; quand les temples sont déserts, fermés ou démolis! ah! quelle main prudente et courageuse sauvera ce Palladium de l'ordre ?

Grâces te soient rendues, ô sage et judicieux Montaleau ! c'est à toi que nous devons ce service important qui t'assigne une place à côté des plus illustres soutiens de l'ordre sublime…

Les archives, la correspondance, les monuments respectables du G.O., ces trésors, éléments de la sagesse et de la vertu, ce dépôt inappréciable, tout fut recueilli, sauvé par ton amour infatigable de la Mac. et par le zèle de tes principaux collaborateurs qui, comme Moise et Aaron , veillèrent avec toi à la conservation de tout ce qui était nécessaire pour ressusciter notre institution après le temps expiré de la captivité.

Le jour de calme succède aux orages, et le premier vœu, l'élan unanime te proclament en 5795 Grand Vénérable de la maçonnerie française. C'était être sûr de redonner à l'institution toute sa force et sa splendeur, alors que l'on confiait un pouvoir éminent à celui qui ne respirait que pour son perfectionnement, dont toutes les idées étaient pour ainsi dire concentrées à en développer les avantages, à la faire aimer et respecter comme un des plus grands bienfaits pour l'ordre social et la civilisation.

Ce respectable chef ne s'était pas seulement familiarisé, avec une facilité rare, aux pratiques et aux cérémonies des rites maçonniques, il en avait profondément sondé l'origine, les progrès et le but moral ; il avait scruté tous les replis de l'art; il avait, par l'étude et la méditation, voyagé dans tous les Or. étrangers, comparé, saisi et approprié à son esprit tout ce que les différentes branches, même auxiliaires, pouvaient offrir d'utile et d'intéressant.

On aimait à l'entendre parler pour ainsi dire toutes les langues mac.-., et des ordres unis avec le nôtre par le nœud de la fraternité.

Son élocution était douce, simple et naïve ; elle n'avait pas besoin de fleurs. La précision rendait toujours sa pensée frappante et y attachait le sceau de la vérité.

Mais comment peindre cette candeur qui réfléchissait son âme dans ses yeux, sur ses lèvres, dans toute sa physionomie franche, ouverte, aimable ?

On voyait au premier coup-d'œil que c'était l'homme de bien par excellence, que son cœur ne pouvait être que le temple de la vertu.

Comme il savait concilier les esprits ! Pourquoi le G.\ 0.\ a-t-il acquis si rapidement tant de force, de prééminence? Ah! N’est-ce pas parce qu'il a su en tenir les rênes avec cette sagesse qui sait prévoir, étouffer d'avance tout germe d'ambition, de rivalité, de discorde !

les fastes maçonniques rediront à la postérité la plus reculée, que c'est à son zèle et à sa prévoyance que l'on est redevable de l'intensité d’action, l'unité de but, la concentration de principes qui a rapproché les divers rites en opposition.

Puisse le temps et l'intérêt bien entendu de l'ordre en général réunir les pensées des sages pour fortifier et resserrer de plus en plus les nœuds qui tendent, s'il était possible, à confondre toutes les affections, comme les sciences maçonniques, en un seul centre commun et uniforme !

Le Vén. Montaleau était loin de le désespérer; il avait posé les premiers fondements de l'édifice.

C'est dans cette vue qu'il était parvenu à rendre les archives du G. 0. dépositaires de celles du Chapitre Ecossais d'Hérédon, constitué à I'0. de Paris par Edimbourg en S721.

Il avait pris soin de fonder le chapitre général dans le sein même du G. O., et avait rappelé les RR. LL. de l'Amitié et du Centre des Amis à concourir à cette fondation.

Il sut aussi, pour ce même but, opérer la réunion au G. 0. et la déposition des titres dans ses archives, des LL. dissidentes dans toute l'étendue de l'empire, depuis l'époque de la fondation du G. O.  sous la dénomination de G. O. de Clermont, alors la G. L. de France.

Ainsi un habile architecte, après avoir tracé dans sa pensée l'immensité de son édifice, et avoir distribué, combiné toutes les proportions, établit les premiers fondement qui, par leur solidité et leur profondeur assurent d'avance la stabilité de ses construction.

Quelle douce satisfaction pour son cœur nourri et plein de la gloire maçonnique, lorsqu'en 5804 il vit venir l'instant heureux pour réaliser la salutaire conception d'un concordat entre des rites qui ne sont en effet que les branches d'un même arbre sorties du même tronc , et qui ne peuvent être séparés qu'en détériorant l'arbre et se dégradant en quelque sorte elles-mêmes!

Tout l'ordre connaît avec quel zèle soutenu, avec quelle sagacité, il a eu l'habileté de cimenter ces rapprochements, que de bons esprits avaient crus presqu'impossibles !

Il dût à la vérité ce succès, qui fera époque dans l'histoire Mac., au génie conciliant et supérieur du sage (SAS le prince CAMBACERES Grand Maitre de l’Ordre Maçonnique en France), qui descendant d'un des premiers postes de l'empire, sait tout à la fois balancer le glaive de Thémis, vivifier les arts, soulager l'infortuné, et rattacher tous les ordres de l'Etat, par le nœud imperceptible , au timon du pouvoir suprême et tutélaire de la Mac.'.

Oui, il faut le dire avec vérité, c'en était fait de la prospérité de l'ordre, sans ce trait de sagesse; les rites élevant autel contre autel, se disputant une suprématie, une indépendance fatale aux progrès et au soutien de l'ordre, s'efforçant de s'élever sur les ruines les uns des autres, s'entre-déchirant par les rivalités, les ambitions particulières, n'auraient plus, au grand scandale des amis de la sagesse et de l'art royal, offert que le spectacle déplorable et trop réel de cette tour qui, pour avoir voulu menacer le ciel même, n'a plus été bientôt que l'asile du désordre, de la désunion de ses ouvriers, de l'ignorance et de la confusion des langues.

Ainsi, le traité de conciliation fraternelle entre le rite ancien accepté et le G.\ O. de France, a mis le sceau à la gloire du F. de Montaleau, comme à la bonne harmonie entre les deux rites. Le F. de Montaleau portait encore au fond de son cœur ce vœu chéri qui devait à ses yeux élever l'éclat de l'ordre au plus haut période en France ; c'était l'établissement d'un grand acte de bienfaisance national et permanent. C'est un œuvre qu'il a laissé à son fils, digne légataire de sa renommée et de ses vertus.

Le concordat entre les rites donna naissance à plusieurs offices, notamment à ceux de représentants particuliers du Grand  Maitre, avec le titre de Grand Officier d'honneur.

Il recueillit dans le choix du sénat Maçonnique un nouveau gage d'estime et d'affection.

Elle sera à jamais mémorable cette époque qui vit pénétrer dans le sanctuaire auguste de l'ordre les premier hommes de l'État, et se confondre dans les rangs de leurs FF. sous l'étoile de la vraie lumière et la bannière d'une sage égalité.

Après vingt-sept ans d'exercice comme Off. du G. 0., il en était devenu le Nestor.

Il n'était âgé que de 67 ans ; mais des travaux soutenus, de longues fatigues avaient ruiné son existence, et, malgré que sa santé se fût sensiblement altérée . l'amour et le respect qu'il avait inspire nourrissaient un faux espoir de le conserver plus longtemps au milieu de la grande famille des Maçons, qu'il aimait comme la sienne propre; et l'on sait combien il était bon père.

Puisse cette faible esquisse m'acquitter envers lui de la dette de reconnaissance et de respect, qui ne s'effacera jamais de mon cœur !

                                                                                                        F. Caignart de MAILLY.

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