Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 18:07

PREMIER GRADE

DISCOURS de L’ORATEUR

F.', nouvellement initié, nos sacrés mystères vous les connaissez mal, si vous n'en jugez que par le faible éclat qui vient de frapper vos yeux, mais en cédant à cette douce sympathie qui vous inclinait vers nous, vous nous apportez , nous n'en doutons point, les dispositions nécessaires pour faire un vrai Maçon; permettez donc, en applaudissant au choix que nous venons de faire, que je vous félicite, sur une instigation qui, en contribuant à votre félicité, fera si vous le voulez le bonheur de vos jours ; en effet, que de ressources pour un cœur tant soit peu philosophe! La Maçonnerie est un asile consacré a l’amitié, c’est une juste économie dans les passions, qui n'admet que la vertu ; par elle vous échappez aux hommes qui, pour la plupart sont perfides, inconstants & trompeurs, c'est un commerce où l’on ne compte jamais, où l'on n'exige rien, où le meilleur Maçon met davantage & se trouve toujours trop payé d'être en avance ; tout chez nous appartient à Notre F. , excepté notre honneur tout y règle nos affections ; ainsi, qu'un Maçon se livre à la joie, elle est pure, égale rien ne l'altère, rien ne la lasse , c'est donc à l'union du cœur qu'il est réservé de sonder de solides & durables engagements, & comme nous apportons ces heureuses dispositions, chacun de nous en particulier, que dis-je !... un Maçon ne pense qu'avec ses FF.-., oui, d'une voix unanime nous applaudissons à notre choix, puissiez-vous ne nous laisser rien à désirer , applaudir au vôtre , & mêler au accents de notre joie l'expression d'une naissante & tendre amitié bien désirable : agréables sentiments , précieuse amitié que tu rare!... l'histoire nous laisse à peine un exemple d'une union parfaite entre deux FF., ils l'étaient par le sang, & cette union leur mérite l'apothéose ; quel doit être le ravissement d'un Maçon qui, sans être obligé par ce premier devoir, dans chacun, de ses FF. trouve un nouveaux Pollux.

MORALE

A FAIRE PAR LE VENERABLE.

Mon F., ayez je vous prie une singulière attention aux choses que je vais vous expliquer, & qui ont pour objet le sens moral dans lequel vous devez prendre les différentes circonstances de votre Réception.

On vous a d'abord introduit dans une chambre noire, c'était pour vous livrer à toutes vos pensées, parce que tout homme qui va embrasser un nouvel état, ne saurait trop réfléchir sur la suite des engagements qu'il veut contracter, & qu'il doit toujours en pareil cas, sonder son cœur dans le silence

On vous a fait dépouiller de tous vos métaux, c'était pour vous préparer à un total dépouillement de vous-même, à un abandon général de vos préjugés; vous faire quitter l'homme du monde, pour vous revêtir de l'homme nouveau, & pour vous apprendre que lorsqu'on bâtit le Temple de Salomon, on n'entendit le bruit d'aucun instrument de métal. Sans cesse occupés à faire revivre des temps aussi heureux , nous cherchons à écarter de nous tout ce qui tient à ces pernicieux métaux , qui sont le symbole de tous les vices, & l'objet de la cupidité des hommes.

Le bandeau que vous portiez, mon F. , était une image sensible des ténèbres & de l'horreur des préjugés, de la force de la superstition dont vous étiez le misérable jouet, & dont vous ne pouviez vous délivrer qu'en cherchant la lumière parmi nous, c'est-à-dire, en vous faisant Maçon.

Le bras & la mamelle gauche nus, sont pour vous faire souvenir de vos premiers devoirs, de donner votre bras à la Société, & votre cœur à vos FF.

Le Soulier gauche en pantoufle, indique le zèle que vous devez avoir à voler au secours de vos FF. il vous apprend aussi l'humilité avec laquelle on doit approcher de nos mystères, de même que Moïse ôta ses souliers pour approcher du buisson ardent.

Le genou droit découvert, c'est une marque de respect pour nos mystères.

On vous a fait avaler le calice d’amertume, c'était pour que cette salubre purification régénérât votre cœur, qui ne doit plus s'abreuver à l'avenir, qu'à la source des eaux pures de la vérité.

On vous a introduit en Loge par trois grands coups, qui sont trois conseils sacrés; demandez, on vous donnera ; frappez, on vous ouvrira ; cherchez, vous trouverez.

On vous a fait faire des voyages pénibles, pour vous faire ressouvenir que le sentier de la vertu est étroit, laborieux & difficile, & qu'il faut travailler longtemps & avec constance pour arriver au bien.

Voila, mon F. , dans quel sens Vous devez prendre tous les détails de votre réception , rappeliez- vous toujours cette morale, pleine de sagesse & de bonté , qui de tout temps a fait le bonheur de ceux qui s'en sont rendus dignes, c'est-à-dire , des Maçons.

EXPLICATION DU TEMPLE ALLEGORIQUE ET MYSTIQUE.

Ce Temple que vous voyez, mon F., représente une faible esquisse du Temple de Salomon , qui fut bâti par l'ordre que Dieu en donna à ce Prince.

Rappelons-nous ces temps fortunés , où le cœur exempt des passions, en ignorait jusqu'au moindre mouvement , où la jalousie , l'adresse, la tyrannie & la violence étaient inconnues ; où les hommes égaux & livrés aux seules lois de la nature, n'admettaient entre eux d'autres distinctions que celle que cette sage mère y avait mis ; tel est par exemple, celle d'un père à fon fils , d'un vieillard a un enfant, que l'amour propre ne peut méconnaître, & dont la jalousie là plus ombrageuse ne peut murmurer.

Ce Temple, mon F., était le sanctuaire de la Religion , le lieu spécialement consacré à ses augustes cérémonies; mais après plusieurs années de paix, de gloire & de magnificence, les vices s'étant emparés du cœur des hommes, vint une armée formidable qui renversa cet illustre monument.

Le peuple qui y rendait librement ses hommages à la Divinité, est chargé de fers & conduit à Babylone, d'où après la captivité la plus rigoureuse, il fut à la fin délivré par la main de son Dieu, qui permît à ce peuple infortuné de rétablir son Temple.

Ce peuple considéré dans son premier lustre, est l'état primitif de l'homme au sortir du néant.

Les cérémonies qui s'y exerçaient, ne sont autre chose que les lois communes gravées dans tous les cœurs, qui trouvent leurs principes dans des idées d'équité & de charité, & auxquelles les hommes sont obligés réciproquement entre eux.

La destruction de ce Temple & l'esclavage de ses adorateurs, c'est l'orgueil & l'ambition qui tyrannisent sans cesse le cœur d l'homme.

Ce peuple choisi pour rétablir le Temple c'est nous, c'est à nous à lui rendre sa première beauté, & à l'Univers sa première dignité.

C'est cette réédification, c'est-à-dire, le rétablissement de cette parfaite égalité entre nous , qui fait l'objet de nos Travaux; c'est cette prérogative précieuse que nous revendiquons pour en mettre en possession chacun de nos Membres ; c'est l'égalité qui produit cet effet admirable , en tarissant la source empoisonnée d'où découlent tous les maux des humains, je veux dire l'ambition & l'avarice ; c'est elle qui fait disparaître toute idée importune & mortifiante de supériorité : par elle, mon F., l'homme rentre dans son premier droit, il n'y a plus de distinction dont la vue blesse ses regards, & choque son amour propre ; la subordination n'est plus qu'une chimère , qui loin de prendre fa source dans les caprices du fort, ou dans les extravagances de l'orgueil , ( qui veut que tout fléchisse pour lui, & qui n'envisage dans les créatures qui composent le monde, que des êtres vils & méprisables condamnés à le servir, ) ne se trouve plus que dans le sein de la plus vive tendresse, dans le sein de la plus vive & douce amitié, dans le décret de la sage providence qui la rend nécessaire ; enfin, qui produit cette paix délicieuse, cette confiance si douce & si digne d'envie , en rendant communs les biens & les richesses, dont la possession coûte à l'homme tant de soins , & la perte, tant de regrets.

Telle est, mon F., la doctrine de la société dont vous avez l'avantage d'être membre aujourd'hui, & dont le but, est de faire régner parmi nous, l'assemblage de toutes les vertus sociales.

L'obéissance au Souverain , une fidélité pour lui à toute épreuve , un profond & impénétrable secret sur tout ce qui se voit, sur tout ce qui s'entend , & sur tout ce qui se fait dans nos Loges.

Voilà les vertus que nous exigeons, & qui brillent dans la conduite de tous les FF. que vous voyez ici rassemblés, efforcez-vous donc de les pratiquer avec le même zèle la même discrétion ; par-là , vous pourrez parvenir un jour à de plus hautes connaissances de nos sacrés mystères, qui ont toujours fait le bonheur de ceux qui s'en son rendus dignes.

EXPLICATION DE TABLEAU D'APPRENTI

Ce qui s'offre à vos yeux sur ce Tableau, mon F., sont des figures symboliques qui tendent à la perfection de la Maçonnerie :

Le compas que vous avez tenu sur votre cœur, lors de votre obligation, marque que toutes nos actions doivent être compassées par l'équité, en ne s'éloignant jamais du sentier de la vertu.

L'équerre que porte le Vénérable, sert à former nos mœurs.

Le niveau que porte le premier Surveillant, veut dire qu'il ne faut jamais s'élever ni s'abaisser devant nos FF., conservant toujours une unité parfaite.

La perpendiculaire que porte le second Surveillant, sert à élever en nous des bases d’équité qui nous soutiennent dans la paix & l'union.

La houppe dentelée qui entoure ce Tableau, est la parfaite image de la vertu qui doit environner les FF.

Le Soleil à droite, père de la nature, vivifiant toutes choses, est le symbole de la pureté qui doit régner dans nos mœurs, & qui doit aussi réchauffer en vous le désir de connaître plus profondément nos mystères.

La Lune qui éclaire la nuit, signifie qu'un bon Maçon ne doit jamais errer dans les ténèbres, & qu'on doit cependant être prêt, comme de jour, à vaquer au bien de l'ordre, elle signifie aussi qu'il n'est point de ténèbres assez épaisses pour dérober le crime.

Le pavé Mosaïque dont les pierres sont diversifiées par les couleurs, & cependant unies ensembles, est l'assemblage de l'unité & de l'amitié qui règne entre les Maçons.

Cette voûte azurée représente l’immensité & l'étendue de notre ordre répandu sur la surface de la terre & de l'onde.

La pierre brute où vous travaillez comme Apprenti, vous marque par sa difformité qu'elle demande à être mise en œuvre, c'est ainsi qu'un Maçon qui entre nouvellement dans l’ordre, doit se dépouiller de tous vices pour entrer dans le Temple de la vertu.

Les trois pas que vous avez fait dans votre premier Grade, représentent les trois colonnes qui soutiennent allégoriquement notre Loge sous les noms de Sagesse, force & beauté ; vertus que doit pratiquer tout bon Maçon en mettant la sagesse dans ses mœurs , la force dans son union, & la beauté dans son cœur,

C'est ce que cette R. L. exige de vous, mon F., vous exhortant à la discrétion, au zèle, & à la ferveur.

La Colonne J. . . où vous travaillez comme Apprenti, signifie, la sagesse est en Dieu, & j’espère en lui: en effet, mon F., tout Apprenti zélé espère faire des progrès pour parvenir au grade de Compagnon ; c'eft aussi une des deux Colonnes qu' étaient à l'entrée du Temple de Salomon où les Apprentis, après avoir fini leurs Travaux , allaient déposer leurs outils , & s'assemblaient pour recevoir leur salaire.

Il y avait trois fenêtres au Temple, une l’Orient, une à l'Occident & l'autre au Midi, il n'y en avait point au Septentrion, parce que les rayons du Soleil pénètrent faiblement dans cette partie.

Enfin, mon F., nous avons une truelle qui sert à cacher & réparer les défauts de nos FF.

SECOND GRADE

EXPLICATION DU TABLEAU.

La Colonne B. où vous travaillez comme Compagnon, signifie, ma force est en Dieu, de même qu'un Compagnon est plus fort qu'un Apprenti dans ses Travaux, par les Connaissances & les progrès qu'il a déjà fait dans l'ordre : c'est à cette Colonne que les Compagnons allaient déposer leurs outils & recevoir leur salaire.

L'étoile flamboyante qui est toute mystérieuse, est l'emblème du génie qui élève aux grandes vertus, & avec plus de raison encore, elle est le symbole de ce feu sacré, de cette portion de lumière divine, dont le G. A. de l'U. a formé nos âmes, aux rayons de laquelle nous pouvons distinguer, connaitre & pratiquer la vérité & la justice.

I.a lettre G. que vous voyez au centre, Vous présente deux grandes & sublimes idées; l'une est le monogramme d'un des noms du Très-Haut, source de toute lumière, de toute science ; la seconde idée que cette lettre vous présente, résulte de ce qu'on l’explique communément par le mot Géométrie.

Cette science a pour base essentielle l'application de la propriété des nombres aux dimensions des corps, & surtout au triangle auquel se rapportent presque toutes les figures, & qui présente des emblèmes si sublimes.

La pierre cubique à pointe, sert Compagnons pour aiguiser leurs outils, & marque le désir ardent qu'un Compagnon doit avoir de passer aux Grades plus éminents.

Les sept degrés de l'escalier du Temple représentent les sept péchés capitaux que tout bon Maçon doit fouler aux pieds ; ils représentent aussi les sept vertus que vous devez pratiquer, & les six jours que le G.A. de l'U. employa a la construction du monde, & se reposa le septième, de même les six années que Salomon employa à bâtir le Temple, & la septième à sa Dédicace. Enfin, nous avons comme dans le Grade précédent une truelle qui nous sert à cacher & réparer les fautes de nos FF.

TROISIEME GRADE

MORALE

A FAIRE PAR LE TRES-RESPECTABLE.

F. nouvellement admis, vous avez été traité en Compagnon suspect, cela fait allusion aux profanes ennemis de notre Ordre, qui le calomnient & le persécutent sans le connaître & contre lesquels nous devons employer la force pour repousser leurs traits, la douceur pour les ramener à des sentiments plus modérés, & la prudence dans le choix des moyens qui y sont propres.

A peine vous êtes-vous justifié, que vos FF. se sont empressés de vous donner de nouvelles marques d'amitié, en vous admettant à la participation de leurs mystères les plus intimes, dès ce moment vous êtes parvenu dans l'intérieur.

Les courses & les Voyages sont l'emblème de la recherche du crime, & désignent l'état errant & vagabond du criminel qui cherche vain à échapper aux remords & au châtiment.

La marche mystérieuse est le symbole des efforts que fit Adonhiram pour se dérober aux coups de ses assassins.

Les trois coups que vous avez reçus, figurent ceux qui lui ont été portés : ils doivent vous faire sentir le danger des trois passions funestes dont l'homme est souvent aveuglé, l’orgueil, l’envie & l’avarice.

Toutes les épreuves que vous avez subi sont l'emblème de la haute importance de nos mystères elles doivent aussi vous convaincre, que toujours, en tous lieux, dans toutes les circonstances, vous devez être prêt à tout souffrir, comme notre R. Me. Adonhiram, plutôt que de révéler nos secrets & de manquer à vos engagements. Elles sont de plus des emblèmes allégoriques d'une infinité de connaissances que je ne puis ne dois vous communiquer en ce moment, mais qu'une étude profonde pourra vous procurer.

On vous a fait parvenir au septième degré ; vous avez obtenu par-là l'âge de votre grade, gardez-vous de redescendre, & de déchoir du nombre de perfection dont vous êtes décoré.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de MONTALEAU
  • : Instruction du rite Français
  • Contact

Recherche

Liens