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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 00:16

1° Le Grand Orient de France en 1780

Persuadés que l'amour du bien public, que la bienfaisance & l'humanité doivent caractériser sans cesse notre Ordre respectable, nous avons la faveur d'inviter tous les Membres qui le composent à concourir à la perfection d'un établissement digne d'intéresser les âmes sensibles & vertueuses.

Destiné à servir d'asile à l'enfance malheureuse, & consacré aux rejetons de nos anciens Militaires, Officiers, Soldats, morts ou retirés à l’Hôtel des Invalides, cet Etablissement intéresse également les Maçons de la Capitale où se trouvent ces jeunes Sujets, & ceux de toutes les Provinces, parce que l'assemblage de ces Vétérans étant composé d'hommes nés dans toutes les parties du Royaume, leurs enfants appartiennent à toutes.

Cependant, osons le dire, il n'est point d'êtres plus abandonnés, plus malheureux que ces jeunes Sujets: le dernier des Citadins, des Villageois, a-t-il perdu ses parents, il a du moins l'espoir d'être protégé par qui l'ont vu naître, qui ont été témoins de ses premières années.

L’enfant qui, rejeté en naissant du sein de ceux auxquels il doit le jour, accueilli dans les Hôpitaux, peut regarder la Maison de Charité qui l'a adopté comme la sienne, & les Administrateurs qui la dirigent comme ses pères & protecteurs ; ils lui en tiennent lieu, ils le mettent en nourrice, prennent soin de ses premiers jours, ils le font enfin élever. Tandis qu’on s'est occupé de toutes les Classes de la Société, on a oublié celle des Enfants d'Invalides : sans amis, sans connaissances, sans protecteurs, sans asile, les rejetons de ces braves Vétérans doivent être, avec d'autant plus de raison, sous la protection la plus générale, que leur misère n'est que le résultat du constant attachement de leurs pères au service de la Patrie, cependant ils ont été jusqu'ici entièrement abandonnés ; ils sont même refusés, comme étrangers, dans les Hôpitaux, qui n'admettent que les enfants nés dans les lieux où ces Hôpitaux sont établis.

Ce sont ces considérations qui ont donné naissance à une institution qui appartient d'autant plus particulièrement à notre Ordre, qu'elle est créée & soutenue par un Frère Membre de la R.L. de la Fidélité, à l'Orient de Paris, lequel y consacre toute sa fortune……………………

2° Le Grand Orient de France en 1781

Tendre sans cesse au bien général, soulager les malheureux les plus dignes de secours, & le faire aux moindres frais possibles afin d'être utile à un plus grand nombre, tel est l'esprit de notre Ordre & le but de nos Travaux. Le lien qui nous unit, ce lien sacré, si cher à nos cœurs, c'est 1'amour de nos semblables.

Jusqu'à présent, il ne nous a pas été possible de nous livrer en commun à l'impulsion du sentiment qui nous anime tous. Il a fallu d'abord travailler pour étendre l'Art-Royal en France, établir un Centre & nous y réunir.

Rassemblés sous les plus heureux auspices, nous formons aujourd'hui, dans ce Royaume, une Société respectable par le nombre, les vertus & les qualités Civiles des Membres qui la composent, une Société d'hommes qui s'efforceront de mériter le titre qui les distingue, & qui concourront ensemble à un but, à un objet général. Oui, TT.*.CC.*.FF.*•, le moment est venu où nous devons faire connaître à nos Concitoyens que la Maçonnerie n'existe que pour le bonheur de l'humanité.

Parmi les infortunés qui réclament nos secours, il en est qui doivent surtout nous intéresser. Ce sont ces êtres innocents, connus sous la dénomination d’Enfants-Trouvés, ces Orphelins malheureux qui semblent n'avoir reçu l'existence que pour ne paraître qu'un instant sur la surface de la terre. Hélas ! on n'ose s'avouer à soi-même combien il en est peu qui parviennent à l'adolescence.

Le nombre des Enfants-Trouvés est si considérable, qu'on est obligé, d'en confier jusqu'à trois à la même Nourrice. Delà naît le vice destructeur qui les moissonne par milliers. Une nourriture faible & insuffisante est-elle capable de donner à l'enfant la force de résister aux attaques des maux qui assiègent le premier âge ? relégué dans l'endroit le plus malsain, il n'y respire qu'un air empoisonné qu'augmente encore la négligence de ses surveillants. Souvent abandonné pendant des heures entières, & suspendu dans une situation douloureuse, le malheureux y gémit dans des souffrances qu'il irrite lui-même par ses cris continuels & par des mouvements convulsifs qui le conduiront à la mort. Comment pourrait-il échapper à tant de peines ? S'il y survit, c'est un être faible, languissant, un homme qui n'existe que pour être continuellement un objet de pitié.

Quels crimes a commis, quels reproches a pu mériter cet infortuné recommandable par son innocence, élevant vers nous ses mains caressantes pour nous demander de lui conserver la vie qu'on a voulu lui donner ? Comment, si tendre & si faible, lui qui n'a encore ni volonté ni pensée, pourrait-il s'être rendu coupable aux yeux des hommes ? N'est-il pas, au contraire, le malheureux le plus digne de leur commisération & de leurs soins fraternels ?.............

3° Le Grand Orient de France en 1787

Depuis longtemps le G.O. cherchait les moyens de prouver au Gouvernement, par un acte de bienfaisance éclatant, que l'esprit de notre Ordre, & le but des travaux des Maçons, est de soulager les malheureux, de tendre une main secourable aux indigents, & d'être utile surtout à cette classe de Citoyens la plus misérable sans doute, mais aussi très souvent la plus utile.

Il s'agit aujourd'hui d'un nouvel acte de bienfaisance, que nous vous proposons avec d'autant plus de confiance, qu'il émane du Gouvernement même. C'est lui qui engage les Citoyens de tous les Ordres, de tous les Etats, les riches, & les pauvres même, en un mot les différentes classes qui composent la Société, à contribuer suivant leurs facultés, au soulagement de l'humanité souffrante.

Il n'est aucun de vous, TT.CC.FF., qui ne connaisse le projet de souscription publié depuis quelques mois par le Gouvernement, tant en particulier que dans les Gazettes & Journaux, pour l'établissement de quatre Hôpitaux à l'0rient de Paris ;..............

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