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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 13:18

PREMIERE PARTIE : LES DEMANDES D'APPROCHE

D. J'admets que vous êtes passé, que vous est-il advenu ensuite ?

R. J'ai été élevé.

D. D'où à où avez-vous été élevé ?

R. Du Niveau à la Perpendiculaire.

D. Quel âge avez-vous ?

R. Sept ans et plus.

D. Pourquoi cela ?

R. Parce que Salomon employa sept ans et plus à la construction du Temple.

D. Sur quoi travaillez-vous ?

R. Sur la planche à tracer.

D. Quel est le nom de votre fils ?

R. Louveteau.

D. Pourquoi ?

R. Parce que les anciens tailleurs de pierre se nommaient des loups.

D. Quel est son privilège ?

R. D'être fait Maçon avant tout autre.

D. Que signifie votre nom ?

R. "Lieu élevé". C'est le nom d'une ville de Palestine où furent déposés le Tabernacle et l'Autel des holocaustes sous le règne de David. Salomon y offrit de grands sacrifices et y reçut le don de Sagesse pour juger le peuple et discerner le bien et le mal.

D. Donnez-le-moi.

R. Gabaon.

DEUXIEME PARTIE : LES DEMANDES SYMBOLIQUES

D. Etes-vous Maître Maçon ?

R. Je le suis. Examinez-moi, éprouvez-moi ou réprouvez-moi, si vous le pouvez. L'Acacia m'est connu.

D.  Vous étiez sans doute Apprenti et Compagnon avant que d'être Maître ?

R. Je connais Jakhin et Boaz. J'entends la règle de Trois et la clef de toutes les Loges est à mon commandement.

D.  Comment avez-vous réussi à être reçu Maître ?

R. Par le secours de Dieu, l'Equerre et mon propre travail.

D.  Où avez-vous été reçu Maître ?

R. Dans une Loge simple ou Loge de Maîtres.

D.  Qu'est-ce qui fait une Loge simple ou Loge de Maîtres ?

R. Trois.

D. Pourquoi ?

R. Parce que.trois Grands Maîtres ont dirigé la construction du Temple.

D.  Nommez-les moi.

R. Salomon roi d'Israël, Hiram roi de Tyr et Hiram Abif.

D.  Par quoi les représentez-vous ?

R. Par les trois grandes colonnes, Sagesse, Force et Beauté.

D.  Pourquoi la Sagesse à Salomon ?

R. Parce qu'il reçut ce don de Dieu à Gabaon et qu'il le mani¬festa en Lui élevant un Temple magnifique.

D. Pourquoi la Force à Hiram roi de Tyr ?

R. Parce qu'il fournit à Salomon le bois de cèdre du Liban pour la construction du Temple.

D. Pourquoi la Beauté à Hiram Abif ?

R. Parce qu'il fut l'architecte du Temple et qu'il en dessina tous les ornements.

D. Comment avez-vous été reçu Maître ?

R. En passant de l'Equerre au Compas.

D. Si un Maître se trouve en danger que doit-il faire ?

R. Le signe de détresse et dire : "A moi les Enfants de la Veuve".

D. Donnez-le moi.

R. (On le donne).

On joint les deux mains devant soi, les doigts entrelacés, et on les porte renversées au-dessus de la tête et l'on dit : "A moi les Enfants de la Veuve '. ".

D. Pourquoi dit-on les Enfants de la Veuve ?

R. Parce qu1Hiram était fils d'une veuve de la tribu de Nephtali et que les Maçons, se considérant comme ses Frères, sont aussi Enfants de la Veuve.

D. Comment se fait le signe de détresse en Angleterre ?

R. (On le donne).

On passe la main droite horizontalement contre le front, du côté droit au côté gauche, la main étdue, paume vers l'extérieur, les doigts vers le haut, le pouce en équerre et en la laissant retomber verticalement après le sourcil gauche, décrivant ainsi une équerre.

D.  Comment se fait-il en Ecosse, en Irlande et aux Etats-Unis d'Amérique ?

R. (On le donne).

On lève les bras au-dessus de la tête, verticaux et parallèles, les mains ne se touchant pas, les paumes tournées vers le ciel. Puis on laisse redescendre simultanément les bras en trois temps à hauteur des épaules, à mi-corps, erfin le long du corps, en disant à chaque fois :

1) 0 Lord my God

2) 0 Lord my God

3) 0 Lord my God, is there no help for the widow's son ? (0 Soigneur mon Dieu, ô Seigneur mon Dieu, ô Seigneur mon Dieu, n'y a-t-il pas de secours pour l'enfant de la Veuve ?).

D.  Si un Maître Maçon était perdu, où le retrouveriez-vous ?

R. Entre l'Equerre et le Compas.

D.  D'où veniez-vous ?

R. De l'Est.

D.  Où alliez-vous ?

R. A l'Ouest.

D.  Pourquoi cela ?

R. Pour chercher ce qui était perdu et qui est maintenant retrouvé.

D.  Qu'est-ce qui était perdu et qui est maintenant retrouvé ?

R. La Parole de Maître.

D.  Comment avait-elle été perdue ?

R. Par trois grands coups, ou la mort de notre Respectable Maître Hiram.

D.  Où allez-vous désormais ?

R. Sur toute la surface de la terre.

D. Pourquoi ?

R. Pour répandre la lumière et rassembler ce qui est épars.

D. Combien y a-t-il de lumières dans la Loge de Maîtres ?

R. Neuf, trois par grand chandelier.

D.  Que signifient-elles ?

R. Elles explicitent la signification trinitaire des lumières des deux premiers grades en rappelant que chaque Personne de la Trinité contient les deux autres.

D. N'ont-elles pas encore une autre signification ?

R. Si, une signification particulière en relation avec les circonstances de l'Elévation.

TROISIEME PARTIE : LES CIRCONSTANCES DE L'ELEVATION

D. Qu'a-t-on exigé de vous pour être élevé Maître ?

R. D'avoir présenté en Loge mes impressions de Passage et un travail sur un sujet donné par le Très Vénérable, ainsi que de prouver que je connaissais parfaitement les quatre parties de l'Instruction du deuxième grade et la Salutation rituelle.

D. Où avez-vous été conduit avant votre Elévation ?

R. Dans un lieu retiré pour être préparé.

D. Qui était avec vous dans ce lieu ?

R. Un Préparateur.

D. Comment vous a-t-il préparé ?

R. En s'assurant que j'avais bien compris la signification du deuxième grade et la nécessité d'y reprendre conscience des origines opératives de la Franc-Maçonnerie.

D. Que vous a-t-il dit encore ?

R. Que j'allais devenir à mon tour responsable du destin de la Franc-Maçonnerie ainsi que de la transmission de ses enseignements et qu'il espérait que je me montrerais digne de cet honneur.

D. Que vous a-t-il demandé enfin ?

R. De répondre par écrit à cinq questions.

D. Où vous a-t-on conduit ensuite ?

R. A la porte de la Loge de Maîtres.

D. Comment vous êtes-vous annoncé ?

R. Par la batterie de Compagnon.

D. Qu'a-t-on demandé ?

R. Qui frappe ?

D. Qu'a-t-on répondu ?

R. C'est un Compagnon qui désire d'être reçu Maître.

D. Qu'a-t-on demandé à nouveau ?

R. A-t-il travaillé, a-t-il fait son temps, croit-il que ses Maîtres sont contents de lui ?

D. Qu'a-t-on répondu ?

R. Que j'avais travaillé à la construction du Temple, que j'a¬vais fait mon temps, que je croyais que mes Maîtres étaient contents de moi.

D. Qu'a-t-on demandé enfin ?

R. Est-il bien disposé à subir les épreuves de ce grade et à contracter de nouveaux devoirs ?

D. Qu'a-t-on répondu ?

R. Que j'y étais bien disposé.

D. Qu'avez-vous fait lorsque vous avez été admis ?

R. J'ai fait les trois pas de Compagnon et j'ai salué le Très Respectable du signe de mon grade.

D. Que vous a dit ce dernier ?

R. Mon Frère N... votre admission dans cette Loge de Maîtres vous laisse espérer que votre demande d'augmentation de salaire suit un cours favorable. Persistez-vous donc à vouloir accéder à la Maîtrise, dernier grade de la Maçonnerie symbolique ?

D. Qu'avez-vous répondu ?

R. Que je persistais.

D. Que fit alors le Premier Surveillant ?

R. Il m'a présenté au Très Respectable. Puis, après avoir prié le Frère Premier Expert de l'assister, il m'a fait mettre les pieds en équerre, face à l'Est, en bas et au milieu du tableau et fait montrer comment marcher par trois grands pas de l'Occident à l'Orient en partant du pied droit.

D. Comment marchent les Maîtres ?

R. Comme les Compagnons mais en tenant le genou gauche, puis le genou droit levé en équerre.

D. Pourquoi met-on l'épée à la main lorsqu'on reçoit des Obligations de Maître ?

R. C'est pour écarter les Compagnons, les Apprentis, les manoeuvres et les indiscrets.

D. Que vous dit-on lorsque vous êtes arrivé à l'Orient ?

R. Le Frère Orateur m'a averti que les Obligations de Maître comportaient comme aux deux grades précédents une Obligation fondamentale et une Obligation complémentaire mais que cette dernière énonçait des points plus nombreux et plus importants encore.

D. De quoi vous donna ensuite connaissance le Frère Orateur ?

R. Des formules de l'Obligation fondamentale et de l'Obligation complémentaire de Maître.

D. Qu'avez-vous fait ensuite ?

R. J'ai prêté ces Obligations de Maître Maçon.

D. Que vous dit le Maître après ces Obligations ?

R. Afin de sceller définitivement ces Obligations baisez l'E-vangile, ce que je fis.

D. Qu'advint-il après cela ?

R. Le Deuxième Expert me conduisit hors de la Loge et m'enseigna les points de mon Elévation.

D. Par qui avez-vous été reçu à votre retour ?

R. Par le Deuxième Surveillant.

D. Comment ?

R. Comme un Compagnon suspect, l'épée sur le coeur. Comment êtes-vous entré en Loge de Maîtres ? A reculons.

D. Qu'avez-vous vu et entendu en entrant en Loge de Maîtres ?

R. Je n'ai vu qu'un lieu sombre et je n'ai entendu que pleurs et gémissements.

D. Que vous a dit le Très Respectable ?

R. Que nous avions perdu notre Respectable Maître Hiram assas¬siné par la perfidie de trois Compagnons et que le Temple n'avait plus d'Architecte.

D. De quoi vous a-t-il accusé ?

R. D'être le complice de ce crime affreux, peut-être même l'un de ses infâmes auteurs.

D. Qu'avez-vous répondu ?

R. Que j'étais innocent.

D. Qu'a dit le Très Respectable ?

R. Que sans son aveu aucun crime ne peut être pardonné. Qu'a-t-il ordonné ?

D. Que l'on me fasse faire le premier voyage. Comment l'avez-vous fait ?

R. Par le Midi, l'épée sur le coeur et le dos toujours tourné au centre de la Loge.

D. Que vous a demandé le Très Respectable après ce premier voyage ?

R. Si j'étais maintenant disposé à avouer.

D. L'avez-vous fait ?

R. Non, puisque j'étais innocent.

D. Qu'a ordonné ensuite le Très Respectable ?

R. Que l'on me fasse faire le deuxième voyage.

D. Qu'a-t-on fait après cela ?

R. On m'a fait retourner afin que je mesure toute l'horreur de ce crime.

D. Qu'avez-vous vu ?

R. Le corps de notre Respectable Maître Hiram allongé sur le sol, la main droite sur le coeur recouverte de son tablier relevé, le bras gauche étendu le long du corps, la jambe gau che allongée et le genou droit relevé en équerre. Un linge taché de sang lui cachait le visage et il portait encore son insigne de Troisième Grand Maître.

D. Qu'avez-vous vu aussi ?

R. Une branche d'acacia.

D. Qu'avez-vous vu encore ?

R. Neuf Maîtres, en costume de deuil, veillant le corps, qui ont tourné leur épée et leur regard vers moi.

D. Qu'a ordonné à ce moment le Très Respectable ?

R. Que l'on me fasse faire le troisième voyage.

D. Qu'a dit le Très Respectable après ce troisième voyage ?

R. Il m'a demandé si je n'avais pas déjà essayé d'obtenir par la violence les secrets de la Maîtrise. Il m'a dit que ma démarche et mon désir d'obtenir ce grade augmentaient forte ment les soupçons et qu'il était maintenant convaincu que j'avais trempé dans l'assassinat de notre Maître.

D. Qu'a-t-il ordonné au Premier Expert ?

R. De m'arracher mon tablier que je n'étais plus digne de por¬ter, de m'entraîner et de m'interroger afin que j'avoue mon forfait et que je dénonce mes complices.

D. Que vous a demandé le Premier Expert ?

R. Si je n'étais pas il y a neuf jours à midi dans le Temple ; si je n'avais pas, pour obtenir de lui les secrets de la Maîtrise, frappé notre Maître d'un coup de levier, d'un coup de jauge ou d'un coup de fort maillet ; si je n'avais pas ensuite dissimulé son corps dans l'espoir vain qu'un tel crime puisse rester impuni.

D. Qu'avez-vous répondu ?

R. Que j'étais innocent.

D. Que vous a-t-il demandé comme preuve de votre sincérité ?

R. Ma parole d'homme et ma foi de Maçon.

D. Qu'avez-vous donné en outre au Très Respectable ?

R. Ce signe qui rappelle mes Obligations.

Il donne le signe de Compagnon.

D. Qu'a répondu le Très Respectable ?

R. Compagnon, la parole d'un Maçon est sacrée parmi nous et

nous lui accordons une confiance entière. Que la honte soit sur vous si vous veniez un jour à nous abuser. Ne soyez pas surpris de nos soupçons. Je vous l'ai dit, depuis la mort de notre Respectable Maître Hiram, tous les Compagnons nous sont devenus suspects.

D. Que vous a demandé le Très Respectable ?

R. Si je persistais dans mon désir de recevoir les secrets du grade de Maître.

D. Qu'avez-vous répondu ?

R. Que je persistais.

D. Que vous a annoncé le Très Respectable ?

R. Qu'après l'épreuve morale que je venais de subir et qui

n'était qu'un faible emblème de celles que le sort peut nous réserver, j'allais maintenant connaître les circonstan¬ces exactes de la mort de notre Respectable Maître Hiram ainsi que celles de la découverte de son corps.

D. Qu'a-t-il ordonné ?

R. Que l'on me place les pieds en double équerre contre l'Equerre tracée en bas du tableau, puis il a commencé le récit traditionnel.

D. Donnez-moi le début de ce récit traditionnel. Quelle fut la part de David dans le projet d'élever un Temple à Jérusalem ?

R. David, qui venait d'être reconnu roi par toutes les tribus

d'Israël, inaugura son règne en prenant Jérusalem qui était encore tenue par les Jébuséens. Il en fit sa capitale et celle d'Israël. Il y fit transporter l'Arche d'Alliance qui était restée à Cariathiarim chez le lévite Abinadab et l'installa sur la montagne de Sion . Il conçut aussi le projet de bâtir à Jérusalem un temple à YaHWeH pour remplacer le Tabernacle qui était, lui, demeuré à Gabaon . Mais le prophète Nathan lui dit de la part de YaHWeH que l'exécution de cette oeuvre sainte serait réservée à son fils car il avait trop versé le sang de ses ennemis.

A la fin de sa vie, David, sur l'ordre de YaHWeH, acheta l'aire d'Oman le Jébuséen sur le mont Moriah pour y offrir un sacrifice. C'était en ce lieu, selon la tradition, qu'Abraham avait amené son fils Isaac pour l'immoler. David y éleva un autel et voyant que cet endroit était agréable à YaHWeH, il décida de le choisir pour y bâtir le Temple.

Il réunit les trésors et les ressources nécessaires à ce projet. Il accumula l'or, l'argent, l'airain et le fer. Il ordonna aux Chefs d'Israël de seconder l'entreprise de tout leur pouvoir. Il remit enfin à son fils Salomon, d'après les indications de YaHWeH, des plans et des dessins de tout ce qui devait être exécuté.

D. Quelle fut la part de Salomon ?

R. Salomon, dès qu'il fut monté sur le trône, mit en oeuvre

les plans de David. Il écrivit à Hiram, roi de Tyr, qui était l'ami et l'allié de son père, pour le prier de lui fournir des cèdres du Liban. Hiram, roi de Tyr, accepta volontiers et lui envoya de plus un homme habile et intel¬ligent, fils d'un bronzier tyrien et d'une veuve de la tri¬bu de Nephtali, qui se nommait Hiram comme lui. Il excellait dans l'art de son père et dans beaucoup d'autres en¬core. Il était aussi appelé Abif ce qui, selon certains, signifie "le Maître" et Salomon le choisit pour être, après lui et le roi Hiram, le chef de tous les travaux du Temple.

Salomon s'occupa aussi de réunir les ouvriers nécessaires pour augmenter le nombre de ceux que son père avait déjà rassemblés.

D. Combien y eut-il d'ouvriers occupés à la construction du Temple ?

R. Il y eut trente mille hommes de corvée dont dix mille étaient

envoyés à tour de rôle un mois au Liban sous la direction d'Adonhiram pour couper les cèdres d'Hiram, roi de Tyr. Il y eut aussi soixante-dix mille porteurs qui amenaient à Jérusalem les bois flottés par mer jusqu'à Joppé.

Il y avait enfin quatre-vingt-mille Maçons qui travaillaient sous la conduite de trois mille trois cents Surveillants , soit en tout 183.300 hommes occupés à construire le Temple de YaHWeH.

D. Que fit Hiram Abif ?

R. Hiram Abif partagea'les quatre-vingt mille Maçons en trois classes, les Apprentis, les Compagnons et les Maîtres, qui travaillaient tous sous la direction des 3.300 Surveillants. A chaque classe il fit prêter serment et donna des signes, des poignées de main ou attouchements et des mots afin que chacun ne puisse jamais toucher que le salaire auquel lui donnait droit ses connaissances et son zèle. Cette organi¬sation eut d'heureux résultats. Elle empêcha toute fraude et fit régner dans les travaux l'ordre et la tranquillité.

D. Qu'advint-il ?

R. Trois Compagnons voyant que les travaux du Temple appro¬chaient de leur fin et qu'ils n'avaient toujours pas été admis au nombre des Maîtres, poussés par la jalousie et la cupidité, formèrent le dessein d'obtenir par surprise les signes, poignées de main ou attouchements et mots des Maîtres .

Ils avaient remarqué qu'Hiram allait tous les jours à midi pendant le repos des ouvriers visiter les travaux du Temple et adresser à YaHWeH une prière pour leur heureux achèvement. Résolus à user de la violence s'il le fallait, ils se postèrent à l'intérieur, à trois des quatre portes alors en usage pour les ouvriers et qui étaient les seuls accès au Temple.

L'un à la porte du Sud s'arma d'un levier, l'autre à la porte du Nord d'une jauge et le troisième à la porte de l'Est d'un fort maillet.

Hiram, entré dans le Temple par la porte de l'Ouest, dirigea ses pas vers la porte du Sud.

D. Qu'avez-vous fait à ce moment ?

R. le premier pas de Maître au Midi,

D. Continuez le récit.

R. Notre Maître trouva à la porte du Sud un des trois scélérats qui lui dit sa détermination d'obtenir enfin les signes, poignées de main ou attouchements et mots de la Maîtrise et le menaça de le tuer s'il refusait. Hiram répondit : "Malheureux, que fais-tu ? Je ne les ai jamais communiqués ainsi. Je veux bien oublier tes paroles et tu peux être certain que tu obtiendras ces secrets dès que tu les mériteras." Ce misérable, à l'instant, veut lui porter à la tête un coup violent du levier qu'il tient. Mais Hiram fit un mouve¬ment pour parer le coup qui le détourna et il ne fut atteint qu'à l'épaule.

D. Qu'avez-vous fait ?

R. Le deuxième pas de Maître au Septentrion. Qu'avez-vous reçu à cet instant ? Un coup de levier sur l'épaule droite.

D. Que fit Hiram ?

R. Il chercha son salut dans la fuite et tenta de s'échapper par la porte du Nord. Mais il y trouva le deuxième scélérat qui lui fit la même demande. Hiram lui répondit avec autant de fermeté et de mansuétude et tenta à nouveau de fuir. Ce forcené, désespéré, le poursuivit et lui asséna un grand coup de jauge sur la nuque.

D. Qu'avez-vous fait ?

R. Le troisième pas de Maître vers l'Orient.

D. Qu'avez-vous reçu ?

R. Un coup de jauge sur la nuque.

D. Comment étaient disposés v«n pieds après ce troisième pas ?

R. En double équerre contre les branches du Compas ouvert à 90°.

D. Où alla Hiram ?

R. Titubant et perdant son sang, il courut vers la porte de l'Est. Le troisième scélérat lui barra le passage et lui demanda pour la dernière fois les signes, poignées de main ou attouchements et mots de la Maîtrise, "Jamais, lui répon dit Hiram, tu ne les obtiendras de moi ainsi. Je préfère la mort". "Eh bien, meurs", dit ce forcené et, d'un grand coup de fort maillet au front, il 1'étendit mort à ses pieds.

D. Que vous advint-il ?

R. J'ai reçu un coup de fort maillet au front et j'ai été étendu sur le sol à la place de notre Respectable Maître Hiram.

D. Comment étiez-vous étendu ?

R. Comme Hiram lui-même, la main droite sur le coeur,au signe pectoral?recouverte de mon tablier relevé, le bras gaucho étendu le long du corpss la jambe gauche allongée et le genou droit relevé en équerre. Un linge taché de sang me cachait le visage et je portais l'insigne de Troisième Grand Maître,

D. Que dit le Très Respectable ?

R. Vénérables Frères, depuis sept jours comme vous le savez, notre Respectable Maître Hiram a disparu. Le roi Salomon, après le dénombrement général des Maçons qu'il a ordonné, a appris que trois Compagnons étaient manquants. Il redoute le pire. Il a mandé neuf d'entre nous, nous a constitués en trois Loges de Maîtres, et nous a ordonné d'aller aussitôt à la recherche de notre Respectable Maître Hiram en partant des travaux du Temple,

D. Par quoi sont représentés dans la Loge les neuf Maîtres constitués en trois Loges de Maîtres?

R. Par les neuf lumières des trois grands chandeliers.

D. Combien leurs recherches demandèrent-elles de voyages ?

R. Six, ce qui avec les trois que j'avais accomplis, porte le nombre des voyages du grade à neuf.

D. Quand fut-il retrouvé ?

R. A la fin du neuvième voyage.

D. Quel fut l'indice qui le permit ?

R. A la nuit tombante au sommet d'une colline, le chef de la deuxième Loge de Maîtres, accablé de fatigue, prit appui pour s'asseoir à un petit arbuste. Mais son poids l'ayant aussitôt fait céder, il s'aperçut que cet arbuste se trou¬vait à la limite d'un endroit où la terre avait été fraîche¬ment remuée sur une surface qui correspondait à celle d'une fosse.

D. Que firent alors les Maîtres ?

R. Ils creusèrent rapidement et aperçurent un corps. Ne doutant pas que ce ne fût celui de notre Respectable Maître Hiram ils refermèrent la tombe et, pour retrouver l'endroit, plan¬tèrent au pied une branche d'acacia. Ils retournèrent porter cette nouvelle au roi Salomon qui leur ordonna d'aller au plus vite rouvrir cette fosse et s'il s'agissait bien de celle de notre Respectable Maître Hiram, comme tout le laissait présumer, d'élever son corps et de le lui ramener.

D. Quand les neuf Maîtres repartirent-ils ?

R. Le lendemain matin à l'aube. C'était le neuvième jour de la disparition d'Hiram.

D. Comment la parole fut-elle retrouvée ?

R. Craignant que les trois Compagnons portés manquants n'aient réussi à obtenir par la violence les secrets de la Maîtrise, ou qu'ils ne se soient emparés d'un triangle d'or sur le¬quel la parole était gravée et qu'Hiram portait toujours caché sur lui, les neuf Maîtres convinrent que le premier signe qu'ils feraient et la première parole qu'ils pronon¬ceraient en exhumant le corps seraient substitués aux an¬ciens dont on ne pouvait plus être sûrs.

D. Comment avez-vous été élevé ?

R. Comme Hiram lui-même.

D. Rapportez-le-moi.

R. Le chef de la troisième Loge, c'est-à-dire le Deuxième Surveillant, voulut relever notre Respectable Maître par la poignée de main ou attouchement d'Apprenti, mais la chair quitta les os et cette poignée de main glissa.

Le chef de la deuxième Loge, c'est-à-dire le Premier Surveillant, fit de même avec la poignée de main ou attouchement de Compagnon mais la chair quitta encore les os et cette poignée de main glissa pareillement.

Le chef de la première Loge, c'est-à-dire le Très Respectable, descendit alors dans la fosse, prit le poignet droit de no¬tre Respectable Maître Hiram en l'enserrant solidement, de chaque côté, de son index et de son annulaire recourbés, l'ongle du médius planté dans la chair et l'ongle du pouce planté lui aussi entre le pouce et l'index. Aidé des deux Maîtres qui n'avaient pas réussi dans leur tentative, il éleva notre Maître par les cinq points du compagnonnage : pied à pied, genou à genou, main à main, coeur à coeur et main au dos.

D. Qu'avez-vous reçu après avoir été élevé ?

R. Les nouveaux secrets de la Maîtrise, c'est-à-dire le signe et la parole.

D. Que vous a-t-on enseigné ensuite ?

R. Le signe de détresse.

D. Que vous a-t-on remis après cela ?

R. Le tablier de Maître, de peau blanche, bordé de bleu couleur du ciel, le cordon de Maître, bleu également, portant attaché à une rosette rouge le bijou de Maître, mon épée et mon chapeau dont je dois être couvert en Loge de Maîtres.

D. Quelle est la forme du bijou de Maître ?

R. Une équerre et un compas ouvert à 90°, entrecroisés, for¬mant ainsi la double équerre.

D. Que fit à ce moment le Frère Orateur ?

R. Il m'a donné connaissance de la suite du récit traditionnel.

D. Qu'avaient donc fait du corps d'Hiram les trois misérables Compagnons après leur crime ?

R. En prenant grand soin de ne pas être vus, ils avaient em¬porté rapidement le corps d'Hiram par la porte de l'Ouest et l'avaient dissimulé sous un amas de rebuts. Après s'être cachés tout le reste du jour, à minuit, dans la nuit obscure ils se retrouvèrent, dégagèrent le corps et le transportèrent jusqu'au sommet d'une colline où ils l'ensevelirent dans une fosse creusée à la hâte. Puis ils prirent la fuite.

D. Quelle faveur le roi Salomon accorda-t-il à ses Maçons à leur retour ?

R. En attendant les funéraill-s qu'il ferait à son Architecte, il leur accorda de veiller notre Respectable Maître Hiram dans celle de leurs Loges qui était la plus proche du Temple.

D. Que fit-il encore ?

R. Il confirma le signe que les Maîtres avaient fait et la pa¬role qu'ils avaient prononcée devant le corps, décida qu'ils seraient le signe et la parole de Maître. Les cinq points du compagnonnage, déjà en usage auparavant pour les Compagnons, ayant servi à relever le corps d'Hiram, furent désormais réservés aux Maîtres. C'est dans cette posture que se donne la parole de substitution.

D. Qui frappa à midi, ce même jour, à la porte de la Loge de Maîtres ?

R. Un Compagnon qui demanda à recevoir les secrets de la Maîtrise .

D. Quel accueil lui fut-il réservé ?

R. Cette démarche à ce moment parut surprenante et la première pensée des Maîtres, aveuglés par la douleur, fut qu'un des criminels, poussant l'audace ou l'inconscience à un degré inconcevable, cherchait à recevoir ainsi ce qu'il n'avait pu obtenir par la violence. On se saisit de lui, on lui plaça l'épée sur le coeur et on l'interrogea. On lui montra enfin le corps et son émoi parut sincère. On dut convenir que ce Compagnon était innocent et que, préoccupé de son seul travail, il était resté à l'écart du trouble et de l'agita¬tion générale. Comme ses connaissances étaient satisfaisantes on décida de lui communiquer sur le champ les nouveaux se¬crets de la Maîtrise et de l'élever au troisième grade.

D. Qu'advint-il après cela ?

R. Le roi Salomon fit faire à notre Respectable Maître Hiram de grandioses funérailles auxquelles assistèrent tous les Maçons et tous les Surveillants en tablier et en gants de peau blanche afin de témoigner qu'ils n'étaient pas souillés du sang de ce crime.

D. Que fit ensuite le roi Salomon ?

R. Il fit déposer les restes de notre Respectable Maître Hiram dans un tombeau de marbre bleu de trois pieds de large, de cinq de profondeur et de sept de long, élevé aussi près du Temple que la loi israélite le permettait. Il fit placer sur ce tombeau un triangle de l'or le plus pur, sous lequel étaient gravées deux branches d'acacia en sautoir, et qui éclairait ce tombeau d'une lumière extraordinaire.

D. Ayant ainsi rendu à son Architecte des devoirs dignes de ses talents et de son courage, de quoi s'occupa le roi Salomon ?

R. De faire rechercher les coupables afin de les châtier comme ils le méritaient.

D. Décrivez-moi le tableau de la Loge de réception de Maîtres ?

R. C'est un grand tapis noir qui porte en blanc, une bordure, des larmes, et la forme d'un cercueil ou d'un corps.

D. Qu'y a-t-il dans cette forme ?

R. Une tête de mort et deux os en sautoir, une branche d'acacia et l'ancienne parole de Maître, JéHoVaH.

D. Qu'a fait ensuite le Premier Expert ?

R. Il acheva mon instruction.

D. Qu'a fait alors le Très Respectable ?

R. Il m'a reçu Maître Maçon.

D. Où vous pria de vous rendre après cela le Très Respectable?

R. A l'Occident afin de me faire reconnaître par les Frères Deuxième et Premier Surveillants.

D. Qu'avez-vous communiqué au Deuxième Surveillant ?

R. Le signe.

D. Qu'avez-vous donné au Premier Surveillant ?

R. Les cinq points du compagnonnage et la parole de Maître.

D. Où fûtes-vous placé ensuite ?

R. Entre les colonnes et le Très Respectable invita les Frères à applaudir à mon Elévation.

D. Qu'avez-vous demandé ?

R. J'ai demandé et obtenu la faveur de tirer ma première batterie de Maître en l'honneur de la Respectable Loge qui venait de m'élever à ce grade.

D. Où vous a-t-on placé enfin ?

R. A la place de mon choix puisque mon devoir est désormais de veiller sur tous les ouvriers.

QUATRIEME PARTIE : LE TUILAGE ; LES POINTS DE L'ELEVATION.

D. A quoi connaîtrai-je que vous êtes Maître ?

R. A mon signe, aux points de mon Elévation, aux cinq points du Compagnonnage et à la parole de Maître.

D. Donnez-moi les points de votre Elévation.

R. (On les donne).

On frappe oo - o - oooo à la porte de la Loge;

on se tient à l'ordre du troisième grade, les pieds en équerre comme au grade précédent ; on fait les trois pas de Maître en partant du pied droit et en tenant bien le genou levé en équerre ; on s'incline devant le Très Respectable on se relève, on fait le signe et on reste à la position de repos.

On dit :

Me voici, moi, le plus jeune et le dernier Maître élevé, qui ai prêté et renouvelé mes Obligations devant le Grand Architecte de l'Univers, qui est Dieu, et sur l'Evangile de Saint Jean.

D. Donnez-moi le premier point de votre Elévation.

R. Je garde, je cache.

D. Que cachez-vous ?

R. Tous les secrets ou mystères d'un Maître sous un châtiment

qui ne saurait être moindre que d'avoir le corps coupé en deux, une moitié jetée au Sud, l'autre au Nord, mes entrail¬les réduites en cendres et ces cendres dispersées par les quatre vents du ciel afin qu'il ne reste parmi les hommes et particulièrement parmi les Maçons ni trace ni souvenir d'un être aussi méprisable, ce qui est le deuxième point.

D. A qui les cachez-vous ?

R. A tout Compagnon, à tout Apprenti ou à toute personne étrangère à la Franc-Maçonnerie, sauf à un Maître que j'aurai reconnu pour tel après un examen rigoureux ou dans le sein d'une Loge de Maîtres régulièrement assemblée.

D. Donnez-moi les autres points de votre Elévation.

R. J'ai promis de même, ma vie durant, d'aider mes Frères dans le besoin, de les secourir du mieux que je le pourrai sans pour autant compromettre mes propres intérêts ou ceux de mes proches ;

de garder tous les secrets qu'ils me confieront comme les miens propres à l'exception formelle toutefois du meurtre, de la trahison et de tout autre crime contraire aux lois de l'Etat;

d'être sévère avec moi-même et indulgent envers les autres;

de défendre l'honneur d'un Maître Maçon comme le mien propre, de ne pas lui porter moi-même atteinte et de ne pas permettre que d'autres 13 fassent, s'il est en mon pouvoir de l'empêcher ;

de respecter pareillement l'honneur ou la chasteté de sa femme, de sa fille et de tous ses proches.

J'ai promis de même, pour aussi longtemps que durera mon appartenante, de me conduire en Maître Maçon loyal et sincère, de répondre à tous appels et toutes convocations qui me seront adressés par les Officiers mandatés à cet effet lorsque je serai dans la distance de mon câble de halage et de n'user d'aucune excuse sinon grave et impérieuse.

Je me suis engagé à contribuer activement à la bonne marche de la Loge et de la Fédération, à remplir avec conscience toutes les missions et tous les offices, quels qu'ils soient, qui me seront confiés et que j'aurai acceptés.

J'ai déclaré enfin que je m'efforcerai sans cesse de faire des progrès dans la connaissance, la compréhension et la pratique du Rite Français et de toute la Maçonnerie en géné¬ral, que j'instruirai les Apprentis et les Compagnons avec sollicitude et que je donnerai en tout temps en Maçonnerie l'exemple d'un esprit véritablement traditionnel et universel,

D. Comment se nomme le signe de Maître ?

R. Le signe d'Horreur,

D. Pourquoi ?

R. Parce qu'il rappelle l'horreur dont les neuf Maîtres furent saisis lorsqu'ils aperçurent le corps de notre Respectable Maître Hiram.

D. A l'ordre, mon Frère.

R. (On le fait).

D. Donnez-moi le signe.

R. (On le donne).

D. Que demande-t-il ?

R. Les cinq points du compagnonnage.

D. Quels sont les cinq points du compagnonnage ?

R. Pied à pied, genou à genou, main à main, coeur à coeur et main au dos.

D. Comment les appelle-t-on aussi en France ?

R. Les cinq points parfaits de la Maîtrise.

D. Pourquoi ?

R. Parce qu'ils ne sont maintenant plus connus que des Maîtres et qu'ils rappellent la façon dont le corps d'Hiram a été élevé.

D. De quoi les Compagnons les faisaient-ils précéder ?

R. De la marche de Compagnon exécutée face à face.

D. Quelle est la poignée de main ou attouchement ?

R. Le troisième de ces points.

D. Que signifient ces cinq points du Compagnonnage ?

R. Pied à pied, nous devons toujours être prêts à nous détour

ner de notre chemin pour partir au secours de nos Frères s'ils sont en danger ;

Genou à genou, nous devons sans cesse nous humilier devant le Grand Architecte de l'Univers, qui est Dieu ;

Main à main, nous devons assister nos Frères dans la mesure de nos possibilités lorsqu'ils sont dans le besoin.

Coeur à coeur, nous devons conserver tous les secrets que nos Frères nous confient comme les nôtres propres.

Main au dos nous devons à nos Frères les conseils dictés par la Sagesse et la Charité.

D. Que donnez-vous dans cette posture ?

R. La parole de Maître.

D. Que signifie-t-elle ?

R. En hébreu, une forme très proche signifie :"l'architecte a été frappé"; en gaélique, langue des Ecossais, ce mot a pour sens : "le fils béni".

D. Donnez-la moi.

R. Les deux Frères, l'interrogé puis l'interrogateur, font successivement les pas de Compagnon, assez petits ; l'interrogé donne ensuite les cinq points du Compagnonnage, puis la parole, à l'oreille droite : MAC à l'oreille gauche : BéNAC.

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