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24 février 2010 3 24 /02 /février /2010 14:01

AVERTISSEMENT

Le Rite Français Traditionnel est la synthèse d'une tradition continue passée d'Angleterre en France vers 1725. On possède de nombreux textes pour suivre l'évolution de cette tradition, soit en Angleterre de 1696 à 1760 environ, soit en France de 1738 au XIXe siècle.

Cette tradition, si l'on excepte le changement de milieu social (des maçons opératifs aux aristocrates anglais et français) et de langue, ce qui a été à l'origine d'erreurs de traduction, n'a connu aucune rupture.

Elle a toutefois suivi en France au XVTIIe siècle un double pro¬cessus : altération du contenu ancien, enrichissement par des apports nouveaux.

Au XIXe siècle elle a conservé la regrettable inversion des mots sacrés que l'Angleterre avait définitivement rejetée dès 1809  et elle s'est engagée dans une déviation incontestable qui devait parvenir à son point culminant en 1877 et amener un schisme douloureux dans la Maçon¬nerie universelle.

Le Rite Français Traditionnel :

1) fait la synthèse des apports anglais anciens et des enrichissements élaborés en France avant 1820-1830 ;

2) s'aligne sur les usages symboliques universels ;

3) maintient et affirme le contenu initiatique et spirituel de la Maçon¬nerie française du XVTIIe et du début du XIXe siècle.

Il a été désigné dans un premier temps par l'appellation de "Rite Moderne Français Rétabli", qui faisait référence à la Grande Loge des "Modernes" de 1717. Mais lorsqu'est mieux apparue l'importance pour ce rite des documents opératifs écossais et anglais antérieurs à 1717, le nom plus large de "Rite Français Traditionnel" a été préféré.

Ce rite ne représente pas la transmission passive de ce que la Maçonnerie française a véhiculé de meilleur et de pire, mais une volonté systématique de compréhension approfondie, d'harmonisation, de construction et d'universalisme.

Il ne s'agit donc pas d'une restitution de type archéologique ou folklorique, mais de la manifestation d'un désir profond de mettre au service des hommes et des Maçons de notre siècle un outil traditionnel irréprochable et de hâter, par des voies excluant toute abdication et toute humiliation, le retour de la Maçonnerie française dans le sein de la Maçonnerie universelle.

1955 - 1970 René Désaguliers.

PREMIERE PARTIE : LES DEMANDES D'APPROCHE.

D. 1 Pleut-il ?

R. Selon la circonstance : oui, non, j'espère que non,

D. 2 Comment souffle le vent ?

R. Plein Est et Ouest.

D. 3 A quoi sert le jour ?

R. A voir.

D. 4 A voir quoi ?

R. Les signes.

D. 5 Que sont les signes ?

R. Toutes équerres sont des signes.

D. 6 Que sont certaines équerres ?

R. Tous niveaux suivis de toutes perpendiculaires.

D. 7 A quoi sert la nuit ?

R. A recevoir et à entendre.

D. 8 A recevoir quoi ?

R. Les attouchements.

D. 9 Que sont les attouchements ?

R. Certaines poignées de main régulières et fraternelles.

D. 10 A entendre quoi ?

R. Les mots.

D. 11 Comment voyagez-vous ?

R. De l'Ouest à l'Est.

D. 12 Pourquoi ?

R. Pour aller chercher la lumière.

D. 13 Avez-vous vu votre maître aujourd'hui ?

R. Oui.

D. 14 Comment était-il vêtu ?

R. D'une veste jaune et d'une culotte bleue.

D. 15 Quelle heure est-il ?

R. Midi.

D. 16 Quel âge avez-vous ?

R. Trois ans.

D. 17 Avec quels outils travaillez-vous ?

R. Avec le Maillet, le Ciseau et la Jauge.

D. 18 A quoi travaillez-vous ?

R. A dégrossir la Pierre brute.

D. 19 Avez vous été payé ?

R. Je suis content.

D. 20 Que signifie le mot de passe ?

R. C'est le nom de celui des fils de Lamekh qui inventa l'art de travailler les métaux.

D. 21 Donnez-le-moi.

R. Tubalcaïn.

Fin des demandes d'approche.

DEUXIEME PARTIE : LES DEMANDES SYMBOLIQUES.

1) La Loge juste et parfaite.

D, 1 Etes-vous Maçon ?

R. Les Frères et les Compagnons me reconnaissent pour tel.

D. 2 Qu'est-ce qu'un Maçon ?

R. Un homme libre engendré par un homme, né d'une femme, frère d'un roi, ami d'un prince ou d'un gueux s'ils sont vertueux,

D. 3 Depuis quand êtes-vous Maçon ?

R. Depuis que j'ai reçu la lumière.

D. 4 Où avez-vous été reçu Maçon ?

R. Dans une Loge juste et parfaite.

D. 5 Qui est Maître d'une Loge juste et parfaite ?

R. Dieu et l'Equerre.

D. 6 Qu'est-ce qui fait une Loge juste et parfaite ?

R. Trois forment une Loge simple, cinq composent une Loge juste et sept rendent une Loge juste et parfaite. A savoir : le Vénérable et les deux Surveillants qui gouvernent la Loge, deux Compagnons et deux Apprentis.

D. 7 Où se tenaient les Loges des anciens Maçons ?

R. Sur la plus haute colline ou dans la vallée la plus profonde, là où on n'entend ni un chien aboyer ni un coq chanter.

D. 8 En souvenir de cela, quelle est la hauteur de la Loge ?

R. Des pieds, des toises et des coudées sans nombre.

D. 9 De quoi est-elle couverte ?

R. D'un dais d'azur parsemé d'étoiles.

D. 10 Qui la soutient ?

R. Trois grandes colonnes.

D. 11 Comment les nommez-vous ?

R. Sagesse, Force et Beauté.

D. 12 Pourquoi cela ?

R. Sagesse pour inventer, Force pour soutenir, et Beauté pour orner.

D. 13 A quels officiers sont-elles attribuées ?

R. Sagesse au Très Vénérable, Force au Premier Surveillant et Beauté au Deuxième Surveillant.

D. 14 Ne représentent-elles rien de plus ?

R. Si, les trois vertus qui demeurent toujours dans le cœur d'un Franc-Maçon, la Foi, l'Espérance et l'Amour.

D. 15 Comment se tient la Loge ?

R. Plein Est et Ouest, comme le Temple de Salomon et toutes les saintes Eglises.

D. 16 Quelle est sa forme ?

R. Un carré long,

D. 17 Quelle est sa longueur ?

R. De l'Orient à l'Occident.

D. 18 Quelle est sa largeur ?

R. Du Septentrion au Midi.

D. 19 Pourquoi répondez-vous ainsi ?

R. Pour donner à entendre que les Francs-Maçons sont dispersés par toute la terre et ne forment tous ensemble qu'une seule et même Loge.

D, 20 Quel est le nom de la Loge ?

R. La Loge Saint Jean.

D. 21 Où se trouve la clef de la Loge ?

R. A un pied et demi de la porte de la Loge, dans une boîte d'os qui ne s'ouvre et ne se ferme qu'avec des clefs d'ivoire.

D. 22 Cette clef a-t-elle une chaîne ?

R. Oui, aussi longue que de mon cœur à ma langue.

D. 23 Pourquoi de votre cœur ?

R. Parce que c'est là que je garde tous mes secrets.

D. 24 Voici une curieuse clef. De quel métal est-elle ?

R. D'aucun métal. C'est la langue du bon renom qui ne sait dire que du bien d'un Frère en son absence comme en sa présence ou qui, lorsque cela n'est pas possible, préfère le silence.

D. 25 Quelle est la hauteur de la porte de votre Loge ?

R. Assez haute pour que tout Maçon puisse passer et assez basse pour qu'aucun manœuvre ne puisse entrer.

D. 26 Combien y a-t-il de sortes de Maçons ?

R. Il y en a deux, les Maçons de pratique, ou opératifs, et les gentilshommes Maçons, ou encore Maçons spéculatifs.

D. 27 Qu apprend-on comme Maçon de pratique ?

R. A tailler la pierre d'équerre, à poser de niveau et à élever des perpendiculaires.

D. 28 Qu'apprenez-vous comme gentilhomme Maçon ?

R. La discrétion, la morale et la bonne amitié.

D. 29 Et que venez-vous faire ici ?

R. Vaincre mes passions, soumettre ma volonté et faire de nouveaux progrès dans la Franc-Maçonnerie.

D. 30 Quels sont les grands principes de la Franc-Maçonnerie ?

R. L'Amour fraternel, la Bienfaisance et la Vérité.

2) Les places.

D. 31 Quelle est la place du Maître de la Loge ?

R. Comme le soleil se lève à l'Est pour ouvrir la carrière du jour, de même le Maître se tient à l'Est pour ouvrir la Loge et mettre les hommes à l'ouvrage.

D. 32 Quelle est la place des Surveillants ?

R. Comme le soleil se couche à l'Ouest pour fermer la carrière du jour, de même les Surveillants se tiennent à l'Ouest pour fer¬mer la Loge, payer les ouvriers et les renvoyer contents.

D. 33 Y a-t-il des fenêtres à la Loge ?

R. Oui, trois.

D. 34 Où sont-elles situées ?

R. A l'Est, au Sud et à l'Ouest.

D. 35 Quel était leur usage ?

R. A éclairer les Maçons opératifs pour se mettre au travail, pour le faire et pour le cesser.

D. 36 A quelle heure les Maçons acceptés ou Maçons spéculatifs commencent-ils leurs travaux ?

R. A midi.

D. 37 Quelle est la place des Maîtres ?

R. Partout.

D. 38 Pourquoi ?

R. Pour veiller sur tous les ouvriers.

D. 39 Quelle est la place des Compagnons ?

R. Au midi.

D. 40 Pourquoi à cet endroit ?

R. Pour garder et cacher et faire bon accueil aux Frères étrangers.

D. 41 Quelle est la place des Apprentis ?

R. Au Septentrion.

D, 42 Pourquoi à cet endroit ?

R. Pour garder et cacher, recevoir les instructions et écarter les manœuvres et les indiscrets.

D. 43 Quelle est la place du manœuvre ?

R. Sous les gouttières de la Loge, jusqu'à ce que l'eau, lui entrant par les épaules, ressorte par les souliers.

D. 44 Combien y a-t-il de têtes couvertes en Loge ?

R. Une seule, le Très Vénérable.

3) Les lumières.

D. 45 Y a-t-il des lumières dans la Loge ?

R. Oui, trois.

D. 46 Que représentent-elles ?

R. Le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge.

D. 47 Pourquoi cela ?

R. Parce que le Soleil éclaire les ouvriers le jour, la Lune pendant la nuit et le Très Vénérable en tout temps dans la Loge.

D. 48 Que représentent-elles encore ?

R. Les trois personnes de la Trinité, le Père, le Fils et l'Esprit Saint.

D. 49 Ne représentent-elles rien de plus ?

R. Si, Très Vénérable, les trois lois: la loi des Patriarches, la loi révélée à Moïse et la loi d'Amour de Saint Jean.

D. 50 Comment sont-elles disposées dans la Loge ?

R. En Equerre. Le Soleil au Sud-Ouest représente le Père et la loi révélée à Moïse se, la Lune au Nord-Est représente l'Esprit Saint et la loi des Patriarches, enfin le Maître de la Loge au Sud-Est représente le Fils et la loi d'Amour de Saint Jean.

D. 51 Sur quoi sont-elles placées ?

R,. Sur trois grands chandeliers triangulaires.

D. 52 Par quoi sont-elles figurées aussi dans la Loge ?

R. Par le chandelier à trois branches.

4) Les bijoux.

D. 53 Avez-vous des bijoux dans la Loge ?

R. Oui, Très Vénérable.

D. 54 En quel nombre ?

R. Au nombre de six, à savoir trois mobiles et trois immobiles.

D. 55 Quels sont les bijoux mobiles ?

R. L'Equerre que porte le Très Vénérable, le Niveau que porte le Premier Surveillant et la Perpendiculaire que porte le Deuxième Surveillant.

D. 56 Quel est leur usage ?

R. L'Equerre sert à vérifier les angles droits des édifices, le Niveau à placer les horizontales et la Perpendiculaire à élever les verticales.

D. 57 Donnez-en l'explication au sens moral ?

R. L'Equerre nous avertit que toutes nos actions doivent être réglées sur la droiture et la justice, le Niveau qu'il doit régner une parfaite égalité entre les Maçons, la Perpendiculaire que tous les biens nous viennent d'en haut.

D. 58 Pourquoi les appelle-t-on bijoux mobiles ?

R. Parce qu'ils passent d'un Frère à un autre.

D. 59 Quels sont les bijoux immobiles ?

R. La Planche à tracer, la Pierre brute et la Pierre cubique à pointe.

D. 60 Quel est leur usage ?

R. La Planche à tracer sert au Maître à tracer les épures, à dessiner les plans et les élévations, la Pierre brute sert aux Apprentis pour apprendre à travailler et la Pierre cubique à pointe sert aux Compagnons à vérifier et à rectifier leurs outils.

D. 61 Donnez-en l'explication au sens moral ?

R. La Planche à tracer est l'emblème du bon exemple et des instructions que nous devons à nos Frères et à tous les hommes. La Pierre cubique à pointe est le symbole des soins que se donne l'homme de bien pour corriger les passions auxquelles nous sommes tous en butte. Enfin la Pierre brute est l'image de l'homme grossier que l'étude approfondie de lui-même peut seule polir et faire avancer vers la perfection.

D. 62 Pourquoi les appelle-t-on bijoux immobiles ?

R. Parce qu'ils sont placés bien en vue et immobiles dans la Loge afin que les Frères puissent les contempler à tout instant.

5) Les ornements et les meubles.

D. 63 Avez-vous des ornements dans votre Loge ?

R. Oui, Très Vénérable.

D. 64 En quel nombre ?

R. Au nombre de trois, à savoir : le Pavé mosaïque, l'Etoile flamboyante et la Bordure dentelée.

D. 65 Quel est leur emplacement ?

R. Le Pavé mosaïque couvre le sol de la Loge et le parvis du Temple l'Etoile flamboyante, d'où part la vraie lumière, est au centre et la Bordure dentelée noire et blanche délimite le tracé de la Loge.

D. 66 Qu'ajoute-t-on également tout autour de la Loge à la Bordure dentelée ?

R. Une cordelière à houppes présentant des lacs d'amour en nombre symbolique.

D. 67 Donnez le sens emblématique des ornements ?

R. Le Pavé mosaïque formé de pierres blanches et noires et scellé par le ciment que répand la truelle représente l'union intime qui règne entre les Maçons de la Loge. L'Etoile flamboyante dont la lumière éclatante ne peut être fixée est l'emblème du Grand Architecte de l'Univers, qui est Dieu, et qui brille d'une lumière qu'il n'emprunte qu'à lui seul. Le dessin géométrique de la Bordure dentelée indique le combat perpétuel que se livrent la lumière et les ténèbres, tandis que les lacs d'amour représentent le lien qui unit tous les Maçons et n'en fait qu'une même famille sur toute la terre.

D. 68 Avez-vous des meubles dans votre Loge ?

R. Oui Très Vénérable, trois. L'Evangile de Saint Jean, le Compas et l'Equerre.

D. 69 A quoi servent-ils ?

R. A prêter les Obligations.

D. 70 Où se trouve le tableau de la Loge ?

R. Sur le sol entre les trois lumières.

D. 71 Que représente-t-il ?

R. La Loge elle-même, renfermant certains emblèmes mystérieux de la Franc-Maçonnerie.

TROISIEME PARTIE : LES CIRCONSTANCES DE LA RECEPTION.

D. 1 Quel fut votre premier pas vers votre entrée dans la Loge ?

R. Un désir sincère de connaître les secrets de la Franc-Maçonnerie.

D. 2 Qui vous a amené à la Loge ?

R. Un ami que j'ai depuis reconnu pour mon Frère.

D. 3 Où avez-vous été conduit alors ?

R. Dans une chambre obscure.

D. 4 Qu'y avez-vous remarqué ?

R. Des sentences inscrites sur les murs, des emblèmes funèbres, un sablier, une Bible et l'image d'un coq avec cette légende : "Il veille dans les ténèbres et annonce la lumière".

D. 5 Que vous y recommanda-t-on ?

R. D'y faire une sérieuse réflexion sur la démarche que j'allais entreprendre et de répondre par écrit à cinq questions.

D. 6 Qui était avec vous dans cette chambre ?

R. Un Préparateur.

D. 7 Dans quel état vous a-t-il mis ?

R. Pauvre et sans un sou, les yeux bandés, ni nu ni vêtu mais dans un état décent.

D. 8 Expliquez-moi pauvre et sans un sou ?

R. Dépouillé de tous métaux.

D. 9 Pourquoi cela ?

R. Pour m!apprendre à ne mettre aucune confiance dans les choses illusoires. Et de même que j'étais pauvre et sans un sou au moment où j'ai été reçu Maçon, de même je dois secourir dans toute la mesure de mes possibilités, tous les Maçons et tous les hommes pauvres et sans un sou.

D. 10 Pourquoi les yeux bandés ?

R. Parce que j'étais dans les ténèbres spirituelles et que je cherchais la vraie lumière.

D. 11 Expliquez-moi ni nu ni vêtu ?

R. J'avais le genou droit, le bras et le sein gauches mis à nu et le soulier gauche en pantoufle.

D. 12 Pourquoi cela ?

R. Pour prêter mes Obligations.

D. 13 Où vous a-t-on mené dans cet état ?

R. A la porte de la Loge.

D. 14 Comment l'avez-vous trouvée ?

R, Close et bien gardée.

D. 15 Comment avez-vous été annoncé ?

R. Par trois grands coups.

D. 16 Que rappellent-ils ?

R. Un passage de l'Evangile de Saint Mathieu : Demandez et l'on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l'on vous ouvrira.

D. 17 Que vous ont-ils produit ?

R. Un Frère Couvreur.

D. 18 Qu'a-t-il demandé ?

R. Qui frappe ?

D. 19 Qu'a-t-on répondu ?

R. C'est un gentilhomme qui demande à être reçu Maçon.

D. 20 Pourquoi cela ?

R. Parce que l'on désignait ainsi tous les Candidats frappant à la porte de la Franc-Maçonnerie, pour indiquer que tous étaient égaux dans une condition élevée.

D. 21 Qu'a-t-il demandé à nouveau ?

R, Qu'il dise son nom, son prénom, son âge, son pays, son état, sa religion, son domicile.

D. 22 Qu'a-t-il demandé ensuite ?

R. Se sent-il la vocation et est-ce bien de sa libre volonté, avec désintéressement matériel et humilité de cœur et d'esprit qu'il désire d'être reçu Maçon ?

D. 23 Qu'a demandé encore le Frère Couvreur ?

R. Est-il convenablement préparé, pauvre et sans un sou ? Est-il de bon renom et qui répond de lui à la Loge ?

D. 24 Qu'avez-vous vu en entrant dans la Loge ?

R. Rien que l'esprit humain puisse comprendre, un voile épais me couvrait les yeux.

D. 25 Qu'a fait de vous le Frère Préparateur ?

R. Il m'a remis entre les mains du Deuxième Surveillant.

D. 26 Rappelez-moi les trois questions qui vous ont été posées à ce moment ?

R. Que pensez-vous que la Maçonnerie puisse vous apporter ? Que pensez-vous apporter à la Franc-Maçonnerie ? Que pensez-vous que la Franc-Maçonnerie puisse apporter à l'Humanité ?

D. 27 Que s'est-il passé ensuite ?

R. Le Frère Orateur a donné son sentiment sur mes réponses et j'ai été admis à l'unanimité.

D. 28 Que vous a-t-on dit à ce moment ?

R. Que j'allais en conséquence être soumis à des épreuves qui forment en réalité un enseignement symbolique.

D. 29 Quelle est la première de ces épreuves ?

R. Le bandeau qui me couvrait les yeux.

D. 30 Que vous fit faire le Deuxième Surveillant ?

R. Après avoir prié le Deuxième Expert de l'assister il m'a fait voyager trois fois à partir de l'Occident par le Septentrion, l'Orient et le Midi.

D. 31 Que cherchiez-vous dans cette route ?

R. La lumière.

D. 32 Que signifie le premier voyage ?

R. C'est l'emblème de la vie humaine à son niveau le plus bas, agitée des passions les plus désordonnées. Il représente aussi les premiers âges de l'humanité après le déluge, alors que régnait la Loi élémentaire des Patriarches, Noé, Abraham, Isaac, Jacob, et que Dieu concluait avec les hommes ses premières alliances.

D. 33 Quel est l'édifice le plus caractéristique de cet âge ?

R. La Tour de Babel.

D. 34 Qu'indique ce nom ?

R. Confusion.

D. 35 Que signifie le deuxième voyage ?

R. Il marque l'effet de la constance à suivre le chemin de la vertu. Plus on y avance et plus il est agréable. Les cliquetis

d'armes que j'y ai entendus figurent les combats que l'homme vertueux est toujours obligé de soutenir pour triompher de l'erreur. Il représente le deuxième âge de l'humanité régi par la Loi révélée à Moïse.

D. 36 Quel est l'édifice le plus caractéristique de cet âge ?

R. Le Temple de Jérusalem commencé à Jérusalem sur le Mont Moriah en 1011 avant notre ère et terminé sept ans plus tard en 1004 sur le modèle du Tabernacle dont YAHWEH, IL EST, avait donné tous les plans à Moïse sur le Mont Sinaï.

D. 37 Quelle épreuve avez-vous subie à la fin de ce deuxième voyage ?

R. Mon front siège de mon intelligence, et mon cœur siège de ma vie et symbole de mes sentiments, ont été lavés par l'eau. Ce rite n'est pas un sacrement mais un symbole qui indique le renouvellement complet que l'on attend de moi et qui enseigne la nécessité de renaître d'une vie naturelle à une vie spirituelle.

D. 38 Que signifie le troisième voyage ?

R. C'est l'emblème des régions supérieures de la vie humaine. On y accède par l'exercice constant des vertus les plus difficiles mais aussi et surtout par la connaissance de soi-même, selon la parole fameuse jadis inscrite au fronton du Temple de Delphes : CONNAIS-TOI TOI-MEME. Il représente le troisième et dernier âge de l'humanité, la Nouvelle Alliance entre Dieu et les Hommes par la Loi de Grâce et d'Amour apportée par le Christ sur la Terre.

D. 39 Quels sont les édifices les plus caractéristiques de cet âge ?

R. Les chefs-d'oeuvre de l'art byzantin, de l'art roman, les cathédrales de l'art gothique enfin : Laon, Paris, Bourges, Chartres, Reims, Amiens, Strasbourg, Beauvais.

D. 40 Quelle épreuve avez-vous subie à. la fin de ce troisième voyage ?

R. Je suis passé par les flammes. C'est le symbole de l'avènement de la Loi Nouvelle. Jean baptisait par l'eau, le Christ baptisait par l'Esprit Saint et le feu. C'est sous la forme du feu que l'Esprit descendit sur les Apôtres à la Pentecôte, à Jérusalem, et leur communiqua le don des langues.

D. 41 Que vous a-t-on demandé après cette épreuve ?

R. De faire un don destiné aux détresses que les Francs-Maçons ont à soulager.

D. 42 Qu'avez-vous répondu ?

R. Que je ne pouvais le faire car j'avais été dépouillé de tous métaux et de tout objet de valeur.

D. 43 Pourquoi donc vous avait-en fait cette demande ?

R. Pour m'apprendre cette grande leçon que donne la Franc-Maçonnerie, à savoir que la raison principale de notre présence sur cette terre est de nous rendre utiles et de soulager les infor¬tunes de nos semblables. Rien n'est plus attristant que de ne pouvoir le faire.

D. 44 Quelle fut la dernière et la plus importante de vos épreuves ?

R. On m'a fait boire jusqu'à la lie la coupe d'amertume afin de m'apprendre de façon sensible qu'aucun de nous n'atteindra jamais la perfection et que, sur le chemin où je m'engageais, je connaîtrais, comme tous mes Frères, de nombreuses et cruelles déceptions.

D. 45 Que vous advint-il ensuite ?

R. Le Deuxième Surveillant m'a remis entre les mains du Premier.

D. 46 Que fit alors le Premier Surveillant ?

R. Il m'a présenté au Maître de la Loge. Puis, après avoir prié le Frère Premier Expert de l'assister, il m'a fait mettre les pieds en équerre en bas et au Nord du tableau, et fait montrer comment marcher par trois grands pas de l'Occident à l'Orient, en partant du pied droit.

D, 47 Comment marchent les Apprentis ?

R. Tout droit.

D. 48 Pourquoi met-on l'épée à la main lorsqu'on reçoit des Obligations d'Apprenti ?

R. C'est pour écarter les manœuvres et les indiscrets.

D. 49 Que vous dit-on lorsque vous êtes arrivé à l'Orient ?

R. Le Frère Orateur a fait un discours destiné à m'avertir du caractère essentiellement traditionnel de la Maçonnerie qui doit rester rigoureusement à l'écart des préoccupations et des passions du monde extérieur. Il m'a donné connaissance des Préceptes maçonniques et des formules de l'Obligation Fondamentale et de l'Obligation Complémentaire.

D. 50 Que vous a demandé le Très Vénérable ?

R. De donner ma parole d'honneur que j'allais contracter ces Obligations selon toutes les formes traditionnelles, ce que j'ai fait.

D. 51 Qu'avez-vous reçu en échange ?

R. La lumière.

D. 52 Qu'avez-vous vu à ce moment ?

R. Tous les Frères armés d'une épée dont ils me présentaient la pointe.

D. 53 Pourquoi cela ?

R. Pour me figurer symboliquement le châtiment qui serait le mien si je venais à trahir les paroles que j'avais données et les Obligations que j'allais prêter. Mais aussi pour m'annoncer que si je restais fidèle à mes engagements et aux lois maçonniques, les Maçons de la Loge et beaucoup d'autres encore, seraient toujours prêts à me porter secours.

D. 54 Que vous a-t-on montré ensuite ?

R. Les trois grandes lumières du Rite Français Traditionnel et des premiers Maçons spéculatifs anglais : le Soleil, la Lune et le Maître de la Loge.

D. 55 Qu'a fait le Maître ?

R. Avec le désir sincère que j'avais et le consentement unanime des Frères, le Maître de la Loge m'a fait prêter les Obligations d'Apprenti Maçon.

D. 56 Gomment vous a-t-il fait prêter ces Obligations ?

R. Avec toutes les formalités requises.

D. 57 Quelles sont ces formalités ?

R. Je n'étais ni assis ni debout, mais j'avais le soulier gauche en pantoufle, le genou droit nu dans l'Equerre, la main droite sur l'Evangile de Saint Jean et sur l'épée, et de la gauche je tenais un compas ouvert en équerre sur la mamelle gauche qui était nue.

D. 58 Que faisiez-vous dans cette posture ?

R. Je contractais l'engagement de toujours garder et cacher et de ne jamais révéler aucun des secrets ou mystères des Francs-Maçons et de la Franc-Maçonnerie.

D. 59 Que sont les secrets des Francs-Maçons et de la Franc-Maçonnerie ?

R. Des signes, des attouchements et des mots.

D. 60 Que vous dit le Maître après ces Obligations ?

R. Afin de sceller définitivement ces Obligations, baisez l'Evangile, ce que je fis.

D. 61 Qu'advint-il après cela ?

R. Le Deuxième Expert me conduisit hors de la Loge et m'enseigna les points de mon Entrée.

D. 62 Que reçûtes-vous en premier après votre retour dans la Loge ?

R. L'attouchement.

D. 63 Et ensuite ?

R. Le mot sacré qui, donné par le dernier Apprenti Reçu, circula parmi tous les Frères et me fut communiqué par le Maître de la Loge.

D. 64 Que fit alors le Très Vénérable ?

R. Comme le mot m'avait été communiqué, il m'a reçu Apprenti Maçon selon les usages et m'a donné le premier baiser fraternel par le nombre mystérieux de trois.

D. 65 Que vous a-t-on rendu ?

R. Mes métaux.

D. 66 Que vous a-t-on donné ?

R. Trois choses.

D. 67 Quelles sont-elles ?

R. Un tablier de peau blanche que les plus grands de la terre se sont fait un honneur de porter. Je dois en être toujours habillé en Loge et il me rappellera sans cesse que l'homme est voué au travail et qu'un Maçon doit mener une vie active et laborieuse. Une paire de gants, afin de la porter pendant les travaux. Leur blancheur m'avertit de l'honnêteté sans limites qui doit tou¬jours diriger nos pensées et nos actions. Une seconde paire de gants enfin, destinée à la femme que j'estime le plus.

D. 68 Où vous pria de vous rendre le Très Vénérable ?

R. A l'Occident afin de me faire reconnaître par les Surveillants à l'aide des signes, attouchements et mots que j'avais reçus et de commencer à dégrossir la Pierre brute avec les outils de 1'Apprenti.

D. 69 Quelle est la signification de ces outils ?

R. Le Maillet et le Ciseau symbolisent l'effort intense et continu avec lequel nous devons agir sur nous-même et la Jauge, les lois initiatiques et morales que nous découvrons et observons peu à peu, ainsi que les exemples que nous choisissons de suivre.

D. 70 Où fûtes-vous placé ensuite ?

R. Entre les deux colonnes et le Très Vénérable invita les Frères à applaudir à ma réception.

D. 71 Qu'avez-vous demandé ?

R. J'ai demandé et obtenu la faveur de tirer ma première batterie d'Apprenti en l'honneur de la Respectable Loge qui venait de me donner la lumière.

D. 72 Où vous a-t-on placé enfin ?

R. En tête de la colonne du Nord.

D. 73 Que devez-vous observer à cet endroit ?

R. La loi du silence.

QUATRIEME PARTIE : LE TUILAGE, LES POINTS DE L'ENTREE.

D. 1 A quoi connaîtrai-;] e que vous êtes Maçon ?

R. A mes signes, attouchements, mots et aux points de mon Entrée.

D. 2 Faites votre Entrée.

R. On la fait : on frappe oo - o à la porte de la Loge

on fait les trois pas à l'ordre en partant du pied droit

on s'incline devant le Maître de la Loge

on se relève

on fait le signe et on se remet à l'ordre. On dit :

Me voici, moi, le plus jeune et le dernier Apprenti Entré qui ai prêté mes Obligations devant le Grand Architecte de l'Univers, qui est Dieu, et sur l'Evangile de Saint Jean.

D. 3 Donnez-moi le premier point de votre Entrée.

R. Je garde, je cache.

D. 4 Que cachez-vous ?

R. Tous les secrets ou mystères des Francs-Maçons et de la Franc-Maçonnerie sous un châtiment qui ne saurait être moindre que d'avoir la gorge tranchée et la langue arrachée par la racine...

on fait le signe et on se remet à l'ordre.

... ce qui est le deuxième point.

D. 5 A qui les cachez-vous ?

R. A tout être au monde, sauf à un Frère que j'aurai reconnu pour tel après un examen rigoureux ou dans le sein d'une Loge juste et parfaite régulièrement assemblée.

D. 6 Donnez-moi les autres points de votre Entrée.

R. J'ai promis de même, ma vie durant, d'aimer mes Frères et de ne pas divulguer leur qualité maçonnique sans leur accord explicite. J'ai promis enfin pour aussi longtemps que durera mon appartenance de me conformer à la Charte de la Maçonnerie Traditionnelle Libre, au Règlement général de la Fédération et au Règlement intérieur de cette Respectable Loge.

D. 7 Que juraient encore les Apprentis Maçons de pratique ?

R. De servir leur Maître, à la Respectable Loge, du lundi matin au samedi soir.

D. 8 Comment le servaient-ils ?

R. Avec la craie, le charbon de bois et l'argile.

D. 9 De quoi cela est-il l'emblème ?

R. De liberté, de ferveur et de zèle.

D. 10 Comment se nomme le signe ?

R. Guttural.

D. 11 Pourquoi ?

R. Parce qu'il rappelle le châtiment de mon Obligation.

D. 12 A l'ordre mon Frère.

R. (On le fait).

D. 13 Donnez-moi le signe.

R. (On le donne).

D. 14 Que demande-t-il ?

R. La poignée de main ou attouchement.

D. 15 Donnez-la-moi.

R. (On la donne).

D, 16 Couvrez-la.

R. (On le fait).

D. 17 Que demande la poignée de main ou attouchement ?

R, Un mot.

D. 18 Comment l'appelez-vous ?

R. Le mot sacré.

D. 19 Que signifie-t-il ?

R. Il établira. C'est le nom de la colonne d'airain qui était placée au Nord devant le Temple du Roi Salomon.

D. 20 Donnez-moi ce mot.

R. Je ne puis qu'épeler. Donnez-moi la première lettre, je vous dirai la seconde.

D. 21      B

R.           O

D. 22      A

R.            Z

D. 23      BO

R.           AZ

D. 24 Passez Boaz.

 

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