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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 10:31

En 1717 se forme la Grande Loge de Londres. En son sein, dans la décennie 1720, se met en place à partir d'un vieux fonds rituel de la maçonnerie opérative écossaise, enrichi d'éléments anglais, un système en trois grades connu par la publication en 1730 de la Masonry Dissected de Samuel Prichard.

La franc-maçonnerie qui s'implante en France vers 1725, dans le sillage d'exilés politico-religieux britanniques, est issue de la Grande Loge de Londres.

Le rite traduit en français est pratiqué par la quasi-totalité des loges qui se créent dans le royaume et ne semble pas avoir de nom.

L'apparition d'autres systèmes maçonniques, dits presque toujours"écossais", la volonté du Grand Orient de France d'organiser et de contrôler la franc-maçonnerie française, et le désir de nombreuses loges d'avoir une version universelle des rituels, provoquent la fixation d'un rite qualifié en 1785-1786 de "Français". Au sein du Grand Orient, pour les grades bleus, dans la 4ème chambre dite Chambre des Grades, créée en 1782, et au sein du Grand Chapitre Général de France, quelques frères, notamment Alexandre-Louis Roëttiers de Montaleau, ont mené à bien ce travail.

En 1785, le modèle français est à peu près fixé. En 1786 le Grand Orient propose un texte de référence pour les trois grades bleus, diffusé sous la forme de copies manuscrites. L'ensemble est désigné sous le nom de Rite Français. Les trois premiers sont d'origine anglaise. L'objectif est en fait de se distinguer des divers systèmes dits écossais, souvent élaborés ou synthétisés en France, mais qui viennent rarement en droite ligne d'Écosse.

  La Révolution passée, en 1801, le Grand Orient le fixe en le faisant imprimer dans le Régulateur. On notera qu'au début du siècle, ledit Régulateur du maçon (1801) inspiré du Rite des Modernes, et le Guide des maçons écossais (1803), en partie inspiré du Rite des Anciens, texte de référence du Rite Écossais Ancien et Accepté, divergent plus sur la forme que sur l'esprit. Pourtant la concurrence de ces deux rites conduit à un effet de nomination.

 

Le terme de Rite Français va ensuite s'imposer dans le dernier tiers du XIX" siècle. Quoi qu'il en soit, durant tout le XIXème siècle, la différenciation entre Régime Français et écossisme va aller croissant

En 1858, une nouvelle rédaction du Rite Français dit Murat, est publiée "idéologiquement", le texte n'est guère différent de celui du Régulateur. Le nouveau modèle continue de définir la maçonnerie de manière "classique", dans la tradition andersonienne. On reste dans l'héritage de la philosophie des Lumières, et dans un spiritualisme assez fade et assez flou pour ne pas trop gêner les consciences. Notons cependant que ce premier toilettage se fait dans une obédience qui, depuis l'amendement Charles Duez adopté le 13 avril 1849, précise que la franc-maçonnerie "a pour base l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme".

L'après-Convent de 1877 conduit à des retouches plus hardies. En 1879, le Grand Collège des Rites, chargé par le Conseil de l'Ordre du Grand Orient, fait disparaître des rituels les formules trop ouvertement religieuses, comme la référence au Grand Architecte de l'Univers, les devoirs envers Dieu au 1°, l'explication métaphysique de la lettre G au 2° et l'invocation à Dieu du signe d'horreur au grade de maître. En 1886, une commission de 12 membres, présidée par l'avocat Louis Amiable (1837-1897), procède à une nouvelle révision adoptée en Conseil de l'Ordre les 15-16 avril. Le nouveau rituel français, qui prendra le nom de son principal rédacteur, est accompagné d'un "rapport sur les nouveaux rituels pour les loges" rédigé par Amiable lui-même. Ce codicille explique que le nouveau texte, se réfère grandement au positivisme. Sa philosophie générale est la "neutralité entre les diverses croyances et le fait que"les données certaines fournies par l'état actuel de la science devaient être par nous mises à profit". Daniel LIGOU a présenté les violentes critiques adressées au rituel Amiable par Oswald WIRTH. Un rapport d'Amiable, adopté par le Grand Collège des Rites et transmis par le Conseil de l'Ordre du Grand Orient à toutes les loges en mars 1896, clôt provisoirement le débat.

Durant ce demi-siècle, le rituel Amiable, quelque peu modifié en 1907 sous l'autorité du Grand Commandeur Jean-Baptiste Blatin, restera en l'état jusqu'en 1938, date où, sur l'initiative d'Arthur Groussier, alors Grand Maître du Grand Orient pour la 9ème fois, un nouveau modèle du Rite Français est adopté. La nouvelle version est une tentative de retour aux sources symboliques du système français, et non une nouvelle mouture encore plus ultra positiviste.

En 1955, la version définitive du rituel Groussier, légèrement aménagée dans la forme sous l'autorité de Paul Chevalier est imprimée et diffusée. Malgré quelques apports et quelques ajouts opérés par un certain nombre de loges, le rituel Groussier est toujours en vigueur.

Dans le long travail de reconstruction des obédiences dans l'après-guerre, des maçons érudits et/ou versés dans les recherches initiatiques ou symboliques souhaitent retrouver ou revivifier les potentialités de la tradition maçonnique française du XVlIIème siècle.

Ainsi, au sein du Grand Orient de France, des maçons regrettent que les frères attirés par le symbolisme et le respect des pratiques rituelles quittent le Rite Français pour l'écossisme. Ce petit groupe pense que l'on peut concilier option symbolique et rigueur rituelle au sein du Régime Français. Ses membres auraient pu utiliser le modèle imprimé du Régulateur (1801). Ils préfèrent essayer de reconstituer à partir de ce dernier, mais en y incluant des ajouts tirés de divers documents du XVlIlème siècle, un rituel proche de celui qui est pratiqué dans la franc-maçonnerie française adolescente. Ainsi naît le Rite Français Rétabli, puisqu'il s'inscrit dans la tradition de la Grande Loge Anglaise, car il est fidèle à la version implantée en France et traduite en français "Rétabli", pour affirmer que le texte est le résultat d'un travail de reconstruction, de recomposition et de restitutions historiques, symboliques et philologiques.

Quelques frères de la rue Cadet, fondateurs ou affiliés à la Grande Loge Nationale Française Opéra devenue Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra apportent en 1958, le Rétabli à la nouvelle obédience.

Concernant la Grande Loge Traditionnelle et Symbolique Opéra (GLTSO) et plus particulièrement les Loges qui travaillent au RITE FRANCAIS TRADITIONNEL, le choix a été fait de s'appuyer sur les textes les plus anciens connus, c'est-à-dire entre 1735 et 1785.

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