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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 22:42

De la Logia La Luz.- Sobre el Rito Francés.

Rite Français, Rite Moderne, Rite de fondation de la maçonnerie devrais je dire.
Mon F. Christophe et moi-même allons tenter de vous brosser un tableau plus ou moins complet de ce qu’est le Rite Français, rite de Fondation de la maçonnerie de par son message vétéro testamentaire puisé dans un monastère Bénédictin bâti dans la brume Ecossaise près de Kilwinning.Ce qui fait dire à mon éminent F. Gérard Pourpour que le Rite Français, Rite Primitif, prend sa source dans l’Ecossisme, comme tous les autres Rites qui viendront plus tard compléter le paysage maçonnique que nous connaissons aujourd’hui. Lors du Colloque Historique de Lyon le 24 novembre 2007 qui rassemblait le GCGdu GODF chantre de la Franc-maçonnerie adogmatique et le GCF de la Grande Loge Nationale Française représentant la GL Unie d’Angleterre.
Il a été rappelé par les deux parties que le Rite Français est le Rite de Fondation de la maçonnerie, mais également le Rite de Fondation du siècle des Lumières et qu’à ce titre il est l’héritier légitime et le vecteur du rêve qu’aient pu faire les conventionnels d’une société plus juste et plus éclairée.
Simplicité et absence de prétentions, convivialité, amitié chaleureuse, c’est ce que les frères ressentent dans nos Loges et dans nos Ateliers de Sagesse, sans que cela exclue la profondeur spirituelle. Le Rite Français est un Rite dans lequel l’initié fait des choses sérieuses sans se prendre au sérieux. Je crois exprimer, en le décrivant ainsi, le sentiment unanime des frères du Français. Je sais aussi combien les frères sont attachés à cet esprit, il s'agit ici de l'esprit de l'esprit. C’est certainement un de nos biens les plus précieux. Nous le devons largement, comme beaucoup d’autres choses, aux caractères et aux qualités humaines de nos Très Illustres et respectés prédécesseurs, notre désir le plus cher est de le maintenir et de continuer à jouir du bonheur qu’il nous procure.Il se pourrait d’ailleurs que ces caractéristiques du Rite Français au niveau des simples rapports humains soit le reflet de certaines caractéristiques de sa spiritualité ; un des principes fondamentaux du Rite Français est de croire à la perfectibilité de l'Homme, sinon l'initiation Maçonnique n'aurait pas de sens. Une autre considération préliminaire que je voudrais faire est la suivante :
Quelle est la spécificité du Rite Français parmi les Rites maçonniques les plus usités ?
La réponse pourra paraître paradoxale, mais je la crois juste et profonde.
La spécificité du Rite Français, c’est de ne pas en avoir.
Ce que je veux dire par là, c’est que les autres Rites ont subi de nombreuses influences, voir des influences extra maçonnique, et que ce sont ces influences qui donnent à chacun sa spécificité ; je n’irai pas jusqu’à dire que le Rite Français n’a subi aucune influence, mais il est sans aucun doute le Rite le plus chimiquement pur, si on le compare aux autres Rites qui proviennent de la maçonnerie du XVIII & XIX siècle, c'est-à-dire aux RER et au Rite Carolinien qui deviendra plus tard le REAA.
Il n’est pas question ici de lui donner un titre de supériorité sur les autres Rites auxquels j’ai eu l’audace de le comparer ; je ne fais que de constater un fait, qui permet de donner une réponse la plus juste possible, sur la question de la spécificité du Rite. En particulier, le Rite Français n’a pas de doctrine explicite, exprimée dans le discours, et en définitive dogmatique, attention, il convient de prendre ce mot dans son sens originel qui n‘a rien de péjoratif. Cela le différentie notamment du RER qui, lui, a incontestablement une telle doctrine, ce qui lui donne sa spécificité, et cela étant directement lié à l’influence extra maçonnique que ce Rite a subi. Que le Rite Français n’ait pas de doctrine ne veut pas dire qu’il ne contienne pas d’enseignement, mais son enseignement n’est nulle part développé sous la forme d’une doctrine explicite dans les textes du Rite. L’enseignement reste de bout en bout, enveloppé dans les symboles, et cela vaut aussi bien pour les grades bleus que pour les grades de sagesse. Si les grades de sagesse prolongent et parachèvent l’enseignement initiatique des grades bleus, cela ne doit pas pour autant faire sous- estimer l’importance de ces derniers.
Cependant si nombre de Maçons considèrent que les grades après la Maîtrise soit l’essentiel du système, et que les grades bleus ne sont qu’une sorte de propédeutique par rapport aux hauts grades, je peux vous dire qu’ils ont tort. Au Rite Français, les grades bleus sont plus que cela, car ils constituent les fondements de la spiritualité maçonnique toute entière, et ils contiennent en germe tout ce qui sera développé plus tard dans les grades de sagesse, qui trouvent leur utilité par : le besoin d’approfondir, de préciser et de compléter le travail accompli dans les ateliers symboliques et également par le désir d’élargir le cadre des travaux et de la transversalité inter-loges.
Je viens de parler de spiritualité, la spiritualité du Rite Français n’est pas autre chose que la spiritualité maçonnique. Dire ce qu’est la spiritualité du Rite Français, c’est donc finalement dire ce qu’est la spiritualité maçonnique elle-même, prise indépendamment des apports dont elle a pu être enrichie par les autres Rites.
Il faut d’abord convenir que cette spiritualité s’enracine dans la tradition judéo-chrétienne. Que l’on veuille ou non la Maçonnerie est une voie initiatique qui s’inscrit dans cette tradition, et qu’elle est une voie initiatique à côté d’autres ; elle ne prétend pas leur être supérieure, ni vouloir les englober toutes, s’il est vrai que toutes les voies initiatiques convergent vers le même but et que toutes les traditions découlent de la même source.
Pour le Maçon du Rite Français, la maçonnerie ne peut être qu’universelle.
Mes propos n’impliquent aucune intolérance vis-à-vis des autres voies, loin d’être une expression d’orgueil, je crois plutôt qu’il s’agit d’humilité, d’absence de prétentions, une simplicité qui marque l’esprit du Rite Français.
Ce n'est que dans le dernier tiers du XVIII siècle, avec l'apparition d'autres Rites, que les rituels pratiqués en France seront baptisés Rite Français ou Rite Moderne, et encore, l'expression désigne alors le Grand Orient plutôt qu'un Rite en particulier.
Rite de Fondation de la Franc-maçonnerie devrions nous dire.
Enrichi des constitutions d’Anderson ? Bien sûr et, c’est là une étape essentielle, puisque ces constitutions n’ont pas seulement mis provisoirement fin à un éparpillement de doctrines et à une fragmentation des pratiques, mais elles ont constitué le substrat premier de notre Maçonnerie Moderne. Ils ont aussi souhaité intégrer des héritages qui avaient inspiré l’ensemble des soldats du savoir face à la barbarie. C’est parce qu’ils ont su accepter de prendre à leur compte cet héritage bénédicto-templier, tel que l’avait défini le Marquis de Chefdebien.
Autre étape importante le siècle des Lumières avec le rassemblement de ce qui est épars par Roëttiers de Montaleau, aidé des FF codificateurs, ils ont été en mesure de retrouver la voie de l’unité en un temps où ne se comptaient plus, les patentes apocryphes et parfaitement imaginaires, les ordres, degrés et créations de Rites plus fantaisistes les uns que les autres, pour finaliser une reconstruction en 3 degrés et 5 Ordres. Je vous livre un court extrait d’un rituel manuscrit de cette époque :Toutes les connaissances maçonniques et l’application qu’on peut en faire, sont renfermées dans les trois premiers grades dénommés symboliques, mais il a été nécessaire pour faciliter le travail de ceux qui aspirent à la découverte de la vérité, d’établir les classes (Ordres) dans lesquels on peut donner un espèce de développement aux emblèmes qui s’offrent de toute part dans les trois premiers grades, sans cependant en tirer le voile en entier. Ce texte montre qu’il n’est pas nécessaire de poursuivre son chemin maçonnique au-delà du grade de M  pour être un excellent maçon : mais il indique aussi, clairement, que les Ordres de Sagesse du Rite Français permettent à tout M  maçon volontaire d’aller plus loin dans la recherche de la vérité.
Aujourd’hui le Rite Français ne cherche pas à faire valoir son antériorité. Mais il ne peut faire table rase d’un héritage spirituel qui de Kilwinning à nos jours a su conserver l’essentiel : l’organisation en 3 degrés et 5 Ordres, tout en laissant les régulateurs respectifs de chaque époque faire progresser notre Maçonnerie.
A ses débuts, la Franc-maçonnerie était en régime de civilisation chrétienne et malgré la sécession protestante, l’Europe d’alors est surplombée par la Romania catholique, Dieu restait au centre, mais très rapidement Dieu a perdu de sa transcendance. Avec les premières constitutions d’Anderson, sous l’influence de Desaguliers, la Maçonnerie est devenue une structure d’Ordre, son objectif alors était de permettre le développement d’un humanisme que nous dirions aujourd’hui progressif. Séparée des pouvoirs religieux et politiques, royaux au milieu du siècle des Lumières. Cette caractéristique emblématique de notre Ordre et de notre Rite fait qu’elle est la plus ancienne association Laïque de France. Avec à son centre des débats qu’imposait une idée neuve dont nous sommes aujourd’hui encore les dépositaires : la Tolérance. C’est pourquoi la Maçonnerie que nous voulons désormais proposer avec les 3 Degrés et 5 Ordres du Rite Français, est une Maçonnerie adogmatique : elle ne refuse aucune spiritualité, elle s’enrichit au contraire de chacune d’entre elles. Je sais que parmi certain de nos Frères cette affirmation étonne parfois. Je tiens ici à les rassurer, la Franc-maçonnerie adogmatique c’est aussi et d’abord une Maçonnerie libératrice et émancipatrice. Maçonnerie libératrice car son objectif essentiel reste le premier élément de la devise Républicaine La Liberté.
Maçonnerie émancipatrice ensuite car elle permet, plus on progresse en âge et en expérience, non de superposer de plus en plus d’habits à paillettes, mais, au contraire, de se délaisser de tous les oripeaux d’une hiérarchie grandissimiste de parade. De Kilwinning à nos jours cette Maçonnerie a privilégié la libération sur toute forme d’enfermement philosophique, spirituel voire politique ou social, c’est bien celle dont nous avons souhaité, être le porte étendard depuis la refondation du GCG  il y a à peine quinze ans. Plus de deux cent années de silence après avoir été muselé par une Maçonnerie Napoléono-impérialiste, propice à l’affadissement démocratique. Si le GODF est sorti de sa torpeur après la chute de l’Empire, les Hauts grades du Rite Français n’ont pu se relever, tant le poids du Rite Carolinien pesait avec son parcours en 33 grades.
Pendant plus de deux cent ans il y eut le Paradoxe suivant la plupart des FF\ du G\O\ travaillaient au Rite Français en Loge bleue avec son enseignement des modernes basé sur l’immanence. Pour se retrouver après la Maîtrise au R\E\A\A\ et sa philosophie issue des anciens qui est elle basée sur la transcendance.
C’est ainsi que certains FF ardents défenseurs du Rite Français en Loge Bleue sans GADLU, se précipitent dans les grades dits de Perfection, où revit non seulement le GADL’U  mais aussi le Christ comme dans certaines obédiences.
Certes, les Maçons du Rite Français étaient fondés à ressentir un manque tant qu’il ne leur était pas possible, ou qu’il était très difficile d’accéder aux hauts grades de leur Rite, puisqu’il ne restait plus de Chapitre de Rite Français reconnu par les obédiences et notamment par le Grand Collège des Rites du GODF.
Nous n’entrerons pas dans un contexte de concurrence spirituelle, malheureusement, selon moi de plus en plus ostentatoire de nos jours.
Le GCG du Rite Français est l’héritier de cette Maçonnerie dite moderne, son seul souhait est de contribuer à enrayer la chute inquiétante d’une certaine Maçonnerie en particulier aux Etats-Unis. Sept millions cinq cent mille Frères en 1945, seulement 1,5millions, 60 ans plus tard.
La pensée libératrice est le moteur essentiel de la Maçonnerie des Lumières pétris du mythe d’Hiram. Ressortie des limbes, recodifiée.
Résumons, voulez-vous le parcours tel qu’il se présente aujourd’hui :
Le Rite Français comporte 81 grades répartis comme suit :3 grades en Loge bleue4 Ordres dans les grades de sagesse plus un V° Ordre lui-même divisé en 3 Arches.
1er Ordre, la transition entre le monde d’avant et celui à découvrir ; de la vengeance à la justice. Retrouver, juger et punir les assassins du M tel est le fil rouge du 1er Ordre. Le premier Ordre a pour thème essentiel l’établissement de la justice. Quand règne la justice, alors la vérité est satisfaite et la paix peut s’établir : paix intérieure de l’homme, paix dans la société, dans la cité, paix entre les Nations. Au premier Ordre le maçon travaille à l’établissement de la justice dans tous les domaines.
2ème Ordre, établir la base du nouveau progrès : de la réunion des hommes à l’unité des valeurs. L’un des objectifs des maçons est de travailler à la réalisation de l’union des hommes. Mais sous des apparences vertueuses, l’union peut cacher des objectifs contradictoires et même opposés. L’union peut aussi être faite dans un but pervers : les mauvais compagnons, assassins du M  ont réussi leur forfait car ils étaient unis. L’union ne peut être féconde que si elle tend à réaliser l’unité des valeurs universelles portées par l’humanisme maçonnique. Dans les rituels originaux, ce thème est illustré par la recherche de la connaissance et sa découverte, connaissance symbolisée par un bijou précieux.
3ème Ordre, explique le mouvement : de la destruction à la construction. Les rituels d’origine nous racontent ici la reconstruction du Temple. Les maçons libérés reconstruisent le Temple en tenant la truelle d’une main et en ayant l’épée de l’autre. Deux enseignements sont contenus : aucune construction n’est jamais définitive, l’histoire humaine est celle d’un ternaire perpétuel : construction, destruction, reconstruction et ensuite les valeurs acquises sont toujours menacées et il convient d’être toujours prêt à se battre pour les défendre.
4ème Ordre, décrit la transmutation finale : de la Liberté à l’épanouissement. Le travail de l’apprenti maçon est consacré à la lutte qu’il doit mener pour devenir un homme libéré, donc libre. Libéré des obstacles imposés par la nature extérieure hostile. Libéré également des contraintes qu’il rencontre à l’intérieur de lui-même. A cette libération effectuée, à cette liberté conquise répond, en miroir, l’enseignement du IV° Ordre consacré à l’épanouissement de l’homme dans une société dont les structures et le fonctionnement permettent la réalisation de cet idéal. Ainsi, après avoir parcouru les étapes précédentes : établir la justice, travailler à réaliser l’unité des valeurs, reconstruire. Le maçon peut alors s’épanouir dans une société juste et plus éclairée.
Enfin le V° Ordre qui permet de vivre pleinement son détachement, comporte trois étapes, trois arches à franchir non pas, pour plagier les grades de 31,32, et 33ème du Rite Ecossais, mais comme un ultime rappel de cet essentiel en trois points qui ponctue toute la vie Maçonnique, l’universalisme, la tradition et l’esprit du Rite. Et dans cette construction, le grade ultime, Sublime Philosophe Inconnu, comprendra selon le texte historique de Roettiers de Montaleau, je cite :« Tous les grades physiques et métaphysiques et tous les systèmes particulièrement ceux adoptés par les associations maçonniques en vigueur ».Il est aujourd’hui le symbole de l’esprit du Rite, qui est le sérieux de l’esprit et non l’esprit du sérieux.
Ce sérieux de l’esprit est le gage d’une réussite qui dépasse aujourd’hui les frontières du GODF, presque la totalité des obédiences françaises ont repris à leur compte cette démarche ; elle dépasse les frontières de l’Hexagone, répandue en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et surtout en Amérique du Sud.
C’est pourquoi le GCG du GODF  a entrepris deux chantiers : un dans le temps, un dans l’espace.
* Dans l’espace, l’objectif est de rassembler les FF et SS qui, partout dans le monde désirent retrouver l’Original.
* Dans le temps , l’idée est de provoquer le travail des FF et des SS de toutes origines pour montrer au monde, que la Maçonnerie, notre Maçonnerie, révisée d’une Laïcité comme seul antidote crédible à tout dogmatisme, recèle des messages originaux, mais encore qu’elle demeure une structure sociale en marche des plus crédibles pour proposer un monde meilleur et plus éclairé, dans la lignée de la Maçonnerie du siècle des Lumières.

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commentaires

Noël ANTOINE 30/07/2016 09:49

Bonjour
Je suis un peu étonné de trouver sur le blog Montaleau un balustre sur le Rite Français que j'avais présenté à la Loge LA LUZ de la Grande Loge Symbolique Espagnole.
Il semblerait que ce balustre vous a été communiqué par La LUZ ?
je tiens à le préciser que c'est sans mon autorisation, bien que cela ne soit pas dramatique, je trouve le procédé un peu cavalier en tout cas pas correct.
Noël ANTOINE " Grand Chapitre Général du GODF"
V° ordre
Préfet région 6

MONTALEAU 01/08/2016 14:53

Je ne me souviens vraiment pas comment cet article m'est parvenu.
Seule la qualité du texte m'a conduit à le publier.
Si tu le souhaites, je peux immédiatement supprimer cet article de mon blog, comprenant parfaitement ton commentaire.
Je suis un vieux Maçon, initié en 1972 à Paris au GODF. En 1975, j'ai rejoint mon ile natale, la Martinique.
Actuellement, je suis membre du GCF, V° Ordre, membre de la Chambre des Grades.
Fraternelles salutations
Tribise
R de M

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