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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 05:18

 

  CATÉCHISME DES APPRENTIFS.

DEMANDE.

Quel est le premier soin d'un maçon ?

REPONSE.

C'est de voir si la Loge est bien couverte.

DEMANDE.

Êtes-vous Maçon ?

REPONSE.

Mes Frères et Compagnons me reconnoissent pour tel.

DEMANDE.

A quoi connoîtrai-je que vous êtes Maçon ?

REPONSE.

A mes Signes, mes Marques et ma Parole.

DEMANDE.

Quels sont les Signes des Maçons ?

REPONSE.

L'Equerre, le Niveau, & la Perpendiculaire.

DEMANDE.

Quels sont les Marques ?

REPONSE.

Certains Attouchements réguliers que l'on se donne entre Frères.

DEMANDE.

Donnez-moi le Signe d'Apprentif ?

(On fait le Signe d'Apprentif.)

DEMANDE.

Donnez-moi l'Attouchement ?

(On donne l'Attouchement.)

DEMANDE.

Donnez-moi la Parole ?

REPONSE.

Je l'épellerai avec vous. Dites moi la première lettre, je vous dirais la seconde.

DEM. J

REP. A

DEM. K

REP. I

DEM. N

DEMANDE.

Que veut dire JAKIN ?

REPONSE.

Ma force est en Dieu ; & c'est le nom d'une des deux colonnes d'airain, placées à la porte du Temple de Salomon, auprès de laquelle s'assembloient les Apprentifs pour prendre l'Ordre.

DEMANDE.

Quel est le mot de Passes des Apprentifs ?

REPONSE.

T U B A L C A I N

DEMANDE.

Que veut dire TUBALCAIN ?

REPONSE.

C'est le fils de Lamech, le premier qui travaille les Métaux.

DEMANDE.

D'où venez-vous ?

REPONSE.

De la Loge de Saint-Jean.

DEMANDE.

Quelle recommandation nous apportez-vous ?

REPONSE.

Bon accueil aux Frères Visiteurs.

DEMANDE.

N'apportez-vous rien de plus ?

REPONSE.

Le Vénérable Maître de la Loge de Saint-Jean vous salue par trois fois.

DEMANDE.

Que venez-vous faire ici ?

REPONSE.

Vaincre mes passions, soumettre mes volontés & faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie

DEMANDE.

Où avez-vous été reçu Maçon ?

REPONSE.

Dans une Loge complette & régulièrement assemblée.

DEMANDE.

Combien y a-t-il de sortes de Loges ?

REPONSE.

Trois : sçavoir ; la simple, la juste & la parfaite.

DEMANDE.

Qui compose la Loge simple ?

REPONSE.

Trois, un Vénérable Maître, & deux Surveillans.

DEMANDE.

Où étoit placé le Vénérable ?

REPONSE.

A l'Orient.

DEMANDE.

Pourquoi ?

REPONSE.

De même que le Soleil se lève à l'Orient pour ouvrir le Jour, ainsi le Vénérable s'y place, pour ouvrir la Loge, l'éclairer, la gouverner, & mettre les Ouvriers à l'œuvre.

DEMANDE.

Où étoient placés les Surveillans ?

 REPONSE.

A l'Occident.

DEMANDE.

Pourquoi ?

REPONSE.

De même que le Soleil se couche à l'Occident, pour fermer le Jour, ainsi les Surveillans s'y placent pour fermer la Loge, payer les Ouvriers, & les renvoyer contens.

DEMANDE.

Où se tenoient les Apprentifs ?

REPONSE.

Au Septentrion.

DEMANDE.

Pourquoi ?

REPONSE.

Pour garder et renforcer la Loge.

DEMANDE.

Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon ?

 REPONSE.

Parce que j'étois dans les ténèbres, & que j'ai voulu voir la lumière.

DEMANDE.

Par qui avez-vous été introduit en loge ?

REPONSE.

Par un Ami qui m'a remis entre les mains d'un autre Ami, que j'ai reconnu après pour le second Surveillant.

DEMANDE.

Qui vous a examiné en Loge ?

REPONSE.

Un expert

DEMANDE.

Dans quel état étiez-vous alors ?

 REPONSE.

Ni nud, ni vêtu ; cependant dans une posture décente & dépourvu de tous Métaux.

DEMANDE.

Pourquoi ni nud, ni vêtu ?

REPONSE.

Parce que la vertu n'a pas besoin d'ornemens pour paroître avec éclat.

DEMANDE.

Pourquoi dépouillé de tous métaux ?

REPONSE.

C'est que lorsqu'on bâtit le Temple de Salomon, on n'entendit aucun bruit de marteau, ou d'autres outils, composés d'aucun métal.

DEMANDE.

Comment a-t-on pu élever un si vaste & solide édifice, sans le secours d'aucun instrument construit de métaux ?

REPONSE.

C'est qu'Hiram, roi de Tyr, envoya à Salomon, les Cèdres du Liban, tous taillés & prêts à poser, & Salomon en fit faire autant dans les carrières, des pierres dont il avoit besoin pour son Temple.

DEMANDE.

Comment avez-vous été introduit en Loge ?

REPONSE.

Par trois grands coups.

DEMANDE.

Que signifie ces trois grands coups ?

REPONSE.

Trois Paroles de l'Ecriture Sainte : Frappez, on vous ouvrira ; Parlez, on vous répondra ; Demandez, on vous donnera.

DEMANDE.

Que vous ont produits ces trois grands coups ?

REPONSE.

Un second Surveillant.

DEMANDE.

Qu'a-t-il fait de vous ?

REPONSE.

Il m'a fait faire trois fois le tour de la Loge, par le Septentrion, & m'a remis à l'Occident, entre les mains du premier Surveillant.

DEMANDE.

Que cherchiez-vous dans cette route ?

REPONSE.

La lumière.

DEMANDE.

Que vous a fait faire le premier Surveillant ?

 REPONSE.

Il m'a fait mettre les pieds en équerre, il m'a fait voyager en Maçon, & il m'a présenté au Vénérable Maître.

DEMANDE.

Comment voyagent les Apprentifs ?

REPONSE.

De l'Occident à l'Orient.

DEMANDE.

Pourquoi ?

REPONSE.

Pour aller chercher la lumière.

DEMANDE.

Qu'est-ce que le Vénérable a fait de vous ?

 REPONSE.

Avec le désir sincère que j'avois & le consentement de la Loge, il m'a reçu Maçon.

DEMANDE.

Comment vous a-t-il reçu Maçon ?

 REPONSE.

Avec toutes les formalités requises ; j'étois dépourvu de tout Métaux ; j'avois le genou droit nud sur l'Equerre ; le soulier gauche en pantoufle ; la main droite sur l'Evangile ; & de la gauche je tenois un Compas à demi-ouvert sur la mamelle gauche, qui étoit nue.

DEMANDE.

Que faisiez-vous dans cette posture ?

REPONSE.

Je contractois un engagement de garder les Secrets des Maçons & de la Maçonnerie.

DEMANDE.

Quels sont ces Secrets ?

REPONSE.

Des Paroles, des Attouchements, & des Signes, sans nombre.

DEMANDE.

Qu'avez-vous vu quand vous avez entré en Loge ?

 REPONSE.

Rien que l'esprit humain puisse comprendre.

DEMANDE.

Qu'avez-vous vu quand vous avez été reçu Maçon ?

REPONSE.

Trois grandes Lumières, placées l'une à l'Orient, l'autre à l'Occident, & la troisième au midi.

DEMANDE.

Pourquoi point au Septentrion ?

REPONSE.

C'est que les rayons du Soleil pénètrent foiblement vers cette partie

DEMANDE.

A quoi servoient ces Lumières ?

REPONSE.

A éclairer ceux qui venoient à la loge, ceux qui y travailloient, & ceux qui s'en retournoient.

DEMANDE.

Que signifient ces trois Lumières ?

REPONSE.

Le Soleil, la Lune, & le Maître de la Loge.

DEMANDE.

Où étoit située votre Loge ?

 REPONSE.

Dans la vallée de Josaphat, au pied de la plus haute montagne.

DEMANDE.

Quelle forme avoit-elle ?

REPONSE.

Un quarré long.

DEMANDE.

Quelle longueur ?

REPONSE.

De l'Orient à l'Occident.

DEMANDE.

Quelle profondeur ?

REPONSE.

De la surface de la Terre au centre.

DEMANDE.

Quelle largeur ?

REPONSE.

Du Midi au Septentrion

DEMANDE.

Quelle hauteur ?

REPONSE.

Des pieds, des toises, & des coudées sans nombre.

DEMANDE.

Qui la couvroit ?

REPONSE.

Un Dais céleste, orné d'étoiles.

DEMANDE.

Qui la soutenoit ?

REPONSE.

Trois grands Piliers.

DEMANDE.

Comment les nommez-vous ?

REPONSE.

Sagesse, Force, & Beauté.

DEMANDE.

Pourquoi les nomme-t-on ainsi ?

REPONSE.

Sagesse pour inventer ; Force pour soutenir ; Beauté pour orner.

DEMANDE.

Combien y avoit-il de Fenêtres ?

REPONSE.

Trois.

DEMANDE.

Où étoient-elles situées ?

REPONSE.

L'une à l'Orient, l'autre au Midi, & la troisième à l'Occident.

DEMANDE.

Combien y avoit-il de Bijoux dans votre Loge ?

 REPONSE.

Six ; sçavoir : trois mobiles, & trois immobiles.

DEMANDE.

Quels sont les bijoux mobiles ?

REPONSE.

L'Equerre, le Niveau, & la Ligne d'à-plomb.

DEMANDE.

Quels sont les bijoux immobiles ?

REPONSE.

La Planche à tracer, la Pierre brute, & la Pierre cubique à pointe.

DEMANDE.

Quel est l'usage des bijoux mobiles ?

REPONSE.

L'Equerre sert à donner la forme ; le Niveau à mettre à l'uni ; & la Ligne d'à-plomb, à élever des perpendiculaires sur leurs bases.

DEMANDE.

Quel est l'usage des bijoux immobiles ?

REPONSE.

La Planche à tracer sert aux Maîtres pour faire leurs Plans ; la Pierre brute sert aux Compagnons pour travailler, & la pierre cubique à pointe sert aux Apprentifs pour aiguiser les outils.

DEMANDE.

A qui étoit dédiée votre Loge ?

REPONSE.

A Saint Jean.

DEMANDE.

Pourquoi ?

REPONSE.

C'est que du temps des guerres Saintes, dans la Palestine, les Chevaliers Maçons se réunirent aux Chevaliers de Saint Jean de Jérusalem.

DEMANDE.

Pourquoi met-on l'épée à la main quand on reçoit un Frère ?

REPONSE.

C'est pour écarter les profanes.

DEMANDE.

Combien y a-t-il de sortes de Maçons ?

 REPONSE.

De deux sortes ; sçavoir : les Maçons de théorie, & les Maçons de pratique.

DEMANDE.

Qu'apprenez-vous étant Maçon de théorie ?

REPONSE.

Une bonne morale, à épurer nos mœurs, & à nous rendre agréables à tout le monde.

DEMANDE.

Q'est-ce qu'un Maçon de pratique ?

REPONSE.

C'est l'Ouvrier Tailleur de pierre, & qui élève des Perpendiculaires sur leurs bases.

DEMANDE.

Quels sont les devoirs d'un Maçon ?

REPONSE.

De fuir le Vice, & de pratiquer la Vertu.

DEMANDE.

Quels sont ses qualités ?

REPONSE.

Force, Sagesse, & Beauté.

DEMANDE.

Comment réunit-il en lui ces trois qualités ?

REPONSE.

Sa Force est dans l'union avec ses Frères ; sa Sagesse, dans les mœurs, & la Beauté, dans son caractère.

DEMANDE.

Quelle heure est-il ?

REPONSE.

Douze heures sonnées.

DEMANDE.

Quel âge avez-vous ?

REPONSE.

Au dessous de sept ans.

Fin du Catéchisme des Apprentifs.

 

  CATÉCHISME DES COMPAGNONS.

  DEMANDE.

Etes-vous Compagnon ?

REPONSE.

Oui, je le suis, Vénérable.

DEMANDE.

Pourquoi vous êtes-vous fait Compagnon ?

 REPONSE.

Par rapport à la lettre G

DEMANDE.

Que signifie la lettre G ?

REPONSE.

Géométrie, ou cinquième des Sciences.

DEMANDE.

Avez-vous travaillé ?

REPONSE.

Oui, Vénérable.

DEMANDE.

Avez-vous été payé ?

REPONSE.

J'en suis content.

DEMANDE.

Où avez-vous travaillé ?

REPONSE.

Dans le Temple de Salomon.

DEMANDE.

Par où y êtes-vous entré ?

REPONSE.

Par la porte de l'Occident.

DEMANDE.

Qu'avez-vous remarqué ?

REPONSE.

Deux grands Piliers.

DEMANDE.

De quelle matière étoient-ils ?

REPONSE.

De bronze.

DEMANDE.

De quelle hauteur ?

REPONSE.

De dix-huit coudées.

DEMANDE.

Quelle en étoient la circonférence ?

 REPONSE.

De douze coudées.

DEMANDE.

Et l'épaisseur ?

REPONSE.

De quatre doigts.

 DEMANDE.

Quels étoient leurs ornements ?

REPONSE.

Deux Chapiteaux, décorés de Lys, avec des Pommes de grenades.

DEMANDE.

Combien y en avait-il ?

REPONSE.

Cent & plus.

DEMANDE.

Où se tenoient les Compagnons ?

REPONSE.

Au Midi.

DEMANDE.

Pourquoi ?

REPONSE.

Pour recevoir l'instruction, & faire bon accueil aux Frères Visiteurs.

DEMANDE.

Donnez-moi des signes de Compagnon ?

(On fait le Signe de Compagnon.)

DEMANDE.

Donnez-moi l'Attouchement ?

(On donne l'Attouchement.)

DEMANDE.

Donnez-moi la Parole ?

REPONSE.

Je l'épellerai avec vous. Dites-moi la première lettre, je vous dirai le seconde.

DEM. B

REP. O

DEM. O

REP. Z

DEMANDE.

Que signifie BOOZ ?

REPONSE.

La persévérance dans le bien ; c'est le nom de l'autre Pilier placé à la porte du Temple, auprès duquel s'assembloient les Compagnons pour recevoir leur salaire.

DEMANDE.

Quel est le mot de passe des Compagnons ?

REPONSE.

S C H I B B O L E T H.

DEMANDE.

Que veut dire SCHIBBOLETH ?

REPONSE.

C'était le mot de passe des Tribus qui étoient en guerre avec la Tribu d'Ephraïm ; les Sentinelles postées sur le bord du Jourdain, demandaient aux Ephraïmites ce mot, qu'ils ne pouvaient prononcer comme les autres ; alors, on les reconnoissoit pour ennemis, & on les précipitoit dans le Fleuve après les avoir tués.

 DEMANDE.

Comment voyagent les Apprentifs Compagnons ?

REPONSE.

De l'Occident au Midi ; du Midi au Septentrion, & du Septentrion à l'Orient.

DEMANDE.

A quoi se réduisent les principaux Signes de la Maçonnerie ?

REPONSE.

A quatre.

DEMANDE.

Qui sont-ils ?

REPONSE.

Le Guttural, le Pectoral, le Manuel & le Pédestre.

DEMANDE.

A quoi sert le Guttural ?

REPONSE.

A donner le Signe d'Apprentifs, & à nous faire souvenir que nous mériterions d'avoir la gorge coupée, si nous révélions le secret de la Maçonnerie.

DEMANDE.

A quoi sert le Pectoral ?

REPONSE.

A donner le Signe de Compagnon ; à marquer que nous gardons les secrets des Maçons, dans le cœur ; & à nous souvenir, que nous mériterions de l'avoir arraché, si nous étions capables de violer notre Serment.

DEMANDE.

A quoi sert le Manuel ?

REPONSE.

A donner l'Attouchement.

DEMANDE.

A quoi sert le Pédestre ?

REPONSE.

A marquer un Maçon, exact à mettre ses pieds en équerre.

DEMANDE.

Combien avez-vous d'ornemens dans votre Loge ?

 REPONSE.

Trois.

DEMANDE.

Qui sont-ils ?

REPONSE.

Le Pavé mosaïque, l'Etoile flamboyante, & la Houppe dentelée.

DEMANDE.

Quel étoit leur usage ?

REPONSE.

Le Pavé mosaïque pavoit le Temple, l'Etoile flamboyante étoit au centre, & la Houppe dentelée bornoit les extrémités.

DEMANDE.

Avez-vous vu votre Maître aujourd'hui ?

 REPONSE.

Oui, Vénérable.

DEMANDE.

Comment étoit-il habillé ?

REPONSE.

D'or & d'azur.

DEMANDE.

Depuis quel tems le servez-vous ?

REPONSE.

Depuis le Lundi matin jusqu'au Samedi au soir.

DEMANDE.

Comment le servez-vous ?

REPONSE.

Avec zèle, ferveur, & liberté.

DEMANDE.

Quel est le nom d'un Maçon ?

REPONSE.

G A B A N O N.

DEMANDE.

Et celui d'un fils de Maçon ?

REPONSE.

LUSTON.

DEMANDE.

Quel Privilège ont-ils en Loge ?

REPONSE.

D'être reçus avant tous les Princes, Seigneurs, & autres.

DEMANDE.

Que doit observer un Maçon ?

REPONSE.

Quatre choses ; le silence, le secret, la prudence, & la charité envers les Frères.

DEMANDE.

Que doit-il fuir ?

REPONSE.

La médisance, la calomnie, & l'intempérance.

DEMANDE.

Quel âge avez-vous ?

REPONSE.

Sept ans.

  Fin du Catéchisme des Compagnons.

 

 

CATÉCHISME DES MAITRES

 DEMANDE.

Etes-vous Maître ?

REPONSE.

Examinez-moi, puis approuvez-moi ou me désapprouvez, si vous pouvez.

Au lieu de cette réponse, on dit, si on veut, ces trois mots :

L'Acacia m'est connu.

DEMANDE.

Où avez-vous été reçu Maître ?

REPONSE.

Dans une Loge de Maître juste & parfaite.

DEMANDE.

Combien faut-il être pour compose une telle Loge ?

REPONSE.

Sept ; savoir : un très-respectable Maître, deux Vénérables Surveillans, & quatre Maîtres.

DEMANDE.

Comment avez-vous passé à la Maîtrise ?

REPONSE.

De l'Equerre au Compas.

DEMANDE.

Sans doute que vous étiez reçu Apprentif et Compagnon ?

REPONSE.

JAKIN & BOOZ me sont connus.

DEMANDE.

Et la règle de trois vous est-elle connue ?

REPONSE.

Je l'entends et la clef de toutes les Loges est à mon commandement.

DEMANDE.

Qu'avez-vous vu en entrant dans la Loge ?

REPONSE.

Tristesse & lumière.

DEMANDE.

Si l'un de vos Frères étoit perdu, où le trouveriez-vous ?

REPONSE.

Entre l'Equerre & le Compas.

DEMANDE.

Comment voyagent les Maîtres ?

REPONSE.

De l'Orient à l'Occident.

DEMANDE.

Pourquoi ?

REPONSE.

Pour aller répandre la lumière.

DEMANDE.

Avez-vous reçu des gages ?

REPONSE.

Oui, très-respectable.

 DEMANDE.

Où les avez-vous reçus ?

REPONSE.

Dans la chambre du milieu.

DEMANDE.

Par où y êtes-vous parvenus ?

REPONSE.

Par un escalier en forme de vis qui se monte par trois, cinq & sept.

DEMANDE.

Pourquoi ?

REPONSE.

C'est que trois Maçons gouvernent une Loge, cinq la forment ; sept la rendent juste & parfaite.

DEMANDE.

Qui s'est opposé à votre entrée dans la chambre du milieu ?

REPONSE.

Un premier Surveillant.

DEMANDE.

Qu'a-t-il exigé de vous ?

REPONSE.

Un Signe, une Parole, & un Attouchement.

DEMANDE.

Quand vous fûtes dans la chambre du milieu, que vîtes-vous ?

REPONSE.

Une grande lumière dans laquelle je crus appercevoir la lettre G

DEMANDE.

Que signifie la lettre G

REPONSE.

GOT, ou plus grand que vous très-respectable.

DEMANDE.

Qui peut être plus grand que moi, qui suis Maçon libre, & Maître d'une Loge aussi bien composée ?

REPONSE.

Elle signifie le nom de Dieu en Hébreu.

DEMANDE.

Donnez-moi le point parfait de votre entrée ?

REPONSE.

Donnez-moi le premier, je vous donnerai le second.

DEMANDE.

Je garde ?

REPONSE.

Je cache.

DEMANDE.

Que cachez-vous ?

REPONSE.

Le secret des Maçons & de la Maçonnerie.

DEMANDE.

Où gardez-vous ce secret ?

REPONSE.

Dans le cœur.

 DEMANDE.

Y a-t-il une clef pour y entrer ?

REPONSE.

Oui, très-Respectable.

DEMANDE.

Où gardez-vous cette clef ?

REPONSE.

Dans une Boëte de corail, en forme d'Arche, qui ne s'ouvre, & ne se ferme qu'avec d'autres clefs d'yvoire.

DEMANDE.

De quel métal est cette clef ?

REPONSE.

D'aucun ; c'est une langue accoutumée aux bons rapports, qui ne sait dire que du bien, en l'absence comme en la présence de ceux dont elle parle.

DEMANDE.

Que venez-vous faire ici ?

REPONSE.

Chercher ce qui étoit perdu.

DEMANDE.

Qu'est-ce qui étoit perdu ?

REPONSE.

La Parole du Maître.

DEMANDE.

Comment fut-elle perdue ?

REPONSE.

Par trois grands coups, & par la mort d'Adoniram.

DEMANDE.

Comment notre très-respectable Maître ADONIRAM fut-il assassiné ?

REPONSE.

Par trois Compagnons qui complotèrent de lui arracher le mot de Maître ou la vie.

DEMANDE.

Comment reconnu-t-on l'endroit où ces scélérats l'enterrèrent après l'avoir assassiné ?

REPONSE.

Par une branche d'Acacia, qu'ils mirent eux-mêmes sur son Tombeau.

DEMANDE.

Comment la Parole du Maître fut-elle recouvrée ?

REPONSE.

Les neuf Maîtres employés à la recherche d'Adoniram, convinrent ensemble, dans la crainte que le mot de Maître n'eut transpiré, que la première parole qu'ils profèreroient, en l'exhumant, seroit à l'avenir le mot de Maître.

DEMANDE.

Donnez-moi le signe de Maître ?

(on donne le signe de Maître.)

DEMANDE.

Donnez-moi l'attouchement ?

(On donne l'attouchement.)

 DEMANDE.

Donnez-moi la Parole à l'oreille ?

REPONSE.

Je l'épellerai avec vous. Dites-moi la première lettre, je vous dirais le seconde.

DEM. M

REP. A

DEM. K

REP. B

DEM. E

REP. N

DEM. A

REP. K

DEMANDE.

Quel est le mot de passe des Maîtres ?

REPONSE.

GIBLOS

DEMANDE.

Que fit-on du corps de notre très-respectable Maître Adoniram ?

REPONSE.

Salomon, pour récompenser son mérite le fit inhumer dans le Sanctuaire du Temple.

DEMANDE.

Que fit-on mettre sur son Tombeau ?

REPONSE.

Une médaille d'or faite en triangle où était gravé JEHOVA, l'ancien mot de Maître, qui est le nom de Dieu en Hébreu.

DEMANDE.

Avez-vous travaillé ?

REPONSE.

Oui, Vénérable.

DEMANDE.

Où avez-vous travaillé ?

REPONSE.

Dans la Chambre du milieu.

DEMANDE.

Avec quoi avez-vous travaillé ?

REPONSE.

Avec de la Craye, du Charbon & une Terrine.

DEMANDE.

Que signifie la Craye ?

REPONSE.

Zèle.

DEMANDE.

Que signifie le Charbon ?

REPONSE.

Ferveur.

DEMANDE.

Que signifie la Terrine ?

REPONSE.

Confiance.

 DEMANDE.

Quel âge avez-vous ?

REPONSE.

Sept ans & plus.

Fin du Catéchisme des Maîtres.

 DISCOURS DE MAITRE, POUR LA RECEPTION

Après l'obligation, le Récipiendaire étant debout devant le Vénérable Maître, &c. le Maître lui dit :

Mon cher Frère, pour commencer à vous instruire des mystères de la Maîtrise, il est bon de vous dire que notre respectable Maître Adoniram, grand Architecte du Temple de Salomon, possédant les secrets de la Maîtrise, aima mieux souffrir la mort que de révéler les dits secrets. Je pense que vous êtes dans les mêmes sentimens ; c'est pourquoi je me vois forcé de vous traiter de la même manière dont il fut traité par trois scélérats de Compagnons, qui attentèrent à sa vie pour avoir la paye de Maître. Du premier coup il fut étourdi, du second il trébucha, & du troisième il fut renversé.

Mon cher Frère, c'est à vous que j'adresse la parole : Vous représentez ici notre très-respectable Maître, reposant dans le Saint des Saints ; c'est ce que je vais vous expliquer par un récit abrégé de la vie & de la mort de ce grand Homme.

D A V I D, Roi d'Israël, ayant formé le projet d'élever un Temple à l'Eternel, amassa pour cet effet de riches trésors. Mais ce grand œuvre était réservé à son fils S A L O M O N, à qui Dieu donna le don de sagesse par son esprit, de force par sa puissance, & de beauté par ses richesses. SALOMON ayant pris l'année, le mois & le jour, pour commencer ce grand Edifice, en fit part à H I R A M, Roi de Tyr, son voisin, son ami & son allié, qui lui envoya les Cèdres du Liban tous taillés & prêts à poser ; SALOMON en fit de même dans les carrières, pour les pierres dont il avait besoin pour la construction de son Temple : mais HIRAM lui fit un bien plus précieux don en la personne d'Adoniram, issu de son sang, fils d'une veuve de la tribu de Nephtali ; son père se nommait HUR, excellent ouvrier dans l'Architecture & dans la fonte des métaux. SALOMON connaissant ses vertus, son mérite & ses talents, le distingua par le poste le plus éminent, lui donnant la conduite du Temple, & la direction des Ouvriers. Mais comme les Ouvriers étoient en grand nombre, il les sépara en trois classes, les Apprentifs, les Compagnons & les Maîtres, & leur donna à chacun d'eux un signe, une parole & un attouchement, pour pouvoir se faire connoître, & recevoir leur salaire. Trois scélérats de Compagnons, remplis d'avarice & d'envie, voulant toucher la paye de Maître, projetterent de l'avoir de force, ou la vie de notre très-respectable Maître Adoniram. Pour cet effet, l'un se place à la porte de l'occident du Temple, le second à la porte du midi, & le troisième à la porte du nord. Adoniram, selon sa coutume, vers la fin du jour, s'en vint pour faire la visite des travaux, afin d'en rendre compte à SALOMON, & entra dans le Temple par la porte de l'occident, où il trouva le premier de ces malheureux, qui lui demanda avec violence la paye de Maître ou la vie. Adoniram surpris, lui répondit néanmoins avec douceur : Mon Frère, ce n'est point de cette façon que je l'ai acquise ; travaillez, méritez, & vous l'aurez. Non content de cette réponse, ce téméraire le frappa d'un coup de règle, qui le fit fuir vers la porte du midi, où il trouva le second de ces scélérats, qui lui fit la même demande : Adoniram lui fit la même réponse. Ce malheureux le frappa d'un coup de rouleau qui l'étourdit ; &, fuyant vers la porte du nord, il trouva le troisième, qui l'arrêta, en lui demandant la parole de Maître, ou la vie. Mais Adoniram persista avec fermeté & courage à garder son secret : c'est de ce troisième malheureux qu'il reçu un furieux coup de maillet, qui le fit tomber mort vers la porte de l'orient. Ils se rassemblèrent entre eux, se demandèrent la parole de Maître ; voyant qu'ils ne l'avoient pas & honteux de leur crime, ils calevèrent le corps de notre respectable Maître, le portèrent hors du Temple, le cachèrent sous des décombres, dans l'intention, furtivement de nuit, de l'enlever & de le porter hors de Jérusalem ; ce qu'ils firent. Trois, cinq & sept jours se passèrent sans que SALOMON vit son grand Architecte ; il en fut fort inquiet, & ordonna à neuf des plus jeunes Maîtres d'aller à la découverte, & de lui en apporter des nouvelles. Trois partirent par la porte de l'orient, trois par la porte du midi, & trois par la porte de l'occident ; ils convinrent entr'eux de ne point s'éloigner les uns des autres plus loin que la voix humaine ne puisse s'entendre. L'un d'eux, fatigué de sa course, & voulant se reposer au pied d'une colline, s'aperçut que la terre étoit fraîchement remuée ; il s'en approcha, & en fouillant, il trouva le corps de notre respectable Maître Adoniram. Il appelle ses camarades qui, à sa voix, s'approchent de lui ; il leur fait part de la triste découverte : mais par respect, n'osant y toucher, ils recouvrirent la fosse, & se trouvant proche de là un arbre nommé Acacia, ils en arrachèrent une branche, la plantèrent sur l'endroit, pour pouvoir le reconnoître, & s'en retournèrent à Jérusalem, rendre compte à SALOMON de la perte de son grand Architecte. SALOMON, pénétré de la plus vive douleur, déchira ses vêtemens, & jura qu'il en seroit fait vengeance : il ordonna à neuf des plus anciens Maîtres, d'aller faire l'exhumation du corps, & de le rapporter à Jérusalem, avec pompe funèbre. Les Maîtres convinrent entr'eux, dans la crainte que par le force des tourmens & violence, le mot de Maître n'eut transpiré, que le premier signe, parole et attouchement qui seroit fait & proféré à la levée du corps, serviroit à l'avenir pour les Maîtres. De plus, ils se revêtirent de tabliers & gants de peau blanche, pour preuve de leur innocence, & qu'ils n'avoient point trempé leurs mains dans le sang innocent. Le plus ancien d'entr'eux s'avança, (en cet endroit, le Vénérable Maître, en continuant son Discours, opère & relève le Récipiendaire en lui donnant l'accolade) & en découvrant le gazon, dont ceci nous sert de symbole, il le prit par JAKIN, mais le doigt lui resta dans la main ; il le prit par BOOZ, de même, la chair étant putréfiée, les os quittèrent la peau ; mais pour plus de fermeté, il le prit par les cinq points de la Maçonnerie, que nous nommons la Grippe, & le releva de cette façon ; pied contre pied, genou contre genou, estomac contre estomac, la main derrière le dos, il proféra ces mots, M. B. qui signifie, le corps est corrompu ;ils le rapportèrent à Jérusalem, où SALOMON, pour récompenser ses vertus, son mérite & ses talens, le fit inhumer dans le sanctuaire du Temple, & fit mettre sur son tombeau une médaille d'or en forme de triangle, où étoit gravé JEHOVA, l'ancien mot de Maître, qui signifie le nom de Dieu en Hébreu. Son cercueil étoit de marbre noir, de sept pieds de long, cinq de large & trois de profondeur.

DISCOURS DE L'ORATEUR A la Réception d'un Apprentif.

Monsieur, la fermeté & le courage avec lequel vous avez surmonté tous les obstacles qui se sont présentés à vous symboliquement, dans le voyage mystérieux que l'on vous a fait faire, m'est un gage assuré du désir que vous avez d'être reçu dans notre Ordre ; c'est pourquoi ,vous devez vous dépouiller de tous faux préjugé du profane vulgaire. Vous êtes un homme qui allez renaître : vous étiez tout à l'heure privé de la vue par un bandeau, & si néanmoins vous êtes encore aveugle ; ce n'est que par gradation que vous commencerez à jouir du plaisir de la lumière ; ce n'est que lorsque vous serez instruit de nos mots, signes & attouchements que vous jouirez du plaisir & de l'avantage de posséder l'Art Royal. Vous devenez, en ce moment, citoyen du monde entier ; partout où vous trouverez des hommes, vous trouverez des Maçons prêts à vous secourir dans vos besoins, si vos mœurs sont simples, honnêtes & sincères. Notre Ordre, aussi ancien que respectable, puisque les Rois, Princes & Seigneurs se font un honneur de l'acquérir & de l'honorer de leur présence, ne vous engage à rien qui puisse blesser votre délicatesse ni votre conscience ; c'est la réformation des mœurs ; c'est de faire un homme fidel à Dieu, à son Prince, à l'Etat, ami de la veuve & de l'orphelin. Aimer & soulager les frères dans le besoin, de tout son pouvoir ; fuir le vice, & pratiquer la vertu : voila le Maçon, voila le secret ! Je pense que vous êtes dans ces sentimens-là ; c'est pourquoi je vous engage de répéter avec attention l'obligation que va vous faire prononcer le très-vénérable Maître de cette illustre Loge.

  FIN.


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