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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 17:52
RITE ANCIEN ET ACCEPTE
APPRENTI

OUVERTURE.

  Le vén.·. frappe un coup de maillet, et dit:

D. T.·.C.·.F.·. premier surv.·., quel est le premier devoir d'un surv.·. en loge?

R. C'est de s'assurer si le temple est couvert.

D. Veuillez vous en assurer, mon frère.

 "Le frère couvreur fait son office, et en rend compte au premier surv.·."

R. T.·. V.·., le temple est couvert.

D. Quel est le second devoir d'un premier surv.·. en loge?

R. C'est de s'assurer si tous les frères qui la composent sont maç.·.

D. Le sont-ils, très-cher frère?

R. Ils le sont sur l'une et l'autre colonne, vén.·.

"Le vénérable frappe un coup."

D. T.·. C.·. F.·. second diacre, quelle est votre place en loge?

R. À la droite du premier surveillant, s'il veut bien le permettre.

D. Pourquoi, mon frère?

R. Pour porter ses ordres au second surv.·., et veiller à ce que les frères se tiennent décemment sur les colonnes.

D. Où se tient le premier diacre?

R. Derrière ou à la droite du vén.·., s'il veut bien le permettre.

D. Pourquoi, T.·. C.·. F.·. premier diacre?

R. Pour porter ses ordres au premier surv.·. et à tous les dignitaires, afin que les travaux soient plus promptement exécutés.

D. Où se tient le deuxième surv.·.?

R. Au sud.

D. Pourquoi, T.·. C.·. F.·. deuxième surv.·., occupez-vous cette place?

R. Pour mieux observer le soleil à son méridien, envoyer les ouvriers au travail, les rappeler du travail à la récréation, afin que le vén.·. en tire honneur et gloire.

D. Où se tient le premier surveillant?

R. À l'ouest.

D. Pourquoi, T.·. C.·. F.·. premier surveillant?

R. Comme le soleil se couche à l'ouest pour fermer le jour, de même le premier surv.·. s'y tient pour ouvrir et fermer la loge, payer les ouvriers, et les renvoyer contens et satisfaits.

D. Où se tient le vén.·.?

R. À l'est.

D. Pourquoi, mon frère?

R. Comme le soleil se lève à l'est pour commencer sa course et ouvrir le jour, de même le vén.·. s'y tient pour ouvrir la loge, la diriger dans ses travaux et l'éclairer de ses lumières.

D. À quelle heure les apprentis maçons sont-ils dans l'usage d'ouvrir leurs travaux?

R. À midi, vén.·.

D. Quelle heure est-il, F.·. second surv.·.?

R. Midi plein.

"Le vén.·. frappe alors trois coups de maillet à égale distance o o o,

ensuite se tournant vers le premier diacre, ils font mutuellement le signe guttural.Le vén.·. donne à ce premier diacre le mot sacré tout bas à l'oreille, pour ouvrir la L.·. d'app.·. maç.·. du rit écossais.

Le premier diacre le porte au premier surv.·., qui l'envoie par son diacre au second surv.·., lequel, après l'avoir reçu, frappe un coup de maillet, et dit: Vén.·. tout est juste et parfait.

Le vén.·. ôte son chapeau et dit:

Vén.·. - Au nom de Dieu et de Saint-Jean d'Écosse, la L.·. d'apprenti est ouverte. Il n'est plus permis à aucun frère de parler, ni de passer d'une colonne à l'autre sans en avoir obtenu la permission; de s'entretenir de questions politiques ou de controverse, sous les peines que commandent les statuts généraux de l'ordre. = À moi, mes frères.

Tous font le signe gutt.·. et l'applaudissement.

Le vén.·. dit:

Vén.·. - Prenez place, mes frères. (Il ajoute:)

T.·. C.·. F.·. secrétaire, veuillez nous donner lecture de la planche tracée des travaux de la dernière tenue.

Il frappe et dit:

Vén.·. - Attention, mes frères.

La lecture finie, le vén.·. frappe;

Les surveillans répètent.

Vén.·. - Frères premier et second surv.·., annoncez sur vos colonnes que si quelques frères on des observations à faire, la parole leur est acquise.

Les deux surveillans frappent un coup. Le premier dit:

Ier S.·. - Vén.·., le silence règne sur les deux colonnes.

On donne la sanction d'usage sur les conclusions du F.·. Orat.·.

Vén.·. - Frère Me.·. des cérémonies, veuillez vous transporter dans les parvis du temple, pour vous assurer s'il s'y trouve des frères visiteurs.

Le maître des cérémonies va et revient rendre compte entre les deux surveillans, va remettre sur l'autel les certificats des frères visiteurs, et retourne leur tenir compagnie.

 Le vén.·. envoie le F.·. grand expert tuiler les visiteurs, et un autre expert pour prendre leur signature, afin de la vérifier avec celle de leurs certificats.

 Vén.·. - F.·. couvreur, annoncez au Me.·. des cérém.·. qu'il peut présenter les frères visiteurs.

 Le F.·. Me.·. des cérémonies frappe.

 Les surv.·. l'annoncent.

Vén.·. - Donnez-leur l'entrée du temple. = Debout et à l'ordre, mes frères.

 Le Me.·. des cérémonies les place entre les surveillans.

Vén.·. - Debout et à l'ordre.

 Le vén.·. fait les questions suivantes:

D. D'où venez-vous? (Un des visiteurs répond:)

R. De la loge Saint-Jean d'Écosse, vén.·.

D. Qu'en apportez-vous?

R. Joie, santé, prospérité à tous mes frères.

D. N'apportez-vous rien de plus?

R. Le Me.·. de ma loge vous salue par trois fois trois.

D. Qu'y fait-on?

R. On y élève des temples à la vertu, et on y creuse des cachots pour les vices.

D. Que venez-vous faire ici?

R. Vaincre mes passions, soumettre mes volontés, et faire de nouveaux progrès dans la maçonnerie.

D. Que désirez-vous, T.·. C.·. F.·.?

R. Une place parmi vous.

Vén.·. - Elle vous est acquise. = Frère Me.·. des cérémonies, conduisez ce frère à la place qui lui est destinée. (Il l'y conduit.)

 

Si le frère visiteur est un officier d'une mère-loge, ou député près d'elle, un grand élu de la voûte sacrée, ou subl.·. prince de Royal-Secret, il est reçu à la porte avec cinq étoiles, les maillets battans , et on le fait passer sous la voûte d'acier; avec trois étoiles si c'est un vénérable.

 Le vén.·. complimente les visiteurs, et leur fait porter un houzé.

 

RECEPTION.

 

Vén.·. - F.·. expert, allez vous assurer si le profane est dans la chambre des réflexions.

 Il y va, et revient faire son rapport.

 Le vén.·. frappe, et les surv.·. répètent.

Vén.·. - Mes frères, les trois scrutins ayant été favorables au profane N........ l'ordre des travaux amène sa réception, êtes-vous disposés à y procéder?

 Tous les frères étendent la main.

Vén.·. - F.·. expert, veuillez bien prendre une plume, de l'encre, du papier, et transportez-vous auprès du profane. Dites-lui que les épreuves qu'il va subir étant très-dangereuses, il est prudent qu'il fasse son testament.

 L'expert s'y rend, et quand il croit que le testament est fini, il va le chercher, l'apporte au vén.·., qui en fait donner lecture à haute voix par le F.·. orateur.

 Le vén.·. demande ensuite au F.·. trésorier s'il est satisfait; et s'il ne l'est pas, il lui dit: Faites votre devoir.

 Le trésorier se rend auprès du profane, lui demande les frais de sa réception; il revient ensuite en loge, et dit: Je suis satisfait.

Vén.·. - Frère expert, retournez vers le profane; préparez-le, et amenez-le, à la porte du temple, au frère Me.·. des cérémonies.

 L'expert va le retirer de la chambre des réflexions, lui bande les yeux, lui ôte ses métaux, le met en chemise depuis la tête jusqu'à la ceinture, le sein gauche à découvert, le genou droit nud et le soulier gauche en pantoufle.

 Le Me.·. des cérémonies ayant reçu le candidat, donne un grand coup à la porte du temple.

 Les deux surveillans le répètent alternativement, et le premier surveillant dit, d'une voix forte:

Ier S.·. - Vénérable, on frappe à la porte du temple en profane.

Vén.·. - Voyez qui est-ce, mon frère, et quel est le téméraire qui ose troubler nos augustes travaux.

 Le F.·. couvreur pose doucement la pointe de son glaive sur la poitrine du candidat, la tourne de côté de peur de le blesser, et tâche de lui faire sentir le froid du fer, en disant d'une voix élevée:

F.·. C.·. - Quel est cet audacieux qui vient forcer l'entrée du temple?

Me.·. C.·. - Arrêtez, retenez votre glaive, c'est moi, F.·. exp.·., qui présente un profane à cette respectable loge.

Vén.·. (forçant la voix). - Mes frères, armez-vous de vos glaives; un profane est à la porte du temple. = Frère Me.·. des cérémonies, quelle indiscrétion de vous présenter ici avec un profane!.... Que prétendez-vous?.... Que demandez-vous?....

Me.·. C.·. - Qu'il soit admis parmi nous.

Vén.·. - Comment a-t-il osé l'espérer?

Me.·. C.·. - Parce qu'il est né libre et de bonnes moeurs.

Vén.·. - Puisqu'il est né libre et de bonnes moeurs, demandez-lui son nom, le lieu de sa naissance, son âge, sa religion, sa qualité civile et sa demeure actuelle.

 La porte doit être entr'ouverte d'un de ses battans; le Me.·. des cérémonies et le candidat sont en dehors; un expert ou couvreur en dedans, pour rendre les réponses au second surv.·., celui-ci au premier surv.·., et ce dernier au vénérable.

 Le secrétaire les transcrit dans son procès-verbal.

Vén.·. - Faites-le entrer.

 Pendant qu'il entre, le frère terrible lui pose la pointe de son glaive sur le sein, et la lui fait sentir.

Vén.·. - Que sentez-vous? Que voyez-vous?

Prof.·. - Je ne vois rien, mais je sens la pointe d'une arme.

Vén.·. - Apprenez que l'arme dont vous sentez la pointe, est l'image du remords qui doit déchirer votre coeur, si jamais vous devenez parjure envers la société dans laquelle vous désirez avoir le bonheur d'entrer; et que l'état d'aveuglement où vous vous trouvez, symbolise celui où est plongé tout homme qui ne connaît pas les sentiers de la vertu, dans lesquels vous allez commencer à marcher.

D. Que demandez-vous, monsieur?

R. Je demande à être reçu maçon.

D. est-ce de votre propre volonté, sans nulle contrainte, ni suggestion, que vous vous présentez?

R. Oui, monsieur. (On lui souffle cette réponse, si on le juge nécessaire.)

Vén.·. - Réfléchissez bien, monsieur, à la demande que vous faites. Vous allez passer par des épreuves terribles, qui exigent toute la fermeté dont le caractère le plus décidé peut être susceptible. Êtes-vous bien décidé à les subir? Vous sentez-vous le courage de braver tous les dangers auxquels votre indiscrétion pourrait vous exposer?

R. Oui, monsieur.

Vén.·. - Puisqu'il est ainsi, je ne réponds plus de vous. = Frère terrible, entraînez ce profane hors des parvis du temple, conduisez-le par où doit passer tout mortel assez téméraire pour se présenter dans cette auguste enceinte.

 On lui fait faire deux ou trois tours dans le parvis. On ouvre doucement les deux battans; on place le cadre vis-à-vis; on ramène le candidat, qui doit être devant et très-près du cadre de papier, et on exécute l'ordre du vén.·.

Vén.·. - Précipitez ce profane dans la caverne.

 Deux frères le poussent avec force, et deux autres le retiennent sur leurs bras entrelacés. On referme les deux battans avec force, et on observe pendant un instant le plus grand silence.

 Le F.·. terrible conduit le candidat entre les surv.·., et reste à côté de lui.

 Le vén.·. frappe un coup de maillet, et dit:

Vén.·. - Conduisez le récipiendaire auprès du second surv.·., et faites-le mettre à genoux.

Profane, prenez part à la prière que nous allons adresser en votre faveur à l'auteur de toutes choses.

 

PRIERE. 

Mes frères, humilions-nous devant le souverain arbitre des mondes; reconnaissons sa puissance et notre faiblesse; contenons nos esprits et nos coeurs dans les bornes de l'équité; et, marchant dans des voies sûres, élevons-nous jusqu'à lui. Il est un; il existe par lui-même; c'est à lui que tous les êtres doivent leur existence. Il opère en tout et partout. Invisible aux yeux des mortels, il voit lui-même toutes choses: c'est lui que j'invoque; c'est à lui que j'adresse mes voeux et mes prières.

Daigne, ô grand architecte! daigne, je t'en conjure, protéger les ouvriers de paix que je vois réunis ici; échauffe leur zèle; fortifie leur âme contre la lutte fatigante des passions; enflamme leurs coeurs de l'amour des vertus, et décide leurs succès, ainsi que celui de ce nouvel aspirant, qui désire participer à nos mystères augustes. Prête à ce candidat ton assistance, et soutiens-le de ton bras puissant au milieu des épreuves qu'il va subir. Amen.

D. Profane, en qui mets-tu ta confiance?

R. En Dieu.

Vén.·. - Puisque tu mets ta confiance en Dieu, suis d'un pas hardi la main qui te guide, et ne crains aucun danger.

 L'expert le fait lever, le place entre les colonnes, et on doit garder le plus profond silence.

 Le vén.·. frappe.

 Les surveillans répondent.

 Tous s'asseyent en silence.

 

QUESTIONS.

 

Vén.·. - Monsieur, avant que cette assemblée, dont je ne suis que l'organe, veuille bien vous admettre aux épreuves, elle doit sonder votre coeur, en interrogeant votre esprit sur les premiers principes de morale.

D. Croyez-vous en un Être suprême?

R. (Il répond affirmativement.)

Vén.·. - Cette croyance, qui fait honneur à votre coeur, n'est pas seulement le partage du philosophe, elle est aussi celui de l'homme sauvage; dès qu'il peut s'apercevoir qu'il existe, il sent qu'il n'existe pas par lui-même; il demande son père à toute la nature, et le silence de cette nature muette est ce qui l'amène aux pieds de l'ordonnateur des mondes. C'est à lui qu'il rend hommage par les cérémonies les plus puériles et les plus ridicules.

D. Qu'entendez-vous par le mot vertu?

R. (On lui laisse faire la réponse qu'il juge à propos.)

Vén.·. - C'est une disposition de l'âme qui porte à faire le bien.

D. Qu'entendez-vous par le mot vice?

R. (On le laisse répondre.)

Vén.·. - C'est l'opposé de la vertu..... C'est une habitude malheureuse qui entraîne vers le mal; et c'est pour jeter un frein salutaire

sur l'élan impétueux de la cupidité; c'est pour nous élever au-dessus des vils intérêts qui tourmentent le faible profane; c'est pour calmer l'ardeur fiévreuse des passions que nous nous rassemblons dans ce temple. Là, nous travaillons sans relâche, pour accoutumer notre esprit à ne se déployer qu'à de grandes affections, et à ne concevoir que des idées solides de gloire et de vertu; ce n'est qu'en réglant ainsi ses moeurs sur les principes éternels de la saine morale, qu'on parvient à donner à son âme ce juste équilibre de force et de sensibilité qui constitue la sagesse, ou plutôt la science de la vie.

Mais ce travail est pénible; c'est cependant celui auquel vous serez obligé de vous livrer, si vous persistez dans le désir que vous avez manifesté de vous faire recevoir maçon.

Vous apportez peut-être ici des idées bien différentes, si ce n'est qu'après les idées grossières et mensongères d'un vulgaire ignorant que vous vous présentez ici. Si travailler constamment à votre perfection morale vous paraît un ouvrage au-dessus de vos forces, vous pouvez vous retirer.

D. Persistez-vous dans le dessein de vous faire recevoir maç.·.?

R. Oui, monsieur.

Vén.·. - Monsieur, toute société a ses lois, et tout associé a des devoirs à remplir; et, comme il serait imprudent de s'imposer des obligations avant de les connaître, il est de la sagesse de cette assemblée de vous dire quels seront vos devoirs.

Le premier sera un silence absolu sur tout ce que vous aurez pu entendre et découvrir parmi nous, ainsi que sur tout ce que vous entendrez, verrez ou saurez par la suite.

Le second de vos devoirs, et qui fait que la maçonnerie serait le plus sacré des liens, quand elle ne serait pas la plus noble, la plus imposante et la plus respectable des institutions; ce devoir, qui tient à l'essence de notre être, c'est, comme je vous l'ai dit, de combattre les passions qui déshonorent l'homme et le rendent si malheureux; pratiquer les vertus le plus douces et les plus bienfaisantes; secourir son frère, prévenir ses besoins, soulager son infortune, l'assister de ses conseils et de ses lumières.... Et ce qui serait dans un profane une qualité rare, n'est dans un maçon que l'accomplissement de ses devoirs.

Chaque occasion d'être utile dont il ne profite pas, est une infidélité; chaque secours qu'il refuse à son frère est un parjure; et si la tendre et consolante amitié a aussi son culte dans nos temples, c'est moins parce qu'elle est un sentiment, que parce qu'étant un devoir, elle peut y devenir une vertu.

Le troisième de vos devoirs, et dont vous ne contracterez l'obligation qu'après avoir été reçu maçon, sera de vous conformer en tout aux statuts généraux de l'ordre, aux lois particulières de cette loge, et de vous soumettre à tout ce qui vous sera prescrit au nom de cette respectable assemblée, dans laquelle vous sollicitez la faveur d'être admis.

Maintenant que vous connaissez les principaux devoirs d'un maçon, vous sentez-vous la force, et avez-vous la résolution inébranlable de les mettre en pratique?

R. Oui, monsieur.

Vén.·. - Avant d'aller plus loin, nous exigeons votre serment d'honneur, mais ce serment dait être fait sur une coupe sacrée.

Si vous êtes sincère, vous pourrez boire avec confiance; mais si la fausseté et la dissimulation accompagnent votre promesse, ne jurez pas.... Éloignez plutôt cette coupe, et craignez l'effet prompt et terrible de ce breuvage.

D. Consentez-vous à jurer?

R. Oui, monsieur.

Vén.·. - faites approcher cet aspirant de l'autel.

 Le Me.·. des cérémonies le conduit au bas des degrés de l'autel.

Vén.·. - Frère sacrificateur, présentez à cet aspirant la coupe sacrée, si fatale aux parjures.

 Le frère sacrificateur apporte une coupe où il y a de l'eau, et

regarde quand le vén.·. lui fera signe pour donner à boire à l'aspirant. Il doit avoir aussi un peu de bitter dans une bouteille, qu'il verse quand le récipiendaire a bu une grande partie de l'eau.

Vén.·. - Répétez avec moi votre obligation.

Je m'engage au silence le plus absolu sur tous les genres d'épreuves auxquels sera livré mon courage. Si je dois fausser mon serment et manquer à mes devoirs; si l'esprit de curiosité me conduit ici, (le V.·. fait signe de lui donner la coupe) je consens que la douceur de ce breuvage (on verse le bitter) se change en amertume, et que son effet salutaire tourne contre moi en poison subtil. (On lui fait boire ce qui reste dans la coupe.)

 Le vén.·. frappe un grand coup, répété par les surveillans, et dit:

Vén.·. - Que vois-je! Monsieur, j'aperçois en vous quelqu'altération. Votre conscience démentirait-elle les assurances de votre bouche? Et la douceur de ce breuvage serait-elle déjà changée en amertume. = Éloignez le profane.

 On le reconduit entre les surveillans, et on le fait asseoir.

Vén.·. - Monsieur, si vous avez eu dessein de nous tromper, ce mal n'est pas sans remède pour vous, il vous est encore loisible de vous retirer. J'écarte cependant l'idée affligeante que vous vous rendiez jamais indigne de l'opinion que nous avons conçue de vous; mais je ne puis vous le taire plus longtemps: pour entrer dans notre société et pour nous assurer de la réalité de votre vocation, il vous reste de grandes épreuves à subir.

Vous avez sans doute entendu parler de la rigueur de ces épreuves dans le monde profane, mais quelqu'idée que vous vous en soyiez formées, celles qui vous attendent les surpassent encore. Pensez-y, monsieur, le moment approche, et une fois engagé dans les épreuves, vous ne serez plus le

maître de vous y soustraire.... Si vous ne vous sentez pas la force de les supporter, demandez à vous retirer, il en est temps encore.

 Il répond qu'il persiste.

 Le vén.·. frappe un coup de maillet, répété par les surveillans, et dit d'une voix forte:

Vén.·. - Frère terrible, emparez-vous de ce profane; faites-le asseoir sur la sellette des réflexions.

 Le frère terrible s'en empare avec violence, lui fait faire une pirouette, et le fait asseoir sur la sellette des réflexions.

Vén.·. - Qu'il soit livré à sa propre conscience; que l'obscurité qui couvre ses yeux, que l'horreur d'une silencieuse solitude soient ses seuls compagnons.

 On fait le plus grand silence.

  Après un instant, le vén.·. continue:

Vén.·. - Avez-vous bien réfléchi, monsieur, aux conséquences de votre démarche? Je vous avertis pour la dernière fois, que, quoique nos épreuves soient toutes mystérieuses et emblématiques, elles n'en sont pas moins terribles, et telles que beaucoup y ont succombé. Prononcez donc vous-même votre arrêt.... Voulez-vous retourner dans le monde profane, ou persistez-vous à vous faire recevoir maçon?

Il répond: Oui, monsieur, je persiste.

 Le vén.·. frappe un coup de maillet, que les surveillans répètent, et dit:

Vén.·. - Frère terrible, emparez-vous de ce profane, et faites-lui faire son premier voyage. Faites vos efforts pour le ramener sans accident.

 Le frère terrible lui fait faire son premier voyage, et le ramène entre les surveillans.

 Dans ce premier voyage, le conducteur frappe trois coups sur l'épaule du second surv.·., qui se lève, et dit Qui va-là?

 Le F.·. terrible répond:

F.·. T.·. - C'est un profane qui demande à être reçu maçon.

IIe.·. S.·. - Comment l'ose-t-il espérer?

F.·. T.·. - Parce qu'il est né libre et de bonnes moeurs.

IIe.·. S.·. - Puisqu'il est ainsi, qu'il passe.

 On le reconduit entre les deux surv.·.

 Le second surv.·. frappe et dit:

IIe.·. S.·. - F.·. premier surv.·., le premier voyage est fini.

 Le premier surv.·. frappe, et dit:

Ier.·. S.·. - Vén.·., le premier voyage est fini.

Vén.·. - Eh bien, Monsieur, comment vous trouvez-vous de ce premier voyage?

 Le récipiendaire répond.

Vén.·. - Monsieur, nos épreuves, comme je vous l'ai dit, sont mystérieuses et emblématiques; qu'avez-vous remarqué dans ce voyage? Quelles réflexions morales vous a-t-il fait faire: enfin, sous quel emblême s'est-il présenté à votre imagination?

 On le laisse répondre; ensuite le vén.·. lui donne l'explication suivante:

Vén.·. - Ce premier voyage, monsieur, est l'emblême de la vie humaine, le tumulte des passions, le choc des divers intérêts, la difficulté des entreprises, les obstacles que multiplient sous vos pas des concurrens empressés à vous rebuter. Tout cela est figuré par le bruit et le fracas qui ont frappé vos oreilles, et par l'inégalité de la route que vous avez parcourue.

D. Voulez-vous tenter les hasards du second voyage?

R. Oui, monsieur.

Vén.·. - Frère T.·., faites-lui faire le second voyage.

 On fait les mêmes cérémonies qu'au premier; on s'arrête au premier surv.·. comme on a fait au second.

 Les surv.·. annoncent que le second voyage est fini.

Vén.·. - Vous avez vaincu bien des difficultés, c'est un heureux présage pour la suite de vos épreuves. Celles dont vous êtes sorti ne sont rien en comparaison de celles qui vous restent à faire. Vous devez recueillir en ce moment toutes les forces de votre âme, si elles ne sont déjà épuisées. Si, contre toute attente, vous veniez à succomber dans ce terrible et dangereux voyage, nous gémirions sur votre sort, nous plaindrions votre infortune, et regretterions amèrement que tant de zèle, tant de constance, n'eussent pas eu plus de succès. = Faites faire le troisième voyage.

 On fait les même cérémonies qu'aux deux autres voyages. On s'arrête cette fois au vén.·., et on fait les même questions et réponses.

Vén.·. - Qui va là?

F.·. T.·. - C'est un profane qui demande à être reçu maçon.

Vén.·. - Comment a-t-il osé l'espérer?

F.·. T.·. - Parce qu'il est né libre et de bonnes moeurs.

Vén.·. - Puisqu'il est ainsi, qu'il passe par les flammes purificatoires, afin qu'il ne lui reste plus rien de prof.·.

 On lui fait faire le troisième voyage au milieux des flammes; on le ramène entre les deux colonnes, et on annonce comme aux autres voyages.

Vén.·. - Vos voyages sont heureusement terminés, et je ne saurais trop louer votre courage; mais qu'il ne vous abandonne pas: vous n'êtes pas encore au terme de vos travaux; ceux que vous avez à faire, quoique d'un autre genre, n'en sont que plus difficiles.

L'ordre dans lequel vous sollicitez d'entrer, pourra peut-être exiger de vous que vous versiez jusqu'à la dernière goutte de votre sang. Si vous vous sentez le courage de vous offrir en holocauste, vous devez lui en donner l'assurance autrement que par des promesses verbales; c'est par votre propre sang, versé aujourd'hui, que toutes vos promesses doivent être scellées. Y consentez-vous?

R. Oui, monsieur.

D. Dans quelle partie du corps consentez-vous qu'on vous ouvre la veine?

R. (Il répond ce qu'il veut.)

Vén.·. - Frère chirurgien, faites votre devoir; proportionnez cependant l'étendue du sacrifice à l'état de force où est cet aspirant. La loge, au surplus, s'en rapporte à votre sagesse et à votre prudence.

 On prend les attirails comme si on voulait le saigner. On le pique avec un curedent ; et quelqu'un, avec une cafetière dont le tuyau est très-petit, verse de l'eau en petit filet sur la piqûre. Quand cela est fini:

Vén.·. - Chaque pas que vous avez fait dans la carrière que vous avez entreprise a été marqué par des succès, et vous avez jusqu'à présent triomphé de tous les obstacles; mais vous n'êtes pas encore à la fin de vos épreuves. Tout profane qui se fait recevoir maçon cesse de s'appartenir; il appartient à un ordre qui est répandu sur toutes les parties du globe. Et pour que la maçonnerie facilite un maç.·. d'être reconnu pour tel, en quelque lieu qu'il porte ses pas, et quelle que soit la différence des langues, il existe dans toutes les loges de l'univers un sceau chargé de caractères hiérogliphiques , connu des seuls vrais maçons, lequel, après avoir été rougi au feu et appliqué sur le corps, y imprime une marque ineffaçable. Consentez-vous à recevoir cette empreinte glorieuse, et à pouvoir dire en la montrant: Et moi aussi, je suis maç.·.!

 On souffle une bougie, et on lui applique le côté chaud sur le bras.

Vén.·. - Voici, monsieur, le moment de mettre en pratique le second de vos devoirs. Nous avons dans cette loge des maç.·. malheureux, des veuves et des orphelins que nous assistons journellement; je vais députer auprès de vous un frère, à qui vous direz à voix basse ce que vous destinez au soulagement de ces infortunés; car il faut que vous sachiez que les actes de bienfaisance des maçons, n'étant point des actes d'ostentation et de vanité propres à enorgueillir celui qui donne, comme à humilier celui qui les reçoit, doivent toujours être ensevelis dans le secret. = Frère aumonier , approchez-vous du candidat, et qu'il vous fasse part, à voix basse, de ses intentions; vous viendrez de même m'en rendre compte en secret.

 

(Si l'offre est généreuse.)

Vén.·. - Je n'en attendais pas moins, monsieur, de votre bon coeur. La R.·. loge, par mon organe, vous en témoigne toute sa reconnaissance. Vous pouvez aussi compter sur celle des malheureux dont vous allez contribuer à adoucir le sort.

 
(Si l'offre est modique.)

Monsieur, le denier de la veuve, donné de bon coeur à l'indigent, est aussi agréable au grand Architecte de l'Univers, que le serait la pièce d'or d'un riche. Votre don est reçu et accepté avec la plus vive reconnaissance.

Vous allez bientôt, monsieur, recueillir le prix de votre fermeté dans vos épreuves, et des sentimens si agréables au grand Architecte de l'Univers, ceux de la pitié et de la bienfaisance que vous venez de manifester. = Frère Me.·. des cérémonies, remettez le candidat au frère premier surv.·., afin qu'il lui apprenne à faire le premier pas dans l'angle d'un carré-long; et vous le ferez parvenir à l'autel des sermens , pour prêter son obligation.

 Le vén.·. frappe, et dit:

Vén.·. - Debout et à l'ordre, mes frères; le nouvel initié va prêter le serment redoutable. = Répétez avec moi votre obligation solennelle.

 

OBLIGATION.

 

Je jure et promets de ma libre volonté, en présence du grand Architecte de l'Univers, qui est Dieu, et de cette respectable assemblée de maçons, solennellement et sincèrement, de ne jamais révéler aucun des mystères de la fr.·.-maç.·. qui vont m'être confiés, qu'à un bon et légitime frère, ou dans une loge régulièrement constituée; de ne jamais les écrire, tracer, graver ni buriner, ni former aucun caractère par où les secrets puissent être dévoilés, sous peine d'avoir la gorge coupée, la langue arrachée, et d'être enterré dans le sable de la mer, afin que le flux et le reflux m'emportent dans un éternel oubli. Amen.

 Le récipiendaire baise trois fois la Bible.

 Le frère Me.·. des cérémonies reconduit le candidat entre les surv.·., ou plutôt dans les pas perdus.

 On éteint les lumières sans bruit; on place à l'entrée de l'orient deux terrines pleines de résine, une de chaque côté.

 Un frère échevelé se couche au milieu, la face à terre, comme s'il était mort.

 Tous les frères s'arment de glaives nuds ; ils sont debout, les glaives dirigés vers le candidat.

 Le vén.·. descend du trône, et se met à côté; il frappe trois coups de maillet.

 Au premier coup de maillet, le maître des cérémonies dénoue le premier noeud du mouchoir.

 Au deuxième coup, le deuxième noeud.

 Au troisième, le troisième et dernier noeud.

Vén.·. - Ces clartés pâles et lugubres sont les feux sombres qui doivent éclairer la vengeance que nous réservons aux lâches qui se parjurent. Ces glaives dirigés contre vous, sont portés par autant d'ennemis irréconciliables prêts à les plonger dans votre sein, si jamais vous étiez assez malheureux pour violer vos sermens. En quelque lieu de la terre que vous osiez vous réfugier, aucun ne pourra vous servir d'asile; vous porterez avec vous le signe de votre crime. Le bruit de votre réprobation vous y aura devancé avec la rapidité de l'éclair. Vous y trouverez des maç.·. ennemis du parjure, et la punition la plus terrible vous y attend. Frère Me.·. des cérémonies, remettez-lui son bandeau.

 On fait sortir le candidat, puis on allume toutes les bougies, de manière que le brillant de la loge fasse contraste avec le sombre où elle était.

 On a soin de remettre le bandeau au candidat, dans le parvis du temple; et sur l'ordre du vén.·., tous les frères s'arment de glaives qu'ils dirigent vers le candidat lorsqu'on le fait rentrer, mais la pointe baissée.

Vén.·. - Frère premier surv.·., vous, sur qui repose une des colonnes de ce temple, maintenant que le courage et le dévoûment de cet aspirant l'ont fait sortir victorieux de ce long combat entre l'homme profane et l'homme maçon, le jugez-vous digne d'être admis parmi nous?

Ier.·. S.·. - Oui, très-vénérable.

Vén.·. - Que demandez-vous pour lui?

Ier.·. S.·. - La grande lumière.

Vén.·. - (Il frappe et dit:) Que la lumière soit. (Il ajoute:) Sic transit gloria mundi.

 On laisse alors tomber le bandeau à ses pieds.

 Tous les frères doivent avoir la pointe de leurs glaives dirigée presqu'à ses pieds, et avoir le visage serein et amical.

 Vén.·. - (avec douceur) Que l'appareil de ces glaives cesse de vous effrayer.... Ils ne sont plus dirigés contre vous.... Nous avons

reçu vos sermens; nous les croyons sincères.... Le jour heureux de la confiance et de l'amitié s'est enfin levé pour vous.... Ne voyez plus en nous que des frères, que des amis dont vous avez fait la conquête, et qui sont prêts à voler à votre secours, à se servir de leurs épées pour la défense de votre vie et de votre honneur.

 Le vén.·. frappe. Tous les frères quittent leurs épées, et restent debout et à l'ordre.

Vén.·. - Frère Me.·. des cérémonies, conduisez ce nouvel ami au trône.

 Lorsqu'il y est parvenu, il met un genou en terre; le vén.·. lui pose la pointe de son glaive sur la tête, et dit:

Vén.·. - À la gloire du grand Arc.·. de l'Univ.·., et sous les auspices d et par les pouvoirs qui m'on été confiés par cette resp.·. loge, je vous reçois et constitue app.·. maç.·. du rit écossais ancien et accepté, et membre de cette resp.·. loge.

 Le vén.·. frappe trois coups égaux sur la lame de son glaive. le néophyte se relève, et le maître des cérémonies le conduit à la droite du vén.·., qui, en le revêtant du tablier, lui dit:

 Vén.·. - Recevez ce tablier, que nous appelons habit; il vous donne le droit de vous asseoir parmi nous, et vous ne devez jamais vous présenter en loge sans en être revêtu.

 Le vén.·. prend des gants d'homme, et dit:

Vén.·. - Ne souillez jamais la blancheur éclatante de ces gants, en trempant vos mains dans les eaux bourbeuses du vice; ils sont le symbole de votre admission dans le temple de la vertu.

 Il prend ensuite des gants de femme, et dit:

Vén.·. - Ceux-ci sont destinés pour celle que vous aimez le plus,

persuadé qu'un maçon ne saurait faire un choix indigne de lui. = Mon frère, les maçons ont pour se reconnaître entre eux, des mots, des signes et des attouchemens.

 Le signe se fait, etc.

 Ce signe vous rappelle le serment que vous avez fait, et la punition qui est attachée à sa criminelle infraction.

 L'attouchement se fait, etc.

 Le mot sacré est, etc.

 Il n'y a pas de mot de passe.

 Vous devrez donner le mot sacré au F.·. gardien du temple, chaque fois que vous y entrerez.

 Mon frère, la maçonnerie est connue dans tout l'Univers, quoiqu'elle soit divisée en deux rits , qu'on distingue par rit ancien et rit moderne. Néanmoins ils reposent sur les même bases, sur les mêmes principes. Nous travaillons sous les rit ancien ou écossais, parce qu'il est la plus pure essence de la maçonnerie, parce qu'il est le même qui nous a été transmis par les premiers fondateurs de l'ordre. = Voici actuellement les mots, signes et attouchemens du rit moderne, etc.

 Le vén.·. embrasse trois fois le néophyte, et dit:

Vén.·. - F.·. grand-expert, voulez-vous bien recevoir les mots, signes et attouchemens du néophyte.

 L'expert les reçoit, et dit au F.·. second surv.·., qui le dit au F.·. premier surv.·., et celui-ci au vén.·.

Ier.·. S.·. - Très-vén.·., les mots, signes et attouchemens sont justes et parfaits.

 Le vén.·. engage le récipiendaire à aller s'habiller, et à revenir ensuite.

En rentrant en loge, le F.·. Me.·. des cérémonies lui montre à frapper à la porte en apprenti, lui fait faire la marche, le conduit à la pierre brute, où il le fait travailler en apprenti.

 Vén.·. - F.·. Me.·. des cérémonies, conduisez ce F.·. entre les deux colonnes. (En s'adressant au néophyte,) Très-cher frère, ce jour est pour vous un jour de faveur et de grâce. Prenez place à la tête de la colonne du sud; elle est celle que vous occuperez dans ce grade. Méritez, par votre assiduité à nos travaux, et par la pratique des vertus maçonniques dont vous vous êtes imposé l'obligation, et dont vos frères vous donneront les premiers l'exemple; méritez aussi de pénétrer plus avant dans nos mystères, et de recevoir les faveurs que la loge ne refuse jamais à ceux qui savent s'en rendre dignes.

 Le vén.·. frappe; les surv.·. répètent; il dit:

Vén.·. - Debout et à l'ordre, mes frères. = FF.·. premier et second surv.·., avertissez les FF.·. qui décorent vos colonnes, que je vais proclamer le néophyte comme membre de ce R.·. atelier.

 Les surveillans répètent.

Vén.·. - Je proclame, pour la première fois, le F.·. N................ comme apprenti maç.·., et comme membre du R.·. At.·. de N......... En conséquence j'invite mes frères à le reconnaître à l'avenir en cette qualité, et à lui prêter secours et assistance dans tous les cas où il pourrait en avoir besoin.

 Les surv.·. répètent cette proclamation, qui est faite trois fois. Après la troisième, le vén.·. dit:

Vén.·. - Réjouissons-nous, mes frères, de l'acquisition que la loge vient de faire d'un nouveau F.·., et d'un nouvel ami.

 Il fait faire les signes et applaudissemens d'usage.

 Le F.·. maître des cérémonies, ou le récipiendaire lui-même, répond par les mêmes signes.

 On couvre les remercîmens .

 Le vén.·. engage le F.·. orateur à gratifier la loge de quelque morceau d'architecture, s'il en a préparé.

 Le vén.·. fait demander sur les colonnes, par les surv.·., si quelqu'un a des propositions à faire pour le bien de l'ordre en général, ou celui de l'at.·. en particulier.

 Le sac des propositions circule.

 Le tronc de bienfaisance circule.

 L'orateur doit assister aux deux dépouillemens .

 Le F.·. secrétaire donne lecture de l'esquisse des travaux.

Vén.·. - Frères premier et second surveillans, annoncez sur vos colonnes que si quelques frères ont des observations à faire sur l'esquisse des travaux du jour, la parole leur est accordée.

 Les surv.·. annoncent, et retournent le rapport.

Vén.·. - (Il frappe, et dit:) Debout et à l'ordre, mes frères. = Rendons grâces au G.·. A.·. de l'Univers des travaux de ce jour.

 

PRIERE.

 

Grand Architecte, source féconde et immortelle de lumière, de bonheur et de vertus, les ouvriers de ce temple, cédant aux mouvemens de leurs coeurs, te rendent mille actions de grâces, et rapportent à toi tout ce qu'ils on fait de bon, d'utile et de glorieux dans cette journée solennelle, où ils ont vu s'accroître le nombre de leurs frères. Continue de protéger leurs travaux, et dirige-les de plus en plus vers la perfection. Que l'harmonie, la paix et la concorde soient à jamais le triple ciment qui leur serve à lier leur ouvrage!

Amitié, bienfaisance! passion des âmes nobles et sensibles! délicieuses jouissances des coeurs délicats et honnêtes! soutenez et ornez à jamais ce temple, dans lequel tous nos efforts ne tendront toujours qu'à vous fixer. Et vous prudente discrétion! modeste aménité! soyez le constant apanage des frères de cet At.·.; et que rentrés dans le monde civil, on reconnaisse toujours à leurs discours, à leur maintien et à leurs actions, qu'ils sont les vrais enfans de la V.·. Amen.

Le vén.·. frappe un coup, et continue par les questions suivantes:

 

CLOTURE

 

D. F.·. second diacre, quelle est votre place en loge?

R. À la droite du premier surveillant, s'il veut bien le permettre.

D. Pourquoi, mon frère?

R. Pour porter ses ordres au second surv.·., et veiller à ce que les frères se tiennent décemment sur les colonnes.

D. Où se tient le premier diacre?

R. Derrière ou à la droite du vén.·., s'il veut bien le permettre.

Le vén.·. s'adressant au premier diacre.

D. Pourquoi, mon F.·.?

R. Pour porter ses ordres au premier surv.·. et à tous les off.·. dignitaires, afin que les travaux soient plus promptement exécutés.

D. Où se tient le second surv.·.?

R. Au sud.

D. (S'adressant au second surv.·.) Pourquoi, mon F.·.?

R. Pour mieux observer le soleil à son méridien, envoyer les ouvriers du travail à la récréation, les rappeler de la récréation au travail, afin que le vén.·. en tire honneur et gloire.

D. Où se tient le premier surveillant?

R. À l'ouest.

D. Pourquoi, T.·. C.·. F.·. premier surveillant?

R. Comme le soleil se couche à cette partie pour fermer le jour, de même le premier surv.·. s'y tient pour fermer la loge, payer les ouvriers, et les renvoyer contens et satisfaits.

D. Les ouvriers sont-ils contens, mon frère?

R. Ils le témoignent sur l'une et l'autre colonne, vén.·.

D. F.·. second surv.·., quel âge avez-vous en qualité d'app.·.?

R. Trois ans, vén.·.

D. Quelle heure est-il, mon frère?

R. Minuit plein, vén.·.

 Le vén.·. donne au premier diacre le mot sacré tout bas à l'oreille, pour fermer la L.·. d'app.·. maç.·. du rit écossais.

 Le premier diacre le porte au premier surv.·.; celui-ci le donne au second diacre, qui va au second surv.·.; ce dernier dit:

IIe.·. S.·. - Tout est juste et parfait, vén.·.

 Le vén.·. ôte son chapeau, et dit, après avoir frappé trois coups:

Vén.·. - Au nom de Dieu et de Saint-Jean d'Écosse, la L.·. d'apprenti maçon au rite écossais ancien et accepté, est fermée. = À moi, mes frères.

 Tous font le signe gutt.·. et la batterie d'usage.

 (NOTA. Lorsque les travaux finissent de bonne heure, le vén.·. fait l'instruction ci-après, avant de fermer la loge.)

 

INSTRUCTION

 

D. Frère premier surv.·., y a-t-il quelque chose entre vous et moi?

R. Un culte.

D. Quel est-il?

R. C'est un secret.

D. Quel est ce secret?

R. La maçonnerie.

D. Êtes-vous maçon?

R. Mes frères et compagnons me reconnaissent pour tel.

D. Quel homme doit être un maçon?

R. Celui qui est né libre.

D. Comment fûtes-vous préparé pour être reçu maçon?

R. D'abord dans le coeur.

D. Où fûtes-vous conduit ensuite?

R. Dans une chambre contigüe à la loge.

D. Quelle était cette préparation?

R. Je n'étais ni nud, ni vêtu, et privé de tous métaux; une corde au

cou; je fus ainsi conduit à la porte du temple par la main d'un ami, que j'ai depuis reconnu pour mon frère.

D. Comment connûtes-vous que vous étiez à la porte de la loge, puisque vous aviez les yeux bandés?

R. Parce que je fus arrêté, et ensuite admis.

D. Comment fûtes-vous admis?

R. Par un grand coup.

D. Que vous dit-on?

R. Qui est là? À quoi je répondis: Quelqu'un qui demande à être admis dans la R.·. L.·. dédiée à Saint-Jean d'Écosse.

D. Comment avez-vous osé l'espérer?

R. Parce que je suis né libre et de bonnes moeurs.

D. Que vous dit-on alors?

R. De déclarer mon nom, mon surnom, mon âge, mes qualités civiles, ma religion et le lieu de ma naissance.

D. Après cela, que fut-il ordonné?

R. D'entrer.

D. Comment entrâtes-vous?

R. Ayant la pointe d'une épée, ou toute autre arme guerrière appuyée sur le sein gauche.

D. Que vous demanda-t-on?

R. Si je sentais ou voyais quelque chose.

R. Que répondîtes-vous?

Que je sentais, mais que je ne voyais rien.

D. Par qui fûtes-vous reçu après votre entrée?

R. Par le second surveillant.

D. Comment disposa-t-il de vous?

R. Il me livra au frère expert, qui m'ordonna de me mettre à genoux, et de participer à une prière que le vén.·. récita.

D. Que vous demanda-t-on après cette prière?

R. En qui je mettais ma confiance.

D. Que répondîtes-vous?

R. En Dieu.

D. Que fit-on de vous ensuite?

R. On me prit par la main droite, on me fit lever, et on me dit ensuite de ne rien craindre et de suivre mon guide sans danger.

D. Où vous conduisit ce guide?

R. Il me fit faire trois fois le tour de la loge.

D. Où rencontrâtes-vous un obstacle?

R. Au sud, derrière la colonne du second surv.·., où je frappai paisiblement trois coups.

D. Quelle réponse vous fit-il?

R. Il me demanda: Qui est là?

D. Que répondîtes-vous?

R. Comme à la porte: Quelqu'un qui demande à être reçu maçon.

D. Où rencontrâtes-vous le deuxième obstacle?

R. Derrière le premier surv.·., à l'ouest, où je frappai trois coups, et fis ensuite les mêmes réponses à ses questions.

D. Où trouvâtes-vous le troisième obstacle?

R. Derrière le Me.·., où je frappai de même, et fis encore les mêmes réponses.

D. Que fit-il de vous, le Me.·.?

R. Il me fit conduire au premier surv.·., à l'ouest, pour avoir des instructions.

D. Quelles sont les instructions qu'il vous donna?

R. Il m'apprit à faire le premier pas dans l'angle d'un carré-long, afin que je parvinsse à l'autel pour y prêter mon obligation.

D. Où la prêtates-vous?

R. À l'autel des sermens, mon genou gauche et mon pied droit nuds, mon corps droit formant une équerre, ma main droite sur la Bible, le compas et l'équerre; ma main gauche soutenant le compas appuyé sur le sein gauche, et je prêtai l'obligation solennelle des maçons.

D. Après que vous eûtes prêté cette obligation, que vous dit-on?

R. On me demanda ce que je désirais le plus.

D. Que répondîtes-vous?

R. La lumière.

D. Qui vous donna la lumière?

R. Le Me.·. et tous les frères.

D. Lorsque vous eûtes reçu la lumière, qu'est-ce qui frappa votre vue?

R. Une bible, une équerre et un compas.

D. Que vous dit-on qu'ils signifiaient?

R. Trois grandes lumières dans la maçonnerie.

D. Expliquez-les moi.

R. La bible règle et gouverne notre loi; l'équerre nos actions, et le compas nous maintient dans de justes bornes envers tous les hommes, et particulièrement envers nos frères.

D. Que vous montra-t-on ensuite?

R. Trois sublimes lumières de la maç.·., le soleil, la lune et le Me.·. de la loge.

D. Que fit-on de vous ensuite?

R. Le Me.·. me prit par la main droite, me donna l'attouchement et la parole, et me dit: Levez-vous, mon frère.

D. Qu'est-ce qui compose une loge?

R. Trois, cinq, sept.

D. Pourquoi trois composent-ils une loge?

R. Parce qu'il y a eu trois grands maçons employés à la construction du temple de Salomon.

D. Pourquoi cinq?

R. Parce que tout homme est doué de cinq sens.

D. Quels sont les cinq sens?

R. L'ouïe, l'odorat, la vue, le goût et le toucher.

D. De quel usage sont-ils dans la maçonnerie?

R. Trois sont d;un grand usage.

D. Expliquez-moi leur usage.

R. La vue, pour voir les signes; le toucher, pour sentir l'attouchement et reconnaître un frère dans les ténèbres comme à la lum.·., et l'ouïe, pour entendre la parole.

D. Pourquoi sept composent-ils une loge?

R. Parce qu'il y a sept sciences libérales.

D. Voulez-vous me les nommer?

R. La grammaire, la rhétorique, la logique, l'arithmétique, la géométrie, la musique et l'astronomie.

D. De quelle utilité sont-elles au maç.·.?

R. La grammaire nous enseigne l'écriture et la parole.

D. Que nous enseigne la rhétorique?

R. L'art de parler et de discourir de sujets quelconques.

D. Que nous enseigne l'arithmétique?

R. Le pouvoir des nombres.

D. Que nous enseigne la géométrie?

R. L'art de mesurer la terre, ainsi que les Égyptiens le pratiquent pour retrouver leur terrain en même quantité après les débordemens du Nil, qui submerge fréquemment le pays, pendant lequel temps ils fuient dans les montagnes; et pour éviter les disputes qui s'élèveraient entre eux à cet égard, ils inventèrent le géométrie, par le secours de laquelle ils retrouvaient leur juste quantité de terrain. Cette même règle fut depuis conservée et pratiquée par toutes les nations.

D. Que nous enseigne la musique?

R. La vertu des sons.

D. Que nous enseigne l'astronomie?

R. À connaître les corps célestes.

D. Quelle forme a votre loge?

R. Un carré-long.

D. De quelle largeur est-elle?

R. De l'est à l'ouest.

D. Quelle longueur?

R. De sud au nord.

D. Quelle hauteur?

R. De la terre aux cieux.

D. Quelle profondeur?

R. De la surface de la terre au centre.

D. Pourquoi?

R. Parce que la maçonnerie est universelle.

D. Pourquoi votre loge est-elle située est et ouest?

R. Parce que tous le temples le sont ainsi.

D. Pourquoi cela?

R. Parce que l'évangile fut d'abord prêché dans l'est, et s'étendit ensuite dans l'ouest.

D. Qui soutient votre loge?

R. Trois grands piliers.

D. Quels sont leurs noms?

R. Sagesse, force et beauté.

D. Que représente le pilier de la sagesse?

R. Le maître à l'est.


D. Que représente le pilier de la force?


R. Le premier surveillant à l'ouest.

D. Que représente celui de la beauté?

R. Le deuxième surveillant au sud.

D. Pourquoi le maître représente-t-il le pilier de la sagesse.

R. Parce qu'il dirige les ouvriers, et maintient l'harmonie parmi eux.

D. Pourquoi le premier surveillant représente-t-il le pilier de la force?

R. Parce que le soleil finit sa course à l'ouest; aussi le premier surv.·. s'y tient pour payer les ouvriers, dont les gages sont la force et le soutient de leur existence.

D. Pourquoi le second surv.·. est-il celui de la beauté?

R. Parce qu'il se tient au sud, qui est le milieu de la beauté du jour, pour faire reposer les ouvriers, et les rappeler de la récréation au travail, afin que le vén.·. en tire honneur et gloire.

D. Pourquoi disons-nous que notre loge est soutenue par trois grands piliers.

R. Parce que la sagesse, la force et la beauté sont les perfections de tout, et que rien ne peut durer sans cela.

D. Pourquoi?

R. Parce que la sagesse invente, la force soutient, et la beauté orne.

D. Votre loge est-elle couverte?

R. Oui, par une voûte céleste de nuages de diverses couleurs.

D. D'où soufflent les vents pour les maçons?

R. De l'est à l'ouest.


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