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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 22:37

TROISIEME PARTIE

Que, dans les temps ultérieurs, lorsque les Loges furent devenues plus nombreuses, le Très Respectable Grand Maitre et les Compagnons, avec le consentement des LORDS du Royaume (car la plupart des grands hommes étaient alors Maçons), décrétèrent qu'à l'avenir, en initiant ou en admettant un Frère, la CONSTITUTION ainsi que les Obligations y annexées seraient lues par le Maître ou le Surveillant et que ceux qui allaient être reçus Maîtres-maçons ou Maîtres d'œuvre devaient subir un examen pour savoir si ils étaient capables de servir avec habileté leurs seigneurs respectifs, aussi bien le plus humble que le plus élevé, pour l'honneur et la puissance de l'Art susmentionné et le profit de leurs seigneurs, car ce sont les seigneurs qui les emploient et les paient pour leurs service et déplacement.

Et à côté de beaucoup d'autres choses, ledit document d'Archives ajoute: que ces obligations et lois des FRANCS-MACONS ont été vues et examinées par feu notre souverain, le roi Henri VI et par les Lords de son honorable conseil, qui les ont autorisées et dit qu'elles étaient justes, bonnes et raisonnables et devaient être appliquées, car elles avaient été extraites et rassemblées d'après les Archives des temps anciens.

Et quoique, dans la troisième année du règne dudit roi Henri VI qui n'était qu'un enfant âgé de quatre ans environ, le Parlement fît un acte qui touchait seulement les Maçons opératifs qui avaient, contrairement aux statuts des Manœuvres, fait une confédération pour ne travailler qu'aux prix et salaires fixés par eux, et parce que l'on supposa que de tels accords avaient été pris en Loges générales, appelées dans l'Acte, CHAPITRES ou CONFEDERATIONS de MAÇONS, il fut alors jugé commode d'établir ladite loi contre lesdites assemblées. Mais quand ledit roi Henri VI arriva à l'âge d'homme, les Maçons présentèrent devant lui et ses Lords les Archives et les Obligations ci-dessus mentionnées et il est clair qu'ils les examinèrent et les approuvèrent solennellement comme bonnes et raisonnables à observer. Plus encore, ledit roi et ses Lords ont dû avoir été incorporés parmi les Francs-Maçons avant que ces Maçons aient pu faire une aussi importante révision de leurs Archives et, sous son règne, avant les troubles du roi Henri, les Maçons furent fort encouragés. D'ailleurs, en aucune circonstance, cet acte n'a été appliqué sous son règne, ni aucun autre depuis et les Maçons ne négligèrent jamais leurs Loges à cause de lui, ni n'ont jamais cru qu'il valait la peine de faire intervenir pour son abrogation leurs nobles et savants frères, parce que les Maçons opératifs qui sont indépendants de la Loge répugnent à se rendre coupables de pareilles machinations et que les autres Francs-Maçons ne sont pas concernés par des infractions aux statuts des manœuvres.

 Les rois d'Ecosse encouragèrent beaucoup l'Art royal depuis les temps les plus anciens jusqu'à l'Union des Couronnes, comme il apparaît par les vestiges des glorieuses constructions dans cet ancien royaume et par les Loges qui se sont conservées sans interruption depuis nombre de centaines d'années, dont les Archives et traditions témoignent du grand respect de ces rois pour cette honorable Fraternité qui leur a toujours donné des marques convaincantes de son amour et de sa loyauté, ce qui explique que c'est là qu'est né le vieux toast en usage parmi les Maçons d'Ecosse, à savoir: DIEU BENISSE LE ROI ET LE METIER.

Et l'exemple royal ne fut pas négligé par la Noblesse, la Gentry et le Clergé d'Ecosse qui s'unirent, en toutes circonstances, pour le bien du métier et de la Confrérie. Les rois étaient souvent les Grands-Maîtres jusqu'au moment où, entre autres privilèges, les Maçons d'Ecosse eurent le droit d'avoir un Grand-Maitre et un Grand Surveillant indiscutables et permanents qui reçurent un traitement de la Couronne et aussi un don de reconnaissance de la part de chaque nouveau Frère du Royaume, lors de son entrée . Leur occupation ne fut pas seulement de régler ce qui pouvait arriver de malheureux dans la Confrérie, mais encore d'écouter et finalement de décider toute controverse entre Maçon et Seigneur, de punir le Maçon s'il desservait son maître et d'imposer aux deux une solution équitable. A ces audiences, si le Grand-Maître était absent (lequel était toujours de naissance noble), le Grand Surveillant présidait. Ce privilège subsista jusqu'aux guerres civiles, mais il est maintenant désuet et il ne pourra vraiment être restauré avant que le roi ne devienne Maçon, car il ne fut pas réellement appliqué lors de l'Union des Royaumes.

De plus, le grand soin que les ECOSSAIS prirent de la vraie Maçonnerie devint par la suite très utile à 1'ANGLETERRE, car la savante et magnanime reine Elisabeth qui encouragea d'autres arts découragea celui-là, parce que, étant une femme, elle ne pouvait être initiée, quoique, comme beaucoup d'autres grandes dames, comme Sémiramis et Artémise, elle aurait pu souvent employer des Maçons.

Mais après sa mort, le roi Jacques VI d'Ecosse lui succéda à la couronne d'Angleterre  et, comme il était un roi maçon, il restaura les Loges anglaises et, comme il fut le premier roi de Grande-Bretagne, il fut aussi le premier prince du monde qui restaura l'Architecture romaine des ruines de l'ignorance gothique.

 En effet, après de longues époques sombres et illettrées, aussitôt que les branches du savoir refleurirent, la Géométrie retrouva sa place et les nations policées commencèrent à découvrir la confusion et l'impropriété des constructions gothiques. Au quinzième et seizième siècle, le STYLE D'AUGUSTE se releva de ses décombres en Italie, grâce à BRAMANTE, BARBARO, SANSOVINO, SANGALLO, MICHEL ANGE, RAPHAEL DURBIN, JULES ROMAIN, SERGLIO, LABACO, SCAMOZZI, VIGNOLE et beaucoup d'autres brillants architectes, mais surtout grâce au grand PALLADIO qui n'a jamais encore été dûment imité en Italie quoique notre Grand-Maître Maçon INIGO JONES ait vraiment rivalisé avec lui en Angleterre.

Mais, quoique tous les vrais Maçons honorent la mémoire de ces architectes italiens, il faut reconnaître que le style d'Auguste ne fut réveillé par aucune tête couronnée avant que le roi JACQUES VI d'ÉCOSSE et premier d'ANGLETERRE patronnât le dit glorieux Inigo Jones qu'il employa pour construire son palais royal de WHITE-HALL; mais durant son règne sur toute la Grande-Bretagne, seule la SALLE DES BANQUETS, en première pièce de ce palais, fut édifiée, laquelle est une des plus belles salles du monde et l'habile M. Nicholas Stone la bâtit en qualité de Maitre-Maçon, sous la direction de l'architecte JONES.

A la mort de Jacques 1er, son fils, le roi CHARLES 1er, lui aussi Maçon, patronna aussi M. Jones et il avait la ferme intention de poursuivre les plans de WHITE-HALL conçus par son royal père et selon le style de M. Jones, mais il en fut malheureusement détourné par les guerres civiles. Après la fin de ces guerres et la restauration de la famille royale, la Maçonnerie authentique fut pareillement restaurée, en particulier à la suite de la malheureuse affaire de l'incendie de Londres en l'année 1666. Alors, les maisons de la ville furent reconstruites surtout d'après le style romain et c'est alors que le roi Charles II posa les fondations de la Cathédrale actuelle de Saint-Paul (car l'ancien édifice gothique avait été détruit par le feu) en s'inspirant beaucoup du style de SAINT PIERRE de Rome, construction dirigée par l'habile architecte sir CHRISTOPHER WREN. Le roi fonda aussi son palais royal à GREENWICH d'après un plan de M. Inigo Jones (qu'il avait établi avant sa mort) et les travaux furent conduits par son gendre M. WEBB; il est maintenant transformé en hôpital pour les marins. Il fonda aussi Chelsea Collège, un hôpital pour les soldats et à EDIMBOURG, il fonda et acheva à la fois son palais royal de Haly Rood House, selon le plan et sous la direction de sir William Bruce, baronnet, maître des travaux royaux en Ecosse. Aussi, en plus de la tradition transmise par des vieux Maçons encore vivants et sur laquelle il est permis de s'appuyer, nous avons de bonnes raisons de croire que le roi CHARLES II fut un Franc-Maçon accepté, car chacun reconnaît qu'il encouragea fort les artisans.

Mais, durant le règne de son frère JACQUES II, bien que quelques constructions romaines fussent poursuivies, les Loges de Francs-Maçons de Londres tombèrent dans une lourde ignorance parce qu'elles ne furent pas dûment fréquentées et cultivées.

 Mais, après la Révolution, en l'an 1688, le ROI GUILLAUME, quoique prince belliqueux, montra du goût pour l'Architecture et continua la construction des deux hôpitaux ci dessus mentionnés de Greenwich et de Chelsea, construisit la belle partie de son palais royal d'HAMPTON COURT et fonda et acheva son incomparable palais de Loo en Hollande, etc. Et le brillant exemple de ce glorieux prince (qui est reconnu comme Franc-Maçon par la plupart des gens encouragea la noblesse, la Gentry, les riches et les savants à s'intéresser beaucoup au style d'Auguste, ainsi qu'en témoignent un grand nombre d'édifices très surprenants érigés depuis à travers le Royaume. C'est ainsi que, durant la neuvième année de notre dernière souveraine, LA REINE ANNE, Sa Majesté et le Parlement firent ensemble un acte pour ériger cinquante nouvelles églises paroissiales  à Londres, Westminster et les faubourgs, et la REINE avait nommé une commission formée de plusieurs ministres d'Etat, des principaux membres de la Noblesse, de la haute Gentry et d'éminents citoyens, des deux archevêques, avec quelques autres évoqués et des clergymen de distinction pour mettre l'acte en application. Ils ordonnèrent que lesdites nouvelles églises, seraient élevées selon l'ancien style romain, ainsi qu'il apparaît par celles qui ont déjà été élevées. Et les honorables commissaires actuels qui ont le même bon jugement sur l'Architecture poursuivent le même grand et louable projet et font revivre l'ancien style, par ordre, protection et encouragement de Sa Majesté actuelle, le ROI GEORGE, qui a bien voulu aussi poser la première pierre de la fondation de son église paroissiale de SAINT-MARTIN des Champs, dans 1'angle sud-est (par le mandataire d'alors de Sa Majesté qui est actuellement évêque de Salisbury), laquelle est maintenant en voie de reconstruction, forte, grande et belle, aux frais des paroissiens.

Bref, il faudrait de nombreux gros volumes pour rassembler les nombreux et splendides exemples de la puissante influence de la Maçonnerie depuis la création, à toute époque et dans chaque Nation comme ils pourraient être recueillis dans les récits des historiens et des voyageurs. Mais surtout dans ces parties du monde où les Européens ont établi des relations de commerce, de tels vestiges d'anciennes, grandes, surprenantes et magnifiques colonnades ont été découverts par des chercheurs qui ne peuvent assez déplorer les dévastations générales des Goths et des Musulmans et nous devons en conclure qu'aucun Art n'a jamais été aussi encouragé que celui-ci, car véritablement aucun n'est aussi utile à l'humanité.

De plus, s'il était utile, on pourrait montrer que les sociétés ou ordres de CHEVALIERS militaires, tout comme celles de religieux, ont au cours des temps emprunté à cette ancienne Fraternité un grand nombre d'usages solennels, car aucun d'eux ne fut mieux institué, plus décemment installé, ou n'observa d'une façon plus sacrée ses Lois et Obligations que ne l'ont fait les Maçons acceptés qui, à toute époque et dans tous les pays, ont maintenu et propagé leur activité dans leur voie particulière que même les plus habiles et les plus savants ne peuvent pénétrer, bien qu'ils l'aient souvent tenté, tandis qu'ils se connaissent et s'aiment les uns et les autres, même sans le secours de la parole ou quand leurs langues sont différentes.

Et de nos jours, les libres NATIONS BRITANNIQUES, délivrées, des guerres civiles et jouissant des bons fruits de la paix et de la liberté, ont depuis peu orienté leur heureux génie vers la Maçonnerie de toute espèce et fait revivre les Loges déclinantes de Londres, cette belle métropole, ainsi que celles des autres parties de l'Angleterre. Plusieurs Loges particulières ont une tenue de Grande Loge trimestrielle et une grande Assemblée annuelle, dans lesquelles les formes et usages de la plus ancienne et respectable Fraternité sont sagement propagés, l'Art royal dûment cultivé et le ciment de la Confrérie conservé, si bien que le corps tout entier ressemble à une voûte bien construite. Plusieurs nobles et gentlemen de meilleur rang, avec des clergymen et des savants érudits de la plupart des confessions et dénominations s'y sont franchement ralliés et se sont engagés à assurer les Obligations et à porter les décors d'un Maçon franc et accepté, sous l'autorité de notre actuel et digne Grand-Maître, le très noble PRINCE John, duc de MONTAGU.

 

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