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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 19:05

Les plus anciens Devoirs et Règlements

de la Franc-maçonnerie française 

 I

LES DEVOIRS ENJOINTS

AUX MAÇONS LIBRES.

1735

Extraits des anciens registres des Loges, à

l'usage de celles de France, qui doivent être

lus à la réception d'un Frère et lorsque le

Maître de la Loge le jugera à propos.

Art.1er. - EN CE QUI REGARDE

DIEU ET LA RELIGION.

Un Maçon libre est obligé par

son état de se conformer à la

Morale et, s'il entend bien l'Art, il

ne sera jamais un athée, ni un

libertin sans religion. Quoique

dans les siècles passés, les Maçons

étaient obligés d'être de la religion

du pays où ils vivaient, depuis

quelque temps on a jugé plus à

propos de n'exiger d'eux que la

religion dont tout chrétien

convient, laissant à chacun leurs

sentiments particuliers, c'est-à dire

d'être bons frères et fidèles,

d'avoir de l'honneur et de la

probité, de quelque manière qu'ils

puissent être distingués d'ailleurs ;

par ce moyen la Maçonnerie

devient le Centre et l'Union d'une

amitié solide et désirable entre

des personnes qui, sans elle,

seraient pour toujours séparées

les unes des autres.

Art. 2. - EN CE QUI REGARDE

LE GOUVERNEMENT CIVIL.

Un Maçon, partout où il travaille

ou réside, doit être soumis à

l'autorité civile et ne doit jamais

se trouver dans des complots

opposés à la paix et à la tranquillité

d'un royaume, ni être

désobéissant aux magistrats inférieurs

car, comme la Maçonnerie

a toujours souffert par les guerres

et effusions de sang qui naissent

des discordes, les rois et les

princes du temps passé ont été

fort disposés à favoriser les

Maçons libres experts par rapport

à leur fidélité et subordination, en

vertu de laquelle ils ont renversé

et détruit les attentats de leurs

ennemis et augmenté la gloire de

la Fraternité en la faisant triompher

et montrer son éclat en

temps de paix, de sorte que si un

Frère était rebelle à l'État, il ne

doit point être soutenu dans sa

rébellion, mais l'on peut et l'on

doit le plaindre comme un infortuné

et tâcher de le ramener à son

devoir ; quoique la Fraternité

doive détester sa rébellion, on ne

peut cependant pas l'exclure de la

Loge, s'il n'est convaincu de

quelque crime qui regarde la

Maçonnerie, car autrement son

droit d'entrée est ineffaçable.

Art. 3. - EN CE QUI REGARDE

LES LOGES.

La Loge est un lieu sacré où les

Maçons s'assemblent pour travailler,

c'est pour cela que cette

assemblée de Maçons dûment

composée est appelée Loge.

Chaque Frère doit être membre

d'une Loge et être subordonné à

ses règles générales et particulières.

Elle est ou générale ou particulière

et l'on ne saura bien ce

qu'elle est qu'en la fréquentant.

L'on ne pouvait autrefois s'en

absenter lorsqu'on était averti de

s'y trouver, sans encourir une

censure très sévère, à moins que le

Maître ou les Surveillants de la

Loge ne l'aient jugé excusable.

Ceux qu'on admet membres d'une

Loge doivent être d'une grande

fidélité, d'une naissance libre et

d'un âge raisonnable ; un esclave

ou un homme de moeurs scandaleuses

et reprochables ne peuvent

être admis dans la Fraternité. Les

femmes en sont aussi exclues, mais

ce n'est qu'à cause des effets que leur

mérite ne produit que trop souvent

entre les meilleurs Frères.

Art. 4. - EN CE QUI REGARDE

LES MAÎTRES, SURVEILLANTS,

EXPERTS ET APPRENTIS.

Toute promotion parmi les

Maçons libres est fondée sur le

vrai mérite personnel, afin que

chacun d'eux s'attache à son

devoir, et que la Société se soutienne

avec honneur. Pour cette

raison, on choisit les Maîtres et

Surveillants pour leur mérite et

non selon leur rang. Il est impossible

de définir ces choses par

écrit ; ainsi chaque Frère étant à sa

place doit être attentif et les

apprendre d'une façon particulière

à cette Fraternité. Les postulants

doivent savoir qu'aucun

Maître ne peut recevoir un

Apprenti sans avoir un emploi à

lui donner et sans qu'il soit un

homme exempt de défaut de

corps qui peut le rendre incapable

d'apprendre l'Art. Il doit aussi

être descendu de parents d'honneur

et de probité, afin qu'étant

d'ailleurs qualifié, il puisse par la

suite parvenir à l'honneur d'être

Surveillant,Maître de Loge,

Grand Surveillant et peut-être

enfin à la dignité de Grand-

Maître. Aucun Frère ne peut être

Surveillant sans qu'il ait fait les

fonctions d'Expert, ni Maître sans

avoir officié comme Surveillant,

ni Grand Surveillant sans avoir

été Maître d'une Loge, ni Grand

Maître sans avoir été Grand Surveillant

avant son élection. Il doit

aussi être né d'une condition distinguée,

ou un gentilhomme de

bonne famille, ou un homme de

lettres, ou un Frère habile en

architecture, ou en quelque autre

art et qu'il soit d'un rare mérite

selon l'opinion de ceux des Loges.

Le Grand Maître a pouvoir de

choisir son Député Grand

Maître, qui doit être ou avoir été

Maître d'une Loge particulière, à

moins qu'il ne le soit par une dispense,

et il a le privilège de faire

tout ce que le Grand Maître

ferait, à moins qu'il ne soit présent

ou qu'il ne conserve son autorité

par une lettre.

Les régisseurs et gouverneurs

suprêmes et subordonnés de l'ancienne

Loge doivent être obéis

chacun dans leurs fonctions par

tous les Frères, selon les anciens

Devoirs et Règlements, avec

humilité, vénération, amitié et

contentement.

Art. 5. - EN CE QUI REGARDE

LA MANIÈRE DE SE COMPORTER

EN TRAVAILLANT

Tout Maçon doit travailler

avec une amitié fraternelle, obéir

aux ordres de ses supérieurs, et

recevoir leurs gages sans jalousie

et sans murmure, selon les

anciennes Règles de la Fraternité

qui doivent être connues à tous

les Maîtres.

Art. 6. - EN CE QUI REGARDE

LEUR MAINTIEN DANS UNE

LOGE FORMÉE.

1° Un Maçon libre ne doit

point avoir des entretiens secrets

et particuliers avec aucun sans

une permission expresse du

Maître, ni rien dire d'indécent ou

d'injurieux, ni interrompre le

Maître, les Surveillants ou

quelque Frère parlant au Maître,

ni se comporter avec immodestie

ou risée pendant que la Loge est

occupée de choses sérieuses et

solennelles, ni rien dire qui ne

soit convenable et digne de la

qualité d'un Maçon, sous quelque

prétexte que ce soit ; au contraire,

on doit respecter le Maître, les

Surveillants et les autres Frères.

S'il y a quelque plainte faite contre

un Frère, il doit se soumettre à la

décision de la Loge qui sont les

juges compétents des disputes de

cette nature et auxquels on doit les

référer, sans préjudice de l'appel

qu'on peut faire après la Grande

Loge ; mais on ne doit jamais

porter les différends entre Frères

en justice réglée sans une nécessité

absolue.

2° Quand la Loge est fermée et

que les Frères ne sont pas partis,

on doit jouir de la société les uns

des autres avec une joie innocente

et une harmonie inaltérable,

éviter tous excès et écarter toutes

piques et querelles et tout ce qui

pourrait y donner lieu, particulièrement

les disputes sur la religion,

les nations et la politique.

3° Quand les Frères se rencontrent

hors de la Loge, ils doivent

se saluer les uns les autres suivant

les instructions qu'ils ont reçues

et s'instruire mutuellement sans

être vus, ni entendus, et sans

manquer au respect dû à chaque

Frère ne fût-il pas Maçon ; car

quoique tous Maçons soient

égaux comme Frères, la Maçonnerie

n'ôte pas la déférence auparavant

due au caractère du particulier,

au contraire à la marquer

dans l'occasion.

4° Lorsqu'un Frère se trouve

avec des personnes qui ne sont pas

Maçons, il prendra garde de parler

et se comporter devant eux d'une

manière qu'ils ne puissent pas

découvrir ce qu'il ne leur convient

pas de savoir, encore moins de

pratiquer ; mais il convient quelquefois

d'arranger prudemment

son discours pour que les auditeurs

apprennent à respecter cette

honorable Fraternité.

5° Si un Frère se trouve avec

un Frère inconnu pour tel, il doit

l'examiner avec précaution pour

qu'un faux Frère ne puisse pas lui

en imposer et, s'il est tel, il doit le

mépriser comme il le mérite et ne

lui point donner aucune marque,

ni indice de science ; mais s'il est

véritablement Frère, il doit le respecter

comme tel et l'aider selon

son pouvoir s'il est dans le besoin.

Finalement, un Maçon doit

exactement observer tous ces

devoirs et ceux qui lui seront

communiqués à l'avenir, cultiver

l'amitié fraternelle, la base, l'aimant

et la gloire de cette

ancienne Fraternité, éviter toute

discorde, médisance et calomnie,

pas même souffrir qu'on médise

ou qu'on calomnie aucun Frère

sans défendre sa cause et soutenir

son caractère, en lui rendant tous

les services qui dépendront de lui.

Si quelque Frère injurie par

malheur un autre Frère, il faut

s'adresser pour en avoir satisfaction

à la Loge ou à la sienne et, de

là, faire appel à la Grande Loge,

suivant l'ancien et louable usage

de nos ancêtres dans tous les

pays. Il ne faut jamais le poursuivre

en justice ordinaire, que

lorsque l'affaire ne peut être

décidée autrement. Un Frère doit

sur cela suivre les avis du Maître

et autres Frères et s'arrêter à leur

décision pour s'appliquer utilement

à la grande affaire de la

Maçonnerie, et éteindre toute

colère ou rancune qui peut

arriver contre son Frère pour substituer

à leur place un renouvellement

et une continuation de son

amitié fraternelle pour lui, afin

que le monde soit témoin de la

force et de l'influence que la

Maçonnerie a sur l'Esprit et le

Coeur de l'Homme et que tous

vrais Maçons ont éprouvé et

éprouveront jusqu'à la fin des

siècles. Ainsi soit-il.

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