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3 octobre 2016 1 03 /10 /octobre /2016 14:15

GRADE DE MAITRE

SECTION PREMIERE

DES PRELIMINAIRES

 

Un Compagnon ne pourra être admis au troisième grade qu'il n'ait fait son temps; c'est-à-dire, qu'après trois mois et demi au moins, depuis son admission au grade de Compagnon. On entend par-là que le Compagnon ait assisté à sept assemblées, qu'on a supposé se tenir de quinzaine en quinzaine, en supposant qu'il ait l'âge fixé par les règlements, qui est de vingt cinq ans accomplis. Tout Compagnon qui ayant rempli les conditions précédentes, désirera être admis au grade de Maître, en fera la demande en particulier au Frère Premier Surveillant. Au moment où ce dernier jugera que les travaux permettront de s'occuper de cette demande, il dira:

 

1S: Très Vénérable, le Frère N… Compagnon de cette Respectable Loge, demande la faveur d'être admis au grade de Maître.

 

Le Vénérable dit:

 

V: Frères Premier et Second Surveillants, annoncez sur vos colonnes que le Frère N... est proposé pour être admis au grade de Maître, demandez aux Frères leurs observations.

 

Les Surveillants font l'annonce en la manière accoutumée :

 

1S: Frère Second Surveillant, Frères qui décorez la colonne du Midi, le Vénérable nous invite à faire nos observations.

 

2S: Frères qui décorez la colonne du Nord, le Vénérable nous invite à faire nos observations.

 

En cet instant, si le Frère proposé est présent, il demande la permission de couvrir le Temple. Quand les observations sont faites, de quelque espèce qu'elles soient, ou s'il n'y en a pas, les Apprentis et les Compagnons sont tenus de couvrir le Temple. Eux sortis, le Vénérable ouvre les travaux de Maître, comme il sera dit plus bas, puis il demande de nouveau les observations; s'il y en a quelques-unes, on les discute; et la Loge, composée des seuls Maîtres, en délibère sur les conclusions du Frère Orateur, et par la voie du scrutin, si quelqu'un le demande. Si le scrutin est favorable, le Vénérable y fera applaudir par la batterie du grade, ainsi qu’on le dira dans un moment, et on indiquera le jour pour la réception, le Secrétaire en fera mention dans l'esquisse du jour. Après que la réception est arrêtée ou différée, on ferme les travaux de Maître, et on fait rentrer les Compagnons, si les travaux de ce grade restent en vigueur, sinon on les ferme pour continuer ceux d'Apprenti, et l'on fait rentrer tous les Frères.

 

SECTION DEUXIEME

RECEPTION

PREMIER PREALABLE

 

Tous les Maîtres seront invités, en la manière accoutumée, pour le jour qui a été arrêté dans la dernière assemblée. Les planches de convocation doivent contenir l'annonce d'une réception au troisième grade, et l'invitation de se vêtir en noir. On fera parvenir une planche au Compagnon proposé.

 

DEUXIEME PREALABLE

 

Au jour indiqué pour la réception, tous les Maîtres seront admis. Le Vénérable ouvrira les travaux d'Apprenti, puis fera faire la lecture de la planche des travaux de l'assemblée précédente: ensuite il ouvrira ceux de Compagnon; après quoi, il engagera les Frères Premier et Second Surveillants à parcourir l'une et l'autre colonne, pour s'assurer si tous les Frères sont Maîtres; en leur demandant séparément et à voix basse, les mots, signe et attouchement: formalité qu'il est bon d'observer, tant pour éviter les abus, que pour entretenir tous les Frères dans la connaissance des mots, que quelques uns pourraient oublier. Lorsque les Surveillants sont de retour à leur place, ils rendent compte des Frères qu'ils ont trouvés peu instruits. Si ce sont des Frères de la Loge, le Vénérable les invite à s'instruire, et leur fait passer les mots qu'ils ont oubliés. Si ce sont des Visiteurs, il faut absolument qu'ils couvrent les travaux. Quand on se sera assuré que tous les Frères sont Maîtres, le Vénérable ouvrira les travaux de la manière qui va être dite. De ce moment, tous les Frères ont le titre de Vénérable et le Vénérable, celui de Respectable.

 

OUVERTURE

 

La Loge étant disposée pour le troisième grade, le Très Respectable frappe un coup de maillet que répètent les Surveillants et dit :

 

TR:

 

1S:

 

2S:

 

TR. : Debout, mes Frères.

 

Ce que tout le monde exécute, puis il ajoute :

 

TR. : Frères Premier et Second Surveillants, assurez-vous chacun sur votre colonne si tous les Frères sont Maîtres.

 

Les Surveillants, de retour à leur place, rendent compte :

 

2S: Frère Premier Surveillant, tous les Frères de la colonne du Nord sont Maîtres.

 

1S: Très Vénérable, tous les Frères de l'une et l'autre colonne sont Maîtres.

 

Le Très Respectable dit :

 

A l'ordre mes Frères et glaive en main.

 

Les Maîtres se couvrent. Le Très Respectable, prend son glaive, qu'il tient de la main gauche. Tous les Maîtres en font autant, le tiennent aussi de la main gauche, la pointe contre terre, et se mettent à l'ordre. L'ordre est de tenir la main étendue horizontalement, le pouce contre la poitrine, et les quatre doigts sérés les uns contre les autres. Cet ordre, est celui du repos. Le Très Respectable fait les sept questions suivantes.

 

TR: Vénérable Frère Premier Surveillant, quel est le premier devoir des Surveillants en Loge de Maître?

 

1S: Très Respectable, c'est de s'assurer si tous les Frères sont Maîtres.

 

TR: En êtes-vous assuré?

 

1S: Très Respectable, nous le sommes.

 

TR: Vénérable Frère Premier Surveillant, êtes-vous Maître?

 

1S: Très Respectable, éprouvez-moi, l'acacia m'est connu.

 

TR: Donnez-moi le signe de Maître.

Il le fait.

 

TR: Vénérable Frère Premier Surveillant, quel âge avez-vous?

 

1S: Sept ans et plus.

 

TR: A quelle heure ouvre-t-on les travaux?

 

1S: A midi.

 

TR: Vénérable Frère Premier Surveillant, quelle heure est-il?

 

1S: midi.

 

TR: Puisqu'il est midi, Vénérables Frères Premier et Second Surveillants, invitez les Frères chacun sur votre colonne à se réunir à moi pour ouvrir les travaux au grade de Maître.

 

1S: Vénérable Frère Second Surveillant, Vénérables Maitres qui décorez la colonne du Midi, le Très Respectable nous invite à nous réunir à lui pour ouvrir les travaux au grade de Maître.

 

2S: Vénérables Frères qui décorez la colonne du Nord, le Très Respectable nous invite à nous réunir à lui pour ouvrir les travaux au grade de Maître.

TR: A la Gloire du Grand Architecte de L’Univers, j’ouvre les travaux de Maître.

 

Le Très Respectable frappe neuf coups de maillet, formés de la batterie d’Apprenti répétée trois fois. Les Surveillants en font autant.

 

TR:

 

1S:

 

2S:

 

Le Très Respectable pose son glaive nu sur la Bible, les Frères font le signe, remettent l’épée au fourreau et se remettent à l’ordre. Après quoi le très Respectable dit :

 

TR: A moi, mes Frères.

 

Tous les Frères ayant les yeux sur le Très Respectable, font le signe de Maitre, et l'applaudissement par neuf, qui est celui d'Apprenti répété par trois fois. Le Signe se fait étant debout et a l’ordre, en portant la main a la hauteur du front, la paume en dehors; la tête un peu effacée du côté droit, et faisant un mouvement de corps en arrière. Enfin le Très Respectable dit :

 

TR: Les travaux de Maître sont ouverts.

 

1S: Vénérable Frère Second Surveillant, Vénérables Maitres qui décorez la colonne du Midi, les travaux de Maître sont ouverts.

 

2S: Vénérables Frères qui décorez la colonne du Nord, les travaux de Maître sont ouverts.

 

Le Très Respectable charge les Surveillants d’inviter les Frères à s’asseoir, ce qu’ils exécutent.

 

V : Vénérables Frères Premier et Second Surveillants, invitez les Frères à s’asseoir.

 

1S : Vénérable Frère Second Surveillant, Vénérables Maitres de la colonne du Midi, je vous invite à vous asseoir.

 

2S : Vénérable Frère de la colonne du Nord, je vous invite à vous asseoir.

 

Tous s'assoient. Les travaux étant ainsi ouverts, le Très Respectable dit :

 

TR: Mes Frères, vous avez donné votre consentement pour l'admission du Frère ... à la maîtrise, si quelqu'un de vous a des causes légitimes pour y former opposition, c'est ici le moment de le faire: votre silence prouvera que vous persistez dans votre consentement.

 

1S: Vénérable Frère Second Surveillant, Vénérables Maîtres de la Colonne du Midi, vous avez donné votre consentement pour l'admission du Frère ... à la maîtrise, si quelqu'un de vous à des causes légitimes pour y former opposition, c'est ici le moment de le faire: votre silence prouvera que vous persistez dans votre consentement.

 

2S: Vénérables Frères de la colonne du Nord, vous avez donné votre consentement pour l'admission du Frère ... à la maîtrise, si quelqu'un de vous à des causes légitimes pour y former opposition, c'est ici le moment de le faire: votre silence prouvera que vous persistez dans votre consentement.

 

S'il y avait quelque opposition, il faudrait l'entendre, la discuter et la juger sur les conclusions du Frères Orateur; et si elle était jugée valable; il faudrait rompre l'assemblée, et remettre la réception. Si le silence règne sur les colonnes. Le Très Respectable dit:

 

TR: Vénérable Frère Maitre des Cérémonies faites avertir le Frère Préparateur d'amener l'Aspirant.

 

Le Récipiendaire doit avoir été auparavant conduit et enfermé dans la Chambre des Réflexions, sur les murs de laquelle on aura placé des maximes analogues à la réception. Là, le Frère Préparateur lui aura disposé l’esprit et l’imagination, par des discours sensés, sérieux et moraux, relatifs à l’importance du grade. Si quelque raison retardait l’arrivée du Récipiendaire, le Très Respectable ferait quelques questions tirées de l’instruction.

 

Le Frère Préparateur aura soin de faire remettre au Très Respectable le chapeau et l’épée de l’Aspirant. Un Frère de chaque colonne prendra un des rouleaux, pour s’en servir comme il sera dit.

 

RECEPTION

PROPREMENT-DITE

 

Au moment où on annoncera le Compagnon, on éteindra les bougies, une lampe de métal, ou d’autre matière non transparente, de forme antique, suspendue au milieu de la Loge, suffira pour éclairer les travaux jusqu'au moment de la réception. On aura soin que la lumière placée dans la lampe, n'excède pas les bords, afin que les objets intérieurs ne puissent être distingués. On placera de même sur l'autel, une lampe dont la lumière faible ne réfléchira que sur le Très Respectable, à peu près comme sont les lanternes sourdes. Tous les Frères seront vêtus de noir, le chapeau sur la tête et rabattu, glaive en main, tablier fond blanc, bordé de bleu. Ils se placeront sur deux lignes, au milieu de la Loge, sur des banquettes placés suivant la longueur du tableau, mais a une distance suffisante pour laisser passage entre eux et le tableau, et de manière encore que les voyages se fassent derrière eux. Le Récipiendaire arrivé à la porte du Temple, frappe en Compagnon: Il doit être habillé, c'est-à-dire avoir son tablier de manière qu'on puisse le lui retirer sans résistance.

 

C : Vénérable Frère Second Surveillant, on frappe à la porte en Compagnon.

 

2S: Vénérable Frère Premier Surveillant, on frappe à la porte en Compagnon.

 

1S: Très Respectable, on frappe à la porte en Compagnon

 

TR: Quel est le Compagnon assez osé pour venir troubler nos travaux? Vénérable Frère Premier Surveillant, faites voir qui frappe.

 

1S: Vénérable Frère Second Surveillant, faites voir qui frappe.

 

2S: Vénérable Frère Couvreur, voyez qui frappe.

 

Le Couvreur entrouvre la porte et demande:

 

C: Qui frappe?

 

P: C'est un Compagnon qui a fini son temps et qui demande à être reçu Maître.

 

Le Couvreur referme la porte et dit:

 

C: Vénérable Frère Second Surveillant, c'est un Compagnon qui a fini son temps, et qui demande à être reçu Maître.

 

2S: Vénérable Frère Premier Surveillant, c'est un Compagnon qui a fini son temps et qui demande à être reçu Maître.

 

1S: Très Respectable, c'est un Compagnon qui a fini son temps et qui demande à être reçu Maître.

TR: Demandez-lui son nom, son surnom, son âge et son état civil.

 

1S: Vénérable Frère Second Surveillant, demandez-lui son nom, son surnom, son âge et son état civil.

 

2S: Vénérable Frère Couvreur, demandez-lui son nom, son surnom, son âge et son état civil.

 

Le Couvreur entrouvre la porte et dit:

 

C: Quel est son nom, son surnom, son âge et son état civil?

 

P: C'est le Frère Compagnon ..., âgé de ... ans, et son état civil est ....

 

Le Couvreur referme la porte et dit:

 

C: Vénérable Frère Second Surveillant, c'est le Frère Compagnon ..., âgé de…. ans, et son état civil est ....

 

2S: Vénérable Frère Premier Surveillant, c'est le Frère Compagnon ..., âgé de ... ans et son état civil est ....

 

1S: Très Respectable, c'est le Frère Compagnon ..., âgé de ... ans et son état civil est ....

 

TR: Vénérable Frère Premier Surveillant, faites-lui demander son âge maçonnique, où il a travaillé et sur quoi il s'est exercé.

 

1S: Vénérable Frère Second Surveillant, faites-lui demander son âge maçonnique, où il a travaillé et sur quoi il s'est exercé.

 

2S: Vénérable Frère Couvreur, demandez-lui son âge maçonnique, où il a travaillé et sur quoi il s'est exercé.

 

Le Couvreur entrouvre la porte et dit :

 

C: Quel est son âge maçonnique, où a-t-il travaillé, sur quoi s'est-il exercé?

 

P: L'Aspirant a cinq ans passés, il a travaillé à l'extérieur du Temple sur la pierre polie, et a préparé les outils.

 

Le Couvreur referme la porte et dit :

 

C: Vénérable Frère Second Surveillant, l'Aspirant a cinq ans passés, il a travaillé à l'extérieur du Temple sur la pierre polie, et a préparé les outils.

 

2S: Vénérable Frère Premier Surveillant, l'Aspirant a cinq ans passés, il a travaillé à l'extérieur du Temple sur la pierre polie, et a préparé les outils.

 

1S: Très Respectable, l'Aspirant a cinq ans passés, il a travaillé à l'extérieur du Temple sur la pierre polie, et a préparé les outils.

 

TR: Vénérable Frère Premier Surveillant, faites lui demander s'il est bien sincèrement disposé à remplir les devoirs d'un Maître Maçon, et s'il n'a rien à se reprocher sur les serments qu'il a précédemment contractés.

 

1S: Vénérable Frère Second Surveillant, faites lui demander s'il est bien sincèrement disposé à remplir les devoirs d'un Maître Maçon, et s'il n'a rien à se reprocher sur les serments qu'il a précédemment contractés.

 

2S: Vénérable Frère Couvreur, demandez-lui s’il est bien sincèrement disposé à remplir les devoirs d'un Maître Maçon, et s'il n'a rien à se reprocher sur les serments qu'il a précédemment contractés.

 

Le Couvreur entrouvre la porte et dit:

 

C: L'Aspirant est-il bien sincèrement disposé à remplir les devoirs d'un Maître Maçon, et n'a-t-il rien à se reprocher sur les serments qu'il a précédemment contractés?

 

P: L'Aspirant déclare qu'il est bien sincèrement disposé à remplir les devoirs d'un Maître Maçon et qu'il n'a rien à se reprocher sur les serments qu'il a précédemment contractés.

 

Le Couvreur referme la porte et dit:

 

C: Vénérable Frère Second Surveillant, l'Aspirant déclare qu'il est bien sincèrement disposé à remplir les devoirs d'un Maître Maçon, et qu'il n'a rien à se reprocher sur les serments qu'il a précédemment contractés.

 

2S: Vénérable Frère Premier Surveillant, l'Aspirant déclare qu'il est bien sincèrement disposé à remplir les devoirs d'un Maître Maçon, et qu'il n'a rien à se reprocher sur les serments qu'il a précédemment contractés.

 

1S: Très Respectable, l'Aspirant déclare qu'il est bien sincèrement disposé à remplir les devoirs d'un Maître Maçon, et qu'il n'a rien à se reprocher sur les serments qu'il a précédemment contractés.

 

TR:

 

TR : Introduisez le Compagnon.

 

1S : Vénérable Frère Second Surveillant, introduisez le Compagnon.

 

2S : Vénérable Frère Couvreur, introduisez le Compagnon.

 

Les portes s’ouvrent, le Frère Préparateur introduit l'Aspirant, le fait marcher en reculant jusqu'entre les deux Surveillants, où il le tient le dos tourné à l'Orient. Les portes se referment avec bruit. Le Très Respectable d’un ton ferme dit :

TR: Vénérables Frères Surveillants, emparez-vous du Compagnon: ayez soin qu'il ne puisse rien voir de ce qui se passe ici, jusqu'à ce que nous soyons assurés qu'il est digne d'être admis à nos mystères.

 

Les Surveillants le saisissent, le Premier Surveillant lui pose la pointe de son épée sur le cœur.

 

TR: Compagnon, jurez et promettez, sous les peines auxquelles vous vous êtes soumis à votre premier engagement, de ne rien révéler de ce que vous pourrez apercevoir ici; et de n'en rien communiquer à aucun Compagnon ni Apprenti, dans le cas même où vous ne seriez pas admis au grade que vous paraissez désirer.

 

L’Aspirant doit répondre : Je le jure.

 

TR: Promettez de répondre avec candeur et franchise aux questions qui vont vous être faites.

 

L’Aspirant doit répondre : Je le promets.

 

TR: Compagnon, que demandez-vous?

 

(Il répond.)

 

TR: Est-ce bien le désir de vous instruire qui vous anime?

 

(Il répond.)

 

TR: Avez-vous quelque connaissance du grade que vous demandez?

 

(Il répond.) Le Très Respectable dit:

 

TR: Vénérable Frère Expert, faites faire le premier des neuf voyages mystérieux.

 

Les Surveillants reprennent leurs places. L’Expert placé à la droite du Récipiendaire, lui pose la pointe d'un glaive sur le cœur, et lui en fait saisir la lame à peu près au tiers, de la main droite: le Frère Expert tient la garde du glaive de la main droite, et de la gauche il saisit fortement la gauche du Récipiendaire, et lui fait faire le tour de la Loge en le poussant devant lui, sans s'arrêter à l'Orient et commençant par le Midi, il a soin, pendant ce voyage, de lui faire tourner le dos à l'intérieur. Après que le Très Respectable a ordonné le voyage, il ajoute :

 

TR: Vous tous Maîtres, membres de mon Conseil, vous connaissez le Compagnon: venez me rendre compte de ce que vous en avez appris; afin que nous réglions la conduite que nous tiendrons à son égard, sur la manière dont il s'est comporté depuis qu'il a été admis parmi nous.

Compagnon, craignez de tourner la tête !

 

 

Les Surveillants gardent leurs places. Neuf des Maîtres s'assemblent autour de la représentation, où le dernier Maître à dû se coucher. Ils forment entre eux la chaîne d'union. Le Très Respectable, fait passer à sa droite, tout bas, l'ancien mot de Maître J, qui doit lui revenir par la gauche. Ceci doit se faire dans le plus grand silence, avec un appareil imposant, de manière à inspirer au Récipiendaire quelque inquiétude sur la conduite qu'il a tenue, et sur les légèretés qu'il a pu se permettre.

 

Nota Bene: Si la Loge est trop petite pour que le Récipiendaire puisse faire les voyages par derrière les Frères, ceux-ci se placeront tous au centre sur deux rangées de banquettes, comme on l’a dit: mais ce déplacement doit se faire sans bruit.

 

Quand le Récipiendaire est de retour à l'Occident, le Frère Premier Surveillant frappe un coup de maillet, et dit tout haut :

 

1S:

 

Très Respectable, le premier voyage est fait.

 

Les neuf Maîtres qui s'étaient levés pour tenir conseil avec le Très Respectable, restent debout autour de la représentation, le Très Respectable seul retourne à sa place, frappe un coup de maillet et dit:

 

TR:

 

Compagnon, vous êtes soupçonné d'une faute grave. Vénérable Frère Conducteur, arrachez-lui son tablier, il n'est pas digne de le porter.

 

Le Frère Préparateur le lui arrache. Le Très Respectable continue :

 

TR: Votre conscience ne vous fait-elle aucun reproche? Soyez sincère; souvenez-vous de la promesse que vous nous avez faite, il n'y a qu'un instant: Répondez.

 

Après la réponse du Récipiendaire le Très Respectable lui dit :

 

TR: La vie de l'homme ici-bas n'est qu'un passage.

 

Puis il ajoute :

 

Frère Expert, faites faire le second voyage.

 

Il lui dit :

 

Compagnon, pendant ce voyage, scrutez les replis de votre âme.

 

Le Très Respectable quitte sa place, et vient se joindre aux neuf Maîtres, autour de la représentation. Lorsque le Candidat est de retour à l'Occident, le Premier Surveillant frappe un coup de maillet, et dit :

 

 

1S:

 

Très Respectable, le second voyage est fait.

 

Le Très Respectable retourne à sa place, et dit :

 

TR:

 

Le crime et l'innocence, le mensonge et la vérité, ont des caractères qui ne permettent pas qu'on les confonde. Hé bien, Compagnon ! Votre conscience ne vous fait-elle aucun reproche?

 

L'Aspirant: Non.

 

S’il répond non et c’est l’ordinaire, le Très respectable dit :

 

TR: Vénérable Frère Expert, faites retourner le Compagnon: qu'il voie à quel excès peut nous porter l'oubli de nos devoirs.

Considérez quelle est la cause du deuil où nous sommes !

 

L’Expert lui fait faire trois pas en arrière; le tourne vers la représentation. Les neuf Maîtres qui étaient restés debout autour, se retirent d'un pas en arrière, portant la main droite sur le cœur, à l'ordre de Maître. De la gauche dirigent la pointe de leur glaive vers la représentation, et tournent le visage vers le Récipiendaire. Si le Récipiendaire avouait quelque faute ou indiscrétion, il faudrait lui faire une forte réprimande, après laquelle on le ferait retourner comme il vient d’être dit; ce qui viendrait a l’appui de la réprimande. Après un moment de silence, le Très Respectable dit :

 

TR: Vénérable Frère Expert le Compagnon parait-il ému, rien ne décèle-t-il en lui le coupable?

 

E: Non Très Respectable.

 

Le Très Respectable dit d’un ton imposant:

 

TR: Chaque instant nous mène à notre fin dernière, le vrai Maçon ne la craint ni ne la désire.

 

Puis il ajoute :

 

Vénérable Frère Expert, faites faire le Troisième voyage.

 

Quand le Récipiendaire est de retour à l'Occident, le Premier Surveillant frappe un coup de maillet, et dit:

 

1S:

 

Très Respectable, le troisième voyage est fait.

 

Le Très Respectable frappe un coup de maillet.

 

TR:

 

Les neuf Maîtres qui étalent debout, reprennent leurs places. Si tous les Maîtres ont été obligés de s’avancer vers le centre, pour raison de la petitesse du local, ils reprennent en cet instant leurs places. Le Très Respectable dit :

 

TR: Compagnon, tout vous annonce ici le deuil et la tristesse: vous êtes soupçonné d'avoir participé à la perfidie de compagnons scélérats. Avez-vous connaissance de leur complot détestable?

 

L'Aspirant : Non.

 

TR: Quel sera votre garant?

 

L'Aspirant : Ma parole d'honneur et ma foi de Maçon.

 

Le Très Respectable. dit :

 

TR: Je les reçois: l'une et l'autre sont sacrées parmi nous, confirmez-les par un signe qui ne nous laisse rien à désirer.

 

Il porte la main sur le cœur, à l'ordre de Compagnon. Le Très respectable continue:

 

TR: Ne soyez pas surpris, Compagnon, des précautions que nous prenons vis-à-vis de vous. Depuis la mort de notre respectable Maître, tous les Compagnons nous sont suspects et vous avez dû vous en apercevoir, par la manière dont on vient de vous traiter.

L'assurance et la naïveté de vos réponses ont détruit nos soupçons à votre égard et vous ont mérité notre confiance.

Tâchez de vous rendre digne de la faveur que vous sollicitez. L'homme vulgaire se laisse prendre à l'apparence, mais le vrai Maçon sait l'écarter pour s'élever jusqu'à la vérité.

Frère Compagnon, persistez-vous dans le désir que vous avez témoigné de parvenir au grade de Maître?

 

L'Aspirant : Je persiste.

 

Le Très Respectable lui dit :

 

TR: Mon Frère toutes les épreuves que vous avez subies jusqu'à ce moment, les préceptes qui vous ont été donnés, n'ont eu d'autre but que de vous faire parvenir dans l'intérieur, où vous acquerrez des connaissances particulières et satisfaisantes. On ne peut y entrer qu'avec une âme pure. Nous ne pouvons pénétrer les replis de votre cœur. Soyez vous-même votre juge et craignez les remords. Les Maîtres se sont plu à vous former: vous allez désormais être chargé d'enseigner les Compagnons et les Apprentis. Que la vertu soit le motif et l'objet de vos préceptes. Ne perdez jamais de vue que le bon exemple produit des effets bien plus sûrs que les leçons les plus sages. Oui mon Frère, tout ce que vous avez vu jusqu'à présent dans la Maçonnerie, tout ce que vous y verrez par la suite est couvert du voile mystérieux de l'emblème, voile que le Maçon intelligent, zélé et laborieux sait pénétrer. Faites bien attention à ce qui vous est arrivé et à ce qui vous arrivera. N'oubliez pas les trois voyages mystérieux que vous avez faits; le grade en exige neuf, mais la Loge veut bien les réduire à trois.

Frère Expert, faites monter au Frère les sept marches du Temple. Qu'il y entre par la porte d'Occident, et vous me le présenterez, quand il en sera temps, par les trois pas mystérieux.

Vous, Frères de l'une et l'autre colonne, n'oubliez pas votre devoir.

 

Cet avis est pour les deux Frères qui se sont munis des deux rouleaux. Le Frère Expert fait monter au Candidat les trois premières marches, en partant du pied droit. Arrivé au premier palier, il donne le signe d'Apprenti. Il monte deux autres degrés, et sur le second palier il donne le signe de Compagnon. Il monte les deux dernières marches, et s'y arrête sur le pavé mosaïque, toujours au signe de Compagnon, les deux pieds en équerre. Arrivé en cet endroit, le Récipiendaire se trouve avoir les pieds assez près de la tête du Frère, qui comme nous l'avons dit, est couché à terre, mais il ne peut le voir, attendu qu’il est entièrement couvert d’un voile noir. Le Frère qui est couché doit avoir la jambe gauche étendue, la droite pliée en équerre, le genou élevé, le bras gauche étendu, et le droit, à l’ordre de Compagnon. Quand le Récipiendaire est arrivé en cet endroit, le Très Respectable lui dit:

 

TR: Les deux premiers grades vous ont appris à connaître l'usage des instruments et l'emploi de matériaux. Vous vous attendez sans doute à trouver dans celui-ci le développement des emblèmes sous lesquels la vérité s'est, jusqu'à présent, dérobée à vos yeux, mais tout dans l'univers est sujet à d'étranges révolutions: tout périt.

Le Temple que Salomon s'était plu à élever au Roi des rois éprouva ce sort funeste. La mort inattendue du chef de cette magnifique entreprise peut vous retracer, par anticipation, la ruine de ce Temple fameux que l'histoire nous représente sans cesse détruit, et sans cesse renaissant de ses propres ruines.

Salomon, fils de David, célèbre par sa sagesse, et par t'immensité de ses connaissances, résolut d'élever à l'Eternel un Temple que son père avait projeté, mais que les guerres qu'il eut à soutenir contre ses voisins, ne lui permirent pas de construire. Il envoya prier Hiram, Roi de Tyr, de lui fournir les matériaux nécessaires à cette entreprise. Hiram accepta cette proposition avec joie; il envoya a Salomon un de ces hommes rares dont le génie, l'intelligence, le goût la supériorité des talents en fait d'architecture, et la vaste connaissance de l'essence des métaux, lui avaient acquis un tel degré de considération et de respect de la part du Roi de Tyr, qu'il l'appelait son père parce qu'il se nommait Hiram comme lui, quoiqu'il fût fils d'un Tyrien et d'une femme de la tribu de Nephtalie.

Salomon donna à Hiram l'intendance et la conduite des travaux. Le dénombrement qui fut fait de tous les ouvriers les portes a 183.300. L'histoire les nomme Prosélytes, ce qui dans notre langue signifie Etrangers admis, c'est-à-dire Initiés. Savoir : trente mille hommes destinés à couper les cèdres sur le Liban, qui servaient par tiers pendant un mois ; soixante dix mille Apprentis, quatre vingt mille Compagnons, et trois mille trois cent Maîtres. Les habitants du Mont Gibel façonnaient les cèdres et taillaient les pierres.

Les ouvriers divisés en trois classes avaient des mots, des signes et des attouchements pour se reconnaître entre eux et recevoir la paie proportionnée au genre de travaux auxquels ils étaient propres. Les Apprentis recevaient leur salaire à la colonne J, les Compagnons à celle B, et les Maîtres dans la chambre du milieu. Le nom de la colonne d’Apprenti signifie Préparation et celle des Compagnons signifie Force. Les monuments historiques qui nous sont parvenus nous apprennent que la colonne J fut placée au Nord, et celle B au Midi, près la porte d'Occident.

On entrait dans le Temple par trois portes. Celle destinée aux Apprentis, et par la suite au Peuple, était à l'Occident; celle destinée aux Compagnons, et après l'achèvement du Temple, aux Lévites, était au Midi, et celle destinée aux Maîtres, et par la suite aux Pontifes, était à l'Orient.

Aussitôt que les portes furent posées, Salomon fit publier une ordonnance par laquelle il était enjoint à tous les Apprentis et Compagnons, de sortir du Temple la veille du sabbat, et de n'y rentrer que le lendemain du sabbat au matin, à l'ouverture des portes, sous peine d'être puni de mort.

L'ordre qui avait été établi parmi les ouvriers devait nécessairement assurer la tranquillité. La dernière ordonnance de Salomon avait pour but d'empêcher qu'on éludât, sous aucun prétexte, l'observation du sabbat: tout répondait aux vœux de Salomon; par les soins et la vigilance d'Hiram, le Temple prenait, chaque jour, un nouvel accroissement lorsque, tout à coup un crime affreux vint suspendre les travaux et jeter un deuil universel. Trois Compagnons mécontents de leur paye, formèrent le projet d'obtenir celle de Maître, à l'aide des signes, parole, et attouchement de ce grade qu'ils espéraient se procurer à force ouverte.

Ils avaient remarqué qu'Hiram visitait tous les soirs les travaux, après que les ouvriers étaient retirés: ils se mirent en embuscade aux trois portes du Temple: l'un s'arma d'une règle, l'autre d'un levier ou pince et le troisième d'un fort maillet.

Hiram s'étant rendu dans le Temple par une porte secrète, dirigea ses pas vers la porte d'Occident; il y trouva un des Compagnons qui lui demanda les mots, signe et attouchement de Maître, et le menaça de le tuer s'il ne les lui donnait. Hiram lui dit: Malheureux! Que fais-tu? Tu sais que je ne peux, ni ne dois te les donner. Efforce-toi de les mériter et tu peux être assuré de les obtenir. A l'instant le traître veut lui décharger sur la tête un coup violent de la règle qu'il tenait; mais le mouvement d'Hiram pour parer le coup, fit qu'il ne porta que sur l'épaule.

 

Dans ce moment le Frère Expert fait faire au Candidat un des trois pas mystérieux. Il consiste à passer le pied droit par dessus la représentation, diagonalement de l'Occident où, il est placé, au Midi; tenant la jambe gauche en équerre à la hauteur du gras de la jambe, et restant quelques instants sur la jambe droite. L’Expert soutient le Candidat en cette posture en lui donnant la main. A l'instant où le Récipiendaire fait le premier pas, le Frères de la colonne du Midi qui avait le rouleau, lui en donne un coup léger, mais sensible, sur l'épaule droite. Le Très Respectable continue:

 

TR: Hiram voulut chercher son salut dans la fuite, et tenta de sortir par la porte du Midi; il y trouva un autre Compagnon qui lui fit la même demande, avec la même menace, mais à l'instant où il voulut s'enfuir, le Compagnon le poursuivit et lui déchargea un grand coup de levier, qui ne l'atteignit que sur la nuque du cou.

 

On fait faire en ce moment au Récipiendaire, le second pas mystérieux; il passe la jambe gauche par dessus la représentation, diagonalement du Midi au Nord, et tenant la jambe droite en équerre contre le mollet de la gauche. Pendant ce passage, un Frère de la colonne du Nord, donne sur la nuque du Récipiendaire, un léger coup de rouleau dont il s'était muni. On lui fait faire le troisième pas, en portant la jambe droite au bas de la représentation, où il vient joindre les deux pieds en équerre. Aussitôt, deux Frères saisissent le Récipiendaire, chacun par un bras, portant l'autre main sur sa poitrine, et posent chacun un pied derrière les talons du Récipiendaire; pendant ce temps-là, le Frère qui était couché, se retire sans bruit, de manière que le Récipiendaire ne puisse s'apercevoir de rien, et laisse à terre le voile dont il était couvert. Le Très Respectable quitte sa place, vient près du Candidat, et continue:

 

TR: Ce coup mal dirigé ne fit qu'étourdir notre Respectable Maître qui, cependant, eut assez de force pour courir vers la porte d'Orient, où il trouva le troisième Compagnon qui lui fit encore la même question et les mêmes menaces, et sur son refus, lui porta un grand coup de maillet sur le front et l'étendit mort.

 

Le Très Respectable donne sur le front du Récipiendaire, un coup de maillet, qu'il avait tenu caché, aussitôt les deux Frères qui tenaient l'Aspirant, le poussent et le renversent, avec précaution, sur le dos.

C’est au Frère Expert et au Maître des Cérémonies à remplir cet office, mais il est à propos d’en charger deux Frères assez forts, pour renverser le Récipiendaire, en soutenant le poids de son corps, de peur qu’il ne soit blessé. Le Récipiendaire doit être couché, comme l'était le Frères qui occupait sa place; il a la tête un peu élevée et posée sur un coussin. Il aura la jambe gauche étendue, la droite repliée en équerre, le genou élevé: le bras gauche étendu, et le droit aussi plié en équerre, la main sur le cœur, à l'ordre de Compagnon, et recouverte de son tablier. Enfin, on étendra sur lui le voile noir, de manière qu'il ait le visage découvert. Chacun reprend sa place, on allume les neuf bougies, et on éteint les lampes. S’il y avait quelque autre Frère à admettre au grade de Maître, on n’allumerait point les bougies, et on procéderait à sa réception. Bien entendu qu’avant tout, on aurait voté sur l’admission de chacun d’eux, comme on l’a dit d’un seul. Le Frère qui vient d’être couché resterait en place, comme était le dernier Maître avant lui, et lors du renversement du suivant, le précédent se placerait sur une colonne. S’il n’y a qu’une réception, ou lorsqu’on est parvenu à la dernière, on fait allumer comme on l’a dit, les bougies, et le Très Respectable continue :

 

TR: Mes Frères, le désordre s'est glissé dans nos travaux, la tristesse est peinte dans les yeux de tous les ouvriers, il ne nous est pas permis de douter que notre Respectable Maître Hiram ne soit mort: mettons nous donc à la recherche de son corps et tâchons, par notre zèle et par nos soins de le découvrir.

Vénérable Frère Second Surveillant, prenez avec vous deux Maîtres et faites la recherche par le Nord.

 

Le Frère Second Surveillant prend avec lui deux Frères, ils font le tour de la Loge en commençant par le Nord, et sondant le terrain avec la pointe de leur glaive. De retour à l'Occident, le Second Surveillant frappe un coup et dit:

 

2S:

 

Très Respectable, nos recherches ont été vaine.

 

Le Très Respectable frappe un coup, et dit :

 

TR:

 

Vénérable Frère Premier Surveillant, prenez avec vous deux Frères et faites la recherche par le Midi.

 

Le Premier Surveillant désigne deux Frères, avec lesquels il fait le tour de la Loge en commençant par le Midi, sondant la terre avec la pointe de leur glaive. De retour à l'Occident, le Premier Surveillant frappe un coup, et dit:

 

1S:

 

Très Respectable, nos recherches ont été vaines.

 

Le Très Respectable frappe un coup de maillet, et dit:

 

TR:

 

Vénérables Frères Premier et Second Surveillants, invitez les Frères qui vous ont déjà accompagnés, à se joindre de nouveau à vous; je vais me faire accompagner de deux Frères et, tous de concert, nous ferons une recherche plus attentive: puissions-nous être assez heureux pour faire cette importante découverte.

 

Ces Frères, au nombre de neuf, font le tour de la Loge dans l'ordre qui suit. Le Second Surveillant, suivi de deux Maîtres de sa colonne, part le premier par le Midi. Le Premier Surveillant, suivi des deux autres Maîtres de sa colonne part par le Nord et font ainsi le tour en se croisant. Quand ils sont parvenus à l'Orient, le Très Respectable se joint à eux avec deux Maîtres qu'il désigne, et tous font trois fois le tour de la Loge, en cherchant et sondant le terrain avec la pointe de leur glaive. Au second tour le Second Surveillant s'arrête et dit:

 

2S: Très Respectable, je vois une vapeur s'élever d'un petit espace de terrain: Approchons.

 

Ils font un troisième tour, après lequel le Très Respectable s'arrête en face du tableau, à l’angle où sont représentés un monticule et une branche d'acacia.

 

NOTA BENE. Il serait beaucoup mieux d’avoir une branche d’acacia naturelle dans l’été, ou artificielle pour l’hiver, et de la donner à tenir au Récipiendaire, au moyen d’un trou pratiqué au voile à l’endroit où est sa main droite.

 

Le premier Surveillant dit :

 

1S: Très Respectable, la terre me parait fraîchement remuée en cet endroit, nous pourrions bien trouver ici l'objet de nos recherches.

 

Le Très Respectable feint de s'appuyer sur la branche d'acacia, et dit:

 

TR: Vénérables Maîtres, cette branche n'est point crue en cet endroit: ceci me paraît suspect et je pense que nos recherches ne seront pas vaines.

Il se pourrait que les assassins eussent, à force de tourments, arraché de notre Respectable Maître le mot et le signe de Maître, n'êtes-vous pas d'avis que le premier signe que l'un de nous fera et le mot qu'il prononcera, si nous trouvons le corps d'Hiram, soient désormais le mot et le signe de reconnaissance des Maîtres ?

 

Tous donnent le signe d'approbation, et laissent tomber la main droite sur la cuisse.

Le Très Respectable lève avec la pointe de son glaive, qu'il tient de la main gauche, ainsi que les huit autres Frères, une partie du voile qui couvre le Récipiendaire, et aussitôt ils font le signe d'horreur. Le Second Surveillant s'approche, prend l'index droit du Récipiendaire, le laisse aller, en disant J (le mot d’Apprenti), et fait un pas en arrière en faisant le signe d'horreur. Le Premier Surveillant s'approche ensuite, prend le second doigt ou médius du Récipiendaire, le tire à lui, et le laisse glisser en disant B (le mot de Compagnon), il fait un pas en arrière avec le signe d'horreur.

Le Très Respectable s'approche du Récipiendaire, et dit en faisant le signe d'horreur, et reculant un pas :

 

TR: Vénérables Frères Surveillants, qui a dérangé le corps de notre Respectable Maître?

 

Le Second Surveillant dit :

 

2S: Très Respectable, j'ai cru pouvoir le relever par l'attouchement d'Apprenti, mais la chaire quitte les os.

 

Le Premier Surveillant dit :

 

1S: Très Respectable, j'ai cru pouvoir le relever par l'attouchement de Compagnon mais la chaire quitte les os.

 

Le Très Respectable dit :

 

TR: Ne savez-vous pas que vous ne pouvez rien sans moi et que nous pouvons tout à nous trois.

 

Il s'approche du Récipiendaire, pose le pied droit contre le sien, genoux contre genoux: de la main droite il lui embrasse le poignet de façon que les paumes des deux mains soient l'une contre l'autre, et lui passe le bras gauche sous l'épaule gauche, ayant par ce moyen, estomac contre estomac, puis à l'aide des deux Surveillants, il le relève, et lui dit à l'oreille, en lui donnant l'accolade par trois fois, les syllabes du mot. M.B. Tous les Frères reprennent leurs places. Le Très Respectable retourne à la sienne.

 

TR: Vénérable Frère Maitre des Cérémonies, conduisez le Récipiendaire au pied de l'autel, pour y prêter son obligation.

Debout, à l'ordre et glaive en main, vous tous mes Frères.

 

Le Frère Maître des Cérémonies conduit le Récipiendaire au pied de l'autel où, ayant un genou en terre, il prononce l'Obligation suivante. L’Expert se tiendra pendant cette Obligation à la droite du Récipiendaire, le Maître des Cérémonies à sa gauche. Tous les Frères sont debout et à l’ordre, glaive en main. Le Très Respectable s’adresse au Récipiendaire.

 

TR: Répétez avec moi:

 

OBLIGATION

Je jure et promets, en présence du Grand Architecte de l'Univers, sur ma parole d'honneur et sous la foi de Maçon, devant cette Respectable assemblée, de ne révéler en aucune manière à aucun Compagnon, Apprenti, ou Profane, aucun des secrets de la maîtrise qui m'ont été et vont m'être confiés, sous les peines auxquelles je me suis soumis par mes premières Obligations. Je réitère en ce moment tous les engagements que j'ai déjà contractés dans l'Ordre. Que le Grand Architecte de l'Univers me soit en aide.

 

Après l’obligation, le Très Respectable dit :

 

FORMULE DE RECEPTION

TR: A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers, au nom de …, en vertu des pouvoirs qui m'ont été confiés par cette Respectable Loge, je vous reçois Maître Maçon.

 

Il pose son glaive sur la tête du Récipiendaire, et frappe neuf petits coups de maillet suivant la batterie du grade. Il pose son glaive. Le Respectable s'adresse au Récipiendaire.

 

V : Relevez-vous, mon Frère.

 

Le Récipiendaire se relève et Le Maitre des Cérémonies le conduit à la droite du Très Respectable. Le Très Respectable lui dit :

 

TR: Nous avons pour nous reconnaître dans ce grade, ainsi que dans les précédents, un mot sacré, un mot de passe, un signe et un attouchement.

Le signe se fait comme il a été dit ci-devant, il peint l'horreur dont les Maîtres furent frappés au premier aspect du cadavre d'Hiram.

La parole sacrée est celle que je vous ai donnée à l'oreille en vous relevant; on la donne en recevant et en donnant l'accolade en trois temps, une syllabe à chaque temps. Elle signifie, la chair quitte les os.

Le mot de passe est GlBLIN, c'est le nom des habitants du Mont Gibel, qui tiraient les pierres de la carrière et façonnaient les cèdres pour la construction du Temple.

Comme Maître vous vous appellerez GABAON.

L'attouchement est celui que je vous ai donné en vous relevant, avec cette différence, que vous devez saisir le poignet comme on a saisi le votre.

Si un Maçon se trouve en péril, il doit porter les mains jointes sur la tête, le plat de la main vers le Ciel, et dire: A moi les Enfants, de la Veuve.

L’ordre du grade est d’étendre la main, les quatre doigts serrés, le pouce écarté et posé sur le cœur.

On ne doit prononcer la parole sacrée, et donner l'attouchement, qu'en Loge de Maître, et après s'être assuré que celui qui vous la demande est Maître.

 

Le Très Respectable met ensuite au nouveau Maître le tablier de son grade, et lui dit

 

TR: Vous porterez désormais la bavette de votre tablier abaissée. La couleur bleue dont il est bordé doit vous rappeler sans cesse qu'un Maçon doit tout attendre d'en haut, et que c'est en vain que les hommes prétendent construire, si le Grand Architecte ne daigne construire lui-même.

 

Il lui rend son épée en lui disant:

 

TR: Vous connaissez l'usage que vous devez faire de ce glaive.

 

Il lui rend son chapeau en disant:

 

TR: Désormais vous serez couvert en Loge de Maître. Cet usage très ancien annonce la liberté et la supériorité. Jusqu'ici, vous avez servi comme Apprenti et comme Compagnon: vous allez commander, mais craignez d'en abuser.

 

Le T.R. frappe un coup de maillet, et dit :

 

TR:

 

Vénérable Frère Premier Surveillant, je vous envoie le nouveau Maître, afin que vous lui enseigniez à travailler en Maître, et que vous le reconnaissiez en sa nouvelle qualité.

 

Le Maître des Cérémonies le conduit entre les Surveillants. Le Premier Surveillant lui fait frapper trois coups sur chacune des trois portes représentées sur le tableau, à l'Orient, à l'Occident, et au Midi. Puis il reçoit de lui les mots signes et attouchement. Enfin, il frappe un coup après que le Second Surveillant a pareillement reçu du Récipiendaire, les mots, signes et attouchement et dit :

 

2S : Vénérable Frère Premier Surveillant, le Frère est reconnu.

 

 

1S:

 

Très Respectable, le Frère est reconnu, il a travaillé en Maître.

 

Le Très Respectable, ordonne au Maître des Cérémonies de le faire placer, en tête d’une des deux colonnes.

 

TR: Vénérable Frère Maître des Cérémonies, veuillez placer le nouveau Maître en tête d’une des deux colonnes.

 

Après quoi il continue le discours sur le grade, en adressant la parole au Frère nouvellement reçu.

 

TR: Mon Frère, les Compagnons n'eurent pas plutôt commis leur crime, qu'ils en sentirent toute l'énormité. Afin d'en dérober la trace, s'il était possible, ils emportèrent le corps d'Hiram à quelque distance des travaux, et l'enterrèrent dans une fosse faite à la hâte, se promettant de le venir prendre au premier moment favorable et de le transporter bien loin; et, pour reconnaître facilement l'endroit, ils y plantèrent une branche d'acacia.

Les Maîtres s'aperçurent bientôt de l'absence d'Hiram; ils en avertirent Salomon qui, pour satisfaire son impatience, en ordonna la recherche.

Trois Maîtres partirent par la porte du Nord, trois par la porte du Midi, et trois par celle d'Occident. Ils convinrent de ne pas s'écarter les uns des autres, plus loin que la portée de la voix. Au lever du soleil, l'un d'eux aperçut une vapeur, qui s'élevait dans la campagne, à quelque distance. Ce phénomène fixa son attention; il en fit part aux autres Maîtres, et tous s'approchèrent de l'endroit d'où sortait la vapeur. Au premier aspect, ils virent une petite élévation, ou tertre, et reconnurent que la terre avait été fraîchement remuée, ce qui confirma leur soupçon. La branche d'acacia qui céda aux premiers efforts ne leur permit plus de douter qu'elle ne servit d'indice pour reconnaître l'endroit; ils se mirent à fouiller, et bientôt ils trouvèrent le corps de notre Respectable Maître déjà corrompu, et reconnurent qu'il avait été assassiné.

Il était à craindre que les assassins n'eussent, à force de tourments, arraché à Hiram, les signes et mots de Maître: ils convinrent donc que le premier signe et le premier mot qui leur échapperaient lors de l'exhumation, seraient par la suite, le signe et le mot de reconnaissance parmi les Maîtres.

Ils se revêtirent de tabliers et de gants de peau blanche, pour témoigner qu'ils n'avaient point trempé leurs mains dans le sang innocent, et députèrent l'un d'eux à Salomon pour l'instruire de la découverte du corps d'Hiram.

Salomon instruit du crime affreux qui l'avait privé d'un ami, et du chef des travaux, à la perfection desquels il mettait toute son ambition, se livra à la plus vive douleur: il déchira ses vêtements et jura qu'il tirerait une vengeance éclatante d'un forfait aussi noir. Il ordonna un deuil général parmi les ouvriers du Temple.

Il envoya exhumer le corps, avec pompe, par des Maîtres, lui fit de magnifiques funérailles, et le mit dans un tombeau de trois pieds de large, sur cinq de profondeur et sept de longueur. Il fit incruster dessus un triangle de l'or le plus pur, et fit graver au milieu du triangle, l'ancien mot de Maître, qui était un des noms hébreux du Grand Architecte de l'Univers, et ordonna que les mots, signes et attouchements seraient changés, et qu'on y substituerait ceux dont les neuf maîtres étaient convenus.

Il vous est aisé maintenant de saisir l'analogie des épreuves par lesquelles vous venez de passer, avec le récit historique, des circonstances duquel elles sont l'emblème.

Pour peu que vous ayez réfléchi aux différentes circonstances qui ont accompagné votre réception aux grades auxquels vous avez été admis, peut-être aurez-vous remarqué quelques points qui paraissent se contredire, ou du moins n'avoir pas entre eux une parfaite connexité; suspendez encore votre jugement à cet égard. Cette diversité vient de celle des objets que les trois premiers grades vous présentent. Ils sont les points fondamentaux de toutes les connaissances maçonniques. Vous verrez par la suite à force d'études et de recherches ces contradictions apparentes s'évanouir. La réunion de toutes ces connaissances vous présentera un ensemble, lié, suivi satisfaisant et destiné à conduire aux objets les plus élevés. C'est assez que l'Ordre vous ait indique la route que vous avez à tenir.

Vous avez été traité en Compagnon suspect; cela fait allusion aux Profanes; ennemis de notre Ordre, qui le calomnient et le persécutent sans le connaître, et contre lesquels nous devons employer la force pour repousser leurs traits, la douceur pour les ramener à des sentiments plus modérés, et la prudence dans le choix des moyens qui y sont propres.

A peine vous êtes-vous justifié, que vos Frères se sont empressés de vous donner de nouvelles marques d'amitié, en vous admettant à la participation de leurs mystères les plus intimes; dès ce moment vous êtes parvenu dans l'intérieur.

Les courses et les voyages sont l'emblème de la recherche du crime, et désignent l'état errant et vagabond du criminel qui cherche en vain à échapper aux remords et au châtiment.

La marche mystérieuse est le symbole des efforts que fit Hiram pour se dérober aux coups de ses assassins.

Les trois coups que vous avez reçus figurent ceux qui lui ont été portés: ils doivent vous faire sentir le danger de trois passions funestes dont l'homme est souvent aveuglé, l'orgueil, l'envie et l'avarice.

Ces mêmes épreuves sont encore l'emblème de la haute importance de nos mystères; elles doivent nous convaincre que toujours, en tous lieux, dans toutes les circonstances, nous devons être prêts à tout souffrir comme notre Respectable Maître Hiram, plutôt que de révéler nos secrets, et de manquer à nos engagements.

Enfin elles sont encore des emblèmes allégoriques d'une infinité de connaissances qu'une étude profonde peut seule vous procurer, et que je ne puis ni ne dois vous communiquer en ce moment.

On vous a fait parvenir au septième degré, troisième et nombre parfait de la maçonnerie. Vous avez obtenu par là l'âge de votre grade. Gardez-vous de redescendre et de déchoir du nombre de perfection dont vous êtes décoré.

 

TR : Vénérables Frères Premier et Second Surveillants, invitez les Frères qui décorent l'une et l'autre colonne à reconnaître à l'avenir le Frère ... pour Maître Maçon, qu'il soit reconnu comme tel par tous les Maçons répandus sur la surface de la terre.

 

Les Surveillants répètent :

 

1S: Vénérable Frère Second Surveillant, Vénérables Maîtres qui décorez la colonne du Midi, le Très Respectable nous invite à reconnaître à l'avenir le Frère ... pour Maître Maçon, qu'il soit reconnu comme tel par tous les Maçons répandus sur la surface de la terre.

 

2S: Vénérables Frères qui décorez la colonne du Nord, le Très Respectable nous invite à reconnaître à l'avenir le Frère ... pour Maître Maçon, qu'il soit reconnu comme tel par tous les Maçons répandus sur la surface de la terre.

 

Chacun quitte l'ordre et range son glaive dans son fourreau.

 

TR: Applaudissons, mes Frères.

 

On applaudit par la triple batterie d’apprenti. Le Récipiendaire remercie. Le Très Respectable fait couvrir l’applaudissement.

 

TR: Reprenez vos places mes Frères.

 

Tous les Frères s'asseyent. Le Très Respectable fait l'instruction entière du Grade.

 

CLOTURE

 

TR: Vénérables Frères Premier et Second Surveillants, demandez aux Frères de l'une et l'autre colonne s'ils n'ont rien à proposer.

 

1S: Vénérable Frère Second Surveillant, Vénérables Maîtres qui décorez la colonne du Midi, le Très Respectable demande si vous n'avez rien à proposer ?

 

2S: Vénérables Frères qui décorez la colonne du Nord, le Très Respectable demande si vous n'avez rien à proposer?

 

S'il y a quelque proposition, on la discute, ou si elle est trop importante, on la renvoie à une autre assemblée. S'il n'y en a pas, ou lorsque tout est fini le Second Surveillant dit.

 

2S: Vénérable Frère Premier Surveillant, il n'y à point de propositions sur ma colonne.

 

1S: Très Respectable, il n'y à point de propositions sur les deux colonnes.

 

TR:

 

1S:

 

2S:

 

TR: Debout et à l'ordre mes Frères, glaive en main.

 

Tous les Frères se tiennent debout, à l'ordre de Maître, tirent leurs glaives qu'ils tiennent de la main gauche, la pointe basse. Le Très Respectable dit :

 

TR: Vénérable Frère Premier Surveillant, à quelle heure devons-nous fermer nos travaux?

 

1S: A minuit.

 

TR: Quelle heure est-il?

 

1S: minuit.

 

TR: Puisqu'il est minuit et que c'est l'heure à laquelle nous terminons nos travaux, Vénérables Frères Premier et Second Surveillants, invitez les Frères à m'aider à fermer les travaux de Maître.

 

1S: Vénérable Frère Second Surveillant, Vénérables Maitres qui décorez la colonne du Midi, le Très Respectable nous invite à l'aider à fermer les travaux de Maître.

 

2S: Vénérables Frères qui décorez la colonne du Nord, le Très Respectable nous invite à l'aider à fermer les travaux de Maître.

TR: A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers, je ferme les travaux de Maître.

 

Le Très Respectable frappe les neufs coups mystérieux, qui sont répétés par les deux Surveillants.

 

TR:

 

1S:

 

2S:

 

Le Très Respectable pose son glaive nu sur la Bible, les Frères remettent l’épée au fourreau.

 

TR: A moi, mes Frères.

 

Tous les Frères, ayant les yeux sur le Très Respectable, font le signe d'horreur et donnent la batterie de Maître. Tous se découvrent et s’assoient. On modifie le tableau et les lumières. Si l’on a quelques objets à traiter, les travaux de Compagnon resteront en vigueur, et l’on fera rentrer les Compagnons, s’il y en a quelques-uns dans la Salle des Pas Perdus. Enfin les travaux de Compagnon seront fermés en la manière accoutumée.

 

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